lundi 2 novembre 2026

CRITIQUE, festival. 50ème FESTIVAL DU VIGAN (Temple d’Aumessas), le 21 juillet 2026. Frédéric CHATOUX (flûte) et Anaïs GAUDEMARD (harpe) dans des ouvrages de Bach, Saint-Saëns, Fauré, Ibert, Bartók et Piazzolla

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.
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Depuis un demi-siècle (!), le Festival du Vigan  rayonne au cœur des Cévennes, porté par la vision et la passion inaltérable de son fondateur, le pianiste Christian Debrus. En 2026, pour ce jubilé d’or (jusque dans la couleurs du programme général du festival !), la manifestation cévenole célèbre cinquante ans d’exigence artistique et de convivialité, fidèle à l’esprit qui l’anime depuis sa création en 1976. Le programme, éclectique et toujours d’une grande qualité, invite mélomanes et curieux à (re)découvrir des lieux chargés d’histoire, des églises et temples accrochés aux flancs du collines et montagnes de Cévennes, dont l’acoustique et l’intimité créent une magie unique à chaque concert. Cette édition anniversaire, qui s’étale sur tout l’été (jusqu’au 25 août cette année), voit défiler des artistes de renom, de jeunes talents et des figures emblématiques, confirmant la longévité et le rayonnement de ce festival singulier.

 

Un moment de grâce à Aumessas : flûte et harpe en harmonie

Parmi les temps forts de cette programmation 2026, le concert du 22 juillet, qui avait lieu dans le charmant Temple d’Aumessas, où la harpiste Anaïs Gaudemard et le flûtiste Frédéric Chatoux ont offert une prestation d’une touchante beauté. 

Le programme, savamment concocté, était un véritable voyage musical. Il s’ouvrait sur la Sonate BWV 1020 de Johann Sebastian Bach, interprétée avec une clarté et une justesse de style qui ont immédiatement plongé l’auditoire dans une méditation pleine de grâce. La Fantaisie en La Majeur op.124 de Camille Saint-Saëns a ensuite déployé tout son romantisme, la harpe d’Anaïs Gaudemard répondant avec une palette de couleurs chatoyantes à la flûte lumineuse de Frédéric Chatoux. Les pièces de Gabriel Fauré, Après un rêve et le Morceau de concours, ont été des moments de pure poésie, où le souffle et le toucher se sont faits d’une douceur infinie pour exprimer toute l’intimité et la mélancolie du compositeur.

La soirée s’est ensuite poursuivie avec l’Entr’acte de Jacques Ibert, une pièce pleine de verve et de fantaisie que les deux artistes ont rendue avec un brio et un esprit espiègle irrésistibles. La Suite paysanne hongroise de Béla Bartók a été une autre révélation, les deux musiciens explorant avec virtuosité les rythmes et les couleurs des danses populaires des Pays de l’Est, dans une interprétation à la fois puissante et subtile. Enfin, l’évocation du tango avec Night Club 1960 d’Astor Piazzolla a électrisé le temple, la flûte se faisant tour à tour sensuelle et incisive, portée par le souffle puissant de la harpe.

Au-delà de l’exceptionnelle qualité d’interprétation, ce concert fut aussi un modèle de partage et de pédagogie. Avant chaque œuvre, Frédéric Chatoux (puis la harpiste pour les deux dernières piéces), avec une éloquence et une clarté remarquables, a pris le temps de présenter les pièces, d’en éclairer le contexte, les spécificités et les intentions des compositeurs. Cette approche a offert au public, qu’il soit mélomane averti ou simple amateur, une clé d’écoute précieuse, rendant la musique encore plus limpide et l’expérience profondément enrichissante. Ce geste, qui témoigne d’un profond respect pour le spectateur, a créé un lien unique entre les artistes et son public, transformant le récital en une véritable conversation musicale.

La complicité des deux artistes a également brillé dans les deux bis offerts en toute générosité. Un arrangement inattendu et poignant de La Foule, la célèbre chanson d’Edith Piaf, a d’abord suscité l’émotion, suivi de l’Adagio du Quatuor avec flûte de W. A. Mozart, un moment de pure sérénité qui a conclu cette soirée sur une note d’apaisement et de beauté absolue. Ce fut un concert exceptionnel, une célébration lumineuse de la musique de chambre dans un cadre idyllique… à l’occasion de ce 50e Festival du Vigan !

 

 

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CRITIQUE, festival. 50ème FESTIVAL DU VIGAN (Temple d’Aumessas), le 21 juillet 2026. Frédéric CHATOUX (flûte) et Anaïs GAUDEMARD (harpe) dans des ouvrages de Bach, Saint-Saëns, Fauré, Ibert, Bartók et Piazzolla. Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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