C’est un parti-pris aussi audacieux que nécessaire. Du 25 au 31 juillet 2026, le
FESTIVAL VALLOIRE BAROQUE plante son décor majestueux au pied des Alpes pour une édition intitulée « Prima ! La Donna ». Loin des clichés sur la seule « prima donna » capricieuse, Gaël de Kerret et son équipe dérouleront le fil d’une histoire méconnue : celle des femmes qui, à l’époque baroque, chantaient, composaient, tenaient salon ou prophétisaient, souvent contre tous les interdits.
Une contre-histoire du Baroque en altitude
Depuis sa création, le Festival Valloire Baroque s’est imposé comme un rendez-vous incontournable de l’été, mêlant exigence musicologique et convivialité montagnarde. Pendant une semaine, la petite commune de Savoie transforme son église et ses chemins de randonnée en un véritable écrin pour la musique ancienne, accueillant plus d’une quinzaine d’événements qui attirent les plus grands noms du répertoire international.
L’édition 2026 marque un tournant thématique fort. Si les grands compositeurs masculins (Bach, Vivaldi, Haendel) ont longtemps monopolisé l’attention, « Prima ! La Donna » entend rétablir une vérité historique : au XVIIe et XVIIIe siècles, les femmes étaient partout, mais rarement là où on les attend. Le titre joue sur la double référence de la prima donna (la « première dame » de l’opéra, expression italienne du XVIIe siècle) et du « primat » de la femme dans la création. Le programme explore ainsi trois âges de la présence féminine en musique : la cantatrice adulée, la salonnière influente, et la compositrice oubliée. Comme le rappelle Dominique Longchamp, président du festival, il s’agit de célébrer ces musiciennes « héroïnes » ayant évolué dans un environnement très masculin, tout en ancrant cette réflexion dans l’actualité grâce à des actions pédagogiques menées dès l’hiver précédent avec les scolaires.
Gaël de Kerret : une vision humaniste et engagée
Derrière cette programmation éclectique et savante se dessine la patte de Gaël de Kerret, directeur artistique du festival. Depuis plusieurs saisons, il œuvre à décloisonner la musique baroque, tissant des liens entre le patrimoine, la nature et la société contemporaine. Son approche pour 2026 est claire : il ne s’agit pas d’ajouter un « programme femmes » en marge, mais de réécrire le récit principal. En invitant des ensembles aussi prestigieux que l’Orchestre de l’Opéra Royal de Versailles ou le Concert de l’Hostel-Dieu, Gaël De Kerret prouve que l’excellence artistique va de pair avec la diversité. Sa direction se veut aussi un hommage à l’intime (avec les promenades musicales) et au spectaculaire (les grands concerts du soir), faisant de Valloire un laboratoire vivant des musiques anciennes.
La semaine du 25 au 31 juillet propose un voyage chronologique et stylistique, des chants mystiques du Moyen-Âge aux fulgurances des compositrices du Siècle des Lumières :
Samedi 25 juillet – 21h : L’énigme médiévale
Ensemble Contre le Temps – Ubi sunt mulieres ?
Le festival s’ouvre sur une question fondamentale : « Où sont les femmes ? ». L’ensemble remonte le temps jusqu’à Hildegarde de Bingen, abbesse visionnaire et compositrice magistrale, pour révéler la place spirituelle et musicale du féminin au Moyen-Âge.
Dimanche 26 juillet – 21h : Splendeur vivaldienne
Le Concert de l’Hostel-Dieu & Blandine de Sansal – Anna Giraud, Prima Donna de Vivaldi
Soirée phare. Blandine de Sansal incarne Anna Giraud, la célèbre cantatrice pour qui Vivaldi écrivit ses rôles les plus ardents. Un bain de virtuosité italienne pour célébrer la diva au sens noble du terme.
Lundi 27 juillet – 21h : L’art du salon
Ensemble La Rêveuse – Les “salons” d’Ann Ford
Direction l’Angleterre pour découvrir Ann Ford, chanteuse et luthiste qui défia les conventions sociales en organisant des concerts privés. Ce programme illustre le pouvoir d’influence des salonnières, véritables mécènes de la vie intellectuelle.
Mardi 28 juillet (11h & 17h) : Pause intimiste
Amarillis – Jeux de dames (Promenade musicale)
Héloïse Gaillard et son ensemble Amarillis investissent les espaces plus secrets de la montagne pour une série de concerts courts, mêlant récits et musiques de chambre, comme un écho aux « jeux de dames » raffinés des cours européennes.
Mercredi 29 juillet – 21h : Voix prophétiques
Ensemble La Camerata Chromatica – La prophétie des Sibylles
Un sommet de la Renaissance. Le compositeur Roland de Lassus misait sur les voix des Sibylles pour prédire la fin du monde. Un programme puissant où la femme est tour à tour mystique et oracle.
Jeudi 30 juillet – 21h : Génie rococo
Ensemble Toccata e Fuga – Baroque grand siècle et rococo au féminin
Soirée autour des compositrices oubliées du XVIIIe siècle. L’ensemble met en lumière ces femmes de l’aristocratie et de la bourgeoisie qui parvenaient à faire publier leurs œuvres malgré les carcans de l’édition.
Vendredi 31 juillet – 21h : Apothéose versaillaise
Orchestre de l’Opéra Royal du Château de Versailles
Sous la direction de Sophie de Bardonnèche et Justin Taylor, avec la soprano Gwendoline Blondeel – Prima Donna Compositrices.
Clôture en apothéose. L’orchestre du Château de Versailles, référence absolue, débarque à Valloire pour un concert unique. Sous la baguette de Sophie de Bardonnèche, l’ensemble célèbre les compositrices oubliées des cours européennes, prouvant que le génie musical n’a pas de sexe.
La Traverse et les Concerts Passerelles : le festival dans la cité
Valloire Baroque ne se vit pas seulement en chaussures de ville. La Traverse, le « off » du festival, propose une Randonnée en chantant le mercredi 29 juillet, alliant la jubilation de la marche en altitude à la pratique musicale. Les Concerts Passerelles mêlent quant à eux la musique ancienne à des expressions actuelles, avec notamment la participation des enfants des accueils de loisirs et du trio Les Barbarins Fourchus, assurant la transmission de cet art aux générations futures.
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La billetterie est ouverte ! Réservez vos places maintenant pour les concerts de votre choix sur le site officiel du festival.







