jeudi 17 septembre 2026

CRITIQUE, récital lyrique. MONACO, Auditorium Rainier III, le 31 mars 2026. Elina Garanca (mezzo-soprano), Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Henryk Nanasi (direction)

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André Peyrègne
André Peyrègne
André PEYREGNE est Président d’honneur de la Fédération Française d’Enseignement Artistique, Chroniqueur en Histoire et Musique de Nice-Matin, Collaborateur de Radio France et France Télévision et Ecrivain (son dernier livre paru : "Petites histoires féminines de la grande musique" - Editions Desclée de Brouwer)
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Elina Garanca apparaît dans une jupe lamée or avec un corsage noir et une cape de même couleur terminée en traîne. Une reine entre en scène : port altier et souple, visage lisse, chevelure blonde disciplinée avec grâce. En deuxième partie du concert, changement de tenue : c’est dans une superbe robe de taffetas rouge imprimée de feuilles noires qu’elle se présente. Reine, elle l’est plus que jamais…  

 

Ainsi nous est apparue Elena Garanca en l’Auditorium Rainier III de Monaco. Sa voix superbe, idéalement timbrée du grave à l’aigu, ondule comme une caresse, s’épanouit sans jamais se rompre. Rien ne heurte, rien ne résiste. Aucune crispation, même dans l’éclat le plus aigu. Son chant est parfait. Mais chez elle, la perfection n’est pas froide — elle est sensuelle, mais d’une sensualité aristocratique. 

Elena Garanca nous conduisit ainsi, d’un rôle à l’autre, dans La Pucelle d’Orléans de Tchaïkovski, dans Samson et Dalila, dans Adriana Lecouvreur, dans Cavalleria Rusticana, dans Carmen ou encore dans une zarzuela de Chapí. Partout la même perfection du chant, la même évidence du beau. Cette femme élégante n’a physiquement rien à voir avec le personnage de Carmen, mais lorsqu’elle se met à incarner la gitane sauvage, sa voix nous envoûte. En un instant, nous sommes tous des Don José !

Le Philharmonique de Monte-Carlo l’enveloppa avec une ardeur parfois débordante. Il flamboya sous la direction du de Henryk Nanasi. Ce jeune chef hongrois est une vraie pile électrique ! Ses gestes nerveux, incisifs, transforment ses ordres en décharges de courant électrique. Au détour d’un air surgissait une complicité entre la cantatrice et tel soliste de l’orchestre. Ainsi, dans Samson, ce fut avec les doigts d’or de la harpiste Sophia Steckeler, ou dans Adrienne Lecouvreur avec l’élégant vibrato du violoniste David Lefèvre.  Des son côté, le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo fut magnifique dans Samson, Carmen ou I Lombardi. 

Une mezzo était sur scène. Mais une autre dans la salle, Cecilia Bartoli. De part et d’autre de la rampe, deux mezzos stars s’admiraient. Cecilia, en tant que directrice de l’Opéra de Monte-Carlo, pouvait être fière d’une saison réussie dont Elena avait transformé le final en apothéose.

 

 

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CRITIQUE, récital lyrique. MONACO, Auditorium Rainier III, le 31 mars 2026. Elena Garanca (mezzo-soprano), Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Henryk Nanasi (direction). Crédit photographique (c) Droits réservés

 

 

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