Il Risveglio degli affetti
L’Eveil des passions…
Du 18 juin au 27 septembre 2011
Eté baroque à Venise
Le Baroque à Venise
Quels sont les principaux objectifs du nouveau Centre?

Olivier Lexa: Notre premier désir et de répondre à une importante demande qui n’était pas satisfaite jusqu’ici à Venise, de la part du public vénitien et des étrangers, qui de manière évidente sont en attente d’y entendre ce répertoire qui a tourné une page dans l’histoire de la musique et de l’art en général : celui du Seicento (ndlr: XVIIème siècle), le grand opéra vénitien, les cantates, les sonates et les concertos. Pensez donc que jusqu’à ce que nous instaurions le Venetian Centre for Baroque Music, cette musique était jouée partout, sauf à Venise ! Ce qui est un comble lorsqu’on sait que le public n’attend que cela ici. Tout le monde sait bien que l’opéra est né ici, que c’est une histoire extraordinaire à raconter, qu’elle est intrinsèquement liée à l’histoire de cette ville, à sa beauté, bref à tout ce qui fait qu’elle attire des millions de visiteurs chaque année… la naissance de l’opéra ici est même une sorte de synthèse de l’exception vénitienne. On n’a qu’à contempler la ville, qui a été conçue comme un grand décor d’opéra ; mais jusqu’ici on occultait l’essentiel. Notre principal objectif est donc de faire changer cela. Et de dépouiller le répertoire évidemment, car vous pensez bien que la musique vénitienne ne se résume pas au Couronnement de Poppée et aux Quatre Saisons. Les fonds sont immenses, et beaucoup plus attrayants qu’on ne le pense. Il suffit de faire rejouer l’Orfeo de Sartorio pour faire prendre conscience à tous qu’il s’agit d’un des grands chefs-d’oeuvre de l’opéra. Pour le reste, il suffit de raconter l’histoire de cette musique ; elle est si extraordinaire qu’il me semble y avoir des missions plus difficiles et ingrates à remplir.Sur quels aspects inédits / méconnus de la musique baroque à Venise souhaitez vous d’abord mettre l’accent en particulier dans la conception des cycles de concerts et opéras à venir, dans la préparation des prochains colloques?
Olivier Lexa:
Nous inaugurerons le Centre cette année, à partir de juin 2011, par une série d’événements autour du thème « Il Risveglio degli Affetti » (« L’Eveil des Passions »). Nous commençons donc par le commencement, en tentant d’expliquer au public comment et pourquoi on est passé ici de la Renaissance au Baroque, c’est à dire d’une musique contemplative et complexe à un art expressif et touchant un public plus large. Après avoir vu pourquoi et comment cette révolution s’est faite à Venise, nous tenterons de montrer comment elle s’est répandue partout en Occident, toujours sur le modèle vénitien. Les conférences s’adresseront avant tout au public le plus large possible, davantage qu’aux musicologues. Je trouve plus intéressant d’entendre un musicologue parler à un néophyte qu’à un autre musicologue ! La parole sera d’ailleurs donnée aux artistes eux-mêmes et je vous laisse la surprise pour la parution prochaine de notre programme… L’année prochaine, nous travaillerons plutôt sur la fin du Seicento, qui a vu avant l’avènement de l’opera seria et de l’opera buffa l’apogée de l’art musical vénitien, avec des compositeurs comme Sacrati, Ziani, Cesti, Pagliardi, Pallavicino, Pollarolo, Legrenzi, Gasparini ou Lotti.
Vous associez à la recherche musicale, à la diffusion et à la coproduction, une activité éditoriale: quel est le sujet de votre prochaine publication de juin 2011?
Olivier Lexa: Mon premier ouvrage sur la musique italienne s’attaquera au coeur du sujet : comment et pourquoi la révolution musicale baroque s’est faite à Venise – et ce à travers un parcours dans la ville, un itinéraire qui présentera les lieux de cette révolution. Comme vous le savez, Venise est aussi la ville des écrivains, elle vous pousse à écrire… J’aurai également la chance de faire paraître un autre ouvrage au même moment (en juin prochain, parallèlement à notre inauguration), cette fois-ci aux éditions Léo Scheer : un roman, qui se termine… devinez où ! L’Eveil des passions…
1er festival de musique baroque à Venise, présenté par le Venetian Centre of Baroque Music, du 18 juin au 27 septembre 2011. Au programme entre autres, les pionniers de la révolution baroqueuse avec Jordi Savall, ou René Jacobs, Alan Curtis (invités des conférences-rencontres animées par l’écrivain Donna Leon, Vénitienne d’adoption et présidente du Conseil au nouveau Centre); ce sont aussi les nouveaux champions confirmés de l’approche baroque tels Nicholas Achten (Scherzi Musicali), Vincent Dumestre (Le Poème Harmonique), surtout l’exceptionnel claveciniste, Bruno Procopio, sans oublier Les Arts Florissants (direction: Paul Agnew) dans un nouveau cycle inédit des Madrigaux de Monteverdi… Festival majeur de l’été 2011
Quelques temps forts
conférences rencontres
Ne pas manquer les rencontres à l’Ateneo Veneto (Introduction et présentation: Donna Leon) avec René Jacobs (le 27 juin à 18h30), Gabriel Garrido (le 28 juin à 18h30), Fabio Biondi (le 29 juin à 18h30), Alain Curtis et Jean-François Lattarico (le 30 juin à 18h); Jordi Savall (Palazzo Zorzi, Unesco, le 8 septembre à 18h30); Luigi Pizzi et Massimo Gasparon (Ataneo Veneto, le 12 septembre à 18h30); Andrea Marcon (Ataneo Veneto, le 14 septembre à 18h30); Rinaldo Alessandrini (Ataneo Veneto, le 22 septembre à 18h30)






