Camille Saint-Saëns,
Samson et Dalila, 1877
Le 16 mars 2007 à 15h45
Opéra, 2h10mn. Samson et Dalila, 1877. Production du Teatro degli Arcimboldi à Milan, 2002. Avec Placido Domingo (Samson), Olga Borodina (Dalila), Jean-Philippe Lafont (Dagon), Orchestre e coro del teatro alla Scala, direction: Giuseppe Montanari. Mise en scène: Silvia Fava.
Le compositeur
Comme organiste et pianiste virtuose, Saint-Saëns (1835-1921) s’impose sur la scène musicale. Concertiste au piano, il fascine à 11 ans le public de la Salle Pleyel. Il est organiste à Saint-Merry de Paris, dès l’âge de 18 ans, puis enchante un parterre nom moins subjugué, aux grandes orgues de la Madeleine. Les personnalités romantiques l’admirent dont Berlioz et surtout, Liszt qui l’encourage à créer son opéra, Samson et Dalila, en 1877 à Weimar. Pilier du renouveau de la musique française, membre fondateur de la Société nationale de Musique en 1871, à l’heure où après la défaite de 1870, la France veut redorer son blason artistique contre le wagnérisme dominant, Saint-Saëns souffre toujours d’une image académique que démentent ses oeuvres, claires, magnifiquement orchestrées, à la structure puissante et lyrique. Le symphoniste a montré sa valeur: cinq symphonies dont la dernière, éblouissante avec orgue, est composée en 1886 et dédiée à Liszt qui avait compris l’étendue de son génie. Il a oeuvré pour la redécouverte de Rameau et encourage le talent de ses élèves, Fauré et Messager.
Samson, un Tannhäuser français
Samson qui fait partie des 13 opéras de Saint-Saëns, est créé à Weimar en allemand, le 2 décembre 1877. Samson, héros des hébreux, conduit son peuple à se soulever contre les Philistins. Aussi, Dalila aidée du Grand Prêtre Dagon, entend séduire le champion et lui soustraire le secret de sa force… La manipulatrice réalisera son dessein mais Samson, grâce à un pacte avec le Tout-Puissant reprendra l’avantage en payant le prix fort.
Saint-Saëns travaille à son chef-d’oeuvre, dès 1867. Même si le compositeur reste le défenseur de la musique française, -il sera élu membre de l’Institut-, son oeuvre trahit une indiscutable influence de Wagner, en particulier de Tannhäuser, dont le compositeur français aida la création parisienne! La confrontation Samson/Dalila, n’est pas sans rappeler la force sensuelle de la relation Tannhäuser/Vénus. Harmonie chromatique, lyrisme exacerbé, utilisation maîtrisée des leitmotive, somptuosité orchestrale (duo de l’acte II: « mon coeur s’ouvre à ta voix »; Acte III, aube puis bacchanale orientalisante suscitée par Dagon), Saint-Saëns connaît parfaitement l’art wagnérien. En composant Samson, il en offre une résonnance flamboyante.
Illustrations
Portrait de Camille Saint-Saëns à l’orgue (DR)
Pierre Paul Rubens, Samson vaincu dans les bras de Dalila, 1609/1610 (Londres, National Gallery)





