Verdi: Otello. Jardin des critiquesFrance Musique, Dimanche 6 janvier 2013, 14h

Verdi
: Otello

France Musique
Le 6 janvier 2013, 14h
Jardin des critiques
Otello est créé à la Scala de Milan le 5 février 1887. Il interrompt un
silence de près de seize années, pendant lesquels Verdi avait cessé de
composer depuis Aïda créé au Caire le 24 décembre 1871.
La source n’est pas nouvelle pour le compositeur, Verdi
ayant passionnément trouvé dans l’épopée et la poésie de Shakespeare ses
propres marques dramatiques. Il y eut Lady Macbeth (1847). Mais la
nouveauté pour le lion de la scène lyrique, c’est une nouvelle
collaboration, avec un nouveau librettiste, Arrigo Boito, dès 1874, mais
qui n’aboutira que quelques années plus tard, après leur travail de
révision de Simon Boccanegra et de Don Carlos. Après Otello, surgira
l’ultime création, Falstaff, en 1893, découlant également de la sève
Shakespearienne (les Joyeuses Commères de Windsor).


Victorieux des Turcs, le Maure général de l’armée vénitienne, Otello, est accueilli triomphalement par le peuple cypriote.
S’il
vainc aisément les forces hostiles sur l’arène militaire, il en va tout
autrement sur la scène amoureuse. Et le conquérant se fait angoissé,
impatient, tyrannique, passionnel, irascible. Du moins doute-t-il assez
de lui-même pour que le venin du soupçon, distillé par son ennemi Iago, le perfide
semeur de trouble, ne vienne lui inspirer suspicion et accusation à
l’endroit de son épouse, pourtant fidèle et aimante, la belle Desdémone.
Elle-même est aussi douce et passive qu’il se montre manipulable et aveugle.

La
force du drame
vient de ce contraste saisissant sur la scène :
ici, les
deux protagonistes que tout a comblé : fortune, rang, mérite et beauté,
sont les jouets impuissants d’un traître, odieux démiurge, habile Satan
des cœurs, un fieffé jaloux qui tirant les ficelles d’une histoire
somme toute assez banale, nous plonge dans la tragédie la plus
impitoyable.
Sur la scène, les trop
frêles figures humaines d’Otello et de son épouse, Desdémone, résistent vainement. A la folie
dévastatrice du premier, répond la soumission pieuse de la seconde.

Ici,
aucun des personnages n’est maître de lui-même. Chacun semble possédé
par une force qui le dépasse: jalousie perverse (Iago), soupçon dévorant
(Otello), accablement (Desdémone). La musique quant à elle, forte, violente,
fulgurante, est, osons le mot, sublime.

Verdi, Otello
Opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi
Livret : Arrigo Boito d’après William Shakespeare

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