CD, critique. Alain Lefèvre, piano. MY PARIS YEARS (1 cd Warner classics, nov 2016)

LEFEVRE-ALAIN-cesar-franck-Prelude-choral-fugue-critique-cd-review-cd-classiquenews-alain_lefevre_my_paris_years_cover~2205CD, critique. Alain Lefèvre, piano. MY PARIS YEARS (1 cd Warner classics, nov 2016). Né Français mais québécois de cœur, le pianiste Alain Lefèvre publie un album clé dans son journal intime et artistique, totalement dédié à PARIS et donc intitulé My Paris Years… Aux côtés de ses propres compositions (prochain album à venir sous la même étiquette Warner classics), l’interprète, défenseur depuis toujours d’André Mathieu (avec lequel jouait son propre père), choisit ici des écritures qui font sens, selon le thème parisien : Satie (Gymnopédies évidemment), Ravel, Debussy et l’immense César Franck dont on se réjouit de réécouter Prélude, Choral et fugue, morceau de choix et de fulgurance de plus de 20mn : sorte de plongée introspective postwagnérienne qui n’en finit pas d’interroger de souterraines perspectives. Fidèle à une manière qui lui est propre, Alain Lefèvre en déroule l’écriture contrapuntique avec un soin de clarté murmurée, une éloquence feutrée qui sait aussi en souligner les vertiges comme la puissante architecture, en superposition et rébus, peu à peu démêlés.

FRANCAIS ET QUEBECOIS… un album parisien en forme de réconciliation. Paris est un asile enraciné dans son identité profonde, un temps malvécu en raison de l’arrogance française, surtout parisienne à l’égard de sa seconde patrie, le Québec. Mais comme toujours chez les Français qui suspectent et minimisent ce qu’ils ne voient pas immédiatement, – l’éloignement les rend aveugles et crétins (il faut bien le dire), il suffit de retourner en terres québécoises pour comprendre l’amour de la nation francophone outre Atlantique pour la culture française et la langue de Baudelaire ou de Rimbaud. C’est donc dans une fluidité toute québécoise que le pianiste déploie ses affinités françaises. L’artiste dévoile ce qui importe dans le fait d’être Français et Québécois, un pur esprit de synthèse et de réconciliation, une fraternité musicale.
Les Satie prolongent ce goût du pianiste pour la lenteur et la suspension énigmatique. Les couleurs y sont là encore très nuancées et idéalement dessinées sans incision, dans l’épaisseur de la suggestion. Esquissées, en demi teintes (N°2, « lent et triste »). La Pavane de Ravel nous fait entendre les résonances de l’enfance réactivée par un Ravel émerveillé et comme langoureux. Tandis que ses Debussy coulent comme une onde emperlée, à l’articulation détaillée et chantante (« Arabesque »).

Voilà donc un recueil on le répète clé dans la carrière du pianiste et de l’homme : Paris, en forme de célébration, et aussi allusivement une manière d’hommage à la mémoire de son maître parisien, Pierre Sancan. Un témoignage pour la beauté fraternelle et la cristallisation d’un idéal français et québécois : belle pierre à l’édifice de la culture francophone québécoise, alors que se tourne avec débats et frictions, la question de la laïcité de l’Etat, de l’autre côté de l’Atlantique.

 

 

 

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CD, critique. Alain Lefèvre, piano. MY PARIS YEARS (1 cd Warner classics, nov 2016).

LIRE aussi notre critique du CD, événement, critique. Mathieu : Concerto n°4 ; Rachmaninov : Rhapsodie op.43 – Jean-Philippe Sylvestre, piano / Orchestre Métropolitain / Alain Trudel, direction – 1 cd ATMA classiques / ACD22768 – novembre, 2018

 

 

 

CD, coffret événement, critique. Coffret OFFENBACH : The operas & opérettes / operettas Collection (30 cd Warner classics).

offenbach operas & operettas collection 30 cd warner classics centenaire naissance dossier offenbach 2019 classiquenewsCD, coffret événement, critique. Coffret OFFENBACH : The operas & opérettes / operettas Collection (30 cd Warner classics). Après un excellent coffret Berlioz, également édité pour l’anniversaire 2019, voici en 30 cd, l’intégrale Warner OFFENBACH, qui permet de mesurer la verve prolifique du Jacques des Boulevards, roi autoproclamé de la pantalonnade. Esprit canaille, libertin critique, Offenbach a su faire rire et divertir la bonne société du Second Empire, tout en épinglant en un savant jeu de miroir, les travers et les abus comme l’immoralité de son esprit de fête (comme rameau à son époque, à la Cour de Louis XV, pour lequel il réinvente le genre lyrique, mêle les registres… comme Offenbach, un siècle après.
Warner classics a pris soin d’équilibrer sa sélection. Il n’y manque qu’un seul ouvrage de valeur, le premier Les fées du Rhin, magistralement créé à l’opéra de Tours en 2018 (Classiquenews était présent et a réalisé un documentaire sur le sujet, jalon majeur de notre connaissance de Jacques Offenbach / VOIR notre reportage Les Fées du Rhin, Opéra de Tours, oct 2018). Cette opéra de jeunesse qui rivalise avec Weber et Wagner comme le grand opéra français était jusque là connu … dans sa version allemande car il faut créé à Vienne et chanté en allemand. Offenbach demeure un compositeur également fêté de chaque côté du Rhin, en France et Allemagne. Double tradition que prend en compte intelligemment le coffret Warner classics : y paraissent ainsi dans les deux langues, Orphée aux enfers, La Belle Hélène, La Vie Parisienne, Les Contes d’Hoffmann, en un jeu de lectures parallèles qui nourrit la vision des drames et comédies et relativise la place de Jacques en France…

Bicentenaire OFFENBACH 2019Le coffret Warner est un absolu indispensable. On y retrouve ainsi les premiers ouvrages et les grands standards, les petites perles oubliées et les opus majeurs (par ordre d’apparition dans le coffret : Ba-ta-clan (Orc JF Paillard, Marcel Couraud), Les Bavards (ORTF, Marcel Couraud), Orphée aux enfers (Capitole, Plasson avec Rhodes, Mesplé, Sénéchal, Berbié, Lafont…le nec plus ultra du chant français articulé et mordant), auquel répond la version en allemand, car Offenbach fut joué et reste à l’affiche de nombreux théâtres allemands, chanté dans la langue de Goethe (Orpheus in der Unterwelt, Phil. Hungarica, Willy Mattes), La Belle Hélène (Jessye Norman, Bacquier, Lafont, … Capitole / Plasson), et donc Die Schöene Elena (Münchner Rundfunkorchester, Willy Mattes), La Vie Parisienne (Crespin, Sénéchal, Mesplé, … Capitole, Plasson), Pariser Leben (Anneliese Rothenberger, Münchner Rundfunkorchester, Willy Mattes)… ; La fille du Tambour major (Orch Sté des Concerts du Conservatoire, Félix Nuvolone) ; La Grande Duchesse de Gerolstein (extraits, Eliane Lublin, JP Marty), Die Großherzogin von Gerolstein (Enriqueta Tarrés, Kölner RForchester, Pinchas Steinberg) ; La Périchole (Berganza, carreras, Bacquier, Sénéchal… Capitole, Plasson) ; Les Brigands (Le Roux, E Vidal, … Opéra de Lyon, Gardiner); Pomme d’Api, Monsieur Choufleuri, Mesdames de la Halle (Mesplé, Lafont, Trempont… Orch Philh. Monte Carlo, Manuel Rosenthal). De même, fermant la collection, dans une même combinaison bilingue complémentaire : Les Contes d’Hoffmann (Neil Shicoff, Murray, Plowright, Jessye Norman, La Monnaie, S Cambreling) / Hoffmanns Erzählungen (Siegfried Jerusalem, Norma Sharp, julia Varady, Dietrich Fischer-Dieskau… Münchner RForchester, Heinz Wallberg)…
Bonus découverte : les cd 29 et 30, respectivement : récital Offenbach de Jane Rhodes (Orch Bordeaux, Roberto Benzi), enfin La Gaîté Parisienne (Suite orchestrale, par Orch Monte-Carlo, Manuel Rosenthal ; version pour 3 pianos), puis inédits, Offenbach mélodiste, auteur de joyaux à redécouvrir, et à goûter grâce aux dons du diseur François Le Roux (« 6 fables de la Fontaine », dont le délectable « Le Savetier et le financier »,… très actuel, avec Jeff Cohen au piano).

CLIC_macaron_2014Parce qu’il souligne la grande tradition du chant français – à une époque où le chanteur sait articuler et défendre non pas une voix, (sa voix) mais un texte, de surcroît s’agissant de grands chanteurs d’opéras ; parce qu’il dévoile tout autant la tradition outre-Rhin des opéras d’Offenbach chantés à Cologne, à Munich… en allemand (d’autant plus avec le concours de grands chanteurs wagnériens : écouter Hoffmanns Erzählungen)… ; pour les mélodies ainsi dénichées qui devraient figurer avec Berlioz, Poulenc, Debussy, Ravel ou Chausson, Massenet et Hahn, dans tout concours de mélodie française qui se respecte… le coffret OFFENBACH concocté par Warner classics pour l’année Offenbach 2019 est un incontournable / indispensable. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2019.

Cd, coffret. Nikolaus Harnoncourt : Brahms (Symphonies 1, 2, 3, 4, concertos pour piano 1 et 2, 1996-1999, 5 cd Warner classics)

CLIC_macaron_2014Cd, coffret. Nikolaus Harnoncourt : Brahms (Symphonies 1,harnoncourt brahms 5 cd warner classics review critique cd classiquenews compte rendu critique cd 2, 3, 4, concertos pour piano 1 et 2, 1996-1999, 5 cd Warner classics). Ce q’un baroqueux peut apporter dans la tenue des orchestres modernes et dans le répertoire romantique… Warner classics nous régale le premier, parmi les labels classiques historiques à célébrer l’héritage du Maître regretté (décédé en mars 2016 : décès de Nikolaus Harnoncourt), en dévoilant ce souci particulier sur le métier romantique : avec les instrumentistes de l’Orchestre Philharmonique de Berlin (en 1996, 1997) et pour les Concertos pour piano avec ceux du Royal Concertgebouw Amsterdam (live de 1999, dans une prise de son idéale); voici 5 cd étapes majeures pour un Brahms symphonique et concertant, dépoussiéré. 5 cd pour évaluer tout ce que peut apporter un chef historiquement informé, et l’un des plus aguerris, libre, inventif, visionnaire en la matière, soit Nikolaus Harnoncourt au travail, dévoilant de nouveaux trésors d’exécution et de réalisation souple, articulée, – avec les musiciens sur instruments modernes du Berliner Philharmoniker : la démarche est d’autant plus légitime que s’agissant de Johannes, – dernier romantique, et si proche de Schumann, il s’agit d’une écriture qui regardent toujours vers le passé, Beethoven (son dieu) et au delà, bien avant, le raffinement inédit qu’apporte le chef Baroqueux, pionnier de la Révolution sur instruments d’époque, et auteur d’un intégrale Beethoven sur instruments d’époque (Orchestre de chambre d’Europe-, toujours indépassée, chez Teldec) se révèle porter d’une énergie affûtée renouvelée, avec un rapport bois, cordes repensé dan sel sens de la clarté concertante (ce dès le début des variations sur un thème de Joseph Haydn cd1). De même le début de la Symphonie n°1 portée pressée par un flux incandescent d’une urgence inéluctable brille singulièrement par l’équilibre instrumental et la balance nouvellement élaborée qui met en avant les vents et les bois (flûtes et hautbois), jaillissement de l’harmonie qui colore spécifiquement l’énergie vitale de cette entrée en matière qui résonne et s’enfle avec en une sorte d’extase tragique… (Live réalisée à la Philharmonie de berlin en décembre 1996). Tout est dit dans cette fabuleuse narration jamais démonstrative mais intérieure dont l’acuité des timbres, et une nouvelle motricité entre le pupitres soulignent la filiation beethovénienne qui structure de l’intérieur et de façon organique, les 4 Symphonies de Brahms. Toujours en 1996, les Symphonie 2 et l’Ouverture tragique (live de 1996) souligne ce travail spécifique sur la couleur et l’intensité des bois et des vents sur des cordes résolument transparentes : d’ailleurs, Harnoncourt a beaucoup travailler avec les instrumentistes la résolution des phrases en une seul tenue d’archet. L’agilité de la main droite a été un point fondamentale de cette approche régénérative.
Eblouissant HarnoncourtUn an plus tard (cd 3, 1997), les mêmes réalisent le dramatisme tellurique de la n°3 : le chant des bois et de cuivres sur la mer des cordes, cette intelligibilité des pupitres allège considérablement l’allant de texture, fonde l’acuité d’une direction soucieuse d’articulation (clarinette, basson, hautbois…) et aussi d’élégance dans la tenue générale des cordes. La ligne de la clarinette (en dialogue avec le cor…) est particulièrement soignée, prête vive d’une sensibilité suprême au timbre. L’Allégretto qui ouvre telle une aurore pleine de promesses et de plénitudes éphémères, l’admirable n°4 opus 98, confirme le raffinement instrumental qu’apporte la vision de Harnoncourt (même détail et vibration dans l’Andante moderato qui suit) quand l’Allegro giocoso est porté au pieds de la lettre, vif, palpitant, d’une nervosité réjouissante. Enfin le cd 4, ajoute le bénéfice de ce geste aéré, précis, nerveux dans la forme concertante, celle du Concerto n°1 opus 15, taillé comme un diamant vif argent ; où l’ouverture est saisissante d’acuité expressive, un lever de rideau qui impressionne et bouleverse par sa sincérité ; d’autant que la prise de son est d’une richesse de restitution remarquable (jusqu’aux bruits des instruments, et des partitions que l’on feuillète sur les pupitres !) : enregistré en décembre 1999, à Amsterdam avec le Concertgebouw d’Amsterdam, le geste d’Harnoncourt séduit par ses temps ralentis, la profondeur qui s’en dégage aussitôt, une équilibre entre plénitude et urgence, langueur, désespoir (Adagio); un bouillonnement et une tendresse mêlés formant un superbe bain d’émotions et de sentiments qui déferlent, affleurent, se déploient avec un naturel irrésistible : l’orchestre ainsi dirigé compose un tapis et un écrin idéal pour le piano certes sensible mais moins inspiré, habité du soliste Rudolf Buchbinder (beaucoup moins nuancé et suggestif que le chef). Ce que parvient à réaliser le chef avec les instrumentistes reste saisissant. Réellement impressionnant. Dans le cd 5, le Concerto pour piano n°2 y cultive les mêmes qualités : vibration superlative de l’orchestre, d’une hauteur poétique irrésistible, d’un dramatisme attentif et contrasté, auquel répond le jeu parfois épais et percussion à outrance du soliste. Harnoncourt chez Brahms fut captivant : ces 5 cd le démontrent sans réserve. Magistrale révélation ou confirmation s’agissant du Baroqueux chez le plus romantique des Romantiques germaniques. Incontournable.

Cd, coffret. Nikolaus Harnoncourt. BRAHMS : Symphonies, Concertos pour pianos, Variations, Ouvertures. Berliner Philharmoniker (1996-1997), Royal Concertgebouw Orchestra Amsterdam (Live de 1999). 5 cd Warner classics. 0190295 975104. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

CD, réédition: Centenaire Yehudi Menuhin par Warner classics

Yehudi menuhin cd review critique Prodige-violon-Yehudi-Menuhin-portait-aussi-valeurs-humanistes_0_730_657CD, réédition: Centenaire Yehudi Menuhin par Warner classics. Le 22 avril 2016 naissait, new yorkais, le violoniste virtuose Yehudi Menuhin. Si Dieu était un son, il serait le violon de Yehudi Menuhin : on connaît la célèbre déclaration d’Albert Einstein à propos du charisme précoce du Menuhin pourtant adolescent : “Ce soir vous m’avez prouvé l’existence de Dieu”… déclarait le témoin sidéré. A 10 ans, Yehudi Menuhin était déjà doué d’une maturité musicale interprétative phénoménale. Warner classics hériter du fonds Menuhin célèbre donc le centenaire de la naissance du violoniste mythique né en 1916 et fait exceptionnel pour un artiste, autant humaniste convaincu militant, citoyen du monde pacifiste et altruiste que fin musicien. L’homme et l’instrumentiste dans son cas ne font qu’un : d’une rare force morale et artistique. Mais Menuhin fut aussi doué d’une générosité et d’une curiosité peu communes qui demeurent exemplaires… Son legs comme c’est le cas de Karajan pour DG par exemple, montre l’étendue d’une sensibilité à la palette très large : soit 80 cd (remastérisés) / 11 dvd et un livre en un coffret composant l’édition “magistrale” Yehudi Menuhin 1916 – 2016 ; ou 80 cd en 5 coffrets séparés (intitulés “The Menuhin Century”), complétés par quelques titres complémentaires et thématisés (“Le Violon du siècle” en 2cd, ou 1 dvd ; “Yehudi Menuhin pour les enfants”, “Yehudi Menuhin avec Ravi Shankar” en single…). Plutôt qu’une intégrale bien sage et trop classique, Warner mise avec raison sur une approche thématique qui évite les doublons car le violoniste légendaire a enregistré à plusieurs reprises ses Å“uvres fétiches qui étaient  nombreuses (Bach, Mozart, Mendelssohn…). Si la somme constituée est incomplète, l’apport et son approche éditoriale sont justes, plutôt passionnants. Ainsi le coffret unique ou ceux démultipliés autonomes comprennent plusieurs inédits gravés en concert, permettant de mesurer le charisme de l’interprète sur le vif, capable d’intériorité et de tension, de gravité lumineuse, d’innocence préservée, de compassion fraternelle… C’est peu dire que Menuhin a nourri son archet d’un supplément d’âme ; à techniques égales, beaucoup de solistes actuels n’atteignent pas à cette simplicité, cette évidence stylistique qui sert la musique plutôt que de se servir d’elle pour faire vibrer leur égo narcissique, souvent démesuré. Il est vrai nourri par un marketing outrancier, tapageur.

 

 

 

 

CLIC_macaron_2014Le violoniste au son angélique, divin, incandescent et quasi immatériel ; le chambriste, partenaire inspiré en duo fraternel au sens strict avec sa sÅ“ur Hephzibah ; mais aussi le chef d’orchestre avec son orchestre à Bath… sont évoqués : ils ressuscitent grâce à cette collection en 80 cd. A tous les moments de sa vie de citoyen comme d’artiste concerné, Yehudi Menuhin semble réinventer son propre son, soucieux de son évidence et du sens de son geste, plutôt que de sa sonorité démonstrative. Parmi nos coffrets préférés, -parmi ceux que la Rédaction de Classiquenews a reçu, soulignons la valeur des cycles suivant :

 

Hephzibah yehudi menuhin complete recordings 20 cd warner classics classiquenews review critique cd1 – “Complete recordings with Hephzibah Menuhin” / Intégrale des enregistrements avec Hephzibah Menuhin, piano / 1933 – 1978 : 20 cd où violon et piano dansent, dialoguent, s’embrasent chez Mozart, Beethoven, Brahms, Lekeu, Franck, Enescu, Bartok, Elgar… (Sonates, duos, trios, Concertos…). Les deux âmes fusionnent et s’exaltent véritablement en une entente prodigieuse, un miracle fraternel et même gémellaire sur le plan musical qui semble réactiver le modèle historique légendaire sousjacent, celui baroque et néoclassique des enfants Mozart, Wolfgang et Nannerl. Décédée en 1981, la sÅ“ur tant aimée laisse un Menuhin à jamais orphelin d’une totalité perdue.

 

Unpublished recordings and Rareties2 – “Unpublished recordings and Rareties” / inédits et raretés” : c’est le coffret essentiel de la série, celui qui collant à l’angle thématique, révèle plusieurs enregistrements inconnus d’autant plus précieux sur l’art de Menuhin, de surcroît dans des partitions souvent rares, dont le choix dévoile aussi l’étendue du répertoire abordé et l’intelligence dans sa gestion progressive  ; les années 1930 et 1940 constituent un socle (Bach, Beethoven, Bruch, Tartini, Ravel, Kreisler… mais aussi les baroques Locatelli et Haendel, sans omettre Dvorak, Bartok…) ; les années 1950 donc l’après guerre, ouvrent de nouveaux champs d’exploration : Lalo, Paganini aux côtés des immortels inusables Mendelssohn, Mozart… (jusqu’en 1958) ; Warner ajoute un cycle inoubliable par sa musicalité profonde et subtile, alliance née d’une entente fraternelle et d’une complicité humaine et artistique : les 2 cd en duo avec Gerald Moore (Wienewski, Kreisler, Corelli, Sarasate, Debussy… 1947-1968) ;  les piliers de l’accomplissement Menuhin demeurent ici, révélés dans leur intensité intérieure : les 2 cd Bach (violon / clavecin – George Malcolm : 1961) ; les Concertos de Viotti, Bruch (1971-1976 dont Bruch donc avec Adrian Boult, LSO – 1971), les Sonates de Brahms (Louis Kentner, piano /1980), sans omettre révélateurs d’une curiosité à 360° y compris dans les dernières années : 12 Sonates opus 5 pour violon et continuo de Corelli (le plus solaire des Baroques ?, comme Menuhin : avec George Malcolm au clavecin et Robert Donington comme gambiste / 2 cd Londres 1978-1979), les Concertos de Leclair et Tartini (Polish chamber orchestra / 1983). Le classement chronologique des 22 cd ainsi réunis facilite leur écoute et rétablit l’évolution du goût comme du style de Yehudi Menuhin. On peut relever ici et là, défis et réalités des live mais aussi vieillissement inéluctable de l’expérience et du parcours artistique, une justesse aléatoire et une main moins sûre surtout à partir de 1961… qu’importe, la perfection n’étant pas humaine, – et ailleurs, l’équité et la sincérité étant toujours omniprésentes, le geste Menuhin dans sa globalité, reste irrésistible. Indispensable.

 

yehudi menuhin pour les enfants enfant magicien instruments de l'orchestre warneer classics3 – Yehudi Menuhin pour les enfants : les 2 cd soulignent évidemment le souci du violoniste pour la transmission : toute une vie dédiée à l’accessibilité de la musique et son explication au plus grand nombre comme aux plus jeunes. Le cd1 raconte la vie de Yehudi Menuhin, texte clair et prenant, illustré par une collection de pièces courte mais évocatrices jouées par Menuhin lui-même. Le cd2, permet au chef violoniste de prendre la parole et d’expliquer les instruments de l’orchestre par familles (cordes, bois, cuivres, enfin harpe, célesta et percussions – avec les membres du Philharmonia Orchestra)… jubilatoire.

 

4 – DVD. Ne manquez pas d’acquérir  non plus le dvd réédité pour le centenaire 2016 : “YEHUDI MENUHIN : Le violon du siècle / The violin of the century”, documentaire de B. Monsaingeon, 1994 – Euroarts / Warner. Profil acéré, silhouette nerveuse et regard vif : Yehudi était aussi un interprète au charme saisissant…

 

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD, réédition: Centenaire Yehudi Menuhin par Warner classics. Inédits remarquables, son remastérisés, sélection pertinente : autant de qualités qui font la très haute valeur des coffrets Yehudi Menuhin édités par Warner classics, pour son centenaire 2016. + d’infos sur le site de WARNER classics / VISITER aussi la page dédiée à l’édition Yehudi Menuhin 2016 sur le site de Warner classics

CD, coffret. Compte rendu critique. Maria Callas : The complete studio recitals released 14 cd Warner classics (1949-1969)

callas maria complete studio recitals 14 cd review critique cd classiquenewsCD, COFFRET Compte rendu critique. Maria Callas : The complete studio recitals 14 cd Warner classics. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2015. Voici en 11 cd, un cycle de tubes et de raretés, ceux de la super diva par excellence, qui se révèle bel cantiste et verdienne, coloratoura et française d’une distinction d’une justesse de style et d’une noblesse d’intonation, irrésistibles. La sélection s’achève en 1969 (sessions sous la baguette de Nicola Rescigno). Une leçon d’engagement inégalé qui ose, parfois se trompe mais toujours émeut par l’intensité de l’intention. Maria Callas est une diva qui se brûla les ailes… mais avant que la torche se consume, combien de rôles et d’incarnations brûlés, hallucinants. Le timbre brillant et félin, au legato infini, au souffle illimité, aux couleurs diverses et précises fait miracle dans ce florilège d’airs caractérisés, accompagnés par l’orchestre et toujours, l’intériorité tragique fait la valeur de l’actrice aux côtés de la cantatrice (ainsi sa Lady Macbeth dans l’air de somnambulisme (Una Macchia… de l’acte IV, avec le même Rescigno en 1958, reprise en 1960 avec Antonio Tonini à Londres…). Les premiers enregistrements comprennent le récital de 1949 avec, Bellinisme souverain, déjà Norma et I Puritani (Turin), puis de 1954 ses deux récitals, puccinien (Serafin), et vériste (Cilea, Giordano, Catalani, Boito, idem) et parmi les inoubliables, sa superbe Charlotte (ordinairement pour mezzo, mais la tessiture de Callas ne couvrait-elle pas trois octaves ?-, récital Callas à Paris II, sous la direction de Georges Prêtre en 1963).  La diva verdienne (trois récitals verdiens de 1958 puis 1963 et 1964 avec Rescigno), imposent l’actrice extrémiste qui prend tout les risques, aux côtés de la belcantiste accomplie.

 

 

 

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Eternelle Callas : verdienne et bel cantiste, puccinienne et mozartienne, romantique française, c’est à dire bizétienne et berliozienne… 

Callas en studio : Facettes d’un joyau vocal inégalé

 

 

CLIC_macaron_2014Plus surprenant le récital de 1963 et 1964, réalisé à Paris sous la direction du complice Nicola Rescigno dont la battue familière et sûre était nécessaire pour enchaîner ainsi des airs où on n’attendait pas la diva ; mais sa nature tragique et la franchise de son expressivité font mouche dans le Ah perfido de Beethoven, et ses Mozart révèlent un format vocal surdimensionné : voix furieuse et proche de l’implosion (avec des signes de larsen dans les aigus). Mais la sincérité touche (Porgi amor, puis Crudele ? … Non mi dir: sa Comtesse comme Elvira ne sont pas des types mais des individualités qui souffrent et espèrent). Comme des bonus, les deux derniers cd (13 et 14), présentent plusieurs cycles d’enregistrements, sessions comme saisies sur le vif : deux essais pour le même Non mi dir de Mozart (Callas s’identifiait-elle à Elvira en amoureuse blessée?) en 1953 (avec des aigus moins tendus et une ligne plus souple, sous la direction de Serafin), le superbe Una Macchia è qui tutora de Macbeth avec Rescigno en 1958, puis surtout sa justesse bel cantiste bellinienne dans le passionnant et éruptif et crépusculaire Sorgete… Lo sognai ferito, esangue d’Il Pirata de Bellini (Antonio Tonini, Londres 1961) : d’une intensité marquante. Sur le cd14, distinguons autres perles mémorables : ses derniers Verdi de 1964 et 1965, sous la direction de Nicola Rescigno, un grand et incontournable complice. Le style de Callas, chanteuse féline et sombre au service des héroïnes jusque là défendues par des anges coloratoure parfois dépourvues de vraie profondeur, éblouit ici : cette audace dans la raucité (qui fait aujourd’hui toute la valeur d’un Jonas Kaufmann par exemple) resplendit avec une insolence incisive. Malgré les désordres croissant d’une voix de moins en moins contrôlable,  -à partir de 1958/1959-, l’actrice enflamme la scène par sa vérité humaine inégalée. Le mythe de Callas se nourrit de contradictions et ne finira jamais de fasciner par ses multiples déchirures, cette association de qualités ailleurs contraires (écoutez ainsi sa Semiramide de Rossini : bel raggio lusinghier, acte I de 1961 : agilité, legato mais expressivité ardente, animal, rauque, plutôt louve blessée que souveraine insensible). Ainsi Callas réforme totalement l’esthétique rossinienne et avec elle l’art du Bel canto, en un chant à la fois virtuose et surexpressif d’une gravité douloureuse inédite. Il y a bien un avant et un après Callas. Coffret incontournable.

CD, coffret. Compte rendu critique. Maria Callas : The complete studio recitals 14 cd Warner classics. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2015. Avec : Arturo Basile · Franco Corelli · John Lanigan · Georges Prêtre · Nicola Rescigno · Joseph Rouleau · Duncan Robertson · Tullio Serafin · Monica Sinclair · Antonio Tonini · Alexander Young

CD1 The First Recordings 24.04
CD2 Puccini Arias 45.03
CD3 Lyric & Coloratura Arias 48.53
CD4 Callas at La Scala 41.54
CD5 Verdi Arias I 49.30
CD6 Mad Scenes 47.33
CD7 Callas à Paris I 49.46
CD8 Callas à Paris II 43.53
CD9 Verdi Arias II 39.59
CD10 Mozart, Beethoven & Weber 44.29
CD11 Rossini & Donizetti Arias 39.54
CD12 Verdi Arias III 50.16
CD13 The Callas Rarities 1953–1961 63.20
CD14 The Callas Rarities 1962–1969 53.28

CD, à paraître : Nouvelle AIDA de Verdi avec Jonas Kaufmann en Radamès chez Warner classics (octobre 2015)

jonas kaufmann aida verdi AIDA COVERCD, à paraître : Nouvelle AIDA de Verdi avec Jonas Kaufmann en Radamès chez Warner classics… Les nouvelle productions lyrique au disque sont rares. depuis des années, ce sont non plus des enregistrements studio qui se sont perpétués mais plutôt des live habilement saisis sur le vif au hasard des opportunités. Après une TURANDOT impressionnante de vitalité et de sensibilité signée Zubin Mehta (surprise de l’été 2015 (révélant entre autres le baryton mexicain German Olvera dans le rôle de Pang), voici une production qui fait suite  à l’intégrale Tristan une Isolde réalisé par Emi en 2005 : confirmant les ambitions verdiennes du plus grand ténor actuel, le munichois Jonas Kaufmann, Warner classics annonce donc début octobre 2015, une somptueuse AIDA de Verdi avec dans le rôle du général victorieux et couvert de l’or de Pharaon mais en fin de drame, saisi par l’amour de la belle esclave éthiopienne Aida, Jonas Kaufmann.

Jonas Kaufmann au sommet !Le ténor nous avait stupéfait dans un récital totalement dédié à la lyre verdienne, intitulé sobrement solennellement ” the VERDI album” (2013) : un récital inoubliable par sa justesse expressive, sa franchise, sa sincérité (dont un Otello anthologique sur les traces de Jon Vickers). Un cas unique où le ténor aux graves harmoniques, au médium charnu, à l’élocution âpre et précise, percutante et métallique emboîte le pas à un certain…. Placido Domingo. Jonas Kaufmann devrait y renouveler le succès de son novel album Sony : Nessun forma dédié aux héros pucciniens… (critique à venir sur classiquenews).

jonas kaufmann anja harteros enregistrent AIDA Antonio Pappano VERDI review announce annonce classiquenews

L’enregistrement studio a débuté en février 2015 : aux côtés du ténor allemand, Anja Harteros (Aida), Ekaterina Semchuk (Amneris), Ludovic Tézier (Amonasro), Erwin Schrott (Ramfis)… complètent la distribution réunie autour d’Antonio Pappano qui pilote le chÅ“ur et l’orchestre dell’Accademia di Santa Cecilia. Aida de Verdi, 3 cd Warner classics. Parution annoncée le 2 octobre 2015, prochain compte rendu développé dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

Jean Sibelius : Int̩grales des Symphonies Рcomplete symphonies (Simon Rattle, City of Birmingham symphony Orchestra / 4 cd Warner classics).

rattle-simon-birmingham-jean-sibelius-complete-symphonies-integrale-des-symphonies-critique-review-classiquenews-juin-2015-4cd-warner-classicsJean Sibelius : Intégrales des Symphonies – complete symphonies, Les Océanides, Opus 55 (SImon Rattle, City of Birmingham symphony Orchestra  / 4 cd Warner classics). Formidable travail de Rattle à la fin des années 80 et au début des années 90, soit en plein boom du compact : les instrumentistes du Symphonique de Birmingham (City of Birmingham symphony Orchestra), manifestement galvanisés par leur directeur musical, atteignent une cohérence d’approche, une qualité et une unité technique phénoménale qui à l’épreuve des climats et atmosphères d’un Sibelius méditatif, philosophe, panthéiste permettent d’égaler les meilleures phalanges européennes et américaines. Le cd 1 est une immersion sans réserve ni hésitation d’aucune sorte dans le grand bain trépidant de la texture sibélienne  (premier mouvement tellurique et fracassant): cosmogonie orchestrale au diapason de la nature océan dont la vitalité, l’ivresse symphonique est magistralement comprise par le chef. Son irrépressible urgence, affirmation de la volonté et d’une pulsion viscérale ancrée, qui s’expose et se développe sans retenue mais avec beaucoup de finesse et de réflexion dans l’équilibre des pupitre (cordes / cuivres) s’affirme nettement. Le cd 2 est en ce sens des plus emblématiques d’une compréhension intuitive et instinctive plus que convaincante, électrisante : la Symphonie n°2 est son appel furieusement énergique à l’hédonisme paien, la 3 qui suit, à la fois plus intérieure et mahlérienne, quoique aussi dansante et échevelée que sa précédente, suffit à mesurer l’engagement de l’orchestre britannique dont Simon Rattle fait une formidable machine sensible où triomphent l’unisson aérien des cordes, l’éclat des bois et des vents, la tension colorée et chaude des cuivres, le tout magnifiquement structuré, dans un équilibre toujours clair des pupitres.

 

 

 

Formidable Symphonique de Birmingham

Rattle outrageusement sibélien

 

CLIC D'OR macaron 200Au delà de la performance instrumentale et orchestrale, c’est aussi le geste impérialement organique du chef qui restituant au cycle, son unité intérieure, sa cohérence trépidante, le souffle des éléments où s’inscrit le chant de la nature, – massif des forêts et masse maritime-, s’affirme au sommet de la discographie. Si Karajan n’aborda les Symphonies de Sibelius que partiellement, Rattle nous offre ici une intégrale qui a compté pour sa maturité de musicien et aussi dans l’histoire de la formation de Birmingham, appelée à se dépasser littéralement. Le résultat est d’une finesse irrésistible : s’y impose la lumière et la présence concrète des frondaisons comme de la houle, comme la sensualité méditée de l’instrumentation de Tchaikovski, de Mahler avec ce sentiment tragique et lyrique qui sont spécifiques et sans égal. Ajoutons dans un crescendo dont Sibelius a le secret dans la diffraction de la texture instrumentale, ce sentiment d’émerveillement pour la nature tel qu’il transparait par exemple dans la formidable ouverture ou poème symphonique Les Océanides couplé avec la Symphonie n°1. Quelle leçon de symphonisme mesuré, nuancé, d’une transparence hédoniste magistrale.
Scintillant, poétique et poète même, Rattle nous livre un Sibelius enchanté, habité, voire halluciné : la matière épurée de la 7ème Symphonies avec ses textures sourdes et allusives des cuivres puis des cordes, gravissant la montagne vers l’éblouissement final, est bouleversante. Rattle joint l’excellence technicienne et la justesse de l’intention.

Et la totalité du cycle, est de la même eau ; c’est un accomplissement qu’il ne faut pas négliger dans toute discographie de Sibelius. A moins de 20 euros, ce coffret réédité est incontournable et doit figurer dans toute discothèque du symphoniste averti.

 

 

CD, coffret. Intégrale CLIC de classiquenews. Sibelius: Complete Symphonies : 1-7. Les Océanides, opus 55. City of Birmingham symphony Orchestra. Sir Simon Rattle (4 cd Warner classics 0825646198788). Réédition événement.

 

 

CD. Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics)

Johann-Strauss-II-par-Nikolaus-Harnoncourt_Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics) coffret boxCD. Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics). Harnoncourt s’est expliqué longuement sur le sujet : né allemand mais viennois jusqu’au bout de la baguette, le chef berlinois, 85 ans en 2015, porte en lui cette élégance autrichienne, fine combinaison entre élégance et danses populaires, raffinement et … rusticité. Inspiré par les mélodies de la rue comme les danses traditionnelles, Johann II Strauss (1825-1899), roi de la valse, s’inscrit dans la tradition d’un Schubert, et avant lui de Haydn et de Mozart. Le maestro si convaincant chez Monteverdi et nombre de compositeurs baroques dont il aura renouvelé l’approche avec ses musiciens du Concentus Musicus,- mais aussi Mozart ou Beethoven : Harnoncourt depuis toujours défend un Strauss concrètement… rustique et élégantissime.

Nouvelle Chauve Souris à l'Opéra de ToursC’est toute la valeur du coffret de 7cd Warner : premier hommage à celui qui reste à plus de 80 ans, d’une audace et d’une exigence absolues, infiniment plus visionnaire encore que bon nombre de ses héritiers et disciples, « suiveurs » de la 2,3è et 4è générations d’interprètes. Les Gustav Leonhardt et Frans Brüggen sont partis ; reste Harnoncourt (et ses cadets parmi lesquels le plus actif William Christie), véritables détenteurs d’un regard sans concession, – et depuis plus de 30 ans-, argumenté, original, légitime et constamment critique sur les répertoires choisis. Harnoncourt, Christie n’incarnent pas seulement une sonorité, un héritage musical fabuleux, ils transmettent aussi une esthétique et un mode de travail désormais inévitable, dont la justesse devrait mieux inspirer la plupart des orchestres modernes (si routiniers, si pépères et sans surprise…).

Le coffret réunit deux opéras-opérettes : l’ineffable et si subtile Chauve souris enregistrée ici au Concertgebouw d’Amsterdam en juin 1987 (et donc avec l’orchestre local du royal Concertgebouw : Die Fledermaus, avec Gruberova, délectable comtesse hongroise et à la ville Madame Eisenstein, soit Rosalinde ; Barbara Bonney en Adèle / Olga… délicieusement insolente ; surtout Lipovsek en Orlofsky dépressif, suavement androgyne) ; Le baron Tzigane enregistré au Konzerthaus de Vienne en avril 1994 à la tête du Wiener Symphoniker (Der Zigeunerbaron) soit les 4 premiers cd ; suivent un important legs symphonique de danses : valses, polkas, galops, poème symphonique dont Le beau Danube bleu (cd5 : Nikolaus Harnoncourt y dirige le royal Concertgebouw d’Amsterdam : ouvertures du Baron Tzigane et de La Chauve souris, valses diverses… – Concertgebouw d’Amsterdam, mai 1986 et juin 1987).

Harnoncourt_maestro nikolaus harnoncourt johann strauss coffret 7 cd Warner classicsLes deux derniers cd comprennent deux programmes plus récents encore : « Johann Strauss à Berlin » (live capté avec le Philharmonique de Berlin en septembre 1998) et le dorénavant légendaire concert du Nouvel An au Konzerthaus de Vienne 2001, moment heureux d’une incontestable plénitude orchestrale : cycle de danses et valses de Johann II, complété par la Marche de Radetsky (signé par le père Johann I), et Die Schönbrunner de Joseph Lanner (de la même génération que Johann père… ). Outre l’affinité d’Harnoncourt avec l’élégance et la nostalgie johannesque, le programme à Vienne dévoile aussi le génie de l’autre Strauss, frère cadet de Johann II, Josef qui malgré sa passion de la mécanique et qui voulait être ingénieur, suivit les pas de aîné, affirmant une inspiration aussi puissante, originale et raffinée que celle de son frère (Halekin Polka, Dorfschwalben aux Österreich)

La réalisation est digne d’intérêt voire indispensable : rien ne saurait remplacer Harnoncourt dans un répertoire qu’il sert avec une sanguinité suave d’un raffinement contagieux : évidemment La Chauve souris de 1987, Baron Tzigane de 1994, et le dernier cd, comprenant Strauss abordé avec le Philharmonique de Vienne pour le concert du Nouvel 2001… sont les perles d’une sélection très conviancante… voire irrésistible. Coffret événement.

CD. Nikolaus Harnoncourt. Johann Strauss II (7 cd Warner classics).

 

 

 

 logos warner classics eratoCD 1 & 2 : Johann Strauss II : Die Fledermaus (La chauve-souris) : Werner Hollweg – Edita Gruberova – Christian Boesch – Marjana LipovÅ¡ek – Josef Protschka – Anton Scharinger – Waldemar Kmentt – Barbara Bonney – Elisabeth von Magnus. Chorus off De Nederlandse Opera – Orchestre du Royal Concertgebouw.

CD 3 & 4 : Johann Strauss II : Der Zigeunerbaron (Le Baron tzigane) : Herbert Lippert – Pamela Coburn – Rudolf Schasching – Julia Hamari – Wolfgang Holzmair – Christiane Oelze – Elisabeth von Magnus – Hans-Jürgen Lazar – Jürgen Flimm – Robert Florianschütz. Arnold Schoenberg Chor – Wiener Symphoniker.

CD 5 : Johann Strauss II : Ouverture du ‘Baron tzigane’ – Kreuzfidel – Leichtes Blut – Histoires de la forêt viennoise – Marche égyptienne – Wiener Bonbons – Pizzicato-Polka – Unter Donner und Blitz – Le Beau Danube bleu – Ouverture de ‘La chauve-souris’
Orchestre du Royal Concertgebouw, Amsterdam.


CD 6 : Johann Strauss II : Kaiserwalzer – Ouverture de ‘Une nuit à Venise’ – Die Tauben von San Marco – Voix du printemps – Ouverture de ‘La chauve-souris’ – Seid umschlungen, Millionen – Lob der Frauen – Simplicius-Walzer – Tritsch-Tratsch polka – Kaiser Franz Josef I. Rettungs-Jubel Marsch
Berliner Philharmoniker


CD 7 : Concert du Nouvel an 2001 (Vienne)
Johann Strauss I : Marche de Radetzky. Joseph Lanner : Die Schönbrunner – Jägers Lust – Steyerische Tänze. Johann Strauss II : Morgenblätter – Elektro-magnetische Polka – Electrofor – Ouverture de ‘Une nuit à Venise’ – Harlekin-Polka – Dorfschwalben aus Österreich – Vergnügungszug – Seid umschlungen, Millionen – Der Kobold – Luzifer-Polka
Wiener Philharmoniker. Coffret 7CD 0825646222391

CD, annonce. Coffret Maria Callas : The Complete Studio Recordings Remastered (69 cd Warner classics).

CD, annonce. Coffret Maria Callas : The Complete Studio Recordings Remastered (69 cd Warner classics). Presque 40 ans après sa mort, la sublime et inatteignable Marias Callas continue de nous fasciner par son art divin… L’icône suprême de l’opéra : tragédienne, bel cantiste, perfectionniste comme personne, actrice subtile d’une hypersensibilité admirable, Maria Callas ressuscite en septembre 2014 grâce au coffret événement que Warner classics édite, synthétisant l’apport interprétatif de la divina, en une sélection de ses meilleurs enregistrements, remastérisés pour l’occasion. Le coffret intégral comprend 69 cd, regroupant toutes les bandes enregistrées en studio par Maria Callas entre 1949 et 1969, pour EMI/Columbia et le label italien Cetra. Chaque document a bénéficié d’une restauration minutieuse en 24-bit/96kHz, réalisée par les Studios Abbey Road durant plus d’un an, à partir des sources d’origine. Présenté avec un soin scientifique, artistique, éditorial tout particulier, le coffret rassemble 26 intégrales d’opéras ainsi que  13 récitals gravés par Maria Callas.

Callas ressuscitée

Callas Maria+Callas+i71531L’ «Edition Collector», intitulée CALLAS REMASTERED présente chaque enregistrement d’opéra ou chaque récital avec sa couverture originale. Elle contient également un livre relié de 132 pages, qui comprend de nombreux articles, une biographie, une chronologie de la vie de l’artiste, des photographies ainsi que des lettres de Maria Callas elle-même, du producteur Walter Legge ou d’autres responsables d’EMI. Les livrets complets des opéras ainsi que les textes des airs pour les récitals sont disponibles intégralement sur un CD-ROM. Les bandes gagnent un relief, une précision, une présence renforcée dans le sens de la sensibilité et de l’émotivité : jamais Maria Callas interprète n’aura été aussi mieux défendue, révélée, restituée. Voilà qui accentue l’immense valeur de son legs lyrique.  Contre les adeptes d’un beau chant désincarné ne s’exprimant que par la pure agilité technicienne, La Callas réalise de façon unique, la réussite d’un chant lyrique intense, expressif, « laid » diront ses détracteurs qui avaient oublié que l’opéra c’est aussi du théâtre. Peu à peu, et dès la vingtaine, Maria Callas observe un choix judicieux de prises de rôles qui lui assure longévité et pertinence artistique : la mezzo soprano dramatique à la tessiture étonnamment étendue s’impose dans plusieurs caractères, exigeant drame et pureté vocale : Gioconda (Ponchielli), Turandot (Puccini), Brünnhilde et Isolde (Wagner). Mais aussi, diamants du répertoire belcantiste italien : Norma et Amina (La Somnambule) de Bellini, Violetta (La Traviata) de Verdi, Lucia et Anna Bolena de Donizetti, Médée de Cherubini et Tosca de Puccini. Son sens du théâtre, sa musicalité et son art du phrasé fondent un nouvel art du chant. Après elle, chaque cantatrice digne de ce nom recherche et la musicalité et la présence dramatique, sans jamais sacrifier la finesse ni le subtilité d’un chant incarné. Ainsi en témoigne aussi son approche du rôle de Carmen (Bizet) dont Warner classics dévoile dans la box 2014, une nouvelle version remastérisée, d’autant plus précieuse qu’elle découle du master original jamais utilisé et miraculeusement retrouvé à Saint-Ouen !

Le legs Warner classics 2014 correspond ainsi aux années 1950 c’est à dire à l’apogée de la carrière de Maria Callas. Principalement attachée aux maisons d’opéra d’Italie, elle devient la prima donna assoluta de la Scala de Milan, en participant notamment aux productions de Luchino Visconti, un partenaire et un mentor avec lequel elle partageait la même exigence esthétique. Elle apparaît également au Royal Opera House (Covent Garden) de Londres, au Metropolitan Opera de New York, à l’Opéra de Paris, à l’Opéra de Vienne, et dans les maisons d’opéra de Chicago, Dallas, Houston, Lisbonne, et au début des années 1950, de Mexico, São Paolo, Rio de Janeiro.

Warner classics Maria callas complete recordings remastered box coffret

A partir de 1959, quand débute sa tumultueuse histoire d’amour avec l’armateur grec Aristote Onassis, sa carrière scénique se fait plus rare, sa voix plus fragile. Son ultime apparition sur une scène d’opéra remonte à 1965 : elle avait seulement 42 ans. Malgré quelques projets de retour à la scène, et en studio de nouvelles intégrales d’opéras,  Maria Callas s’efface peu à peu de la scène. Elle donne cependant en 1974 une série de récitals en Europe, à Paris, aux Etats-Unis et au Japon avec le ténor Giuseppe di Stefano, l’un de ses plus fidèles partenaires (leur légendaire Tosca de 1953, sous la direction du chef d’orchestre Victor de Sabata demeure une version insurpassée dans l’histoire de l’enregistrement). Si l’actrice saisit l’audience, la chanteuse n’avait plus toutes ses facultés, affichant désormais une voix usée et instable. Maria Callas meurt, seule, en septembre 1977, dans son appartement parisien.

Maria Callas : The Complete Studio Recordings Remastered, coffret de 69 cd Warner classics. Parution : le 22 septembre 2014. Prochaine compte rendu critique complet dans le mag cd de classiquenews.com.

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Illustration : Maria Callas divina © Sothebys

CD. R. STRAUSS: The great operas (22 cd Warner classics)

CLICK_classiquenews_dec13 CD, coffret Richard Strauss : The great operas (22 cd Warner classics). Autant le dire, ce coffret (le premier édité pour l’anniversaire Strauss 2014, 150 ans de la naissance, car Universal prévoit aussi le sien au début de l’année nouvelle), est une malle à trésors, de surcroît réunissant des versions légendaires, absolument irrésistibles, en un prix plus qu’abordable, au regard de la qualité des lectures. Les straussiens ici réunis sont demeurés indiscutables, offrant une quasi intégrale des ouvrages les plus recommandables : le coffret comprend les opéras majeurs composés avec le poète librettiste Hugo von Hofmannsthal, puis Stefan Zweig, enfin Joseph Gregor …

 

 

Coffret Richard Strauss chez Warner classics :
pépite exceptionnelle !

 

richard-strauss-r-strauss-the-great-operas-1Voici donc Herbert von Karajan évidemment : Der Rosenkavalier de 1956 (la référence en la matière, alternative à la nervosité tout aussi élégante d’un Solti : ici version anthologique de l’après guerre avec Schwarzkopf, Edelman, Ludwig, Stich-Randall, Nicolai Gedda…), Salomé de 1977 et 1978 (lecture lunaire aux éclats tendus et scintillants -, ceux des Wiener Philharmoniker avec Hildegard Behrens, Agnès Baltsa, José van Dam dans les rôles de Salomé, Herodias, Jochanaan…). C’est surtout Wolfgang Sawalisch (photo ci-dessous) qui gagne un regain de reconnaissance car son legs straussien s’avère indiscutable ; décédé en février 2013 (à 89 ans), le chef de tradition bavaroise, né à Munich semble respirer Strauss avec un naturel confondant, le coffret révèle sa manière aussi efficace, simple et directe qu’extrêmement ciselée – n’a-t-il pas régné sur l’Opéra de Munich, Opéra d’État de Bavière, de 1971 à 1992, y dirigeant tous les ouvrages de Strauss (sauf Salomé); un style et une expérience aujourd’hui à redécouvrir : ainsi en témoignent Capriccio de 1957-1958, Intermezzo de 1980, La femme sans ombre (Die Frau ohne schatten) de 1987, Friedenstag de 1988 (l’année où il dirige l’intégrale lyrique) et Elektra de 1990 (éruptive, incandescente, d’une précision exemplaire avec des balances voix/instruments remarquablement conçues, grâce à Eva Marton, Cheryl Studer, Marjana Lipovsek dans les rôles féminins centraux de Elektra, Chrysothemis, Klytämnestra …).
sawallisch_wolfgang_strauss_portrait_290Sens de l’architecture, expressivité affûtée (dans le sillon de Karajan avec ce souffle ductile propre à Böhm), entre hédonisme, grâce et précision instrumentale, Sawalisch se montre un superbe straussien comme il fut grand wagnérien (sa Tétralogie est absolument à posséder tout autant). Au sommet de son legs ici concerné, avouons notre préférence pour l’accomplissement de la Femme sans ombre, opéra de guerre et de sang d’une violence orchestrale inouïe, dernier grand opéra romantique qui est aussi une réponse et une alternative au wagnérisme et au vérisme contemporain : la partition grandiose pénétrée par l’esprit des Lumières où souffle un pur imaginaire fantastique et féerique se réalise sous la direction superlative du chef d’une hypersensibilité instrumentale confondante de nuances et de respirations inédites, comptant sur un quatuor de solistes épatants : René Kollo, Cheryl Studer (d’un angélisme dans lequel s’incarne le chant d’une progressive humanité), Alfred Muff et Ute Vinzing, dans les rôles de l’Empereur, l’Impératrice, Barak et la teinturière, sans omettre l’éblouissante et ardente nourrice d’Hanna Schwarz. Si familièrement Sinopoli, Karajan (2 versions) et Böhm sont reconnus comme les champions de ce prodige humaniste composé à l’époque de la première guerre, il faut compter aussi avec la version d’un Sawalisch conteur remarquablement inspiré en 1987. Même enthousiasme total pour Capriccio enregistré à Londres en 1957 et 1958 où à la tête du Philharmonia, le chef dirige un trio exemplaire : Schwarzkopf dans le rôle axial de la comtesse Madeleine, à laquelle le Flamand de Nicolai Gedda et surtout Olivier de Dietrich Fischer Dieskau lui donnent la réplique  : un trio de rêve confondant de raffinement linguistique et d’une musicalité rayonnante.

Etrangement la Daphné de Haitink (1982), pourtant avec le même orchestre que dirige Sawalisch (le Symphonique de la Radio Bavaroise : Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks) laisse mitigé (avec effets kitsch amplifiés par la prise studio : la foudre préenregistrée pour les éclats de tonnerre…) : la direction manque parfois de ductilité flexible, trop raide, droite et brutale, un rien carrée sans les infimes nuances requises d’une partition qui semble récapituler et la philharmonie cuivrée de La Femme sans ombre et les éclairs antiquisants d’Elektra (mais Lucia Popp dans le rôle-titre demeure irrésistible, subtilement accompagnée par Ortrun Wenkel et le Leukippos de Peter Schreier).Si la direction de Haitink manque parfois de respiration chambriste éclairant le message esthétique et humaniste de Strauss et de Gregor, la voix de Lucia Popp fait une excellente Daphné ; son timbre aspire totalement à cette sublimation abstraite qui la porte peu à peu à sa transformation finale : timbre blessé, d’une hypersensibilité tendant au basculement souhaité… Là encore la musique et tout l’orchestre qui puise dans les accents et l’hyperactivité de La Femme sans ombre, semble ressusciter l’Antiquité d’Ovide revisitée par un sentiment de pacification. Un vÅ“u qui prend d’autant plus son sens dans le contexte hitlérien de 1938. Auparavant (1935), Strauss, génie musicien vivant, avait démissionner de toutes ses fonctions officielles au sein du Reich, de sorte qui lui aussi porteur d’un message civilisateur à travers un nouvel ouvrage antiquisant semblait suivre l’itinéraire de ses deux protagonistes, Daphné et Apollon. La lumière contre les ténèbres.


popp_lucia_strauss_intermezzo_daphneLe coffret met ainsi en lumière le chant captivant de la soprano Lucia Popp : brûlante diseuse à l’abattage parlé chanté irrésistible pour le personnage de Christine dans l’opéra intimiste Intermezzo – si proche du théâtre parlé, vraie drame domestique d’une rare intensité linguistique, sans omettre son époux dans la partition, interprète non moins indiscutable Dietrich Fischer Dieskau (il est vrai sous la baguette libre, claire, foisonnante mais surtout toujours chambriste de Sawallisch en 1980 : un modèle d’équilibre et de pétillance) ; deux années plus tard, la même Lucia Popp enregistre le rôle si difficile de Daphné, en 1982 donc, mais sous la baguette un rien tendue, presque muselée donc de Bernard Haitink : sous la battue moins évidente et naturelle,- avec pourtant le même orchestre bavarois-, la cantatrice paraît parfois à la tâche, sans ce débridé théâtral et si subtil qui fait encore toute la séduction de sa Christine chez Intermezzo. Là encore quelle interprète car si elle avait peut-être bénéficié d’une baguette autrement plus subtile, sa Daphné aurait été à n’en pas douter anthologique.

kempe_rudolf_rkVous ne bouderez pas votre plaisir grâce à l’Ariadne auf Naxos du Saxon pur jus Rudolf Kempe (photo ci-contre) à la baguette tout aussi vive et claire, sans effets d’aucune sorte (un miracle pour l’orchestre suractif de Strauss, ainsi Kempe comme Sawallisch défendent une même vision épurée, assouplie, sobre, indiscutablement intègre, plus raffinée qu’on s’obstine à le répéter) : cette Ariadne de 1968, magnifiquement enregistrée au studio bénéficie aussi d’une distribution superlative : Gundula Janowitz (Ariadne), Teresa Zylis-Gara (le compositeur) … de surcroît avec un orchestre miraculeux de chambrisme ardent et lui aussi nuancé (rappelons que l’intégrale symphonique du chef fait toujours autorité à juste titre) : la Staaskapelle de Dresde, à son meilleur à la fin des années 1960. Encore un jalon légendaire qui accrédite la très haute valeur du coffret Warner classics. Superbe révélation en préambule aux célébrations du 150 ème anniversaire de Richard Strauss en 2014.

Illustrations : le geste ciselÄ— de Wolfgang Sawallisch et de Rudolf Kempe, les deux champions, – immenses straussiens que révèle le coffret Warner classics.