GSTAAD / SAANEN, ven 30 août, 19h30 : LOZAKOVICH / Sonates, « Capriccioso »

LOZAKOVICH Daniel violon gstaad concert critique classiquenewsGSTAAD / SAANEN, ven 30 août, 19h30 : LOZAKOVICH / Sonates, « Capriccioso » ; concert du jeune violoniste suédois DANIEL LOZAKOVITCH (18 ans, à peine / dans l’église mythique de Saanen) – certains l’appellent déjà le « Menuhin du XXIè » , ce qui n’est pas anodin s’agissant du Festival qui porte haut et fort les valeurs du violoniste légendaire : le jeune Lozakovitch a même enregistré son premier disque chez DG Deutsche Grammophon (paru en mai 2018 – dédié à JS BACH dont il sait faire chanter l’éloquence spirituelle, et sans effet ni maniérisme)… certes il est doué d’une grande virtuosité, mais il a encore du temps devant lui pour atteindre à cet humanisme et cet engagement sociétal qui caractérise la vie de Yehudi Menuhin, violoniste citoyen du monde, fondateur du Festival il y a plus de 60 ans à présent (premiers concerts à l’été 1957)… Beaucoup savent bien jouer, éblouir par la performance ; peu savent toucher.. au cÅ“ur. Qu’en sera-t-il ce 30 août 2019 dans l’église et sous la voûte qui avait abrité les premiers concerts de Menuhin dès l’été 1957 ? De toute évidence, le violon a une place spécifique à Gstaad. Le festival dirigé par Christoph Müller sait favoriser l’éclosion des grands violonistes actuels, confirmés et jeunes talents à suivre : y sont présents cette année : Hilary Hahn (le 29 août, JS BACH; 19h30 église de Saanen), Vilde Frang, Christel Lee (élue Menuhin’s heritage artists… aux côtés du clarinettiste Andreas Ottensamer)

LIRE ici notre critique du cd JS BACH par Daniel Lozakovich :
LOZAKOVICH : le MENUHIN du XXIème siècle ?Extrait de la critique par Camille de Joyeuse : «… Tout découle d’une conscience ample, et d’une compréhension parfaite de l’architecture des oeuvres. En signature exclusive pour 3 albums chez DG (contrat signé en juin 2016), voici donc le premier album de la série : jouer JS BACH en ouverture est un pari fou à son âge mais totalement réussi, si l’on en juge par les idées que le jeune interprète nous transmet. La maîtrise et la retenue distante que le jeune inteprète sait maintenir dans son jeu lui évite minauderie, détails, maniérisme et démonstration de toute sorte…. »
https://www.classiquenews.com/cd-critique-js-bach-daniel-lozakovich-violon-concertos-bwv-1042-1041-partita-n2-bwv-1004-dg-deutsche-grammophon-4799372/

 

 

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Vendredi 30 août, 19h30
SAANEN, église
GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2019
Concert du jeune violoniste sudéois DANIEL LOZAKOVITCH (église de Saanen)
RESERVEZ VOTRE PLACE

 

 

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Programme « Capriccioso » :

Wolfgang Amadeus Mozart (1756–1791)
Violinsonate Nr. 32 B-Dur KV 454
Largo – Allegro – Andante – Rondo. Allegretto

Robert Schumann (1810–1856)
Violinsonate Nr. 1 a-Moll op. 105 20’
Mit leidenschaftlichem Ausdruck – Allegretto – Lebhaft

Johannes Brahms (1833–1897)
Violinsonate Nr. 2 A-Dur op. 110
«Thuner Sonate» 20’
Allegro amabile – Andante tranquillo –
Vivace di qui andante – Allegretto grazioso (quasi andante)

DANIEL LOZAKOVICH, Violine / violon
SERGEI BABAYAN, Klavier / piano

 

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CD, livre-cd événement, annonce. CELLO STORIES / Histoires de violoncelle (Livre-cd / 207 pages, 5cd Alpha)

violoncelle-cello-stories-cd-5-cd-alpha-bruno-cocset-review-critique-cd-compte-rendu-CLASSIQUENEWSCD, livre-cd événement, annonce. CELLO STORIES / Histoires de violoncelle (Livre-cd / 207 pages, 5cd Alpha). Le plus noble et profond des instruments à cordes plonge ses origines très loin dans le temps (aux confins naissants des XVIè et XVIIè avec Diego Ortiz, Vincenzo Bonizi, Girolamo Frescobaldi…), pour évoluer sans jamais faillir à son identité profonde jusqu’à la fin du XVIIIè, soit (après Vivaldi et JS Bach), vers Geminiani, Cirri et surtout le préromantique Luigi Boccherini… Bruno Cocset, fondateur depuis 1996 des Basses Réunies, compose ici un florilège musical à partir de ses propres enregistrements chez l’éditeur Alpha (avec certains compléments inédits), pour mieux coller au texte / essai signé par Marc Vanscheeuwijck.

 

 

 

Bruno Cocset et son ensemble Les Basses Réunies explorent l’odyssée du violoncelle au XVIIè et XVIIIème siècles

Violone, basse de violon, basse ou ténor “alla bastarda”… le violoncelle baroque et classique dans tous ses états

 

 

bruno_cocsetLes 5 disques disent ainsi une épopée historique, organologique, musicale donc esthétique dont les jalons sont les origines (cd1), l’Italie et la France (cd2), l’œuvre de Jean-Sébastien Bach (cd3 et cd4), enfin le violoncelle préromantique : « de Geminiani à Boccherini » (cd5). Tous réalisations des Basses Réunies. De Vincenzo Bonizi à Luigi Boccherini, 2 siècles d’écriture et d’évolution musicale vous attendent dans ce coffret éditorialement fort, iconographiquement riche, où, fait rare, l’alliance du texte, de la musique et de l’image fonctionne à merveille. Le fondateur des Basses réunies, actuel directeur du formidable élan de travail, de recherche et de création à Vannes (au sein du Vannes Early Music Institute, VEMI), Bruno Cocset a piloté ainsi un ouvrage qui transmet sa passion du violoncelle. L’ensemble du corpus musical rend compte des nombreux champs explorés par Les Basses Réunies, miroir d’un geste affûté, curiosité étendue, somptueuse sensibilité interprétative à l’appui. L’épopée-saga ainsi restituée est liée directement à la formidable aventure du violoncelliste / gambiste et celle de son facteur en titre, Charles Riché qui lui a construit au cours des programmes et des recherches pas moins de 9 instruments, chacun ayant son propre univers sonore, sa pratique et son jeu propres, ses Å“uvres restituées selon ses qualités ; tels les acteurs d’une scène aux multiples découvertes et expériences sonores, le violoncelle d’après Gasparo da Salo, défenseur des Suites I et V de Bach, capable aussi de devenir un somptueux ténor ; puis entre autres, une puissante basse de violon (ou violone) d’après les Amati, et un ténor à 5 cordes d’après le mêmes Amati, exposent selon les partitions réinvesties, et grâce à leur sonorité respective, le souffle expressif, la verve et la langueur poétique, originels…, « avec comme fil conducteur la corde en boyau, organique et vivante », ainsi que le précise dans sa remarquable introduction Bruno Cocset ; et que confirme aussi le choix du visuel de couverture de ce coffret événement. Ainsi la Volubilité de Geminiani est défendu par le ténor alla Bastarda d’après Amati ; la noblesse préclassique d’un Cirri fait écouter la souplesse caressante de la réplique du Gasparo da salo, et ses formidables résonances graves… tandis que les Boccherini – volets conclusifs de la saga, saisissent grâce au chant spécifique du violoncelle concertant dit « Le Boccherini » justement réalisé par Charles Riché en 2004. Aux côtés des gravures déjà éditées, la sélection comprend aussi quelques pièces inédites : telles les partitions d’Ortiz, Bonizzi, Vitali (Bergamasca), Antoni, sonata de Marcello, enfin la Sonate en do majeur du même Cirri, déjà cité…

CLIC_macaron_2014Grand critique du coffret CELLO STORIES / Histoires de violoncelle, Les Basses Réunies / Bruno Cocset — 5cd, édité chez Alpha, à venir, le 6 septembre 2016, date de la parution du coffret. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016.

Centenaire Yehudi Menuhin sur Arte

menuhin yehudi violonARTE. JOURNEE YEHUDI MENUHIN, dimanche 1er mai 2016,18h30, 22h50, 00h45. Le 22 avril 2016 a marqué le centenaire du violoniste prodige, véritable légende du violon, tant par sa divine musicalité, sa sonorité angélique, lumineuse, divine que l’éclat moral de sa personnalité, sans omettre ses engagements humanistes et fraternels, actes de courage et solidaire, hors du milieu strictement classique. Décédé en décembre 1999, Sir Yehudi Menuhin incarne l’excellence de l’artiste et la passion généreuse de l’homme, complice citoyen et citoyen du monde, diffusant partout autant que possible le chant transcendant de son violon enchanteur. Violoniste et chef d’orchestre, le musicien a su aussi s’ouvrir à d’autres formes, d’autres cultures afin de renouveler toujours le formidable don qu’il avait su recueillir, cultiver, entretenir, perfectionner; Menuhin fut aussi un pédagogue, un passeur d’un formidable charisme. Arte lui rend hommage en 3 étapes, demain dimanche 1er mai 2016.

 

 

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3 RVS sur ARTE

Dimanche 1er mai 2016 

 

 

 

18h30

Yehudi Menuhin et Herbet von Karajan. La caméra d’Henri-Claude Cluzot fixe laarte_logo_2013 complicité du soliste et du chef mythiques. En 1966, le réalisateur filme répétition puis concert du Concerto pour violon n°5 en la majeur de Mozart : entretien riche et croisé entre deux monstres sacrés, curieux, généreux, exigeants… 43 mn

22h50

Portrait : Yehudi Menuhin, le violon du siècle

Documentaire

00h45

Hommage à Yehudi Menuhin

Concert hommage

 

 

 

LIRE aussi notre dossier présentation de la série de rééditions discographiques publiées pour le Centenaire Yehudi Menuhin par Warner classics

 

 

 

 

Livres, compte rendu critique. André Tubeuf : Adolf Busch. Le premier des Justes (Éditions Actes Sud)

adolfbuschLivres, compte rendu critique. André Tubeuf : Adolf Busch. Le premier des Justes (Éditions Actes Sud). On connaissait déjà l’exemplaire biographie très documentée et finement contextualisée, signée Tully Potter (Adolf Busch, the Life of an Honest Musician, saga originellement en anglais, éditée en plusieurs volumes en 2010). Tubeuf reprend à son compte l’image angélique et vertueuse du maître de Yehudi Menuhin, Adolf Busch, frère cadet du fameux chef d’orchestre, lui-même divin mozartien.

Un musicien contre Hitler

Adolf Busch : l’ange violoniste

busch adolf viloniste frer de fritz busch biographie essai roman actes sudL’essai qui en découle souligne le profil moral et inflexible du musicien qui sut résister au nazisme. C’est un « juste » qui mérite bien ce texte hommage qui ressuscite une figure exemplaire à l’heure où tant d’artistes se mettent à l’écart de tout engagement politique et militant. Hitler et Goebels tentèrent comme ils le firent des personnalités germaniques de l’époque, de séduire le divin instrumentiste et d’en faire un ambassadeur de la propagande du Reich : de fait, Busch aux yeux azuréens, avait cette blondeur aryenne très séduisante pour les dignitaires nazis. Peine perdue car Adolf était un antinazi déterminé : dès 1933, il choisit l’exil pour ne jamais revenir sur sa terre natale tant que les barbares seraient en place. Il rejoint Bâle d’abord puis les Etats Unis en 1939, dans le Vermont où il mourra en 1951. Ni clandestin, ni complaisant, Busch choisit sans réserve de ne jamais transiger avec le pouvoir nazi quand d’autres plus ambivalents, allemands de souche, ont préféré demeurer en Allemagne, convaincus qu’en place ou en poste, ils pouvaient « résister » de l’intérieur (Furtwängler, Richard Strauss…). En 42 chapitres, troussés comme des nouvelles romancées, surgit la vie et le tempérament du violoniste Adolf Busch (1891-1952), véritable vedette adulée en Allemagne. Né à Siegen en Westphalie (Allemagne), décédé le 9 juin 1952 à Guildford dans le Vermont (États-Unis), Adolf appartient à une fratrie de musiciens très doués : Fritz est chef d’orchestre, son autre frère Hermann est violoncelliste, son troisième frère Willi Busch était acteur. Fin musicien, esprit exigeant autant qu’ami chaleureux (Ferrucio Busoni fut son ami), Adolf Busch, visionnaire et audacieux (il joue la musique contemporaine, défendant les Concertos de Busoni et de Reger…) fut le modèle et le protecteur du pianiste Rudolf Serkin leur duo (Chaconne de Bach, Fantaisie de Schubert, l’Opus 130 de Beethoven…) suscita un extraordinaire engouement. Adolf était aussi le violoniste du non moins exceptionnel Quatuor Busch dont les enregistrements (en particulier de Ludwig van Beethoven, joués dans les années 1930 surtout à Londres) sont devenus à juste titre légendaires. C’est justement chez Beethoven à Vienne, dans le solo pour violon de la Missa Solemnis en 1912, lors d’un concert de charité (sous la baguette de Bruno Walter) que le jeune violoniste de 21 ans, subjugue l’audience, gavant une aura à jamais croissante et inéluctable. Busch demeure une icône, un prodige que sa stature morale a fait mythe et légende. Stimulante lecture.

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Livres, compte rendu critique. André Tubeuf : Adolf Busch. Le premier des Justes (Éditions Actes Sud). ISBN : 978 2 330 05596 7. Parution : novembre 2015. 17 €

CD, coffret. Compte rendu critique. Itzhak Perlman : complete Recordings on Deutsche Grammophon (25 cd)

perlman itzhak violon complete recordings on deutsche grammophonCD, coffret. Compte rendu critique. Itzhak Perlman : complete Recordings on Deutsche Grammophon (25 cd). La prestigieuse étiquette jaune, Deutsche Grammophon célèbre les 70 ans du violoniste israélien Itzhak Perlman (le 31 août 2015) en lui dédie un important coffret cd qui réunit l’ensemble de ses enregistrements pour le label. Perlman a gravé 25 albums pour Deutsche Grammophon et Decca entre 1968 et 2001, comptant certaines collaborations scellées sous le signe de l’amitié complice et de la haute technicité toujours finement inspirée. Itzhak Perlman a fait ses débuts chez DG avec les concertos pour violon de Berg et Stravinsky (1978, Seiji Ozawa, direction) ; il a séduit de nouveaux admirateurs par sa chaleur humaine et une générosité flexible qui favorisent les collaborations, ainsi dès 1968, le disque premier, fondateur ici, comprenant la Sonate proustienne de Franck et le Trio de Brahms (avec cor), enregistré à Londres en 1968 ; ou le Concerto pour violon d’Elgar (sous la direction de Barenboim, 1981).

Les concertos de Saint-Saëns et Wieniawski (1983), la Symphonie espagnole de Lalo (1980), un disque de pièces célèbres avec Zubin Mehta (Sarasate, Ravel, Chausson, Saint-Saëns…, 1986)  et les Quatre Saisons de Vivaldi (réunissant à Tel Aviv en 1982, et sur instruments modernes la crème des violonistes des années 1980 : ) font également partie du coffret. On y retrouve aussi des perles comme l’album « Bach Arias » avec la soprano aussi suave qu’impossible, Kathleen Battle et donc son partenaire, Perlman au violon obbligato (1989-1990), des Concertos de Tchaïkovski et de Chostakovitch avec Perlman cette fois à la baguette à la direction du Philharmonique d’Israel (Tel Aviv, 2001), dirigeant son jeune protégé Ilya Gringolts, et la redécouverte de deux ensembles majeurs pour les années 1980 toujours: Concertos de Mozart (Wiener Philharmoniker, James Levine, Vienne, 1982-1985) et les Sonates pour violon et piano de Beethoven réalisées avec la complicité de Vladimir Ashkenazy à Londres au début des années 1970 (1973-1975), deux cycles réinstaurées au catalogue pour la première fois depuis des années. Les CD reprennent les programmes et pochettes d’origine. La notice accompagnant le coffret est en anglais et en allemand.

 

 

Violon subtil et éloquent

 

CLIC D'OR macaron 200Notre avis. Pour ses 70  ans, Deutsche  Grammophon édite  un coffret mémoire regroupant les enregistrements les plus significatifs voire  convaincants du violoniste né à Tel Aviv en 1945 de parents polonais : Itzhak Perlman. Une carrière dans sa globalité se détache ici. Dans sa diversité de plus en plus assumée comme soliste naturellement – musique de chambre dès 1968 avec son complice le pianiste Vladmir Ashkenazy, concertante et symphonique surtout ; mais aussi comme chef d’orchestre et comme pédagogue. C’est une vocation réalisée de facto en complicité avec des noms  aussi prestigieux que Barenboim, Mehta, Ashkenazy… autant de personnalités diverses, tempéraments différents qui ont su reconnaître en Perlmann, un partenaire de choix, appréciable indiscutablement pour ses qualités humaines et violonistiques.

perlman itzhak violon -9aa9746d8f48d564Après  les aînés que sont Stern, Grumiaux, Oistrakh dont le jeu écouté à la radio fut une révélation, le déclencheur de sa vocation même, Itzhak Perlman affirme à travers ce legs discographique une somme esthétique d’où sa finesse de ton se distingue nettement. L’élégance et la pudeur expressive, le souci de la clarté sans calcul ni effet démonstratif, réalisent une sorte  de synthèse entre intériorité et pure virtuosité, voie médiane très structurée et équilibrée frappant par sa précision et sa clarté dynamique, qui serait comme l’emblème  préservé de cette école franco belge dont il affirme la prééminence en premier lieu dans ses choix de répertoire … Franck, Lalo jusqu’à Wieniewski le soulignent suffisamment dans le sommaire du coffret. Le violoniste se distingue  encore de ses confrères par un sens du legato, une ligne ciselée dans le souffle qui apparente son élocution, à la voix humaine  : l’exemple le plus frappant en serait ici son Berlioz élégantissime et sans effets démonstratifs d’aucune sorte (Caprice et rêverie opus 8, enregistrement parisien réalisé à la maison de la Mutualité en octobre 1980), entonné bel et bien comme l’expression d’un songe personnel. … pour nous, tout Perlmann est là. Clair  et tendre, intime et pudique mais surtout  profond et d’une simplicité complice. Un frère musicien comme on aimerait en connaître depuis toujours. Son humilité nous touche. Son naturel aussi qui font tant défaut à nombre de solistes actuels trop préoccupés par leur singularité narcissique. Ainsi c’est toujours la même question : servir la musique ou se servir de la musique ? Aucun doute concernant Perlamn : le violoniste a clairement choisi la première option.

 

En savoir plus sur http://www.clubdeutschegrammophon.com/albums/complete-recordings-on-deutsche-grammophon/#WuXWILDEiyfzVOTl.99

 

Coffret cd, compte rendu critique : Itzhak Perlman, complete Recordings on Deutsche Grammophon. Sortie : le 4 mai 2015. 25 cd Deutsche Grammophon

Didier Lockwood, le violoniste ” improvisible “

Paris, Bouffes Parisiens. Le violon «improvisible» de Didier Lockwood, jusqu’au 10 janvier 2015. Violoniste de jazz et compositeur, Didier Lockwood aime se mettre en difficulté, être au bord du précipice et chaque soir de spectacle réussir le pari fou de l’improvisation sur des textes collectés au moment du spectacle. Avec la musique, le violoniste erre, cherche, expérimente, se perd… pour mieux se retrouver et nous emmener avec lui. Au public de participer à la fabrique musicale en tirant au sort pendant la soirée les thèmes du programme. A l’instrumentiste improvisateur de réaliser ensuite, le lien entre les textes et les témoignages, les sujets et les séquences : à Didier de raconter une histoire… nouvelle chaque soir. C’est un one man show d’une liberté magicienne où le risque croise la poésie et la générosité, l’intelligence de l’instant. Pour ses 40 ans de carrière, Didier Lockwood met en scène ses dons d’improvisateur hors pair. Jusqu’au 10 janvier, ce jongleur funambule présente un spectacle original et fascinant, chaque samedi (18h30) et dimanche (18h) au théâtre des Bouffes Parisiens (durée du spectacle : 1h40mn).

 

 

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Didier Lockwood, le jongleur improvisateur

 

LOCKWOOD d_lockwood__improvisible_v10_site-1DIDIER LOCKWOOD, biographie. Né à Calais en 1956, Didier Lockwood grandit au sein d’une famille d’artistes. Il entre au Conservatoire à l’âge de 6 ans. A 13 ans il intègre l’Orchestre lyrique du Théâtre municipal de Calais et remporte trois ans plus tard le Premier prix de violon du Conservatoire National de Calais ainsi que le Premier Prix national de musique contemporaine de la SACEM.
Admirateur de musique classique, il se passionne également pour la musique improvisée et le jazz. Il fait ses débuts avec le groupe Magma à l’âge de 17 ans aux côtés du percussionniste Christian Vander. Puis remarqué par Stéphane Grappelli, il se voit propulsé sur la scène internationale du jazz. En 1994, il réalise son premier album américain New-York Rendez-vous et compose en 1996 son premier concerto en trois mouvements pour violon électro-accoustique et orchestre symphonique intitulé Les Mouettes. En 2000, il publie Tribute to Stéphane Grappelli pour lequel il reçoit de nombreuses distinctions : Diapason d’Or, Choc Jazzman, Sélection Fip. Il crée en 2001 le Centre des Musiques Didier Lockwood, son école d’improvisation à Dammarie-lès-Lys. L’année 2013/2014 correspond au quarantième anniversaire de sa carrière, qu’il célèbre accompagné d’amis de longue date à travers de nombreux concerts en tournée.

Didier Lockwood : Improvisible, spectacle musical et théâtral conçu par Didier Lockwood et mis en scène par Alain Sachs jusqu’au 10 janvier 2015 aux Bouffes Parisiens à Paris. Réveillon (mercredi 31 décembre 2014 à 18h30 avec en invitée surprise la soprano Patricia Petibon).

 

 

 

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La violoniste Lisa Batiashvili au TCE à Paris

Batiashvili Lisa-Batiashvili-Frers-1Paris, TCE. Le 23 novembre 2014, 11h. Lisa Batiashvili, violon. Dans son dernier album discographique édité chez Deutsche Grammophon et dédié aux deux plus grands Bach de la famille : Johan Sebastian et Carl Philip Emanuel… (Lisa Batiashvili joue Bach à Tsibili…), la violoniste accomplit un nouvel accomplissement dans sa jeune carrière.  C’est l’occasion pour la violoniste géorgienne de cultiver l’art chambriste … en famille, avec son époux à la ville, l’oboïste François Leleux et leurs complices du concert parisien, Wen-Sinn Yang, violoncelle et Peter Koffer, clavecin.  L’interprète qui a appris le violon auprès de son père (” le violon est ma langue paternelle ” avoue-t-telle), a remporté le Concours Sibelius il y a presque 10 ans (1995). Second Prix de la compétition, Lisa Batiashvili âgée alors de 16 ans a eu la révélation de sa vocation de musicienne : sa carrière a commencé à partir de là. En France, sa nouvelle résidence, au Théâtre des Champs Elysées, Lisa Batiashvili rejoint ses complices instrumentistes : ensemble ils jouent le Trio (hautbois, violon et basse continue Wq 143) de Carl Philip, la Sonate en trio pour violon et basse continue HWV 380 de son père Johann Sebastian, sans omettre le contemporain de Johann Sebastian, l’autre germanique célébrissime, Haendel dont sont jouées aussi Sonate en trio pour hautbois, violon et basse continue HWV 380 ; Passacaille pour violon et violoncelle (arrangement de la Suite pour clavecin n° 7 HWV 42,réalisé par Johan Halvorsen).

 

 

 

Extrait de la critique du cd Bach de Lisa Batiashvili… notre rédactrice Elvire James écrit :

batiashvili-Lisa-cd-bach-cover,-critique-cd,-critique-complete-classiquenews« … articulation limpide, sonorité ronde et délicatement ciselée, et surtout ici, dans l’esprit évident d’un enregistrement familial, une complicité immédiatement séduisante. Les qualités naturellement chantantes de la violoniste s’affirment dans la superbe Sinfonia en fa majeur extraite de la Cantate BWV 156 : chant des béatitudes inspiré par une certitude inaltérable, – solo originellement pour hautbois, transposé ici pour violon-, une ferveur inextinguible que le violon aux phrasés fruités de l’instrumentiste sait colorer avec la pudeur généreuse et chaude qui lui est propre.

L’assise intérieure et la maturité expressive comme l’élégance stylistique de Lisa Batiashvili se confirme encore dans les 4 mouvements de la Sonate n°2 BWV 1003 pour violon seul : abstraction aérienne du Grave initial, légèreté faussement anodine de la Fugue qui suit ; pudeur sertie de noble fragilité de l’Andante, enfin pure énergie brillante au jeu pur de l’Allegro conclusif…

Le Trio pour flûte et violon du fils Carl Philipp Emanuel Wq 143 témoigne des dispositions de la soliste dans le format concertant, exercice dialogué où s’équilibre naturellement la personnalité des super solistes associés (entre autres Emmanuel Pahud à la flûte)… la jubilation qui naît de l’écriture concertante place ainsi le fils Bach, immensément admiré à Hambourg après son mentor et modèle Telemann, le un génie de l’esthétique classique dont saura se souvenir Haydn et Mozart… ».

 

 

 

(CD. Lisa Batiashvili : Bach, 1 cd Deutsche Grammophon, novembre 2014, CLIC de classiquenews). Lire notre compte rendu critique du cd Bach de Lisa Batiashvili.

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Paris, TCE. Récital de Lisa Batiashvili, violon : les Bach père et fils, Haendel… Dimanche 23 novembre 2014, 11h. 

Illustrations : © Anja Frers / Deutsche Grammophon

 

 

 

CD.Gil Shaham,violon : Concertos de Barber, Berg, Hartmann, Stravinsky, Britten (2 cd Canary classics).

Shaham_gil_concertos 1930 canary classicsCD.Gil Shaham,violon : Concertos de Barber, Berg, Hartmann, Stravinsky, Britten (2 cd Canary classics). Le violon soliste ne serait-il pas finalement l’instrument roi au tournant de la décennie 1930/1940 ? En abordant quatre Concertos pour son instrument, Gil Shaham nous permet un retour sur une période riche et féconde, plusieurs partitions dont la profondeur et la justesse de ton éclairent a contrario par leur intense humanité parfois militante l’une des périodes les plus sombres de l’histoire européenne. La cover du double cd porte le numéro 1 laissant augurer une suite tout aussi passionnante souhaitons-le.
En 1939, l’industriel du savon, Fels commande à Barber un Concerto pour son protégé le violoniste russe Iso Briselli. En découle un Concerto particulièrement aimable et élégant, d’un classicisme nuancé et raffiné (forme plus sonate que concertante du premier mouvement) qui contraste effectivement avec sa genèse. Amorcée en Suisse, la composition se termine après un retour précipité aux USA après que le gouvernement américain invite ses ressortissants à fuir l’Europe rongée par la barbarie nazie. Le jeune russe se défile trouvant l’oeuvre sous le regard critique de son mentor Meiff, pas assez puissante ni suffisamment noble. Barber se décourage mais finalement soutenu par son compagnon Gian Carlo Menotti, compositeur et violoniste, il trouve les ressources pour faire créer son concerto en février 1941 sous la direction d’Ormandy : Gil Shaham exprime cette intériorité lyrique plutôt pudique en phrases soutenues et toujours parfaitement énoncées. Le caractère plus échevelé et âpre aussi du dernier mouvement, dans sa version plus resserrée de 1949, ajoute à la précision du violoniste, en très belle complicité avec New York Philharmonic et David Robertson (février 2010).

Le Concerto de Berg s’inscrit dans une période angoissée et tendue pour le compositeur dont Wozzeck restait interdit de création (malgré l’activité de l’immense chef Erich Kleber) et Lulu peinant à être achevée…  En avril 1935, la fille d’Alma Gropius, ex épouse Mahler, Manon, meurt à 18 ans : sa mort ébranle le cercle restreint de la famille endeuillée dont … Berg. Mi août, pour le 56ème anniversaire d’Alma, le Concerto ” à la mémoire d’un ange ” était terminé. Dans le premier mouvement, le violoniste sait exprimer la douceur déjà évanescente de la jeune défunte en un portrait plein de délicatesse et de retenue, puis d’innocence dansante dans l’allegretto qui est enchaîné; les superbes couleurs, chambristes de la Staatskapelle de Dresde déploie un tapis remarquablement agile et accentué, semant dans le réseau des successions dodécaphonique, des guirlandes tonales dont Berg a le secret.  Soliste et orchestre canalisent et mesurent là encore en un dialogue serti de complicités intérieures, les tensions et la versatilité d’une partition qui semblant entrer en résonance avec le climat délétère de l’Allemagne d’alors ; le violoniste exprime le scintillement triste et désespéré d’un monde qui implose et s’effondre sur lui-même, en de longues vagues qui s’effilochent jusqu’à l’exténuation finale, celle d’un paysage lunaire et léthal (Dresde, juin 2010). Magistral.

L’opus 15 de Britten est décrété “injouable” par Heifetz : outre ses difficultés techniques indiscutables, le Concerto est très proche des convictions personnelles de l’auteur vis à vis de la guerre et de son engagement pacifiste. Le premier mouvement (moderato) est un hommage aux victimes de la guerre d’Espagne. Comme le Concerto de Stravinsky, le sarcasme pointe sans maquillage dans le Scherzo : dénonciation brûlante et vive des horreurs commises au nom des fusils et des bombes. Purcellien et baroque dans l’âme, Britten achève son parcours semé de cris et de visions terrifiantes, par une ample passacaille qui suscite la paix et le repos, l’oubli et la quiétude. Ce Concerto composé en pleine guerre jalonne l’oeuvre humaniste du musicien bientôt auteur du War requiem (1961) puis de l’opéra Owen Wingrave (1969). Précis, subtil, suggestif, le violon de Gil Shaham semble étinceler à chaque accent doloriste ; sa pudeur musicienne rétablit la profonde humanité de l’Å“uvre malgré ses syncopes et ses vifs sursauts.
De toute évidence, assembler les deux Å“uvres Britten / Stravinsky reste éminemment pertinent : voici la musique la plus captivante, écrite en temps de guerre pour exhorter à la paix et au silence des armes.  Nous en sommes loin : voilà qui fait toute l’actualité de ce programme lumineux et investi.

Plus récent, l’enregistrement du Concerto de l’humaniste munichois antifaciste  Karl Amadeus Hartmann (enregistré en septembre 2013), plonge dans des eaux plus profondes encore, témoignant de vision terrassées qui ont affronté la Bête : très engagé contre toute forme de tyrannie sanglante, Hartmann laisse dans son Concerto pour violon où dominent les cordes, résonateur amplifié de l’instrument soliste, une partition mordante, d’une tendresse hurlante, dont la tonalité funèbre honore la salut de toutes les victimes des années 1930 et 1940 en Europe. Le compositeur assimile Reger, mais aussi Bruckner, Mahler et Bartok dans cette Å“uvre somptueuse, noire, lacrymale mais d’une pudeur rentrée (sublime choral conclusif), écrite en 1939 et créée en 1940. La sensibilité crépusculaire du soliste éclaire le Concerto jusqu’au dernier éclair grâce à une tension jamais abandonnée y compris dans les séquences plus lentes et introspectives. Le Concerto d’Hartmann (mort en 1963) reste la révélation de ce programme marqué par la guerre et le règne des Ténèbres.

 

Gil Shaham, violon. Concertos pour violon des années 1930. Volume 1. 2 cd Canary classics.

3 femmes violonistes … Pogostkina, Batiashvili, Skride

batiashvili_lisa_batiashviliARTE. Concert. Femmes violonistes, une rencontre au Festpielhaus de Baden-Baden. Le 19 janvier 2014, 19h. Au programme : le Concerto pour violon de Jean Sibelius, interprété par Alina Pogostkina. Lisa Batiashvili lui succède avec le Concerto pour violon n° 2 de Sergueï Prokofiev. Puis, les trois violonistes jouent ensemble Quasi una Fantasia pour trois violons et orchestre de Nicolas Bacri. Pour clore le concert, Baiba Skride interprète le Concerto pour violon de Ludwig van Beethoven.

Les plus beaux concertos dédiés au violon par trois femmes violonistes virtuoses:
Alina Pogostkina
Lisa Batiashvili
Baiba Skride

 

ARTE, Dimanche 19 janvier 2014, 19h.

Réalisation : Nele Münchmeyer (Allemagne, 2010, 43mn) ~ Production : SWR
Avec Alina Pogostkina (Russie), Lisa Batiashvili (Géorgie) et Baiba Skride (Lettonie) sont
accompagnées par le Mahler Chamber Orchestra
Direction musicale : Constantinos Carydis.

 

Illustration : Lisa Batiashvili (DR)

CD. Nemanja Radulovic, violon : Paganini Fantasy

CD. Nemanja Radulovic, violon : Paganini Fantasy (1 cd Deutsche Grammophon). Le jeune prodige serbe développe ici une question critique sur son propre métier, avec raisons … la facilité peut souvent brûler et gâcher le goût et le style d’un acrobate musicien. Presque trentenaire, maturité oblige, Nemanja Radulovic en rendant hommage au plus diabolique des compositeurs violonistes, Niccolo Paganini fait aussi son autoanalyse et fait rimer haute technicité avec … musicalité.

 
 

Radulovic_nemanja_deutsche_grammophon_cd_paganini_fantasy_cdLe trop  plein de virtuosité laisse un goût de superficialité : écoutez comme je joue bien et mieux que tout autre instrument… Paganini, d’un panache diabolique, d’une facilité ahurissante aurait-il eu le souci de la justesse et de la subtilité ? A trop vouloir démontrer, beaucoup de violoniste autoproclamés prodiges oublient souvent la mesure, ce mépris  salvateur de la performance pure qui fait les grands musiciens … De toute évidence, ces interrogations ont inspiré le violoniste contemporain Nemanja Radulovic que la sensibilité si proche de la voix écarte d’une facilité creuse.
Certes souvent l’éclat et la surenchère sont inscrits dans l’écriture paganinienne, et le monologue du violon supersoliste devient acrobatie mécanicienne, d’une fluidité sans âme.
Toute la question et donc la valeur de ce programme intelligent est contenue ici, entre prouesse et sincérité. Avec l’ensemble de cordes Les Trilles du diable (Cantabile), avec la pianiste Laure F-Kahn (Sonate n°12), et dans le Concerto n°1 en ré (avec le Symphonique national de la RAI), le violoniste serbe né en 1985 semble incarner tout ce qui s’impose douloureusement ou simplement à tout instrumentiste immensément doué : que faire avec un tel talent technicien ?

 

 

Technicité critique

 

Le Concerto n°1 donne la clé de cette ambivalence profitable en ce qu’elle révèle les interprètes véritables qui ne se servent pas de la musique mais la servent avec l’humilité et la profondeur requises. Pour démontrer ses remarquables talents, le violoniste ouvre donc les festivités par le Caprice n°5, d’une volubilité imprévisible, puis s’accorde une semi profondeur dans le Concerto au brio bien souvent rossinien car tout y Å“uvre pour mettre en avant le feu ardent d’un violon incandescent qui cependant sait dans les pianissimi subtilement maîtrisés enfin respirer avec une grâce intérieure (cadences finement tressées de l’Adagio), emblème d’un bon goût que l’on n’attendait plus …

L’élève de Patrice Fontanarosa a semblé recueillir les fruits d’une profonde réflexion sur les enjeux de son style. Si les visuels de la pochette, en couverture comme intérieurs  (Nemanja en transe expressive ou par terre dans des poses toujours contorsionnées … ) laissent plutôt songeur sur la capacité à murmure comme à suggérer, pourtant …  l’équilibre réussi entre intériorité et surenchère est objectivement maîtrisé ; même si le tempérament tout feu tout flamme de l’interprète l’oriente toujours vers plus de pathos romantique, une théâtralité pas toujours suggestive en effet, l’approche est sincère et gagnera encore dans les prochaines années à plus de pudeur. Très beau récital d’un tempérament qui se pose les bonnes questions , au bon moment, et fait espérer des lendemains tout aussi chantant, et nous l’espérons… mieux suggestifs.

Nemanja Radulovic, violon : Paganini Fantasy. 1 cd Deutsche Grammophon

Midori joue le Concerto pour violon de Brahms

MIDORI_VIOLON_midori_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Arte, le 30 juin 2013,19h. Concerto pour violon de Brahms par Midori   …   Pour ses trente ans de scène, la violoniste Midori interprète le Concerto pour violon de Brahms. En 1982 à New York, elle fait ses débuts à l’âge de 11 ans sous la direction de Zubin Mehta. Le chef d’orchestre indien est à la tête de l’Orchestre philharmonique de Munich pour ce concert anniversaire.
Le talent exceptionnel de Midori a été repéré très tôt. Dans les années 1980, elle a commencé à se produire en public et a remporté de nombreux prix. Mais au milieu des années 1990, elle tourne le dos au monde des concerts. Son souci de perfection l’avait plongée dans une dépression dont elle a mis du temps à se remettre.
Elle ne délaisse toutefois pas totalement la scène. Mais elle se fixe d’autres priorités, notamment ses études de psychologie.
Midori s’engage dans des projets sociaux ayant pour finalité de favoriser l’accès à la musique. Ces activités lui ont valu bon nombre de distinctions. Le concert anniversaire qu’elle donne à Munich est l’occasion de jeter un pont vers le passé.Le Concerto opus 77 en ré majeur est la seule œuvre composée par Brahms pour violon et orchestre. A sa création en 1879 à Leipzig, l’œuvre a ravi les uns et irrité les autres. Le chef Hans von Bülow y voyait un morceau composé contre le violon et non pas pour le violon. En effet, dans ce concerto, le violon est une voix parmi d’autres, et de surcroît une voix confrontée à d’immenses difficultés techniques d’exécution.
Dans son traitement du concerto pour soliste, Brahms adopte une approche plutôt symphonique. Il voulait que le violon se mette au service de la musique et non l’inverse. Les critiques souvent virulentes le découragèrent d’écrire un second concerto pour violon. Pourtant, le jugement de l’histoire allait s’avérer bien différent. Aujourd’hui, cette Å“uvre devenue incontournable est inscrite au répertoire des plus grands violonistes. Un défi indispensable et une oeuvre de référence qui dévoile les maitres actuels de l’archet.

Direction : Zubin Mehta
Avec Midori et l’Orchestre philharmonique de Munich.                                         .