DVD. Cavalli : Elena (1659). Alarcon, Aix 2013 (Ricercar)

cavalli-elena-dvd-ricercar-alarcon-rufDVD. Cavalli : Elena (1659). Alarcon, Aix 2013. Peu à peu, l’immense génie du vénitien Francesco Cavalli (1602-1676), premier disciple de Montevedi à Venise (et certainement avec Cesti, son meilleur élève), se dévoile à mesure que la recherche exhume ses opéras. Le premier défricheur fut en ce domaine René Jacobs dont plusieurs enregistrements à présent pionniers, demeurent clés (Xerse, Giasone, surtout La Calisto cette dernière, portée à la scène avec Maria Bayo dans la mise en scène du génial et regretté Herbert Wernicke …). Voici le temps d’ Elena (sommet lyrique, surtout comico satirique de 1659) dont l’histoire légendaire croise la figure initiatrice ici de la discorde. Dès le prologue, en geisha perverse et sadique en diable, l’allégorie distille son venin conquérant ; de fait, les héros auront bien du mal à se défaire d’une intrigue semé de chassés croisés et de quiproquos déconcertants… propres à éprouver leurs sentiments.
Les vénitiens n’ont jamais hésité à détourner la mythologie pour aborder les thèmes qui leur sont chers : l’opéra a cette vocation de dénonciation… sous son masque poétique et langoureux, il est bien question d’épingler la folie ordinaire des hommes, aveuglés par les flêches du désir… ainsi, c’est dans Elena, un cycle de travestissements et de troubles identitaires (d’autant plus renforcés que le goût d’alors favorise les castrats : voir ici le rôle de Ménélas qui en se travestissant en cours d’action, incarne au mieux cette esthétique de l’ambivalence), de quiproquos érotiques (ce même Mélénas efféminé devenu Elisa séduit immédiatement Pirithöus et surtout le roi de Sparte Tyndare), d’illusion enivrante et de guerre amoureuse (ainsi Thésée et son acolyte Pirithoüs sont experts en rapts, enlèvements, duplicité en tous genres, protégés et encouragés en cela par Neptune)…

Passions humaines, grand désordre du monde

Cavalli_francescoAilleurs, Francesco Cavalli imagine une fin différente (heureuse) pour sa propre Didone. Dans Elena, le compositeurs et son librettiste tendent le miroir vers leurs contemporains ; ils dénoncent de la société, avec force âpreté, tout ce que l’homme est capable en dissimulation, tromperie (édifiée comme il est dit par Ménélas en “vertu”).
Ici, les amours d’Hélène et de Ménélas sont sensiblement contrariées (sous la pression de Pallas, Junon indisposées) : la belle convoitée est aimée de Thésée, mais aussi de Ménesthée le fils de Créon, et naturellement de Ménélas : chacun veut s’emparer de la sirène et c’est évidemment Ménélas le plus imaginatif : se travestir en femme (Elisa) pour approcher Hélène lors de ses entraînements sportifs, mieux la courtiser. L’opéra vénitien excelle depuis Monteverdi dans l’expression des passions humaines, dans les vertiges de l’amour et le labyrinthe obsédant/destructeur du désir.

Louis XIV jeuneLa production aixoise 2013, en effectif instrumental réduit (comme c’était le cas dans les théâtres vénitiens du Seicento – XVIIème) rend bien compte de la verve satirique de l’opéra cavallien, d’autant que la fosse jamais tonitruante, laisse se déployer l’arête du texte à la fois savoureux et mordant (le trait le plus révélateur, prononcé par les deux corsaires d’amour, Thésée et Pirithoüs est : “les femmes ne donnent que si on les force” : maxime incroyable mais si emblématique de ce théâtre rugueux, violent, sauvage). Il n’est ni question ici des ballets enchanteurs ni du sensualisme triomphant d’Ercole Amante (composé après Elena, pour la Cour de France et les noces de Louix XIV), ni de farce noire et tragique à la façon de La Calisto : le registre souverain d’Elena reste constamment la vitalité satirique et le délire comique : sous couvert d’une fable mythologique, Cavalli souligne la nature déréglée de l’âme humaine prise dans les rêts de l’amour ravageur (un thème déjà traité par les sceptiques Monteverdi et Busenello dans Le Couronnement de Poppée, 1642). Mais alors que l’opéra du maître Claudio, saisit et frappe par sa causticité désespérée, sa lyre tragique et sombre, voire terrifiante (en exposant sans maquillage la perversité d’une jeune couple impérial Néron/Poppée, totalement dédiés à leur passion dévorante/conquérante), Cavalli dans Elena, se fait le champion de la veine comique et bouffe (il n’oublie pas d’ailleurs de compenser les rôles principaux des princes, rois et dieux grâce au caractère délirant du bouffon, Iro/Irus, serviteur du roi Tyndare (jeu superlatif d’Emiliano G-Toro) : un concentré de bon sens frappé d’une claivoyance à toute épreuve : c’est le continuateur des rôles à l’esprit pragmatique des Nourrices chez Monteverdi)…

Voix en or, fosse atténuée

UnknownLa production aixoise éblouit par l’assise et le relief de chaque chanteur acteur. Elle est servie par des protagonistes au jeu complet dont les qualités vocales sont doublées de réelles aptitudes dramatiques. Palmes d’honneur au couple des amants victorieux : Hélène et Ménélas (respectivement Emöke Baráth et Valer Barna-Sabadus) ; comme à la soprano Mariana Flores au timbre irradiant et à la projection toujours aussi percutante d’autant plus éclatante dans ce théâtre où brille l’esprit facétieux (son Erginda – la suivante d’Elena, pétille d’appétence, de désir, de vitalité scénique). La mise en scène est simple et lisible, soulignant que l’opéra baroque vénitien est d’abord et surtout du théâtre (dramma in musica : le drame avant la musique) renforce la modernité et la puissante liberté d’un théâtre lyrique qui légitimement fut le temple et le berceau de l’opéra public, en Europe, dès 1637.

Le geste du chef Leonardo Garcia Alarcon est fidèle à son style : animé, parfois agité, un rien systématique (y compris dans la latinisation de l’instrumentatarium, quand la guitare devient envahissante pour le premier récitatif de Ménélas…). Trop linéaire dans l’expression des passions contrastées, trop attendu dans la caractérisation instrumentale des personnages et de leur situation progressive : certes nerveux et engagé dans les passages de pur comique ; mais absent étrangement dans les rares mais irrésistibles moments d’abandon comme de langueur amoureuse ou de désespoir sombre. Ainsi quand le roi de Sparte Tyndare tombe amoureux de Menélas efféminé (Elisa, vendue comme Amazone prête à enseigner à la princesse Hélène, le secret de la lutte à la palestre) : soudain surgit dans le coeur royal, le sentiment dévorant d’un pur amour imprévu : on aurait souhaité davantage de profondeur et de trouble à cet instant. Même direction un peu tiède pour les duos finaux entre Ménélas et Hélène… Même pointe de frustration pour les airs d’Hippolyte, amante délaissée par Thésée (qui lui préfère la belle spartiate Hélène) : interprète subtil, Solenn’ Lavanant fait merveille par son verbe grave et articulée.
La magie de l’ouvrage vient de ce passage du labyrinthe des coeurs épris (gravitant autour d’Hélène véritablement assiégée par une foule de prétendants) à sa résolution quand s’accomplit l’attraction irréversible unique entre Hélène et Ménélas. La réalisation des couples (Thésée revenu à  lui revient finalement vers Hippolyte) permet l’issue heureuse de la partition selon un schéma fixé par Monteverdi dans Poppée. Entre gravité et justesse, délire et cynisme, ce jeu des contrastes fonde essentiellement la tension de l’opéra cavallien. De ce point de vue, Elena est moins aboutie que l’assoluto Ulisse de Gioseffo Zamponi (précedémment édité chez Ricercar, “CLIC” de classiquenews de mars 2014). Outre cette infime réserve, ce nouveau dvd Cavalli mérite le meilleur accueil. Pour un traitement plus complexe et troublant des passions cavalliennes, le mélomane curieux se reportera sur la Didone version William Christie, enchantement total d’un théâtre comique, et langoureux traversés d’éclairs tragiques, d’une exceptionnelle sensibilité sensuelle (également disponible en dvd).

cavalli-elena-dvd-ricercar-alarcon-rufDVD. Francesco Cavalli : Elena (1659). Jean-Yves Ruf, mise en scène. L. G. Alarcon, direction musicale. Emöke Baráth (Elena,Venere), Valer Barna-Sabadus (Menelao), Fernando Guimarães (Teseo), Rodrigo Ferreira (Ippolita, Pallade: Solenn’ Lavanant Linke Peritoo), Emiliano Gonzalez Toro (Iro), Anna Reinhold (Tindaro, Nettuno), Mariana Flores (Erginda, Giunone, Castore), Majdouline Zerari (Eurite, La Verita), Brendan Tuohy (Diomede, Creonte), Christopher Lowrey (Euripilo, La Discordia, Polluce),  Job Tomé (Antiloco). Cappella Mediterranea. Livre 2 dvd Ricercar RIC346. Enregistré au Théâtre du Jeu de Paume à Aix en Provence en juillet 2013.

Lire notre dossier Francesco Cavalli, un portrait, de Naples, Paris à Venise …

agenda : et si vous passez cet été par la Sarthe, ne manquez mercredi 27 août 2014, la reprise de la production d’Elena par Alarcon, dans le cadre du festival baroque de Sablé (L’Entracte, Sablé sur Sarthe à 20h30)

Teseo de Haendel (Londres 1713)

haendel_handel_costume_portraitFrance Musique. Haendel : Teseo. Dimanche 13 juillet 2014, 20h.  D’après Thésée de Quinault et Lully (1675), Teseo de Handel entend renouer avec la concision tragique de l’opéra français hérité du Grand Siècle. Créé en 1713 au Théâtre de la Reine de Heymarket, sur le livret de Nicola Haym, Teseo est le troisième ouvrage londonien de Haendel : Thésée et la belle Agilea suscitent les foudres haineux de l’inflexible et terrifiante magicienne Médée… En 5 actes, respectant ainsi la tradition du cadre français, Teseo recueille les fruits triomphants de Rinaldo et remporte un égal succès auprès des londoniens. Haym concentre la tension dramatique sur le couple Aeglé/Thésée, mis à mal par la jalousie de Médée et les avances d’Egée (épris d’Aeglé).La figure de Médée, irascible mais impuissante amoureuse, s’exprime dans des airs bouleversants qui en font la vraie héroïne de l’ouvrage : puissante déité vouée au Mal mais femme démunie quand paraît celui qu’elle aime en pure perte  : Thésée. Son caractère annonce l’humanité à vif d’Alcina et d’Orlando. L’orchestre déploie une riche orchestration (très nombreux airs avec hautbois obligé et violoncelle solo pour l’un deux). Précis et dramatique, le chef Federico Maria Sardelli poursuit son exploration de la lyre haendélienne à Londres, l’une des plus flamboyantes, avant l’essor des oratorios anglais.

Georg Friedrich Haendel
1685 – 1759

Teseo
Dramma tragico per musica en 5 actes.
Créé le 10 janvier 1713au Queen’s Theatre de Haymarket.
Livret de Nicola Haym, d’après Thésée de Philippe Quinault

Teseo : Lucia Cirillo, mezzo-soprano
Medea : Gaëlle Arquez, soprano
Agilea : Emmanuelle de Negri, soprano
Arcane : Damien Guillon, contre-ténor
Clizia : Francesca Boncompagni, soprano
Egeo : Delphine Galou, contralto

Ensemble Modo Antiquo
Federico Maria Sardelli, direction

France Musique. Haendel : Teseo. Dimanche 13 juillet 2014, 20h. Enregistré le 4 juillet à Beaune.  

Approfondir :  Haendel sur classiquenews

Haendel à Londres (1710-1759)

Haendel et les castrats

Haendel, l’aventure lyrique : les opéras pas à pas

Teseo : le Thésée de Haendel

Reportage vidéo : Thésée de Gossec (1778-1781)

Gossec_thesee_ricercar_gossecCréé pour Marie-Antoinette en 1781, l’opéra Thésée de Gossec est composé dès 1778, dans le sillon d’Armide de Gluck (1776). Gossec s’y révèle aux côtés des contemporains Piccinni, Sacchini, tel un continuateur ès mérite de Gluck (comme Vogel et sa fabuleuse Toison d’or de 1786) : orchestre flamboyant, nerveux, guerrier ; choeur somptueux et complexe dans ses étagements audacieux ; surtout protagonistes expressifs au tempérament exacerbé dans des situations extrêmes : Médée est une furie insatiable qui jusqu’à la fin, s’acharne avec sadisme contre le couple amoureux Eglé et Thésée… le dramatisme de l’écriture, l’efficacité des options poétiques, l’architecture de ce drame autant vocal qu’orchestral font de ce Thésée de Gossec un pur chef d’oeuvre néoclassique sous le règne de Marie-Antoinette. Reportage exclusif CLASSIQUENEWS.COM

En lire + : dossier Thésée de Gossec : une écriture nerveuse dans le sillon de Gluck

Lire aussi notre compte rendu critique du cd Thésée de Gossec par Guy Van Waas et Les Agrémens

CD. Gossec : Thésée, 1782 (2 cd Ricercar)

CD, Opéra. Gossec : Thésée, 1782 (Van Waas, 2012), 2 cd Ricercar      …           Enfin le génie lyrique de Gossec nous est révélé ! Tel n’est pas le moindre apport de cette intégrale enregistrée sur le vif en novembre 2012 à Liège (Salle Philharmonique).  Audace géniale et très originale de l’architecture musicale avec des étagements dramatiquement réussis associant choeurs multiples et solistes, première ouverture en situation (dès avant celle d’Iphigénie en Tauride de Gluck, car Gossec compose et termine sa partition dès 1778 !), coloration spécifique de l’orchestre (cuivres mis en avant dont les trombones), vitalité permanente du continuum orchestral aux inflexions mozartiennes … sans omettre dans le portrait de Médée (vraie protagoniste de l’opéra malgré son titre), des inflexions noires, souterraines, … sont quelques unes des nombreuses qualités d’un ouvrage qui frappe par sa violence poétique, son intelligence dramatique et musicale ; tout cela souligne chez Gossec, alors âgé de 44 ans, la richesse du style, le fond fantastique voire diabolique d’une partition à la fois psychologique, noire, héroïque et guerrière, décidément inclassable.Dans le personnage de Médée, il faut bien évidemment, à la fin des années 1770, déceler un ultime rôle de magicienne enchanteresse dans la tradition magique et baroque, mais ici, porté par une figure criminelle qui a alors déjà commis l’irréparable (tuer ses propres enfants pour se venger de Jason) : cette Médée amoureuse haineuse de Thésée s’ingénie en actes sadiques (à l’endroit d’Eglé), manipule, dissimule pour mieux à l’acte III se répandre en magie noire et furieuses apparitions … Il faut bien l’intervention de Minerve pour chasser définitivement un tel dragon féminin.

 

 

Le génie lyrique de Gossec enfin révélé

 

Gossec_thesee_ricercar_gossecAutour d’elle, les personnages inféodés et aveuglés un temps à ses odieuses machinations, dont un choeur fabuleux de mordante vivacité (Choeur de chambre de Namur, dans entre autres, le choeur des enfers du III martyrisant la pauvre Eglé), se distinguent par leur caractérisation juste.
Virginie Pochon sait tisser une couleur à la fois angélique et déterminée pour le rôle d’Eglé dont l’importance et la présence dramatique (ses duos et confrontations avec Médée aux II et III) en fait un caractère au haut relief théâtral (comme Ilia dans Idoménée de Mozart, opéra un peu près contemporain de ce Thésée de Gossec). Les hommes affirment un très nette assurance, jouant aussi la finesse émotionnelle de leur profil : rien à dire au chant élégiaque et tendre mais aussi héroïque de Frédéric Antoun (dommage qu’il s’agisse du rôle le plus statique de la partition) ; plus intéressant encore le Roi d’Athènes Egée auquel l’excellent baryton Tassis Christoyannis apporte cette vérité humaine qui structure et rend passionnant tout le rôle : il ne s’agit pas d’un père de façade agissant dans les scènes collectives mais réellement d’une autorité réactive, d’abord conquis et manipulé par Médée puis lui opposant une vive résistance (après qu’il ait au III, grâce à Eglé, identifier son fils …) ; à Jennifer Borghi revient naturellement les palmes d’une véritable prise de rôle : la voix est parfois serrée et l’articulation du français pas toujours indiscutable mais le timbre spécifique éclaire les blessures de la femme amoureuse (Ah faut-il me venger en perdant ce que j’aime … au IV) malgré l’horreur de la magicienne rien que terrible et déchaînée (Dépit mortel, transport jaloux, fin du II). En cela, grâce à la fine expressivité réalisée par le chef (excellent Guy Van Waas, artisan et défenseur d’une esthétique multiple, à la fois postbaroque, classique et déjà romantique, assimilant et Gluck, Mozart et les accents frénétiques nerveux de Mannheim car Gossec connaissait Stamitz…), sa Médée sait rugir de façon inhumaine, aux imprécations infernales très assurées, mais aussi s’attendrir soudain pour mieux manipuler. Le profil féminin conçu par Gossec, aux couleurs chtoniennes inédites et vraiment passionnantes, annonce et nourrit ce sillon terrible et tragique qu’illustrent bientôt Vogel (La Toison d’or, 1786) et aussi Cherubini (Médée, 1797).

Outre l’intelligence des situations, la finesse d’une écriture idéalement sentimentale, parfois Sturm und Drang donc préromantique, Gossec se libère (et se révèle véritablement) dans le traitement orchestral de chaque acte : une puissance immédiate qui ne s’épargne pas des choeurs simultanés souvent impressionnants d’audace, de force voire de sauvagerie. La découverte est de taille : elle revient au mérite des institutions initiatrices, particulièrement bien inspirées à la défendre : le Centre de musique baroque de Versailles, le Centre de musique romantique française à Venise (Palazzetto Bru Zane). Créé en 1782, Thésée de Gossec était déjà prêt pour être produit sur la scène dès 1778… s’il n’était Gluck ; probablement conscient du génie de Gossec, le Chevalier favori de Marie-Antoinette faisait obstacle à la reconnaissance de son rival. La présente résurrection discographique accrédite ses soupçons : nous voici bien en présence d’une oeuvre composite, esthétiquement aboutie, vraie synthèse à son époque des tendances lyriques les plus convaincantes. Le génie de Gossec, père de la symphonie mais aussi compositeur d’opéras, nous est désormais totalement dévoilé. Réalisation exemplaire.


François-Joseph Gossec (1734-1829) : Thésée, 1782. Jennifer Borghi, Médée. Virginie Pochon, Eglé. Frédéric Antoun, Thésée. Tassis Christoyannis, Egé. Katia Velletaz, la grande Prêtresse, Minerve … Les Agrémens. Choeur de chambre de Namur. Guy Van Waas, direction. 2 cd Ricercar RIC 337. Enregistré à Liège en novembre 2012. Voir le reportage vidéo de Thésée de Gossec.

VIDEO. Armide, Médée : les ballets de Noverre ressuscitées (Versailles, 2012)

Vidéo. Les ballets de Noverre ressuscités à Versailles 2012)

Noverre_Perroneau_PortraitOfJeanGeorgesNoverreVersailles : l’art chorégraphique à l’heure des Lumières. L’Opéra royal de Versailles accueillait en décembre dernier (13 et 15 décembre 2012), la recréation des ballets d’action de Jean-Georges Noverre, l’inventeur du ballet moderne au début des années 1760… Renaud et Armide et Médée et Jason, deux portraits de magiciennes amoureuses, trahies et blessées… Figures préromantiques de la passion tragique. Grand reportage vidéo
Dans les années 1760, avant la révolution Gluckiste, l’opéra français reçoit un type de spectacle total, le ballet d’action dont l’excellence des disciplines associées marque un sommet de l’écriture chorégraphique. Sur la musique de Jean-Joseph Rodolphe, le chorégraphe Jean-Georges Noverre (1727-1810) imagine ce théâtre parfait où le seul langage du corps dansé exprime les mêmes passions que celle de la tragédie lyrique contemporaine. Le CMBV Centre de musique baroque de Versailles, s’associe au Centre de musique romantique française Palazzetto Bru Zane et restitue l’éloquence d’un genre oublié qui a marqué les esprits.  Au programme, les mêmes sujets mythologiques que l’opéra met en scène: Médée et Jason (ballet tragique créé à Stuttgart en 1763) et Renaud et Armide (héroï-pantomime créée à Lyon en 1760) et repris à l’Opéra royal de Versailles en 1775.