Baroques et Romantiques Français à Rio

procopio-bruno-portrait-vignette-verticale--maestro-skyscraper-sept-dec-16RIO DE JANEIRO, les 4 et 7 octobre 2016. Bruno Procopio dirige Français Baroques et Romantiques. Rien ne semble rĂ©sister Ă  l’Ă©lectricitĂ© communicative du chef transatlantique, Bruno Procopio. Entre ancien et nouveau monde, de Paris Ă  Rio, le jeune maestro franco-brĂ©silien joue et rĂ©ussit la carte des Ă©changes musicaux en interprĂ©tant avec la subtilitĂ© requise – grĂące Ă  sa maĂźtrise des instruments d’Ă©poque, et aussi de la pratique “historiquement informĂ©e”, les compositeurs français, baroques et romantiques. En tĂ©moignent les deux concerts Ă©vĂ©nements prĂ©sentĂ©s Ă  Rio de Janeiro (BrĂ©sil), les 4 et 7 octobre prochains, Sala Cecilia Meireles : au programme, d’abord un programme “Des LumiĂšres au Romantisme” avec Rameau (un compositeur qu’il connaĂźt sur le bout des doigts), Jadin, Rigel, Dauvergne, Mozart et GrĂ©try ; puis le 7 octobre, dans un programme intitulĂ© “De la RĂ©volution Ă  l’Empire” :  Rameau (sublime Suite de Castor et Pollux, version de 1782, rĂ©orchestrĂ© par Dauvergne entre autres), Saint-George, Jadin et MĂ©hul (la Symphonie n°1 devrait ĂȘtre une rĂ©vĂ©lation). Pour exprimer le souffle et l’Ă©lĂ©gance des oeuvres programmĂ©s, Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (qu’il a dĂ©jĂ  dirigĂ© les deux annĂ©es passĂ©es) et la pianofortiste sensible et virtuose, Nathalia Valentin (qui est aussi Ă  la ville, son Ă©pouse). Energie, complicitĂ©, articulation sont au rendez vous de ces 2 concerts cariocas Ă©vĂ©nements. Et pour refermer une formidable boucle transatlantique, le chef aux deux cultures en dialogue, dirige Ă  Paris, au TCE, un remarquable programme Villa-Lobos, Jobim, Milhaud, Neukomm, le 4 dĂ©cembre 2016, pilotant les forces vives de l’Orchestre Lamoureux… De Paris Ă  Rio de Janeiro, Bruno Procopio est bien le chef transatlantique de l’heure. Un exemple pour tous les musiciens de sa gĂ©nĂ©ration par son ouverture et sa connaissance (rare) de la pratique “historiquement informĂ©e” qu’il apporte actuellement aux orchestres sur instruments modernes…

LIRE notre présentation complÚte des concerts Baroques et Romantiques dirigés par Bruno Procopio avec la pianofortiste Natalia Valentin, les 4 et 7 octobre 2016, Sala Cecilia Meireles de Rio de Janeiro (Brésil)

 

 

2Ăšme Semaine de musique baroque Ă  Rio

Bruno Procopio et Natalia Valentin jouent les Baroques et Romantiques Français à Rio

2 derniers concerts Ă  ne pas manquer (4 et 7 octobre 2016)

 

 

 

Rio de Janeiro, Sala Cecilia MeirelesRIO de Janeiro : Bruno Procopio, maestro expressivo !

Mardi 4 octobre 2016

Programme
Des LumiĂšres au Romantisme

 

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764)
Extraits des Nouvelles Suites de PiĂšces de clavecin

Hyacinthe JADIN (1776-1800)
Sonate pour pianoforte op. IV n°3 en fa# mineur

Henri-Joseph RIGEL (1741-1799)
Duo pour clavecin et pianoforte op. XIV n°1 en mib majeur

Antoine DAUVERGNE (1713-1797)
Chansons pour soprano, violon, pianoforte et clavecin

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
Sonate pour clavecin et accompagnement de violon K.9 en sol majeur (K9)
Sonate pour violon et pianoforte en mi mineur (K304)

AndrĂ©-Ernest-Modeste GRÉTRY (1741-1813)
Romances

 

Katia Velletaz*, soprano
Stéphanie-Marie Degand, violon
Bruno Procopio, clavecin
Natalia Valentin, pianoforte

*chanteur en résidence

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Consultez aussi le site du CMBV, page agenda

Dans les annĂ©es 1760, la fin du rĂšgne de Louis XV est marquĂ©e par un frĂ©missement artistique sans prĂ©cĂ©dent : l’ancien style baroque cĂšde insensiblement la place Ă  une nouvelle musique, teintĂ©e des courants germaniques de l’« Empfindsamkeit » et du « Sturm und Drang ». Les anciennes formes, les anciens genres, les anciens instruments perdent de leur lustre au profit d’expĂ©riences musicales jusque-lĂ  inouĂŻes. Toute une gĂ©nĂ©ration de compositeurs contribue Ă  ce renouveau, rĂ©vĂ©lant des personnalitĂ©s plus ou moins fortes et attachantes. Rameau ou Mondonville avaient amorcĂ© une nouvelle orientation ; ce sont Dauvergne, Rigel ou GrĂ©try qui prolongeront cette voie. À quinze ans d’intervalle, les compositions du jeune Mozart (de passage en France en 1763 et 1778) tĂ©moignent Ă  leur maniĂšre de la rapide Ă©volution des goĂ»ts. Le classicisme est en marche.

 

 

 

valentin_Natalia_pianoforte_valentin_beethoven_caprices_bagatellesRio de Janeiro, Sala Cecilia Meireles

Vendredi 7 octobre 2016

Programme
De la RĂ©volution Ă  l’Empire

 

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764)
Suite de Castor et Pollux (version 1782)

Joseph Bologne de SAINT-GEORGE (1745-1799)
Concerto pour violon et orchestre op. II n°2 en ré majeur

Hyacinthe JADIN (1776-1800)
Concerto pour piano et orchestre n°2 en ré mineur

Nicolas-Étienne MÉHUL (1763-1817)
Symphonie n°1 en sol mineur

Orchestre Symphonique du Brésil (OSB)
Stéphanie-Marie Degand, violon
Natalia Valentin, piano
Bruno Procopio, direction musicale

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À la veille de la RĂ©volution, Paris est devenu la capitale internationale des arts, et tout particuliĂšrement de la musique. On y croise les auteurs les plus cĂ©lĂšbres du temps, Piccinni, Salieri, Mozart, J.C. Bach, Paisiello et beaucoup d’autres. Si l’OpĂ©ra fascine par son ton Ă©pique et ses effectifs colossaux, les sociĂ©tĂ©s de concert attirent un public tout aussi nombreux qui se presse pour entendre les symphonies et les concertos Ă  la mode. L’ancien rĂ©pertoire vit ses derniĂšres heures : seul Rameau, avec Castor et Pollux, connaĂźt encore les honneurs de la scĂšne passĂ© 1780. Le Chevalier de Saint-George – surnommĂ© « le Mozart noir » – est une des personnalitĂ©s les plus influentes : ses concertos, redoutables, marquent une nouvelle Ă©tape dans l’escalade Ă  la virtuositĂ© qui caractĂ©rise alors l’École de violon française. À la mĂȘme pĂ©riode, Hyacinthe Jadin dĂ©veloppe les possibilitĂ©s du nouveau pianoforte ; nommĂ© professeur au Conservatoire lors de sa crĂ©ation en 1795, il fait figure de visionnaire mais sera fauchĂ© par la mort Ă  24 ans seulement. MĂ©hul, quant Ă  lui, se rĂ©vĂšle avec Cherubini l’un des premiers compositeurs français au style vĂ©ritablement « romantique » : ses sonates, ses opĂ©ras et surtout ses quatre symphonies, ouvrent la voie Ă  une musique d’un nouveau genre et marqueront toutes les premiĂšres annĂ©es du XIXe siĂšcle.

 

 

 

discographie

 

cd-Bruno-Procopio-karl-philipp-emanuel-Bach-sonates-wurtembergeoises-1742-1743-bruno-procopio-clavecin-582-PARATY515501_couv_HM Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates Wurtembergeoises Wq 49 (1 cd Paraty, 2014)… CD. Compte rendu critique. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates Wurtembergeoises Wq 49 (1 cd Paraty, 2014). 2014 s’est achevĂ© sans que l’on ait vraiment en France saluĂ© ni commĂ©morĂ© le gĂ©nie du fils Bach le plus zĂ©lĂ© et respectueux de son pĂšre : Carl Philipp Emanuel. Celui qui fit tant pour la rĂ©habilitation de l’oeuvre paternelle (avant Mendelssohn), fut aussi mĂ©prisĂ© et minorĂ© par son employeur Ă  Berlin, -FrĂ©dĂ©ric II-, qu’il devint aprĂšs Telemann, Ă  Hambourg, une personnalitĂ© de premier plan : officielle et vĂ©nĂ©rĂ© comme Haydn Ă  Vienne. C’est que le gĂ©nie exceptionnel de CPE pour le


Rameai in Caracas, Bruno Procopio CD. Bruno Procopio : Rameau in Caracas… CD. Rameau in Caracas (Bruno Procopio et The Simon Bolivar Symphony orchestra of Venezuela, 2012)   
  DĂ©fi magistral rĂ©ussi pour jeune chef audacieux ! Ce nouveau cd Paraty adoube trĂšs officiellement le tempĂ©rament du claveciniste Bruno Procopio comme chef d’orchestre. Poursuivant une nouvelle et dĂ©jĂ  riche collaboration avec les musiciens vĂ©nĂ©zuĂ©liens de l’Orchestre Simon Bolivar (la phalange qui hier accompagnait et permettait aussi l’essor du jeune Gustavo Dudamel), Bruno Procopio ne montre pas seulement sa lumineuse sensibilitĂ© et sa versatilitĂ© contagieuse chez Rameau, il confirme l’ampleur et la sĂ»retĂ© de son approche, n’hĂ©sitant pas ici Ă  aborder le compositeur


CD Ă©vĂ©nement. Rameau rĂ©vĂ©lĂ© Rameau: PiĂšces de clavecin en concert (label Paraty)… Rameau: PiĂšces de clavecin en concert (Procopio, 2012) critique de cd Avec ses PiĂšces pour clavecin en concert, Rameau offre un aboutissement inĂ©galĂ© dans l’art de la musique de chambre mais selon son goĂ»t, c’est Ă  dire avec impertinence et nouveautĂ©: jamais avant lui, le clavecin, instrument polyphonique et d’accompagnement n’avait osĂ© revendiquer son autonomie expressive de la sorte. PubliĂ© en 1741, voici bien le sommet du chambrisme français sous la rĂšgne de Louis XV: alors que Bach se concentre sur le seul tissu polyphonique, Rameau fait Ă©clater la palette sonore du clavier central, qui de pilier confinĂ© devient soliste…

 

 

valentin_Natalia_pianoforte_valentin_beethoven_caprices_bagatellesbeethoven_rondos_bagatelles_pianoforte_natalia_valentin_cd_ParatyCD Ă©vĂ©nement Natalia Valentin, pianoforte joue les Bagatelles de Beethoven (1 cd Paraty)… Et de 7! Depuis sa crĂ©ation en 2006, le jeune label Paraty, portĂ© par le claveciniste Bruno Procopio, enchaĂźne les rĂ©ussites discographiques. AprĂšs plusieurs rĂ©citals signĂ©s Ivan Illic, Nicolas Stavy, et rĂ©cemment un superbe enregistrement Mendelssohn de Cyril HuvĂ© (sur un piano Broadwood 1840), voici le dernier disque de la fortepianiste Natalia Valentin, dans un cycle de partitions du jeune Beethoven. Le choix de l’’instrument (prodigieux fortepiano d’un facteur anonyme de l’Allemagne du sud, de la fin du XVIIIĂš, restaurĂ© par Christopher Clarke), grĂące Ă  sa “prell-mĂ©canique”, apporte un regard neuf et une sonoritĂ© Ă  la fois perlĂ©e et vivifiante sur les oeuvres choisies: Rondos et Bagatelles (7 de l’opus 33, datĂ©es de 1802) d’un feu Ă©poustouflant entre nervositĂ©, grĂące et Ă©lĂ©gance. Mais dĂ©jĂ  pour NoĂ«l 2009, le jeune label aux pĂ©pites musicales annonce un superbe double album “Matinas do Natal” de Marcos Portugal: l’ensemble Turicum enregistre en premiĂšre mondial une partition crĂ©Ă©e Ă  Rio de Janeiro en 1811, vĂ©ritable crĂšche pastorale sur le thĂšme de la NativitĂ© aux couleurs inĂ©dites
 LIRE notre compte rendu complet du cd Les Bagatelles de Beethoven par la pianofortiste Natalia Valentin (aoĂ»t 2009).

 

 

 

Comptes rendus

LIRE notre compte rendu critique complet de Renaud de Sacchini par Bruno Procopio, Luisa Francesconi (les 21 et 22 mars 2015, Sala Cecília Meireles, Rio de Janeiro, Brésil)

 

 

Marcos Portugal, le Rossini luso-brĂ©silien Compte rendu. Bruno Procopio ressuscite Marcos Portugal Ă  Rio (10 dĂ©cembre 2012). Rio, OpĂ©ra. Le 10 dĂ©cembre 2012. Marcos Portugal: L’oro no compra amore
 Leonardo Pascoa (Giorgio), 
 Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB, Orquestra SinfĂŽnica Bresileira). Bruno Procopio, direction L’Oro no compra amore ressuscite Ă  Rio Exaltante rĂ©habilitation Ă  l’OpĂ©ra de Rio (Theatro Municipal) du compositeur luso brĂ©silien Marcos Portugal: son opĂ©ra comique italien L’Oro no compra amore valait bien cette recrĂ©ation, d’autant que dĂ©jĂ  applaudi et mĂȘme cĂ©lĂ©brĂ© dĂšs 1804 Ă  Lisbonne, il s’agit du premier opĂ©ra italien crĂ©Ă© sur le sol brĂ©silien Ă  l’époque du jeune empire brĂ©silien en 1811. L’initiative est d’autant plus lĂ©gitime que Rio redĂ©couvre l’un de


 

 

 

 

VOIR

 

Bruno Procopio joue Neukomm et Gossec Ă  Rio (Symphonie Ă  17 parties), Cidade das Artes, Rio de Janeiro, le 4 avril 2015. VIDEO. Bruno Procopio dirige la Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro (avril 2015). Montage © studio CLASSIQUENEWS.COM 2015. Le chef d’orchestre franco brĂ©silien Bruno Procopio fait retentir le romantisme enflammĂ© martial et lyrique de la grande Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm crĂ©Ă©e en 1817. la Symphonie Ă  17parties de François-Joseph Gossec (1734-1829), composĂ©e en 1809. Partition majeure de la symphonie romantique française Ă  l’époque de NapolĂ©on : entre classicisme et premier romantisme, la virtuositĂ© Ă©nergique de Gossec s’impose Ă  nous, commune Ɠuvre fondatrice du symphoniste français Ă  l’époque des Viennois Haydn, Mozart et Beethoven. Bruno Procopio s’engage pour diffuser la connaissance et l’interprĂ©tation des compositeurs français en AmĂ©rique Latine : aprĂšs avoir dirigĂ© le Simon Bolivar Orchestra du Venezuela, le jeune chef Ă  la double culture, brĂ©silienne et française, retrouvait l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio de Janeiro dans un programme dĂ©diĂ© au premier romantisme français : vitalitĂ© et Ă©nergie, puissance mais sensibilitĂ© aux dĂ©tails instrumentaux
 la direction du chef de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Ă  la fois analytique et dramatique, trouve un Ă©quilibre idĂ©al au service des grands classiques et romantiques français. Extraits vidĂ©o exclusifs © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

VOIR notre reportage Bruno Procopio dirige Ă  Caracas, en septembre 2013 :

Orquesta barroca Juvenil Simon Bolivar, Carracas, Bruno Procopio, CPE Bach, Carl Philip Emanuel BachVIDEO. A Caracas, Bruno Procopio joue CPE Bach avec l’Orchestre Simon Bolivar. En septembre 2013, le chef franco brĂ©silien retrouve Ă  Caracas les instrumentistes de l’Orchestre Simon Bolivar dans plusieurs Concertos et Symphonies de Carl Philipp Emanuel Bach. AprĂšs avoir jouer Rameau (ouvertures et ballets des opĂ©ras, mais sur instruments modernes en 2012), Bruno Procopio inaugure le nouvel ” Orquesta Barroca Juvenil SĂ­mon Bolivar “, phalange dĂ©sormais dĂ©diĂ©e Ă  l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e des Ɠuvres baroques, classiques et prĂ©romantiques. Fougue, prĂ©cision, style, mordant, l’entente du chef invitĂ© et des instrumentistes rĂ©alise l’un des meilleurs concerts CPE Bach de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, soulignant aussi l’anniversaire CPE Bach en 2014 (300 ans de la naissance). Le fils de Jean-SĂ©bastien est un gĂ©nie dĂ©fricheur et expĂ©rimentateur : sa virtuositĂ© au clavier s’entend aussi Ă  l’orchestre d’une libertĂ© inventive Ă  la fois, mĂ©lancolique et fantaisiste voire fantasque
 trĂšs liĂ©e aux nouvelles tendances esthĂ©tique de l’Empfindsamkeit (“sensibilitĂ©â€, courant littĂ©raire surtout qui prĂ©figure dĂ©jĂ  les affres et vertiges du sentiment romantique). Reportage vidĂ©o exclusif CLASSIQUENEWS.COM

 

 

VOIR notre reportage Bruno Procopio recrĂ©e L’Oro no compra amore de Marcos Portugal, dĂ©cembre 2012 :

Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini Ă  Rio de JaneiroRIO, OpĂ©ra : Bruno Procopio dirige L’Oro no compra amore de Marcos Portugal (dĂ©cembre 2012). Marcos Portugal, compositeur officiel de la cour impĂ©riale du BrĂ©sil compose nombre d’ouvrages italiens dont la verve et le raffinement prĂ©figure directement Rossini
 Bruno Procopio ressuscite L’oro no compta amorce, premier opĂ©ra italien reprĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Rio
 Pour les 250 ans de sa naissance, l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (Orquesta Sinfonica Brasileira) cĂ©lĂšbre le gĂ©nie du compositeur portugais, Marcos Portugal (1762-1830). Le jeune chef français d’origine brĂ©silienne Bruno Procopio dirige les musiciens dans une partition crĂ©Ă©e d’abord Ă  Lisbonne en 1804 puis reprise en 1811 Ă  Rio : L’oro non compta amorce l’essor de l’opĂ©ra dans le nouveau monde. L’OpĂ©ra de Rio accueille cette recrĂ©ation majeure qui conclut la saison musicale de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil. PrĂ©sentĂ©e en version de concert le 10 dĂ©cembre 2012, l’ouvrage jalonne un champ d’expĂ©rimentation qui permet aux instrumentistes d’élargir leur rĂ©pertoire tout en ressuscitant des Ɠuvres mĂ©connues.  GRAND REPORTAGE VIDEO, version français © CLASSIQUENEWS 2012

 

 

 

Paris, TCE, Théùtre des Champs Elysées
Dimanche 4 décembre 2016

Bruno Procopio dirige l’Orchestre Lamoureux
dans un programme Villa-Lobos, Milhaud, Jobim, Neukomm…

procopio-bruno-maestro-chef-d-orchestrePARIS, TCE. Musique brĂ©silienne Ă  Paris, le 4 dĂ©cembre 2016. Tubes et musique sacrĂ©e : de Villa-Lobos et Jobim Ă  Neukomm. Orchestre associĂ© du TCE ThĂ©Ăątre des Champs-ElysĂ©es, l’Orchestre Lamoureux offre un concert de musique brĂ©silienne Ă  la fois Ă©clectique et historique ; au plus large public, le programme dirigĂ© par Bruno Procopio, maestro impetuoso et charismatique, joue des standards brĂ©siliens universels et rĂ©cents : l’enivrante Bachianas Brasileiras n°5 de Villa-Lobos, Saudades do Brasil de Milhaud, sans omettre, l’irrĂ©sistible tube, ambassadeur de l’art de vivre du quartier carioca d’Ipanema, The Girl from Ipanema de Jobim
 Mais acuitĂ© personnelle du chef Procopio oblige, en liaison avec son amour pour sa culture natale et ce travail particulier dans l’interprĂ©tation des partitions classiques et romantiques, plusieurs extraits de la lĂ©gendaire Missa Pro Die Acclamationes Johannes VI, signĂ© Neukomm. C’est l’emblĂšme de la musique impĂ©riale brĂ©silienne, quand le BrĂ©sil devenu indĂ©pendant, construit son image sur une identitĂ© certes occidentale, mais singuliĂšre : Neukomm, le Mozart brĂ©silien, a fourni alors Ă  la Cour de l’Empereur du BrĂ©sil Jean VI, plusieurs partitions musicales emblĂ©matique de cet ordre politique et culturel nouveau dont tĂ©moigne Ă©videmment la Messe Ă©crite pour son couronnement et que Bruno Procopio Ă  Paris, s’ingĂ©nie dĂ©but dĂ©cembre 2016 Ă  ressusciter avec le faste, le souffle et le relief vocal, choral, instrumental requis. Sigismund Neukomm est bien connu des mĂ©lomanes car le Sazlbourgeois, Ă©lĂšve de Joseph Haydn entreprit de terminer le Requiem de Mozart laissĂ© inachevĂ© (Libera me). La partition autographe datĂ©e de 1819 fut dĂ©couverte rĂ©cemment Ă  Rio de Janeiro : elle est le fruit du travail de Neukomm installĂ© au BrĂ©sil et qui mena son travail de composition avec le plus grand compositeur local, le mulĂątre JosĂ© Mauricio Nunes Garcia. La version du Requiem de Mozart, achevĂ© par Neukomm a Ă©tĂ© enregistrĂ©e par Jean-Claude Malgoire en 2006.

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Concert Ă©vĂ©nement “Joyaux BrĂ©siliens au TCE, Tubes et musique sacrĂ©e, de Villa-Lobos Ă  Neukom… par Bruno Procopio et l’Orchestre Lamoureux Ă  PARIS… En LIRE +

 

Bruno Procopio joue Baroques et Romantiques français à Rio

Bruno Procopio joue Rameau et Mondonville Ă  RioRIO (BrĂ©sil) : Bruno Procopio dirige les Baroques Français, 1er, 4, 7 octobre 2016. Rio de Janeiro se met au diapason des compositeurs baroques français, – rejoints en 2016 par quelques Romantiques car le cycle de concerts cariocas fĂȘte aussi le Bicentenaire de la mission artistique française Ă  Rio / 1816 – 2016, une colonie d’artistes et de crĂ©ateurs (regroupĂ©s par l’ex secrĂ©taire de l’Institut, Joachim Lebreton), qui aprĂšs la chute de l’Empire et de NapolĂ©on Ier, ont choisi de s’exiler outre Atlantique, atteignant le 26 mars 1816 Rio de Janeiro ; les artistes français exilĂ©s introduisent in coco l’esthĂ©tique des LumiĂšres et l’idĂ©al nĂ©oclassique au Nouveau Monde. Un Ă©cole royale des Sciences, Arts et MĂ©tiers (validĂ©e par le roi Dom JoĂŁo VI,1816-1829) est crĂ©Ă©e dans la foulĂ©e dĂšs aoĂ»t 1816. Y enseignent les peintres Jean-Bapstiste Debret, Nicolas-Antoine Taunay, l’architecte Montigny, le sculpteur Auguste-Marie Taunay


 

 

 

2Ăšme Semaine de musique baroque Ă  Rio

 

procopio-mondonville-rio-septembre-2015A l’initiative du CMBV (l’institution fĂȘte ses 30 ans au cours de la saison 2017), l’ensemble des 3 concerts rythment ainsi en octobre 2016, la dĂ©jĂ  2Ăšme Semaine de musique baroque française Ă  Rio de Janeiro, exceptionnelle initiative qui malgrĂ© le fort attachement du BrĂ©sil et de la France sur le plan culturel, amorce une coopĂ©ration musicale sur un mode inĂ©dit  (VOIR le reportage exclusif 1Ăšre Semaine de musique baroque française Ă  Rio, rĂ©alisĂ© par CLASSIQUENEWS en octobre 2015 : transmission, masterclasses, concerts, partitions
).

Au programme, transmission du savoir, rencontres et Ă©changes autour de la pratique sur instruments d’époque, autour du chant baroque
 Rare les expĂ©riences artistiques et pĂ©dagogiques qui favorisent la diffusion du patrimoine musical Baroque hors de France : l’enjeu de cette Semaine française Ă  Rio est d’autant plus importante qu’elle permet aussi aux jeunes instrumentistes de l’UniversitĂ© de Rio, comme aux musiciens professionnels de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (jouant donc sur instruments
modernes), de perfectionner leur propre technique en intégrant les spécificités du jeu historiquement informé.


Renaud de Sacchini recrĂ©Ă© Ă  Rio de Janeiro !Le nouveau cycle de concerts met l’accent sur les Baroques Français
(Leclair, Rameau, Dauvergne, GrĂ©try, Rigel
) Ă©videmment, en particulier le premier concert : « Du Grand SiĂšcle aux LumiĂšres », samedi 1er octobre 2016 ; les deux derniers concerts, couvrent un large spectre des LumiĂšres Ă  la RĂ©volution, jusqu’à l’Empire : « Des LumiĂšres au Romantisme » (Rigel, Saint-Georges, 
 mardi 4 octobre 2016), puis « De la RĂ©volution Ă  l’Empire » (Jadin, MĂ©hul, samedi 7 octobre 2016). Avec l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil, l’Orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio, StĂ©phane-Marie Degand (violon), Katia Velletaz (soprano), Natalia Valentin (pianoforte) et Bruno Procopio qui assure la double fonction de claveciniste et de chef d’orchestre. Les puristes regretteront que les programmes s’arrĂȘtant Ă  l’Empire, ne correspondent pas exactement Ă  la pĂ©riode pendant laquelle les artistes français se sont fixĂ©s Ă  Rio (Ă  partir de 1816 donc), mais les occasions sont trop rares d’écouter de la musique de Jadin ou de MĂ©hul, de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique. C’est d’ailleurs probablement la premiĂšre fois qu’à Rio, rĂ©sonneront les accents musicaux conçus par ces deux compositeurs, hĂ©ritiers des LumiĂšres, actifs sous l’Empire et aprĂšs


 

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Bruno Procopio dirige le Philharmonique Royal de LiĂšge dans un programme exceptionnel intitulĂ© “Rameau symphonique”, dĂ©cembre 2014

 
 
 

BRUNO PROCOPIO, CHEF ELECTRIQUE

 

procopio_bruno_chemise_bleueDĂ©diĂ© Ă  la rĂ©surrection des oeuvres baroques comme romantiques, le chef Bruno Procopio (qui a la double nationalitĂ© : brĂ©silienne et française) s’entend Ă  merveille Ă  jongler entre les deux cultures, d’une rive Ă  l’autre, des deux extrĂ©mitĂ©s de l’Atlantique. Le jeune maestro affirme depuis plusieurs annĂ©es un tempĂ©rament convaincant dans la dĂ©fense des oeuvres de Rameau, Sacchini ou Gossec, sans omettre le symphoniste brillant hĂ©roĂŻque de Neukomm (VOIR la vidĂ©o Bruno Procopio dirige la Symphonique HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro, avril 2015). GrĂące Ă  lui, grĂące aux nombreux concerts qu’il a dĂ©jĂ  dirigĂ©s (dont une performance inoubliable Ă  l’OpĂ©ra Municipal de Rio, consacrĂ© au prĂ©curseur de Rossini : Marcos Portugal — rĂ©surrection de L’Oro no compra amor, dĂšs 2013 : VOIR notre reportage vidĂ©o exclusif Bruno Procopio recrĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Rio, L’Amor no compra oro de Marcos Portugal), le patrimoine musical français et les opĂ©ras baroques et romantiques, ressuscitent peu Ă  peu en terre brĂ©silienne. Elle trouve un Ă©cho croissant Ă  en juger par l’enthousiasme des publics spectateurs de chaque « recrĂ©ation ».
En 2014, Bruno Procopio assurait la rĂ©alisation artistique et musicale de l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, emblĂšme du goĂ»t gluckiste de Marie-Antoinette en France : une Ă©criture Ă©tonnamment resserrĂ©e, dense, tendue, – synthĂšse habile des style europĂ©ens : virtuositĂ© vocale italienne, feu et Ă©lĂ©gance de l’écriture orchestrale-, ciselant le profil de la magicienne Armide, dĂ©passĂ©e, dĂ©munie par son amour pour le beau Renaud (1783).

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En avril 2015, Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio dans la Symphonique HĂ©roĂŻque de Neukomm, recrĂ©ation majeure

En 2015, Bruno Procopio offrait un nom moins splendide concert Sala Meireles dĂ©diĂ© aux XVIIIĂš français, dont entre autres, Les PiĂšces de clavecin en concert de Rameau (une oeuvre qu’il a enregistrĂ©e sous son propre label, Paraty), et un second avec l’orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio comprenant surtout la Cantate de ClĂ©rambault, La Muse de l’OpĂ©ra et le Concerto pour violon de Leclair (soliste : Sophie-Marie Degand). C’était le fruit dĂ©jĂ  impressionnant du travail rĂ©alisĂ© par les musiciens français pilotant les jeunes instrumentistes brĂ©siliens invitĂ©s alors, pendant la 1Ăšre Semaine de Musique Baroque Ă  Rio, Ă  suivre masterclasses et confĂ©rences sur la pratique historiquement informĂ©e, celle sur instruments d’époque.

En octobre 2016, l’orchestre baroque de l’UniversitĂ© carioca pourra Ă  nouveau travailler l’écriture concertante de Leclair – d’un feu et d’un crĂ©pitement tout Vivaldien, mais couplĂ© Ă  l’élĂ©gance française-, puisque un autre Concerto pour violon est Ă  l’affiche Ă  nouveau de la 2Ăšme Semaine (concert d’ouverture, le 1er octobre 2016).

 

 

 

A Caracas, Bruno Procopio dirige l'Orquesta Barroca Juvenil Simon BolivarDEFIS MAITRISÉS
 En 2016, le chef claveciniste retrouve l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil avec lequel il avait dĂ©jĂ  travaillĂ© l’opĂ©ra de Marcos Portugal, et aussi un concert Neukomm et Gossek en avril 2015. Sensibiliser les musiciens d’orchestre, jouant sur instruments modernes, au raffinement des ornements, Ă  une autre tenue d’archet, nĂ©cessite un savoir faire que le jeune maestro franco-brĂ©silien maĂźtrise indiscutablement; il a pu conduire une autre superbe expĂ©rience de ce type avec un autre orchestre sur instruments modernes peu familier des compositeurs Baroques français : le Royal Philharmonique de LiĂšge, dans un programme entiĂšrement dĂ©diĂ© aux ouvertures et suites de ballets des opĂ©ras de Rameau, c’était Ă  LiĂšge en dĂ©cembre 2014 (VOIR notre reportage vidĂ©o spĂ©cial : Rameau symphonique Ă  LiĂšge / Bruno Procopio dirige le Philharmonique de LiĂšge). Le programme a aussi Ă©tĂ© le sujet d’un formidable disque « Rameau in Caracas »: fruit d’une coopĂ©ration Ă©galement menĂ©e sur instruments modernes avec les musiciens de l’Orchestre symphonique Simon Bolivar du Venezuela (rĂ©alisĂ© en 2012 : LIRE note compte rendu critique du cd « rameau in Caracas », 1cd Paraty, CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2013). Peu d’orchestre modernes ont produit une telle qualitĂ© de son, une telle finesse de couleurs et d’accents, portĂ©s par une motricitĂ© et une rythmique, littĂ©ralement ensorcelantes ; et l’on sait la difficultĂ© de rĂ©ussir les danses de Rameau  (cf Ouverture et chaconnes de Castor et Pollux)!

LIRE aussi notre compte rendu complet Programme Rameau symphonique à LiÚge, décembre 2014 :

MĂȘme engagement total, mĂȘme finesse et mĂȘme vitalitĂ© stimulante pour les nouveaux programmes Ă  l’affiche d’octobre Ă  Rio. D’autant qu’à ses cĂŽtĂ©s, la pianofortiste Natalia Valentin (qui est aussi son Ă©pouse Ă  la ville) dĂ©fendra avec une sensibilitĂ© dĂ©jĂ  remarquĂ©e, les oeuvres de l’élĂ©gant Jadin.

 

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 En dĂ©cembre 2012, Ă  l’OpĂ©ra de Rio de Janeiro, Bruno Procopio recrĂ©e l’opĂ©ra “L’oro no compra Amore”, joyau lyrique et comique de Marcos Portugal (1804), chef d’oeuvre dont Rossini s’est inspirĂ©…

 

 
 
 

2Ăšme Semaine de musique baroque Ă  Rio

Bruno Procopio et Natalia Valentin jouent les Baroques et Romantiques Français à Rio

2 derniers concerts Ă  ne pas manquer (4 et 7 octobre 2016)

 
 
 

Rio de Janeiro, Sala Cecilia MeirelesRIO de Janeiro : Bruno Procopio, maestro expressivo !

Mardi 4 octobre 2016

Programme
Des LumiĂšres au Romantisme

 

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764)
Extraits des Nouvelles Suites de PiĂšces de clavecin

Hyacinthe JADIN (1776-1800)
Sonate pour pianoforte op. IV n°3 en fa# mineur

Henri-Joseph RIGEL (1741-1799)
Duo pour clavecin et pianoforte op. XIV n°1 en mib majeur

Antoine DAUVERGNE (1713-1797)
Chansons pour soprano, violon, pianoforte et clavecin

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
Sonate pour clavecin et accompagnement de violon K.9 en sol majeur (K9)
Sonate pour violon et pianoforte en mi mineur (K304)

AndrĂ©-Ernest-Modeste GRÉTRY (1741-1813)
Romances

 

Katia Velletaz*, soprano
Stéphanie-Marie Degand, violon
Bruno Procopio, clavecin
Natalia Valentin, pianoforte

*chanteur en résidence

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Consultez aussi le site du CMBV, page agenda

Dans les annĂ©es 1760, la fin du rĂšgne de Louis XV est marquĂ©e par un frĂ©missement artistique sans prĂ©cĂ©dent : l’ancien style baroque cĂšde insensiblement la place Ă  une nouvelle musique, teintĂ©e des courants germaniques de l’« Empfindsamkeit » et du « Sturm und Drang ». Les anciennes formes, les anciens genres, les anciens instruments perdent de leur lustre au profit d’expĂ©riences musicales jusque-lĂ  inouĂŻes. Toute une gĂ©nĂ©ration de compositeurs contribue Ă  ce renouveau, rĂ©vĂ©lant des personnalitĂ©s plus ou moins fortes et attachantes. Rameau ou Mondonville avaient amorcĂ© une nouvelle orientation ; ce sont Dauvergne, Rigel ou GrĂ©try qui prolongeront cette voie. À quinze ans d’intervalle, les compositions du jeune Mozart (de passage en France en 1763 et 1778) tĂ©moignent Ă  leur maniĂšre de la rapide Ă©volution des goĂ»ts. Le classicisme est en marche.

 
 
 
 

valentin_Natalia_pianoforte_valentin_beethoven_caprices_bagatellesRio de Janeiro, Sala Cecilia Meireles

Vendredi 7 octobre 2016

Programme
De la RĂ©volution Ă  l’Empire

 

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764)
Suite de Castor et Pollux (version 1782)

Joseph Bologne de SAINT-GEORGE (1745-1799)
Concerto pour violon et orchestre op. II n°2 en ré majeur

Hyacinthe JADIN (1776-1800)
Concerto pour piano et orchestre n°2 en ré mineur

Nicolas-Étienne MÉHUL (1763-1817)
Symphonie n°1 en sol mineur

Orchestre Symphonique du Brésil (OSB)
Stéphanie-Marie Degand, violon
Natalia Valentin, piano
Bruno Procopio, direction musicale

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Consultez aussi le site du CMBV, page agenda

À la veille de la RĂ©volution, Paris est devenu la capitale internationale des arts, et tout particuliĂšrement de la musique. On y croise les auteurs les plus cĂ©lĂšbres du temps, Piccinni, Salieri, Mozart, J.C. Bach, Paisiello et beaucoup d’autres. Si l’OpĂ©ra fascine par son ton Ă©pique et ses effectifs colossaux, les sociĂ©tĂ©s de concert attirent un public tout aussi nombreux qui se presse pour entendre les symphonies et les concertos Ă  la mode. L’ancien rĂ©pertoire vit ses derniĂšres heures : seul Rameau, avec Castor et Pollux, connaĂźt encore les honneurs de la scĂšne passĂ© 1780. Le Chevalier de Saint-George – surnommĂ© « le Mozart noir » – est une des personnalitĂ©s les plus influentes : ses concertos, redoutables, marquent une nouvelle Ă©tape dans l’escalade Ă  la virtuositĂ© qui caractĂ©rise alors l’École de violon française. À la mĂȘme pĂ©riode, Hyacinthe Jadin dĂ©veloppe les possibilitĂ©s du nouveau pianoforte ; nommĂ© professeur au Conservatoire lors de sa crĂ©ation en 1795, il fait figure de visionnaire mais sera fauchĂ© par la mort Ă  24 ans seulement. MĂ©hul, quant Ă  lui, se rĂ©vĂšle avec Cherubini l’un des premiers compositeurs français au style vĂ©ritablement « romantique » : ses sonates, ses opĂ©ras et surtout ses quatre symphonies, ouvrent la voie Ă  une musique d’un nouveau genre et marqueront toutes les premiĂšres annĂ©es du XIXe siĂšcle.

 
 
 
 

discographie

 

cd-Bruno-Procopio-karl-philipp-emanuel-Bach-sonates-wurtembergeoises-1742-1743-bruno-procopio-clavecin-582-PARATY515501_couv_HM Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates Wurtembergeoises Wq 49 (1 cd Paraty, 2014)… CD. Compte rendu critique. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates Wurtembergeoises Wq 49 (1 cd Paraty, 2014). 2014 s’est achevĂ© sans que l’on ait vraiment en France saluĂ© ni commĂ©morĂ© le gĂ©nie du fils Bach le plus zĂ©lĂ© et respectueux de son pĂšre : Carl Philipp Emanuel. Celui qui fit tant pour la rĂ©habilitation de l’oeuvre paternelle (avant Mendelssohn), fut aussi mĂ©prisĂ© et minorĂ© par son employeur Ă  Berlin, -FrĂ©dĂ©ric II-, qu’il devint aprĂšs Telemann, Ă  Hambourg, une personnalitĂ© de premier plan : officielle et vĂ©nĂ©rĂ© comme Haydn Ă  Vienne. C’est que le gĂ©nie exceptionnel de CPE pour le


Rameai in Caracas, Bruno Procopio CD. Bruno Procopio : Rameau in Caracas… CD. Rameau in Caracas (Bruno Procopio et The Simon Bolivar Symphony orchestra of Venezuela, 2012)   
  DĂ©fi magistral rĂ©ussi pour jeune chef audacieux ! Ce nouveau cd Paraty adoube trĂšs officiellement le tempĂ©rament du claveciniste Bruno Procopio comme chef d’orchestre. Poursuivant une nouvelle et dĂ©jĂ  riche collaboration avec les musiciens vĂ©nĂ©zuĂ©liens de l’Orchestre Simon Bolivar (la phalange qui hier accompagnait et permettait aussi l’essor du jeune Gustavo Dudamel), Bruno Procopio ne montre pas seulement sa lumineuse sensibilitĂ© et sa versatilitĂ© contagieuse chez Rameau, il confirme l’ampleur et la sĂ»retĂ© de son approche, n’hĂ©sitant pas ici Ă  aborder le compositeur


CD Ă©vĂ©nement. Rameau rĂ©vĂ©lĂ© Rameau: PiĂšces de clavecin en concert (label Paraty)… Rameau: PiĂšces de clavecin en concert (Procopio, 2012) critique de cd Avec ses PiĂšces pour clavecin en concert, Rameau offre un aboutissement inĂ©galĂ© dans l’art de la musique de chambre mais selon son goĂ»t, c’est Ă  dire avec impertinence et nouveautĂ©: jamais avant lui, le clavecin, instrument polyphonique et d’accompagnement n’avait osĂ© revendiquer son autonomie expressive de la sorte. PubliĂ© en 1741, voici bien le sommet du chambrisme français sous la rĂšgne de Louis XV: alors que Bach se concentre sur le seul tissu polyphonique, Rameau fait Ă©clater la palette sonore du clavier central, qui de pilier confinĂ© devient soliste…

valentin_Natalia_pianoforte_valentin_beethoven_caprices_bagatellesbeethoven_rondos_bagatelles_pianoforte_natalia_valentin_cd_ParatyCD Ă©vĂ©nement Natalia Valentin, pianoforte joue les Bagatelles de Beethoven (1 cd Paraty)… Et de 7! Depuis sa crĂ©ation en 2006, le jeune label Paraty, portĂ© par le claveciniste Bruno Procopio, enchaĂźne les rĂ©ussites discographiques. AprĂšs plusieurs rĂ©citals signĂ©s Ivan Illic, Nicolas Stavy, et rĂ©cemment un superbe enregistrement Mendelssohn de Cyril HuvĂ© (sur un piano Broadwood 1840), voici le dernier disque de la fortepianiste Natalia Valentin, dans un cycle de partitions du jeune Beethoven. Le choix de l’’instrument (prodigieux fortepiano d’un facteur anonyme de l’Allemagne du sud, de la fin du XVIIIĂš, restaurĂ© par Christopher Clarke), grĂące Ă  sa “prell-mĂ©canique”, apporte un regard neuf et une sonoritĂ© Ă  la fois perlĂ©e et vivifiante sur les oeuvres choisies: Rondos et Bagatelles (7 de l’opus 33, datĂ©es de 1802) d’un feu Ă©poustouflant entre nervositĂ©, grĂące et Ă©lĂ©gance. Mais dĂ©jĂ  pour NoĂ«l 2009, le jeune label aux pĂ©pites musicales annonce un superbe double album “Matinas do Natal” de Marcos Portugal: l’ensemble Turicum enregistre en premiĂšre mondial une partition crĂ©Ă©e Ă  Rio de Janeiro en 1811, vĂ©ritable crĂšche pastorale sur le thĂšme de la NativitĂ© aux couleurs inĂ©dites
 LIRE notre compte rendu complet du cd Les Bagatelles de Beethoven par la pianofortiste Natalia Valentin (aoĂ»t 2009).

 
 
 
 

Comptes rendus

LIRE notre compte rendu critique complet de Renaud de Sacchini par Bruno Procopio, Luisa Francesconi (les 21 et 22 mars 2015, Sala Cecília Meireles, Rio de Janeiro, Brésil)

 

 

Marcos Portugal, le Rossini luso-brĂ©silien Compte rendu. Bruno Procopio ressuscite Marcos Portugal Ă  Rio (10 dĂ©cembre 2012). Rio, OpĂ©ra. Le 10 dĂ©cembre 2012. Marcos Portugal: L’oro no compra amore
 Leonardo Pascoa (Giorgio), 
 Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB, Orquestra SinfĂŽnica Bresileira). Bruno Procopio, direction L’Oro no compra amore ressuscite Ă  Rio Exaltante rĂ©habilitation Ă  l’OpĂ©ra de Rio (Theatro Municipal) du compositeur luso brĂ©silien Marcos Portugal: son opĂ©ra comique italien L’Oro no compra amore valait bien cette recrĂ©ation, d’autant que dĂ©jĂ  applaudi et mĂȘme cĂ©lĂ©brĂ© dĂšs 1804 Ă  Lisbonne, il s’agit du premier opĂ©ra italien crĂ©Ă© sur le sol brĂ©silien Ă  l’époque du jeune empire brĂ©silien en 1811. L’initiative est d’autant plus lĂ©gitime que Rio redĂ©couvre l’un de


 

 

 

 

VOIR

 

Bruno Procopio joue Neukomm et Gossec Ă  Rio (Symphonie Ă  17 parties), Cidade das Artes, Rio de Janeiro, le 4 avril 2015. VIDEO. Bruno Procopio dirige la Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro (avril 2015). Montage © studio CLASSIQUENEWS.COM 2015. Le chef d’orchestre franco brĂ©silien Bruno Procopio fait retentir le romantisme enflammĂ© martial et lyrique de la grande Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm crĂ©Ă©e en 1817. la Symphonie Ă  17parties de François-Joseph Gossec (1734-1829), composĂ©e en 1809. Partition majeure de la symphonie romantique française Ă  l’époque de NapolĂ©on : entre classicisme et premier romantisme, la virtuositĂ© Ă©nergique de Gossec s’impose Ă  nous, commune Ɠuvre fondatrice du symphoniste français Ă  l’époque des Viennois Haydn, Mozart et Beethoven. Bruno Procopio s’engage pour diffuser la connaissance et l’interprĂ©tation des compositeurs français en AmĂ©rique Latine : aprĂšs avoir dirigĂ© le Simon Bolivar Orchestra du Venezuela, le jeune chef Ă  la double culture, brĂ©silienne et française, retrouvait l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio de Janeiro dans un programme dĂ©diĂ© au premier romantisme français : vitalitĂ© et Ă©nergie, puissance mais sensibilitĂ© aux dĂ©tails instrumentaux
 la direction du chef de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Ă  la fois analytique et dramatique, trouve un Ă©quilibre idĂ©al au service des grands classiques et romantiques français. Extraits vidĂ©o exclusifs © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

VOIR notre reportage Bruno Procopio dirige Ă  Caracas, en septembre 2013 :

Orquesta barroca Juvenil Simon Bolivar, Carracas, Bruno Procopio, CPE Bach, Carl Philip Emanuel BachVIDEO. A Caracas, Bruno Procopio joue CPE Bach avec l’Orchestre Simon Bolivar. En septembre 2013, le chef franco brĂ©silien retrouve Ă  Caracas les instrumentistes de l’Orchestre Simon Bolivar dans plusieurs Concertos et Symphonies de Carl Philipp Emanuel Bach. AprĂšs avoir jouer Rameau (ouvertures et ballets des opĂ©ras, mais sur instruments modernes en 2012), Bruno Procopio inaugure le nouvel ” Orquesta Barroca Juvenil SĂ­mon Bolivar “, phalange dĂ©sormais dĂ©diĂ©e Ă  l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e des Ɠuvres baroques, classiques et prĂ©romantiques. Fougue, prĂ©cision, style, mordant, l’entente du chef invitĂ© et des instrumentistes rĂ©alise l’un des meilleurs concerts CPE Bach de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, soulignant aussi l’anniversaire CPE Bach en 2014 (300 ans de la naissance). Le fils de Jean-SĂ©bastien est un gĂ©nie dĂ©fricheur et expĂ©rimentateur : sa virtuositĂ© au clavier s’entend aussi Ă  l’orchestre d’une libertĂ© inventive Ă  la fois, mĂ©lancolique et fantaisiste voire fantasque
 trĂšs liĂ©e aux nouvelles tendances esthĂ©tique de l’Empfindsamkeit (“sensibilitĂ©â€, courant littĂ©raire surtout qui prĂ©figure dĂ©jĂ  les affres et vertiges du sentiment romantique). Reportage vidĂ©o exclusif CLASSIQUENEWS.COM

 

 

VOIR notre reportage Bruno Procopio recrĂ©e L’Oro no compra amore de Marcos Portugal, dĂ©cembre 2012 :

Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini Ă  Rio de JaneiroRIO, OpĂ©ra : Bruno Procopio dirige L’Oro no compra amore de Marcos Portugal (dĂ©cembre 2012). Marcos Portugal, compositeur officiel de la cour impĂ©riale du BrĂ©sil compose nombre d’ouvrages italiens dont la verve et le raffinement prĂ©figure directement Rossini
 Bruno Procopio ressuscite L’oro no compta amorce, premier opĂ©ra italien reprĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Rio
 Pour les 250 ans de sa naissance, l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (Orquesta Sinfonica Brasileira) cĂ©lĂšbre le gĂ©nie du compositeur portugais, Marcos Portugal (1762-1830). Le jeune chef français d’origine brĂ©silienne Bruno Procopio dirige les musiciens dans une partition crĂ©Ă©e d’abord Ă  Lisbonne en 1804 puis reprise en 1811 Ă  Rio : L’oro non compta amorce l’essor de l’opĂ©ra dans le nouveau monde. L’OpĂ©ra de Rio accueille cette recrĂ©ation majeure qui conclut la saison musicale de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil. PrĂ©sentĂ©e en version de concert le 10 dĂ©cembre 2012, l’ouvrage jalonne un champ d’expĂ©rimentation qui permet aux instrumentistes d’élargir leur rĂ©pertoire tout en ressuscitant des Ɠuvres mĂ©connues.  GRAND REPORTAGE VIDEO, version français © CLASSIQUENEWS 2012

 
 

 
 
 

Paris, TCE, Théùtre des Champs Elysées
Dimanche 4 décembre 2016

Bruno Procopio dirige l’Orchestre Lamoureux
dans un programme Villa-Lobos, Milhaud, Jobim, Neukomm…

 
 

procopio-bruno-maestro-chef-d-orchestrePARIS, TCE. Musique brĂ©silienne Ă  Paris, le 4 dĂ©cembre 2016. Tubes et musique sacrĂ©e : de Villa-Lobos et Jobim Ă  Neukomm. Orchestre associĂ© du TCE ThĂ©Ăątre des Champs-ElysĂ©es, l’Orchestre Lamoureux offre un concert de musique brĂ©silienne Ă  la fois Ă©clectique et historique ; au plus large public, le programme dirigĂ© par Bruno Procopio, maestro impetuoso et charismatique, joue des standards brĂ©siliens universels et rĂ©cents : l’enivrante Bachianas Brasileiras n°5 de Villa-Lobos, Saudades do Brasil de Milhaud, sans omettre, l’irrĂ©sistible tube, ambassadeur de l’art de vivre du quartier carioca d’Ipanema, The Girl from Ipanema de Jobim
 Mais acuitĂ© personnelle du chef Procopio oblige, en liaison avec son amour pour sa culture natale et ce travail particulier dans l’interprĂ©tation des partitions classiques et romantiques, plusieurs extraits de la lĂ©gendaire Missa Pro Die Acclamationes Johannes VI, signĂ© Neukomm. C’est l’emblĂšme de la musique impĂ©riale brĂ©silienne, quand le BrĂ©sil devenu indĂ©pendant, construit son image sur une identitĂ© certes occidentale, mais singuliĂšre : Neukomm, le Mozart brĂ©silien, a fourni alors Ă  la Cour de l’Empereur du BrĂ©sil Jean VI, plusieurs partitions musicales emblĂ©matique de cet ordre politique et culturel nouveau dont tĂ©moigne Ă©videmment la Messe Ă©crite pour son couronnement et que Bruno Procopio Ă  Paris, s’ingĂ©nie dĂ©but dĂ©cembre 2016 Ă  ressusciter avec le faste, le souffle et le relief vocal, choral, instrumental requis. Sigismund Neukomm est bien connu des mĂ©lomanes car le Sazlbourgeois, Ă©lĂšve de Joseph Haydn entreprit de terminer le Requiem de Mozart laissĂ© inachevĂ© (Libera me). La partition autographe datĂ©e de 1819 fut dĂ©couverte rĂ©cemment Ă  Rio de Janeiro : elle est le fruit du travail de Neukomm installĂ© au BrĂ©sil et qui mena son travail de composition avec le plus grand compositeur local, le mulĂątre JosĂ© Mauricio Nunes Garcia. La version du Requiem de Mozart, achevĂ© par Neukomm a Ă©tĂ© enregistrĂ©e par Jean-Claude Malgoire en 2006.

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Concert Ă©vĂ©nement “Joyaux BrĂ©siliens au TCE, Tubes et musique sacrĂ©e, de Villa-Lobos Ă  Neukom… par Bruno Procopio et l’Orchestre Lamoureux Ă  PARIS… En LIRE +

 

VIDEO, extraits. Rio de Janeiro (Brésil). Bruno Procopio joue la Symphonie à 17 parties de Gossec (avril 2015)

procopio-bruno-gossec-concert-rio-de-janeiro-brazil-bresil-582VIDEO, extraits. Le 4 avril 2015, Ă  la Cidade das Artes Ă  Rio de Janeiro (BrĂ©sil), le jeune chef franco brĂ©silien BRUNO PROCOPIO dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB) : la Symphonie Ă  17parties de François-Joseph Gossec (1734-1829), composĂ©e en 1809. Partition majeure de la symphonie romantique française Ă  l’Ă©poque de NapolĂ©on : entre classicisme et premier romantisme, la virtuositĂ© Ă©nergique de Gossec s’impose Ă  nous, commune Ɠuvre fondatrice du symphoniste français Ă  l’Ă©poque des Viennois Haydn, Mozart et Beethoven. Bruno Procopio s’engage pour diffuser la connaissance et l’interprĂ©tation des compositeurs français en AmĂ©rique Latine : aprĂšs avoir dirigĂ© le Simon Bolivar Orchestra du Venezuela, le jeune chef Ă  la double culture, brĂ©silienne et française, retrouvait l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio de Janeiro dans un programme dĂ©diĂ© au premier romantisme français : vitalitĂ© et Ă©nergie, puissance mais sensibilitĂ© aux dĂ©tails instrumentaux… la direction du chef de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Ă  la fois analytique et dramatique, trouve un Ă©quilibre idĂ©al au service des grands classiques et romantiques français. Extraits vidĂ©o exclusifs © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

 

 

Approfondir : Jouer Gossec Ă  Rio de Janeiro (avril 2015)

 

 

brunoProcopio_okok sacchini renaud RIOrio-cidade-des-artes-rio-de-janeiro-bruno-procopio-concert-gossec-neukommRio de Janeiro, compte rendu concert. Dans la nouvelle salle de concerts “Cidade des Artes” – sorte d’insecte prismatique Ă  pattes dessinĂ© par Christian de Porzemparc- , les Cariocas retrouvent le chef brillant, nerveux, fougueux mais aussi nuancĂ© qui avait le mois prĂ©cĂ©dent crĂ©Ă© l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, Sala Cecilia Meireles, – au centre de Rio-:  Bruno Procopio dans un dispositif qui lui est dĂ©sormais spĂ©cifique : jouer deux auteurs au carrefour du classicisme et du romantisme, 
 sur instruments modernes. Tout le dĂ©fi est lĂ  : rĂ©aliser accents, style, continuitĂ© des partitions selon les apports de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e. Un enjeu qui dĂ©passe la seule question des esthĂ©tiques et rĂ©clame des instrumentistes et du chef, un engagement total pour rĂ©ussir le rĂ©sultat final. De Sacchini Ă  Gossec, le geste est d’autant plus fluide et assurĂ© que l’esthĂ©tique trĂšs marquĂ© esprit des LumiĂšres circule de l’une Ă  l’autre des partitions.

Pour la Symphonie de Gossec (1734 – 1829), Bruno Procopio a respectĂ© l’usage instrumental historique : c’est Ă  dire le nombre impressionnant de contrebasses : car l’orchestre en France Ă  l’époque de Gossec totalise prĂšs de 12% des effectifs de cordes : le principe est rĂ©alisĂ© Ă  Rio et la sonoritĂ© qui en dĂ©coule apporte ses bĂ©nĂ©fices expressifs : puisque la musique ne module pas beaucoup, l’éloquence Ă©largie des basses nourrie une matiĂšre Ă©tonnamment riche malgrĂ© des lignes plutĂŽt simples. Des quatre mouvements (Maestoso – Allegro molto ; Larghetto ; Menuet – trio ; Finale : Allegro molto), le chef rĂ©alise la continuitĂ© tout en apportant les fruits d’un travail spĂ©cifique sur le relief instrumental.

 

 

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A 17 parties soit 17 pupitres, l’orchestre de Gossec demeure rĂ©solument classique avec clarinettes et trompettes par deux. Ordinairement datĂ©e de 1809, la Symphonie pourrait remontĂ©e Ă  une Ă©poque prĂ©cĂ©dente : le dernier mouvement commence par un systĂšme fuguĂ© dĂ©fendu par les premiers violons selon la tradition du Concert Spirituel telle qu’elle s’était affirmĂ©e dans le paysage de la fin XVIIIĂš Ă  Paris.  De fait, outre ces points d’écriture, tout l’esprit de la Symphonie de Gossec rĂ©sonne de l’Esprit des LumiĂšres plutĂŽt que du plein romantisme. L’auteur de ThĂ©sĂ©e, opĂ©ra majeur, trĂšs emblĂ©matique de l’esthĂ©tique nĂ©oclassique de la fin du XVIIIĂš europĂ©en, reste rĂ©solument classique et respectueux des inflexions de son Ă©poque.

Jouer Gossec et Neukomm Ă  Rio

Mais le trait original vient pourtant d’un souci personnel dans la coloration des unissons comme des dessus cordes/flĂ»tes puis flĂ»tes/hautbois. Gossec tout en rĂ©pĂ©tant souvent un mĂȘme motif rythmique et mĂ©lodique, sait particuliĂšrement bien raffiner les combinaisons instrumentales Ă  chaque reprise, dans le but de colorer son orchestration. La variĂ©tĂ© des instruments offre une expĂ©rience de coloration (hautbois/ clarinette) plutĂŽt « moderne » vis Ă  vis du cadre strictement classique des LumiĂšres. S’il n’était cette sensibilitĂ© originale aux instruments, le style de Gossec regarde plutĂŽt du cĂŽtĂ© de Haydn que de Beethoven. Bruno Procopio saisit et sert idĂ©alement l’intensitĂ© du matĂ©riau musical avec une fluiditĂ© permanente passant d’un mouvement Ă  l’autre avec une intelligence communicative qui souligne l’invention instrumentale de Gossec. Ce bouillonnement dynamique souligne l’apport du compositeur parmi les plus inventifs de sa gĂ©nĂ©ration et qui impressionna tant Mozart lors de son sĂ©jour Ă  Paris en 1778. C’est d’ailleurs grĂące Ă  Gossec, alors directeur du Concert Spirituel, que Wolfgang reçoit la commande, prestigieuse pour la capitale française, des fameuses Symphonies parisiennes. Entre l’écriture classique et viennoise (plutĂŽt archaĂŻsante si la partition remonte de fait Ă  1809) et sa grande sensibilitĂ© instrumentale (solos de clarinette en particulier 
) et son souci de la couleur (trait de modernitĂ© a contrario), le jeune chef franco-brĂ©silien rĂ©ussit totalement l’équilibre entre mesure et sensualitĂ©. En revanche, de prĂšs de 30 mn en durĂ©e, la carrure de l’Ɠuvre prĂ©figure Beethoven.

Pour sa part, Sigismond Neukomm (1778-1858) retrouve Ă  Rio, un rivage familier. Le Viennois, parti de Paris vers Rio en 1816 dans le cadre de la Mission française au BrĂ©sil, s’inscrit naturellement dans ce programme carioca : il a mĂȘme composĂ© sa Symphonie hĂ©roĂŻque pendant la traversĂ©e, de l’Europe au Nouveau Monde. Tout un symbole. Comme la Symphonie de Gossec, le style de Neukomm est fonciĂšrement classique et mĂȘme haydnien mais il affirme un sens des modulations trĂšs original, parfois abrupts, dont l’activitĂ© des contrastes, reste Ă©trangĂšre Ă  Gossec : son parfum romantique est plus Ă©vident de ce fait. Place est favorise Ă  la fanfare qui y rĂšgne sans discontinuer : ne s’agit-il pas de la Symphonie hĂ©roĂŻque en rĂ© majeur ?

 

 

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Comme Mozart et Beethoven, Neukomm rĂ©utilise un ancien air composĂ© par Haendel (ici,  l’air de Macbeth pour le mouvement lent central). InspirĂ© par l’art du Symphoniste, ayant crĂ©Ă© entre ancien et nouveau monde, Bruno Procopio souligne l’allant gĂ©nĂ©ral, l’exaltation d’une plume pleine de feu et de contrastes. Il fait surgir avec bonheur, la vivacitĂ© martiale et l’énergie solaire d’une Symphonie de conquĂȘte.  En 1816 avant de partir pour Rio, Neukomm, serviteur de Talleyrand, compose le Requiem jouĂ© lors de la commĂ©moration du traitĂ© de Vienne. Au BrĂ©sil, il compose le Libera me pour la fin du Requiem de Mozart, dans une rĂ©alisation alors dirigĂ©e Ă  Rio, par le compositeur officiel Nunes Garcia. Il est donc lĂ©gitime d’inscrire au programme Neukomm aux cĂŽtĂ©s de Gossec. L’un et l’autre sont emblĂ©matiques du langage classique des LumiĂšres. Or le second, a fait le voyage et transmet et diffuse l’hĂ©ritage de la culture europĂ©enne sous les tropiques.

AprĂšs Renaud de Sacchini (1783) – avec l’OSB toujours, crĂ©ation brĂ©silienne de mars 2015, Bruno Procopio retrouve les dĂ©fis de la musique française de la fin du XVIIIĂš, au tournant des esthĂ©tiques classique et romantique dĂ©fis pimentĂ©s par sa rĂ©alisation sur instruments modernes. Jouer sur instruments modernes nĂ©cessite un apprentissage spĂ©cifique pour les instrumentistes : nouvelle expĂ©rience technique que leur apporte Bruno Procopio (dont coups d’archets selon une approche historiquement informĂ©e, nouveau raffinement dans l’interprĂ©tation des parties ornementales
)

Comme c’était aussi l’enjeu du concert Ă  LiĂšge, avec le Philharmonique Royal (jouer Rameau sur instruments modernes, dĂ©cembre 2014, – voir ci aprĂšs notre reportage classiquenews : “Rameau Symphonique par Bruno Procopio Ă  LiĂšge”). Mais un autre dĂ©fi attend bientĂŽt Bruno Procopio, crĂ©er ThĂ©sĂ©e de Gossec composĂ© en 1781 autre fleuron de l’esthĂ©tique des LumiĂšres et qui a dĂ©sormais toute sa place dans ce nouveau sillon prometteur, tracĂ© entre la France et le BrĂ©sil grĂące Ă  l’énergie d’un chef audacieux. D’autant qu’en 2016, la France et le BrĂ©sil cĂ©lĂšbreront le bicentenaire de la Mission française au BrĂ©sil. Prochains Ă©vĂ©nements Ă  venir.

 

 

Compte rendu, concert. Rio de Janeiro, Cidade das Artes, le 4 avril 2015. Sigismund Neukomm (1778 – 1858) : Grande Symphonie HĂ©roĂŻque Op.19. François-Joseph Gossec (1734 – 1829) : Symphonie Ă  17 parties (1809) de Brazilian Symphony Orchestra. Bruno Procopio, direction. Par notre rĂ©dacteur Camille de Joyeuse.

Le chef d’orchestre Bruno Procopio en vidĂ©o

 

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VOIR le reportage Bruno Procopio dirige Rameau à LiÚge avec le Philharmonique Royal de LiÚge (décembre 2014)

VOIR le reportage Bruno Procopio dirige RENAUD de Sacchini à Rio, Sala Cecilia Meireles  / Brazilian Symphony Orchestra (mars 2015)

VOIR le reportage Bruno Procopio joue Carl Philipp Emmanuel Bach à Caracas / Orchestre Symphonique Simon Bolivar du Vénézuela (septembre 2013)

VOIR le reportage Bruno Procopio joue les PiÚces pour clavecin en concerts de Rameau (avril 2013)

 

 

Illustrations : Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB) dans un programme Gossec et Neukomm, Rio de Janeiro, avril 2015 © CLASSIQUENEWS.COM

Brésil. Bruno Procopio dirige Rameau et Clérambault à Rio

procopio_bruno_chemise_bleueRio, salle C. Mereiles, les 19 et 22 septembre 2015. Mondonville et Rameau. Ambassadeur de choc, le claveciniste et chef d’orchestre Bruno Procopio retrouve son pays natal pour deux concerts de musique baroque française. Un programme qu’il a coutume de dĂ©fendre sous les tropiques, – le maestro impĂ©tueux et articulĂ© a dĂ©jĂ  enregistrĂ© un superbe disque d’extraits d’opĂ©ras de Rameau, ouvertures et ballets de Rameau avec le Symphonique Simon Bolivar du Venezuela Ă  Caracas (1 cd Paraty : vrai dĂ©fi d’un Ă©clat Ă©tincelant sur instruments modernes : ” Rameau in Caracas “). Rio 2015 voit le prolongement d’un travail spĂ©cifique sur le Baroque français en AmĂ©rique Latine. Une vision artistique entre les deux Mondes, de chaque cĂŽtĂ© de l’Atlantique qui s’Ă©tait dĂ©jĂ  illustrĂ©e par un jalon prĂ©cĂ©dent en mars dernier, et dans le mĂȘme lieu avec la crĂ©ation carioca de l’opĂ©ra français nĂ©oclassique Renaud de Sacchini (1782), emblĂšme du goĂ»t lyrique parisien favorisĂ© par Marie-Antoinette (VOIR le reportage Renaud de Sacchini recrĂ©Ă© Ă  Rio par Bruno Procopio, mars 2015). Le 19 septembre (20h), concert de musique de chambre oĂč la virtuositĂ© concertante de Mondonville et le gĂ©nie recrĂ©ateur de Rameau dialoguent. Sons harmoniques du premier (1738, oĂč Mondonville s’inspire et prolonge l’exemple de Leclair), puis cinq Concerts des PiĂšces pour clavecin en concert (1741).  AprĂšs les PiĂšces de clavecin en sonates (avec violon) de Mondonville, Rameau surpasse tout ce qui fut Ă©crit avant lui, inventant pour chaque piĂšce, un titre aux rĂ©fĂ©rences biographiques (pour certaines secrĂštes aux allusions Ă  dĂ©mĂȘler par les spĂ©cialistes), qui rĂ©capitule en leur rendant hommage, tous les soutiens, patrons protecteurs, mĂ©cĂšnes qui l’ont accompagnĂ© et soutenu pendant ses premiĂšres annĂ©es parisiennes. Le cycle est l’un des favoris dĂ©fendus depuis ses annĂ©es d’apprentissage Ă  Paris par Bruno Procopio qui assure la partie de clavecin.

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Le 22 septembre, 20h, concert orchestral comprenant surtout ClĂ©rambault et Mondonville et quelques autres pour lequel Bruno Procopio quitte le clavecin pour la baguette, afin de diriger l’Orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio (OBU).  Au programme deux piĂšces aussi rares qu’exceptionnelles : PiĂšces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) de Mondonville et surtout La Muse de l’OpĂ©ra ou Les CaractĂšres lyriques, Cantate Ă  voix seule et symphonie (1716) de ClĂ©rambault. EditĂ©e sĂ©parĂ©ment en 1716, sur un poĂšme d’Auguste Paradis de Moncrif, la cantate avec des moyens ambitieux (proches du divertissement) fait paraĂźtre la muse de l’OpĂ©ra, qui dĂ©crit les ficelles et artifices du thĂ©Ăątre pour exprimer les « caractĂšres lyriques » : la variĂ©tĂ© des airs et des formes dĂ©voile l’intelligence dramatique de ClĂ©rambault : air de triomphe avec trompette, scĂšne pastorale avec musette, Ă©vocation de chasses au son des cors, tempĂȘte, sommeil, ramage d’oiseau, scĂšne infernale
 c’est un catalogue intelligemment combinĂ© soit tous les motifs de l’opĂ©ra français, ici traitĂ©s par un compositeur qui souhaite en dĂ©montrer et aussi cultiver sa profondeur, entre virtuositĂ© italianisante et noblesse de la dĂ©clamation française.

 

OBU orchestre baroque de l'université de Rio Orquesra barroca da Unirio

 

 

Rameau, ClĂ©rambault, Mondonville Ă  Rio. GrĂące au CMBV, Centre de musique baroque de Versailles, le Baroque français s’exporte. Le concert est l’aboutissement d’un cycle de masterclasses et de rĂ©pĂ©titions avec les jeunes instrumentistes brĂ©siliens, sensibilisĂ©s au style baroque français et formĂ©s Ă  la pratique sur instruments d’époque. Un dĂ©fi qui fusionne transmission et pĂ©dagogie auprĂšs des jeunes instrumentistes encore nĂ©ophytes dans l’interprĂ©tation de la musique française du XVIIIĂšme siĂšcle, et aussi expĂ©rience professionnelle grĂące Ă  ce concert public. Le projet fait partie des nombreux chantiers initiĂ©s par le Centre de musique baroque de Versailles, dĂ©sormais ouvert Ă  l’international, soucieux depuis quelques annĂ©es de faire rayonner la connaissance et l’interprĂ©tation de la musique baroque française dans le monde. Partitions, Ă©quipe pĂ©dagogique sont les nouveaux moyens de l’institution versaillaise pour rĂ©aliser de nouveaux types de concerts, permettant aux jeunes professionnels de se perfectionner toujours et encore en se frottant  à l’accomplissement du concert publique. Il s’agit de deux premiĂšres mondiales Ă  Rio. L’Ă©tĂ© 2015 a rĂ©alisĂ© un autre projet du CMBV Ă  Innsbruck en aoĂ»t : le festival de musique ancienne et baroque mondialement reconnu accueillait pour la premiĂšre fois de son histoire, son premier opĂ©ra français, Armide de Lully (1686) dans une nouvelle production, mise en scĂšne par Cristina Colonna sous la direction de Patrick Cohen-AkĂ©nine et avec le concours de jeunes instrumentistes et chanteurs accompagnĂ©s par le CMBV, dont pour certains, les  laurĂ©ats du Concours Cesti 2014. Reportage vidĂ©o : Armide de Lully Ă  Innsbruck (aoĂ»t 2015)

 

 

 Bruno Procopio et le CMBV : Rameau, Clérambault, Mondonville à Rio

Concert du 19 septembre 2015, 20h
Durée : 1h25 sans entracte

 

Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Les Sons harmoniques, Sonates Ă  violon seul avec la basse continue (1738)

Sonate opus 4 n°1 en si mineur : Grave – Allegro – Aria. Amoroso – Allegro

Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
PiĂšces de clavecin en concert (1741)

PREMIER CONCERT :
La Coulicam. Rondement – La Livry. Rondeau gracieux – Le VĂ©zinet. Gaiement, sans vitesse

DEUXIÈME CONCERT :
La Laborde. Rondement – La Boucon. Air, gracieux – L’Agaçante. Rondement – 1er et 2e Menuet

TROISIÈME CONCERT :
La Lapopliniùre. Rondement – La Timide. 1er et 2e Rondeau gracieux – 1er et 2e Tambourin

QUATRIÈME CONCERT :
La Pantomime. Loure vive – L’Indiscrùte. Vivement – La Rameau. Rondement

CINQUIÈME CONCERT :
La Forqueray. Fugue – La Cupis. Rondement – La Marais. Rondement

 

Concert du 22 septembre 2015, 20h
Durée : 1h20 sans entracte

 

Eugénie Lefebvre, soprano
Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio (OBU)
Laura Ronai, direction artistique

 

Jean-Henry d’Anglebert (1629-1691)
Prélude en sol majeur, pour clavecin

Jean-Baptiste Antoine Forqueray (1699-1782)
La Leclair, pour clavecin

Antoine Forqueray (1672-1745)
Premier Livre de Piùces de viole avec la basse continue (1747) – extraits
La Couperin – La Buisson

Claude Balbastre (1727-1799)
La Lugeac, pour clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Piùces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) – extraits

Amoroso « Paratum cor meum  » – Allegro « In Domino laudabitur  »

Paratum cor meum, Deus,
Paratum cor meum,
Cantabo et psalmum dicam

(Psaume 56 verset 10)

Mon cƓur est prĂ©parĂ©, ĂŽ mon Dieu ;
Mon cƓur est tout prĂ©paré :
Je chanterai, et je ferai retentir vos louanges sur les instruments.

In Domino laudabitur anima mea :
Audiant mansueti et laetentur.
(Psaume 33 verset 7)

Mon Ăąme ne mettra sa gloire que dans le Seigneur.
Que ceux qui sont doux et humbles Ă©coutent ceci, et qu’ils se rĂ©jouissent.

Jean-Marie Leclair (1697-1764)
Concerto pour violon opus 10 n°6 en sol mineur (ca 1743)

Allegro ma poco – Andante – Allegro

Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)
La Muse de l’OpĂ©ra ou Les CaractĂšres lyriques. Cantate Ă  voix seule et symphonie (1716)

PrĂ©lude – RĂ©citatif – Air gai – TempĂȘte – RĂ©citatif – Air – Sommeil – PrĂ©lude infernal – RĂ©citatif – Air

LA MUSE DE L’OPÉRA ou LES CARACTÈRES LYRIQUES. Cantate à voix seule et symphonie

RĂ©citatif (fort gravement)

Mortels, pour contenter vos désirs curieux
Cessez de parcourir tous les climats du monde,
Par le puissant effort de l’art qui nous seconde,
Ici tout l’Univers se dĂ©couvre Ă  vos yeux.

Air gai
Au son des trompettes bruyantes
Mars vient embellir ce séjour ;
Diane avec toute sa cour
Vous offre des fĂȘtes galantes ;
Et mille chansons Ă©clatantes
RĂ©veillent l’écho d’alentour.
Des bergers la troupe légÚre
Vient folùtrer sur ces gazons ;
À leurs danses, à leurs chansons,
On voit que le Dieu de CythĂšre
Leur a donné de ses leçons.

TempĂȘte (fort et marquĂ©)

Mais quel bruit interrompt ces doux amusements ?
Le soleil s’obscurcit, la mer s’enfle et s’irrite ;
Dieux ! quels terribles flots ! et quels mugissements !
La terre tremble, l’air s’agite,
Tous les vents déchainés, mille effrayants
Éclairs, semblent confondre l’Univers.
Quels sifflements affreux ! Quel horrible tonnerre !
Le ciel est-il jaloux du repos de la terre ?

RĂ©citatif
Non, les Dieux attendris par nos cris Ă©clatants,
Ramùnent les beaux jours de l’aimable printemps.

Air
Oiseaux, qui sous ces feuillages
Formez des accents si doux,
L’Amour quand il vous engage
Vous traite bien mieux que nous ;
Il n’est jamais parmi vous
Jaloux, trompeur, ni volage.

Sommeil (doucement)
Vos concerts, heureux oiseaux,
Éveillent trop tît l’aurore,
Laissez les mortels encore
Plongés au sein du repos.

Prélude infernal (lentement, fort et marqué)
Mais quels nouveaux accords dont l’horreur est extrĂȘme ?
Qui fait ouvrir le séjour infernal ?
Que de démons sortis de ce gouffre fatal !

Les implacables SƓurs suivent Pluton lui-mĂȘme.

RĂ©citatif

Ne craignons rien, un changement heureux
Vient nous offrir de doux présages,
Et les dĂ©mons changĂ©s sous d’aimables images,
Amusent nos regards par d’agrĂ©ables jeux.

Air gai et piqué
Ce n’est qu’une belle chimùre
Qui satisfait ici vos vƓux ;
Eh ! n’ĂȘtes-vous pas trop heureux
Qu’on vous sĂ©duise pour vous plaire ?
Dans ce qui flatte vos désir
Croyez tout ce qu’on fait paraütre ;
On voit s’envoler les plaisirs
Lorsque l’on cherche à les connaütre.

 

 

CD. LIRE notre critique du cd PiĂšces pour clavecin en concerts de Rameau par Bruno Procopio

 

VOIR notre reportage vidéo : Les Grands Motets de Rameau par Bruno Procopio à Cuenca (Espagne), Avec Maria Bayo (avril 2014)

VIDEO, reportage. Renaud de Sacchini, créé à Rio de Janeiro (Brésil) par Bruno Procopio: 1/2

brunoProcopio_okok sacchini renaud RIOVIDEO, reportage. Renaud de Sacchini Ă  Rio de Janeiro (BrĂ©sil) par Bruno Procopio : 1/2 (mars 2015). Les 21 et 22 mars 2015, le chef d’orchestre franco-brĂ©silien Bruno Procopio pilotant l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil, crĂ©Ă©e sous les tropiques, le chef d’oeuvre de Sacchini: Renaud, tragĂ©die lyrique de 1783, fleuron de l’opĂ©ra des LumiĂšres sous le rĂšgne de Marie-Antoinette. BĂ©nĂ©ficiant d’un plateau brĂ©silien dont surtout l’exceptionnelle mezzo Luisa Francesconi, la production Ă©tait un temps fort de la programmation lyrique Ă  la Sala CecilĂ­a Meireles de Rio de Janeiro (JG Ripper, direction). Grand reportage vidĂ©o : 1/2 © studio CLASSIQUENEWS.COM

LIRE aussi la nomination de Mr JG Ripper, directeur de l’OpĂ©ra de Rio (juin 2015)

LIRE notre compte rendu critique complet de Renaud de Sacchini par Bruno Procopio, Luisa Francesconi (les 21 et 22 mars 2015, Sala Cecília Meireles, Rio de Janeiro, Brésil)

BrĂ©sil, RIO. JoĂŁo Guilherme Ripper nommĂ© directeur de l’OpĂ©ra de Rio.

ripper-joao-ghilermo-ripper-composer-teatro-municipal-rio-de-janeiro-juin-2015-portrait-nomination-classiquenews-depeche-breaking-newsBrĂ©sil, RIO. JoĂŁo Guilherme Ripper nommĂ© directeur de l’OpĂ©ra de Rio. Le directeur artistique et compositeur brĂ©silien, JoĂŁo Guilherme Ripper est nommĂ© directeur de l’OpĂ©ra de Rio (Fondation du Teatro Municipal de Rio de Janeiro au BrĂ©sil). Directeur depuis 2004, de la Salle de concerts CecĂ­lia Meireles, au coeur de Rio, dont il a avait fait un haut lieu de la diffusion musicale, JoĂŁo Guilherme Ripper a Ă©tĂ© nommĂ© pour relever les nouveaux dĂ©fis de l’OpĂ©ra carioca, rĂ©plique locale du Palais Garnier Ă  Paris et dĂšs sa premiĂšre saison, en 1910, foyer particuliĂšrement actif de l’art lyrique sur le plan international (comme l’est toujours le Teatro Conlon Ă  Buenos Aires en Argentine). L’objectif du nouveau directeur de l’OpĂ©ra de Rio est Ă  terme de faire Ă©voluer le Teatro Municipal en grande maison d’opĂ©ra, renouant ainsi avec son histoire prestigieuse.  “J’assumerai Ă  prĂ©sent le dĂ©veloppement artistique du “Municipal” , commente JoĂŁo Guilherme Ripper, puis d’ajouter : “je pense qu’un nouveau directeur sera nommĂ© Ă  la Sala CecĂ­lia Meireles avant la semaine prochaine”.

 

 

 

Avec la nomination de son nouveau directeur JoĂŁo Guilherme Ripper, l’OpĂ©ra de Rio ouvre un nouveau chapĂźtre de son histoire

Le nouveau grand dĂ©fi de l’OpĂ©ra de Rio

rio-salla-cecilia-meireles-renaud-sacchini-opera-par-Bruno-Procopio-direction-21-et-22-mars-2015PersonnalitĂ© passionnĂ©e et libre, d’une rare exigence, JG Ripper Ă  la direction du ThĂ©Ăątre Municipal de Rio de Janeiro aura toute latitude dans ses choix musicaux et artistiques, comme il a toujours fait, ainsi et pendant plus de 10 annĂ©es Ă  la tĂȘte de la Sala CecĂ­lia Meireles qui est devenue sous sa direction, un lieu incontournable de la vie musicale carioca. Perfectionnisme, audace, Ă©quilibre des choix artistiques… voilĂ  sa marque de fabrique.
brunoProcopio dirige Renaud sacchiniRĂ©cemment en mars 2015, le directeur de la Sala avait permis la crĂ©ation de l’opĂ©ra de Sacchini : Renaud (1783), fleuron de l’art lyrique français des LumiĂšres, sous la direction de Bruno Procopio, avec la mezzo brĂ©silienne Luisa Francesconi dans le rĂŽle particuliĂšrement difficile de la guerriĂšre amoureuse, Armide. LIRE notre compte rendu complet de Renaud Ă  Rio par Luisa Francesconi et Bruno Procopio. VOIR aussi notre grand reportage Renaud de Sacchini crĂ©Ă© Ă  Rio (Sala CecĂ­lia Meireles, mars 2015)

rio Teatro_Municipal_de_RĂ­o_de_JaneiroLe Teatro Municipal de Rio est inaugurĂ© en 1909. DĂšs sa premiĂšre saison en 1910, il bĂ©nĂ©ficie du prestige et de l’activitĂ© de son confrĂšre le ThĂ©Ăątre Conlon de Buenos Aires en Argentine : l’impresario Walter Mocchi favorisant mĂȘme le transfert des grands artistes d’un lieu Ă  l’autre, faisant de Rio, le temple lyrique le plus actif du BrĂ©sil. Toscanini fait ses premiĂšres armes de chef lyrique Ă  Rio en 1886. Signe avant-coureur : la date de son inauguration en 1909 est le 14 juillet, jour de la fĂȘte nationale française… La tradition du Municipal s’appuie surtout sur une programmation favorisant les opĂ©ras romantiques français : Les Huguenots de Meyerbeer, L’Africaine de HalĂ©vy, PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy ou MaroĂ»f savetier du Caire de Rabaud… au point que Rio fut considĂ©rĂ© parfois comme la succursale du Palais Garnier et de l’OpĂ©ra Comique dont il ne partageait pas seulement une proximitĂ© architecturale mais aussi artistique. Y ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©s dans la foulĂ©e de leur crĂ©ation europĂ©enne et française : BĂ©atrice, Fortunio de Messager, L’Etranger de D’Indy, Monna Vanna de FĂ©vrier, Si j’Ă©tais roi d’Adam…  puis aprĂšs la guerre, L’Aiglon, Dialogues des CarmĂ©lites, La Voix Humaine, autant de partitions absolument capitales pour l’essor de la culture française post romantique et moderne (XXĂšme siĂšcle). Les artistes français alimentent aussi une vraie passion française Ă  Rio : les chanteurs Vallin, CrabbĂ© ou Journet s’y produisant pendant plusieurs annĂ©es… Avec la nomination Ă  la direction de l’Institution carioca, de JoĂŁo Guilherme Ripper, se tourne une nouvelle page de son histoire mythique. Quels seront les axes de la programmation, et le rĂ©pertoire français sera-t-il l’un des piliers de ce nouvel essor annoncĂ© ? RĂ©ponses dans les mois Ă  venir.

 

 

VOIR le site de l’OpĂ©ra de Rio, Teatro Municipal de Rio de Janeiro (BrĂ©sil)

VIDEO : en dĂ©cembre 2012, Bruno Procopio diirge le premieropĂ©ra italien reprĂ©sentĂ© au BrĂ©sil Ă  Rio : le perle buffa L’oro no compra amore de Marcos Portugal : reportage vidĂ©o exclusif © classiquenews.com 2012

 VIDEO : voir aussi le reportage RENAUD de SACCHINI créé à Rio (mars 2015 à la Sala Cecília Meireles) sur You tube : https://www.youtube.com/watch?v=oNP-MtjC1iE&feature=youtu.be

Rio (BrĂ©sil). Bruno Procopio joue Gossec, Neukomm, Garcia…

Il a osé ce que personne avant lui n'avait osé, renouant avec l'audace de premiers conquérants et pionniers baroqueux : jouer et enregistrer Rameau à Caracas sur instruments modernes ! Le résultat dépasse nos attentes...

Rio de Janeiro, concert Bruno Procopio. CitĂ© des Arts, samedi 4 avril 2015, 16h. AprĂšs avoir crĂ©er l’opĂ©ra de Sacchini de 1783, Renaud, dans la salle Cecilia de Meireles, superbe rĂ©vĂ©lation pour les cariocas avec l’étonnante mezzo Luisa Francesconi (les 21 et 22 mars derniers), Bruno Procopio retrouve Ă  Rio, l’OSB Orchestre symphonique du BrĂ©sil Ă  la Cidade das Artes, dans un programme qui fĂȘte les 450 ans de la fondation de la citĂ© carioca. Au programme, plusieurs maĂźtres europĂ©ens : le belge Gossec et le germanique Neukomm, ainsi que deux musiciens emblĂ©matiques de l’essor de la musique savante Ă  l’heure coloniale : Marcos Portugal (gĂ©nie prossinien) et Nunes Garcia. Outre des oeuvres sacrĂ©es (Laudamus Te de la Missa Grande de Portugal, Laudamus Te de la Missa de Sainte CĂ©cile de Garcia), le chef franco brĂ©silien affirme sa stimulante Ă©nergie dans le genre symphonique : Symphonie pour 17 parties de Gossec et Sinfonia Heroica de Neukomm (opus 19). Dans la superbe salle de la CitĂ© des Arts de Rio, nouvellement inaugurĂ©e, Bruno Procopio offre une nouvelle leçon de direction et de sensibilitĂ©, dĂ©voilant dans son pays d’origine, le raffinement d’une musique qui a surtout su assimiler et rĂ©Ă©crire les sources europĂ©ennes. De Gossec et Neukomm, Bruno Procopio rĂ©vĂšle le feu orchestral, sans omettre de rĂ©vĂ©ler la profonde ferveur de la Messe testament de Nunes Garcia, compositeur emblĂ©matique de la prĂ©sence du roi du Portugal Jean VI Ă  Rio : la messe de Sainte CĂ©cile. Le programme comprend aussi une Ɠuvre sacrĂ©e de Marcos Portugal : la Missa Grande dont Bruno Procopio a enregistrĂ© une version pour orgue et chƓur Ă  Cuenca (Espagne) avant de diriger la pĂ©tillante comĂ©die prĂ©rossinienne L’oro no compra amore
 (un opĂ©ra savoureux aux accents prĂ©rossiniens). Le programme Ă©voque surtout l’amitiĂ© entre compositeurs : ainsi Nunes Garcia qui se rapproche de Neukomm (dĂšs l’arrivĂ©e de ce dernier en 1816) et grĂąces auquel il dirige Mozart et Haydn Ă  Rio.

 

 

 

Bruno Procopio dirige les compositeurs de Jean VI Ă  Rio de Janeiro

De Gossec et Neukomm à Nunes Garcia


 

GOSSEC_Gossec-portraitAuteur de 50 symphonies dĂšs 1756, soit bien avant Haydn, Gossec (1734-1829) est bien l’inventeur du genre, sachant se renouveler et affirmer mĂȘme l’essor de la forme purement instrumentale aux cĂŽtĂ©s de GrĂ©try. TrĂšs proche de Mozart, Gossec enseigne aussi au Conservatoire, les spĂ©cificitĂ©s de la composition entre 1795 et 1814. Le gĂ©nie de Gossec rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© dans son opĂ©ra ThĂ©sĂ©e (1781) qui saisit et surprend par l’ambition de l’écriture, sa spatialisation et son intensitĂ© dramatique, vrai souffle lyrique si rare Ă  l’opĂ©ra-, tient Ă  une pensĂ©e universelle (comme GrĂ©try) et une adaptabilitĂ© tenace et salvatrice malgrĂ© les perturbations de la pĂ©riode rĂ©volutionnaire. Sous directeur de l’AcadĂ©mie royale de musique aprĂšs Dauvergne en 1782, il dirige la nouvelle Ă©cole royale de chant en 1784. Aux cĂŽtĂ©s du peintre David, scĂ©nographe des grandes cĂ©rĂ©monies rĂ©volutionnaires, Gossec devient le principal compositeur des RĂ©publicains, accomplissant dans la musique l’esprit des LumiĂšres. Il meurt dĂ©chu et Ă©cartĂ© sous la Restauration Ă  95 ans.
Sa symphonie pour 17 parties date de 1809 et tĂ©moigne des ultimes Ă©volutions du compositeur : Gossec qui avait connu Stamitz Ă  Mannheim, et en proche de Mozart, affirme ici une sensibilitĂ© pour l’orchestration Ă©tonnante qui prĂ©figure Berlioz. Jamais jouĂ©e de son vivant, la partition n’est pas publiĂ©e et frappe pourtant par le raffinement instrumental requis : flĂ»tes, hautbois, bassons, cors par deux
 elle est traversĂ©e par un souffle unique et cite mĂȘme l’air des libertaires : « ah, ça ira, ça ira » dans le dernier mouvement.

Sigismund_von_Neukomm_(1)Sigismond Neukomm (1778-1858) appartient Ă  la gĂ©nĂ©ration postĂ©rieure Ă  celle de Gossec. ElĂšve du frĂšre de Joseph Haydn (Michael), Neukomm comme Gossec favorise l’évolution du passage entre l’esprit des LumiĂšres et le prĂ©romantisme. Voyageur assidu, Neukomm rĂ©side 5 annĂ©es Ă  Rio : il y joue Mozart oĂč il compose un Libera me pour complĂ©ter le Requiem incomplet et devient le professeur du Roi du BrĂ©sil Jean VI. Neukomm dĂ©veloppe aussi une activitĂ© ethnomusicale, Ă©crivant plus de 90 Ɠuvres inspirĂ©es directement de motifs populaires brĂ©siliens !

JosĂ©_Mauricio_Nunes_GarciaNunes Garcia est un compositeur brĂ©silien nĂ© et mort Ă  Rio en 1767 et 1830. Ce fils d’esclaves originaires du Minas Gerais, devient rapidement une personnalitĂ© majeure de l’essor musicale Ă  Rio. OrdonnĂ© prĂȘtre en 1792, devenu maĂźtre de chapelle de la CathĂ©drale de Rio dĂšs 1798, Garcia compose toute la musique pour la Cour royale : il livre quantitĂ© de partitions d’une qualitĂ© Ă©vidente que traverse aussi le souci de dĂ©fense des idiomes brĂ©siliens. En 1808, quand arrive le roi du Portugal, Garcia suscite l’admiration du prince rĂ©gent Jean VI, mĂ©lomane averti. Le monarque le nomme MaĂźtre de la chapelle royale dont le siĂšge est l’Ă©glise Nossa senhora do Carmo (alors Ă©levĂ©e au rang de cathĂ©drale). MalgrĂ© l’opposition des membres de la cour, tous originaires du Portugal, Jean VI honore son musicien mĂ©tis qu’il fait chevalier de l’ordre du Christ. Garcia dut cependant accepter au poste de maĂźtre de chapelle le portugais Fonseca Portugal, venu de Lisbonne en 1811, qui devint son supĂ©rieur. En 1816, Garcia compose deux chefs d’oeuvre, commande du Tiers-Ordre du Carmel en hommage Ă  la reine Marie IĂšre de Portugal : le Requiem et l’Office des dĂ©funts.
Quand arrivent les artistes de la mission française en 1816 (oĂč figurent les peintres Debret et Taulnay, l’architecte Montigny), tous les membres venus d’Europe louent la personnalitĂ© du « mulĂątre » brĂ©silien. Garcia se lie d’amitiĂ© avec Neukomm, arrivĂ© la mĂȘme annĂ©e : les deux compositeurs suscitĂšrent l’opposition de la Cour mais reçurent la faveur indĂ©fectible du roi Jean VI. GrĂące Ă  Neukomm, Garcia dirige les oeuvres de Mozart (Requiem en 1819) et de Haydn (La CrĂ©ation en 1821).
AprĂšs la dĂ©part de Jean VI au Portugal (1821) et l’indĂ©pendance du BrĂ©sil en 1822, Garcia perd appui et protection. Cependant la Messe pour Sainte CĂ©cile, chant du cygne de 1826, affirme un gĂ©nie inĂ©galĂ© Ă  son Ă©poque, heureuse synthĂšse entre l’écriture savante proeuropĂ©enne et une inspiration indigĂšne pure et noble : jusqu’à sa mort en 1830, Garcia ne cesse de rĂ©viser l’orchestration de cette Messe testament.

Brésil, Rio de Janeiro. Cidade das Artes, Cité des Arts.
Samedi 4 avril 2015, 16h.

boutonreservationGabriella Pace, soprano
OSB Orchestre Symphonique du Brésil
Bruno Procopio, direction
Série 450 ans de la fondation de Rio de Janeiro (Brésil)

FRANÇOIS-JOSEPH GOSSEC
Sinfonia para 17 Partes

MARCOS PORTUGAL
Missa Grande | Laudamus Te
SIGISMUND VON NEUKOMM
Missa Solene | Quoniam

JOSÉ MAURÍCIO NUNES GARCIA
Missa de Santa CecĂ­lia | Laudamus Te

SIGISMUND VON NEUKOMM
Sinfonia Heroica, Op. 19

RIO : Bruno Procopio crée Renaud de Sacchini

Antonio_SacchiniRio. Salla C.Meireles. Sacchini : Renaud. Bruno Procopio. Les 21 et 22 mars 2015, 19h. RecrĂ©Ă© rĂ©cemment Ă  Metz, puis objet d’un enregistrement discographique que Classiquenews a largement relayĂ© Ă  l’Ă©poque, l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, crĂ©Ă© en 1783 est une commande de la Cour de  Marie-Antoinette et de Louis XVI : l’Ă©poque est Ă  la confrontation des maniĂšres (italiennes, nordiques, germaniques) pour qu’Ă©merge enfin, aprĂšs Gluck, une formule nouvelle pour l’opĂ©ra français. Les partitions alors crĂ©Ă©es Ă  Paris tĂ©moignent toutes d’une effervescence sans pareil, un Ăąge d’or de la crĂ©ativitĂ© favorisĂ©e quelques annĂ©es avant la RĂ©volution : Andromaque de GrĂ©try (1778), La Toison d’or de Vogel (1786), ThĂ©sĂ©e de Gossec (1782), Renaud de Sacchini (1783), Atys de Piccinni, Amadis de Gaule de JC Bach… sont autant de propositions dues Ă  des Ă©trangers, Ă©tapes majeures pour le renouvellement de l’opĂ©ra. A chaque crĂ©ation, des attentes nouvelles ; un esprit de confrontation et d’oppositions systĂ©matique : Gluck fut comparĂ© Ă  Piccinni, puis ce dernier ) Sacchini comme avant Gluck on aima mesurer le gĂ©nie de Rameau selon le modĂšle Lullyste, pour l’aduler comme le massacrer.  Paris aime les cabales, et feint de s’en Ă©tonner.

Champion de l’Ă©loquence ramĂ©lienne, Bruno Procopio s’attaque au Renaud de Sacchini

Les Italiens Ă  Paris : victorieux Sacchini

Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini Ă  Rio de JaneiroRenaud de Sacchini porte bien mal son nom car c’est la sarrasine Armide qui demeure la figure protagoniste de l’ouvrage. AidĂ©e par la reine Antiope et ses amazones guerriĂšres, Armide dĂ©truit toute alliance entre chrĂ©tiens et musulmans car elle exhorte ses troupes Ă  tuer l’indigne Renaud (I). Mais quand les amazones lui livre Renaud, Armide sent son amour pour lui renaĂźtre : elle outrepasse les biensĂ©ances alors, en livrant Ă  son aimĂ©, les secrets de l’armĂ©e musulmane. Renaud s’Ă©chappe et laisse Armide qui desespĂ©rĂ©e, sollicite les furies infernales, … en vain (II). L’acte III est le plus saisissant, en particulier sur le plan orchestral, recyclant ce style frĂ©nĂ©tique expressif, dramatiquement irrĂ©sistible, hĂ©ritĂ© de Gluck : Sacchini illustre la dĂ©solation du combat final, thĂ©Ăątre de ruines qui peint la dĂ©faite des Sarrasins. C’est aussi la dĂ©sespĂ©rance absolue qui s’empare de l’esprit d’Armide trahie et dĂ©munie, rendu impuissante face Ă  l’amour que lui inspire Renaud. Suicidaire, la magicienne est prĂȘte Ă  se frapper car elle a perdu l’amour du chrĂ©tien comme elle a trahi son clan : mais Renaud paraĂźt avec Hidraot, -le pĂšre d’Armide-, jurant un amour indĂ©fectible pour celle qui croyait avoir tout perdu. L’opĂ©ra s’achĂšve donc sur une sĂ©quence positive. LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de la crĂ©ation de Renaud de Sacchini Ă  Rio de Janeiro (BrĂ©sil)

boutonreservationRio. Salla Cecilia Meireles. 
Sacchini : Renaud, 1783. 
Orchestre Symphonique du Brésil
Bruno Procopio, direction. Les 21 et 22 mars 2015, 20h.

 

 

 

Antonio_SacchiniVIDEO. Visionner notre reportage exclusif RENAUD de SACCHINI recrĂ©Ă© par le CMBV Ă  l’Arsenal de Metz en octobre 2012.

 

 

VidĂ©o. OpĂ©ra de Rio. Bruno Procopio recrĂ©e L’oro no compra amore de Marcos Portugal (1804)

RIO, OpĂ©ra : Bruno Procopio dirige L’Oro no compra amore de Marcos Portugal (dĂ©cembre 2012). Marcos Portugal, compositeur officiel de la cour impĂ©riale du BrĂ©sil compose nombre d’ouvrages italiens dont la verve et le raffinement prĂ©figure directement Rossini… Bruno Procopio ressuscite L’oro no compta amorce, premier opĂ©ra italien reprĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Rio…
Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini Ă  Rio de JaneiroPour les 250 ans de sa naissance, l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (Orquesta Sinfonica Brasileira) cĂ©lĂšbre le gĂ©nie du compositeur portugais, Marcos Portugal (1762-1830). Le jeune chef français d’origine brĂ©silienne Bruno Procopio dirige les musiciens dans une partition crĂ©Ă©e d’abord Ă  Lisbonne en 1804 puis reprise en 1811 Ă  Rio : L’oro non compta amorce l’essor de l’opĂ©ra dans le nouveau monde. L’OpĂ©ra de Rio accueille cette recrĂ©ation majeure qui conclut la saison musicale de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil. PrĂ©sentĂ©e en version de concert le 10 dĂ©cembre 2012, l’ouvrage jalonne un champ d’expĂ©rimentation qui permet aux instrumentistes d’élargir leur rĂ©pertoire tout en ressuscitant des Ɠuvres mĂ©connues. Musicien officiel de la Cour, Marcos Portugal ne fait pas qu’introduire l’éclat et la vitalitĂ© de l’opĂ©ra italien dans le Nouveau Monde : il sait synthĂ©tiser le meilleur du genre comique Ă  son Ă©poque, prĂ©figurant en grande partie ce que Rossini puis Donizetti rĂ©aliseront aprĂšs lui. SpĂ©cialiste de la rhĂ©torique baroque, Bruno Procopio propose aux musiciens de l’Orchestre, une expĂ©rience nouvelle: jouer une Ɠuvre oubliĂ©e, pourtant liĂ©e Ă  l’histoire de l’OpĂ©ra Ă  Rio, en veillant particuliĂšrement au jeu et au style spĂ©cifique Ă  un ouvrage romantique du dĂ©but du XIXĂšme siĂšcle. GRAND REPORTAGE VIDEO, version français © CLASSIQUENEWS 2012

Radio. France Musique. Musiques Ă  Rio, les 6,13,20 janvier 2013,16h

Radio. France Musique. Musiques Ă  Rio, les 6,13,20 janvier 2013,16h

RIO_christ_bras_ouverts_448_bruno_procopio_brazil_Rio-de_janeiro_travel

logo_fmusiqueL’Air des Lieux ouvre l’annĂ©e 2013 sous le soleil du plein Ă©tĂ© brĂ©silien, du cĂŽtĂ© d’Ipanema et de Copacabana, plages mythiques du farniente tropical- entre une visite au Christ RĂ©dempteur, (corcovado), et dans les coulisses de l’OpĂ©ra carioca, le ThĂ©Ăątre municipal de Rio oĂč point d’orgue d’une randonnĂ©e spectaculaire et divinement sonore, le jeune chef français nĂ© au BrĂ©sil, Bruno Procopio, ressuscitait le 10 dĂ©cembre dernier, un joyau lyrique et comique du Rossini luso-brĂ©silien, Marcos Portugal…: L’oro no compra amore (crĂ©Ă© en 1811 Ă  Rio)…  Trois Ă©missions gorgĂ©es de soleil et de saine vitalitĂ©, enregistrĂ©es au BrĂ©sil !

Musiques Ă  Rio

L’Air des Lieux à Rio de Janeiro

Par Stéphane Grant et AgnÚs Cathou
Dimanches 6, 13 et 20 janvier 2013
France Musique, de 16h Ă  18h
L’air des lieux, magazine

Les 6 et 13 janvier 2013

Les deux premiers volets sont consacrĂ©s Ă  la 3Ăšme Ă©dition du concours international BNDES de piano de Rio de Janeiro. Le Concours carioca auquel participe l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (Orquesta SinfĂŽnica Bresileira) permet Ă  Rio de renouer avec la grande histoire du piano au BrĂ©sil, celle qu’une interprĂšte comme Guiomar Novaes a incarnĂ© hier, celle dont Nelson Freire porte aujourd’hui les couleurs flamboyantes avec ce tact si personnel. C’est Ă  Rio en 1886 que Toscanini se produit pour la premiĂšre fois comme chef !
L’Air des Lieux tĂ©moigne dans les coulisses, de l’activitĂ© du concours, tout en Ă©tant proche des organisateurs, de ses candidats, des membres du jury (dont le Français Jean-Philippe Collard et l’Argentin Sergio Tiempo).
Le lieu d’accueil du Concours est un bĂątiment mythique de la vie musicale Ă  Rio: l’OpĂ©ra est un cadre Ă  la fois dĂ©licieusement kitsch et grandiose, synthĂšse de l’OpĂ©ra Garnier et de l’OpĂ©ra-Comique Ă  Paris ; le ThĂ©Ăątre municipal de Rio est construit au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle et dĂšs son inauguration se met au diapason de l’avant-garde et de la crĂ©ation europĂ©enne. EdifiĂ© en 1909, inaugurĂ© en 1910, Rio dĂ©veloppe un partenariat artistique Ă©troite avec le ThĂ©Ăątre Colon de Buenos Aires (Argentine): chefs, chanteurs de renom se dĂ©placent de l’un Ă  l’autre thĂ©Ăątre assurant ici et lĂ  une activitĂ© lyrique et musicale de premier plan… Les grandes Ɠuvres françaises y sont crĂ©Ă©es systĂ©matiquement, Rio devenant un avant poste de l’art lyrique français romantique, postromantique et moderne: Les Huguenots, L’Africaine, Carmen, PellĂ©as, MĂąrouf, mais aussi les moins connus: Les cadeaux de NoĂ«l de Xavier Leroux, BĂ©atrice et Fortunio de Messager, L’Etranger de D’Indy, Monna Vanna de FĂ©vrier… AprĂšs la Guerre, Callas, Tebaldi, Bidu SayĂŁo et tant d’autres ont fait l’ñge d’or de l’opĂ©ra au BrĂ©sil, comme les Ɠuvres europĂ©ennes plus rĂ©centes investissent la glorieuse scĂšne carioca: L’Aiglon, Dialogues des CarmĂ©lites, La Voix humaine…

Piano, opĂ©ra et samba Ă  Rio…

Le 20 janvier 2013

procopio_bruno_chemise_bleuePortrait de Bruno Procopio Ă  Rio. Le claveciniste et chef d’orchestre d’origine brĂ©silienne est revenu Ă  Rio recrĂ©er un opĂ©ra inĂ©dit du compositeur luso-brĂ©silien Marcos Portugal (1762-1830), L’oro no compra amore. A la tĂȘte de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil, l’une des phalanges la plus ancienne du pays, le jeune maestro approfondit son approche d’un ouvrage romantique qui porte les prĂ©mices du belcanto. C’est aussi pour les instrumentistes et l’OpĂ©ra de Rio, l’occasion de rendre hommage Ă  l’une des figures musicales les plus importantes Ă  l’Ă©poque du BrĂ©sil impĂ©rial, au dĂ©but du XIXĂšme siĂšcle. L’ouvrage, perle comique prĂ©rossinienne est crĂ©Ă© Ă  Lisbonne en 1804. Quand Portugal rejoint la cour du roi portugais au BrĂ©sil, il importe tout le savoir faire et l’Ă©clat de l’opĂ©ra italien europĂ©en outre-Atlantique et devient le premier compositeur officiel au BrĂ©sil: L’oro no compra amore est ainsi crĂ©Ă© Ă  Rio en 1811: c’est le premier opĂ©ra italien crĂ©Ă© au BrĂ©sil. L’air des lieux suit le jeune musicien dans son travail de prĂ©paration, aux cĂŽtĂ©s de solistes et musiciens brĂ©siliens
 L’enfant du pays connaĂźt aussi d’autres lieux emblĂ©matiques de la fiĂšvre musicale Ă  Rio: les lieux nocturnes et branchĂ©es du BrĂ©sil mĂ©tissĂ© et authentique
 Car Ă  quelques semaines du Carnaval, les grandes Ă©coles de samba sont elles aussi en pleine effervescence


Illustrations: La baie de Rio depuis le Christ rédempteur à Corcovado, Bruno Procopio (DR)

Compte rendu. Bruno Procopio ressuscite Marcos Portugal à Rio (10 décembre 2012)

Rio, OpĂ©ra. Le 10 dĂ©cembre 2012. Marcos Portugal: L’oro no compra amore… Leonardo Pascoa (Giorgio), … Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB, Orquestra SinfĂŽnica Bresileira). Bruno Procopio, direction

L’Oro no compra amore ressuscite Ă  Rio

Exaltante rĂ©habilitation Ă  l’OpĂ©ra de Rio (Theatro Municipal) du compositeur luso brĂ©silien Marcos Portugal: son opĂ©ra comique italien L’Oro no compra amore valait bien cette recrĂ©ation, d’autant que dĂ©jĂ  applaudi et mĂȘme cĂ©lĂ©brĂ© dĂšs 1804 Ă  Lisbonne, il s’agit du premier opĂ©ra italien crĂ©Ă© sur le sol brĂ©silien Ă  l’Ă©poque du jeune empire brĂ©silien en 1811.
L’initiative est d’autant plus lĂ©gitime que Rio redĂ©couvre l’un de ses compositeurs les plus importants; de surcroĂźt grĂące Ă  un musicien natif: Bruno Procopio, ardent dĂ©fenseur pour la rĂ©habilitation du compositeur, gloire musicale de Lisbonne, Vienne, Paris, Londres jusqu’Ă  Rio… Il est naturellement pertinent de recrĂ©er un opĂ©ra comique du Rossini tropical, gĂ©nie du thĂ©Ăątre lyrique et surtout serviteur de la couronne portugaise: de Maria Ier, au RĂ©gent Joao devenu Joao VI, puis Ă  son fils Pedro, premier empereur du BrĂ©sil indĂ©pendant-, Marcos Portugal est un auteur loyal et fidĂšle, crĂ©ateur fĂ©cond, immensĂ©ment douĂ© dont la reprĂ©sentation en version de concert de L’oro no compra amore de 1804, rĂ©tablit la force d’un caractĂšre vif et palpitant, surtout ce mordant facĂ©tieux qui montre aussi une intelligence remarquable dans l’art du timing dramatique.

Portugal, le Rossini brésilien

MalgrĂ© une distribution bancale (de loin la performance du Giorgio du baryton Leonardo Pascoa, le loyal amant de Lisetta, se bonifie en cours de sĂ©ance: bel aplomb vocal et finesse de plus en plus assurĂ©e), la rĂ©alisation de l’opĂ©ra sur la scĂšne carioca n’a pas manquĂ© de panache ni de fiĂšvre musicale, en particulier gĂące au geste millimĂ©trĂ© du jeune chef Bruno Procopio, spĂ©cialiste de Rameau, Couperin et autres compositeurs baroques: la main du jeune maestro prĂ©serve au delĂ  des vocalitĂ©s engagĂ©es et diversement fanfaronnantes, l’unitĂ© du drame, sa motricitĂ© pĂ©tillante… Le chef canalise ses troupes, en fait jaillir des accents d’une belle vivacitĂ©; sa prĂ©cision et son Ă©nergie trĂšs rĂ©flĂ©chie sont un rĂ©gal et donnent souvent de merveilleuses prouesses au moment du concert ; car de l’intensitĂ©, il en faut pour bien jouer le thĂ©Ăątre de Portugal: un jeu permanent de sĂ©duction, confrontations, surenchĂšre vocale Ă  plusieurs personnages qui citent les meilleures comĂ©dies de Haydn et de Mozart; prĂ©figure la trĂ©pidation et l’urgence d’un Rossini, tout en prĂ©parant le bel canto du plein XIXĂš ; annonce surtout les joyaux donizettiens: tout au long du programme, on aura certes pensĂ© Ă  Rossini (Le Barbier, de 12 ans plus tardif Ă  L’Oro s’annonce dĂšs le dĂ©but dans le choeurs d’hommes Ă  mezza voce, puis dans le fameux final du I), surtout Ă  Donizetti… Portugal approche par la finesse thĂ©Ăątrale des situations et la profondeur des profils psychologiques ce Don Pasquale par exemple dont la Norina Ă  venir, se profile dĂ©jĂ  dans cette Ă©lĂ©gance faussement badine du rĂŽle de Lisetta, pleine d’astuces et de facĂ©ties en diable. MaĂźtresse des cƓurs, arbitre faussement ingĂ©nue d’une comĂ©die qui est dĂ©jĂ  un marivaudage.

Duos, trios, et surtout ensembles (final du I, de prĂšs de 20 minutes)… l’auditeur n’a pas une minute Ă  lui pour prendre le temps de mesurer la virtusoitĂ© irrĂ©sistible de celui qui en 1804, n’est pas encore le directeur de la musique de la cour de Rio, mais le maĂźtre absolu de la scĂšne lyique Ă  Lisbonne, comme directeur de Teatro Royal Sao Carlo.
D’autant que la reprĂ©sentation de ce soir, nous Ă©pargne tous les rĂ©citatifs. L’urgence et la subilitĂ© fulgurante sont donc les qualitĂ©s maĂźtresses du spectacle en version de concert, admirablement dĂ©fendues par un chef qui cisĂšle, accentue, insuffle Ă  la bouillonnante partition, ce grain de finesse, de folie, de suprĂȘme Ă©lĂ©gance. MĂȘme en version de concert, la partition dĂ©borde de thĂ©ĂątralitĂ© ardente et vive.

Elégance virtuose

Le geste, la scupuleuse et vivante approche prĂ©servent le relief virtuose, souvent enchanteur des instruments de l’orchestre: une phalange ici peu habituĂ©e Ă  ce genre de rĂ©pertoire; preuve s’il en est que jouer Marcos Portugal dans le pays qui a vu ses derniers triomphes, les plus importants, est encore un dĂ©fi Ă  relever pour les instrumentistes locaux. L’accord particulier des clarinettes, des cors, la vitalitĂ© des cuivres complĂ©mentaires (somptueuses trompettes d’une justesse admirable), cet Ă©quilibre mozartien et rossinien d’une palette musicale Ă  la fois fine et colorĂ©e, rĂ©tablit la place (immense) de Portugal dans l’histoire de l’opĂ©ra italien au dĂ©but du XIXĂš. L’Oro est mĂȘme le premier opĂ©ra italien jouĂ© sur le nouveau continent au moment oĂč Joao VI rĂ©clame prĂšs de lui son cher Portugal (1811).
D’une distribution alĂ©atoire, oĂč l’articulation de l’italien reste problĂ©matique en particulier chez Lisetta, saluons d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le tempĂ©rament expressif de chacun, tout en regrettant que tous manquent de cette finesse d’intonation, de ce naturel orfĂšvrĂ© mais naturel qui faisait les magnifiques interprĂ©tations d’une Berganza chez Rossini.

Nonbstant voici rĂ©habilitĂ© et d’excellente maniĂšre, la vitalitĂ© irrĂ©sistible de Marcos Portugal dans ce Rio qui l’accueillit et lui rĂ©serva une nouvelle carriĂšre glorieuse sur le nouveau continent. AprĂšs avoir rĂ©tabli dans une version rĂ©duite mais magnifiquement concertante (avec orgue), la Missa Grande de 1782, une oeuvre de jeunesse composĂ©e pour Maria Ier, Ă  Cuenca en avril 2012 (Espagne), Bruno Procopio poursuit son exploration de l’Ɠuvre de Portugal: cet Oro no compra amore restituĂ© en dĂ©cembre 2012, est Ă©blouissant d’intelligence, de saine vitalitĂ©, de franche et nerveuse Ă©lĂ©gance. RĂ©ussite totale pour le jeune maestro qui peu Ă  peu, depuis son travail tout aussi dĂ©fricheur et audacieux avec l’Orquestra sinfonica Simon Bolivar de Venezuela (qu’il a conduit dans l’interprĂ©tation de Rameau), gagne peu Ă  peu ses galons de trĂšs grand chef: jouer Rameau Ă  Caracas (sur instruments modernes), rĂ©tablir Marcos Portugal Ă  Rio, dans sa place, sont des dĂ©fis relevĂ©s avec panache ; la diversitĂ© virtuose et souvent gĂ©nial de Marcos Portugal mĂ©rite absolument l’engagement que lui rĂ©serve Bruno Procopio. Tout en servant un auteur encore trop mĂ©connu, tout en permettant Ă  une phalange orchestrale de premier plan Ă  Rio, l’opportunitĂ© d’Ă©largir son rĂ©pertoire et de perfectionner son jeu expressif selon le style de l’Ă©poque, en redĂ©couvrant un auteur qui a marquĂ© l’histoire musicale locale, le chef dĂ©voile une captivante attention aux partitions choisies. DĂ©frichement, audace, finesse, partage et gĂ©nĂ©rositĂ©. Bravo Maestro !

Rio, OpĂ©ra (Teatro Municipal). Le 10 dĂ©cembre 2012. Marcos Portugal: L’oro no compra amore (1804, version de 1811), cycle OpĂ©ra & rĂ©pertoire, sĂ©rie lyrique en concert. Marianna Lima (Lisetta), Leonardo Pascoa (Giorgio), Geilson Santos (Alberto), Manuel Alvarez (Pasquale), Anubal Mancini (Cecchino), Andressa Inacio (Dorina), Veruschka Mainhard (Carlotta), Daniel Soren (Casalichio),… Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB, Orquestra SinfĂŽnica Bresileira). Bruno Procopio, direction.

approfondir

Bruno Procopio: PiĂšces de clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau. Le claveciniste virtuose Bruno Procopio en dialogue avec trois autres solistes d’exception souligne l’invention expressive de ce nouveau dispositif instrumental qui fait de Jean-Philippe Rameau, un dĂ©fricheur visionnaire… PiĂšces de clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau par Bruno Procopio, clavecin, avec Philippe Couvert, violon; François Lazarevich, flĂ»te allemande; Emmanuelle Guigues, viole de gambe. Reportage vidĂ©o exclusif
Bruno Procopio dirige le Youth Simon Bolivar orchestra Ă  Caracas: jouer Rameau au VĂ©nĂ©zuela (reportage vidĂ©o avril 2011). Le 14 avril 2011, le jeune claveciniste et chef d’orchestre, Bruno Procopio se distingue comme directeur musical de l’Orchestre des Jeunes Simon Bolivar Ă  Caracas (Venezuela),  qu’a conduit partout dans le monde le dynamique et si charimastique Gustavo Dudamel… La phalange qui joue sur instruments modernes n’Ă©tait guĂšre sensibilisĂ©e jusque lĂ  Ă  la maniĂšre baroque.
La Missa Grande de Marcos Portugal Ă  Cuenca

A Cuenca (Espagne, Castilla La Mancha), Bruno Procopio dirige en chef invitĂ© le choeur L’Echelle pour la Missa Grande de Marcos Portugal. Le concert en ouverture du festival SMR 2012 (Semana de Musica Religiosa de Cuenca) sollicite aussi le concours de l’orgue historique baroque conçu par Julian de la Orden (1770) pour la CathĂ©drale. Concert Ă©vĂ©nement qui est aussi le sujet d’un cd Ă  venir dĂ©but 2013. Grand reportage vidĂ©o rĂ©alisĂ© en mars et avril 2012.

Bruno Procopio ressuscite un joyau lyrique de Marcos Portugal

Bruno Procopio dirige Rameau Ă  Caracas
Rio, Opéra. Bruno Procopio ressuscite Marcos Portugal, le Rossini Lusino-brésilien
résurrection lyrique à Rio (Brésil)

Bruno Procopio ressuscite un joyau lyrique de Marcos Portugal

L’Oro no compra Amore (1804)

DĂ©fricheur et grand expert des sonoritĂ©s sur instruments d’Ă©poque, le chef Bruno Procopio poursuit sa carriĂšre musicale au service d’un gĂ©nie de la veine comique, aprĂšs Cimarosa, avant Rossini: Marcos Portugal. Avec L’oro no compra amore (1804), le compositeur portugais Ă©lĂšve le genre lĂ©ger au niveau des meilleurs Haydn et de Mozart: facĂ©tie, subtilitĂ©, action et raffinement, tout  indique un tempĂ©rament Ă  redĂ©couvrir d’urgence. RĂ©surrection attendue et rĂ©vĂ©lation d’un tempĂ©rament lyrique qui surtout, inspira directement Rossini. Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil dans L’Oro no compra Amore de Marcos Portugal (Lisbone, 1804)… Le 10 dĂ©cembre Ă  l’OpĂ©ra de Rio …  En lire +