COMPTE-RENDU, concert. La Roque d’AnthĂ©ron, le 9 aout 2019. TCHAIKOVSKI, RACHMANINOV : A Malofeev, N Goerner. Orch Nat du Tatarstan. A Slakovsky

COMPTE-RENDU, concert. Festival International de piano de La Roque d’AnthĂ©ron, le 9 aout 2019. TCHAIKOVSKI, RACHMANINOV : A Malofeev, N Goerner. Orch Nat du Tatarstan. A Slakovsky. Le Festival International de piano de La Roque d’AnthĂ©ron nous conviait Ă  une trĂšs grande et belle Nuit du piano. Deux compositeurs russes, un jeune pianiste russe Ă©blouissant, un pianiste argentin solaire, un orchestre et un chef, exaltĂ©s. Par notre envoyĂ© spĂ©cial YVES BERGÉ.

piano-malofeev-concerto-orchestre-critique-concert-piano-classiquenews-roque-antheron-2019-critique-classiquenews-malofeev-5Une premiĂšre partie consacrĂ©e Ă  deux Ɠuvres de Piotr Ilitch TchaĂŻkovsky (1840-1893) et une deuxiĂšme Ă  deux Ɠuvres de SergueĂŻ Rachmaninov (1873-1943). Deux concertos, deux Ɠuvres symphoniques, Ă©quilibre parfait d’un diptyque somptueux. Alexander Malofeev, gamin surdouĂ© de dix-sept ans,  inaugure cette Nuit du piano. Premier Prix du Concours International TchaĂŻkovsky pour jeunes pianistes, saluĂ© par sa prestation exceptionnelle Ă  quatorze ans, il joue le Concerto N°2 pour piano et orchestre en sol majeur opus 44 de TchaĂŻkovsky, sous la voĂ»te spectaculaire de La Roque, et ses 121 cubes blancs qui en font l’une des acoustiques les plus jalousĂ©es des festivals de plein air. Moins cĂ©lĂšbre que l’incontournable Concerto N°1 en Si bĂ©mol Majeur avec son premier mouvement et ses immenses accords qui parcourent tout le clavier et ce thĂšme legato, d’une ligne mĂ©lodique puissante et si sensuelle, le Concerto N°2 (TchaĂŻkovsky en composera 3) est en trois mouvements, comme la plupart des concertos, dont la forme a Ă©tĂ© fixĂ©e Ă  la fin de l’Ă©poque baroque. A travers ses innombrables concertos, Antonio Vivaldi (1678-1741) contribua Ă  fixer les trois mouvements et Ă  donner au soliste une grande libertĂ© d’Ă©criture, dont la virtuositĂ© et la technique se dĂ©velopperont au cours des siĂšcles suivants. La cadence de la fin des premiers mouvements, improvisĂ©e puis Ă©crite au XIXe siĂšcle, est un hĂ©ritage de cette audace baroque. Le Concerto N°2 est composĂ© de trois mouvements :Allegro brillante e molto vivace /Andante non troppo/Allegro con fuoco.

 

 

La folle soirée russe !

 

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Le jeune virtuose Malofeev semble danser sur le clavier, son aisance dans les parties trĂšs techniques et sa maturitĂ© dans les passages plus sombres sont Ă©tonnantes ; il se courbe vers le piano, comme pour faire corps avec le son, puis se relĂšve, impĂ©tueux pour mieux dominer la partition. Il sait aussi dialoguer avec la flĂ»te traversiĂšre, le violon solo ou le violoncelle, comme s’il s’agissait d’un mouvement de Sonate plus intime puis devient fougueux, survoltĂ© dans l’Allegro con fuoco, thĂšme de danse villageoise avec de grands accords fulgurants qui parcourent tout le clavier, dans une Ă©criture trĂšs rhapsodyque. Dans ses 2 bis, Alexander Malofeev semble faire la synthĂšse de cet art dĂ©jĂ  trĂšs abouti : Islamey, opus 18 de Mili Balakirev, membre du Groupe des Cinq. Fantaisie orientale oĂč les mains se croisent sans cesse dans une course folle et un extrait des Saisons, opus 37a de TchaĂŻkovsky (La Chanson d’Automne : Octobre), d’une profonde mĂ©lancolie retenue. Eblouissant ! L’Orchestre National symphonique du Tatarstan, accompagne le jeune virtuose. Le Tatarstan, entitĂ© de la FĂ©dĂ©ration de Russie peut s’honore d’avoir un tel Ensemble symphonique. Le Festival d’Automne de sa capitale Kazan, est de grande renommĂ©e et permet Ă  l’Orchestre National d’y briller et de se confronter Ă  d’autres formations internationales. Bien sĂ»r, les compositeurs russes inondent tous les programmes de concert. Alexander Sladkovsky, le chef emblĂ©matique depuis 2010, laurĂ©at du Concours International Prokofiev, d’abord sous le charme de cet adolescent sans limites, imprime une intensitĂ©, une gĂ©nĂ©rositĂ© et fait vibrer chaque pupitre. PrĂ©sence poignante sur son estrade, cabotin et imposant.
 
 

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L’orchestre reprend seul le flambeau pour une interprĂ©tation de haute volĂ©e de la Symphonie N°2 de TchaĂŻkovsky en ut mineur opus 17 « Petite Russie » ; symphonie en 4 mouvements comme la plupart des symphonies depuis Mozart. Le chef donne Ă  chaque mouvement un relief particulier, une couleur correspondant aux indications si colorĂ©es du compositeur. Chaque mouvement est divisĂ© en plusieurs parties indiquĂ©es par des caractĂšres diffĂ©rents, vitesses, atmosphĂšres : 1er mouvement, Andante sostenuto-Allegro comodo/2Ăšme mouvement, Andantino marziale, quasi moderato/3Ăšme mouvement, Scherzo-Allegro molto vivace/4Ăšme mouvement, Finale-Moderato assai-Allegro vivo. Ces diffĂ©rentes palettes de durĂ©e et d’expression, vont permettre Ă  Alexander Sladkovsky de passer d’une direction franche, martiale, dense Ă  des gestes plus souples. Le chef est habitĂ©, il communique physiquement par une attitude souvent emphatique, trĂšs thĂ©Ăątrale. Si l’Andante dĂ©marre par une marche pulsĂ©e, rythmĂ©e par les noires des bassons et des cordes graves, il se termine par une phrase plus lĂ©gĂšre. Dans le Scherzo, tempo ternaire jubilatoire, le chef est bondissant, faisant ressortir ainsi le pupitres des Bois qui lancent des fusĂ©es, reprises par les cordes. L’Allegro vivo est un hymne grandiose. La Danse Espagnole, en bis, extraite du Lac des Cygnes de TchaĂŻkovsky, termine cette premiĂšre partie dans un enthousiasme communicatif. Le public est dĂ©jĂ  conquis !

A l’Ă©poque romantique, la Russie oppose deux visages: l’un national, l’autre plus europĂ©en : Cinq compositeurs russes, regroupĂ©s sous l’appellation Groupe des Cinq Ă©criront des Ɠuvres exaltant les sentiments patriotiques, pages aux coloris trĂšs expressifs, aux mĂ©lodies originales. On retient essentiellement Borodine : Le Prince Igor (« Danses polovtsiennes »)…, Rimsky Korsakov : Le Coq d’Or, La Grande PĂąque Russe, ShĂ©hĂ©razade… et Modeste Moussorgsky : Boris Goudounov (opĂ©ra), Les Tableaux d’une Exposition (orchestration de Maurice Ravel)… TchaĂŻkovsky, en marge de ce mouvement, reste profondĂ©ment russe mais est aussi attachĂ© Ă  la culture occidentale par ses Symphonies, ses concertos, sa musique de chambre et donnera au Ballet symphonique ses lettres de noblesse, le dĂ©finissant comme genre Ă  part entiĂšre, enfin sorti des traditionnelles interventions, si attendues, dans les opĂ©ras. Il Ă©tait soutenu par une aristocratie qui dĂ©daignait la musique imprĂ©gnĂ©e d’art populaire et « rencontra » une mĂ©cĂšne providentielle : Nadejda Von Meck qui aura avec lui une relation Ă©pistolaire des plus insolites ; elle lui enverra une bourse rĂ©guliĂšrement sans jamais chercher Ă  le rencontrer, admiration dĂ©sintĂ©ressĂ©e d’une rare Ă©lĂ©gance. Bien sĂ»r, elle sera la dĂ©dicataire de plusieurs Ɠuvres du MaĂźtre qui ne se faisait pas prier pour honorer les caprices artistiques de la richissime veuve russe fortunĂ©e !

 

 
 
Dans la deuxiĂšme partie, le pianiste argentin Nelson Goerner, cinquante ans, visage lumineux, joue le Concerto N°3 opus 30 de SergueĂŻ Rachmaninov (1873-1943) avec le mĂȘme orchestre et le mĂȘme chef. Ce pianiste argentin obtient en 1986 le Premier Prix du Concours Franz Liszt de Buenos Aires et rencontre la mĂȘme annĂ©e la sublime pianiste argentine Martha Argerich : sa carriĂšre internationale est lancĂ©e. On le dĂ©couvre ce soir dans ce redoutable Concerto du MaĂźtre russe. C’est lors d’une tournĂ©e aux Etats-Unis, en 1909, que Rachmaninov compose et joue ce 3Ăšme Concerto en rĂ© mineur ; c’est un triomphe ! Gustav Malher, lui aussi prĂ©sent aux Etats-Unis pour faire connaĂźtre ses Ɠuvres, dirige le compositeur russe dans ce Concerto en 1910 ! Rachmaninov a composĂ© 4 concertos pour le piano. Le Concerto N°1 en fa# mineur a Ă©tĂ© rendu cĂ©lĂšbre par l’Ă©mission Apostrophes de Bernard Pivot dont il Ă©tait le gĂ©nĂ©rique. Il a bercĂ©, ainsi, des annĂ©es de soirĂ©es littĂ©raires, de 1975 Ă  1990 ! Le troisiĂšme Concerto, en trois mouvements, est d’une extrĂȘme virtuositĂ©.

 

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Dans l’Allegro ma non tanto, Goerner reste Ă©lĂ©gant, raffinĂ©, virtuose sans emphase ; aprĂšs la tornade Malofeev, le pianiste argentin parcourt le clavier avec une aisance fantastique et maĂźtrise tous les piĂšges de cette Ă©criture postromantique si exigeante: accords, gammes, arpĂšges diaboliques et des superpositions de voix Ă©tonnantes. La cadence finale est redoutable par sa force et son Ă©criture si complexe. Le deuxiĂšme mouvement, Intermezzo-Adagio est d’une langueur mĂ©lancolique, dialogues avec la flĂ»te, le hautbois, le cor, parenthĂšses Ă©lĂ©giaques avant la dĂ©ferlante du 3Ăšme mouvement Finale-Alla breve, hybride et brillant, mĂȘlant des couleurs expressionnistes et jazzy surprenantes. Le pianiste est en connexion parfaite avec son instrument et l’orchestre. Le public salue, debout, cette performance. En bis, Le Bailecito (Petite danse) du compositeur argentin Carlos Guastavino, (1912-2000), connu essentiellement pour ses nombreuses mĂ©lodies (MĂ©lodies argentines…), est un clin-d’oeil Ă  ses origines. Goerner effleure le clavier, caresse les touches. Puis il conclut par des variations impressionnantes d’Adolf Schulz-Evler, compositeur polonais mort en 1905, d’aprĂšs le Beau Danube Bleu de Johann Strauss. Brillantissime ! Triomphe total!

Pour terminer cette grande soirĂ©e, l’orchestre joue Le Rocher, PoĂšme symphonique opus 7 de Rachmaninov, Ɠuvre de jeunesse, 1893, aux couleurs plus impressionnistes, qui s’inspire d’un poĂšme de MikhaĂŻl Lermontov : Le Rocher. Fresque symphonique, dĂ©coupĂ©e en plusieurs tableaux : dĂ©part sombre et tĂ©nĂ©breux, cordes graves, legato puis une partie plus dansante ; aprĂšs une respiration apaisĂ©e et mystĂ©rieuse, un nouveau contraste pour un crescendo grandiose en tutti.
Le gĂ©nĂ©reux chef transmet son incroyable vitalitĂ©, dans une attitude grandiloquente, parfois caricaturale mais touchante aussi par son Ă©nergie juvĂ©nile. Trois bis, ce qui est rarissime, aprĂšs un tel concert, pour une soirĂ©e qui semblait se prolonger sans cesse, dont « La Bacchanale », extraite de Samson et Dalila de Camille Saint-SaĂ«ns, tumultueuse, ornĂ©e, orientale, festive et Stan Tamerlana d’Alexander TchaĂŻkovski, compositeur et pianiste russe, nĂ© en 1946. Oeuvre dĂ©lirante par ses sonoritĂ©s Ăąpres, folkloriques et ses rythmes entraĂźnants, qui soulĂšve le public dans une extase jouissive hallucinante. Le chef bondit, gesticule, se tourne vers la foule dĂ©jĂ  debout, et l’invite Ă  se joindre Ă  la fĂȘte par des claps de mains, des cris, faisant Ă©cho aux jeux entre les cuivres, les percussions, les vents, les cordes. Spectateurs mĂ©dusĂ©s, un chef aĂ©rien qui nous offrait toute la puissance et la vie d’un orchestre vibrant, musiciens, spectateurs ne faisant qu’un. Un moment trĂšs Ă©tonnant. On avait tous envie de prendre le premier vol pour Kazan et continuer cette soirĂ©e magique dans l’aventure d’autres rĂ©pertoires. Par notre envoyĂ© spĂ©cial YVES BERGÉ. Illustrations : Festival international de piano de la Roque d’AnthĂ©ron 2019

 
 
 
 

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Festival International de piano de La Roque d’AnthĂ©ron
Vendredi 9 aoĂ»t 2019 – Nuit du piano:
‱ Alexander Malofeev : piano
‱ Orchestre National symphonique du Tatarstan. Alexander Sladkovsky : direction
‱ Concerto N°2 pour piano et orchestre en sol majeur opus 44 de Piotr Ilitch Tchaïkovsky
‱ Symphonie N°2 en ut mineur opus 17 « Petite Russienne » de Piotr Ilitch TchaĂŻkovsky
‱ Nelson Goerner : piano
‱  Orchestre National symphonique du Tatarstan. Alexander Sladkovsky : direction
‱ Concerto N°3 opus 30 de Sergueï Rachmaninov
‱ Le Rocher, Poùme symphonique opus 7 de Sergueï Rachmaninov

 

 

LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann)

schnabel-artur-musicien-et-pianiste-werner-grĂŒnzweig-livre-annonce-critique-hermann-piano-classiquenews-lecture-livres-d-ete-2019-006672343LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann). En ces temps de disette humaniste, oĂč la conscience politique et les convictions ne sont pas le fort des artistes, il est opportun comme un rappel historique, de souligner l’élĂ©gance Ă©veillĂ©e de certains profils artistiques, comme celui du pianiste Artur Schnabel, phare artistique et humain dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂš. Les champs d’exploration comme d’analyse sont du cĂŽtĂ© de Brahms et surtout de Beethoven (il joue le premier les 32 Sonates dĂšs 1927 Ă  la VolksbĂŒhne de Berlin), terrain propice Ă  l’explicitation des phrasĂ©s, oĂč se rĂ©gale l’individu Ă©pris de jeu linguistique dont l’esprit critique et le sens des contrepĂšteries, portent la marque d’une rare sagacitĂ©.
L’engagement de l’homme le fit quitter l’Allemagne devenue nazie dĂšs 1933 (avec sa famille), donnant son ultime rĂ©cital berlinois, le 23 avril 1933, pour ne jamais plus remettre les pieds en terres allemandes ni autrichiennes (y compris aprĂšs la guerre). La rupture est dĂ©finitive pour cet homme d’honneur et de valeurs qui ne comprit jamais comment son pays avait pu ainsi sombrer dans la barbarie.

ARTUR SCHNABEL, compositeur et pianiste

NĂ© en 1882 Ă  Lipnik les Bielitz (SilĂ©sie), le jeune Ahron / Artur Schnabel se forme Ă  Vienne au piano grĂące Ă  des professeurs particuliers. Un esprit indĂ©pendant le distingue de tous ; c’est un autodidacte forcenĂ© qui cultive l’absence de toute virtuositĂ© car comme il le disait lui-mĂȘme, il n’était pas «  un prostituĂ© de l’art » (voilĂ  pourquoi son prĂ©nom Artur s’écrit sans « h ») ; de surcroit, l’artiste moins pianiste que musicien, a toujours Ă©tĂ© frustrĂ© par sa carriĂšre de pianiste : il voulait vivre comme compositeur.
De fait ses partitions loin d’ĂȘtre inintĂ©ressantes, sont connues, rĂ©pertoriĂ©es, mais restent encore Ă  ĂȘtre estimĂ©es et Ă©coutĂ©es. Un comble pour ce profil d’artiste militant, esthĂšte et politique, 
 70 ans aprĂšs sa mort (1951).

Etabli Ă  Berlin Ă  partir de 1898, le jeune homme de 16 ans affirme un tempĂ©rament bien affirmĂ©. A 19 ans, son Concerto pour piano en rĂ© mineur est crĂ©Ă© par le Philharmonique de Berlin (1901). En 1905, il Ă©pouse la contralto Therese Behr, diseuse et interprĂšte de R Strauss qui comme son Ă©poux, l’accompagne dans ses rĂ©citals de lieder. A Vienne simultanĂ©ment, Schnabel rencontre Schoenberg, se passionne pour Pierrot Lunaire (1912), s’en trouve inspirĂ© comme compositeur : il compose alors Notturno (pour voix d’alto et piano), sur un texte de Richard Dehmel, au rythme naturel, sans barre de mesure, un procĂ©dĂ© qu’il approfondira encore dans sa Sonate pour violon seul. MĂȘme s’il espĂ©rait (en vain) composer toujours plus, Schnabel fut un immense pianiste, soliste inspirĂ© chez Schubert, Brahms, Beethoven, et parmi les auteurs contemporains Schoenberg ou Krenek
.
CLIC D'OR macaron 200Le texte publiĂ© par Herman est la traduction en français de la biographie d’Artur Schnabel par Werner GrĂŒnzweig parue en 2017 ; il est prĂ©sentĂ© par une riche introduction de Philippe Olivier (auteur d’un texte prĂ©cĂ©dent sur Artur Schnabel : «  On ne fera jamais de toi un pianiste », mĂȘme Ă©diteur, 2016). Outre les Ă©lĂ©ments biographiques ici reprĂ©cisĂ©s (cours d’’étĂ© Ă  Tremezzo, exil aux USA
), l’intĂ©rĂȘt du texte est de prĂ©senter les Ɠuvres de Schnabel comme compositeur (Quatuors, Sonates,
), comme interprĂšte soucieux d’exactitude philologique concernant les partitions qu’il a jouĂ©es (comme les Variations Diabelli, commentant chaque piĂšce, prĂ©cisant les doigtĂ©s
). Texte majeur.

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ARTUR SCHNABEL : musicien et pianiste (1882 – 1951 – Éditions Hermann) – CLIC de CLASSIQUENEWS – Ă©tĂ© 2019

LE TOUQUET, Festival LES PIANOS FOLIES, 15 – 21 aoĂ»t 2019. Entretien avec Yvan Offroy, directeur

PIANO FOLIES festival touquet 2014Pianos Ă  la folie ! Entretien avec Yvan Offroy, Directeur du festival des Pianos Folies du Touquet Paris-Plage, Ă  l’orĂ©e de leur onziĂšme Ă©dition (du 15 au 21 aoĂ»t). Entretien rĂ©alisĂ© le 28 juin 2019. La musique a toujours Ă©tĂ© prĂ©sente au Touquet Paris-Plage, comme en tĂ©moigne une histoire jalonnĂ©e de cĂ©lĂ©britĂ©s. DĂšs les annĂ©es 20 – annĂ©es de ses premiĂšres folies – les deux casinos de la station accueillent opĂ©rettes et opĂ©ra-comiques, sous la direction artistique d’un frĂšre de LĂ©on Blum. L’on y danse au son des CollĂ©giens de Ray Ventura et d’autres orchestres de music-hall. En 1933, Christian Ferras, fils d’un hĂŽtelier, y voit le jour. Maurice Ravel, dĂ©jĂ  gravement malade, passe ses derniers Ă©tĂ©s chez le collectionneur et mĂ©cĂšne AndrĂ© Meyer. Georges Van Parys y compose ses opĂ©rettes. Lucienne Boyer et Maurice Chevalier peuvent y croiser Django Reinhardt et Serge Lifar. Plus tard, le jeune Lucien Ginsburg – futur Serge Gainsbourg
- accompagne du clavier les agapes d’un restaurant cĂ©lĂšbre.

Ne tirez pas sur le pianiste
 » : spĂ©cialement s’il participe dĂšs 2009 Ă  l’aventure des Pianos Folies, un festival bĂąti sur le sable par Yvan Offroy, un ancien fonctionnaire territorial Ă©pris de musique et de beautĂ©. Un rĂȘve devenu, dix ans plus tard, une rĂ©alitĂ© bien vivante, qui a su rĂ©sister aux flots comme aux courants d’air politiques.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : A la crĂ©ation en 2009, le prĂ©sident du Conseil gĂ©nĂ©ral de l’époque vous donnait cinq ans pour gagner votre pari. Est-ce que le risque Ă©tait si grand ?

Yvan-OffroyYvan Offroy : Non, dans la mesure oĂč l’on avait pris dĂšs la crĂ©ation les bonnes options : le choix des plus grands pianistes actuels, pour qui, on le sait bien, le public rĂ©pond prĂ©sent. Nous avions, dĂšs le dĂ©part, l’envie de prouver que la musique classique peut ĂȘtre partagĂ© par le plus grand nombre, aussi bien par les nĂ©ophytes que par les connaisseurs, et pour cela il fallait trouver la bonne formule, pour qu’il soit accessible Ă  tous : on n’est pas obligĂ© de connaĂźtre pour apprĂ©cier la musique. D’oĂč une ouverture trĂšs large, grĂące Ă  trois options : une politique des prix, avec la moitiĂ© des concerts gratuits, et pour les autres des tarifs allant de 10 Ă  40 euros, inchangĂ©s Ă  ce jour, et des concerts aussi bien dans la pĂ©riphĂ©rie qu’au Touquet mĂȘme, pour irriguer l’ensemble du Montreuillois, et enfin le souci de l’équilibre financier, basĂ© sur un tiers de fonds privĂ©s Ă  trouver pour complĂ©ter les fonds publics – un tiers Ă©galement – et pour le dernier tiers de ressources propres. Et notre budget, 350.000 euros, est restĂ© stable Ă  travers le temps. VoilĂ  les raisons qui nous ont permis de tenir.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Malgré les changements politiques ?
Yvan Offroy : L’alternance politique n’y a rien changĂ©. D’abord parce que le conseil dĂ©partemental – d’oĂč je suis issu -, toujours de gauche, m’a suivi dĂšs le dĂ©part, de mĂȘme que la RĂ©gion, malgrĂ© son passage Ă  droite en 2015, car son PrĂ©sident, Xavier Bertrand, a bien compris les enjeux d’un festival de cette qualitĂ©, tant en termes d’économie et d’attrait touristique – avec quasiment 50% de festivaliers qui ne sont pas du Pas-de-Calais. On est devenu, Ă  en croire certains,  la Roque d’AnthĂ©ron du Nord. Nous programmons d’ailleurs souvent les mĂȘmes artistes. Et je connais bien RenĂ© Martin, avec qui j’entretiens d’excellentes relations. Le Touquet est reconnu aujourd’hui comme Ă©tant le plus grand festival de musique classique des Hauts-de-France.

La Roque, Le Touquet
 La comparaison s’arrĂȘte là
 Contrairement Ă  RenĂ© Martin, qui est Ă  la tĂȘte de toute une organisation bien structurĂ©e, je ne suis qu’un petit artisan, qui, doit tout faire lui-mĂȘme. Bien sĂ»r, je bĂ©nĂ©ficie du soutien de la municipalitĂ© et du personnel communal. Je bĂątis la programmation avec mon Ă©pouse, mais je dois tout rĂ©gler moi-mĂȘme, de la recherche des financements et des subventions aux questions quotidiennes d’intendance et de communication. On travaille encore de façon artisanale. On n’a mĂȘme pas d’agence de presse ou d’accĂšs Ă  une billetterie informatisĂ©e, promise par la municipalitĂ©. On fonde de grands espoirs – tant pour la communication que pour la billetterie – sur la future salle de concerts Maurice Ravel de 1.200 places du Palais des CongrĂšs rĂ©novĂ©, disponible dĂšs l’an prochain.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Est-ce que le fait d’avoir Ă  donner les concerts dans une salle de remplacement, cette annĂ©e comme la prĂ©cĂ©dente, a constituĂ© un handicap notable ?

Yvan Offroy : GrĂące aux efforts de la municipalitĂ© pour l’amĂ©nager, pas tant que cela. L’acoustique est tout Ă  fait acceptable. Et elle est plus fonctionnelle pour les artistes comme pour moi, avec des loges et des bureaux proches de la salle, contrairement Ă  ceux de l’ancien casino avec ses dĂ©dales.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Comment construisez- vous chaque édition ? Avez-vous pensé parfois à créer des thématiques ?

Yvan Offroy : Non, car cela est trop compliquĂ© et trop restrictif. A l’exception de l’édition 2011, consacrĂ©e en partie Ă  Ravel, qui est venu au Touquet dans les annĂ©e 30, Je remets tout Ă  plat tous les ans, en pensant toujours aux « folies » que je vais faire. Je ne veux rien faire de traditionnel ou de contrefait : chaque Ă©dition est diffĂ©rente. Je cherche Ă  inventer du nouveau. En gardant l’ñme de ce qui fait le festival : bien accueillir les artistes, les mettre en confiance – en leur parlant russe par exemple – et rĂ©pondre Ă  leur demande prioritaire : un piano pour travailler. A midi on mange tous ensemble Ă  la cantine, oĂč l’on peut faire le point, personnels, bĂ©nĂ©voles, techniciens et artistes, cela contribue Ă  l’ambiance du festival. Et l’on fait la fĂȘte aprĂšs le concert ! On est trĂšs sĂ©rieux sans jamais se prendre au sĂ©rieux. L’ñme du festival, ce n’est pas un hasard, est intimement liĂ©e Ă  la forte prĂ©sence russe : on ne vient pas juste faire un concert, on est un interprĂšte qui vient avec son cƓur et qui joue diffĂ©remment au Touquet, en harmonie avec la beautĂ© du lieu.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Comment se décide le choix des programmes ?

Yvan Offroy : On leur demande de nous faire trois propositions de programme, dans lesquels on fait notre choix, en fonction des autres concerts. Mais on peut aussi ne rien changer à un programme, comme ce sera le cas pour celui de Boris Berezovsky cette année, exceptionnel par son originalité, entre transcriptions de Rachmaninoff rarement jouées et une seconde partie entiÚrement vouée à Scriabine.

D’une Ă©dition Ă  l’autre, on a vu effectivement se succĂ©der ces jeunes talents
 pour la plupart devenus des artistes confirmĂ©s : RĂ©mi Geniet, Jean-Paul Gasparian, Julian Trevelyan, Lukas Geniusas, etc. Ils sont de plus en plus nombreux et talentueux, et c’est la mission du festival de leur offrir l’occasion de se produire. Je suis toujours enthousiasmĂ© de voir des jeunes se consacrer corps et Ăąme Ă  leur art. Un Alexandre Kantorow, venu en 2015, premier Français Ă  remporter le Concours TchaĂŻkovski, en est un parfait exemple.

Reproche rĂ©current aux Pianos Folies, la prĂ©sence trĂšs forte de pianistes issus de l’école russe
 Qu’on le veuille ou non, cela reste une Ă©cole exemplaire, de par son hĂ©ritage intellectuel et artistique, cela reste une rĂ©fĂ©rence constante, qui rĂ©siste Ă  tous les rĂ©gimes politiques et s’enrichit de leurs apports comme de leurs dĂ©fauts. D’ailleurs le gouvernement russe tient Ă  garder cette excellence, en matiĂšre culturelle, comme en tĂ©moigne la construction de nouvelles salles de concert et la multiplication des conservatoires. De son cĂŽtĂ©, Denis Matsuev est Ă  la crĂ©ation de concours de jeunes talents. Et nombre de ces pianistes russes font maintenant partie du paysage musical français, comme Mark Drobinsky, MikhaĂŻl Rudy. Et comment ne pas Ă©voquer le souvenir de Brigitte Engerer, exemplaire ambassadrice de l’école russe, qui avait acceptĂ© d’ĂȘtre la marraine du festival ? Cette dominante russe est indĂ©niable, mais cette annĂ©e par exemple, on trouvera Alexandre Tharaud, Benjamin Grosvenor, un Japonais, un AmĂ©ricain, etc. Des reprĂ©sentants de neuf nationalitĂ©s. A ceux qui me reprochent de faire revenir les mĂȘmes, je rĂ©ponds que la fidĂ©litĂ© est une valeur fondamentale pour moi. Je sais que RenĂ© Martin dĂ©fend la mĂȘme attitude.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Quelles seront les Folies de cette Ă©dition 2019 ?

Yvan Offroy : Cette annĂ©e, on ouvre sur un feu d’artifice, dans lequel on place un pianiste, FrĂ©dĂ©ric la Verde. Et l’on propose une Nuit du piano, en allant du baroque au classique : le rĂ©cital d’un contre-tĂ©nor, ThĂ©ophile Alexandre – Ă©galement danseur – accompagnĂ© au piano par Guillaume Vincent,  sera suivi par  le rĂ©cital de Anna Vinnistkaya. Cette annĂ©e, d’ailleurs, tous les arts seront reprĂ©sentĂ©s, danse, peinture, poĂ©sie avec Brigitte Fossey – une touquettoise d’adoption -, et cinĂ©ma la nuit sur la plage avec une sĂ©ance d’hommage aux pionniers du cinĂ©ma muet. Et l’on retrouvera deux de nos plus fidĂšles et prestigieux complices : NikolaĂŻ Lugansky et Boris Berezovsky. Mon seul regret est de ne pouvoir programmer d’orchestres dans cette salle. Vivement l’annĂ©e prochaine !
Autrement, il y a toujours un festival off, Ă  Etaples, sur un chantier de construction navale, Ă  Rang-du-Fliers. J’aime Ă  donner des concerts dans des lieux authentiques de vie. Quand j’étais au Conseil gĂ©nĂ©ral, j’avais ainsi fait jouer l’Orchestre de Douai dans le tunnel sous la Manche, et Ă©galement dans l’usine Renault locale. A Rang, c’est un concert annuel Ă  l’hĂŽpital : la musique remplace ce jour-lĂ  les mĂ©dicaments. Et l’on incite les jeunes et leurs parents Ă  faire de la musique en faisant entendre les Ă©lĂšves de Nicole Lasson et Nadia Offroy, mon Ă©pouse.

Folies obligent, le Festival prĂ©sente beaucoup de concerts – gratuits – en plein air. Je me souviens d’un instant magique, lors d’un rĂ©cital de Dinara Klinton au centre hippique du Touquet, lorsque deux cavaliĂšres sont passĂ©es comme dans un rĂȘve


 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Comment préparer des musiciens à jouer dans des conditions parfois difficiles ?

Yvan Offroy : GĂ©nĂ©ralement, ils acceptent ces alĂ©as sans problĂšmes. Notre souci est de les protĂ©ger au maximum, comme Ă©videmment les pianos eux-mĂȘmes. Onze ans aprĂšs leur crĂ©ation, les Pianos Folies sont bien reconnues sur le plan rĂ©gional, mais encore insuffisamment sur un plan national, me semble-t-il. Quelle en est l’explication ? Sans doute le manque de communication. Nous ne pouvons pas nous offrir les services d’une agence de presse. Je prĂŽne depuis des annĂ©es, vu le nombre de festivals, une communication au niveau de la RĂ©gion, englobant toutes ces manifestations musicales. On pourrait y travailler tous ensemble. Heureusement, cette annĂ©e voit la confirmation d’un vĂ©ritable partenariat avec Radio France. Et l’on est bien prĂ©sent sur les rĂ©seaux sociaux.

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : Il est un mélomane célÚbre au Touquet, le Président Macron, espérez-vous sa venue au Festival ?

Yvan Offroy : Il est le bienvenu, évidemment. Il fait partie des invités de la municipalité. Mais cela pose malheureusement des problÚmes de sécurité, spécialement dans la salle actuelle

 

 

 

CNC / CLASSIQUENEWS : 2009-2019, l’heure d’un premier bilan avant cette onziĂšme Ă©dition ?

Yvan Offroy : Certes, on pourrait faire mieux, mais toujours dans les limites de nos moyens. L’audience augmente Ă  chaque Ă©dition. Je n’ai pas honte de ma programmation, bien au contraire : chaque saison s’achĂšve sur un bilan artistique pleinement satisfaisant. Cela ne peut aller qu’en s’amĂ©liorant, tant que je peux compter sur mes trois piliers, les artistes Ă©videmment, les financeurs sans qui rien ne pourrait exister, et le public, qui pour moi est sacrĂ©. Je veux que l’ñme de ce festival soit reconnue, comme l’est celle de la Roque d’AnthĂ©ron. En ancien militant, je trouve que la musique devrait aider les hommes Ă  vivre mieux, simplement. Essayons donc d’amĂ©liorer le monde Ă  travers la musique.

Propos recueillis en juin 2019 par Marcel Weiss

 

 

 
 

 

 

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LE TOUQUET. Festival Piano folies, du 15 au 21 août 2019
INFOS et RESERVATIONS sur le site des PIANOS FOLIES LE TOUQUET Festival de piano
http://lespianosfolies.com

 

 

 
 

 

 

COMPTE-RENDU, concerts, festival. NOHANT FESTIVAL CHOPIN 2019. Les 8 et 9 juin 2019, Nelson Freire, ClĂ©ment Lefebvre, piano. Beethoven, Shostakovich, Chopin, Rameau, Scriabine
 

nohant-festival-chopin-2019-nelson-freire-critique-concert-critique-opera-classiquenewsCOMPTE-RENDU, concerts, festival. NOHANT FESTIVAL CHOPIN 2019. Les 8 et 9 juin 2019, Nelson Freire, ClĂ©ment Lefebvre, piano. Beethoven, Shostakovich, Chopin, Rameau, Scriabine
  La 53Ăšme Ă©dition du Nohant Festival Chopin a commencĂ© le 1er juin, ce jour oĂč, en 1839,  FrĂ©dĂ©ric Chopin dĂ©couvrit Nohant. La demeure accueillante de George Sand fut, on le sait, le berceau de nombreux chefs-d’Ɠuvre littĂ©raires et musicaux que l’on doit au couple mythique. Au cƓur d’une campagne berrichonne inspirante et gĂ©nĂ©reuse, qui n’est peut-ĂȘtre pas sans rappeler au compositeur sa Pologne natale, la vie Ă  Nohant adoucit un temps la plaie de l’exil: cet « exil romantique », le thĂšme de cette Ă©dition, dont les accents nostalgiques percent entre les notes de tout l’Ɠuvre du compositeur. Jusqu’au 23 juillet, Nohant vibre Ă  nouveau de l’ñme de Chopin in situ et hors les murs, chaque week-end et un peu plus, tisse des liens de filiation, se fait aussi un temps le havre d’autres compositeurs exilĂ©s.

La richesse de cette Ă©dition laisse un gout de « reviens-y », et un sentiment de frustration lorsque l’on quitte Nohant le 9 juin au soir. On serait bien revenu pour Christian Zacharias, Andreas Steier, SĂ©lim Mazari et tant d’autres! Seulement voilĂ  la musique fleurit partout aux beaux jours et nous appelle dans autant de magnifiques endroits. Le 8 juin, le week-end commence dans la bergerie par la traditionnelle causerie: il n’y a pas comme Jean-Yves ClĂ©ment pour en faire un moment captivant assaisonnĂ© de plaisir et d’humour, cette fois en compagnie de Bruno Messina, auteur de Berlioz, aux Ă©ditions Actes Sud (2018): il nous parle du compositeur français le plus romantique, de son extraordinaire personnalitĂ©, de son caractĂšre impossible, de ses amours capricieuses, et de sa rencontre avec George Sand. Une belle entrĂ©e en matiĂšre, avant le concert du soir.

 

 

La lumiĂšre au bout des doigts de Nelson Freire

Nelson Freire arrive sur scĂšne, le pas prĂ©cautionneux. il ne jouera pas la sonate en si mineur n°3 de Chopin, ni sa berceuse, ni mĂȘme son deuxiĂšme scherzo inscrits au programme. Ce n’est pas un problĂšme tant son rĂ©pertoire est vaste. Un prĂ©lude pour orgue de Bach arrangĂ© par Siloti introduit la premiĂšre partie, qui commence avec la sonate « Clair de lune » opus 27 n°2 de Beethoven, contrastĂ©e: L’adagio sostenuto avance, rapide et fluide, dans l’épanouissement du chant, sans se charger de pathos, profond et calme, laissant entrevoir la beautĂ© des contre-chants; l’allegretto aimable et sans façon conduit Ă  la folle prĂ©cipitation d’un presto agitato, vĂ©hĂ©ment, jouĂ© quasiment sans pĂ©dale, au bord d’un prĂ©cipice imaginaire, mais tenu de main ferme. Sur le ton de la confidence et de l’apaisement, les quatre KlavierstĂŒcke de l’opus 119 de Brahms s’illuminent doucement: Freire libĂšre ces piĂšces ultimes de toute lourdeur, au fil de leurs pages nous enseigne l’allĂšgement, nous dit que rien n’est si grave de la vie et du temps qui a passĂ©, passe de la nostalgie Ă  la jovialitĂ©, voire l’optimisme, obtient des timbres miraculeux on ne sait comment tant il semble effleurer le clavier avec dĂ©sinvolture (arpĂšges du 3Ăšme intermezzo), les doigts tels des papillons (4Ăšme – rhapsodie). L’esprit reste lĂ©ger, presque futile et joueur dans les 3 Danses fantastiques opus 5 de Shostakovich, devient tendre, suave et rĂȘveur dans le nocturne en si bĂ©mol majeur de Paderewski. De l’hĂŽte des lieux, il joue en fait la polonaise opus 26 n°1, puis l’impromptu opus 36, deux mazurkas et enfin la troisiĂšme ballade opus 47. Que dire de plus qui n’aurait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dit sur ce grand interprĂšte de Chopin? Que tout y est, et en particulier le chant, toujours et partout le chant, conduit, phrasĂ© sans emphase, sublime! et quelle dĂ©licatesse dans ses mazurkas, quelle Ă©lĂ©gance, tout est Ă  sa juste place dans la plus infime inflexion, au cƓur des impalpables « pp » comme de l’éloquence. La Ballade a des ailes, cette lumiĂšre, cette « ardeur juvĂ©nile » chĂšre Ă  Cortot, mais curieusement s’emballe outre mesure Ă  la fin, appelĂ©e par on ne sait quelle urgence. Le public ne veut pas lĂącher cet artiste si essentiel, qui se prĂȘte de bonne grĂące au jeu des bis. Il nous offre alors les dĂ©lices du Tango d’AlbĂ©niz-Godowsky, l’émotion de l’OrphĂ©e et Euridice de GlĂŒck dans la transcription de Sgambati,  et le festif « jour de noce Ă  Troldhaugen » de Grieg, avec la spontanĂ©itĂ© et la simplicitĂ© que l’on reconnait aux plus grands.

 

 

Le piano atmosphérique de Clément Lefebvre 

Le dimanche commence avec le Tremplin-dĂ©couverte. Le jeune artiste invitĂ© est ClĂ©ment Lefebvre. ÉlĂšve d’Hortense Cartier-Bresson puis de Roger Muraro au CNSMD de Paris, il a remportĂ© le premier Prix et le Prix du public au Concours international de piano James Mottram de Manchester. Il est aussi laurĂ©at de plusieurs fondations (Banque Populaire, Safran, MĂ©cĂ©nat SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale
). Son premier disque « Couperin/Rameau » (Evidence Classics 2018) a Ă©tĂ© saluĂ© unanimement et est rĂ©compensĂ© par un Diapason d’or DĂ©couverte.  A point nommĂ© son rĂ©cital commence par la Nouvelle Suite en la de Rameau. ClĂ©ment Lefebvre fait son miel de l’ornementation baroque comme si celle-ci avait toujours Ă©tĂ© Ă©crite pour le piano, avec une aisance, un goĂ»t et une fluiditĂ© touchant la perfection. Avec quel Ă -propos et quelle subtile poĂ©sie il construit cette suite, en orchestre la gavotte et ses doubles, nous entraĂźne Ă  la fin dans sa grisante Ă©nergie! Pour Chopin son choix s’est portĂ© sur la troisiĂšme Ballade opus 47, le PrĂ©lude opus 28 n°15, et la Barcarolle opus 60. Belle et cohĂ©rente succession: son jeu clair, dĂ©liĂ© et aĂ©rien dĂ©voile progressivement un propos tout en finesse, en distinction, au fil des pages de la ballade, ne force jamais le trait, et sans rien qui pĂšse et qui pose, donne par moment une dimension debussyste Ă  l’Ɠuvre, sÂ â€˜Ă©cartant du clichĂ© romantique. Plus que le sens Ă©pique, qui est propre aux autres ballades, c’est l’atmosphĂšre qu’il privilĂ©gie, comme dans le prĂ©lude appelĂ© communĂ©ment « la goutte d’eau » jouĂ© introspectif, sombre, statique mais pas plombĂ©, qui touche le fond dans sa partie centrale. Comme aussi dans la Barcarolle, qui toute en liquiditĂ© berce un mystĂšre: non point exposĂ©e au plein soleil italien, mais au contraire nocturne, lunaire, impressionniste, elle suspend le temps, sonde les profondeurs avant de s’ouvrir sur un Ă©lan magnifique et palpitant. Romantique, la troisiĂšme sonate de Scriabine? ƒuvre du jeune compositeur qui adorait Chopin, dans un tout autre climat elle en a la saveur, l’ivresse tourmentĂ©e, et ClĂ©ment Lefebvre en saisit les multiples facettes comme autant d’ « états d’ñme », chemine entre noire passion et lumiĂšre cĂ©leste, vigueur triomphante et pensĂ©es indicibles, drame et contemplation. Impossible de rĂ©sister: il faut se laisser emporter par cette musique, ses timbres, ses rythmes et ses cantabile, comme par une vague, ses soubresauts et ses accalmies, et c’est bien ce que le pianiste parvient Ă  rĂ©aliser avec le plus grand naturel. Comme il parvient Ă  nous convaincre que les barriĂšres stylistiques sont moins infranchissables qu’on ne le pense. Au disque, il a associĂ© Couperin et Rameau, tels deux insĂ©parables (qui pourtant ne se rencontrĂšrent jamais!). Il fallait donc une piĂšce de Couperin pour boucler le programme, « Les Roseaux », donnĂ©e aprĂšs l’andante de la dixiĂšme sonate de Mozart K 330: deux bis dans le langage du tendre et du sensible, qui remportent dĂ©finitivement l’adhĂ©sion d’un public admiratif, au cƓur conquis.

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concerts, festival. NOHANT FESTIVAL CHOPIN 2019. Les 8 et 9 juin 2019, Nelson Freire, ClĂ©ment Lefebvre, piano. Beethoven, Shostakovich, Chopin, Rameau, Scriabine
 

 

 

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COMPTE-RENDU, FESTIVAL TEMPO PIANO CLASSIQUE, Le Croisic, Paris, 30 mai-2 juin 2019, R. David, J.P. Gasparian, M. Gratton, N. Gouin, Trio Karenine.

tempo piano croisic romain david piano critique concert festival classiquenewsCOMPTE-RENDU, FESTIVAL TEMPO PIANO CLASSIQUE, Le Croisic, Paris, 30 mai-2 juin 2019, R. David, J.P. Gasparian, M. Gratton, N. Gouin, Trio Karenine. Comme chaque annĂ©e, le festival Tempo Piano Classique a donnĂ© rendez-vous Ă  son public le week-end de l’Ascension. Un moment toujours trĂšs attendu des croisicais, dont le pianiste Romain David, son directeur artistique, a su gagner la confiance et la fidĂ©litĂ©, avec l’appui et l’engagement de toute l’équipe du festival. Cette manifestation portĂ©e par l’association Arts et Balises prend un nouveau cap, dans la continuitĂ©, avec la prĂ©sidence de Jacques Moison qui succĂšde cette annĂ©e Ă  son fondateur Yann Barrailler-Lafond, lequel s’est vu dĂ©cerner la mĂ©daille de la Ville par madame MichĂšle Quellard, maire du Croisic. Un honneur bien mĂ©ritĂ©.

Tempo Piano Classique propose cinq concerts Ă©laborĂ©s avec soin par Romain David, qui sait aller chercher le talent oĂč il est, et ose des programmes originaux mĂȘme dans le rayon classique. Il invite Ă  la dĂ©couverte et ce qui est formidable, c’est que le public adhĂšre et en devient mĂȘme friand: la criĂ©e (lieu des concerts) est pleine tous les jours! La participation depuis ses dĂ©buts, de Laure Mezan, bien connue des auditeurs de Radio Classique, y est prĂ©cieuse: son talent et sa personnalitĂ© font que ce lien de plus qu’elle tisse avec le public et entre le public et les musiciens, rend l’écoute plus active, plus ouverte, et le moment du concert un temps de partage pour tous, mĂ©lomanes ou nĂ©ophytes, jeunes ou moins jeunes.

Romain-David critique piano critique concert classiquenews-13Le premier concert rassemblait les trois Ăąges du clavier: clavecin, pianoforte et piano, dans leurs rĂ©pertoires respectifs, allant de Froberger Ă  Ligeti, en passant par Bach pĂšre et fils, Mozart et Liszt, sous les doigts de Maud Gratton et de Romain David. Une belle idĂ©e pour un programme passionant. Je m’étendrai davantage sur les concerts que j’ai pu entendre les jours suivants. Le 31 mai, le pianiste Jean-Paul Gasparian remplaçait au pied levĂ© David Kadouch, souffrant. S’il n’est plus un inconnu pour beaucoup d’entre nous, il fut une dĂ©couverte pour les croisicais, invitĂ© pour la premiĂšre fois dans leur citĂ©. Imperturbable dans la premiĂšre partie de son rĂ©cital, troublĂ©e par des bruits extĂ©rieurs inĂ©dits, qui ont cessĂ© bien heureusement ensuite, il a extrait de la malle Ă  trĂ©sors du piano (ce mĂȘme Steinway D qu’il fit sonner quelques jours auparavant Ă  la fondation Vuitton!) de chatoyantes sonoritĂ©s dans Debussy (deuxiĂšme livre des Images), caractĂ©risant les timbres Ă  merveille, jouant de l’art de la suggestion. A son programme figuraient aussi Chopin (nocturnes opus 48 n°1 et opus 27 n°2, Ballade n°3 et Polonaise-fantaisie opus 61) et pour finir la sonate n°2 de Rachmaninoff. J. P. Gasparian nous a dĂ©montrĂ© une fois de plus Ă  quel point il domine par une technique infaillible et un sens aigu de l’architecture et de l’équilibre, un jeu pensĂ© d’un bout Ă  l’autre, qu’il soit de braise ou de velours, dans la profondeur, la densitĂ© et l’élĂ©gance. Et puis quel souffle et quelle passion fulgurante dans la sonate de Rachmaninoff!
NGnew nathanael gouin piano critique piano critique concert classiquenews HDLe « texto concert » est un coup de projecteur sur la nouvelle gĂ©nĂ©ration de pianistes. Cette annĂ©e il s’agissait de NathanaĂ«l Gouin, rĂ©vĂ©lĂ© notamment par son disque « Liszt macabre », Ă  la virtuositĂ© Ă©blouissante entiĂšrement dĂ©volue Ă  l’expressivitĂ© et au sens musical. Il est aussi un musicien curieux qui ose aller en terre quasi-inconnue: qui connait le pianiste Georges Bizet? Oui, nous parlons bien de l’auteur de Carmen et des PĂȘcheurs de perles! On apprend que le compositeur de l’opĂ©ra le plus fameux au monde Ă©tait avant tout un grand pianiste admirĂ© de Liszt, et qu’il a Ă©crit de merveilleuses piĂšces pour piano. Les chants du Rhin rassemblent 6 romances sans paroles, miniatures faisant rĂ©fĂ©rence Ă  l’idĂ©al romantique allemand. NathanaĂ«l Gouin en interprĂšte deux, « l’Aurore » et « le DĂ©part »: sans chercher Ă  ĂȘtre descriptif, ni narratif, ce sont leur humeur, leur poĂ©sie, leur lumiĂšre que son jeu sensible nous rĂ©vĂšle, dans le parfum si particulier de leurs sĂ©duisantes mĂ©lodies: « c’est un piano qui irradie, et qui est le reflet d’une Ă©poque » nous dit-il. Quel autre frappant tĂ©moignage que le 2Ăšme concerto de Saint-SaĂ«ns, transcrit pour piano seul par Bizet (les deux compositeurs se vouaient une admiration rĂ©ciproque)! Un dĂ©fi qu’en homme-orchestre il a relevĂ© avec la plus grande aisance, son premier mouvement jouĂ© brillamment, simulant les sonoritĂ©s de l’orgue dans le choral d’ouverture, puis donnant un tour vocal et thĂ©Ăątral Ă  la suite. Revenant Ă  l’opĂ©ra, le pianiste gagne notre admiration avec une paraphrase de son cru de la fameuse romance de Nadir des PĂȘcheurs de Perles, qu’il habille de somptueux arpĂšges, et dont il dĂ©voile toute la richesse harmonique. Soutenue par le mouvement de ce flux sonore, la mĂ©lodie mĂ©lancolique s’anime et se teinte de nouvelles couleurs: le pianiste nous fait entrer dans un univers aquatique oĂč les traits d’une magnifique liquiditĂ© ondoient inlassablement des profondeurs des graves aux aigus miroitants. On se laisse emporter irrĂ©sistiblement dans la rĂȘverie de cet ailleurs. Glen Gould adorait Bizet et jouait ses Variations chromatiques. Bien des annĂ©es aprĂšs NathanaĂ«l Gouin reprend le flambeau et livre une interprĂ©tation qui n’a rien Ă  envier Ă  son illustre prĂ©dĂ©cesseur, captivante d’un bout Ă  l’autre dans la diversitĂ© de ses atmosphĂšres, en particulier ces trĂ©molos Ă©tranges, dissonants et un rien inquiĂ©tants, suivis d’une tendre et rassurante mĂ©lodie
 quel art! Le CD va arriver: le piano de Bizet pourrait bien devenir « tendance »!
Le dernier jour est le plus festif: le concert-brunch rĂ©unit tout le monde, pour un feu d’artifice musical. Bizet ouvre le bal avec des extraits des Jeux d’enfants pour piano Ă  quatre mains (Romain David et NathanaĂ«l Gouin), suivi de Debussy avec le trio Karenine (Paloma Couider, Fanny Robillard et Louis Rodde), dans deux mouvements de son trio dĂ©couvert en 1986. Un bonheur que d’écouter ces trois musiciens enlacer leurs lignes mĂ©lodiques, tout en finesse et complicitĂ©, dans un Debussy suave et lĂ©ger. Autre dĂ©couverte aprĂšs Bizet pianiste: Aubert. Pas de faute d’orthographe, il y a bien un « t »! Louis Aubert, musicien originaire de Bretagne nĂ© en 1877 et mort en 1968, Ă©lĂšve de FaurĂ©, qui crĂ©a, excusez du peu, les Valses nobles et sentimentales de Ravel! Vous aurez beau chercher, internet ne vous apprendra rien sur lui, injustement, et pourtant son Ă©criture est d’un raffinement et d’une richesse harmonique et expressive qui le hissent au rang des compositeurs qui comptent au XXĂšme siĂšcle. On est heureux d’entendre « Sur le rivage » extrait du triptyque « Sillages » (opus 27, 1913), une piĂšce Ă©vocatrice oĂč alternent dĂ©ferlement tempĂȘtueux et accalmies, jouĂ©e magistralement par Romain David. Il nous met l’eau Ă  la bouche de son trĂšs beau disque paru chez Azur Classical, consacrĂ© au compositeur. La fĂȘte redouble avec une interprĂ©tation orchestrale et haute en couleurs de la Rhapsodie Espagnole de Liszt sous les doigts bouillants de NathanaĂ«l Gouin. Le trio Karenine conclut par une Ɠuvre de jeunesse de Bernstein Ă©crite sur le thĂšme de « On the Town », jouĂ©e avec beaucoup d’esprit, et « Un matin de printemps », de Lili Boulanger, piĂšce puissante et originale alliant vigueur et onirisme.

On demeure conquis par l’identitĂ© forte et marquĂ©e du festival Tempo Piano Classique qui loin de tourner en boucle, joue l’ouverture et la nouveautĂ© en repoussant au large les cloisons du grand rĂ©pertoire. VoilĂ  donc un bel exemple Ă  suivre. Sans hĂ©sitation Ă  l’annĂ©e prochaine!

CD, critique. Francesco Tristano, piano : TOKYO Stories (1 cd SONY classical, sept 2018).

FRANCESCO-TRISTANO-cd-critique-piano-critique-classiquenews-sony-mai-2019-francesco-tristano-piano-ft_tokyo_stories_cover600CD, critique. Francesco Tristano : Tokyo Stories (1 cd SONY, Tokyo, oct 2018). Au registre piano, Sony classical mise sur deux « jeunes » figures, affirmant la sainte vertu (marketing?) de l’équation : juvĂ©nilitĂ© et inspiration. Aux cĂŽtĂ©s de la pĂ©taradante et parfois surexpressive Khatia Buniatishvili, Francesco Tristano (nĂ© en 1981) relĂšve d’une inspiration autre, plus subtile Ă  notre avis, essentiellement intĂ©rieure, et ici, Ă©poque digitale et people oblige (voir l’activitĂ© des rĂ©seaux twitter, instagram et autres, plus image que texte, c’est Ă  dire humeur que sens), d’une autocĂ©lĂ©bration qui confine au narcissisme. Mais l’époque n’est-elle pas Ă  l’intimisme exhibitioniste, au jardin secret (qui ne l’est plus)
 aussi le beau pianiste, au look rock androgyne (quand d’autres cultivent le baroque plus prĂ©cieux, ou le classicisme austĂšre intemporel) Ă©crit donc ses chroniques intimes
 Ă  Tokyo. Il en rĂ©sulte un choix apparemment Ă©clectique voire chaotique de piĂšces disparates que seul l’humeur et le goĂ»t de celui qui les a sĂ©lectionnĂ©es, unifie et tend Ă  la cohĂ©rence. Pour autant tout cela a-t-il du sens ? Du sens justement notre Ă©poque hystĂ©rique / Ă©pidermique, rien qu’émotionnelle et spectaculaire
 en manque terriblement. De ce point de vue, le prĂ©sent disque reflĂšte un travers contemporain.
L’itinĂ©raire prend donc la route d’une Ă©vocation personnelle, soit 16 stations musicales, entre compositions personnelles pour piano, rĂ©fĂ©rences et filiations Ă©vocatrices, toutes centrĂ©es autour de l’affection que porte le jeune pianiste compositeur pour la capitale nippone (visitĂ©e, aimĂ©e dĂšs 2000 Ă  18 ans).

 

 

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Retour en 2009, entre autres, soit aprĂšs 40 voyages Ă  Tokyo, l’interprĂšte auteur se raconte en « une bande-son » plus qu’intime : personnelle. Ce qui ne manquera pas de dĂ©ranger les puristes du clavier.
Le piano y est prĂ©parĂ©, fusionnĂ© Ă  l’électro, aux percussions, selon un sĂ©quençage remixĂ© qui se joue des assemblages, des citations, des effets de sonorisations. Tristano dĂ©place le curseur hors classique, en une temporalitĂ© et une mĂ©trique qui se laisse pĂ©nĂ©trĂ©es par les courants musicaux actuels des nuits branchĂ©es, du jazz aux DJs, avec un goĂ»t prononcĂ© (systĂ©matique ?) pour la syncope et la pulsion hĂąchĂ©e, un rien hystĂ©rique (« Electric mirror »).
Heureusement la plage 8, « Insomnia » envisage des univers planants plus intĂ©ressants, entre impro et colorations. MĂȘme ivresse plus canalisĂ©e avec le concours de la clarinette basse de Michel Portal dans l’évocation du cafĂ© Shinjuku. Les 16 tableaux revendiquent une introspection allusive, dont la source reste Tokyo. A chacun de se retrouver dans cette jungle personnelle oĂč les traces d’un Japon revisitĂ© certes, sont prĂ©sentes, incarnĂ©es, justifiĂ©es par le concours des artistes japonais Keiichiro Shibuya (Gate of entry, plage 13), ou Hiroshi Watanabe, dans Bokeh tomorrow (plage 15, la plus enivrante Ă  notre avis et clairement extrĂȘme-orientale dans ses recherches de timbres et de spatialisation avec le dernier “hommage Ă  Tokyo” : Kusakabe-san)
 Voici l’un des albums les plus personnels du jeune pianiste luxembourgeois Francesco Tristano. Le trentenaire ne finit pas de nous surprendre. Ce qui n’est pas si mal, au sein de la multitude de pianistes classiques qui sont rares Ă  rĂ©ussir leurs essais comme compositeurs / arrangeurs. A suivre.

 

 

 

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CD, critique. Francesco Tristano, piano : TOKYO Stories (1 cd SONY classical, sept 2018).

ENTRETIEN avec LEIF OVE ANDSNES : Mozart rĂ©inventé  1/2

andsnes-leif-ove-mozart-concertos-critique-reveiw-concerts-classiquenews-MOZART-opera-concert-Leif-ove-andsnes-piano-mozart-concertos-classiquenewsENTRETIEN avec LEIF OVE ANDSNES : Mozart rĂ©inventé  plus romantique et moderne que vraiment « classique ». Le pianiste Leif Ove Andsnes questionne pendant quatre ans avec les instrumentistes du Mahler Chamber Orchestra, l’écriture concertante de Mozart, Ă  travers son nouveau projet musical intitulĂ© « MOZART MOMENTUM 1785/1786 ». AprĂšs un cycle dĂ©diĂ© aux Concertos de Beethoven, le pianiste Leif Ove Andsnes interroge le sens et la modernitĂ© des Concertos de Mozart dont il Ă©claire l’écriture personnelle, classique certes, mais surtout prĂ© romantique. Un tĂ©moignage qui passionne l’interprĂšte dont les compĂ©tences s’élargissent Ă  la direction d’orchestre car il retrouve le MAHLER CHAMBER Orchestra, en une sĂ©rie de concerts et de propositions musicales d’un nouveau genre
 Entretien exclusif pour classiquenews.com

 

 

 

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CNC : Beethoven est considĂ©rĂ© comme l’ultime figure du triumvirat classique Ă  Vienne, aprĂšs Haydn et Mozart. Suite Ă  votre « Beethoven Journey » avec le Mahler Chamber Orchestra, pourquoi aujourd’hui (re)venir Ă  Mozart ?

Leif Ove Andsnes : Cela a beaucoup Ă  voir avec ma collaboration avec le Mahler Chamber Orchestra / MCO : notre travail autour du Beethoven Journey, s’est traduit par plusieurs enregistrements et concerts. C’est une sensation unique de travailler exclusivement avec un ensemble pendant des annĂ©es. Pour les concerts, je dirigeais l’orchestre depuis le piano. J’ai senti pour la premiĂšre fois de ma vie ce que les grands chefs accomplis doivent ressentir : une sorte d’osmose, de complicitĂ© totale avec l’orchestre par rapport aux Ă©motions, aux couleurs, dans la plus grande spontanĂ©itĂ© et une libertĂ© totale. En tant qu’artiste en rĂ©sidence chez MCO, on s’est questionnĂ© par rapport aux projets et dans le contexte, il nous a paru tout a fait naturel et logique chez Mozart, voire encore plus que chez Beethoven, de diriger l’orchestre depuis le piano.

A LA CHARNIERE DES ANNEES 1785 – 1786
 Ceci est d’autant plus lĂ©gitime qu’il y a ce dialogue entre le piano et l’orchestre chez Mozart, qui est vraiment parfait pour ce contexte, comme une sorte de musique de chambre augmentĂ©e, mĂȘme s’il y a quand mĂȘme un soliste. Donc on a dĂ©cidĂ© Mozart, et j’ai proposĂ© de choisir une pĂ©riode prĂ©cise de la vie de Mozart, les annĂ©es 1785 / 1786, qui sont trĂšs particuliĂšres. Je crois que quelque chose de remarquable s’est passĂ© en 1785, avec son Concerto pour piano n° 20, qui est, d’abord, son premier dans une tonalitĂ© mineure, trĂšs dramatique, aux couleurs sombres, par rapport aux prĂ©cĂ©dents, mais au-delĂ  de ça, encore plus remarquable est le fait que l’orchestre commence avec une musique complĂštement diffĂ©rente par rapport au piano. L’orchestre dĂ©bute de façon exubĂ©rante et le piano, lui, entre en une voix Ă  la fois intime et solitaire ; c’est la premiĂšre fois que cela arrive dans le genre. L’usage est que l’orchestre commence le concerto, puis le piano reprend la mĂȘme musique et la dĂ©veloppe ensuite. Cela a dĂ» ĂȘtre trĂšs surprenant pour l’audience de Mozart, et je pense il a bien aimĂ© l’effet, parce qu’il a continuĂ© Ă  utiliser ce procĂ©dĂ© dans ses concertos ultĂ©rieurs.

 

 

 

L’intimitĂ©, la solitude…

MOZART invente un nouveau canevas dramatique pour le Concerto pour piano

 

 

 

andsnes-leiv-mozart-concerts-annonces-critique-entretien-mozart-classiquenewsLes compositeurs aprĂšs lui, de toute Ă©vidence, ont bien aimĂ© cette idĂ©e, comme Beethoven, qui fait des choses de plus en plus radicales par rapport Ă  l’entrĂ©e du piano dans ses concertos. C’est un peu la graine du futur concerto « hĂ©roĂŻque », plutĂŽt romantique, oĂč le soliste s’exhibe « Here I am ! » (Je suis lĂ ), comme chez Schumann. Mozart fait ainsi grandir la narration, l’histoire
 le concerto pour piano devient quelque chose de beaucoup plus complexe, avec l’apparition d’un drame psychologique oĂč l’individu (le soliste) parle Ă  la sociĂ©té  Et il a aussi donnĂ© des rĂŽles importants aux instruments, notamment aux vents, ce qui rĂ©vĂšle davantage, bien sĂ»r, l’influence de l’opĂ©ra. Mozart Ă©tait alors en train d’écrire Les Noces de Figaro.

 

 

 

CN : Mozart est l’icĂŽne par excellence du Classicisme musical ; pourtant les annĂ©es 1780 dĂ©voilent une grande diversitĂ© et complexitĂ© dans sa crĂ©ation. En particulier les piĂšces Ă©crites entre 1784 et 1786. A ce titre, certains musicologues estiment que Mozart est le premier compositeur romantique. Qu’en pensez-vous ?

LOA : Oui, d’une certaine façon cela se voit dĂ©jĂ  dans les inventions de Mozart Ă  cette Ă©poque, par exemple dans le Concerto n° 20, l’entrĂ©e du piano avec une voix trĂšs individuelle, c’est un peu le germe du romanticisme musical. Et cette voix est vraiment trĂšs particuliĂšre, trĂšs personnelle, trĂšs touchante. Il y a plein des moments dans les concertos de Mozart oĂč l’on peut entendre cette voix sensible, sentimentale, mais Mozart ne tombe jamais dans une dĂ©marche d’exploitation romantique pleine de douleur et de souffrance exacerbĂ©e comme chez
 Schumann ou Wagner. Ces derniers le font de façon dĂ©libĂ©rĂ©e ; chez eux, c’est formellement fantastique, mais parfois un peu trop Ă©cƓurant. On peut ĂȘtre touchĂ© au plus profond de soi avec Mozart, par exemple dans le mouvement lent du Concerto en La, sans que cela ne soit jamais indigeste. C’est un de morceaux les plus poignants dans la vie, et pourtant il y a une puretĂ© dans l’harmonie, tout Ă  fait classique. Au final qu’est-ce que c’est le romanticisme ? Il y a des gens qui trouvent Mozart romantique grĂące Ă  toutes les Ă©motions prĂ©sentes dans sa musique
 Il y a quelque de cet ordre. Son dĂ©veloppement est impressionnant. J’aime bien quand on se sĂ©pare un peu de l’image du gĂ©nie prĂ©coce et immaculĂ© ; ce qu’il Ă©tait bien Ă©videmment, mais il y a une progression et une maturation Ă©vidente chez Mozart tout au long de sa vie. C’est tout autant impressionnant l’assurance qu’il a dans ces gestes crĂ©ateurs, le dĂ©but de la Symphonie Prague par exemple, est inattendu, d’un formidable impact, et sans le moindre doute. Quelle maĂźtrise ! Par rapport Ă  la question Ă©motionnelle, une chose m’a toujours interpellĂ©e : la capacitĂ© qu’a Mozart Ă  bouleverser de façon soudaine ; on croirait que tout est lisse, que tout va bien, et lĂ  il y a une surprise, souvent courte, oĂč quelque chose d’inattendu se prĂ©sente ; tu ressens alors ton cƓur se serrer sans avertissement. Tous ces bouleversements font partie de la richesse de sa musique, et plus il y a des voix, plus il est capable d’exprimer les contrastes, comme d’Ă©clairer la complexitĂ©.

 

 

 

CN : Liszt est souvent considéré comme la premiÚre rockstar de la musique classique, voire de la musique tout court. Mozart, quant à lui, serait-il alors le premier auto-entrepreneur de la musique populaire ?

LOA : (rires) Peut-ĂȘtre ! J’aurais tout fait pour assister Ă  l’un de ses concerts de son vivant. Parfois il nous est difficile Ă  notre Ă©poque de mesurer Ă  quel point ses piĂšces sont virtuoses
 comparĂ©es Ă  Rachmaninov ou Bartok qui ont Ă©crit des piĂšces extrĂȘmement difficiles. On peut s’imaginer le moment juste avant le dĂ©but d’un Concerto de Mozart, disons le 21Ăšme par exemple, … comment il a du se faire plaisir, page aprĂšs page ; dans la partition se voit clairement la volontĂ© de plaire Ă  son auditoire, une claire ambition d’affirmer ses compĂ©tences. Comment il a fait avancer le piano, c’est impressionnant, notamment en comparaison avec Haydn. Il y a une grande joie chez Mozart, y compris dans sa virtuositĂ©. Je dois aussi dire qu’il y a une joie physique pour le pianiste Ă  interprĂ©ter ces concertos. Un vrai plaisir pour les mains de les jouer. Je pense qu’il Ă©tait un pianiste tout Ă  fait spectaculaire !

 

 

 

ENTRETIEN 2
 suite de notre entretien avec Leif Ove ANDSNES, entretien 2/2

 

 

 

LIRE AUSSI notre annonce du cycle de concerts MOZART MOMENTUM par Leif Ove Andsnes

Propos recueillis en avril 2019 par notre envoyé spécial Sabino PENA ARCIA

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PARIS. RĂ©cital de piano : Jean-Nicolas DIATKINE Ă  GAVEAU

Jean-Nicolas Diatkine Ă  GaveauPARIS, Gaveau. 3 avril 2019, 20h. RĂ©cital JN DIATKINE, piano. Classiquenews avait dĂ©jĂ  remarquĂ© le jeu facĂ©tieux mais prĂ©cis, imaginatif mais juste du pianiste Jean-Nicolas Diatkine (Ă  Gaveau aussi en nov 2014 : programme Ravel, Chopin
). C’est un lutin Ă©clairĂ© et cultivĂ© qui lui-mĂȘme cherche et trouve des filiations poĂ©tiques secrĂštes d’un musicien l’autre, d’une partition Ă  un Ă©crivain (ainsi Proust parlant de Chopin
). L’éclectisme des programmes nourrit en rĂ©alitĂ© une riche rĂ©flexion sur le jeu des inspirations, sur la construction des Ă©difices poĂ©tiques… C’est Ă©videmment le cas de ce nouveau rĂ©cital qui marie Mozart (gluckiste, et d’une gravitas enfin apaisĂ©e dans l’Adagio k540), Beethoven (passionnĂ©, conquĂ©rant, inflexible) et Chopin (mĂ©lancolique et langoureux mais surtout vif, nerveux, fier
).

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDDans l’Appassionnata, Beethoven alors au service du Prince Lichnowsky, refuse de jouer pour les Français de NapolĂ©on qui occupent son palais : Lichnowsky fait enfoncer la porte de la chambre du compositeur qui s’y Ă©tait rĂ©fugiĂ© ; mais Beethoven fier comme un paon, s’obstine et quitte les lieux (et son protecteur Ă  Vienne). Dans une lettre demeurĂ©e fameuse, il exprime comme Mozart, l’unicitĂ© et l’indĂ©pendance non serviles de son gĂ©nie : « « Prince, ce que vous ĂȘtes, vous l’ĂȘtes par le hasard de la naissance. Ce que je suis, je le suis par moi-mĂȘme. Des princes, il y en a et il y en aura des milliers. Il n’y a qu’un seul Beethoven – signé : Beethoven ». JN Diatkine saura souligner entre chaque note musicale, cette assurance qui n’est pas arrogance mais suprĂȘme conscience de la puretĂ© de son art. Inflexible Beethoven et tellement naĂŻf aussi.

Puis la main preste, allĂ©gĂ©e, s’accorde Ă  la pensĂ©e fugace des PrĂ©ludes, ceux de Chopin : 24 esquisses dont l’acuitĂ© critique du pianiste rĂ©vĂ©lera surtout le fourmillement des idĂ©es, jaillissantes, fulgurantes. Mais le gĂ©nie de Chopin tient surtout Ă  sa relecture du genre emblĂ©matique de la dignitĂ© de sa nation, occupĂ©e, meurtrie, martyrisĂ©e : dans la Polonaise opus 53, il y a certes le souvenir de la marche noble des princes en reprĂ©sentation ; il y a surtout l’expression intime d’une blessure qui sublime la souffrance en 
 grĂące. Magie de l’acte crĂ©ateur et poĂ©tique.

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RĂ©cital Jean-Nicolas DIATKINE, piano

PARIS, Salle Gaveau
Mercredi 3 avril 2019, 20h30

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.sallegaveau.com/spectacles/jean-nicolas-diatkine-piano

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Programme: 

Mozart :
Adagio K. 540 et Variations sur un thĂšme de Gluck K. 455

Beethoven :
Sonate n°23 op.57 « Appassionata”

Chopin :
24 Préludes (1839)
Polonaise op. 53 “HĂ©roĂŻque” (1842)

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Salle Gaveau Ă  PARIS
45-47 rue La Boétie
75008 PARIS
01.49.53.05.07

PARIS, Concours de Piano France-Amériques 2019, dernier jour de compétition, ce 25 fév 2019.

france-ameriques-concerts-CONCOURS-INTERNATIONAL-DE-PIANO-2019-annonce-competition-concours-par-classiquenewsPARIS, Concours de Piano France-AmĂ©riques 2019, dernier jour de compĂ©tition, ce 25 fĂ©v 2019. C’est sa dĂ©jĂ  2Ăš Ă©dition : le Concours international de piano FRANCE-AMERIQUES a lieu dans les salons prestigieux de l’HĂŽtel Le Marois qui est le siĂšge du Cercle France-AmĂ©riques. OrganisĂ© depuis sa crĂ©ation en 2018 par Musical Club, le CONCOURS favorise la pratique du piano Ă  haut niveau et aussi l’éclosion et l’accompagnement des jeunes talents. Le CONCOURS comprend 2 sections : JEUNES (les moins de 26 ans) et CONCERTISTES (les moins de 35 ans). il est ouvert Ă  tous les pianistes de toutes nationalitĂ©s. EN favorisant un rĂ©pertoire large mais aussi sĂ©lectif, le CONCOURS international de piano France-AmĂ©riques dĂ©fend les musiques françaises et amĂ©ricaines. Cette annĂ©e pour sa 2Ăš Ă©dition, le CONCOURS a lieu 4 jours, les 22, 23, 24 et 25 fĂ©vrier 2019.

 

 

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DÉROULEMENT DU CONCOURS

 

 

Les Ă©preuves des deux sections du Concours ont lieu dans les salons de l’HĂŽtel Le Marois.
Cercle France-Amériques, 9-11 avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 PARIS.
MĂ©tro : Stations Franklin D. Roosevelt ou Champs-ÉlysĂ©es ClĂ©menceau

 

 

Concours JEUNES :
Les 23 et 24 février 2019 à partir de 10h
Le 23 fév : Lobby, entrée libre
Le 24 fév, 14h : Excellence, salon Washington
A 18h30 : Délibération et proclamation des résultats

 

 

Concours CONCERTISTES :
1Úre épreuve les 22, 23 et 24 février 2019 à partir de 10h
Le 24 fév à 13h : Délibération et annonce des résultats aprÚs la 1Úre épreuve.
Épreuve finale : Le 25 fĂ©vrier 2019
Salon Washington – entrĂ©e libre

 

 

CONCERT de CLÔTURE et REMISE des PRIX :
Lundi 25 février 2019 à 20h
(réservations indispensables)

 

 

 

PARIS : CONCOURS international FRANCE-AMERIQUES

 

 

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Renseignements, informations pratiques
sur le site du Cercle France-Amériques
https://france-ameriques.org/wp-content/uploads/2018/03/Brochure-2019.pdf

 

 

france-ameriques-cercle-concert-concours-annonce-critique-comptes-rendus-concours-piano-fev-2019Cercle France-Amériques
9 avenue Franklin D Roosevelt‹ 75008 Paris
Tel : +33 1 43 59 51 00

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CD, Ă©vĂ©nement. PIANO POETIQUE : l’AILLEURS par GASPARD DEHAENE (1 cd 1001 Notes : “Vers l’Ailleurs”)

Vers-lailleurs-Gaspard-Dehaene-Collection-1001-NotesCD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018). ITINERANCES POETIQUES
 Le pianiste Gaspard Dehaene confirme une sensibilitĂ© Ă  part ; riche de filiations intimes. C’est un geste explorateur, qui ose des passerelles enivrantes entre Schubert, Liszt et la piĂšce contemporaine de Rodolphe Bruneau-Boulmier. Ce 2Ăš cd est une belle rĂ©ussite. AprĂšs son premier (Fantaisie – Ă©galement Ă©ditĂ© par 1001 Notes), le pianiste français rĂ©cidive dans la poĂ©sie et l’originalitĂ©. Il aime prendre son temps ; un temps intĂ©rieur pour concevoir chaque programme ; pour mesurer aussi dans quelle mesure chaque piĂšce choisie signifie autant que les autres, dans une continuitĂ© qui fait sens. La cohĂ©rence poĂ©tique de ce second cd Ă©blouit immĂ©diatement par sa justesse, sa sobre profondeur et dans l’éloquence du clavier maĂźtrisĂ©, sa souple Ă©lĂ©gance. Les filiations inspirent son jeu allusif : la premiĂšre relie ainsi Schubert cĂ©lĂ©brĂ© par Liszt. La seconde engage le pianiste lui-mĂȘme dans le sillon qui le mĂšne Ă  son grand pĂšre, Henri QueffĂ©lec, Ă©crivain de la mer, et figure inspirant ce cheminement entre terre et mer, « vers l’Ailleurs ». En somme, c’est le songe mobile de Schubert, – le wanderer / voyageur, dont l’errance est comme rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e et superbement rĂ©investis, sous des doigts complices et fraternels.

 

 

 

VERS L’AILLEURS
Les itinérances poétiques de Gaspard Dehaene

2Ăš cd magistral

 

 

 

gaspard_dehaene_2

 

 

 

 

Les escales jalonnent un voyage personnel dont l’aboutissement / accomplissement est la sublime Sonate D 959 en la majeur de Franz Schubert (avant dernier opus datĂ© de sept 1828). Au terme de la traversĂ©e, les champs parcourus, Ă©prouvĂ©s enrichissent encore l’exquise mĂ©lancolie et la tendresse chantante du dernier Schubert…. LIRE notre critique complĂšte du cd Vers l’AILLEURS par Gaspard Dehaene…

 

DEHAENE-gaspard-piano-UNE-CD-classiquenews

 

 

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE,1001-NOTES-festival-concerts-annonce-critique-sur-classiquenews piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – programme durĂ©e : 1h12 enregistrĂ© Ă  Limoges en nov 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2019. Photos et illustrations : © Martin Trillaud – WAM

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Gaspard DEHAENE, Ă  propos de l’album “Vers l’Ailleurs”…

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Errances poĂ©tiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, prĂ©parĂ© par GĂ©rard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son dĂ©jĂ  2Ăš album : un programme ciselĂ©, serti de pĂ©pites aux filiations choisies et personnelles oĂč rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert Ă  Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-pĂšre, l’écrivain Henri QueffĂ©lec avec la piĂšce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clĂ©s. LIRE notre entretien avec Gaspard Dehaene, pianiste.

DEHAENE-gaspard-piano-portrait-entretien-sur-classiquenews-vers-l-ailleurs-schuebrt-liszt-piano-actualites-du-piano-classiquenews

 

 

 

 

 

VIDEOS
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VOIR aussi le teaser du CD Vers l’Ailleurs par Gaspard Dehaene :

 

https://www.youtube.com/watch?v=KoAlipMdBYQ

dehaene-gaspard-cd-vers-l-ailleurs-cd-clic-de-classiquenews-critique-cd-review-cd-annonce-cd-concert

 

 

 

 VOIR le CLIP vidéo ANDANTINO de la Sonate D959 de Franz SCHUBERT par Gaspard Dehaere

 

dehaene-gaspard-schubert-andantino-d959-sonate-film-video-cd-review-critique-cd-par-classiquenews

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Programme VERS L’AILLEURS

 

FRANZ SCHUBERT (Arr. FRANZ LISZT)
« Aufenthalt »
« Auf dem Wasser zu singen »

FRANZ SCHUBERT
MĂ©lodie Hongroise

FRANZ LISZT
Rhapsodie Espagnole

RODOLPHE BRUNEAU-BOULMIER
« Quand la terre fait naufrage »

FRANZ SCHUBERT
Sonate D 959 en la Majeur (Live)
Allegro / Andantino / Scherzo : allegro vivace / Allegretto

 

Prise de son, mixage et mastering : Baptiste Chouquet – B media
Photos : Martin Trillaud – WAM
Création graphique : Gaëlle Delahaye
Production : Collection 1001 Notes
Piano : GĂ©rard Fauvin

CD – EnregistrĂ© en novembre 2018 Ă  Limoges

www.gasparddehaene.com

 

PROCHAINS CONCERTS 2019
de Gaspard DEHAENE

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12 avril : Narbonne – Violoncelle et piano, avec le violoncelliste Damien Ventula
14 avril : Bruxelles, Belgique – Concert en sonate piano / alto, avec l’altiste Adrien Boisseau
‹‹3 juin : Les Invalides, Paris – Concert partagĂ© avec Anne QueffĂ©lec
‹‹5 juin : Maison du Japon, Paris
23 juin : Festival de Nohant
‹‹12-14 juillet : Folle JournĂ©e Ă  Ekaterinburg, Russie
25 septembre : Carnegie Hall, New York
‹‹2 octobre : Tokyo, Japon – RĂ©cital au Toyosu civic center hall

PLUS D’INFOS :
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs

PARIS, 2ùme CONCOURS INTERNATIONAL DE PIANO FRANCE-AMÉRIQUES 2019

france-ameriques-concerts-CONCOURS-INTERNATIONAL-DE-PIANO-2019-annonce-competition-concours-par-classiquenewsPARIS, Concours de Piano France-AmĂ©riques 2019, les 22, 23, 24 et 25 fĂ©v 2019. C’est sa dĂ©jĂ  2Ăš Ă©dition : le Concours international de piano FRANCE-AMERIQUES a lieu dans les salons prestigieux de l’HĂŽtel Le Marois qui est le siĂšge du Cercle France-AmĂ©riques. OrganisĂ© depuis sa crĂ©ation en 2018 par Musical Club, le CONCOURS favorise la pratique du piano Ă  haut niveau et aussi l’éclosion et l’accompagnement des jeunes talents. Le CONCOURS comprend 2 sections : JEUNES (les moins de 26 ans) et CONCERTISTES (les moins de 35 ans). il est ouvert Ă  tous les pianistes de toutes nationalitĂ©s. EN favorisant un rĂ©pertoire large mais aussi sĂ©lectif, le CONCOURS international de piano France-AmĂ©riques dĂ©fend les musiques françaises et amĂ©ricaines. Cette annĂ©e pour sa 2Ăš Ă©dition, le CONCOURS a lieu 4 jours, les 22, 23, 24 et 25 fĂ©vrier 2019.

 

 

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DÉROULEMENT DU CONCOURS

 

 

Les Ă©preuves des deux sections du Concours ont lieu dans les salons de l’HĂŽtel Le Marois.
Cercle France-Amériques, 9-11 avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 PARIS.
MĂ©tro : Stations Franklin D. Roosevelt ou Champs-ÉlysĂ©es ClĂ©menceau

 

 

Concours JEUNES :
Les 23 et 24 février 2019 à partir de 10h
Le 23 fév : Lobby, entrée libre
Le 24 fév, 14h : Excellence, salon Washington
A 18h30 : Délibération et proclamation des résultats

 

 

Concours CONCERTISTES :
1Úre épreuve les 22, 23 et 24 février 2019 à partir de 10h
Le 24 fév à 13h : Délibération et annonce des résultats aprÚs la 1Úre épreuve.
Épreuve finale : Le 25 fĂ©vrier 2019
Salon Washington – entrĂ©e libre

 

 

CONCERT de CLÔTURE et REMISE des PRIX :
Lundi 25 février 2019 à 20h
(réservations indispensables)

 

 

 

PARIS : CONCOURS international FRANCE-AMERIQUES

 

 

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Renseignements, informations pratiques
sur le site du Cercle France-Amériques
https://france-ameriques.org/wp-content/uploads/2018/03/Brochure-2019.pdf

 

 

france-ameriques-cercle-concert-concours-annonce-critique-comptes-rendus-concours-piano-fev-2019Cercle France-Amériques
9 avenue Franklin D Roosevelt‹ 75008 Paris
Tel : +33 1 43 59 51 00

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CD, Ă©vĂ©nement. PIANO POETIQUE de GASPARD DEHAENE (1 cd 1001 Notes : “Vers l’Ailleurs”)

Vers-lailleurs-Gaspard-Dehaene-Collection-1001-NotesCD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018). ITINERANCES POETIQUES
 Le pianiste Gaspard Dehaene confirme une sensibilitĂ© Ă  part ; riche de filiations intimes. C’est un geste explorateur, qui ose des passerelles enivrantes entre Schubert, Liszt et la piĂšce contemporaine de Rodolphe Bruneau-Boulmier. Ce 2Ăš cd est une belle rĂ©ussite. AprĂšs son premier (Fantaisie – Ă©galement Ă©ditĂ© par 1001 Notes), le pianiste français rĂ©cidive dans la poĂ©sie et l’originalitĂ©. Il aime prendre son temps ; un temps intĂ©rieur pour concevoir chaque programme ; pour mesurer aussi dans quelle mesure chaque piĂšce choisie signifie autant que les autres, dans une continuitĂ© qui fait sens. La cohĂ©rence poĂ©tique de ce second cd Ă©blouit immĂ©diatement par sa justesse, sa sobre profondeur et dans l’éloquence du clavier maĂźtrisĂ©, sa souple Ă©lĂ©gance. Les filiations inspirent son jeu allusif : la premiĂšre relie ainsi Schubert cĂ©lĂ©brĂ© par Liszt. La seconde engage le pianiste lui-mĂȘme dans le sillon qui le mĂšne Ă  son grand pĂšre, Henri QueffĂ©lec, Ă©crivain de la mer, et figure inspirant ce cheminement entre terre et mer, « vers l’Ailleurs ». En somme, c’est le songe mobile de Schubert, – le wanderer / voyageur, dont l’errance est comme rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e et superbement rĂ©investis, sous des doigts complices et fraternels.

 

 

 

VERS L’AILLEURS
Les itinérances poétiques de Gaspard Dehaene

2Ăš cd magistral

 

 

 

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Les escales jalonnent un voyage personnel dont l’aboutissement / accomplissement est la sublime Sonate D 959 en la majeur de Franz Schubert (avant dernier opus datĂ© de sept 1828). Au terme de la traversĂ©e, les champs parcourus, Ă©prouvĂ©s enrichissent encore l’exquise mĂ©lancolie et la tendresse chantante du dernier Schubert…. LIRE notre critique complĂšte du cd Vers l’AILLEURS par Gaspard Dehaene…

 

DEHAENE-gaspard-piano-UNE-CD-classiquenews

 

 

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE,1001-NOTES-festival-concerts-annonce-critique-sur-classiquenews piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – programme durĂ©e : 1h12 enregistrĂ© Ă  Limoges en nov 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2019. Photos et illustrations : © Martin Trillaud – WAM

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Gaspard DEHAENE, Ă  propos de l’album “Vers l’Ailleurs”…

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Errances poĂ©tiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, prĂ©parĂ© par GĂ©rard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son dĂ©jĂ  2Ăš album : un programme ciselĂ©, serti de pĂ©pites aux filiations choisies et personnelles oĂč rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert Ă  Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-pĂšre, l’écrivain Henri QueffĂ©lec avec la piĂšce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clĂ©s. LIRE notre entretien avec Gaspard Dehaene, pianiste.

DEHAENE-gaspard-piano-portrait-entretien-sur-classiquenews-vers-l-ailleurs-schuebrt-liszt-piano-actualites-du-piano-classiquenews

 

 

 

 

 

VIDEOS
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VOIR aussi le teaser du CD Vers l’Ailleurs par Gaspard Dehaene :

 

https://www.youtube.com/watch?v=KoAlipMdBYQ

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 VOIR le CLIP vidéo ANDANTINO de la Sonate D959 de Franz SCHUBERT par Gaspard Dehaere

 

dehaene-gaspard-schubert-andantino-d959-sonate-film-video-cd-review-critique-cd-par-classiquenews

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Programme VERS L’AILLEURS

 

FRANZ SCHUBERT (Arr. FRANZ LISZT)
« Aufenthalt »
« Auf dem Wasser zu singen »

FRANZ SCHUBERT
MĂ©lodie Hongroise

FRANZ LISZT
Rhapsodie Espagnole

RODOLPHE BRUNEAU-BOULMIER
« Quand la terre fait naufrage »

FRANZ SCHUBERT
Sonate D 959 en la Majeur (Live)
Allegro / Andantino / Scherzo : allegro vivace / Allegretto

 

Prise de son, mixage et mastering : Baptiste Chouquet – B media
Photos : Martin Trillaud – WAM
Création graphique : Gaëlle Delahaye
Production : Collection 1001 Notes
Piano : GĂ©rard Fauvin

CD – EnregistrĂ© en novembre 2018 Ă  Limoges

www.gasparddehaene.com

 

PROCHAINS CONCERTS 2019
de Gaspard DEHAENE

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12 avril : Narbonne – Violoncelle et piano, avec le violoncelliste Damien Ventula
14 avril : Bruxelles, Belgique – Concert en sonate piano / alto, avec l’altiste Adrien Boisseau
‹‹3 juin : Les Invalides, Paris – Concert partagĂ© avec Anne QueffĂ©lec
‹‹5 juin : Maison du Japon, Paris
23 juin : Festival de Nohant
‹‹12-14 juillet : Folle JournĂ©e Ă  Ekaterinburg, Russie
25 septembre : Carnegie Hall, New York
‹‹2 octobre : Tokyo, Japon – RĂ©cital au Toyosu civic center hall

PLUS D’INFOS :
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs

COMPTE-RENDU, critique, récital. PARIS, Gaveau, le 15 fev 2019. , Schubert, Schumann, Brahms, Liszt. Michel Dalberto, piano.

dalberto michel pianoportrait classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, rĂ©cital. PARIS, Gaveau, le 15 fev 2019. , Schubert, Schumann, Brahms, Liszt. Michel Dalberto, piano. Les Concerts Parisiens accueillaient, ce vendredi 15 fĂ©vrier, un pianiste Ă  la renommĂ©e solide comme le grĂšs, un artiste sans concession ni complaisance, un musicien comme il y en a peu, dont l’étoffe semble issue des forges qui ont donnĂ© les grands du passĂ©. Un maĂźtre en somme. D’autant que ses disciples Ă©taient lĂ  aussi, dans le public. A 64 ans, Michel Dalberto fait plus que jamais autoritĂ© dans le paysage musical d’aujourd’hui.

 

 

Michel Dalberto, l’esprit de grandeur

 

 

Programme romantique ce soir, avec dans l’ordre Schubert, Schumann, Brahms et Liszt. Le pianiste a choisi un Bösendorfer nouveau cru auquel la marque a su restituer la splendeur d’autrefois. Un choix en parfait accord avec son jeu, gĂ©nĂ©reux et robuste, plein et matiĂ©rĂ©, qui fait sonner et chanter le piano Ă  en faire frĂ©mir le biscuit de la salle Gaveau. Un jeu qui d’emblĂ©e en impose, et, un tour de force, ne laisse Ă  aucun moment d’espace aux incongruitĂ©s sonores faisant hĂ©las souvent partie du dĂ©cor, le public se gardant bien de broncher devant telle affirmation. Le ton est donnĂ© dĂšs les KlavierstĂŒcke D 946 de Schubert (N° 2 et 3): Ă  la simplicitĂ© d’un air fredonnĂ© que l’on entend souvent dans ces piĂšces, et la plupart du temps dans Schubert, Michel Dalberto prĂ©fĂšre la tessiture et l’éloquence lyriques, sculpte la ligne de chant dans tous ses contours, souligne la dramaturgie (2Ăšme en mi bĂ©mol majeur), timbre et joue de contrastes, assombrit et Ă©claircit, serre et dĂ©ploie tout en maintenant une tension constante, imprime au 3Ăšme KlavierstĂŒcke une Ă©nergie Ă©lectrisante.

Pas de demi-mesure non plus dans la Fantaisie opus 17 de Schumann. Le musicien nous prend dans le feu de son jeu, grandiose et passionnĂ©, excessif dans ses humeurs et leur ambivalence, marquant les ruptures dont l’Ɠuvre est Ă©maillĂ©e, jouant de la discontinuitĂ©. Il prend des risques – c’est tout Ă  son honneur – et ne mĂ©nage ni l’instrument, ni nos Ă©motions: le piano rĂ©sonne, s’ébranle, les basses sonnent, par endroits, gĂ©antes, comme l’airain des cloches; dans le premier mouvement, aprĂšs la submergeante vague du dĂ©but, un contrepoint hallucinĂ© et bouleversant fait entendre les voix graves, sous les aigus gommĂ©s. Le deuxiĂšme mouvement s’érige, orchestral, triomphant au bout de lui-mĂȘme, et laisse place au dernier, sombre, plus douloureux qu’apaisĂ©, empreint d’aspĂ©ritĂ©s qui feraient regretter le legato d’Yves Nat, par exemple, si l’on perdait de vue le parti interprĂ©tatif du musicien: on aura beau chercher, ni Ă©panchement, ni mĂȘme tendresse dans le Schumann de Michel Dalberto, mais une ĂąpretĂ© et une grandeur d’ñme Ă  la fois, une tenue, tout comme d’ailleurs dans ses Schubert.

Les 6 KlavierstĂŒcke opus 118 de Brahms ouvrent la deuxiĂšme partie du concert. Concises, ces piĂšces font se succĂ©der des climats variĂ©s, des Ă©tats d’ñmes oĂč la rĂ©signation domine. LĂ  encore, le pianiste nous plonge tout Ă  trac dans le vif du sujet, avec le premier intermezzo, livrant au public ses effusions sans retenue, mais des effusions lyriques et non point sentimentales. Le deuxiĂšme « Andante teneramente » apparaĂźt comme une confession intime. Il chante dans la ferveur, et s’éloigne un peu des demi-teintes mĂ©ditatives qu’on lui attribue souvent, et qui font de certaines interprĂ©tations la platitude, s’achevant dans la touchante douceur d’un pianissimo Ă  la derniĂšre exposition du thĂšme. La Ballade, l’intermezzo et la Romance qui suivent s’acheminent, dans leurs couleurs propres, vers le dernier intermezzo, tĂ©nĂ©breux, nu et dense comme le silence.

Quel compositeur sied mieux Ă  Michel Dalberto que Liszt? C’est Ă  se demander lorsqu’on l’écoute dans les Études d’exĂ©cution transcendantes – ici trois: Ricordanza, Paysage, et Mazeppa. Il domine ces piĂšces de virtuositĂ© – est-ce utile de le signaler? – grĂące Ă  une technique sans faille et un jeu trĂšs ancrĂ©. Mais surtout, il en livre toute la dimension poĂ©tique et musicale, la dimension orchestrale aussi, et l’esprit lisztien avec lequel il partage tant d’affinitĂ©s: Michel Dalberto frappe par la prĂ©sence et le relief de son jeu, impressionne par sa grandeur de vue, et sĂ©duit par son sens esthĂ©tique et son Ă©lĂ©gance. L’esprit de Ricordanza est tout entier dans cette poĂ©tique du son, cette beautĂ© et cette subtilitĂ© des lignes, cette façon de suspendre les phrases dans leur cours, puis de les relĂącher, et il la rend admirablement. Mazeppa est a contrario Ăąpre, violent, strident mĂȘme, et son rĂ©cit Ă©pique clĂŽt le concert en apothĂ©ose, laissant le public Ă©bahi. En bis? quelques notes Ă©grainĂ©es d’un Feuillet d’album de Scriabine. Une façon si raffinĂ©e de dire au revoir!

 

 

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Compte-rendu critique, récital Michel Dalberto, piano, salle Gaveau, Paris, 15 février 2019, Schubert, Schumann, Brahms, Liszt. Illustration :© C Doutre

ENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene, Ă  propos de “Vers l’Ailleurs”

Errances poĂ©tiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, prĂ©parĂ© par GĂ©rard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son dĂ©jĂ  2Ăš album : un programme ciselĂ©, serti de pĂ©pites aux filiations choisies et personnelles oĂč rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert Ă  Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-pĂšre, l’écrivain Henri QueffĂ©lec avec la piĂšce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clĂ©s.

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CNC / Classiquenews : Selon quels critĂšres avez vous rĂ©alisĂ© la sĂ©lection de votre programme « Vers l’Ailleurs » ?

Gaspard Dehaene : J’ai veillĂ© Ă  plusieurs choses : l’enchaĂźnement des tonalitĂ©s, des caractĂšres, des tempi, le tout de façon Ă  prĂ©parer l’ouverture Ă  la sonate D959, sommet de ce programme.  La piĂšce de Rodolphe Bruneau-Boulmier juste avant la sonate constitue une excellente pause. Rapprocher Schubert et Liszt est passionnant. Le premier est ce voyageur / « Wanderer » qui a explorĂ© des mondes inĂ©dits par la pensĂ©e et l’écriture musicale ; le second, Liszt, lui, a contrario, a beaucoup voyagĂ©. Sa Rhapsodie espagnole a Ă©tĂ© composĂ©e plus de 10 ans aprĂšs une tournĂ©e en Espagne et au Portugal : c’est Ă©videmment une piĂšce de virtuositĂ©, mais pas seulement car elle affirme aussi un trĂšs grand potentiel poĂ©tique. Liszt y dĂ©veloppe d’abord une sĂ©rie de variations sur la Folia (en une lente valse sĂ©rieuse, dans le grave du piano) ; puis c’est le feu d’artifice de la Jota (aragonaise), vĂ©ritable jubilation pĂ©taradante dont j’aime la lĂ©gĂšretĂ© chantante.

J’ai choisi la Sonate D959 comme l’aboutissement de tout le programme. Schubert est mort deux mois aprĂšs l’avoir composĂ©e. J’y retrouve ce piano ample, profond, d’une richesse saisissante qui rappelle le lied comme le souffle symphonique, sans omettre le quatuor Ă  cordes. Evidemment le voyage auquel nous convie Schubert est celui du temps, le temps de la vie, mais aussi celui de la durĂ©e, celle qui nous fait perdre nos repĂšres gĂ©ographiques !  L’Andantino est d’une tristesse poignante et aussi d’une audace visionnaire car Schubert (dans la partie centrale) y invente presque le principe du « cluster », ( procĂ©dĂ© qui consiste Ă  jouer plusieurs touches simultanĂ©ment, sans le souci de l’harmonie ), avec des accords d’une violence inouĂŻe, comme s’il s’agissait de cris dĂ©chirants. Enfin, peu aprĂšs se dĂ©ploie la tonalitĂ© de do diĂšse majeur qui est celle du renoncement, de l’adieu acceptĂ©, assumĂ©. L’écriture relĂšve d’une ambivalence schizophrĂ©nique, accordant mĂ©lancolie et acceptation du sort.

 

 

 

CNC : Pouvez-vous nous livrer quelques clĂ©s pour comprendre la piĂšce de Rodolphe Bruneau-Boulmier qui rĂ©sulte d’une commande que vous lui avez passĂ©e ?

GD : La piĂšce a Ă©tĂ© composĂ©e pour moi. J’ai demandĂ© Ă  Rodolphe de m’écrire une piĂšce, et c’est lui-mĂȘme, en tant que lecteur d’Henri QueffĂ©lec, qui a eu l’idĂ©e de ce titre (« quand la terre fait naufrage »). La partition Ă©voque ce que l’on Ă©coute et les impressions ressenties quand nous avons la tĂȘte sous l’eau, dans la mer
 Comme une fantaisie, la piĂšce exprime le mouvement des vagues au dessus de soi, la sensation de bruits lointains, 
 C’est une Ă©vocation libre de l’immensitĂ© des mondes marins ; la dramaturgie enchaĂźne le zĂ©phyr qui annonce la tempĂȘte qui elle-mĂȘme s’accomplit en vagues et en rafles irrĂ©guliĂšres
 ; oĂč les motifs semblent tournoyer sur eux-mĂȘmes, oĂč se dessine aussi la figure de la cathĂ©drale engloutie, en particulier dans la conclusion qui sonne comme dĂ©vastĂ©e. Je pense que cette Ɠuvre parle Ă  notre imaginaire par sa puissance Ă©vocatrice !

 

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CNC : Comment s’est dĂ©roulĂ© le travail avec le label 1001 Notes ?

GD : Vers l’Ailleurs est mon 2Ăš album chez 1001 Notes. C’est la concrĂ©tisation d’un projet audacieux et original qui s’est rĂ©alisĂ© grĂące Ă  l’écoute, la confiance et la comprĂ©hension dont m’a tĂ©moignĂ© le directeur du label : Albin de la Tour. Une telle Ă©coute est rare, et elle est d’autant plus apprĂ©ciĂ©e. En plus de l’enregistrement proprement dit ; il a Ă©tĂ© possible de rĂ©aliser plusieurs clips musicaux, dans le prolongement de l’univers poĂ©tique du cd (1).

 

 

 

CNC : Quels sont les pianistes qui vous inspirent et pourquoi ?

GD : Il y a d’abord Arcadi Volodos pour son sens et sa conception trĂšs aboutis de chaque interprĂ©tation. A chaque lecture, il force l’admiration par son originalitĂ© et une comprĂ©hension souvent visionnaire. J’aimerai citer aussi Alfred Brendel ; j’ai pu jouĂ© devant lui la D 959 et cette expĂ©rience a Ă©tĂ© pour moi 
 traumatisante ; mais dans le bon sens du terme. Brendel m’a sensibilisĂ© sur la ligne de chant, la conduite du legato, et la nĂ©cessitĂ© de ne jamais lĂącher la tension. Enfin, j’apprĂ©cie Radu Lupu pour son lĂącher prise justement ; ce qu’il rĂ©ussit Ă  exprimer, entre vĂ©cu et sonoritĂ©, relĂšve d’une Ă©quation magique.

 

 

Propos recueillis en février 2019

 

  

 
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(1) vidéo réalisée à partir du second mouvement de la Sonate D 959, Andantino :
https://www.youtube.com/watch?v=V_Z4HDT8Y_c
Gaspard Dehaene – Franz Schubert Sonate D 959 en la Majeur/ Andantino – YouTube
www.youtube.com
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs
Sortie de l’album vers l’ailleurs le 1er fĂ©vrier 2019 : Disponible sur : https://open.spotify.com/a…
(durée : 8mn27)

 

 

 

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LIRE aussi notre critique complùte du cd Vers l’ailleurs par Gaspard Dehaene, piano (1 cd 1001 Notes).

 

  

 

RĂ©cital du pianiste Guillaume COPPOLA Ă  SCEAUX

coppola-guillaume-piano-concert-annonce-actualites-infos-musique-classique-classiquenewsSCEAUX (92), sam 16 fĂ©v 2019, 17h30. Guillaume COPPOLA, piano. La Schubertiade de Sceaux invite le pianiste Guillaume Coppola dans un rĂ©pertoire qu’il sait dĂ©fendre avec passion et nuances. Chopin, Debussy, sans omettre son cher Schubert, sujet antĂ©rieur d’un cd en son temps distinguĂ© par un CLIC de CLASSIQUENEWS : CD Schubert Valses nobles et sentimentales (sept 2014).
Notre rĂ©dacteur Ernst Van Beck Ă©crivait son enthousiasme pour le jeu filigranĂ©, arachnĂ©en capable de profondeur comme de gravitĂ© :   « Des Sentimentales, si bien nommĂ©es mais sans effusion ni voyeurisme aucun, tout l’art du toucher est lĂ -, on retient la 13Ăšme Ă©videmment pour son rayonnement tendre et caressant, d’une douceur fraternelle si enveloppante
 et comme Ă©ternellement tournante comme un perpetuum mobile
 , mais aussi la 18Ăš et sa cadence racĂ©e pleine de fiertĂ© comme d’élĂ©gance.  C’est une sĂ©rie de sĂ©quences qui frappe par leur nervositĂ© comme leur souplesse mĂ©lodique : acuitĂ©, prĂ©cision, versatilitĂ© dynamique, Guillaume Coppola envisage chaque Ă©pisode comme un mini drame d’une mordante vivacitĂ©. Un appĂ©tit de vivre qui contraste Ă©videmment avec la gravitĂ© des piĂšces complĂ©mentaires  »

A Sceaux, Guillaume Coppola joue deux Valses,qu’il relie lors de ce rĂ©cital, Ă  l’intimisme fougueux de Chopin et l’art des miniatures picturales (et climatiques) du Debussy des PrĂ©ludes (deux extraits : La Puerta del Vino et feux d’artifice). En complĂ©ment, le pianiste propose enfin la matiĂšre du rĂȘve et lla sensualitĂ© amoureuse de Clair de lune
 Ă©pisode aussi aisĂ© techniquement que redoutable sur le plan de l’intonation et de l’articulation. Un programme jalonnĂ© de pĂ©pites et de dĂ©fis


Guillaume Coppola
Programme du récital à Sceaux

FRANZ SCHUBERT
Valses nobles et sentimentales

FREDERIC CHOPIN

Valses opus 64 n°2, opus 70 n°2
Grande Valse brillante op. 18.
Nocturne op. 9 n°1
Sonate n°2

CLAUDE DEBUSSY
Préludes (2Ú Livre) :
La Puerta del Vino
Feux d’artifice

Clair de lune

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SCEAUX, HĂŽtel de Ville (92)
Samedi 16 février 2019, 17h30
Guillaume Coppola, piano

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sur le site de La Schubertiade de Sceaux
http://www.schubertiadesceaux.fr/guillaume-coppola-16-fevrier-2019/

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APPROFONDIR

coppola guillaume franz schubert cd schubert eloquentiaCD. Schubert : Valses nobles, Sentimentales Sonate D 537 (Guillaume Coppola, 1 cd Eloquentia). En s’attachant principalement aux Ɠuvres mĂ©connues ou moins jouĂ©es de Schubert, Guillaume Coppola souligne la finesse suggestive, onirique, radicale, ce bouillonnment de l’intime qui fait la sĂ©duction irrĂ©sistible des partitions ici choisies
 Valses nobles, Valses sentimentales, le pianiste Guillaume Coppola dĂ©livre le message d’une secrĂšte intĂ©rioritĂ© d’un Schubert qui tout en s’enivrant de ses propres divagations, approfondit en rĂ©alitĂ© une quĂȘte intĂ©rieure, tissĂ©e sur la durĂ©e, dans la pudeur et la suggestivitĂ©. L’arche tendue d’un long parcours qui se lit Ă  travers les deux cycles dansants, soit 12 puis 34 Valses caractĂ©risĂ©es, dessine une perspective dont l’interprĂšte sait restituer la secrĂšte unitĂ© organique. Miniatures – la plus longue est la 3Ăšme des Nobles (plus de 2mn), quand la plupart avoisine, 30, 40 ou 50 secondes, – majoritairement sur le rythme syncopĂ© balançant et donc hypnotique dit  ” anapestique ” (2 croches/ 1 noire)-, il s’agit d’esquisses – bambochades dirions nous en contexte pictural-, d’un trait d’humeur rapidement esquissĂ© qui suscite surtout une part de libertĂ© et de fine lĂ©gĂšretĂ© proche de l’esquisse ou de l’improvisation.

 

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PARCOURIR les autres concerts de LA SCHUBERTIADE DE SCEAUX 2019 :

Schubertiade de Sceaux Logo copiable logo 2018SCEAUX, La Schubertiade, saison 2018-2019. Du 13 octobre 2018 au 30 mars 2019. Sceaux (92 – Hauts de Seine sud), superbe ville accolĂ©e au parc du chĂąteau Ă©ponyme, renoue avec sa riche histoire musicale. DĂ©jĂ  au XVIIĂš, le site est demeurĂ© cĂ©lĂšbre pour le raffinement des cĂ©lĂ©brations baroques qui y Ă©taient donnĂ©es. MĂ©lomane et fastueuse, la Duchesse du Maine, insomniaque, organisait de somptueuses fĂȘtes nocturnes dans son domaine (les fameuses 16 Grandes FĂȘtes de nuit de 1714 et 1715). Les Maine ont incarnĂ© ainsi, au moment oĂč le Roi Soleil s’éteint Ă  Versailles, une maniĂšre de bon goĂ»t, associant l’impertinence et l’excellence : le culte de la nuit affirmant une voie diffĂ©rente voire contraire Ă  la cĂ©lĂ©bration officielle du soleil versaillais. Joyeuse, festive, la duchesse du Maine offrait un tout autre visage artistique et politique, loin des austĂ©ritĂ©s de Versailles au dĂ©but du XVIIIĂš.

SCHUBERT gstaad reportage 2018LA MUSIQUE DE CHAMBRE A SCEAUX
 
Plus de 3 siĂšcles aprĂšs ce premier Ăąge d’or culturel et artistique, la ville situĂ©e au sud des Hauts de Seine, rĂ©active sa riche histoire musicale, et accueille Ă  partir d’octobre 2018 (dĂšs le 13 octobre), une nouvelle saison musicale, plutĂŽt romantique, dĂ©diĂ©e Ă  la musique de chambre et en particulier à Franz Schubert : « La Schubertiade de Sceaux ». Chaque Quatuor, Trio, Quintette de Franz Schubert est un voyage intĂ©rieur d’une puissante poĂ©sie, capable de transporter et de saisir. L’errance schubertienne s’exprime avec cette langueur suspendue jamais rĂ©solue; mĂ©lancolie profonde, nostalgie d’un eden qui n’a peut-ĂȘtre jamais Ă©tĂ© mais qui est ardemment dĂ©sirĂ©, chaque opus de Schubert conduit au-delĂ  des apparences et du texte, vers cet invisible essentiel qui nourrit l’ñme et comble l’esprit. Toute la musique de Schubert est une rĂ©flexion sur le sens de la vie et l’inĂ©luctable mort, la permanence du sentiment, la vanitĂ© terrestre, l’appel au rĂȘve ; elle cultive le rĂ©confort de la tendresse, l’éloquente magie de la musique
 Mais aux cĂŽtĂ©s des partitions schubertiennes, le nouveau cycle de concert Ă  Sceaux propose d’autres compositeurs, de Mozart, Haydn Ă  Beethoven, jusqu’aux auteurs contemporains. EN LIRE PLUS

 

COMPTE-RENDU, critique, récital de piano. DIJON, le 26 janv 2019. Liszt, Sciarrino. Jean-Pierre Collot.

jp_collot_piano concert critique annone classiquenewsCompte rendu, rĂ©cital, Dijon, OpĂ©ra, Auditorium, le 26 janvier 2019. Liszt et Sciarrino. Jean-Pierre Collot, piano. Ce concert s’inscrit au centre d’un triptyque oĂč la musique de notre temps est confrontĂ©e Ă  la musique ancienne. Le pianiste Jean-Pierre Collot n’emprunte jamais les voies de la facilitĂ©. C’est particuliĂšrement le cas ce soir, oĂč, sous l’intitulĂ© « VirtuositĂ©s italiennes », il a choisi de faire alterner l’Italie des « AnnĂ©es de pĂšlerinage » de Liszt avec les trois premiĂšres sonates qu’avait Ă©crites Salvatore Sciarrino pour son instrument. Familier du procĂ©dĂ©, habitĂ© par la musique du compositeur italien, il avait dĂ©jĂ  mis en regard ces sonates avec la musique de Debussy dans un album enregistrĂ© en 2016. Le choix de ce soir apparaĂźt encore plus lĂ©gitime. Le voyage auquel nous sommes conviĂ©s est moins celui de l’Italie que l’immersion dans l’univers de Dante (Ă  une piĂšce prĂšs, la Canzonetta de Salvator Rosa), le rĂ©cital s’achevant de façon explicite « aprĂšs une lecture de Dante ». Toutes les piĂšces sont enchaĂźnĂ©es. L’élision des ruptures que constituent les applaudissements renforce les liens quasi gĂ©nĂ©tiques qui unissent ces piĂšces : il n’y a pas davantage de distance qu’entre une rhapsodie hongroise et une des ultimes compositions de Liszt.

Trop rarement jouĂ©e en France, malgrĂ© sa consĂ©cration internationale, la musique de Sciarrino, abondante, couvrant tous les domaines, d’une richesse insoupçonnĂ©e, mĂ©rite d’ĂȘtre dĂ©couverte ou approfondie. Sauf erreur, sa derniĂšre illustration hexagonale (Stupori, Ă  la Fondation Louis Vuitton) remonte Ă  novembre dernier. MĂȘme s’il semble avoir renoncĂ© Ă  l’écriture de sonates pour piano depuis sa cinquiĂšme (1994), chacune est un monument, dont l’exigence technique et musicale dĂ©courage certainement nombre d’interprĂštes. Peu importent les rĂšgles de composition qui ont prĂ©sidĂ© Ă  leur Ă©criture, « oeuvres volubiles, Ă©lectriques et Ă  la virtuositĂ© vif-argent » (J.-P. Collot). L’ambition de l’interprĂšte prolonge celle du crĂ©ateur : crĂ©er ce qu’il appelle une « forme Ă  fenĂȘtres », en nous proposant une sorte de galerie sonore, comparable Ă  la dĂ©ambulation devant des peintures de la Renaissance, ou aux Ă©vocations de Dante et de PĂ©trarque, familiĂšres Ă  Sciarrino. Le pianiste nous confie l’avoir visitĂ© dans sa maison-musĂ©e, alors que son piano Ă©tait ouvert sur les AnnĂ©es de pĂšlerinage. Le compositeur orchestrait prĂ©cisĂ©ment Sposalizio, prĂ©monition du concert de ce soir.

L’engagement physique, la virtuositĂ©, non seulement digitale et corporelle, mais aussi expressive, paroxystique nous fascinent : l’univers de Liszt se prolonge bien dans la proposition du compositeur sicilien. L’amplification des moyens, des effets est poussĂ©e Ă  l’extrĂȘme : recours Ă  la troisiĂšme pĂ©dale, qui gĂ©nĂšre d’extraordinaires rĂ©sonances, usage dramatique de longs silences, sauvagerie de certaines attaques, dĂ©ferlement de vagues qui nous engloutissent, mais aussi caresses sensuelles, rĂȘveries poĂ©tiques, clusters des avant-bras, etc., la plus large palette sonore y est dĂ©ployĂ©e pour une expression singuliĂšre, trĂšs personnelle. Ainsi, la deuxiĂšme sonate, infernale, oppose-t-elle des interjections d’une puissance inouĂŻe, des agrĂ©gats fluides, insaisissables, qui ajoutent Ă  la rĂ©sonance. L’effet est hallucinant, de dĂ©chirements, d’agressions impĂ©rieuses. . Il ne l’est pas moins dans la troisiĂšme, qui s’inscrit naturellement dans sa descendance, semblant dĂ©fier la plus grande virtuositĂ©, avec des frappes, des touchers, des oppositions dĂ©mesurĂ©es, et des passages quasi impressionnistes. En regard, on oublie la virtuositĂ© lisztienne, tant le naturel empreint les AnnĂ©es de pĂšlerinage. L’aspect profondĂ©ment mĂ©lodique en est valorisĂ© par la confrontation. La plĂ©nitude du jeu de Jean-PĂŻerre Collot est admirable : c’est rond, puissant, percussif comme fluide, tĂ©nu, au service d’une musique qu’il a fait sienne, pour notre plus grand bonheur.

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Compte rendu, récital, Dijon, Opéra, Auditorium, le 26 j anvier 2019. Liszt et Sciarrino. Jean-Pierre Collot, piano.

CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018)

Vers-lailleurs-Gaspard-Dehaene-Collection-1001-NotesCD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018). ITINERANCES POETIQUES
 Le pianiste Gaspard Dehaene confirme une sensibilitĂ© Ă  part ; riche de filiations intimes. C’est un geste explorateur, qui ose des passerelles enivrantes entre Schubert, Liszt et la piĂšce contemporaine de Rodolphe Bruneau-Boulmier. Ce 2Ăš cd est une belle rĂ©ussite. AprĂšs son premier (Fantaisie – Ă©galement Ă©ditĂ© par 1001 Notes), le pianiste français rĂ©cidive dans la poĂ©sie et l’originalitĂ©. Il aime prendre son temps ; un temps intĂ©rieur pour concevoir chaque programme ; pour mesurer aussi dans quelle mesure chaque piĂšce choisie signifie autant que les autres, dans une continuitĂ© qui fait sens. La cohĂ©rence poĂ©tique de ce second cd Ă©blouit immĂ©diatement par sa justesse, sa sobre profondeur et dans l’éloquence du clavier maĂźtrisĂ©, sa souple Ă©lĂ©gance. Les filiations inspirent son jeu allusif : la premiĂšre relie ainsi Schubert cĂ©lĂ©brĂ© par Liszt. La seconde engage le pianiste lui-mĂȘme dans le sillon qui le mĂšne Ă  son grand pĂšre, Henri QueffĂ©lec, Ă©crivain de la mer, et figure inspirant ce cheminement entre terre et mer, « vers l’Ailleurs ». En somme, c’est le songe mobile de Schubert, – le wanderer / voyageur, dont l’errance est comme rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e et superbement rĂ©investis, sous des doigts complices et fraternels.

 

 

 

VERS L’AILLEURS
Les itinérances poétiques de Gaspard Dehaene

2Ăš cd magistral

 

 

 

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Les escales jalonnent un voyage personnel dont l’aboutissement / accomplissement est la sublime Sonate D 959 en la majeur de Franz Schubert (avant dernier opus datĂ© de sept 1828). Au terme de la traversĂ©e, les champs parcourus, Ă©prouvĂ©s enrichissent encore l’exquise mĂ©lancolie et la tendresse chantante du dernier Schubert.

Les deux premiers Ă©pisodes dĂ©montrent le soin et l’affinitĂ© de Liszt pour son devancier Schubert. Le premier a rĂ©alisĂ© les arrangements des morceaux pour piano. Grave et lumineux, « Aufenthalt »ouvre le programme et amorce le voyage. C’est une gravitĂ© comme exaltĂ©e mais digne dans ses emportements que le pianiste exprime ; avec une respiration idĂ©ale, un naturel sobre et mĂȘme Ă©lĂ©gant, Gaspard Dehaene exprime la force et la puissance, l’ivresse intĂ©rieure d’une partition qui saisit par son tragique intime. D’une carrure presque Ă©gale, « Auf dem wasser zu singen » fait surgir au cƓur d’un vortex allant, la langueur et la mĂ©lancolie d’un Schubert enivrĂ©, au lyrisme Ă©perdu. L’énonciation du piansite se fait fraternelle et tendre ; il transmet un chant Ă©perdu qui est appel au renoncement et dĂ©chirante nostalgie. L’acuitĂ© du jeu, souligne dans les passages harmoniques, d’un ton Ă  l’autre, la douceur du fluc musical Ă  la fois entĂȘtant et aussi salvateur ; Ă  chaque variation, correspond un Ă©clat distinct, une facette caractĂ©risĂ©e que le pianiste sĂ»r, inscrit dans une tempĂȘte intĂ©rieure de plus en plus rageuse et irrĂ©pressible. DĂ©taillĂ©e et viscĂ©rale, l’engagement de l’interprĂšte convainc de bout en bout.

Puis la MĂ©lodie hongroise s’affirme tout autant en une Ă©locution simple et intimiste. Le pianiste affiche une Ă©lĂ©gance altiĂšre, celle d’un un cavalier au trot, souple et acrobatique auquel le jeu restitue toutes les aspĂ©ritĂ©s et les nuances intĂ©rieures. La gestion et le rĂšglages des nuances se rĂ©vĂšlent bĂ©nĂ©fiques : tous les arriĂšres plans et tous les contrechamps restituent chaque souvenir convoquĂ©. Le rubato est riche de toutes ses connotations en perspective ; le toucher veille au veloutĂ© de la nostalgie : chaque nuance fait surgir un souvenir dont le moelleux accompagne dans le murmure l’éloquente fin pianissimo. Quel remarquable ouvrage.

Autant Schubert brille par l’éclat de ses nuances intimes, pudiques et crĂ©pusculaires. Autant Liszt crĂ©pite aussi mais en contrastes plus dĂ©clamĂ©s.
Le Liszt recompose le paysage schubertien et s’éloigne quand mĂȘme, de cette sublimation du souvenir qui devient caresse et renoncement ; ici, la digitalitĂ© se fait plus vindicative et vibratile ; le claviern d’organique et dramatique, bascule dans une marche priĂšre qui peu Ă  peu s’Ă©lectrise dans l’Ă©noncĂ© du motif principal. Evidemment l’écriture rhapsodique revendique clairement une libĂ©ration de l’écriture et un foisonnement polyphonique dont Gaspard Dehane exprime bien le chant plus martelĂ© et comme conquĂ©rant ; il en dĂ©fend le lyrisme des divagations ; Ă©clairant chez Liszt, ce dĂ©bordement expressif, sa verve dĂ©lirante dont la spiritualitĂ© aime surprendre, dans la virtuositĂ© de son clavier orchestre.
A 8’14, le chant libre bascule dans une sorte de rĂ©flexion critique, douĂ©e d’une nouvelle ivresse plus souple et lyrique, exprimant la quĂȘte des cimes dans l’aigu jusqu’au vertige extatique. Puis le final se prĂ©cipite en une course vertigineuse (11’38), jusqu’au bord de la syncope et d’une frĂ©nĂ©sie panique. Le jeu est d’autant plus percutant qu’il reste dans cet agitato que beaucoup d’autres pianistes exacerbent, clair, prĂ©cis, nuancĂ©, Ă©clatant.

AprĂšs la filiation Schubert / Liszt, Gaspard Dehaere cultive une entente intime avec le texte de son grand pĂšre, – Henri QueffĂ©lec, « quand la terre fait naufrage ». A cette source, s’abreuve l’inspiration du compositeur Rodolphe Bruneau-Boulmier qui reprend le mĂȘme intitulĂ© : fluide et sĂ©quentiel, et pourtant jamais heurtĂ© ni sec, le jeu du pianiste joue des transparences et des scintillements flottants, expression d’une inquiĂ©tude sourde qui se diffuse et se rĂ©tracte dans un tapis sonore qui croĂźt et se replie. AInsi s’affirme le climat incertain d’intranquillitĂ©, propre Ă  beaucoup d’Ɠuvres contemporaines d’aujourd’hui dont la nappe harmonique se rĂ©pand progressivement en crescendo de plus en plus forte, jusqu’à son milieu oĂč le mystĂšre assĂšne comme un carillon funĂšbre, son murmure dans le noir et le nĂ©ant
 de la mer. Ainsi se prĂ©cise comme seule bouĂ©e d’un monde en chaos, le glas d’une « cathĂ©drale engloutie », cri bien prĂ©sent et d’une morne voluptĂ©. Les couleurs et les nuances du pianiste se rĂ©vĂšlent primordiales ici.

 

 

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A mi chemin de la traversĂ©e (au mi temps du cd), nous voici plus riches, d’une Ă©coute mieux affĂ»tĂ©e encore pour mesurer les tableaux intĂ©rieurs de la D 959  (prise live) : d’autant que l’interprĂšte se montre d’une Ă©loquence intĂ©rieure, mobile, explorant sur le motif schubertien lui-mĂȘme, toutes les nuances du souvenir ou de climats imaginaires. L’intelligence sensible est vive : elle ressuscite mille et un mouvement de l’introspection rĂȘveuse, nostalgique, grave souvent, toujours ardente. Voici les temps forts de cette lecture profonde et riche, concçue / vĂ©cue tel un formidable voyage intĂ©rieur.

Le portique d’ouverture affirmĂ©, Ă  l’assise parfaite inscrit ce premier mouvement dans une dĂ©claration prĂ©liminaire absolument sereine et dĂ©jĂ  le pianiste en exprime les fondations qui se dĂ©robent, en un flux ambivalent, Ă  la fois intranquille et comme prĂȘt Ă  vaciller. Ce trouble en arriĂšre plan finit par atteindre le motif principal dont il fait une confession pleine de tendresse.
Le cantabile et le legato feutrĂ© captivent dĂšs ce premier mouvement ; le motif principal n’y est jamais clairement Ă©noncĂ© ; toujours voilĂ©, dĂ©robĂ© tel le tremplin au repli et au secret, en une cantilĂšne aux subtiles Ă©clats / Ă©clairs intĂ©rieurs. Le compositeur cultive le surgissement de cette ineffable aspiration Ă  l’innocence, la perte de toute gravitĂ©. C’est ce qui transpire dans la rĂ©itĂ©ration du motif rĂ©exposĂ© avec une douceur sublime inscrite dans l’absolu de la tendresse.

Plus court, l’andantino peint l’infini de la solitude, un accablement sans issue et pourtant conçu comme une berceuse intĂ©rieure qui sauve, berce, calme. Le pianiste inscrit son jeu dans l’allusion et le percussif avec une intelligence globale des climats, sachant faire jaillir toute l’impulsion spontanĂ©e, plus viscĂ©rale de la sĂ©quence plus agitĂ©e et profonde.
A 5’38, tout Ă©tant dit, la rĂ©exposition frĂŽle l’hallucination et le rĂȘve flottant. L’Ă©conomie du jeu restitue la charge Ă©motionnelle et la profondeur ineffable de la conclusion, entre retrait et renoncement, bĂ©atitude morne et dĂ©sespoir absolu
Quel contraste assumĂ© avec le Scherzo, plus insouciant et mĂȘme frĂ©tillant.
L’Allegretto final est enveloppĂ© dans la douceur, dans un moelleux sonore qui dit l’appel Ă  la rĂ©solution de tout conflit. La lĂ©gĂšretĂ© et l’insouciance clairement affichĂ©es, assumĂ©es chantent littĂ©ralement sous les doigts caressants du pianiste. Il joue comme un frĂšre, la confession d’une espĂ©rance coĂ»te que coĂ»te. VoilĂ  qui nous rend Schubert plus bienveillant, d’une humanitĂ© reconstruite, restaurĂ©e, enfin rĂ©conciliĂ©e. Dont le chant apaise et guĂ©rit. Superbe lecture.

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE,1001-NOTES-festival-concerts-annonce-critique-sur-classiquenews piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – programme durĂ©e : 1h12 enregistrĂ© Ă  Limoges en nov 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2019. Photos et illustrations : © Martin Trillaud – WAM

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Gaspard DEHAENE, Ă  propos de l’album “Vers l’Ailleurs”…

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Errances poĂ©tiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, prĂ©parĂ© par GĂ©rard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son dĂ©jĂ  2Ăš album : un programme ciselĂ©, serti de pĂ©pites aux filiations choisies et personnelles oĂč rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert Ă  Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-pĂšre, l’écrivain Henri QueffĂ©lec avec la piĂšce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clĂ©s. LIRE notre entretien avec Gaspard Dehaene, pianiste.

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VIDEOS
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VOIR aussi le teaser du CD Vers l’Ailleurs par Gaspard Dehaene :

 

https://www.youtube.com/watch?v=KoAlipMdBYQ

dehaene-gaspard-cd-vers-l-ailleurs-cd-clic-de-classiquenews-critique-cd-review-cd-annonce-cd-concert

 

 

 

 VOIR le CLIP vidéo ANDANTINO de la Sonate D959 de Franz SCHUBERT par Gaspard Dehaere

 

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Programme VERS L’AILLEURS

 

FRANZ SCHUBERT (Arr. FRANZ LISZT)
« Aufenthalt »
« Auf dem Wasser zu singen »

FRANZ SCHUBERT
MĂ©lodie Hongroise

FRANZ LISZT
Rhapsodie Espagnole

RODOLPHE BRUNEAU-BOULMIER
« Quand la terre fait naufrage »

FRANZ SCHUBERT
Sonate D 959 en la Majeur (Live)
Allegro / Andantino / Scherzo : allegro vivace / Allegretto

 

Prise de son, mixage et mastering : Baptiste Chouquet – B media
Photos : Martin Trillaud – WAM
Création graphique : Gaëlle Delahaye
Production : Collection 1001 Notes
Piano : GĂ©rard Fauvin

CD – EnregistrĂ© en novembre 2018 Ă  Limoges

www.gasparddehaene.com

 

PROCHAINS CONCERTS 2019
de Gaspard DEHAENE

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12 avril : Narbonne – Violoncelle et piano, avec le violoncelliste Damien Ventula
14 avril : Bruxelles, Belgique – Concert en sonate piano / alto, avec l’altiste Adrien Boisseau
‹‹3 juin : Les Invalides, Paris – Concert partagĂ© avec Anne QueffĂ©lec
‹‹5 juin : Maison du Japon, Paris
23 juin : Festival de Nohant
‹‹12-14 juillet : Folle JournĂ©e Ă  Ekaterinburg, Russie
25 septembre : Carnegie Hall, New York
‹‹2 octobre : Tokyo, Japon – RĂ©cital au Toyosu civic center hall

PLUS D’INFOS :
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs

CD critique. DEBUSSY par VĂ©ronique BONNECAZE, piano (1 cd PARATY 2018)

bonnecaze vĂ©ronique cd debussy classiquenews annonce critique cdCD critique. DEBUSSY par VĂ©ronique BONNECAZE, piano (1 cd PARATY 2018). Somptueuse leçon de piano, le DEBUSSY de VĂ©ronique Bonnecaze captive autant par la rĂ©alisation musicale que la justesse poĂ©tique. Le choix du Bechstein 1900 est pertinent et trĂšs fĂ©cond, rappelant combien la sonoritĂ© est une question de toucher mais aussi de mĂ©canique, l’équilibre entre les deux, rĂ©vĂ©lant Ă©videmment le tempĂ©rament des plus grands. A notre connaissance aucun des plus grands interprĂštes internationaux ne partage avec VĂ©ronique Bonnecaze cette rĂ©flexion (et cette audace) sur le choix de l’instrument, en affinitĂ© avec le rĂ©pertoire et l’esthĂ©tique concernĂ©s. Tous les plus mĂ©diatisĂ©s, d’Argerich Ă  Pollini et Freire, sans omettre les talents de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, de Grosvenor Ă  Trifonov (Malofeev a encore du temps pour polir davantage son propre son), et l’on ne parle pas des lolitas people (telles Yuja Wang ou Alice Sara Ott): tous sans exception jouent sur Steinway ou Yamaha voire Fazioli. Notre Ă©poque est donc au formatage sonore. VoilĂ  donc dans le choix du piano, une approche qui se distingue
 nĂ©e d’un soin spĂ©cifique qui relĂšve d’une approche artisanale. Et elle fonctionne admirablement.
VĂ©ronique Bonnecaze a elle-mĂȘme soulignĂ© combien grĂące au Bechstein, une marque apprĂ©ciĂ©e par Claude Debussy, les mĂ©langes et superpositions des harmonies sont comme « rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es » grĂące au piano d’époque. Cela profite aussi Ă  cette quĂȘte spĂ©cifique du timbre qui ouvre de nouveaux espaces, cultive des sensations inĂ©dites, rĂ©invente l’expĂ©rience de l’auditeur.
La maĂźtrise technique et la hauteur de vue sur le plan poĂ©tique Ă©clatent dĂšs « Clair de lune », extrait de Suite Bergamasque, d’aprĂšs Verlaine et qui est une piĂšce de jeunesse (1890) : techniquement assez aisĂ©e, la sĂ©quence cĂ©lĂšbre en trĂšs peu de notes, l’évasion vers la sensualitĂ© suspendue, porte des imaginaires ; en un jeu intĂ©rieur, c’est un nocturne amoureux, ou un souvenir intime dont la caresse produit une extase toujours renouvelĂ©e. Le jeu de VĂ©ronique Bonnecaze montre tout ce qui compose le gĂ©nie de Debussy : son sens de la construction, son goĂ»t de la couleur, tout infĂ©odĂ©s Ă  l’intensitĂ© du souvenir qui ressuscite ; c’est comme la madeleine de Proust : une sensation qui s’électrise Ă  mesure qu’elle est rĂ©itĂ©rĂ©e. On y retrouve dans les bĂ©mols (5 Ă  la clĂ©), la puissance harmonique des climats de PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune : autre voluptĂ© souveraine. Magnifique entrĂ©e en matiĂšre pour ce programme idĂ©alement conçu.
SĂ©quence plus lumineuse encore, L’Isle joyeuse (1904) s’inscrit pleinement dans le choix du Bechstein : la mĂ©canique maĂźtrisĂ©e exprime cet Ă©lan vers la vie, cet appel fluide et continument ondulant Ă  l’extase
 amoureuse elle aussi car Debussy sur l’üle de Jersey cĂ©lĂšbre alors sa passion pour Emma Bardac, avec laquelle il partage dĂ©sormais sa vie. La matiĂšre sonore s’électrise lĂ  aussi, mais en s’allĂ©geant, immatĂ©rielle et climatique, fusionnant l’image de l’üle et le vent marin qui glisse et s’évade. VĂ©ronique Bonnecaze convoque idĂ©alement ce Debussy poĂšte, ivre de la sensation, collectionneur des climats, grand alchimiste des Ă©lĂ©ments mĂȘlĂ©s et sublimĂ©s.

Avec Images de 1907 (2Ăš sĂ©rie), nous sommes encore dans l’enivrement des sens, servi par une technique de plus en plus allusive, picturale, et 
 quasi abstraite. « Poissons d’or » dĂ©signe les poissons scintillants dans l’onde (les « Goldfishes » des anglais) dont l’écriture exprime l’immatĂ©rialitĂ© active, la sensation fugitive des Ă©cailles et de l’oeil du poisson, en mouvement permanent, que le jeu de la pianiste embrase littĂ©ralement par sa digitalitĂ© lĂ  encore picturale, essentielle, vibratile. PrĂ©cise, la palette des nuances ainsi restituĂ©e renvoie au panneau laquĂ© chinois que possĂ©dait Debussy et qui reprĂ©sentait des poissons de nacre et d’or. Davantage qu’une description, c’est la sensation mĂȘme su sujet ; l’impressionnisme de Debussy cristallise la forme Ă©vanescente du poisson dont le piano exprime la station mobile, le mouvement lui-mĂȘme.
On relĂšve cette mĂȘme qualitĂ© vibratile du toucher dans « Et la lune descend sur le temple qui fut » dont l’orientalisme Ă©grĂšne sa matiĂšre cristalline et presque froide en une Ă©vocation qui suscite lĂ  aussi la vision poĂ©tique et picturale.
La force de l’évocation chez Debussy est de fusionner le temps et l’espace Ă  travers un tissu sonore d’une voluptĂ© harmonique Ă  la fois dense et vaporeuse. VĂ©ronique Bonnecaze nous fait Ă©couter tout cela ; au compositeur poĂšte et peintre, l’interprĂšte dĂ©tecte et rĂ©vĂšle aussi le visionnaire cinĂ©aste, car Debussy compose en images et en mouvement, avec un sens de la composition qui cite immĂ©diatement des cadrages prĂ©cis.

debussy-portrait-dossier-centenaire-2018C’est Ă©videmment le cas des PrĂ©ludes (Premier Livre : 1909-1910), aux titres Ă©vocateurs qui sont autant d’épisodes immĂ©diatement caractĂ©risĂ©s, de vrais tableaux riches en timbres, couleurs, harmonies rares et changeantes, porteuses de nuances sonores jamais conçues jusque lĂ  avec autant de force et de raffinement. Le compositeur stimule notre imaginaire : le vif argentĂ© et foudroyant des Collines d’Anacapri ; le tumulte incisif, puissant et ciselĂ© de Ce qu’a vu le vent d’Ouest (encore un Ă©pisode qui fusionne mouvement et image) ; la respiration allusive flattant l’archaĂŻsme feutrĂ© de la Fille aux cheveux de lin ; les trois derniers PrĂ©ludes enchantent par leur identitĂ© et leur violence maĂźtrisĂ©es. Debussy fait surgir sa CathĂ©drale engloutie au lever du soleil (pour ensuite s’enfoncer dans la mer) : en une sĂ©rie d’arches et de portiques qui gagnent Ă  chaque passage l’épaisseur et le poids du mystĂšre ; l’ampleur du monument jaillit, se dessine Ă  mesure qu’il s’enfonce. Il y a ces deux mouvements simultanĂ©s qui pourtant se rĂ©alisent dans l’immatĂ©rialitĂ© du secret : l’ampleur sonore comme un jeu d’orgue fusionne aussi ici l’air et l’eau.

Puis VĂ©ronique Bonnecaze, synthĂ©tisant la fantaisie illimitĂ©e et libre de Mendelssohn inspirĂ© par Shakespeare (Songe d’une nuit d’étĂ©), exprime l’humeur de Puck, le lutin espiĂšgle et aĂ©rien, Ă  la fois capricieux et fantasque qui avec ObĂ©ron, manipule, trompe, envoĂ»te les amants perdus, Ă©garĂ©s
 En un jeu comme fugace et magistralement esquissĂ©, la pianiste convoque ce monde nocturne enchantĂ© et d’une subtilitĂ© arachnĂ©enne qui s’accomplit dans la derniĂšre phrase telle une ultime esquive Ă  peine perceptible.

Du chien, du caractĂšre et du panache,  l’esprit taquin de Minstrels rĂ©sonne dans sa succession quasi heurtĂ©e et finalement trĂšs jazzy de formules Ă  la Satie. La vitalitĂ© rythmique qui souligne aussi le goĂ»t du jeu, une facĂ©tie quasi enfantine chez Debussy, transparaĂźt clairement dans la lecture de VĂ©ronique Bonnecaze.

CLIC_macaron_2014Fluide, ondulante, La plus que lente (1910) dĂ©ploie ce somptueux abandon mais avec un sens de la retenue et du caprice
 digne de Ravel. LĂ  encore le style est Ă©lĂ©gantissime, et le toucher caressant, amusĂ©. On ne saurait imaginer meilleur rĂ©cital concluant ainsi l’annĂ©e Debussy en France. Magistral rĂ©cital.

 

 

 

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VOIR  le TEASER vidéo du cd DEBUSSY / Bechstein 1900 par Véronique Bonnecaze (1 cd PARATY)

http://www.classiquenews.com/video-teaser-veronique-bonnecaze-joue-debussy-bechstein-1900-1-cd-paraty/

 

 

 

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AGENDA / CONCERT

Dimanche 3 février 2019 // 16h
A la Ferme de Villefavard, Limousin
2, impasse de la Cure de l’Église – 87190 Villefavard

 

 

 

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PROGRAMME DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze

1. Clair de lune (1890)
2. L’Isle Joyeuse (1903-1904)
Images, 2e série (1907)
3. Cloches Ă  travers les feuilles
4. Et la lune descend sur le temps qui fut
5. Poissons d’or
Préludes, Livre I (1909-1910)
6. I. Danseuses de Delphes
7.II. Voiles
8. III. Le Vent dans la plaine
9. IV. « Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir »
10.V. Les Collines d’Anacapri
11. VI. Des pas sur la neige
12. VII. Ce qu’a vu le vent d’Ouest
13. VIII. La Fille aux cheveux de lin
14. IX. La Sérénade interrompue
15. X. La Cathédrale engloutie
16. XI. La Danse de Puck
17. XII. Minstrels
18. XIII. La plus que lente L.121 (1910)
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Enregistrement réalisé en mars 2018 à la Ferme de Villefavard sur piano C. Bechstein 1900 - Prise de son, montage, mastering : Cyrille Métivier
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LIRE aussi notre présentation du CD DEBUSSY / Bechstein 1900 par Véronique Bonnecaze (1 cd PARATY)

http://www.classiquenews.com/veronique-bonnecaze-joue-debussy/

CD DEBUSSY événement : Récital Claude DEBUSSY par Véronique BONNECAZE (1 cd Paraty)

bonnecaze vĂ©ronique cd debussy classiquenews annonce critique cdVIDEO, teaser. VERONIQUE BONNECAZE joue DEBUSSY... Pour PARATY, la pianiste VĂ©ronique BONNECAZE joue Debussy sur un piano Bechstein 1900. Parution aujourd’hui vendredi 25 janvier 2019. Version française (© studio CLASSIQUENEWS.TV – RĂ©alisation : PA PHAM) –  EnregistrĂ© Ă  la Ferme de Villefavard en mars 2018 sur un piano Bechstein, le nouveau cd de la pianiste française VĂ©ronique Bonnecaze clĂŽt l’annĂ©e du centenaire Debussy 2018 et crĂ©e l’évĂ©nement en dĂ©but 2019, tant le geste pianistique, le choix des piĂšces et celui du piano (un Bechstein restaurĂ© pour l’occasion) et leur enchaĂźnement suscitent l’admiration. Pianiste et compositeur, Debussy rĂ©invente le langage pianistique au dĂ©but du XXĂš, en Ă©troite connivence avec les mondes poĂ©tiques et littĂ©raires. En ambassadrice inspirĂ©e, VĂ©ronique Bonnecaze dĂ©tecte les allitĂ©rations et connotations allusives de l’écriture d’un Debussy poĂšte ; le choix du Bechstein de 1900 est lĂ©gitime car Debussy travaillait sur ce type de clavier qui permet des recherches et des trouvailles aussi subtiles que spĂ©cifiques en particulier sur les Ă©tagements harmoniques
 : VĂ©ronique BONNECAZE s’affirme ici CLIC_macaron_2014comme une debussyste de premier plan. L’interprĂšte aborde des intemporels sublimes tels Clair de lune, L’Isle joyeuse ; mais aussi les perles d’une ineffable ferveur du Livre I des PrĂ©ludes (1909 – 1910), dont Danseuse de Delphes, Les Collines d’Anacapri, Ce qu’a vu le vent d’ouest, la CathĂ©drale engloutie, la Danse de Puck
 Son album est l’une des plus Ă©blouissantes rĂ©ussites de l’annĂ©e Debussy, Ă©ditĂ© par le label français fondĂ© par Bruno Procopio, PARATY. CD Ă©vĂ©nement et CLIC de classiquenews de janvier 2019.

 

 

 

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LIRE ici notre prĂ©sentation “premiĂšres impressions ” du cd DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze, prochains concerts de la pianiste au fluide poĂ©tique irrĂ©sistible
http://www.classiquenews.com/veronique-bonnecaze-joue-debussy/

bonnecaze-veronique-debussy-paraty-cd-evenement-clic-de-classiquenews-582-classiquenews-critique-cd-debussy-cd-concert

 

 

 

 

LIRE aussi notre COMPTE RENDU du CONCERT Récital Liszt Debussy par Véronique Bonnecaze, au Cercle France Amériques, le 14 janvier 2019, premier concert de lancement du cd DEBUSSY / BECHSTEIN 1900 par Véronique BONNECAZE (1 cd PARATY)

 

bonnecaze vĂ©ronique cd debussy classiquenews annonce critique cdCOMPTE-RENDU, concert. PARIS, cercle France-AmĂ©riques, le 14 janvier 2019. VĂ©ronique BONNECAZE, piano. LISZT, DEBUSSY. Il fallait bien attendre la fin de l’annĂ©e Debussy (et donc au delĂ ) pour disposer enfin d’une main sĂ»re, d’une pensĂ©e entiĂšre capable d’en comprendre et la construction rĂ©volutionnaire et l’infini poĂ©tique : si l’annĂ©e Debussy 2018 est bel et bien derriĂšre nous, janvier 2019 nous renvoie Ă  cette (triste car timide) annĂ©e de cĂ©lĂ©bration du centenaire, mais ici revivifiĂ©e avec Ă©clat et pertinence grĂące Ă  l’approche de la pianiste VĂ©ronique Bonnecaze. L’expĂ©rience du concert confirme la rĂ©ussite de son disque dĂ©diĂ© au grand Claude, que fait paraĂźtre le label Paraty, ce 25 janvier 2019. Le cercle France-AmĂ©riques accueille son premier concert de lancement. LIRE la critique complĂšte ici

 

 

 

PERLES SUR LA TOILE… Alexander MALOFEEV (FEYEV) dĂ©c 2018

malofeev malofeyev alexander piano jeune pianiste classique concerts annonce jeunes talentsSUR LA TOILE 
 Jeune pianiste Ă  suivre. Le russe Alexander Malofeev, que sa blondeur pourrait assimiler aux jeunes hĂ©ros de l’Europe du nord, saisit par sa gravitĂ© juste et pudique, malgrĂ© ses. 17 ans en dĂ©cembre 2018
 Son jeu a la puissance et la carrure des grands russes, capables spĂ©cifiquement d’un dĂ©liĂ© serein et calme, pourtant intense et investi ; d’une clartĂ© naturelle et souple qui forcent l’admiration. La technique est somptueuse, lui permettant d’affirmer une belle gymnastique imaginative ; avec des phrasĂ©s intĂ©rieurs d’une sensibilitĂ© trĂšs juste, et une souplesse dans les passages les plus contrastĂ©s. Dans le Concerto n°3 de Rachmaninov, le jeune virtuose sait trouver l’équilibre entre vĂ©locitĂ©, intĂ©rioritĂ© et lyrisme Ă©chevelĂ© (Tchaikovsky concert hall du 30 dĂ©c 2018 – presque 70 000 vues en janvier 2019). Sans aucun doute, Alexander Malofeev est aujourd’hui “Le” jeune talent russe Ă  suivre, aux cĂŽtĂ©s de ses “aĂźnĂ©s”, Daniil Trifonov (avec lequel il partage une mĂȘme passion pour les mondes fantastiques et enchantĂ©s de Rachmaninov…), Denis Matsuev… nos prĂ©fĂ©rĂ©s. Sans omettre le rĂ©cemment distinguĂ© Dmitri Masleev

Alexander MALOFEEV / FEYEV
le nouveau prodige russe du piano

Evidemment son jeune Ăąge (17 ans), l’empĂȘche encore de ciseler jusqu’aux moindres nuances de l’architecture d’une oeuvre Ă  la fois colossale et intime dont les vertiges doivent Ă©viter tout pathos et imprĂ©cisions. Il manque encore de profondeur et un rubato qui exprime le mystĂšre, mais quelle sincĂ©ritĂ©, quelle candeur enchantĂ©e dans un jeu douĂ© de qualitĂ©s de sobriĂ©tĂ©, de finesse
 A cet Ăąge cela tient d’une intelligence rare. Sa personnalitĂ© retient l’attention. InvitĂ© comme le plus jeune pianiste Ă  la Roque d’AnthĂ©ron en 2016 (14 ans), Alexander Malofeev (ou Malofeyev) a l’étoffe des plus grands car il sait cultiver une douceur ineffable, une pudeur que peut savent mĂȘme aguerris, simplement Ă©noncer. Pas de virtuositĂ© dĂ©placĂ©e mais l’expression d’une candeur marquĂ©e par une riche vie intĂ©rieure. C’est l’enseignement de ce concert Rachmaninov
 La captation rĂ©alisĂ©e en Russie dĂ©voile un authentique Jeune talent russe, Ă  suivre dĂ©sormais. Avec l’orchestre national des jeunes russe, dirigĂ© par Dimitris Botinis.

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https://www.youtube.com/watch?v=SCHg9tup9NA

JEUNE TALENT Ă  suivre : Alexander Malofeyev

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S.Rachmaninoff. Piano Concerto No.3 in D minor, Op.30. – 42 mn
Soloist : AlexandДr Malofeev (17 y.o. /17 ans).
Russian National Youth Symphony Orchestra.
Conductor, direction : Dimitris Botinis.
Tchaikovsky Concert Hall.
30/12/2018

 

ĐĄ.В.Đ Đ°Ń…ĐŒĐ°ĐœĐžĐœĐŸĐČ. ĐšĐŸĐœŃ†Đ”Ń€Ń‚ № 3 ĐŽĐ»Ń Ń„ĐŸŃ€Ń‚Đ”ĐżĐžĐ°ĐœĐŸ с ĐŸŃ€ĐșĐ”ŃŃ‚Ń€ĐŸĐŒ рД ĐŒĐžĐœĐŸŃ€, ŃĐŸŃ‡. 30.
ĐĄĐŸĐ»ĐžŃŃ‚ АлДĐșŃĐ°ĐœĐŽŃ€ ĐœĐ°Đ»ĐŸŃ„Đ”Đ”ĐČ (17 лДт).
Đ ĐŸŃŃĐžĐčсĐșĐžĐč ĐœĐ°Ń†ĐžĐŸĐœĐ°Đ»ŃŒĐœŃ‹Đč ĐŒĐŸĐ»ĐŸĐŽĐ”Đ¶ĐœŃ‹Đč ŃĐžĐŒŃ„ĐŸĐœĐžŃ‡Đ”ŃĐșĐžĐč ĐŸŃ€ĐșДстр.
ДОрОжДр Đ”ĐžĐŒĐžŃ‚Ń€ĐžŃ Đ‘ĐŸŃ‚ĐžĐœĐžŃ.
ĐšĐŸĐœŃ†Đ”Ń€Ń‚ĐœŃ‹Đč Đ·Đ°Đ» ĐžĐŒ.П.И.ЧаĐčĐșĐŸĐČсĐșĐŸĐłĐŸ.
30/12/2018

https://www.youtube.com/watch?v=SCHg9tup9NA

AUTRE VIDEO avec Alexander MALOFEEV : Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini de Rachmaninov (Myun-Whun Chung, RAI 2017)

malofeev-alexander-rhapsodie-sur-theme-de-paganini-rachmaninov-concert-annonce-critique-selection-classiquenews

Compte rendu, concert. DIJON, le 15 janv 2019. Chopin, Liszt, Schumann. Sophie Pacini, piano.

Compte rendu, rĂ©cital, Dijon, OpĂ©ra, le 15 janvier 2019. Chopin, Liszt, Schumann. Sophie Pacini, piano
 Le programme, romantique, redoutable aussi, est dĂ©pourvu de surprises, sinon celle de l’interprĂšte. Sophie Pacini germano-italienne, vient d’avoir 27 ans. MalgrĂ© ses rĂ©compenses, ses enregistrements, ses rĂ©citals et concerts, elle demeure peu connue en France, et c’est bien dommage. AprĂšs la Seine musicale, avec un programme sensiblement diffĂ©rent, Dijon bĂ©nĂ©ficie de son apparition.

Fascinante, mais déconcertante

Sophie_Pacini_piano concert critique par classiquenewsImposante de stature, son jeu athlĂ©tique, musclĂ©, surprend autant par sa virtuositĂ© singuliĂšre que par son approche personnelle d’Ɠuvres qui sont dans toutes les oreilles. C’est la Fantaisie –impromptu, opus 66 de Chopin, qui ouvre le rĂ©cital. Virile en diable, mĂȘme si sa lecture conserve un aspect conventionnel,  c’est du Prokofiev dans ce qu’il y a de plus puissant, voire fĂ©roce, avec des rythmiques exacerbĂ©es, accentuĂ©es comme jamais, sans que Donizetti soit lĂ  pour le cantabile. Les affirmations impĂ©rieuses l’emportent sur les confidences, la tendresse, la mĂ©lancolie, estompĂ©es, d’autant que les tempi sont toujours trĂšs soutenus. L’ample Polonaise-Fantaisie en la bĂ©mol porte la mĂȘme empreinte : la tristesse, la douleur s’effacent devant l’exacerbation des tensions, de l’agitation, grandiose.
Les deux premiĂšres consolations de Liszt, singuliĂšrement, nous font dĂ©couvrir cette intimitĂ© que l’on attendait plus tĂŽt. Retenue pour la premiĂšre, fluide pour la seconde, elles respirent et leur poĂ©sie nous touche. La transcription de l’Ouverture de TannhĂ€user est magistrale, servie par une virtuositĂ© inspirĂ©e, de la marche qui s’enfle pour s’épuiser, avec Ă©motion, en  passant par la dĂ©bauche folle du Venusberg, pour s’achever dans la douceur lumineuse du chƓur, qui se mue en exaltation jubilatoire. L’énergie, la maĂźtrise Ă  couper le souffle donnent Ă  cette piĂšce une force comparable Ă  celle de la version orchestrale.
Le Schumann du Carnaval nous interroge encore davantage que les deux piĂšces de Chopin.  Il faut en chercher la poĂ©sie, le fantasque tant les mouvements adoptĂ©s, bien que contrastĂ©s, sont matiĂšre Ă  une virtuositĂ© Ă©blouissante, dĂ©monstrative. Le flux continu, dĂ©pourvu de respirations, de cĂ©sures, de silences, substitue une forme d’emportement rageur aux bouffĂ©es d’émotion, aux incertitudes. L’urgence davantage que l’instabilitĂ©. Les tempi frĂ©nĂ©tiques, le staccato altĂšrent ces « scĂšnes mignonnes » privĂ©es de sĂ©duction. Le piano est brillant autant que bruyant, mĂ©tallique, monochrome, et ne s’accorde guĂšre aux climats qu’appelle ce Carnaval. Au risque de sacrifier un instrument, il faudrait inciter Sophie Pacini Ă  jouer sur un piano contemporain de ces Ɠuvres : nul doute qu’elle serait conduite  à substituer la force expressive au muscle et aux nerfs, pour une palette sonore enrichie.
Le bis offert (l’Allegro appassionato de Saint-SaĂ«ns) confirme qu’elle est bien lĂ  dans son Ă©lĂ©ment, avec une virtuositĂ© Ă©panouie.

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Compte rendu, récital, Dijon, Opéra, le 15 janvier 2019. Chopin, Liszt, Schumann. Sophie Pacini, piano. Crédit photographique © DR

VĂ©ronique BONNECAZE joue DEBUSSY

bonnecaze vĂ©ronique cd debussy classiquenews annonce critique cdPARIS, lundi 14 janv 2019, 19h30. DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze. Centenaire DEBUSSY 2018 : le cd Ă©vĂ©nement par VĂ©ronique BONNECAZE. EnregistrĂ© Ă  la Ferme de Villefavard en mars 2018 sur un piano Bechstein, le nouveau cd de la pianiste française VĂ©ronique Bonnecaze clĂŽt l’annĂ©e du centenaire Debussy 2018 et crĂ©e l’évĂ©nement en dĂ©but 2019, tant le geste pianistique, le choix des piĂšces et celui du piano (un Bechstein restaurĂ© pour l’occasion) et leur enchaĂźnement suscitent l’admiration. Pianiste et compositeur, Debussy rĂ©invente le langage pianistique au dĂ©but du XXĂš, en Ă©troite connivence avec les mondes poĂ©tiques et littĂ©raires. En ambassadrice inspirĂ©e, VĂ©ronique Bonnecaze dĂ©tecte les allitĂ©rations et connotations allusives de l’écriture d’un Debussy poĂšte ; le choix du Bechstein de 1900 est lĂ©gitime car Debussy travaillait sur ce type de clavier qui permet des recherches et des trouvailles aussi subtiles que spĂ©cifiques en particulier sur les Ă©tagements harmoniques
 : VĂ©ronique BONNECAZE s’affirme ici comme une debussyste de premier plan. L’interprĂšte aborde des intemporels sublimes tels Clair de lune, L’Isle joyeuse ; mais aussi les perles d’une ineffable ferveur du LIvre I des PrĂ©ludes (1909 – 1910), dont Danseuse de Delphes, Les Collines d’Anacapri, Ce qu’a vu le vent d’ouest, la CathĂ©drale engloutie, la Danse de Puck
 Son album est l’une des plus Ă©blouissantes rĂ©ussites de l’annĂ©e Debussy, Ă©ditĂ© par le label français fondĂ© par Bruno Procopio, PARATY. CD Ă©vĂ©nement et CLIC de classiquenews de janvier 2019. VĂ©ronique Bonnecaze publie cet album jubilatoire le 25 janvier 2019 et joue des extraits du cycle qu’elle a enregistrĂ© au cours de plusieurs concerts de lancement :

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Les 14 puis 26 janvier, le 3 février 2019
CONCERTS DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze
3 concerts de lancement

 
 
 

Lundi 14 janvier 2019 // 19h30
Cercle France-Amériques
9, avenue Franklin D Roosevelt 75008 Paris
Concert suivi d’une rencontre avec l’artiste autour d’un cocktail

 
 
 

Samedi 26 janvier 2019 //
L’Atelier de Peter Wielick
Place de Bronckart, 18-20 – 4000 LiĂšge – Belgique

 
 
 

Dimanche 3 février 2019 // 16h
A la Ferme de Villefavard, Limousin
2, impasse de la Cure de l’Église – 87190 Villefavard

 
 
 

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TOUTES LES INFOS sur le site
www.veroniquebonnecaze.com
https://www.veroniquebonnecaze.com

et aussi sur
PARATY.FR
http://paraty.fr/#

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VOIR LE TEASER DU CD Debussy par VĂ©ronique Bonnecaze (1 cd Paraty / 25 janvier 2019) – Distribution Harmonia Mundi / PIAS

https://youtu.be/MK1_b6oan9Y

 
 
 

bonnecaze véronique cd debussy classiquenews annonce critique cd

 
 
 

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PROGRAMME DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze

 
 
 

1. Clair de lune (1890)
2. L’Isle Joyeuse (1903-1904)
Images, 2e série (1907)
3. Cloches Ă  travers les feuilles
4. Et la lune descend sur le temps qui fut
5. Poissons d’or

Préludes, Livre I (1909-1910)
6. I. Danseuses de Delphes
7.II. Voiles
8. III. Le Vent dans la plaine
9. IV. « Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir »
10.V. Les Collines d’Anacapri
11. VI. Des pas sur la neige
12. VII. Ce qu’a vu le vent d’Ouest
13. VIII. La Fille aux cheveux de lin
14. IX. La Sérénade interrompue
15. X. La Cathédrale engloutie
16. XI. La Danse de Puck
17. XII. Minstrels
18. XIII. La plus que lente L.121 (1910)

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Enregistrement réalisé en mars 2018 à la Ferme de Villefavard sur piano C. Bechstein 1900 - Prise de son, montage, mastering : Cyrille Métivier

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CENTENAIRE DEBUSSY 2018

 
 
 
EN LIRE PLUS : dossier CENTENAIRE DEBUSSY 2018
, le bilan d’une annĂ©e de cĂ©lĂ©bration bien timide : le cd qui paraĂźt en janvier 2019 chez Paraty, outre l’affirmation du tempĂ©rament de la pianiste VĂ©ronique Bonnecaze, rĂ©tablit avec Ă©clat le gĂ©nie du compositeur pour le piano… Une rĂ©alisation bienvenue qui clĂŽt de façon superlative les cĂ©lĂ©brations Debussy en France.

 
 
 
 
 
 

CD, coffret, critique. YVONNE LORIOD : the complete recordings VEGA 1956 – 1963 (13 cd DECCA)

loriod yvonne complete vega recordings 1956 1963 cd review critique cd coffret par classiquenews32581947378CD, coffret, critique. YVONNE LORIOD : the complete recordings VEGA 1956 – 1963 (13 cd DECCA) – La reine Yvonne pour le roi des instruments, clavier majeur Ă  l’ùre romantique aux cĂŽtĂ©s du piano. NĂ©e Ă  Houilles en janvier 1924, dĂ©cĂ©dĂ©e le 17 mai 2010 Ă  Saint-Denis, Yvonne Loriod fut l’élĂšve de Lazare LĂ©vy, Darius Milhaud et surtout de Messiaen (en analyse musicale) au Conservatoire de Paris, Ă©pousant ce dernier. Pianiste Ă  la rĂ©putation internationale, contemporaine d’Alicia de Larrocha (nĂ©e en 1923), crĂ©ant de son mari, les Visions de l’Amen en (1943), les Vingt Regards sur l’Enfant-JĂ©sus en 1944. Soucieuse de dĂ©fendre les Ɠuvres du XXĂš, la pianiste rĂ©gĂ©nĂšre la lecture et le comprĂ©hension des Ɠuvres choisies, celles contemporaines Ă©videmment (cd 6 Ă  cd 13 : 8 cd dĂ©diĂ©s au XXĂš, de Webern, Boulez, BarraquĂ©, Berg, et surtout Messiaen, du cd 7 au cd 13 : comprenant Visions de l’Amen, Oiseaux exotiques, Vingt regards sur l’Enfant 19loriodimg-popupJĂ©sus, Catalogue d’oiseaux, Livres I, II, V, VI, VII), Sept Haikai / esquisses japonaises, sans omettre la Turangalila Symphonie
 A cette ouverture d’esprit et la proximitĂ© des Ă©critures modernes, se rĂ©affirme aussi une connaissance profonde du rĂ©pertoire classique, rĂ©Ă©clairant Mozart (nombreuses Fantasias, Concertos K37, K39, K40, K41, Sonates alla Turca,
) ; parmi les Romantiques, distinguons de Robert Schumann : 8 Novelletten ; Liszt (Sonate en si) ; Albeniz (Iberia : Cahiers 1- 4)
 La fluiditĂ© de son Schumann, la clartĂ© sobre de ses Mozart, l’énergie de son Chopin (12 Etudes), attestent d’une sensibilitĂ© maĂźtrisĂ©e, dĂ©notant un tempĂ©rament taillĂ© pour l’architecture, et les nuances. Beau tempĂ©rament qui mĂ©rite Ă©videmment la rĂ©Ă©dition de ses archives VĂ©ga.

 

 Loriod yvonne organiste orgue cd coffret LORIOD VEGA critique cd classiquenews

 

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CD, coffret, critique. YVONNE LORIOD : the complete VÉGA recordings 1956 – 1963 (13 cd DECCA 48170692).

 

 

 

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Compositeurs :

Alban Berg
Anton Webern
Arnold Schoenberg
Franz Liszt
Frédéric Chopin
Igor Stravinsky
Jean Barraqué
Manuel de Falla
Olivier Messiaen
Pierre Boulez
Robert Schumann
Wolfgang Amadeus Mozart

 

 

 

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DĂ©tail de chaque cd :

Supporto 1
1 Fantasia for Violin & Piano in C Minor K.396 (Arr. for Piano by Maximilian Stadler)
07:47 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
2 1. Prelude [Prelude and Fugue in C, K.394]
04:25 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
3 2. Fugue [Prelude and Fugue in C, K.394]
04:18 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
4 Fantasia in C Minor, K.475
11:08 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer/Author: Wolfgang Amadeus Mozart
5 Fantasia in D Minor, K.397
04:54 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
6 Rondo In D, K.485
04:23 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
7 1. Allegro [Piano Concerto No.1 in F, K.37]
05:06 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
8 2. Andante [Piano Concerto No.1 in F, K.37]
05:54 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
9 3. Rondo – Allegro [Piano Concerto No.1 in F, K.37]
06:15 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
10 1. Allegro spiritoso [Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, K.39]
04:40 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
11 2. Andante staccato [Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, K.39]
06:32 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
12 3. Molto allegro [Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, K.39]
03:32 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart

Supporto 2
1 1. Allegro maestoso [Piano Concerto No. 3 in D major, K.40]
05:29 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
2 2. Andante [Piano Concerto No. 3 in D major, K.40]
04:16 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
3 3. Presto [Piano Concerto No. 3 in D major, K.40]
03:26 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
4 1. Allegro [Piano Concerto No.4 in G, K.41]
05:13 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
5 2. Andante [Piano Concerto No.4 in G, K.41]
04:42 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
6 3. Allegro [Piano Concerto No.4 in G, K.41]
03:31 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
7 1. Tema (Andante grazioso) con variazioni [Piano Sonata No.11 In A, K.331 -"Alla Turca"]
07:20 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
8 2. Menuetto [Piano Sonata No.11 In A, K.331 -"Alla Turca"]
05:44 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
9 3. Rondo alla Turca [Piano Sonata No.11 In A, K.331 -"Alla Turca"]
03:28 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
10 Piano sonata In B minor, S.178
28:50 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Franz Liszt

Supporto 3
1 No.1 in A flat major [12 Etudes, Op. 25]
02:55 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
2 No.12 in C minor [12 Etudes, Op. 10]
02:33 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
3 No.8 in D flat major [12 Etudes, Op. 25]
01:29 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
4 No.5 in G flat major [12 Etudes, Op. 10]
01:48 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
5 No.9 in G flat major [12 Etudes, Op. 25]
01:09 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
6 No.6 in G sharp minor [12 Etudes, Op.25]
02:11 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
7 Etude in A flat major, Op. posthumous No. 3
02:03 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
8 No.2 in F minor [12 Etudes, Op. 25]
01:38 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
9 No.3 in F major [12 Etudes, Op.25]
01:56 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
10 No.8 in F Major [12 Etudes, Op. 10]
02:24 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
11 No.5 in E minor [12 Etudes, Op. 25]
04:00 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
12 No.11 in A minor [12 Etudes, Op. 25]
03:42 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
13 No.1 in F : Markiert und krÀftig [Noveletten, Op.21]
05:04 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
14 No.2 in D : Äusserst rasch und mit Bravour – Intermezzo. Etwas langsamer, durchaus zart [Noveletten, Op.21]
06:21 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
15 No. 3 in D: Leicht und mit Humor – Intermezzo. Rasch und wild [Noveletten, Op.21]
04:57 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
16 No.4 in D : BallmĂ€ssig. Sehr munter – Noch schneller [Noveletten, Op.21]
03:33 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
17 No.5 in D : Rauschend und festlich – Sehr lebhaft [Noveletten, Op.21]
09:19 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
18 No.6 in A : Sehr lebhaft, mit vielem Humor [Noveletten, Op.21]
04:07 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
19 No.7 in E : Äussert rasch – Etwas langsamer [Noveletten, Op.21]
02:52 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
20 No.8 in F sharp minor : Sehr lebhaft – Fortsetzung und Schluss. Munter, nicht zu rasch [Noveletten, Op.21]
12:03 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann

Supporto 4
1 1. EvocaciĂłn [Iberia, B.47 / Book 1]
04:29 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
2 2. El Puerto [Iberia, B.47 / Book 1]
03:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
3 3. El Corpus Christi en Sevilla [Iberia, B.47 / Book 1]
08:45 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
4 4. Rondeña [Iberia, B.47 / Book 2]
06:10 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
5 5. Almeria [Iberia, B.47 / Book 2]
08:46 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
6 6. Triana [Iberia, B.47 / Book 2]
05:16 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
7 7. El AlbaicĂ­n [Iberia, B.47 / Book 3]
07:22 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
8 8. El Polo [Iberia, B.47 / Book 3]
07:52 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
9 9. Lavapiés [Iberia, B.47 / Book 3]
06:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod

Supporto 5
1 10. MĂĄlaga [Iberia, B.47 / Book 4]
05:48 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
2 11. JĂ©rez [Iberia, B.47 / Book 4]
10:57 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
3 12. Eritaña [Iberia, B.47 / Book 4]
06:38 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
4 1. En el generalife [Noches en los jardines de España]
11:26 Yvonne Loriod, Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris, Manuel Rosenthal
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris – Conductor: Manuel Rosenthal – Composer: Manuel de Falla
5 2. Danza lejana [Noches en los jardines de España]
04:48 Yvonne Loriod, Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris, Manuel Rosenthal
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris – Conductor: Manuel Rosenthal – Composer: Manuel de Falla
6 3. En los jardines de la Sierra de Cordoba [Noches en los jardines de España]
09:12 Yvonne Loriod, Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris, Manuel Rosenthal
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris – Conductor: Manuel Rosenthal – Composer: Manuel de Falla
7 1. Ouverture. Allegretto. Sehr flott [Suite, Op. 29]
07:01 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
8 2. Tanzschritte [Suite, Op. 29]
06:13 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
9 3. Thema mit Variationen [Suite, Op. 29]
05:03 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
10 4. Gigue [Suite, Op. 29]
06:12 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
11 Concerto per il Marigny
06:31 Yvonne Loriod, Rudolf Albert, Orchestre Du Domaine Musical
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Conductor: Rudolf Albert – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Composer/Author: Hans Werner Henze

Supporto 6
1 1. Sehr mĂ€ĂŸig [Variations for Piano, Op.27]
01:37 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Anton Webern
2 2. Sehr schnell [Variations for Piano, Op.27]
00:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Anton Webern
3 3. Ruhig fließend [Variations for Piano, Op.27]
03:02 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Anton Webern
4 1. ExtrĂȘmement rapide [Piano Sonata No.2]
07:09 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
5 2. Lent [Piano Sonata No.2]
11:03 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
6 3. Modéré, presque vif [Piano Sonata No.2]
02:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
7 4. Vif [Piano Sonata No.2]
11:38 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
8 Pt. 1 [Sonate pour piano]
08:00 Yvonne Loriod
Producer: Jean BarraquĂ© – Piano: Yvonne Loriod – Recording Engineer: Pierre Rosenwald – Composer: Jean BarraquĂ©
9 Pt. 2 [Sonate pour piano]
23:48 Yvonne Loriod
Producer: Jean BarraquĂ© – Piano: Yvonne Loriod – Recording Engineer: Pierre Rosenwald – Composer: Jean BarraquĂ©
10 Piano sonata in B Minor, Op. 1
08:18 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Alban Berg

Supporto 7
1 1. Amen de la Création [Visions de l'Amen]
04:31 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
2 2. Amen des Ă©toiles, de la planĂšte Ă  l’anneau [Visions de l'Amen]
05:23 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
3 3. Amen de l’agonie de JĂ©sus [Visions de l'Amen]
07:04 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
4 4. Amen du désir [Visions de l'Amen]
10:39 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
5 5. Amen des anges, des saintes, du chant des oiseaux [Visions de l'Amen]
08:11 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
6 6. Amen du Jugement [Visions de l'Amen]
02:41 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
7 7. Amen de la Consommation [Visions de l'Amen]
08:17 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
8 Cantéyodjayù
12:02 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
9 Oiseaux exotiques
13:53 Yvonne Loriod, Rudolf Albert, Orchestre Du Domaine Musical
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Conductor: Rudolf Albert – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 8
1 1. Regard du PĂšre [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:00 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 2. Regard de l’Ă©toile [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
02:52 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 3. L’Ă©change [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:24 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 4. Regard de la Vierge [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:00 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 5. Regard du Fils sur le Fils [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:51 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
6 6. Par Lui tout a été fait [Vingt regards sur l'Enfant-Jésus]
10:52 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
7 7. Regard de la Croix [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:44 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
8 8. Regard des hauteurs [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
02:31 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
9 9. Regard du temps [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:30 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
10 10. Regard de l’Esprit de joie [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
08:32 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
11 11. PremiĂšre communion de la Vierge [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
07:23 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
12 12. La Parole toute puissante [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
02:39 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
13 13. Noël [Vingt regards sur l'Enfant-Jésus]
04:25 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
14 14. Regard des anges [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:31 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 9
1 15. Le baiser de l’Enfant-JĂ©sus [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
10:41 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 16. Regard des prophĂštes, des bergers et des mages [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:03 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 17. Regard du silence [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:33 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 18. Regard de l’Onction terrible [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
07:30 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 19. Je dors, mais mon cƓur veille [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
09:27 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
6 20. Regard de l’Église d’amour [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
14:07 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
7 1. Le chocard des Alpes [Catalogue d'oiseaux / Book 1]
08:51 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
8 2. Le loriot [Catalogue d'oiseaux / Book 1]
07:05 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
9 3. Le merle bleu [Catalogue d'oiseaux / Book 1]
12:27 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 10
1 4. Le traquet stapazin [Catalogue d'oiseaux / Book 2]
14:36 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 5. La chouette hulotte [Catalogue d'oiseaux / Book 3]
06:23 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 6. L’alouette lulu [Catalogue d'oiseaux / Book 3]
06:41 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 7. La rousserolle effarvatte [Catalogue d'oiseaux / Book 4]
29:43 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 8. L’alouette calandrelle [Catalogue d'oiseaux / Book 5]
05:34 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
6 9. La bouscarle [Catalogue d'oiseaux / Book 5]
10:15 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 11
1 10. Le merle de roche [Catalogue d'oiseaux / Book 6]
18:35 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 11. La buse variable [Catalogue d'oiseaux / Book 7]
10:12 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 12. Le traquet rieur [Catalogue d'oiseaux / Book 7]
09:06 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 13. Le courlis cendré [Catalogue d'oiseaux / Book 7]
09:35 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 1. Introduction [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:54 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
6 2. Le parc de Nara et les lanternes de pierre [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:34 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
7 3. Yamanaka-cadenza [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
03:46 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
8 4. Gagaku [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
03:00 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
9 5. Miyajima et le torii dans la mer [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:26 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
10 6. Les oiseaux de Karuizawa [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
05:41 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
11 7. Coda [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:53 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen

etc
.
VOIR le tracklisting complet du cd 1 au cd 13
https://www.universalmusic.it/musica-classica/album/the-complete-vega-recordings-1956-1963_32581947378/

FESTIVAL La Nouvelle AthĂšnes (2 – 4 fĂ©vrier 2019)

pastedGraphic_1PARIS, Festival La Nouvelle AthĂšnes, 2 – 4 fĂ©v 2019. À LA DÉCOUVERTE DES PIANOS D’ÉPOQUE
 DĂ©couvrir les pianos romantiques et prĂ©-romantiques, c’est ce que propose le festival La Nouvelle AthĂšnes, sur l’initiative de Sylvie BrĂ©ly, du 2 fĂ©vrier au 4 fĂ©vrier, Ă  l’École Normale de Musique de Paris (salle Cortot) et Ă  la maison Heinrich Heine. Un festival original qui s’adresse aux mĂ©lomanes et aux pianistes Ă©tudiants mais aussi aux pianistes amateurs et professionnels dĂ©sireux de s’initier au toucher particulier de ces pianos.

6 pianos magnifiquement restaurĂ©s de la pĂ©riode 1795 – 1850 (anglais, français et viennois), provenant de diverses collections, dĂ©voileront leurs sonoritĂ©s et leurs richesses. Une occasion unique de les entendre dans leurs rĂ©pertoires, d’en percer leurs secrets, et de les comparer!

pastedGraphic_2Le festival rassemblera une plĂ©iade d’artistes, passionnĂ©s et spĂ©cialistes de l’interprĂ©tation sur instruments anciens. On nous pardonnera de ne pas les citer tous, parmi eux Alain PlanĂšs, Alexei Lubimov, Aline Zylberajch, Olga Pashchenko
trois jours d’exception pour recueillir leurs conseils, connaĂźtre tout ce qu’il faut savoir de la facture et de l’interprĂ©tation, et les Ă©couter en concert. Plusieurs temps de rencontre sont prĂ©vus: le samedi des confĂ©rences-dĂ©bats en prĂ©sence des collectionneurs et restaurateurs, suivis d’un concert autour des pianos viennois, le dimanche matin une acadĂ©mie ouverte Ă  tous les pianistes, ainsi qu’à 17h un concert sur pianos Pleyel et Érard, et le lundi soir Ă  19h30 un concert sur l’introduction du pianoforte en France Ă  la maison Heinrich Heine.

Si la curiosité, la passion vous poussent, il est encore temps de réserver vos places de concerts ou de vous inscrire pour faire vivre et vibrer ces  pianos historiques.

 
 
 

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PARIS, Festival La Nouvelle AthĂšnes, 2 – 4 fĂ©v 2019. À LA DÉCOUVERTE DES PIANOS D’ÉPOQUE

Salle Cortot (2 et 3 février 2019)
Maison Heinrich Heine (4 février 2019)
INFOS / RĂ©servations sur : https://www.weezevent.com/festival-la-nouvelle-athenes
www.lanouvelleathenespianosromantiques.com 

 

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Illustrations pianos : piano Walter 1803 (collection Paul Mc Nulty) et piano Pleyel 1842 (collection Edwin Beunk)

 

 

 

CD, annonce. « 33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon)

ghraichy piano simon cd classiquenewsCD, annonce. «  33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon). AprĂšs un premier disque DG intitulĂ© « HĂ©ritages » (il avait 31 ans), le pianiste Ă  la chevelure lĂ©onine rĂ©cidive dans un programme dĂ©nommĂ© « 33 » (comme son nouvel Ăąge), lui aussi mĂ©tissĂ©, comme lui alliant rythmes latinos, saveurs outre-Atlantiques et standards romantiques français (plus ou moins connus tel Alkan, gĂ©nie oubliĂ© du romantisme français au clavier : cf. la Chanson de la folie au bord de la mer). Il est en fait mexicain, libanais et français : triple nationalitĂ© qui est une chance, la promesse de rĂ©alisations au carrefour de plusieurs cultures ; la concrĂ©tisation d’une nouvelle constellation, mosaĂŻque de mondes sonores Ă©picĂ©s, variĂ©s, Ă©clectiques. L’ancien Ă©lĂšve du Conservatoire national supĂ©rieur de musique de Paris dĂ©cloisonne la notion sclĂ©rosante de rĂ©pertoires : il n’y a ni rĂ©pertoire classique ni chemins dĂ©tonnants ; ni grands maĂźtres, ni petits maĂźtres. Il n’y a que des sensibilitĂ©s et des expĂ©riences, des imaginations audacieuses et suggestives qui se cristallisent sous les doigts et par la volontĂ© crĂ©ative de quelques compositeurs dont le pianiste dĂ©miurge sĂ©lectionne et agence chaque Ɠuvre ainsi choisie. « Liszt et les AmĂ©riques » Ă©tait le titre de son rĂ©cital Ă  New York (Carnegie Hall, 2015) : dĂ©jĂ  la volontĂ© d’un multiculturalisme sans frontiĂšres et sans apriori. Dans son nouvel album, « 33 », les alliages sont tout aussi prometteurs, percutants, parfois provocants : TĂĄrrega, Alkan, Ramirez, Schumann, Gonzales, Glass, Nyman, SzymaĂĄnski, Shilingl, Schumann
 lĂ  encore, la volontĂ© d’une alternance entre deux mondes : le nouveau et l’ancien, entre le populaire et le savant, le traditionnel et le classique
 VoilĂ  qui rompt avec des traditions et des postures conservatrices. A chacun de trouver l’unitĂ© et la cohĂ©rence dans ce meiltingpot surprenant et peut-ĂȘtre enivrant.

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CD, annonce. 33, Simon Ghraichy, piano. 1 cd DG. AnnoncĂ© le 8 fĂ©vrier 2019 – concert le 19 fĂ©vrier 2019 au TCE, PARIS.

ghraichy-simon-33-cd-critique-review-cd-concert-annonce-classiquenews-infos-actus-concerts-operas

Compte-rendu, critique, PARIS. Festival la Dolce Volta, le 24 novembre 2018, Noack, Cassard, Pescia, Couteau, pianistes, quatuor Hermes.

dolce-volta-festival-concerts-recitals-de-piano-paris-concerts-critiques-sur-classiquenews-festival-2018Compte-rendu, critique, PARIS. Festival la Dolce Volta, le 24 novembre 2018, Noack, Cassard, Pescia, Couteau, pianistes ; Quatuor Hermes. Le 24 novembre, le label la Dolce Volta inaugurait son premier festival Ă  la salle Gaveau. Au cƓur du trouble et de la colĂšre, des violences et du bruit, ce lieu dĂ©diĂ© Ă  la musique, imprĂ©gnĂ© de celle-ci depuis plus d’un siĂšcle, offrait un havre, un espace d’harmonie et de beautĂ©, le luxe d’un temps musical. Quatre concerts en cette journĂ©e pour fĂȘter les artistes du label et l’actualitĂ© de leurs enregistrements, pour venir Ă  leur rencontre, pour rassembler musiciens venus les Ă©couter, mĂ©lomanes et acteurs du monde musical. Le climat ambiant Ă  Paris aurait pu dissuader un bon nombre, il n’en fut rien ou presque: la salle grouillait de public.

 

 

 

I. Florian Noack est, parmi ceux de sa gĂ©nĂ©ration, un pianiste singulier. A 28 ans, se frotter en concert Ă  une Ă©niĂšme interprĂ©tation de la Sonate en si mineur de Liszt, de la sonate D 960 de Schubert, ou de tout autre monument du rĂ©pertoire n’est pas sa dĂ©marche. DotĂ© de moyens techniques et d’un sens artistique hors du commun, il n’en fait pas pour autant Ă©talage. Au disque comme Ă  la scĂšne, il compose ses programmes avec originalitĂ©, et intelligence. Sa grande curiositĂ© le conduit Ă  fouiller dans les malles oubliĂ©es du rĂ©pertoire, et dĂ©nicher des piĂšces de compositeurs ignorĂ©s dont il sait Ă©valuer et nous faire partager l’intĂ©rĂȘt.

 

 

 

LA DOLCE VOLTA FAIT SON FESTIVAL

 

 

 

dolce-volta-festival-dec-paris-2018-quatuor-hermes-geoffroy-couteau-concerts-critiques-sur-classiquenews

 

 

 

Transcripteur hors pair, et insatiable musicien, il repousse les clĂŽtures du champ pianistique en s’appropriant au clavier des Ɠuvres orchestrales ou vocales, dont il fait de vĂ©ritables joyaux. Ainsi le concert offrait une sĂ©lection tirĂ©e de son dernier CD « Album d’un voyageur », rassemblant une foule de piĂšces, courtes pour la plupart, constituant un tour d’Europe musical. Au fil du concert il explique avec clartĂ© et simplicitĂ© comment chaque compositeur a incorporĂ© dans sa musique les racines de son pays. A commencer par Schubert dont il interprĂšte les 12 Valses D 145, avec Ă©lĂ©gance, profondeur et lĂ©gĂšretĂ© Ă  la fois. D’emblĂ©e on est conquis par la beautĂ© du son, la souplesse des lignes, la cohĂ©sion gĂ©nĂ©rale qui nous conduit en douceur d’une danse Ă  l’autre, et enfin l’autoritĂ© naturelle du pianiste. Parmi les 48 lieder allemands de Brahms (Deutsche Volklieder), Il en a sĂ©lectionnĂ© quatre, auxquels il donne vie au piano par un arrangement raffinĂ©. Leurs sonoritĂ©s fondantes dans un art du chant accompli, et de trĂšs beaux sotto voce tranchent avec l’évocation espagnole qui suit: la Danza Iberica de Joaquin NĂ­n, aux accents de guitare, et au sensuel mystĂšre. Autre chant, autre transcription, autre univers, celui, sombre et dĂ©primĂ© du troisiĂšme chant populaire russe de Rachmaninov opus 41, et pour finir un retour en pays latin avec la Tarentelle de Martucci, dans son arrangement de la version orchestrale, Ă  laquelle il donne un tour endiablĂ©, brĂ»lant et noir comme une descente aux enfers. Florian Noack nous dĂ©montre encore qu’il sait passer d’une esthĂ©tique Ă  l’autre sans transition, avec en bis une danse armĂ©nienne de Komitas, acĂ©tique et Ă©purĂ©e, dans des timbres rappelant ceux du marimba, puis Molly on the shore de Grainger tirĂ© du folklore irlandais.

 

 

 

II. Le second concert Ă©tait placĂ© sous le signe de la complicitĂ© musicale avec les pianistes Philippe Cassard et CĂ©dric Pescia. Dans le sillage de leurs magnifiques disques (« FaurĂ© » pour Philippe Cassard, un coffret de l’intĂ©grale du Clavier bien tempĂ©rĂ© de Bach pour CĂ©dric Pescia, et enfin un CD « Schubert » qui les rassemble, paru en 2014), ils en interprĂštent Ă  tour de rĂŽle des extraits avant de se rejoindre au clavier dans Schubert. Faisant fi de toute orthodoxie enfermĂ©e dans des codes rigides et rhĂ©toriques, hors de la distance qu’ils imposent, CĂ©dric Pescia donne une dimension sensible et humaine au tout qu’est le double recueil du Clavier bien tempĂ©rĂ©, Ă  chacun de ses prĂ©ludes et fugues, si diffĂ©renciĂ©s suivant leurs tonalitĂ©s, mais aussi dans l’unitĂ© de cette somme, qu’il trouve par le chant dans sa traduction rĂ©solument pianistique. Le respect stylistique et la rigueur de la pulsation ne lui interdisent pas ce supplĂ©ment d’ñme, cette appropriation qui font de son interprĂ©tation attachante un monde d’éclairages, d’humeurs et d’atmosphĂšres, depuis le doux halo du premier prĂ©lude en do majeur (I), nimbĂ© de pĂ©dale, jusqu’au fa mineur (II), tendre et interrogatif, presque schumannien, en passant par la rumeur quasi colĂ©rique du do mineur (I) comme surgi d’un orgue dans la rĂ©verbĂ©ration de la pĂ©dale, le taciturne do diĂšse mineur et sa pesante fugue (I), et a contrario le ton badin du fa majeur (livre II). Philippe Cassard nous fait entrer quant Ă  lui dans l’univers faurĂ©en le plus sombre qui soit avec son nocturne n°11, dont la tristesse dĂ©sespĂ©rĂ©e cĂšde un instant Ă  la rĂ©volte, et se replie dans la dĂ©solation du silence. Comment ne pas trouver de correspondance avec l’andantino de la Sonate D 959 de Schubert? Point d’affect, point de larmes sur soi dans son approche: l’andantino avance au dĂ©but droit comme un i, sans complaisance, comme une marche implacable. Il y quelque chose de digne et de bouleversant dans cette tenue, qui ne masque en rien la douleur si criante de ce mouvement. On est glacĂ©, clouĂ© sur place, par la dĂ©ferlante colĂšre qui en jaillit, les terribles silences qui suivent ses violents coups de boutoir, qui font du retour du thĂšme une vaine consolation. La Fantaisie D 940 est orchestrĂ©e magnifiquement par les deux interprĂštes, alternant tour Ă  tour nostalgie et violence, laissant poindre parfois une fausse dĂ©sinvolture. Les deux derniĂšres valses de Brahms viendront en derniĂšre touche (bis) apporter leur pointe de tendre lĂ©gĂšretĂ© Ă  ce concert combien prenant.

 

 

 

III. L’intĂ©grale de l’Ɠuvre pour piano de Brahms gravĂ©e au disque par le pianiste Geoffroy Couteau a Ă©tĂ© unanimement saluĂ©e. Le quintette avec piano opus 34 donnĂ© ce soir-lĂ  avec l’excellent Quatuor HermĂšs nous offre un aperçu de l’intĂ©grale de sa musique de chambre Ă  paraĂźtre. AprĂšs une interprĂ©tation fastueuse du quatuor Ă  cordes de Debussy, Ă  la somptuositĂ© sonore et au lyrisme prenant dĂšs les premiers coups d’archets, Geoffroy Couteau donne Ă  la sonate opus 111 de Beethoven une trĂšs belle tenue, ce qui n’est pas peu dire pour cette Ɠuvre. D’une grande hauteur de vue, le premier mouvement tout en majestĂ© et en souffle laisse place Ă  une arietta dont l’émouvante simplicitĂ© fait la noblesse. De la nĂ©buleuse de la quatriĂšme variation, qu’il fait scintiller dans l’aigu du piano tel un tissu d’étoiles, il Ă©lĂšve le chant de la toute derniĂšre dans une poignante ferveur, avant de nous projeter dans l’univers indicible et mystique des derniers trilles, jusqu’à l’humilitĂ© de l’ultime accord. Le quintette de Brahms rĂ©unissait enfin les musiciens de la soirĂ©e en seconde partie: une interprĂ©tation flamboyante, allant Ă©nergie et sophistication, dans un Ă©quilibre parfait avec le piano, tenu de mains fermes et sensibles par Geoffroy Couteau (illustrations ci dessus : G Couteau et le Quatuor HermĂšs)

Difficile de rĂ©sister Ă  prolonger le plaisir du concert, lorsqu’il conjugue ainsi exigence artistique et convivialitĂ©. Écouter, rĂ©Ă©couter, c’est ce que nous offre le disque, dans son bel Ă©crin de carton que l’on aime tenir dans ses mains, que les yeux savourent, mais pas seulement: tous les concerts seront diffusĂ©s par France Musique et francemusique.fr. On s’en rĂ©jouit!

 

 

 
 

 

 

COMPTE-RENDU, concert. Metz, le 6 décembre 2018. Récital Brahms, Geoffroy Couteau, piano (1/4).

couteau geoffroy portrait piano concert critique par classiquenewsCOMPTE-RENDU, concert. Metz, Salle de l’esplanade de l’Arsenal, le 6 dĂ©cembre 2018. RĂ©cital Brahms par Geoffroy Couteau (1/4). Artiste associĂ© Ă  la CitĂ© musicale de Metz, le jeune pianiste français Geoffroy Couteau se lance un joli dĂ©fi en s’attaquant – Ă  la faveur de quatre concert rĂ©partis sur deux saisons – Ă  l’intĂ©grale pour piano seul de Johannes Brahms – qu’il a cependant dĂ©jĂ  enregistrĂ©e pour le label Dolce Vita il y a deux ans de cela. Il l’a fait de maniĂšre chronologique, parcourant ainsi une pĂ©riode courant de 1851 Ă  1893, annĂ©es pendant lesquelles Brahms confie Ă  son instrument prĂ©fĂ©rĂ© ses aspirations et ses confidences. Mais rappelons que l’histoire d’amour entre le compositeur allemand et Geoffroy Couteau ne date pas de ce disque, puisqu’à l’issue de ses Ă©tudes au CNSM de Paris, il avait remportĂ©, en 2005, le premier prix du prestigieux Concours international Brahms de Pörtschach.

SonoritĂ©s transparentes, lignes mĂ©lodiques harmonieuses, Ă©nergie rythmique prĂ©gnante, densitĂ© sonore : voici quelques-unes des lignes de force de l’Ɠuvre pour piano de Brahms. C’est ce qui fait de chacune de ses Ɠuvres un bijou de puissance et de finesse mĂȘlĂ©es, mais c’est aussi ce qui rend leur interprĂ©tation si risquĂ©e : au-delĂ  de la difficultĂ© technique, le vĂ©ritable enjeu est de rester fidĂšle Ă  cette Ă©criture si riche et subtile. C’est avec les Quatre Ballades op.10 (1854) que l’artiste dĂ©bute son rĂ©cital. L’énergie rythmique, les contrastes dynamiques, les plans sonores, tout cela est parfaitement maĂźtrisĂ© ici. Il rĂ©sulte de son toucher un sentiment de lĂ©gĂšretĂ© et de plĂ©nitude qui, mĂȘme dans les parties plus Ă©nergiques, plus harmoniques, et plus brutales, semble mis au service d’une atmosphĂšre extatique.

Couteau poursuit avec la Sonate N°2 op.2 (mais en fait, chronologiquement, la premiĂšre qu’il ait composĂ©e…). Dans cette Ɠuvre en quatre mouvements, Brahms passe constamment d’un univers sonore Ă  l’autre. Grandiose, majestueux, puis lĂ©ger, fragile, martelant d’imposants accords puis effleurant quelques dĂ©licates notes, laissant s’épanouir quelques mĂ©lodies lumineuses, puis faisant surgir des rythmes lancinants, il exige du pianiste une sensibilitĂ© et une virtuositĂ© Ă©clatantes. Sous les doigts de Couteau, les thĂšmes surgissent, se modifient, pĂ©rissent et ressuscitent naturellement : l’épanouissement sonore subjugue avant de cĂ©der la place Ă  une finesse transparente


En deuxiĂšme partie de soirĂ©e, les Trois Intermezzi op.117 (1892) sont en revanche un opus que Brahms composa vers la fin de sa vie, ouvrage d’un grand lyrisme, teintĂ© de nostalgie, ce qui le diffĂ©rencie de la fraicheur intĂ©riorisĂ©e des Ballades entendues en premiĂšre partie. Le premier Intermezzo, tout spĂ©cialement, nous laissera un souvenir profond : Couteau le pare de couleurs nocturnes et crĂ©pusculaires, car c’est bien le serein adieu d’un compositeur au soir de sa vie que cette piĂšce Ă©voque. Il clĂŽture son programme avec les Variations sur un thĂšme de Paganini op.35, qui exploite le thĂšme du 24e Caprice du cĂ©lĂšbre violoniste italien (que Liszt et Schumann avaient dĂ©jĂ  rĂ©utilisĂ© pour des contrepoints pianistiques). LĂ  encore, l’agilitĂ© formidable de Couteau se double d’une extrĂȘme dĂ©licatesse, donnant Ă  chacune de ces variations une empreinte particuliĂšre, tantĂŽt espiĂšgle, tantĂŽt hargneuse, tantĂŽt timide. Le pianiste fait dĂ©filer avec maestria une abondante imagerie de sentiments et d’affects, qui lui vaut de chaleureux vivats de la part d’un public messin venu nombreux entendre le jeune prodige.

Bref, Ă  vos calendriers pour la seconde journĂ©e de son cycle Brahms
 elle aura lieu le 30 avril au mĂȘme endroit !

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. Metz, Salle de l’esplanade de l’Arsenal, le 6 dĂ©cembre 2018. RĂ©cital Brahms par Geoffroy Couteau (1/4).

Compte-rendu, concert. Dijon, le 30 nov 2018. Beethoven. N.Freire / Academy of St Martin in the Fields.

Compte rendu, concert. Dijon, OpĂ©ra, auditorium, le 30 novembre 2018. Beethoven. Nelson Freire et l’Orchestre de l’Academy of St Martin in the Fields. Entre Luxembourg et Berlin, une grande tournĂ©e europĂ©enne de l’Academy of St Martin in the Fields fait Ă©tape Ă  Dijon, avec un programme exclusivement consacrĂ© Ă  Beethoven. Murray Perahia, annoncĂ©, devait y donner le 5Ăšme concerto de Beethoven, « L’Empereur ». Las, aprĂšs ses inquiĂ©tantes Ă©clipses qui faisaient craindre la perte de ses moyens, il ne peut assurer son engagement de ce soir (*). Plus qu’une consolation, un miracle : c’est son aĂźnĂ© de trois ans, alerte septuagĂ©naire, Nelson Freire qui le remplace. Chacun connaĂźt l’Academy of St Martin in the Fields, fondĂ©e il y a soixante ans par Neville Marriner compte-tenu de son passĂ© prestigieux et de l’abondance de sa production discographique. Les sonoritĂ©s sont superbes et tĂ©moignent de la riche histoire de la formation, cependant l’orchestre, composĂ© d’instruments modernes, a quelque chose de surannĂ© dans ses Ă©quilibres : les cordes, trĂšs puissantes, dominent souvent les bois, comme dans les enregistrements d’il y a cinquante ans.

 
 
 

Impérial Nelson Freire

 
 
 
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La premiĂšre romance pour violon et orchestre est toujours un rĂ©gal, une mise en bouche. D’emblĂ©e la sĂ©duction du jeu de Tomo Keller est indĂ©niable. Le violon chante, sonore, plein et chaleureux. Les bois ne sont pas en reste, mais l’orchestre surprend, semblant ignorer la nuance « piano », et amoindrissant ainsi les contrastes voulus par le compositeur. La dynamique est rĂ©elle et ne se dĂ©mentira jamais. La deuxiĂšme symphonie, qualifiĂ©e par certains de « derniĂšre de l’Ancien rĂ©gime », est quelque peu oubliĂ©e par les interprĂštes comme par les programmations, coincĂ©e entre sa devanciĂšre et l’Eroica. Le chef, Tomo Keller, dirige de son pupitre. L’adagio molto, pris beaucoup plus vite qu’à l’habitude (Beethoven prĂ©cise : la croche Ă  84 !) prend des couleurs sombres, tourmentĂ©es, dans l’urgence. L’allegro con brio est d’une rare violence, trĂšs accentuĂ©, toujours nerveux. Son dĂ©veloppement est conduit avec clartĂ©, mais le parti pris interprĂ©tatif gomme tout le charme et le mystĂšre dont sont empreints les bois. Le larghetto, trĂšs liĂ©, atteint Ă  une plĂ©nitude que l’on pourrait parfois qualifier de schubertienne, ne manque que le sourire. Le scherzo claque, vigoureux, mais l’excitation n’est pas la joie. La dĂ©monstration, techniquement aboutie, gomme l’esprit. Le finale, allegro molto, est splendide, bouillonnant, du vif argent, insaisissable, subtil. Les contrastes y sont accusĂ©s comme jamais, un feu d’artifice. AprĂšs cette interprĂ©tation menĂ©e au sabre d’abordage, on s’interroge sur ce que Nelson Freire nous rĂ©serve. Chacun attend « l’Empereur » 

Les trois accords cadentiels qui introduisent le premier thĂšme, fortissimo et expressifs, portent la marque du pianiste : la puissance, assortie d’un son, d’une couleur qui n’appartiennent qu’à lui. L’orchestre, toujours nerveux, martial, nous offre une belle pĂąte, somptueuse, un Ă©crin de luxe pour un piano impĂ©rial. Le passage binaire/ternaire du premier solo est un moment de grĂące, tout comme les trilles et le marcato en triples octaves. L’orchestre flamboie. Toujours concentrĂ© sur son jeu, Nelson Freire impose ses tempi, et ainsi, son dialogue avec les bois, trĂšs retenu, est admirable. Alliant une puissance surhumaine Ă  une douceur caressante, avec une jeunesse enviable, le grand pianiste brĂ©silien nous offre Ă  la fois une leçon, humble, jamais dĂ©monstrative, efficace, et la joie en partage, au sens beethovenien. L’adagio des cordes ne chante guĂšre, avec des pizz des basses toujours trop sonores. Il appartiendra au piano de nous donner ce bonheur refusĂ© par l’orchestre. Le rondo enchaĂźnĂ© est
 dĂ©chaĂźnĂ©, jubilatoire, intense, dru, fluide, aĂ©rien, avec un agogique important, qui mĂ©nage les attentes. Sous les doigts de Nelson Freire, on croit dĂ©couvrir l’Ɠuvre, il la joue, au meilleur sens du terme. Un moment exceptionnel d’une Ă©motion vraie.

Un grand bis, parfaitement appropriĂ© rĂ©pond aux acclamations d’un public conquis : l’intermezzo en la majeur, op 118 n°2 de Brahms, que le pianiste affectionne particuliĂšrement. Les polyphonies en sont claires, ça chante avec simplicitĂ©, du trĂšs grand piano.

(*) “I’m very sorry to have to withdraw from this tour that I was so much looking forward to doing with the Academy as their Principal Guest Conductor. I wish them all the best for the concerts with Jan Lisiecki, Nelson Freire and Rudolf Buchbinder and I look forward to performing with the orchestra again in the near future.”  
 
 

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Compte rendu, concert. Dijon, OpĂ©ra, auditorium, le 30 novembre 2018. Beethoven. Nelson Freire et l’Orchestre de l’Academy of St Martin in the Fields. CrĂ©dit photographique © Gilles Abbeg – OpĂ©ra de Dijon.

 
 
 
 
 
 

CD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon)

seong jin cho mozart nezet seguin cd dg critique review cd par classiquenewsCD, critique. EvĂ©nement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon) Evidemment l’accompagnement (et davantage du maestro quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, mozartien de premier plan, depuis son intĂ©grale lyrique en cours depuis Baden Baden chaque Ă©tĂ© avec Rolando Villazon) est un « plus » dĂ©cisif, pour un jeune pianiste. Mais le tempĂ©rament de ce dernier Ă©vite bien des erreurs que d’autres, parmi ses confrĂšres surtout asiatiques, cultivent malgrĂ© leur cĂ©lĂ©britĂ© : Jin Cho collectionne, lui, avec une attention peut-ĂȘtre encore trop prĂ©cautionneuse, Ă  l’inverse de ses confrĂšres (et consoeurs), une pudeur, et une retenue qui sait aussi s’exprimer dans le clavier. Son refus de la pure virtuositĂ©, soeur d’une ineffable et bien prĂ©sente intĂ©rioritĂ© fait miracle ici, car ce Mozart de 1785 (Concerto), d’une maturitĂ© experte et si intensĂ©ment poĂ©tique, expose Ă  nu ; rĂ©vĂšle les limites d’un jeu sans Ăąme. Rien de tel chez le jeune corĂ©en, dĂ©jĂ  remarquĂ© pour ses audaces et introspections chopiniennes et qui gagne dans ce nouveau programme d’indiscutables palmes mozartiennes. CrĂ©Ă© Ă  Vienne par Wolfgang lui-mĂȘme, le Concerto n°20 est un sommet d’élĂ©gance et de profondeur, un mariage inouĂŻ entre sĂ©duction et vĂ©ritĂ©. A 29 ans, Mozart dĂ©montre un gĂ©nie inclassable, traversĂ© comme personne par la grĂące la plus pure. En mode mineur comme le K 491 (rĂ© mineur), il ouvre la voie des piĂšce maĂźtresse de l’histoire de la musique, comme est essentielle aussi, par sa couleur et sa progression architecturĂ©e, le Symphonie unique de Franck.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81Par son innocence Ă©perdue qui affleure dans le mouvement central, le Concerto fait de son essence tragique, un miroitement pudique constellĂ© de nuances tendres. Une telle palette d’émotions et d’accents millimĂ©trĂ©s s’entend rarement chez les interprĂštes. Or cela est palpable dans le jeu du corĂ©en, dans ses audaces (variations libres du premier mouvement) et dans son respect scrupuleux des dynamiques. Le Concerto n°20 est parmi les plus bouleversants de Wolfgang, touchant et au delĂ  par sa profondeur tragique, une sincĂ©ritĂ© qui dĂ©sarme et saisit par sa justesse. La finesse d’intonation du jeu pianistique suscite l’admiration par son Ă©quilibre, sa mesure, et aussi une simplicitĂ© du style qui s’écarte comme on a dit de l’arĂšne plus commune et pourtant largement mĂ©diatisĂ©e dĂ©fendue par ses confrĂšres et consoeur asiatiques, surtout chinois. A chacun de deviner (les pianistes de Chine ne sont pas si nombreux actuellement). Le corĂ©en sait demeurer pudique, presque secret, apportant la tendresse et l’humanitĂ©, la gravitas et cette innocence qui est insouciance, tant vĂ©nĂ©rĂ©e et sublimĂ©e par l’écriture du divin Wolfgang.

 

 

 

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  AprĂšs la complicitĂ© et l’écoute rĂ©solument chambriste qui unit soliste et chef dans le Concerto n°20, voici deux Sonates parmi les plus redoutables, ne serait-ce que par l’étendue lĂ  encore des couleurs contrastĂ©es. Dans la PremiĂšre sonate (K281), le pianiste saisit le caractĂšre fantasque du dernier mouvement ; ses Ă©lans tenant du caprice (Rondo – Allegro, plage 6).

L’ultime sonate du programme K332 a cette lĂ©gĂšretĂ© tragique et chantante et grave qui rĂ©vĂšle l’interprĂšte capable de vrais Ă©clairages intĂ©rieurs, d’une Ă©loquence tendre et toujours Ă  l’Ă©coute du cƓur.
Pourtant parfois on aimerait une ciselure plus nuancĂ©e encore de l’Ă©criture allegro. Une articulation plus proche de la parole et de l’intonation Ă©motionnelle. Mais d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la sensibilitĂ© inspire une approche tĂ©nue proche de l’intime, cultivant l’extrĂȘme dĂ©licatesse pudique qui renvoie au Schubert le plus rĂȘveur et le plus introspectif.
Pourtant jeune et nouveau sur la planĂšte Mozart, le jeune corĂ©en surprend par son attention Ă  la clartĂ© pudique, Ă  l’intonation  rentrĂ©e, parfois secrĂšte, dĂ©barrassĂ©e de toute affectation, une bouleversante sincĂ©ritĂ© qui se rĂ©vĂšle vĂ©ritablement dans le mouvement central de la K332, d’une tendresse enivrante, idĂ©alement inscrite dans les replis d’un songe intime.
VCLIC D'OR macaron 200oilĂ  donc une remarquable lecture mozartienne. Celui qui s’est jusque la affirmĂ© non sans arguments chez Chopin, dĂ©voile ici des affinitĂ©s Ă©videntes chez Wolfgang entre candeur et vĂ©ritĂ©. Bouleversant d’intelligence et de nuance sans l’artifice de la pure dĂ©monstration technicienne. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

 

 

 

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CD, événement, critique. Seong-Jin Cho, piano. Mozart: Piano Concerto No. 20, K. 466; Piano Sonatas, K. 281 & 332. Chamber Orchestra of Europe. Yannick Nézet-Séguin, direction. 1 cd DG Deutsche Grammophon.

 

 

 

CD, critique. YUJA WANG : The BERLIN RECITAL (1 cd DG Deutsche Grammophon).

YUJA WANG berlin recital dg critique cd review cd classiquenewsCD, critique. YUJA WANG : The BERLIN RECITAL (1 cd DG Deutsche Grammophon). Virtuose, la pianiste chinoise Yuja Wang l’est incontestablement. DĂšs le martial et trĂšs affirmĂ© premier PrĂ©lude du programme (Opus 23 n°5), la vitalitĂ© et l’ancrage du jeu dans le clavier sont convicancants. Ensuite dans les deux suivants, plus flottants voire Ă©vanescents, entre l’ombre et la pĂ©nombre, les doigts peinent Ă  suggĂ©rer, Ă  exprimer l’inquiĂ©tude sourde qui soustend le texte. Le dernier opus 32 n°10, rĂ©solument introspectif et mĂ©lancolique, osons dire que l’interprĂšte martĂšle ses forte d’une Ă©gale maniĂšre, carillonnant certes mais n’atteignant pas Ă  cette matiĂšre sonore en incandescence, imaginĂ©e par le trĂšs inquiet Rachma, russe dĂ©racinĂ© et toujours nostalgique de la terre natale. Le jeu perd le fil, les doigts se prĂ©cipitent manquant rĂ©ellement de nuances et de construction. On ne sait guĂšre oĂč souhaite nous mener la pianiste. Rachmaninov et son mystĂšre lui Ă©chappent.

La matiĂšre plus abstraite encore de la Sonate de Scriabine (n°10 opus 70, plus de 11 mn), qui passe et traverse d’un univers mental et spirituel Ă  l’autre, en une instabilitĂ© elle aussi permanente, mais plus interrogative que vraiment inquiĂšte, manque de ductilitĂ© nuancĂ©e, de velours caressant. Tout est jouĂ© net, vif, nerveux, prĂ©cis certes, mais avec linĂ©aritĂ© trop manifeste. Pas assez de suggestion.

Evidemment le relief percussif et rythmique des 3 Ligeti (surtout le premier « Touches bloquĂ©es »), lui va nettement mieux, car ici il n’y a pas vraiment d’enjeu expressif, mais une scansion rĂ©pĂ©titive (les glissandi miroitants de « Vertige ») qui menace l’équilibre et la structure temporelle comme le cadre du dĂ©veloppement formel. Mais l’expressivitĂ© toujours trop clairement dĂ©monstrative finit par 
fatiguer. Dommage.

ImmatĂ©rielle et elle aussi abstraite mais sans enjeu spirituel comme celle de Scriabine, la Sonate n°8 de Prokofiev, dĂšs l’Andante dolce, pourtant dĂ©veloppĂ©e, manque rĂ©ellement de nuance, d’arriĂšres plans, d’ombres. La pianiste semble y trouver un jeu pour faire briller sa digitalitĂ© experte (main gauche), mais
 creuse. DĂ©ception. Ce rĂ©cital Ă  Berlin n’a pas rĂ©pondu Ă  nos attentes. Yuja Wang a-t-elle raison de poursuivre dans le rĂ©pertoire russe ainsi privilĂ©giĂ© ? On prĂ©fĂšre nettement ce que rĂ©alise en poĂšte et en narrateur habitĂ© voire hallucinĂ©, son confrĂšre Ă©galement chez DG Deutsche Grammophon, Daniil Trifonov, autrement plus riche, allusif, subtil.

CD, critique. YUJA WANG : The BERLIN RECITAL (1 cd DG Deutsche Grammophon).

Compte-rendu, concert. Lyon, Auditorium, le 8 novembre 2018. Récital de Grigory Sokolov.  

SOKOLOV thumbnail_Grigori-Sokolov_scale_762_366Compte-rendu, concert. Lyon, Auditorium, le 8 novembre 2018. RĂ©cital de Grigory Sokolov. Un rĂ©cital de Grigory Sokolov est toujours un Ă©vĂ©nement exceptionnel vers lequel le public se presse, et celui de l’Auditorium de Lyon – plein Ă  craquer ce soir – ne pas fait exception. Avec le pianiste russe, le rituel est immuable : Ă  pas courts et rapides, la masse imposante de ce gĂ©ant du piano apparaĂźt abruptement derriĂšre une porte entrebĂąillĂ©e, et glisse droit vers son piano. Une courte rĂ©vĂ©rence vers le public, la mine invariablement impassible, il s’assied alors promptement Ă  son piano, et sans attendre, frappe le clavier.

ImmĂ©diatement, le miracle opĂšre. En quelques secondes, il envoĂ»te, il captive, il subjugue son auditoire ; d’autant qu’avec Ludwig van Beethoven, et la Sonate N°3 en ut majeur qu’il interprĂšte en premier, il est en terrain conquis. Pas Ă  pas, le public ne peut que suivre, happĂ© et fascinĂ©, le pianiste dans son parcours. Sokolov donne Ă  entendre son incroyable force en la contrastant avec des caresses impalpables du clavier. La symphonie, l’éclat rythmiques des Ɠuvres orchestrales de Beethoven ne sont pourtant jamais bien loin. Dans l’Adagio, Sokolov nous plonge dans un mystĂšre, que mĂȘme son toucher cĂ©leste du clavier ne parvient pas Ă  dĂ©voiler. Puis Ă©clate l’Allegro final, oĂč, dans des fulgurances inouĂŻes, Sokolov multiplie les sonoritĂ©s brillantes. Et ces notes, qui soudain se mettent Ă  galoper vertigineusement, semblent ne jamais vouloir suspendre le discours. Il enchaĂźne aussitĂŽt avec les Onze Bagatelles op 119, dont le russe nous donne une interprĂ©tation qui se caractĂ©rise avant tout par l’évidence du style et le naturel des phrasĂ©s. A aucun moment nous pouvons nous dire qu’on pourrait faire ça mieux ou autrement, non, cela s’impose toujours comme Ă©tant « évident » : fausse Ă©vidence, bien sĂ»r, puisque d’autres choix sont forcĂ©ment possibles, mais c’est bien lĂ  la qualitĂ© intrinsĂšque d’une interprĂ©tation que de s’imposer Ă  l’instant T comme Ă©tant la bonne, celle qui coule de source. Rien ne manque donc Ă  l’appel, ni la douceur du toucher, ni la « force de frappe » ; les tempi retenus, toujours excellents, permettent Ă  chaque Bagatelle de s’épanouir tout en variant l’expression entre chacune d’elles, avec une couleur de piano toujours fascinante. Et Ă  la surprise du dernier accord, suit le silence encore plein de sa formidable interprĂ©tation. Alors fusent les applaudissements que l’artiste, se pressant vers les coulisses, semble vouloir ne pas remarquer, comme indiffĂ©rent Ă  ce jugement


En seconde partie, le talent et la profondeur de Sokolov sont tout aussi parfaitement en situation dans les fameux Quatre Impromptus op 142 de Franz Schubert. Le texte se dĂ©roule avec intelligence, et surtout il n’y ici aucune fausse sentimentalité : le pianiste adopte un tempo rĂ©gulier sans alanguir les variations de tonalitĂ©s. Le piano est superbement colorĂ© et Sokolov varie les parties comme s’il s’agissait d’un quatuor Ă  cordes. Mais bien Ă©videmment, c’est l’incontournable et populaire 3Ăšme Impromptu qui emporte tous les suffrages, d’autant plus que l’artiste l’aborde avec la lĂ©gĂšretĂ© d’un touchĂ© perlĂ© qui dĂ©montre, une fois encore, l’art qui s’épanouit au bout de ses doigts. Des doigts magiques conduits par le reste de son corps, capable d’imprimer aussi une puissance phĂ©nomĂ©nale Ă  son jeu.

Le contrat rempli, l’artiste laisse enfin retomber les bras, sans que toutefois son visage marque le moindre relĂąchement ; sous les applaudissements et bravos enthousiastes, toujours pas l’ombre d’un sourire
. Il reviendra cependant
 six fois (!), pour six bis servis comme un dessert Ă  ce public conquis (on le serait Ă  moins) et gourmand, notamment pour dĂ©livrer une « EntrĂ©e des Sauvages » de Rameau pris avec vĂ©locitĂ© toute dĂ©moniaque !

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Compte-rendu, concert. Lyon, Auditorium, le 8 novembre 2018. RĂ©cital de Grigory Sokolov. Illustration (DR)

Les Grands pianistes sont au MusĂ©e WÜRTH

wurth piano au musee wurth festival nov 2018 presentation sur classiquenewsERSTEIN, Piano au MusĂ©e WÜRTH : 9-18 nov 2018. Le MusĂ©e WĂŒrth Ă  Erstein, prĂšs de Strasbourg n’est pas seulement l’une des plus intĂ©ressantes collection d’art contemporain entre France et Allemagne ; c’est aussi un Ă©crin pour les concerts et les Ă©vĂ©nements interdisciplinaires, comme en tĂ©moigne le festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth, du 9 au 18 novembre prochains. La (dĂ©jĂ ) 3Ăš Ă©dition met Ă  l’honneur la notion de « gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes » : ainsi les Ă©lĂšves du Conservatoire de Strasbourg (le 10 nov, 17 et 18h) et de l’École Municipale de Musique d’Erstein paraissent (le 15 nov, 20h et 21h) aux cĂŽtĂ©s de Philippe Entremont (concert de clĂŽture, le 18 nov, 20h), lui-mĂȘme Ă©lĂšve de Marguerite Long qui collabora avec les grands musiciens et compositeurs du XXe siĂšcle tels Stravinsky, Bernstein, Milhaud, Stokowski
 De filiations en transmissions s’écoule une mĂȘme passion pour le clavier et l’idĂ©e d’une musique totale, source de partage, de dĂ©passement, d’enchantement.

 

 

Jean-Marc Luisada, Marie-JosĂšphe Jude, Philippe entremont, AndrĂ© Manoukian, Philippe Kantorow…

Festival de Piano
au musĂ©e WÜRTH d’ERSTEIN

 

Au MusĂ©e WĂŒrth, le piano est mis en scĂšne sous toutes les formes : rĂ©cital chambriste (Luisada joue Schumann, soirĂ©e d’ouverture le 9 nov, 20h), symphonique, ou en dialogue avec le jazz (Trio Pierre de Bethmann, le 14 nov, 20h) et aussi le cinĂ©ma (cf la soirĂ©e de « cinĂ©piano, mon amour », concoctĂ©e par Jean-Marc Luisada, le 10 nov, 20h, lequel en cinĂ©phile passionnĂ©, accompagne et commente La Valse dans l’ombre, chef d’oeuvre du cinĂ©ma hollywoodien des annĂ©es 40.

Anniversaires obligent, le mĂȘme Jean-Marc Luisada et sa consƓur, Marie-JosĂšphe Jude (16 nov, 20h) cĂ©lĂšbrent le 350e anniversaire de la naissance de François Couperin, et le centenaire de la mort de Claude Debussy, deux immenses gĂ©nies de la couleur et de l’évocation.

MĂȘme esprit d’ouverture avec une journĂ©e spĂ©ciale en compagnie d’AndrĂ© Manoukian (17 nov : 17h, 18h, 20h), pianiste compositeur qui, avec son album Apatride, explore de nouvelles contrĂ©es proches de ses origines armĂ©niennes. sans oublier le jeune public.

Les familles (re)dĂ©couvrent l’Histoire de Babar de Poulenc et quelques fables de Jean de La Fontaine contĂ©es par Jean Lorrain et Inga Katzantseva (18 nov, 11h).

Curiosité et anticipation grùce au Quatuor Florestan qui joue Maurice Journeau, décédé en 1999. « Un compositeur français et une oeuvre à découvrir avec sa fille, Chantal Virlet-Journeau » (le 18 nov).

JEUNES TALENTS
 Comme Schumann a su discerner le gĂ©nie du jeune Brahms, quand celui ci Ă©tait encore inconnu, Piano au MusĂ©e WĂŒrth, souhaite accompagner l’émergence des jeunes tempĂ©raments en herbe, professionnels attachants qui mĂ©ritent un tremplin suplĂ©mentaire. Ainsi en novembre 2018, sont prĂ©sents dans la programmation, les nouveaux grands pianistes de demain : Alexandre Kantorow (11 nov, 15h), Emmanuel Coppey, Guillaume Bellom, Maria Kustas, les Ă©tudiants de la Haute École des Arts du Rhin
 et Charlotte Juillard convie ses amis Jonas Vitaud et SĂ©bastien van Kuijk (11 nov).
Le festival dĂ©fend aussi la diffusion de compositeurs injustement mĂ©connus, ainsi le dĂ©jĂ  citĂ©, Maurice Journeau, ou encore Reynaldo Hahn, Alberto Ginastera, Nino Rota. De quoi associer la dĂ©couverte de nouveaux interprĂštes et celle d’auteurs trop peu connus
 une Ă©quation prometteuse.

 

 

 

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A NOTER. La radio ACCENT 4 diffuse deux Opus Piano au MusĂ©e WĂŒrth en direct les 11 et 18 novembre 2018.

BRUNCH. Les 11 et 18 nov, 12h : brunch entre deux concerts, permettant la dégustation de produits locaux

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wurth piano au musee wurth VIGNETTE sur classiquenews

TOUTES LES INFOS, le dĂ©tail de chaque concert, les dates et les horaires, les rĂ©servations et renseignements pratiques sur le site du MusĂ©e WĂŒrth Ă  Erstein / Festival PIANO au MusĂ©e WÜRTH : 9 – 18 nov 2018

https://www.musee-wurth.fr/activites-evenements/piano-au-musee-wurth/

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LIRE aussi notre entretien avec Olivier EROUART, directeur artistique du festival PIANO AU MUSEE WÜRTH. PrĂ©sentation et fonctionnement de l’Ă©dition 2018…

WURTH-piano-au-musee-wurth-festival-2018-programme-presentationEntretien avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth. PrĂ©sentation de l’édition 2018 du festival de piano au MusĂ©e WĂŒrth, à Erstein prĂšs de Strasbourg. Etabli dans le musĂ©e WĂŒrth, qui met Ă  disposition son auditorium (220 places / et son piano de concert
), le Festival affirme une identitĂ© artistique forte, qui prend en compte les spĂ©cificitĂ©s du lieu oĂč il se dĂ©roule (les collections de peinture dont le musĂ©e est l’écrin
), et aussi les Ă©volutions artistiques du piano actuel. Eclectique, inovant, expĂ©rimental aussi, le cycle musical proposĂ© est l’un de splus complets actuellement, Rencontre et explication avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival


 

 

 

 

 

 

CD, critique. SCHUMANN : Jean-Marc Luisada (1 cd RCA Red Seal – 2018)

schumann_luisada_rca-cd review critique cd par classiquenewsCD, critique. SCHUMANN : Jean-Marc Luisada (RCA Red seal). Jean-Marc Luisada revient Ă  Schumann, non sans arguments. On distingue surtout dans ce programme monographique, les contrastes (presque parfois percussifs) toujours pleins de facĂ©tie revendiquĂ©e et naturellement Ă©noncĂ©e, comme la brillante volubilitĂ© des « DavidsbĂŒndlertĂ€nze », dont la 15 par exemple, a des accents d’une noblesse Ă©perdue admirablement articulĂ©e, Ă©mise dans le clavier avec une franchise Ă  la fois sincĂšre et saine. Le rubato est habilement menĂ© avec des ralentis et des prĂ©cipitations Ă  la façon d’une marche Ă©branlĂ©e comme prise dans le tapis (la 16), prĂ©cĂ©dant une pause d’une absolue rĂȘverie enchantĂ©e (17) : « Wie aus der Ferne », Ă©tirĂ©e, alanguie, d’une extension extatique et la plus longue des sĂ©quences : plus de 4mn.

Soulignons de mĂȘme, la rĂȘverie plus dĂ©veloppĂ©e encore, non pas tant sur le plan de la durĂ©e que de l’itinĂ©raire et du dĂ©veloppement musical dans « TrĂ€umerei » opus 15 n°7
 d’une pudeur toute Ă©vanescente.‹L’esprit du songe suspendu reprend dans « Frölicher Landamann », retenu, caressant, intĂ©rieur qui appelle Ă  l’abandon suave. Tout Robert est prĂ©sent, dans cette immersion profonde dans les replis de la psychĂ© tenue cachĂ©e, secrĂšte.

Enfin viennent les 16 Ă©pisodes tout en contraste eux aussi de « Humoreske » opus 20, un autre accomplissement dans l’art pianistique si exaltĂ© et raffinĂ© du maĂźtre Schumann. Son amour en filigrane se lit Ă©videmment dans le jeu incessant, son activitĂ© – liquide, aĂ©rienne des mains requises ; elles citent la complicitĂ© et la passion de Robert pour son Ă©pouse Clara, elle-mĂȘme compositrice et immense pianiste. Jusqu’au dernier, «  Zum BeschluĂŸÂ Â» (le plus long en guise de conclusion, de plus de 6 mn), c’est un cycle surepressif, Ă©tincelant, formant une ronde enjouĂ©e, juvĂ©nile en sĂ©quences trĂšs rythmĂ©es et versatiles qui fanfaronnent et qui enchaĂźnent tension et dĂ©tente, exaltation, et songe
 ivresse parfois ;

SĂ»r, direct, sans emphase mais habitĂ© par le rĂȘve intĂ©rieur de Schumann, JM Luisada s’affirme comme un prince lyrique au clavier ; sa technique digitale prend en compte les ressources expressives et dynamiques de l’instrument. La clartĂ© de l’architecture, l’éloquence trĂšs caractĂ©risĂ©e du jeu l’imposent en indiscutable schumanien. Excellent programme.

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CD, critique. Robert Schumann (1810-1856) : DavidsbĂŒndlertĂ€nze op. 6 ; MĂ©lodie op. 68 n° 1 ; TrĂ€umerei op. 15 n° 7 ; Frölicher Landmann op. 68 n° 10 ; Humoreske op. 20. Jean-Marc Luisada, piano Steinway et sons. 1 CD RCA red seal. Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Berlin (Jesus-Christus-kirche) en janvier 2018. Notice : français, anglais, allemand. DurĂ©e : 1h10mn.

Festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth (Ersntein), Ă  partir du 9 nov 2018

wurth piano au musee wurth festival nov 2018 presentation sur classiquenewsERSTEIN, Piano au MusĂ©e WÜRTH : 9-18 nov 2018. Le MusĂ©e WĂŒrth Ă  Erstein, prĂšs de Strasbourg n’est pas seulement l’une des plus intĂ©ressantes collection d’art contemporain entre France et Allemagne ; c’est aussi un Ă©crin pour les concerts et les Ă©vĂ©nements interdisciplinaires, comme en tĂ©moigne le festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth, du 9 au 18 novembre prochains. La (dĂ©jĂ ) 3Ăš Ă©dition met Ă  l’honneur la notion de « gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes » : ainsi les Ă©lĂšves du Conservatoire de Strasbourg (le 10 nov, 17 et 18h) et de l’École Municipale de Musique d’Erstein paraissent (le 15 nov, 20h et 21h) aux cĂŽtĂ©s de Philippe Entremont (concert de clĂŽture, le 18 nov, 20h), lui-mĂȘme Ă©lĂšve de Marguerite Long qui collabora avec les grands musiciens et compositeurs du XXe siĂšcle tels Stravinsky, Bernstein, Milhaud, Stokowski
 De filiations en transmissions s’écoule une mĂȘme passion pour le clavier et l’idĂ©e d’une musique totale, source de partage, de dĂ©passement, d’enchantement.

 

 

Jean-Marc Luisada, Marie-JosĂšphe Jude, Philippe entremont, AndrĂ© Manoukian, Philippe Kantorow…

Festival de Piano
au musĂ©e WÜRTH d’ERSTEIN

 

Au MusĂ©e WĂŒrth, le piano est mis en scĂšne sous toutes les formes : rĂ©cital chambriste (Luisada joue Schumann, soirĂ©e d’ouverture le 9 nov, 20h), symphonique, ou en dialogue avec le jazz (Trio Pierre de Bethmann, le 14 nov, 20h) et aussi le cinĂ©ma (cf la soirĂ©e de « cinĂ©piano, mon amour », concoctĂ©e par Jean-Marc Luisada, le 10 nov, 20h, lequel en cinĂ©phile passionnĂ©, accompagne et commente La Valse dans l’ombre, chef d’oeuvre du cinĂ©ma hollywoodien des annĂ©es 40.

Anniversaires obligent, le mĂȘme Jean-Marc Luisada et sa consƓur, Marie-JosĂšphe Jude (16 nov, 20h) cĂ©lĂšbrent le 350e anniversaire de la naissance de François Couperin, et le centenaire de la mort de Claude Debussy, deux immenses gĂ©nies de la couleur et de l’évocation.

MĂȘme esprit d’ouverture avec une journĂ©e spĂ©ciale en compagnie d’AndrĂ© Manoukian (17 nov : 17h, 18h, 20h), pianiste compositeur qui, avec son album Apatride, explore de nouvelles contrĂ©es proches de ses origines armĂ©niennes. sans oublier le jeune public.

Les familles (re)dĂ©couvrent l’Histoire de Babar de Poulenc et quelques fables de Jean de La Fontaine contĂ©es par Jean Lorrain et Inga Katzantseva (18 nov, 11h).

Curiosité et anticipation grùce au Quatuor Florestan qui joue Maurice Journeau, décédé en 1999. « Un compositeur français et une oeuvre à découvrir avec sa fille, Chantal Virlet-Journeau » (le 18 nov).

JEUNES TALENTS
 Comme Schumann a su discerner le gĂ©nie du jeune Brahms, quand celui ci Ă©tait encore inconnu, Piano au MusĂ©e WĂŒrth, souhaite accompagner l’émergence des jeunes tempĂ©raments en herbe, professionnels attachants qui mĂ©ritent un tremplin suplĂ©mentaire. Ainsi en novembre 2018, sont prĂ©sents dans la programmation, les nouveaux grands pianistes de demain : Alexandre Kantorow (11 nov, 15h), Emmanuel Coppey, Guillaume Bellom, Maria Kustas, les Ă©tudiants de la Haute École des Arts du Rhin
 et Charlotte Juillard convie ses amis Jonas Vitaud et SĂ©bastien van Kuijk (11 nov).
Le festival dĂ©fend aussi la diffusion de compositeurs injustement mĂ©connus, ainsi le dĂ©jĂ  citĂ©, Maurice Journeau, ou encore Reynaldo Hahn, Alberto Ginastera, Nino Rota. De quoi associer la dĂ©couverte de nouveaux interprĂštes et celle d’auteurs trop peu connus
 une Ă©quation prometteuse.

 

 

 

infos-pratiques-bandeau

 

 

 

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A NOTER. La radio ACCENT 4 diffuse deux Opus Piano au MusĂ©e WĂŒrth en direct les 11 et 18 novembre 2018.

BRUNCH. Les 11 et 18 nov, 12h : brunch entre deux concerts, permettant la dégustation de produits locaux

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wurth piano au musee wurth VIGNETTE sur classiquenews

TOUTES LES INFOS, le dĂ©tail de chaque concert, les dates et les horaires, les rĂ©servations et renseignements pratiques sur le site du MusĂ©e WĂŒrth Ă  Erstein / Festival PIANO au MusĂ©e WÜRTH : 9 – 18 nov 2018

https://www.musee-wurth.fr/activites-evenements/piano-au-musee-wurth/

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LIRE aussi notre entretien avec Olivier EROUART, directeur artistique du festival PIANO AU MUSEE WÜRTH. PrĂ©sentation et fonctionnement de l’Ă©dition 2018…

WURTH-piano-au-musee-wurth-festival-2018-programme-presentationEntretien avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth. PrĂ©sentation de l’édition 2018 du festival de piano au MusĂ©e WĂŒrth, à Erstein prĂšs de Strasbourg. Etabli dans le musĂ©e WĂŒrth, qui met Ă  disposition son auditorium (220 places / et son piano de concert
), le Festival affirme une identitĂ© artistique forte, qui prend en compte les spĂ©cificitĂ©s du lieu oĂč il se dĂ©roule (les collections de peinture dont le musĂ©e est l’écrin
), et aussi les Ă©volutions artistiques du piano actuel. Eclectique, inovant, expĂ©rimental aussi, le cycle musical proposĂ© est l’un de splus complets actuellement, Rencontre et explication avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival


 

 

 

 

 

 

RĂ©cital de Jean-Paul Gasparian, piano

FRANCE MUSIQUE, lundi 29 oct 2018, 20h. RĂ©cital de Jean-Paul Gasparian, piano. Le jeune homme fait partie des nouveaux talents français du clavier. France Musique diffuse le concert de Montpellier rĂ©alisĂ© Ă  l’étĂ© 2018. Quelques semaines plus tard, le pianiste donnait les mĂȘmes oeuvres de Ravel et de Chopin, Ă  Bagatelle, dĂ©but septembre 2018.
Voici ce qu’écrivaint alors notre rĂ©dactrice Jany Campello, Ă  propos du jeu de Jean-Paul Gasparian
 :

gasparian piano critique concert crtiique cd par classiquenewsJean-Paul Gasparian donne des Valses nobles et sentimentales de Ravel, une interprĂ©tation pensĂ©e, structurĂ©e, et loin d’en faire des piĂšces de salon enchaĂźnĂ©es avec superficialitĂ©, uniformitĂ©, les habite, va chercher au cƓur de chacune son esprit, son humeur, sa poĂ©sie, son univers intĂ©rieur, les confronte dans leur succession. Les timbres sont travaillĂ©s en profondeur dans un contrĂŽle absolu du son, du poids sur chaque note. Il y a quelques mois, on avait entendu « Incises » de Boulez alors qu’il venait Ă  peine de se pencher sur l’Ɠuvre. L’on avait dĂ©jĂ  remarquĂ© l’intelligence de son approche. Le temps faisant, elle a fait son chemin: le pianiste investit Ă  prĂ©sent l’Ɠuvre avec ardeur et vigueur, fiĂšvre mĂȘme, dans une Ă©nergie libĂ©rĂ©e, dĂ©ployĂ©e cette fois sans retenue. C’est prenant d’un bout Ă  l’autre! Jouer les quatre Ballades de Chopin en concert relĂšve d’une gageure qui n’est pas Ă  la portĂ©e de tous les pianistes. Jean-Paul Gasparian Ă  aucun moment ne faillit, maintenant, aprĂšs l’introduction d’Incises, une densitĂ© de jeu de tous les instants, avec une technique qui n’a plus rien Ă  prouver, et un sens de la construction non moins abouti, dans un engagement total. Des envolĂ©es Ă©piques aux passages suspendus, de l’intĂ©rioritĂ© aux effusions lyriques, tout est dominĂ© dans une plĂ©nitude du son et de l’expression encore plus manifeste qu’elle ne l’était dĂ©jĂ  chez ce jeune pianiste. Quelle rondeur et aussi quelle belle ligne au dĂ©but de sa troisiĂšme Ballade! Combien de pianistes morcellent ce dĂ©but! Une conception qu’il doit sans doute Ă  Pollini
 LIRE la critique complĂšte du concert de Jean-Paul Gasparian Ă  Bagatelle / Sept 2018

 

 

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logo_francemusiqueConcert donnĂ© le 27 juillet 2018 Ă  12h30 Salle Pasteur – Le Corum Ă  Montpellier dans le cadre du Festival Radio France Occitanie Montpellier

Maurice Ravel
Valses nobles et sentimentales1- Modéré
2- Assez lent
3- Modéré
4- Assez animé
5- Presque lent
6- Assez vif
7- Moins vils
8- Lent

Johannes Brahms
Fantaisies op. 116
1- Capriccio en ré mineur
2- Intermezzo en la mineur
3- Capriccio en sol mineur
4- Intermezzo en mi Majeur
5- Intermezzo en mi mineur
6- Intermezzo en mi Majeur
7- Capriccio en ré mineur

Frédéric Chopin
Polonaise-fantaisie en la bémol majeur op. 61
Ballade n°2 en fa majeur op. 38
Ballade n°4 en fa mineur op. 52

Jean-Paul Gasparian, piano

Entretien avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth

WURTH-piano-au-musee-wurth-festival-2018-programme-presentationEntretien avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth. PrĂ©sentation de l’édition 2018 du festival de piano au MusĂ©e WĂŒrth, Ă  Erstein prĂšs de Strasbourg. Etabli dans le musĂ©e WĂŒrth, qui met Ă  disposition son auditorium (220 places / et son piano de concert
), le Festival affirme une identitĂ© artistique forte, qui prend en compte les spĂ©cificitĂ©s du lieu oĂč il se dĂ©roule (les collections de peinture dont le musĂ©e est l’écrin
), et aussi les Ă©volutions artistiques du piano actuel. Eclectique, inovant, expĂ©rimental aussi, le cycle musical proposĂ© est l’un de splus complets actuellement, Rencontre et explication avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival


 
 

CLASSIQUENEWS : Comment se dĂ©roule le festival (lieux investis, intĂ©rĂȘt patrimonial et musique, accessibilitĂ© des concerts et des Ă©vĂ©nements) ?

OLIVIER EROUART : Piano au MusĂ©e WĂŒrth en est Ă  sa troisiĂšme Ă©dition. À la demande de Marie-France Bertrand, directrice du MusĂ©e WĂŒrth, j’en assure la direction artistique depuis cette annĂ©e. L’originalitĂ© de ce festival est qu’il se situe dans un musĂ©e qui lui-mĂȘme est situĂ© sur le site de l’entreprise WĂŒrth. PassionnĂ© par les arts et la musique, Reinhold WĂŒrth, fondateur-propriĂ©taire du groupe WĂŒrth, a pourvu ce musĂ©e d’un bel auditorium de 220 places oĂč tout au long de l’annĂ©e se succĂšdent des concerts, des confĂ©rences, des rencontres, des spectacles de thĂ©Ăątre, etc. Le mois de novembre est dĂ©volu au piano, car se trouve Ă  demeure dans cet auditorium un piano de concert Steinway D.
Erstein se trouve Ă  une vingtaine de kilomĂštres de Strasbourg et le musĂ©e dans la zone industrielle facilement accessible en voiture ou en train. Pour les annĂ©es Ă  venir, nous rĂ©flĂ©chissons Ă  mettre en place un systĂšme de covoiturage pour en faciliter davantage l’accĂšs.

 
 

CLASSIQUENEWS : Quels sont les critÚres artistiques qui assurent à la programmation sa cohérence et sa singularité ?
Pour cette troisiĂšme Ă©dition, nous n’avons pas envisagĂ© de thĂ©matique particuliĂšre. L’une s’est nĂ©anmoins imposĂ©e, c’est celle de gĂ©nĂ©ration en Ă©cho au thĂšme de l’exposition Namibia, l’art d’une jeune gĂ©nĂ©ration, car ce sont des gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes qui vont se produire sur la scĂšne de l’auditorium : des jeunes Ă©lĂšves de l’École de Musique d’Erstein Ă  Philippe Entremont, une lĂ©gende du piano qui a connu et collaborĂ© avec Stravinsky, Milhaud, Bernstein, etc. Nous commençons Ă©galement une collaboration avec les classes de musique de chambre du Conservatoire de Strasbourg et trois Ă©lĂšves des classes de Craig Goodmann et de Pierre BrĂ©geot joueront des Ɠuvres pour piano, alto et clarinette de Mozart, Schumann et Bruch. Par ailleurs, nous invitons un des laurĂ©ats de Piano Campus Ă  donner un rĂ©cital (Maria Kustas, le 11 novembre).
L’amitiĂ©, la fidĂ©litĂ© ont aussi Ă©tĂ© nos guides. Une belle amitiĂ© nous lie Ă  Jean-Marc Luisada, Ă  Marie-JosĂšphe Jude. Ce sont aussi le plaisir des rencontres musicales renouvelĂ©es avec la pianiste Inga Katzantseva qu’à titre personnel, je suis depuis son arrivĂ©e en Alsace, ou la violoniste et chambriste Charlotte Juillard. Ce sont Ă©galement des chocs musicaux lors de concerts entendus en Alsace ou ailleurs. Alexandre Kantorow, l’un des grands pianistes de demain, a Ă©tĂ© pour nous une rĂ©vĂ©lation. Nous privilĂ©gions aussi une carte rĂ©gionale, car l’Alsace est une terre de musique et nous aurons plaisir Ă  accueillir le Quatuor Florestan et Eveline Rudolf. Toutefois, dĂšs l’édition 2019, la programmation sera axĂ©e autour d’une thĂ©matique. Nous sommes dĂ©jĂ  en mesure de vous rĂ©vĂ©ler que celle de 2019 sera L’humour dans la musique.

 
 
CLASSIQUENEWS : Quelle est l’expĂ©rience que vit le festivalier Ă  chaque Ă©dition ?
Une expĂ©rience unique qui est celle du plaisir des yeux avec les expositions du musĂ©e, l’écoute des concerts, les rencontres et les discussions Ă  bĂątons rompus avec les musiciens Ă  la fin de chaque concert. La possibilitĂ© Ă©galement d’assister Ă  deux Ă©missions de radio, car la radio Accent 4 qui diffuse un programme de musique classique, dĂ©localise son studio pour ĂȘtre au cƓur de notre manifestation. Et puis, s’il a une petite faim, il peut se restaurer Ă  la cafĂ©tĂ©ria du musĂ©e.
 
 
CLASSIQUENEWS : Comment choisissez-vous chaque programme ? Etes-vous soucieux de l’inĂ©dit, de la crĂ©ation ?

Bien sĂ»r, mĂȘme si le public aime se retrouver en terre connue. Schumann, Chopin, Mozart, Debussy, Couperin, Beethoven seront prĂ©sents. Mais Couperin sera interprĂ©tĂ© pour la premiĂšre fois en concert par Marie-JosĂšphe Jude. Nous aimons les chemins de traverse et la venue d’AndrĂ© Manoukian, homme de tĂ©lĂ©, de radio, pĂ©dagogue – Ă©coutez ses chroniques sur France-Inter ! – et excellent pianiste en est un. Nous avons Ă  cƓur de dĂ©cloisonner la musique. C’est dans cette optique que, depuis trois ans, nous convions Jazzdor Ă  dĂ©localiser l’un de ses concerts. Cette annĂ©e, ce sera le Trio Pierre de Bethmann.
Jean-Marc Luisada est un cinĂ©phile averti et passionnĂ© et il proposera une soirĂ©e « Cinepiano, mon amour » tout en Ă©motion avec la projection d’un chef d’Ɠuvre du cinĂ©ma hollywoodien de 1940, La Valse dans l’ombre de Mervyn Leroy, prĂ©cĂ©dĂ©e des Intermezzi opus 117 de Brahms.
Nous aimons provoquer les rencontres. Ce sera le cas avec le conteur et comĂ©dien Jean Lorrain et la pianiste russe Inga Kazantseva pour un concert en famille avec L’Histoire de Babar de Poulenc et Jean de Brunhoff. Nous avons conviĂ© Charlotte Juillard, super-soliste de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, en lui proposant d’inviter ses complices : le pianiste Jonas Vitaud et le violoncelliste SĂ©bastien van Kuijk.
De l’inĂ©dit peut-ĂȘtre pas, mais de l’inattendu sans doute avec le Quatuor Ă  cordes de Maurice Jouneau, un homme qui a traversĂ© le siĂšcle et qui a laissĂ© des Ɠuvres que sa fille, Chantal Viret-Journeau, dĂ©fend avec ferveur et passion ou le trĂšs agrĂ©able Quintette avec piano de Reynaldo Hahn. Nous pourrions encore citer les Trois danses argentines de Ginastera…
Poulenc disait qu’il Ă©tait un musicien sans Ă©tiquette. Avec audace, nous dirons que nous sommes des organisateurs sans Ă©tiquette, mais avec goĂ»t.

 
 
CLASSIQUENEWS : Comment fonctionne la programmation musicale pendant le festival, et les lieux du musée ? Quel bénéfice pour le public ? Y a-t-il une offre groupée associant visite du musée et concert ?

Tout au long du festival, le musĂ©e ouvre ses portes et des visites guidĂ©es gratuites pour le festivalier sont proposĂ©es. Les dimanches 11 et 18 novembre, nous allons inviter le public Ă  rester en notre compagnie et celles des artistes Ă  partir de 11h. Il pourra ainsi entre les concerts visiter les collections, « bruncher” Ă  l’heure du dĂ©jeuner, Ă©couter de la musique, rencontrer, une coupe de champagne Ă  la main, les artistes invitĂ©s Ă  se produire.
 
 
CLASSIQUENEWS : Y-a-t-il un lien entre les collections permanentes du musĂ©e, et le choix des artistes ou des Ɠuvres jouĂ©es pendant le Festival PIANO au MusĂ©e WĂŒrth ?

Si cette annĂ©e, il Ă©tait difficile de trouver une correspondance Ă©vidente entre le thĂšme de l’exposition et la programmation, nous souhaitons pouvoir dans les annĂ©es Ă  venir offrir un concert en lien, voire une dĂ©ambulation musicale ou la commande d’une Ɠuvre.
Si vous le permettez, je voudrais souligner que Piano au MusĂ©e WĂŒrth existe grĂące Ă  l’engagement d’une Ă©quipe de salariĂ©s (Claudine, StĂ©phanie, Alan), de bĂ©nĂ©voles et de partenaires dont la Ville d’Erstein.

 
 

Propos recueillis en octobre 2018

 

 
 
 
 

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wurthe-banniere-horizontale-2018-par-classiquenewsLIRE aussi notre prĂ©sentation du Festival PIANO au MusĂ©e WÜRTH (Erstein : 9 – 18 nov 2018) - Le MusĂ©e WĂŒrth Ă  Erstein, prĂšs de Strasbourg n’est pas seulement l’une des plus intĂ©ressantes collection d’art contemporain entre France et Allemagne ; c’est aussi un Ă©crin pour les concerts et les Ă©vĂ©nements interdisciplinaires, comme en tĂ©moigne le festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth, du 9 au 18 novembre prochains. La (dĂ©jĂ ) 3Ăš Ă©dition met Ă  l’honneur la notion de « gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes » : ainsi les Ă©lĂšves du Conservatoire de Strasbourg (le 10 nov, 17 et 18h) et de l’École Municipale de Musique d’Erstein paraissent (le 15 nov, 20h et 21h) aux cĂŽtĂ©s de Philippe Entremont (concert de clĂŽture, le 18 nov, 20h), lui-mĂȘme Ă©lĂšve de Marguerite Long qui collabora avec les grands musiciens et compositeurs du XXe siĂšcle tels Stravinsky, Bernstein, Milhaud, Stokowski
 De filiations en transmissions s’écoule une mĂȘme passion pour le clavier et l’idĂ©e d’une musique totale, source de partage, de dĂ©passement, d’enchantement. TOUTES LES INFOS? les dates, les artistes, les programmes sur le site du MusĂ©e WÜRTH Ă  ERSTEIN

PIANO. ENTRETIEN avec Momo KODAMA, pianiste (automne 2018)

PIANO. ENTRETIEN avec Momo KODAMA, pianiste. La pianiste Momo Kodama donne Ă  l’automne 2018, trois concerts Ă  Paris. Une actualitĂ© exceptionnelle qui a dĂ©butĂ© le 22 septembre Ă  La Scala nouvellement ouverte, avec sa participation en duo avec sa sƓur Mari Kodama dans une Ɠuvre de John Adams, dans le cadre du festival « Aux armes contemporains ». Elle s’est produite ensuite en soliste le 14 octobre Ă  l’auditorium de la CitĂ© de la Musique dans le cadre des concerts de la Philharmonie de Paris, dans un somptueux programme Debussy-Hosokawa qui fit salle pleine, et rejoindra enfin le 30 octobre prochain l’Orchestre de Chambre de Paris sous la direction de Sascha Goetzel, dans le 21Ăšme concerto de Mozart K 467. A ne pas manquer! C’est chez elle Ă  Paris qu’elle nous reçoit, pour nous parler d’elle, de musique, des choses de la vie
 Dans son sĂ©jour inondĂ© de lumiĂšre, deux pianos tĂȘte-bĂȘche jonchĂ©s de partitions, des gravures japonaises, et un trĂšs bon thĂ© vert sur la table basse. Propos recueillis par Jany CAMPELLO.

 

 

 

Momo KODAMA,
L’orient et l’occident : un accord parfait

  

 

KODAMA-Momo-PIANO-portrait-sur-classiquenews-Momo-Kodama--JBM-7373©Jean-Baptiste-MillotMomo Kodama © JB Millot

  

 

Commençons par parler de vous: vous ĂȘtes nĂ©e au Japon, Ă  Osaka, vous vivez depuis de nombreuses annĂ©es en Europe. Quand avez-vous quittĂ© le Japon? 

J’ai quittĂ© le Japon Ă  un an. Je n’ai donc quasiment pas vĂ©cu au Japon. Nous sommes partis en famille en Allemagne, puis en Suisse allemande, et cela fait 35 ans que j’habite Paris. ArrivĂ©e Ă  Paris, j’ai continuĂ© mes Ă©tudes gĂ©nĂ©rales dans une Ă©cole allemande, et je suis rentrĂ©e au conservatoire. L’allemand a donc Ă©tĂ© ma premiĂšre langue, et j’ai adoptĂ© trĂšs vite le français. Mais nous avons continuĂ© Ă  parler le japonais Ă  la maison. Nous avons aussi toujours gardĂ© nos traditions auxquelles nous sommes restĂ©s trĂšs attachĂ©s, au point que lorsque je suis au Japon, des personnes me disent que je suis plus japonaise que les japonais eux-mĂȘmes!

  

 
Comment l’expliquez-vous?

Je n’ai pas suivi le mouvement de modernisation dans le pays, qui a fait notamment que vocabulaire a Ă©voluĂ©. Les traditions se sont aussi un peu perdues, comme au nouvel an, oĂč nous continuons Ă  cuisiner les plats traditionnels. Maintenant les gens achĂštent des plats dĂ©jĂ  prĂ©parĂ©s, ou vont au restaurant. Dans notre famille, nous nous rassemblons tous Ă  Paris et ma mĂšre apporte chaque annĂ©e une valise remplie d’ingrĂ©dients: elle cuisine pendant trois jours pour prĂ©parer le repas! Cela a une grande valeur symbolique.

  

 
Vos racines sont donc trÚs présentes


Oui, je trouve qu’il faut avoir des racines quelque part, cela permet de bien se sentir partout, et je me suis sentie trĂšs bien dans les pays oĂč j’ai vĂ©cu, et en France actuellement. Je ne me sens Ă©trangĂšre nulle part. Ma sƓur Mari et moi, nous nous parlons toujours en japonais. Cela nous paraĂźtrait vraiment bizarre de nous adresser l’une Ă  autre dans une autre langue!

  

 
Est-ce cette culture japonaise trÚs authentique, cette identité trÚs forte, qui vous rapprochent des compositeurs japonais que vous interprétez? 

Oui, nĂ©cessairement. Il y a dans leur musique une notion du dĂ©roulement du temps typiquement japonaise, trĂšs en harmonie avec la nature. Son rythme est diffĂ©rent et n’a rien Ă  voir avec le battement du cƓur ou le tic-tac de l’horloge, figĂ© et rĂ©gulier. Mais cette conception existe aussi chez d’autres compositeurs occidentaux, comme Messiaen: il disait lui-mĂȘme que les marches militaires par exemple ne sont pas naturelles. Ce qui est naturel, ce sont les chants d’oiseaux, le vent

 

  

 
Un autre rapport au temps


Cet Ă©coulement du temps a Ă©galement sa logique, mais n’est pas pris dans une structure mĂ©trique, mesurĂ©e. Pour comprendre cette musique il faut oublier ses lignes verticales, les barres de mesures par exemple, mais en mĂȘme temps elles existent. Cette musique sonne trĂšs libre. Et pour qu’elle sonne trĂšs libre, son Ă©criture doit ĂȘtre trĂšs mĂ©ticuleuse. Il y a aussi cela bien Ă©videmment chez Debussy, parfois de façon trĂšs inattendue! La musique d’Hosokawa a en plus un lien particulier avec le souffle. Au dĂ©part il n’aimait pas du tout le piano, il lui prĂ©fĂ©rait la flĂ»te et le violon, ces instruments dont le son peut naĂźtre Ă  partir de rien, et disparaĂźtre dans le rien. Le son du piano peut s’éteindre dans le vide, mais venir de rien c’est beaucoup plus compliquĂ©! Le son arrive tout de suite au piano, mĂȘme si on peut jouer sur l’illusion, et si l’on a une grande imagination.
  

 
Comment alors Hosokawa est-il venu Ă  composer pour le piano?

Quand il a dĂ©couvert le piano, il s’est mis Ă  Ă©crire beaucoup pour lui. Il a commencĂ© par son concerto, puis a composĂ© son quatuor pour une formation identique Ă  celle du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen, puis il en est venu aux Ă©tudes. J’ai crĂ©Ă© toutes ses piĂšces et j’ai bien sĂ»r travaillĂ© et Ă©changĂ© beaucoup avec lui. Il est lui-mĂȘme pianiste et sa musique est trĂšs bien Ă©crite pour le piano. Notamment il sait trĂšs bien Ă©tudier la pĂ©dale, utiliser les rĂ©sonances de l’instrument. Il a composĂ© les Ă©tudes pour lui mĂȘme, il s’est donnĂ© un dĂ©fi en tant que pianiste et compositeur! Il dĂ©sire continuer Ă  Ă©crire pour le piano et j’en suis trĂšs heureuse.
 

  

 
Vous avez associé au disque comme au concert ses études à celles de Debussy, étroitement imbriquées. Quel autre lien que la dimension temporelle trouvez-vous entre ces deux compositeurs? 

La subtilitĂ© dans l’écriture. Elle ressemble Ă  de la dentelle. Tous ces dĂ©tails dans le phrasĂ©, les nuances, Ă©galement les couleurs qui sont trĂšs graduelles, dans une palette trĂšs large. On ne passe pas instantanĂ©ment du rouge au vert. Et puis il y a quelque chose d’assez intime et de l’ordre de la confidence dans leur musique; pour Debussy surtout, la musique est comme une pensĂ©e avec lui-mĂȘme qu’il partage. Elle possĂšde quelque chose qui va vers l’enfance, une source d’émerveillement. Sa subtilitĂ© rĂ©side aussi dans l’art de la suggestion qui fait sa poĂ©sie et son charme. L’écriture est tellement minutieuse, dans les Ă©tudes en particulier! Je dĂ©couvre encore beaucoup de choses, plus d’un an aprĂšs les avoir enregistrĂ©es!

  

 
Les piĂšces pour piano de Debussy sont la plupart trĂšs courtes, elles n’ont pas de dĂ©veloppement. Qu’en est-il de celles d’Hosokawa? 

Hosokawa utilise le dĂ©veloppement Ă  partir d’un thĂšme, et sa musique a une dimension sentimentale qui est absente chez Debussy, elle exprime l’émotion des sentiments. On a toujours tendance Ă  croire qu’au Japon on ne montre pas ses sentiments, on est dans la pudeur. Ce qui est sĂ»rement vrai dans la vie courante. En mĂȘme temps le thĂ©Ăątre japonais est trĂšs passionnel. Il s’y dĂ©roule des drames incroyables. La violence des sentiments Ă©maille la littĂ©rature japonaise. Il est possible que cette particularitĂ© soit en rapport avec la violence des manifestations naturelles au Japon: les tremblements de terre, les typhons
Les Japonais vivent avec cela. Mais vous savez, on voit beaucoup de gens pleurer d’émotion au Japon, pas seulement de tristesse. C’est cette passion que l’on retrouve chez Hosokawa. C’est son cĂŽtĂ© trĂšs humain. Une de ses Ă©tudes s’intitule « ColĂšre ». Pour lui ce n’est pas une colĂšre dirigĂ©e vers une personne, ou en rapport avec une situation particuliĂšre, c’est juste le sentiment en lui-mĂȘme, dans ce qu’il a d’absolu, dĂ©tachĂ© de l’objet. Hosokawa est trĂšs imprĂ©gnĂ© de la pensĂ©e japonaise, entre ombre et lumiĂšre, ce qui fait que les lignes dans sa musique sont plus marquĂ©es que dans celle de Debussy. Il y a des correspondances, mais le monde d’Hosokawa n’est pas le monde de Debussy.

 

 
Vous avez réuni ces deux mondes néanmoins


Oui, car ils ont un lien. Quand Hosokawa a commencĂ© Ă  Ă©crire ses Ă©tudes, je lui ai dit que je jouerai la premiĂšre avec les Ă©tudes de Debussy. Il a aussi beaucoup Ă©tudiĂ© sa musique et son instrumentation, qu’il connait parfaitement, comme Takemitsu d’ailleurs.
 

  

 
Avez-vous rencontré Takemitsu, que vous interprétez également?

Malheureusement non, mais sa fille m’a beaucoup parlĂ© de sa musique.

 

 

Parlez-nous de votre concert à la Cité de la musique: inscrire uniquement des études à un programme, cela pose-t-il une difficulté? 

J’ai dĂ» modifier l’ordre du disque, qui alterne les Ă©tudes des deux compositeurs. Il fallait faire plus court: j’ai choisi dix Ă©tudes de Debussy et cinq de Hosokawa. Il a fallu trouver un nouveau rythme, des associations, revoir l’ordre des piĂšces spĂ©cialement pour le concert. La construction d’un programme de concert quel qu’il soit est pour moi aussi importante que l’interprĂ©tation musicale.
  

 
Le 30 octobre, vous donnerez un autre concert trĂšs diffĂ©rent au ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es, oĂč vous jouerez un concerto de Mozart: un tout autre univers, non?

Oui, mĂȘme si on retrouve cet Ă©merveillement chez Mozart comme chez Debussy. Mozart reprĂ©sente pour moi le gĂ©nie absolu: il y a cette facilitĂ© d’écriture chez lui, cette Ă©vidence, ce langage si simple, cette joie de vivre aussi et cette tendresse, en dĂ©pit des tragĂ©dies de sa vie, cela dans beaucoup de ses Ɠuvres, notamment dans le 21Ăšme concerto en do majeur que je vais jouer et qui est trĂšs solaire. Le second mouvement est tellement Ă©tonnant avec toujours ce mĂȘme rythme, et toutes ses modulations parfois si inattendues. C’est un voyage intĂ©rieur incroyable, qui n’est jamais dans le pathos, mais toujours empreint d’espoir
Ce second mouvement est devenu tellement cĂ©lĂšbre! On l’entend partout, dans les publicitĂ©s, dans les films, James Bond par exemple! Dans un dĂ©calage total, il accompagne cette scĂšne incroyablement cruelle oĂč le requin mange la James Bond girl et oĂč le rideau s’abaisse lentement. On peut vraiment Ă©couter Mozart en toutes circonstances!
 

  

 
La musique de Mozart est-elle simple à jouer? 

C’est au contraire trĂšs difficile, elle est tellement transparente! Il faut Ă©galement y trouver le temps juste. On dit qu’il faut retrouver cette fraĂźcheur de l’enfance, ou avoir un Ăąge mature pour bien interprĂ©ter Mozart. Sans doute y a-t-il un peu de cela, mais je pense qu’il faut avoir vĂ©cu des choses de la vie pour comprendre certaines de ses Ɠuvres comme le concerto en rĂ© mineur, ou Don Giovanni. Trouver cette Ă©vidence, cette simplicitĂ© dans l’expression, ce n’est pas si simple! Il n’y a jamais une note de trop chez Mozart, et chaque note doit sonner juste.

  

 
Pensez-vous au chant, Ă  l’opĂ©ra lorsque vous jouez Mozart? 

Bien sĂ»r! Dans les concertos comme dans les sonates on peut imaginer des scĂšnes d’opĂ©ra. Avant de jouer Mozart, on ne peut se dispenser d’écouter ses opĂ©ras, pas seulement pour le chant, mais aussi pour l’articulation vocale, l’élocution, notamment dans les rĂ©citatifs. Sa musique parle aussi!

 

 
 
Avez-vous des envies ou des projets nouveaux pour l’avenir? 

J’aimerais beaucoup revenir Ă  Bach, que j’ai beaucoup jouĂ© pour moi, mais peu souvent au concert. À partir de Bach, je voudrais aller dans le rĂ©pertoire germanique, celui de Schubert et Schumann. Pas Brahms: j’adore l’écouter mais je ne me sens pas en phase avec lui. J’aimerais tellement aussi approcher le rĂ©pertoire du lied avec Schubert!: J’écoute trĂšs souvent Dietrich Fischer-Dieskau et Peter Schreier!
BartĂłk et Scriabin, qui me fascinent beaucoup actuellement, font aussi partie de mes projets. Je vais jouer l’annĂ©e prochaine la sixiĂšme sonate de Scriabin Ă  la Scala, dans le cadre de l’intĂ©grale qui sera donnĂ©e de son Ɠuvre, ainsi qu’une piĂšce contemporaine avec des sons Ă©lectroniques, en collaboration avec l’Ircam. VoilĂ  quelque chose que je n’ai encore jamais fait!

 

  

  

 

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Entretien réalisé à Paris, le 12 octobre 2018.

 

  

 

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Momo Kodama (DR)

 

 

CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca)

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CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca). Etrangement la Philharmonie TchĂšque / Czech Philharmonic sonne dĂ©mesurĂ©e dans une prise de son Ă  la rĂ©verbĂ©ration couvrante qui tant Ă  diluer et Ă  noyer le dĂ©tail des timbres, comme le relief des parties : orchestre, solistes, choeur (Prague Philharmonic Choir). Heureusement, la direction tendre du chef Jiri Belohlavek (rĂ©cemment dĂ©cĂ©dĂ© : il s’est Ă©teint le 31 mai 2017) Ă©vite d’écraser et d’épaissir, malgrĂ© l’importance des effectifs et le traitement sonore plutĂŽt rond et indistinct. C’est presque un contresens pour une partition qui plonge dans l’affliction la plus dĂ©chirante, celle d’un pĂšre (Dvorak) encore saisi par la perte de ses enfants Josefa en septembre 1875, puis ses ainĂ©es : Ruzenka et Ottokar.

 

Fini en 1877, crĂ©Ă© Ă  Prague en 1880, le Stabat Mater imposa un tempĂ©rament puissant, Ă  la fois naĂŻf et grandiose, qui alors, confirmait l’enthousiasme de Brahms (trĂšs admiratif la Symphonie n°3 de Dvorak). L’étonnante franchise et sincĂ©ritĂ© de la paritition valurent partout oĂč elle fut crĂ©Ă©e, un triomphe Ă  son auteur (dont Ă  Londres oĂč il dirigea lui-mĂȘme la fresque bouleversante en 1884). Comme le Requiem de Verdi, aux dimensions elles aussi colossales, le Stabat Mater de Dovrak n’en oublie pas l’humanitĂ© et l’intimitĂ© de son sujet : la ferveur Ă  la Vierge de compassion et de douleur ne pourrait s’exprimer sans pudeur et dĂ©licatesse.

C’est pourquoi l’oeuvre alterne constamment entre le dĂ©sir de paix et d’acceptation, et la profonde dĂ©chirure de la douleur et du sentiment immense, irrĂ©pressible d’impuissance comme d’injustice.  TrĂšs libre quant Ă  la liturgie, – comme Brahms et l’élaboration de son Requiem Allemand, Dvorak façonne son Stabat Mater comme un hymne personnel Ă  la Vierge douloureuse, rĂ©confortante, admirable.

 

L’Ampleur et l’épaisseur brahmsienne s’invitent ainsi dans la tenue de l’orchestre du cd2 – parfois trop solennelle, Ă©crasante mĂȘme, particuliĂšrement dans l’intro pour l’air de tĂ©nor (avec choeur) : « Fac me vere tecum flere », d’une attĂ©nuation plus tendre grĂące au timbre hĂ©roĂŻque et trĂšs rond du tĂ©nor amĂ©ricain Michael Spyres ; air de compassion, aux cĂŽtĂ©s  de la mĂšre endeuillĂ©e, face au Fils crucifiĂ©, rempli de recueillement et aussi de volontĂ© parfois colĂ©reuse
 LĂ  encore, le chanteur amĂ©ricain soigne sa ligne, arrondit les angles, caresse et rassĂ©rĂšne


 

AprĂšs la sĂ©quence purement chorale (tendresse souple du choeur Ă©voquant Marie / plage 2, cd2), le duo soprano et tĂ©nor (VIII. Fac ut portem Christi mortem / Fais que supporte la mort du Christ) affirme la trĂšs forte caractĂ©risation des parties solistes (lumineuse et fragile vorie sĂ©raphique Eri Nakamura) ; leur duo exprime le dĂ©sir des solistes : supporter l’affliction nĂ©e du deuil et de la perte, emportant tout l ‘effectif. Les deux voix s’engouffrent dans la peine divine et la souffrance du Fils.  Soprano et tĂ©nor trouvent l’intonation juste, entre dĂ©ploration et pudique exhortation, mais elles sont souvent noyĂ©es dans le magma orchestral (la prise de son est vraiment indigne).

 

Plus Ă©nergique et presque conquĂ©rant, l’air de l’alto Elisabeth Kulman (Inflammatus), prenant Ă  tĂ©moin aussi la Vierge courageuse et compatissante affirme le beau tempĂ©rament de la chanteuse au timbre noble et rond, trĂšs respectueuse de l’intĂ©rioritĂ© mesurĂ©e de cet andante maestoso : la voix Ă©carte toute solennitĂ©, elle intensifie la priĂšre individuelle d’une fervente « rĂ©chauffĂ©e par la grĂące », adoratrice apaisĂ©e de Marie, dans l’attĂ©nuation finale d’une douleur enfin mieux vĂ©cue.

 

Le chef trouve des accents plus pointillistes Ă  l’orchestre et idĂ©alement accordĂ©s au quatuor vocal, Ă  la fois attendri et sincĂšre dans des accents plus francs et directs ; toujours, le geste semble mesurer l’ampleur du dolorisme que la mort implacable et injuste suscite (vague du collectif renforcĂ© par le choeur grandiose), alternĂ© par une priĂšre fervente trĂšs incarnĂ©e, soudainement lumineuse Ă  l’énoncĂ© du Paradis promis Ă  l’ñme Ă©plorĂ©e.

Jiri Belohlavek force le trait dans la solennité, conférant à la fresque de Dvorak, une épaisseur majestueuse, quasi beethovénienne (Missa Solemnis) et une trÚs forte charge introspective (Brahmsienne).

 

Le finale est une arche plus impressionnante et spectaculaire (de surcroĂźt dans un espace trĂšs rĂ©verbĂ©rĂ©) que retenue ; et le chef joue sur le grandiose des effectifs en nombre. MalgrĂ© la spatialisation large et la prise de son diluĂ©e, Belholavek trouve l’intonation juste dans les derniĂšres mesures aux cordes qui dessinent l’espoir d’une aube nouvelle, rĂ©solvant la charge de tant de ferveur antĂ©rieure.

Dans la salle Dvorak au Rudolfinum de Prague, le cĂ©rĂ©moniel l’emporte sur la vĂ©ritable intimitĂ© de la ferveur. La fresque parfois dĂ©mesurĂ©e, dĂ©borde du sentiment individuel pourtant contenu dans une partition Ă  la trĂšs forte coloration autobiographique. Autour du maestro, les Ă©quipes rĂ©unies : chƓur (rendu ainsi confus par la prise de son indistincte et pĂąteuse), orchestre, solistes
 cĂ©lĂšbrent surtout un monument national, et aussi assurĂ©ment l’engagement d’un chef alors ĂągĂ©, reconnu pour sa dĂ©fense du rĂ©pertoire national. Pour les versions alternatives, avec solistes aussi impliquĂ©s et sobres, et surtout choeur enfin dĂ©taillĂ©, voyez du cĂŽtĂ© des chefs Herreweghe, Kubelik et Sinopoli (les deux derniers chez DG). RĂ©alisĂ© quelques semaines avant sa mort, ce Stabat Mater prend des allures de testament artistique du chef principal, dĂ©tenteur de toute une tradition esthĂ©tique que l’on ne peut dĂ©sormais ignorer.

 

 

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CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca)

Compte rendu concerts. 37Úme édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloßtre des Jacobins ; Le 23 septembre 2016. Saint-Saëns,Chopin, Mel Bonis,Cheminade Debussy,Liszt. Philippe Bianconi, piano.

bianconi-piano-582-philippe-bianconi-le-piano-romantique-ticketac-27648-712Compte rendu, concert. 37Ăšme Ă©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; CloĂźtre des Jacobins ; Le 23 septembre 2016 ; Camille Saint-SaĂ«ns ; FrĂ©deric Chopin ; Mel Bonis; CĂ©cile Cheminade ; Claude Debussy ; Frantz Liszt ; Philippe Bianconi, piano. Entre palme de l’originalitĂ© et celle de la poĂ©sie, la Muse ne saura laquelle prĂ©fĂ©rer pour Philippe Bianconi. Le rĂ©cital qu’il a prĂ©sentĂ© est particuliĂšrement abouti et d’une belle originalitĂ©. Le parti pris de ne jouer que des danses aurait pu lasser sous des doigts moins expressifs. Mais Philippe Bianconi est Ă  la fois un poĂšte et un grand virtuose. La musique pour piano de Saint-SaĂ«ns est exigeante et pas toujours facile d’accĂšs. Philippe Bianconi a su ne rien laisser de cotĂ©, ni une virtuositĂ© parfois exacerbĂ©e pour elle-mĂȘme, ni une complexitĂ© harmonique et rythmique dĂ©concertante, ni surtout un style trĂšs particulier qui doit donner l’impression de la facilitĂ© et de l’élĂ©gance Ă  tout prix. Les Mazurkas et la valse de Chopin ont Ă©tĂ© magiques. La dĂ©licatesse des Mazurka sous des doigts de velours, a libĂ©rĂ© une ensorcelante mĂ©lancolie. Ce Chopin est pure poĂ©sie,  il passe comme un rĂȘve. Tout est libre en apparence sous des doigts si habiles Ă  faire oublier que le piano est un instrument de percussion. Tout n’est que ligne, nuances extatiques, couleurs mouvantes.

Danses avec un poĂšte du piano

Deux femmes ont Ă©tĂ© distinguĂ©es par notre poĂšte du piano, exactes contemporaines de Saint-SaĂ«ns et Debussy. La Barcarolle de Mel Bonis est ample dans l’usage fait du piano qui sonne large et virtuose tout en Ă©tant trĂšs expressif. La Mazurk’ suĂ©doise de CĂ©cile Cheminade est contrastĂ©e et d’un caractĂšre passionnĂ©. Ces deux trop courtes piĂšces nous ont permis de distinguer combien il est injuste de sous estimer ces compositrices nĂ©es dans l’ombre masculine, mais ayant trouvĂ© un style d’expression personnel et qui mĂ©rite notre attention. La mazurka choisie de Debussy sonne un peu sage et presque raisonnable Ă  cotĂ© des deux dames


Pour finir sur une apothĂ©ose et d’une puissance rare, Philippe Bianconi aborde deux Ă©tonnantes pages de Liszt. La valse-impromptu dĂ©marre avec un sens de l’humour malicieux puis dĂ©veloppe sous des doigts funambulesques, un rythme de plus en plus entrainant puis des hĂ©sitations pleines de sĂ©duction relancent le thĂšme. Philippe Bianconi dispose d’une virtuositĂ© aristocratique ne semblant que facilitĂ©.

Dans la MĂ©phisto-valse 1, il se transforme en diable grand seigneur Ă  l’inquiĂ©tante sĂ©duction tout Ă  fait charismatique, non dĂ©nuĂ©e d’humour noir. Son articulation d’une prĂ©cision d’horloger suisse, ses nuances trĂšs creusĂ©e et des couleurs d’arc en ciel font de cette piĂšce souvent uniquement virtuose sous des doigts moins experts, un petit thĂ©Ăątre de l’horreur infernale. Il n’est pas frĂ©quent d’entendre ainsi cette piĂšce Ă©blouissante sans rien perdre d’une lisibilitĂ© de chaque instant avec un caractĂšre si trempĂ©. Ce diable nous ferait le suivre ou il voudra


C’est la variĂ©tĂ© de jeu de Philippe Bianconi qui a permis de dĂ©guster sans relĂąchement une suite originale de danses pianistiques. Le public a Ă©tĂ© charmĂ© et a obtenu deux bis faisant une ovation Ă  un vĂ©ritable poĂšte du piano.

Compte rendu concerts. 37Ăšme Ă©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; CloĂźtre des Jacobins ; Le 23 septembre 2016 ; Camille Saint-SaĂ«ns (1875-1921) : Suite en Fa majeur, op.90 ; Valse canariote op.88 ; Valse langoureuse en mi majeur,op.120 ; Etude ne forme de valse, op.52 n°6 ; FrĂ©deric Chopin (1810-1849) : Trois mazurkas op.59 ; Valse en la bĂ©mol, op.42 ; Mel Bonis (1858-1937) : Barcarolle ; Cecile Chaminade (1857-1944) : Mazuk’ suĂ©doise ; Claude Debussy (1862-1918) : Mazurka ; Frantz Liszt (1811-1886) : Valse-impromptu ; MĂ©phisto-valse 1 ; Philippe Bianconi, piano.

Compte rendu, concerts. 37 Ăšme Ă©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; CloĂźtre des Jacobins. Les 6 et 7 septembre 2016. R. Goode, C.Zacharias.

Compte rendu, concerts. 37 Ăšme Ă©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; CloĂźtre des Jacobins. Les 6 et 7 septembre 2016. R. Goode, C.Zacharias. La fin des vacances et la rentrĂ©e des petits et grands ne reprĂ©sente pas le meilleur moment de l’annĂ©e. Pourtant Ă  Toulouse la rentrĂ©e est source de joie par le dĂ©but du Festival Piano aux Jacobins. Le cadre du CloĂźtre des Jacobins, la mĂ©tĂ©o clĂ©mente, crĂ©ent depuis 37 annĂ©es le dĂ©veloppement de soirĂ©es musicales d’exception.  Ensuite un tuilage avec la saison symphonique de la Halle-aux-Grains dans un concert commun lance la riche saison musicale toulousaine et tout s’enchaĂźne. Cette premiĂšre semaine nous a permis d’assister aux deux premiers concerts placĂ©s sous une mĂ©tĂ©o des plus estivales.

Richard Goode 2 c Steve RiskindLe 6 septembre 2016 ; Richard Goode, piano. Richard Goode a une nouvelle fois ouvert le festival. Cet invitĂ© rĂ©gulier du festival reprĂ©sente le fleuron de l’école amĂ©ricaine de piano. Sa prĂ©sence en Europe est bien trop rare car ses activitĂ©s dans le nouveau monde sont multiples, entre autre il est le co-fondateur du prestigieux festival de Marlboro. En 2011, nous avions Ă©tĂ© subjuguĂ©s par la musicalitĂ© de cet immense artiste. Ce soir n’a pas Ă©tĂ© placĂ© sous le signe de cette musicalitĂ© d’altitude. Si les moyens du pianiste sont toujours aussi fascinants, une ligne de force constante et une certaine duretĂ© ont dominĂ© ses choix interprĂ©tatifs. Dans la sonate de Mozart, la frappe ferme et une sorte de raideur ont certes mis en lumiĂšre la noirceur contenue dans l’oeuvre mais ont empĂȘchĂ© de dĂ©guster le charme et l’élĂ©gance que la Sonate contient. Les piĂšces extraites du Sentier herbeux de Janacek ont Ă©tĂ© toutes comme lissĂ©es sur un mĂȘme moule, dans une mĂȘme lumiĂšre et une unique couleur un peu vague. Cela a crĂ©Ă© une belle respiration dans le programme.

Ensuite la violence de son Brahms a surpris par le manque de sentiment. Un Brahms noir et puissant sans concession. La richesse harmonique, la complexe charpente des piÚces a été dessiné avec art, mais sans la moindre souplesse et tout romantisme a été absent.
Les extraits du Livre II des PrĂ©ludes de Debussy ont Ă©tĂ© abordĂ©s avec une sonoritĂ© pleine, beaucoup de pĂ©dale, une franchise de ton qui a Ă©vitĂ© la subtilitĂ© de couleurs attendue. L’effet est Ă©trange car c’est comme si une sorte de saturation, de lumiĂšre constamment solaire empĂȘchait cet esprit français si sensible dans les compositions de Claude de France, de se rĂ©vĂ©ler.
En fin de programme, dans le grande Sonate n°31 de Beethoven, Goode a Ă©tĂ© royal et triomphant soulevant l’enthousiasme du public. Ce grand spĂ©cialiste de Beethoven, qui a gravĂ© sonates et concertos dans des versions acclamĂ©es, a dominĂ© avec puissance la belle partition.
Son Beethoven est charpenté et incisif, parfois un peu massif mais toujours irrésistible. La structure comme dégagée au scalpel, avec des graves trÚs sonores permet une interprétation majeure. La grandeur  beethovénienne a été ainsi portée au firmament par un pianiste aux moyens vertigineux dans une cataracte sonore trÚs impressionnante.

Zacharias-Christian_c_Nicole_ChuardLe 7 septembre 2016 ; Christian Zacharias, piano. Le lendemain le concert de Christian Zacharias a Ă©tĂ© tout autre. D’aucun ont Ă©tĂ© amenĂ© Ă  penser que le piano avait dĂ» ĂȘtre changé  C’est cela la richesse de ce festival : proposer de soirs en soirs des visions si diffĂ©rentes de la musique sur un seul et mĂȘme piano. Christian Zacharias et un musicien complet, soliste, chambriste, chef d’orchestre et compositeur. Dans sa prĂ©sence au piano et dans ses interprĂ©tations cette complĂ©mentaritĂ© musicale est prĂ©sente. Il a fait le choix d’un programme surprenant abordant deux compositeurs plutĂŽt rĂ©servĂ©s aux clavecinistes. Son bouquet de Sonates de Scarlatti a permis un dĂ©veloppement de subtilitĂ©s de couleurs, des tempi nuancĂ©s, tout Ă  fait inhabituels. La fantaisie a Ă©tĂ© le maĂźtre mot de cette interprĂ©tation si personnelle qui jamais n’a manquĂ© d’élĂ©gance et a su doser une certaine pointe d’humour. Le changement de couleurs, de toucher et l’aĂ©ration dont son jeu a Ă©tĂ© porteur, ont construit une interprĂ©tation lumineuse et dĂ©licate de la Sonatine de Ravel. Christian Zacharias rend clairement Ă  la fois l’hommage aux anciens contenus dans la piĂšce de Ravel, et toute la modernitĂ© du propos. Un grand art de musicien. En effet rendre limpide le texte et le sous-texte musical avec cette simplicitĂ© est admirable et rare.
Les Sonates de Padre Soler ont Ă©galement Ă©tĂ© pleines d’esprit et de malice. La main droite d’une prĂ©sence incroyable a signĂ© l’atmosphĂšre hispanique des sonates. Cette mise en lumiĂšre de l’architecture avec cette jubilation a crĂ©Ă© un moment aussi lĂ©ger que spirituel plein de bonheur.
Avec la derniĂšre partie consacrĂ©e Ă  Chopin, le gĂ©nial interprĂšte a comme ouvert une dimension supplĂ©mentaire en terme de puissance Ă©motionnelle et d’immenses moyens pianistiques assumĂ©s. Les Mazurkas sont des partitions difficiles en ce qui concerne le sentiment et l’interprĂ©tation dans une mĂ©lancolie luttant contre le plaisir du souvenir passĂ©. Plus que les Polonaises, elles chantent l’attachement de Chopin Ă  son passĂ© polonais.
L’esprit et la dĂ©licatesse des phrasĂ©s, la beautĂ© des couleurs, le rubato Ă©lĂ©gant, tout un monde de poĂ©sie est nĂ© sous les doigts magiques de Christain Zacharias. Et que dire de la virtuositĂ© fulgurante, et la puissance orchestrale dont il est capable !
Un musicien d’exception a enchantĂ© le piano, comme le cloĂźtre pour la plus grande joie du public (concert complet  ayant refusĂ© du public). Il est certain que le concert de Christian Zacharias avec Tugan Sokhiev et l’Orchestre du Capitole le 17 septembre prochain Ă  la Halle-aux-Grains atteindra des sommets de musicalitĂ© avec le si extraordinaire 5Ăšme Concerto de Beethoven !
Merci Ă  Catherine d’Argoubet qui sait programmer des artistes si beaux et si divers avec cette constance dans la stimulation de l’écoute.

Compte rendu concerts. 37 Úme édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloßtre des Jacobins. Richard Goode et Christian Zacharias.

Le 6 septembre 2016 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour piano en la mineur K.310 ; Leos Janacek (1854-1928) : Sur un sentier herbeux, extraits ; Johannes Brahms (1833-1897) : 6 piÚces Op.118 ; Claude Debussy (1862-1918) : Extraits du livre II  des préludes ; Ludwig Van Beethoven (1770- 1827) : Sonate pour piano n°31 en la bémol majeur, Op.110 ; Richard Goode, piano.

Le 7 septembre 2016 ; Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonates en mi majeur K.162, en do mineur K.226, en mi bémol majeur K183, en fa mineur K. 183, en fa mineur K.386 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Sonatine ; Padre Antonio Soler (1729-1783) : Sonates en sol mineur N°87,en ré mineur N°24, en ré majeur N°84, en ré bémol majeur N°88 ; Fréderic Chopin ( 1810-1849) : Scherzo N°1 en si mineur, Op.20 ; Mazurkas N°1 en ut diÚse mineur,Op41, en la mineur, Op. Posthume (KK2B n°4), en la mineur Op.17 n°4 ; en ut diÚse mineur Op.30 n°4 ; Scherzo en si bémol mineur, Op.31 n°2 ; Christian Zacharias, piano.