CD, Ă©vĂ©nement. PIANO POETIQUE de GASPARD DEHAENE (1 cd 1001 Notes : “Vers l’Ailleurs”)

Vers-lailleurs-Gaspard-Dehaene-Collection-1001-NotesCD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018). ITINERANCES POETIQUES
 Le pianiste Gaspard Dehaene confirme une sensibilitĂ© Ă  part ; riche de filiations intimes. C’est un geste explorateur, qui ose des passerelles enivrantes entre Schubert, Liszt et la piĂšce contemporaine de Rodolphe Bruneau-Boulmier. Ce 2Ăš cd est une belle rĂ©ussite. AprĂšs son premier (Fantaisie – Ă©galement Ă©ditĂ© par 1001 Notes), le pianiste français rĂ©cidive dans la poĂ©sie et l’originalitĂ©. Il aime prendre son temps ; un temps intĂ©rieur pour concevoir chaque programme ; pour mesurer aussi dans quelle mesure chaque piĂšce choisie signifie autant que les autres, dans une continuitĂ© qui fait sens. La cohĂ©rence poĂ©tique de ce second cd Ă©blouit immĂ©diatement par sa justesse, sa sobre profondeur et dans l’éloquence du clavier maĂźtrisĂ©, sa souple Ă©lĂ©gance. Les filiations inspirent son jeu allusif : la premiĂšre relie ainsi Schubert cĂ©lĂ©brĂ© par Liszt. La seconde engage le pianiste lui-mĂȘme dans le sillon qui le mĂšne Ă  son grand pĂšre, Henri QueffĂ©lec, Ă©crivain de la mer, et figure inspirant ce cheminement entre terre et mer, « vers l’Ailleurs ». En somme, c’est le songe mobile de Schubert, – le wanderer / voyageur, dont l’errance est comme rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e et superbement rĂ©investis, sous des doigts complices et fraternels.

 

 

 

VERS L’AILLEURS
Les itinérances poétiques de Gaspard Dehaene

2Ăš cd magistral

 

 

 

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Les escales jalonnent un voyage personnel dont l’aboutissement / accomplissement est la sublime Sonate D 959 en la majeur de Franz Schubert (avant dernier opus datĂ© de sept 1828). Au terme de la traversĂ©e, les champs parcourus, Ă©prouvĂ©s enrichissent encore l’exquise mĂ©lancolie et la tendresse chantante du dernier Schubert…. LIRE notre critique complĂšte du cd Vers l’AILLEURS par Gaspard Dehaene…

 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE,1001-NOTES-festival-concerts-annonce-critique-sur-classiquenews piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – programme durĂ©e : 1h12 enregistrĂ© Ă  Limoges en nov 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2019. Photos et illustrations : © Martin Trillaud – WAM

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Gaspard DEHAENE, Ă  propos de l’album “Vers l’Ailleurs”…

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Errances poĂ©tiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, prĂ©parĂ© par GĂ©rard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son dĂ©jĂ  2Ăš album : un programme ciselĂ©, serti de pĂ©pites aux filiations choisies et personnelles oĂč rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert Ă  Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-pĂšre, l’écrivain Henri QueffĂ©lec avec la piĂšce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clĂ©s. LIRE notre entretien avec Gaspard Dehaene, pianiste.

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VIDEOS
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VOIR aussi le teaser du CD Vers l’Ailleurs par Gaspard Dehaene :

 

https://www.youtube.com/watch?v=KoAlipMdBYQ

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 VOIR le CLIP vidéo ANDANTINO de la Sonate D959 de Franz SCHUBERT par Gaspard Dehaere

 

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Programme VERS L’AILLEURS

 

FRANZ SCHUBERT (Arr. FRANZ LISZT)
« Aufenthalt »
« Auf dem Wasser zu singen »

FRANZ SCHUBERT
MĂ©lodie Hongroise

FRANZ LISZT
Rhapsodie Espagnole

RODOLPHE BRUNEAU-BOULMIER
« Quand la terre fait naufrage »

FRANZ SCHUBERT
Sonate D 959 en la Majeur (Live)
Allegro / Andantino / Scherzo : allegro vivace / Allegretto

 

Prise de son, mixage et mastering : Baptiste Chouquet – B media
Photos : Martin Trillaud – WAM
Création graphique : Gaëlle Delahaye
Production : Collection 1001 Notes
Piano : GĂ©rard Fauvin

CD – EnregistrĂ© en novembre 2018 Ă  Limoges

www.gasparddehaene.com

 

PROCHAINS CONCERTS 2019
de Gaspard DEHAENE

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12 avril : Narbonne – Violoncelle et piano, avec le violoncelliste Damien Ventula
14 avril : Bruxelles, Belgique – Concert en sonate piano / alto, avec l’altiste Adrien Boisseau
‹‹3 juin : Les Invalides, Paris – Concert partagĂ© avec Anne QueffĂ©lec
‹‹5 juin : Maison du Japon, Paris
23 juin : Festival de Nohant
‹‹12-14 juillet : Folle JournĂ©e Ă  Ekaterinburg, Russie
25 septembre : Carnegie Hall, New York
‹‹2 octobre : Tokyo, Japon – RĂ©cital au Toyosu civic center hall

PLUS D’INFOS :
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs

COMPTE-RENDU, critique, récital. PARIS, Gaveau, le 15 fev 2019. , Schubert, Schumann, Brahms, Liszt. Michel Dalberto, piano.

dalberto michel pianoportrait classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, rĂ©cital. PARIS, Gaveau, le 15 fev 2019. , Schubert, Schumann, Brahms, Liszt. Michel Dalberto, piano. Les Concerts Parisiens accueillaient, ce vendredi 15 fĂ©vrier, un pianiste Ă  la renommĂ©e solide comme le grĂšs, un artiste sans concession ni complaisance, un musicien comme il y en a peu, dont l’étoffe semble issue des forges qui ont donnĂ© les grands du passĂ©. Un maĂźtre en somme. D’autant que ses disciples Ă©taient lĂ  aussi, dans le public. A 64 ans, Michel Dalberto fait plus que jamais autoritĂ© dans le paysage musical d’aujourd’hui.

 

 

Michel Dalberto, l’esprit de grandeur

 

 

Programme romantique ce soir, avec dans l’ordre Schubert, Schumann, Brahms et Liszt. Le pianiste a choisi un Bösendorfer nouveau cru auquel la marque a su restituer la splendeur d’autrefois. Un choix en parfait accord avec son jeu, gĂ©nĂ©reux et robuste, plein et matiĂ©rĂ©, qui fait sonner et chanter le piano Ă  en faire frĂ©mir le biscuit de la salle Gaveau. Un jeu qui d’emblĂ©e en impose, et, un tour de force, ne laisse Ă  aucun moment d’espace aux incongruitĂ©s sonores faisant hĂ©las souvent partie du dĂ©cor, le public se gardant bien de broncher devant telle affirmation. Le ton est donnĂ© dĂšs les KlavierstĂŒcke D 946 de Schubert (N° 2 et 3): Ă  la simplicitĂ© d’un air fredonnĂ© que l’on entend souvent dans ces piĂšces, et la plupart du temps dans Schubert, Michel Dalberto prĂ©fĂšre la tessiture et l’éloquence lyriques, sculpte la ligne de chant dans tous ses contours, souligne la dramaturgie (2Ăšme en mi bĂ©mol majeur), timbre et joue de contrastes, assombrit et Ă©claircit, serre et dĂ©ploie tout en maintenant une tension constante, imprime au 3Ăšme KlavierstĂŒcke une Ă©nergie Ă©lectrisante.

Pas de demi-mesure non plus dans la Fantaisie opus 17 de Schumann. Le musicien nous prend dans le feu de son jeu, grandiose et passionnĂ©, excessif dans ses humeurs et leur ambivalence, marquant les ruptures dont l’Ɠuvre est Ă©maillĂ©e, jouant de la discontinuitĂ©. Il prend des risques – c’est tout Ă  son honneur – et ne mĂ©nage ni l’instrument, ni nos Ă©motions: le piano rĂ©sonne, s’ébranle, les basses sonnent, par endroits, gĂ©antes, comme l’airain des cloches; dans le premier mouvement, aprĂšs la submergeante vague du dĂ©but, un contrepoint hallucinĂ© et bouleversant fait entendre les voix graves, sous les aigus gommĂ©s. Le deuxiĂšme mouvement s’érige, orchestral, triomphant au bout de lui-mĂȘme, et laisse place au dernier, sombre, plus douloureux qu’apaisĂ©, empreint d’aspĂ©ritĂ©s qui feraient regretter le legato d’Yves Nat, par exemple, si l’on perdait de vue le parti interprĂ©tatif du musicien: on aura beau chercher, ni Ă©panchement, ni mĂȘme tendresse dans le Schumann de Michel Dalberto, mais une ĂąpretĂ© et une grandeur d’ñme Ă  la fois, une tenue, tout comme d’ailleurs dans ses Schubert.

Les 6 KlavierstĂŒcke opus 118 de Brahms ouvrent la deuxiĂšme partie du concert. Concises, ces piĂšces font se succĂ©der des climats variĂ©s, des Ă©tats d’ñmes oĂč la rĂ©signation domine. LĂ  encore, le pianiste nous plonge tout Ă  trac dans le vif du sujet, avec le premier intermezzo, livrant au public ses effusions sans retenue, mais des effusions lyriques et non point sentimentales. Le deuxiĂšme « Andante teneramente » apparaĂźt comme une confession intime. Il chante dans la ferveur, et s’éloigne un peu des demi-teintes mĂ©ditatives qu’on lui attribue souvent, et qui font de certaines interprĂ©tations la platitude, s’achevant dans la touchante douceur d’un pianissimo Ă  la derniĂšre exposition du thĂšme. La Ballade, l’intermezzo et la Romance qui suivent s’acheminent, dans leurs couleurs propres, vers le dernier intermezzo, tĂ©nĂ©breux, nu et dense comme le silence.

Quel compositeur sied mieux Ă  Michel Dalberto que Liszt? C’est Ă  se demander lorsqu’on l’écoute dans les Études d’exĂ©cution transcendantes – ici trois: Ricordanza, Paysage, et Mazeppa. Il domine ces piĂšces de virtuositĂ© – est-ce utile de le signaler? – grĂące Ă  une technique sans faille et un jeu trĂšs ancrĂ©. Mais surtout, il en livre toute la dimension poĂ©tique et musicale, la dimension orchestrale aussi, et l’esprit lisztien avec lequel il partage tant d’affinitĂ©s: Michel Dalberto frappe par la prĂ©sence et le relief de son jeu, impressionne par sa grandeur de vue, et sĂ©duit par son sens esthĂ©tique et son Ă©lĂ©gance. L’esprit de Ricordanza est tout entier dans cette poĂ©tique du son, cette beautĂ© et cette subtilitĂ© des lignes, cette façon de suspendre les phrases dans leur cours, puis de les relĂącher, et il la rend admirablement. Mazeppa est a contrario Ăąpre, violent, strident mĂȘme, et son rĂ©cit Ă©pique clĂŽt le concert en apothĂ©ose, laissant le public Ă©bahi. En bis? quelques notes Ă©grainĂ©es d’un Feuillet d’album de Scriabine. Une façon si raffinĂ©e de dire au revoir!

 

 

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Compte-rendu critique, récital Michel Dalberto, piano, salle Gaveau, Paris, 15 février 2019, Schubert, Schumann, Brahms, Liszt. Illustration :© C Doutre

ENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene, Ă  propos de “Vers l’Ailleurs”

Errances poĂ©tiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, prĂ©parĂ© par GĂ©rard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son dĂ©jĂ  2Ăš album : un programme ciselĂ©, serti de pĂ©pites aux filiations choisies et personnelles oĂč rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert Ă  Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-pĂšre, l’écrivain Henri QueffĂ©lec avec la piĂšce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clĂ©s.

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CNC / Classiquenews : Selon quels critĂšres avez vous rĂ©alisĂ© la sĂ©lection de votre programme « Vers l’Ailleurs » ?

Gaspard Dehaene : J’ai veillĂ© Ă  plusieurs choses : l’enchaĂźnement des tonalitĂ©s, des caractĂšres, des tempi, le tout de façon Ă  prĂ©parer l’ouverture Ă  la sonate D959, sommet de ce programme.  La piĂšce de Rodolphe Bruneau-Boulmier juste avant la sonate constitue une excellente pause. Rapprocher Schubert et Liszt est passionnant. Le premier est ce voyageur / « Wanderer » qui a explorĂ© des mondes inĂ©dits par la pensĂ©e et l’écriture musicale ; le second, Liszt, lui, a contrario, a beaucoup voyagĂ©. Sa Rhapsodie espagnole a Ă©tĂ© composĂ©e plus de 10 ans aprĂšs une tournĂ©e en Espagne et au Portugal : c’est Ă©videmment une piĂšce de virtuositĂ©, mais pas seulement car elle affirme aussi un trĂšs grand potentiel poĂ©tique. Liszt y dĂ©veloppe d’abord une sĂ©rie de variations sur la Folia (en une lente valse sĂ©rieuse, dans le grave du piano) ; puis c’est le feu d’artifice de la Jota (aragonaise), vĂ©ritable jubilation pĂ©taradante dont j’aime la lĂ©gĂšretĂ© chantante.

J’ai choisi la Sonate D959 comme l’aboutissement de tout le programme. Schubert est mort deux mois aprĂšs l’avoir composĂ©e. J’y retrouve ce piano ample, profond, d’une richesse saisissante qui rappelle le lied comme le souffle symphonique, sans omettre le quatuor Ă  cordes. Evidemment le voyage auquel nous convie Schubert est celui du temps, le temps de la vie, mais aussi celui de la durĂ©e, celle qui nous fait perdre nos repĂšres gĂ©ographiques !  L’Andantino est d’une tristesse poignante et aussi d’une audace visionnaire car Schubert (dans la partie centrale) y invente presque le principe du « cluster », ( procĂ©dĂ© qui consiste Ă  jouer plusieurs touches simultanĂ©ment, sans le souci de l’harmonie ), avec des accords d’une violence inouĂŻe, comme s’il s’agissait de cris dĂ©chirants. Enfin, peu aprĂšs se dĂ©ploie la tonalitĂ© de do diĂšse majeur qui est celle du renoncement, de l’adieu acceptĂ©, assumĂ©. L’écriture relĂšve d’une ambivalence schizophrĂ©nique, accordant mĂ©lancolie et acceptation du sort.

 

 

 

CNC : Pouvez-vous nous livrer quelques clĂ©s pour comprendre la piĂšce de Rodolphe Bruneau-Boulmier qui rĂ©sulte d’une commande que vous lui avez passĂ©e ?

GD : La piĂšce a Ă©tĂ© composĂ©e pour moi. J’ai demandĂ© Ă  Rodolphe de m’écrire une piĂšce, et c’est lui-mĂȘme, en tant que lecteur d’Henri QueffĂ©lec, qui a eu l’idĂ©e de ce titre (« quand la terre fait naufrage »). La partition Ă©voque ce que l’on Ă©coute et les impressions ressenties quand nous avons la tĂȘte sous l’eau, dans la mer
 Comme une fantaisie, la piĂšce exprime le mouvement des vagues au dessus de soi, la sensation de bruits lointains, 
 C’est une Ă©vocation libre de l’immensitĂ© des mondes marins ; la dramaturgie enchaĂźne le zĂ©phyr qui annonce la tempĂȘte qui elle-mĂȘme s’accomplit en vagues et en rafles irrĂ©guliĂšres
 ; oĂč les motifs semblent tournoyer sur eux-mĂȘmes, oĂč se dessine aussi la figure de la cathĂ©drale engloutie, en particulier dans la conclusion qui sonne comme dĂ©vastĂ©e. Je pense que cette Ɠuvre parle Ă  notre imaginaire par sa puissance Ă©vocatrice !

 

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CNC : Comment s’est dĂ©roulĂ© le travail avec le label 1001 Notes ?

GD : Vers l’Ailleurs est mon 2Ăš album chez 1001 Notes. C’est la concrĂ©tisation d’un projet audacieux et original qui s’est rĂ©alisĂ© grĂące Ă  l’écoute, la confiance et la comprĂ©hension dont m’a tĂ©moignĂ© le directeur du label : Albin de la Tour. Une telle Ă©coute est rare, et elle est d’autant plus apprĂ©ciĂ©e. En plus de l’enregistrement proprement dit ; il a Ă©tĂ© possible de rĂ©aliser plusieurs clips musicaux, dans le prolongement de l’univers poĂ©tique du cd (1).

 

 

 

CNC : Quels sont les pianistes qui vous inspirent et pourquoi ?

GD : Il y a d’abord Arcadi Volodos pour son sens et sa conception trĂšs aboutis de chaque interprĂ©tation. A chaque lecture, il force l’admiration par son originalitĂ© et une comprĂ©hension souvent visionnaire. J’aimerai citer aussi Alfred Brendel ; j’ai pu jouĂ© devant lui la D 959 et cette expĂ©rience a Ă©tĂ© pour moi 
 traumatisante ; mais dans le bon sens du terme. Brendel m’a sensibilisĂ© sur la ligne de chant, la conduite du legato, et la nĂ©cessitĂ© de ne jamais lĂącher la tension. Enfin, j’apprĂ©cie Radu Lupu pour son lĂącher prise justement ; ce qu’il rĂ©ussit Ă  exprimer, entre vĂ©cu et sonoritĂ©, relĂšve d’une Ă©quation magique.

 

 

Propos recueillis en février 2019

 

  

 
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(1) vidéo réalisée à partir du second mouvement de la Sonate D 959, Andantino :
https://www.youtube.com/watch?v=V_Z4HDT8Y_c
Gaspard Dehaene – Franz Schubert Sonate D 959 en la Majeur/ Andantino – YouTube
www.youtube.com
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs
Sortie de l’album vers l’ailleurs le 1er fĂ©vrier 2019 : Disponible sur : https://open.spotify.com/a…
(durée : 8mn27)

 

 

 

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LIRE aussi notre critique complùte du cd Vers l’ailleurs par Gaspard Dehaene, piano (1 cd 1001 Notes).

 

  

 

RĂ©cital du pianiste Guillaume COPPOLA Ă  SCEAUX

coppola-guillaume-piano-concert-annonce-actualites-infos-musique-classique-classiquenewsSCEAUX (92), sam 16 fĂ©v 2019, 17h30. Guillaume COPPOLA, piano. La Schubertiade de Sceaux invite le pianiste Guillaume Coppola dans un rĂ©pertoire qu’il sait dĂ©fendre avec passion et nuances. Chopin, Debussy, sans omettre son cher Schubert, sujet antĂ©rieur d’un cd en son temps distinguĂ© par un CLIC de CLASSIQUENEWS : CD Schubert Valses nobles et sentimentales (sept 2014).
Notre rĂ©dacteur Ernst Van Beck Ă©crivait son enthousiasme pour le jeu filigranĂ©, arachnĂ©en capable de profondeur comme de gravitĂ© :   « Des Sentimentales, si bien nommĂ©es mais sans effusion ni voyeurisme aucun, tout l’art du toucher est lĂ -, on retient la 13Ăšme Ă©videmment pour son rayonnement tendre et caressant, d’une douceur fraternelle si enveloppante
 et comme Ă©ternellement tournante comme un perpetuum mobile
 , mais aussi la 18Ăš et sa cadence racĂ©e pleine de fiertĂ© comme d’élĂ©gance.  C’est une sĂ©rie de sĂ©quences qui frappe par leur nervositĂ© comme leur souplesse mĂ©lodique : acuitĂ©, prĂ©cision, versatilitĂ© dynamique, Guillaume Coppola envisage chaque Ă©pisode comme un mini drame d’une mordante vivacitĂ©. Un appĂ©tit de vivre qui contraste Ă©videmment avec la gravitĂ© des piĂšces complĂ©mentaires  »

A Sceaux, Guillaume Coppola joue deux Valses,qu’il relie lors de ce rĂ©cital, Ă  l’intimisme fougueux de Chopin et l’art des miniatures picturales (et climatiques) du Debussy des PrĂ©ludes (deux extraits : La Puerta del Vino et feux d’artifice). En complĂ©ment, le pianiste propose enfin la matiĂšre du rĂȘve et lla sensualitĂ© amoureuse de Clair de lune
 Ă©pisode aussi aisĂ© techniquement que redoutable sur le plan de l’intonation et de l’articulation. Un programme jalonnĂ© de pĂ©pites et de dĂ©fis


Guillaume Coppola
Programme du récital à Sceaux

FRANZ SCHUBERT
Valses nobles et sentimentales

FREDERIC CHOPIN

Valses opus 64 n°2, opus 70 n°2
Grande Valse brillante op. 18.
Nocturne op. 9 n°1
Sonate n°2

CLAUDE DEBUSSY
Préludes (2Ú Livre) :
La Puerta del Vino
Feux d’artifice

Clair de lune

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SCEAUX, HĂŽtel de Ville (92)
Samedi 16 février 2019, 17h30
Guillaume Coppola, piano

boutonreservationRĂ©servez votre place
sur le site de La Schubertiade de Sceaux
http://www.schubertiadesceaux.fr/guillaume-coppola-16-fevrier-2019/

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APPROFONDIR

coppola guillaume franz schubert cd schubert eloquentiaCD. Schubert : Valses nobles, Sentimentales Sonate D 537 (Guillaume Coppola, 1 cd Eloquentia). En s’attachant principalement aux Ɠuvres mĂ©connues ou moins jouĂ©es de Schubert, Guillaume Coppola souligne la finesse suggestive, onirique, radicale, ce bouillonnment de l’intime qui fait la sĂ©duction irrĂ©sistible des partitions ici choisies
 Valses nobles, Valses sentimentales, le pianiste Guillaume Coppola dĂ©livre le message d’une secrĂšte intĂ©rioritĂ© d’un Schubert qui tout en s’enivrant de ses propres divagations, approfondit en rĂ©alitĂ© une quĂȘte intĂ©rieure, tissĂ©e sur la durĂ©e, dans la pudeur et la suggestivitĂ©. L’arche tendue d’un long parcours qui se lit Ă  travers les deux cycles dansants, soit 12 puis 34 Valses caractĂ©risĂ©es, dessine une perspective dont l’interprĂšte sait restituer la secrĂšte unitĂ© organique. Miniatures – la plus longue est la 3Ăšme des Nobles (plus de 2mn), quand la plupart avoisine, 30, 40 ou 50 secondes, – majoritairement sur le rythme syncopĂ© balançant et donc hypnotique dit  ” anapestique ” (2 croches/ 1 noire)-, il s’agit d’esquisses – bambochades dirions nous en contexte pictural-, d’un trait d’humeur rapidement esquissĂ© qui suscite surtout une part de libertĂ© et de fine lĂ©gĂšretĂ© proche de l’esquisse ou de l’improvisation.

 

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PARCOURIR les autres concerts de LA SCHUBERTIADE DE SCEAUX 2019 :

Schubertiade de Sceaux Logo copiable logo 2018SCEAUX, La Schubertiade, saison 2018-2019. Du 13 octobre 2018 au 30 mars 2019. Sceaux (92 – Hauts de Seine sud), superbe ville accolĂ©e au parc du chĂąteau Ă©ponyme, renoue avec sa riche histoire musicale. DĂ©jĂ  au XVIIĂš, le site est demeurĂ© cĂ©lĂšbre pour le raffinement des cĂ©lĂ©brations baroques qui y Ă©taient donnĂ©es. MĂ©lomane et fastueuse, la Duchesse du Maine, insomniaque, organisait de somptueuses fĂȘtes nocturnes dans son domaine (les fameuses 16 Grandes FĂȘtes de nuit de 1714 et 1715). Les Maine ont incarnĂ© ainsi, au moment oĂč le Roi Soleil s’éteint Ă  Versailles, une maniĂšre de bon goĂ»t, associant l’impertinence et l’excellence : le culte de la nuit affirmant une voie diffĂ©rente voire contraire Ă  la cĂ©lĂ©bration officielle du soleil versaillais. Joyeuse, festive, la duchesse du Maine offrait un tout autre visage artistique et politique, loin des austĂ©ritĂ©s de Versailles au dĂ©but du XVIIIĂš.

SCHUBERT gstaad reportage 2018LA MUSIQUE DE CHAMBRE A SCEAUX
 
Plus de 3 siĂšcles aprĂšs ce premier Ăąge d’or culturel et artistique, la ville situĂ©e au sud des Hauts de Seine, rĂ©active sa riche histoire musicale, et accueille Ă  partir d’octobre 2018 (dĂšs le 13 octobre), une nouvelle saison musicale, plutĂŽt romantique, dĂ©diĂ©e Ă  la musique de chambre et en particulier à Franz Schubert : « La Schubertiade de Sceaux ». Chaque Quatuor, Trio, Quintette de Franz Schubert est un voyage intĂ©rieur d’une puissante poĂ©sie, capable de transporter et de saisir. L’errance schubertienne s’exprime avec cette langueur suspendue jamais rĂ©solue; mĂ©lancolie profonde, nostalgie d’un eden qui n’a peut-ĂȘtre jamais Ă©tĂ© mais qui est ardemment dĂ©sirĂ©, chaque opus de Schubert conduit au-delĂ  des apparences et du texte, vers cet invisible essentiel qui nourrit l’ñme et comble l’esprit. Toute la musique de Schubert est une rĂ©flexion sur le sens de la vie et l’inĂ©luctable mort, la permanence du sentiment, la vanitĂ© terrestre, l’appel au rĂȘve ; elle cultive le rĂ©confort de la tendresse, l’éloquente magie de la musique
 Mais aux cĂŽtĂ©s des partitions schubertiennes, le nouveau cycle de concert Ă  Sceaux propose d’autres compositeurs, de Mozart, Haydn Ă  Beethoven, jusqu’aux auteurs contemporains. EN LIRE PLUS

 

COMPTE-RENDU, critique, récital de piano. DIJON, le 26 janv 2019. Liszt, Sciarrino. Jean-Pierre Collot.

jp_collot_piano concert critique annone classiquenewsCompte rendu, rĂ©cital, Dijon, OpĂ©ra, Auditorium, le 26 janvier 2019. Liszt et Sciarrino. Jean-Pierre Collot, piano. Ce concert s’inscrit au centre d’un triptyque oĂč la musique de notre temps est confrontĂ©e Ă  la musique ancienne. Le pianiste Jean-Pierre Collot n’emprunte jamais les voies de la facilitĂ©. C’est particuliĂšrement le cas ce soir, oĂč, sous l’intitulĂ© « VirtuositĂ©s italiennes », il a choisi de faire alterner l’Italie des « AnnĂ©es de pĂšlerinage » de Liszt avec les trois premiĂšres sonates qu’avait Ă©crites Salvatore Sciarrino pour son instrument. Familier du procĂ©dĂ©, habitĂ© par la musique du compositeur italien, il avait dĂ©jĂ  mis en regard ces sonates avec la musique de Debussy dans un album enregistrĂ© en 2016. Le choix de ce soir apparaĂźt encore plus lĂ©gitime. Le voyage auquel nous sommes conviĂ©s est moins celui de l’Italie que l’immersion dans l’univers de Dante (Ă  une piĂšce prĂšs, la Canzonetta de Salvator Rosa), le rĂ©cital s’achevant de façon explicite « aprĂšs une lecture de Dante ». Toutes les piĂšces sont enchaĂźnĂ©es. L’élision des ruptures que constituent les applaudissements renforce les liens quasi gĂ©nĂ©tiques qui unissent ces piĂšces : il n’y a pas davantage de distance qu’entre une rhapsodie hongroise et une des ultimes compositions de Liszt.

Trop rarement jouĂ©e en France, malgrĂ© sa consĂ©cration internationale, la musique de Sciarrino, abondante, couvrant tous les domaines, d’une richesse insoupçonnĂ©e, mĂ©rite d’ĂȘtre dĂ©couverte ou approfondie. Sauf erreur, sa derniĂšre illustration hexagonale (Stupori, Ă  la Fondation Louis Vuitton) remonte Ă  novembre dernier. MĂȘme s’il semble avoir renoncĂ© Ă  l’écriture de sonates pour piano depuis sa cinquiĂšme (1994), chacune est un monument, dont l’exigence technique et musicale dĂ©courage certainement nombre d’interprĂštes. Peu importent les rĂšgles de composition qui ont prĂ©sidĂ© Ă  leur Ă©criture, « oeuvres volubiles, Ă©lectriques et Ă  la virtuositĂ© vif-argent » (J.-P. Collot). L’ambition de l’interprĂšte prolonge celle du crĂ©ateur : crĂ©er ce qu’il appelle une « forme Ă  fenĂȘtres », en nous proposant une sorte de galerie sonore, comparable Ă  la dĂ©ambulation devant des peintures de la Renaissance, ou aux Ă©vocations de Dante et de PĂ©trarque, familiĂšres Ă  Sciarrino. Le pianiste nous confie l’avoir visitĂ© dans sa maison-musĂ©e, alors que son piano Ă©tait ouvert sur les AnnĂ©es de pĂšlerinage. Le compositeur orchestrait prĂ©cisĂ©ment Sposalizio, prĂ©monition du concert de ce soir.

L’engagement physique, la virtuositĂ©, non seulement digitale et corporelle, mais aussi expressive, paroxystique nous fascinent : l’univers de Liszt se prolonge bien dans la proposition du compositeur sicilien. L’amplification des moyens, des effets est poussĂ©e Ă  l’extrĂȘme : recours Ă  la troisiĂšme pĂ©dale, qui gĂ©nĂšre d’extraordinaires rĂ©sonances, usage dramatique de longs silences, sauvagerie de certaines attaques, dĂ©ferlement de vagues qui nous engloutissent, mais aussi caresses sensuelles, rĂȘveries poĂ©tiques, clusters des avant-bras, etc., la plus large palette sonore y est dĂ©ployĂ©e pour une expression singuliĂšre, trĂšs personnelle. Ainsi, la deuxiĂšme sonate, infernale, oppose-t-elle des interjections d’une puissance inouĂŻe, des agrĂ©gats fluides, insaisissables, qui ajoutent Ă  la rĂ©sonance. L’effet est hallucinant, de dĂ©chirements, d’agressions impĂ©rieuses. . Il ne l’est pas moins dans la troisiĂšme, qui s’inscrit naturellement dans sa descendance, semblant dĂ©fier la plus grande virtuositĂ©, avec des frappes, des touchers, des oppositions dĂ©mesurĂ©es, et des passages quasi impressionnistes. En regard, on oublie la virtuositĂ© lisztienne, tant le naturel empreint les AnnĂ©es de pĂšlerinage. L’aspect profondĂ©ment mĂ©lodique en est valorisĂ© par la confrontation. La plĂ©nitude du jeu de Jean-PĂŻerre Collot est admirable : c’est rond, puissant, percussif comme fluide, tĂ©nu, au service d’une musique qu’il a fait sienne, pour notre plus grand bonheur.

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Compte rendu, récital, Dijon, Opéra, Auditorium, le 26 j anvier 2019. Liszt et Sciarrino. Jean-Pierre Collot, piano.

CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018)

Vers-lailleurs-Gaspard-Dehaene-Collection-1001-NotesCD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE, piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – nov 2018). ITINERANCES POETIQUES
 Le pianiste Gaspard Dehaene confirme une sensibilitĂ© Ă  part ; riche de filiations intimes. C’est un geste explorateur, qui ose des passerelles enivrantes entre Schubert, Liszt et la piĂšce contemporaine de Rodolphe Bruneau-Boulmier. Ce 2Ăš cd est une belle rĂ©ussite. AprĂšs son premier (Fantaisie – Ă©galement Ă©ditĂ© par 1001 Notes), le pianiste français rĂ©cidive dans la poĂ©sie et l’originalitĂ©. Il aime prendre son temps ; un temps intĂ©rieur pour concevoir chaque programme ; pour mesurer aussi dans quelle mesure chaque piĂšce choisie signifie autant que les autres, dans une continuitĂ© qui fait sens. La cohĂ©rence poĂ©tique de ce second cd Ă©blouit immĂ©diatement par sa justesse, sa sobre profondeur et dans l’éloquence du clavier maĂźtrisĂ©, sa souple Ă©lĂ©gance. Les filiations inspirent son jeu allusif : la premiĂšre relie ainsi Schubert cĂ©lĂ©brĂ© par Liszt. La seconde engage le pianiste lui-mĂȘme dans le sillon qui le mĂšne Ă  son grand pĂšre, Henri QueffĂ©lec, Ă©crivain de la mer, et figure inspirant ce cheminement entre terre et mer, « vers l’Ailleurs ». En somme, c’est le songe mobile de Schubert, – le wanderer / voyageur, dont l’errance est comme rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e et superbement rĂ©investis, sous des doigts complices et fraternels.

 

 

 

VERS L’AILLEURS
Les itinérances poétiques de Gaspard Dehaene

2Ăš cd magistral

 

 

 

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Les escales jalonnent un voyage personnel dont l’aboutissement / accomplissement est la sublime Sonate D 959 en la majeur de Franz Schubert (avant dernier opus datĂ© de sept 1828). Au terme de la traversĂ©e, les champs parcourus, Ă©prouvĂ©s enrichissent encore l’exquise mĂ©lancolie et la tendresse chantante du dernier Schubert.

Les deux premiers Ă©pisodes dĂ©montrent le soin et l’affinitĂ© de Liszt pour son devancier Schubert. Le premier a rĂ©alisĂ© les arrangements des morceaux pour piano. Grave et lumineux, « Aufenthalt »ouvre le programme et amorce le voyage. C’est une gravitĂ© comme exaltĂ©e mais digne dans ses emportements que le pianiste exprime ; avec une respiration idĂ©ale, un naturel sobre et mĂȘme Ă©lĂ©gant, Gaspard Dehaene exprime la force et la puissance, l’ivresse intĂ©rieure d’une partition qui saisit par son tragique intime. D’une carrure presque Ă©gale, « Auf dem wasser zu singen » fait surgir au cƓur d’un vortex allant, la langueur et la mĂ©lancolie d’un Schubert enivrĂ©, au lyrisme Ă©perdu. L’énonciation du piansite se fait fraternelle et tendre ; il transmet un chant Ă©perdu qui est appel au renoncement et dĂ©chirante nostalgie. L’acuitĂ© du jeu, souligne dans les passages harmoniques, d’un ton Ă  l’autre, la douceur du fluc musical Ă  la fois entĂȘtant et aussi salvateur ; Ă  chaque variation, correspond un Ă©clat distinct, une facette caractĂ©risĂ©e que le pianiste sĂ»r, inscrit dans une tempĂȘte intĂ©rieure de plus en plus rageuse et irrĂ©pressible. DĂ©taillĂ©e et viscĂ©rale, l’engagement de l’interprĂšte convainc de bout en bout.

Puis la MĂ©lodie hongroise s’affirme tout autant en une Ă©locution simple et intimiste. Le pianiste affiche une Ă©lĂ©gance altiĂšre, celle d’un un cavalier au trot, souple et acrobatique auquel le jeu restitue toutes les aspĂ©ritĂ©s et les nuances intĂ©rieures. La gestion et le rĂšglages des nuances se rĂ©vĂšlent bĂ©nĂ©fiques : tous les arriĂšres plans et tous les contrechamps restituent chaque souvenir convoquĂ©. Le rubato est riche de toutes ses connotations en perspective ; le toucher veille au veloutĂ© de la nostalgie : chaque nuance fait surgir un souvenir dont le moelleux accompagne dans le murmure l’éloquente fin pianissimo. Quel remarquable ouvrage.

Autant Schubert brille par l’éclat de ses nuances intimes, pudiques et crĂ©pusculaires. Autant Liszt crĂ©pite aussi mais en contrastes plus dĂ©clamĂ©s.
Le Liszt recompose le paysage schubertien et s’éloigne quand mĂȘme, de cette sublimation du souvenir qui devient caresse et renoncement ; ici, la digitalitĂ© se fait plus vindicative et vibratile ; le claviern d’organique et dramatique, bascule dans une marche priĂšre qui peu Ă  peu s’Ă©lectrise dans l’Ă©noncĂ© du motif principal. Evidemment l’écriture rhapsodique revendique clairement une libĂ©ration de l’écriture et un foisonnement polyphonique dont Gaspard Dehane exprime bien le chant plus martelĂ© et comme conquĂ©rant ; il en dĂ©fend le lyrisme des divagations ; Ă©clairant chez Liszt, ce dĂ©bordement expressif, sa verve dĂ©lirante dont la spiritualitĂ© aime surprendre, dans la virtuositĂ© de son clavier orchestre.
A 8’14, le chant libre bascule dans une sorte de rĂ©flexion critique, douĂ©e d’une nouvelle ivresse plus souple et lyrique, exprimant la quĂȘte des cimes dans l’aigu jusqu’au vertige extatique. Puis le final se prĂ©cipite en une course vertigineuse (11’38), jusqu’au bord de la syncope et d’une frĂ©nĂ©sie panique. Le jeu est d’autant plus percutant qu’il reste dans cet agitato que beaucoup d’autres pianistes exacerbent, clair, prĂ©cis, nuancĂ©, Ă©clatant.

AprĂšs la filiation Schubert / Liszt, Gaspard Dehaere cultive une entente intime avec le texte de son grand pĂšre, – Henri QueffĂ©lec, « quand la terre fait naufrage ». A cette source, s’abreuve l’inspiration du compositeur Rodolphe Bruneau-Boulmier qui reprend le mĂȘme intitulĂ© : fluide et sĂ©quentiel, et pourtant jamais heurtĂ© ni sec, le jeu du pianiste joue des transparences et des scintillements flottants, expression d’une inquiĂ©tude sourde qui se diffuse et se rĂ©tracte dans un tapis sonore qui croĂźt et se replie. AInsi s’affirme le climat incertain d’intranquillitĂ©, propre Ă  beaucoup d’Ɠuvres contemporaines d’aujourd’hui dont la nappe harmonique se rĂ©pand progressivement en crescendo de plus en plus forte, jusqu’à son milieu oĂč le mystĂšre assĂšne comme un carillon funĂšbre, son murmure dans le noir et le nĂ©ant
 de la mer. Ainsi se prĂ©cise comme seule bouĂ©e d’un monde en chaos, le glas d’une « cathĂ©drale engloutie », cri bien prĂ©sent et d’une morne voluptĂ©. Les couleurs et les nuances du pianiste se rĂ©vĂšlent primordiales ici.

 

 

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A mi chemin de la traversĂ©e (au mi temps du cd), nous voici plus riches, d’une Ă©coute mieux affĂ»tĂ©e encore pour mesurer les tableaux intĂ©rieurs de la D 959  (prise live) : d’autant que l’interprĂšte se montre d’une Ă©loquence intĂ©rieure, mobile, explorant sur le motif schubertien lui-mĂȘme, toutes les nuances du souvenir ou de climats imaginaires. L’intelligence sensible est vive : elle ressuscite mille et un mouvement de l’introspection rĂȘveuse, nostalgique, grave souvent, toujours ardente. Voici les temps forts de cette lecture profonde et riche, concçue / vĂ©cue tel un formidable voyage intĂ©rieur.

Le portique d’ouverture affirmĂ©, Ă  l’assise parfaite inscrit ce premier mouvement dans une dĂ©claration prĂ©liminaire absolument sereine et dĂ©jĂ  le pianiste en exprime les fondations qui se dĂ©robent, en un flux ambivalent, Ă  la fois intranquille et comme prĂȘt Ă  vaciller. Ce trouble en arriĂšre plan finit par atteindre le motif principal dont il fait une confession pleine de tendresse.
Le cantabile et le legato feutrĂ© captivent dĂšs ce premier mouvement ; le motif principal n’y est jamais clairement Ă©noncĂ© ; toujours voilĂ©, dĂ©robĂ© tel le tremplin au repli et au secret, en une cantilĂšne aux subtiles Ă©clats / Ă©clairs intĂ©rieurs. Le compositeur cultive le surgissement de cette ineffable aspiration Ă  l’innocence, la perte de toute gravitĂ©. C’est ce qui transpire dans la rĂ©itĂ©ration du motif rĂ©exposĂ© avec une douceur sublime inscrite dans l’absolu de la tendresse.

Plus court, l’andantino peint l’infini de la solitude, un accablement sans issue et pourtant conçu comme une berceuse intĂ©rieure qui sauve, berce, calme. Le pianiste inscrit son jeu dans l’allusion et le percussif avec une intelligence globale des climats, sachant faire jaillir toute l’impulsion spontanĂ©e, plus viscĂ©rale de la sĂ©quence plus agitĂ©e et profonde.
A 5’38, tout Ă©tant dit, la rĂ©exposition frĂŽle l’hallucination et le rĂȘve flottant. L’Ă©conomie du jeu restitue la charge Ă©motionnelle et la profondeur ineffable de la conclusion, entre retrait et renoncement, bĂ©atitude morne et dĂ©sespoir absolu
Quel contraste assumĂ© avec le Scherzo, plus insouciant et mĂȘme frĂ©tillant.
L’Allegretto final est enveloppĂ© dans la douceur, dans un moelleux sonore qui dit l’appel Ă  la rĂ©solution de tout conflit. La lĂ©gĂšretĂ© et l’insouciance clairement affichĂ©es, assumĂ©es chantent littĂ©ralement sous les doigts caressants du pianiste. Il joue comme un frĂšre, la confession d’une espĂ©rance coĂ»te que coĂ»te. VoilĂ  qui nous rend Schubert plus bienveillant, d’une humanitĂ© reconstruite, restaurĂ©e, enfin rĂ©conciliĂ©e. Dont le chant apaise et guĂ©rit. Superbe lecture.

 

 

 

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CLIC_macaron_2014CD, critique. VERS L’AILLEURS. GASPARD DEHAENE,1001-NOTES-festival-concerts-annonce-critique-sur-classiquenews piano. Schubert, Liszt, Bruneau-Boulmier (1 cd Collection 1001 Notes – programme durĂ©e : 1h12 enregistrĂ© Ă  Limoges en nov 2018). CLIC de CLASSIQUENEWS de fĂ©vrier 2019. Photos et illustrations : © Martin Trillaud – WAM

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Gaspard DEHAENE, Ă  propos de l’album “Vers l’Ailleurs”…

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Errances poĂ©tiques de Gaspard DehaeneENTRETIEN avec le pianiste Gaspard Dehaene. Sur un Steinway, prĂ©parĂ© par GĂ©rard Fauvin, le pianiste  Gaspard Dehaene livre pour le label 1001 Notes, son dĂ©jĂ  2Ăš album : un programme ciselĂ©, serti de pĂ©pites aux filiations choisies et personnelles oĂč rayonne l’esprit libre du voyageur, de Schubert Ă  Liszt, et de l’explorateur entre terre et mer, selon la passion de son grand-pĂšre, l’écrivain Henri QueffĂ©lec avec la piĂšce de Bruneau-Boulmier.  Ce nouveau cd est une invitation au plus beau des voyages : par l’imaginaire et le songe. Entretien pour classiquenews afin d’en relever quelques clĂ©s. LIRE notre entretien avec Gaspard Dehaene, pianiste.

DEHAENE-gaspard-piano-portrait-entretien-sur-classiquenews-vers-l-ailleurs-schuebrt-liszt-piano-actualites-du-piano-classiquenews

 

 

 

 

 

VIDEOS
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VOIR aussi le teaser du CD Vers l’Ailleurs par Gaspard Dehaene :

 

https://www.youtube.com/watch?v=KoAlipMdBYQ

dehaene-gaspard-cd-vers-l-ailleurs-cd-clic-de-classiquenews-critique-cd-review-cd-annonce-cd-concert

 

 

 

 VOIR le CLIP vidéo ANDANTINO de la Sonate D959 de Franz SCHUBERT par Gaspard Dehaere

 

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Programme VERS L’AILLEURS

 

FRANZ SCHUBERT (Arr. FRANZ LISZT)
« Aufenthalt »
« Auf dem Wasser zu singen »

FRANZ SCHUBERT
MĂ©lodie Hongroise

FRANZ LISZT
Rhapsodie Espagnole

RODOLPHE BRUNEAU-BOULMIER
« Quand la terre fait naufrage »

FRANZ SCHUBERT
Sonate D 959 en la Majeur (Live)
Allegro / Andantino / Scherzo : allegro vivace / Allegretto

 

Prise de son, mixage et mastering : Baptiste Chouquet – B media
Photos : Martin Trillaud – WAM
Création graphique : Gaëlle Delahaye
Production : Collection 1001 Notes
Piano : GĂ©rard Fauvin

CD – EnregistrĂ© en novembre 2018 Ă  Limoges

www.gasparddehaene.com

 

PROCHAINS CONCERTS 2019
de Gaspard DEHAENE

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12 avril : Narbonne – Violoncelle et piano, avec le violoncelliste Damien Ventula
14 avril : Bruxelles, Belgique – Concert en sonate piano / alto, avec l’altiste Adrien Boisseau
‹‹3 juin : Les Invalides, Paris – Concert partagĂ© avec Anne QueffĂ©lec
‹‹5 juin : Maison du Japon, Paris
23 juin : Festival de Nohant
‹‹12-14 juillet : Folle JournĂ©e Ă  Ekaterinburg, Russie
25 septembre : Carnegie Hall, New York
‹‹2 octobre : Tokyo, Japon – RĂ©cital au Toyosu civic center hall

PLUS D’INFOS :
https://festival1001notes.com/collection/projet/vers-lailleurs

CD critique. DEBUSSY par VĂ©ronique BONNECAZE, piano (1 cd PARATY 2018)

bonnecaze vĂ©ronique cd debussy classiquenews annonce critique cdCD critique. DEBUSSY par VĂ©ronique BONNECAZE, piano (1 cd PARATY 2018). Somptueuse leçon de piano, le DEBUSSY de VĂ©ronique Bonnecaze captive autant par la rĂ©alisation musicale que la justesse poĂ©tique. Le choix du Bechstein 1900 est pertinent et trĂšs fĂ©cond, rappelant combien la sonoritĂ© est une question de toucher mais aussi de mĂ©canique, l’équilibre entre les deux, rĂ©vĂ©lant Ă©videmment le tempĂ©rament des plus grands. A notre connaissance aucun des plus grands interprĂštes internationaux ne partage avec VĂ©ronique Bonnecaze cette rĂ©flexion (et cette audace) sur le choix de l’instrument, en affinitĂ© avec le rĂ©pertoire et l’esthĂ©tique concernĂ©s. Tous les plus mĂ©diatisĂ©s, d’Argerich Ă  Pollini et Freire, sans omettre les talents de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, de Grosvenor Ă  Trifonov (Malofeev a encore du temps pour polir davantage son propre son), et l’on ne parle pas des lolitas people (telles Yuja Wang ou Alice Sara Ott): tous sans exception jouent sur Steinway ou Yamaha voire Fazioli. Notre Ă©poque est donc au formatage sonore. VoilĂ  donc dans le choix du piano, une approche qui se distingue
 nĂ©e d’un soin spĂ©cifique qui relĂšve d’une approche artisanale. Et elle fonctionne admirablement.
VĂ©ronique Bonnecaze a elle-mĂȘme soulignĂ© combien grĂące au Bechstein, une marque apprĂ©ciĂ©e par Claude Debussy, les mĂ©langes et superpositions des harmonies sont comme « rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es » grĂące au piano d’époque. Cela profite aussi Ă  cette quĂȘte spĂ©cifique du timbre qui ouvre de nouveaux espaces, cultive des sensations inĂ©dites, rĂ©invente l’expĂ©rience de l’auditeur.
La maĂźtrise technique et la hauteur de vue sur le plan poĂ©tique Ă©clatent dĂšs « Clair de lune », extrait de Suite Bergamasque, d’aprĂšs Verlaine et qui est une piĂšce de jeunesse (1890) : techniquement assez aisĂ©e, la sĂ©quence cĂ©lĂšbre en trĂšs peu de notes, l’évasion vers la sensualitĂ© suspendue, porte des imaginaires ; en un jeu intĂ©rieur, c’est un nocturne amoureux, ou un souvenir intime dont la caresse produit une extase toujours renouvelĂ©e. Le jeu de VĂ©ronique Bonnecaze montre tout ce qui compose le gĂ©nie de Debussy : son sens de la construction, son goĂ»t de la couleur, tout infĂ©odĂ©s Ă  l’intensitĂ© du souvenir qui ressuscite ; c’est comme la madeleine de Proust : une sensation qui s’électrise Ă  mesure qu’elle est rĂ©itĂ©rĂ©e. On y retrouve dans les bĂ©mols (5 Ă  la clĂ©), la puissance harmonique des climats de PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune : autre voluptĂ© souveraine. Magnifique entrĂ©e en matiĂšre pour ce programme idĂ©alement conçu.
SĂ©quence plus lumineuse encore, L’Isle joyeuse (1904) s’inscrit pleinement dans le choix du Bechstein : la mĂ©canique maĂźtrisĂ©e exprime cet Ă©lan vers la vie, cet appel fluide et continument ondulant Ă  l’extase
 amoureuse elle aussi car Debussy sur l’üle de Jersey cĂ©lĂšbre alors sa passion pour Emma Bardac, avec laquelle il partage dĂ©sormais sa vie. La matiĂšre sonore s’électrise lĂ  aussi, mais en s’allĂ©geant, immatĂ©rielle et climatique, fusionnant l’image de l’üle et le vent marin qui glisse et s’évade. VĂ©ronique Bonnecaze convoque idĂ©alement ce Debussy poĂšte, ivre de la sensation, collectionneur des climats, grand alchimiste des Ă©lĂ©ments mĂȘlĂ©s et sublimĂ©s.

Avec Images de 1907 (2Ăš sĂ©rie), nous sommes encore dans l’enivrement des sens, servi par une technique de plus en plus allusive, picturale, et 
 quasi abstraite. « Poissons d’or » dĂ©signe les poissons scintillants dans l’onde (les « Goldfishes » des anglais) dont l’écriture exprime l’immatĂ©rialitĂ© active, la sensation fugitive des Ă©cailles et de l’oeil du poisson, en mouvement permanent, que le jeu de la pianiste embrase littĂ©ralement par sa digitalitĂ© lĂ  encore picturale, essentielle, vibratile. PrĂ©cise, la palette des nuances ainsi restituĂ©e renvoie au panneau laquĂ© chinois que possĂ©dait Debussy et qui reprĂ©sentait des poissons de nacre et d’or. Davantage qu’une description, c’est la sensation mĂȘme su sujet ; l’impressionnisme de Debussy cristallise la forme Ă©vanescente du poisson dont le piano exprime la station mobile, le mouvement lui-mĂȘme.
On relĂšve cette mĂȘme qualitĂ© vibratile du toucher dans « Et la lune descend sur le temple qui fut » dont l’orientalisme Ă©grĂšne sa matiĂšre cristalline et presque froide en une Ă©vocation qui suscite lĂ  aussi la vision poĂ©tique et picturale.
La force de l’évocation chez Debussy est de fusionner le temps et l’espace Ă  travers un tissu sonore d’une voluptĂ© harmonique Ă  la fois dense et vaporeuse. VĂ©ronique Bonnecaze nous fait Ă©couter tout cela ; au compositeur poĂšte et peintre, l’interprĂšte dĂ©tecte et rĂ©vĂšle aussi le visionnaire cinĂ©aste, car Debussy compose en images et en mouvement, avec un sens de la composition qui cite immĂ©diatement des cadrages prĂ©cis.

debussy-portrait-dossier-centenaire-2018C’est Ă©videmment le cas des PrĂ©ludes (Premier Livre : 1909-1910), aux titres Ă©vocateurs qui sont autant d’épisodes immĂ©diatement caractĂ©risĂ©s, de vrais tableaux riches en timbres, couleurs, harmonies rares et changeantes, porteuses de nuances sonores jamais conçues jusque lĂ  avec autant de force et de raffinement. Le compositeur stimule notre imaginaire : le vif argentĂ© et foudroyant des Collines d’Anacapri ; le tumulte incisif, puissant et ciselĂ© de Ce qu’a vu le vent d’Ouest (encore un Ă©pisode qui fusionne mouvement et image) ; la respiration allusive flattant l’archaĂŻsme feutrĂ© de la Fille aux cheveux de lin ; les trois derniers PrĂ©ludes enchantent par leur identitĂ© et leur violence maĂźtrisĂ©es. Debussy fait surgir sa CathĂ©drale engloutie au lever du soleil (pour ensuite s’enfoncer dans la mer) : en une sĂ©rie d’arches et de portiques qui gagnent Ă  chaque passage l’épaisseur et le poids du mystĂšre ; l’ampleur du monument jaillit, se dessine Ă  mesure qu’il s’enfonce. Il y a ces deux mouvements simultanĂ©s qui pourtant se rĂ©alisent dans l’immatĂ©rialitĂ© du secret : l’ampleur sonore comme un jeu d’orgue fusionne aussi ici l’air et l’eau.

Puis VĂ©ronique Bonnecaze, synthĂ©tisant la fantaisie illimitĂ©e et libre de Mendelssohn inspirĂ© par Shakespeare (Songe d’une nuit d’étĂ©), exprime l’humeur de Puck, le lutin espiĂšgle et aĂ©rien, Ă  la fois capricieux et fantasque qui avec ObĂ©ron, manipule, trompe, envoĂ»te les amants perdus, Ă©garĂ©s
 En un jeu comme fugace et magistralement esquissĂ©, la pianiste convoque ce monde nocturne enchantĂ© et d’une subtilitĂ© arachnĂ©enne qui s’accomplit dans la derniĂšre phrase telle une ultime esquive Ă  peine perceptible.

Du chien, du caractĂšre et du panache,  l’esprit taquin de Minstrels rĂ©sonne dans sa succession quasi heurtĂ©e et finalement trĂšs jazzy de formules Ă  la Satie. La vitalitĂ© rythmique qui souligne aussi le goĂ»t du jeu, une facĂ©tie quasi enfantine chez Debussy, transparaĂźt clairement dans la lecture de VĂ©ronique Bonnecaze.

CLIC_macaron_2014Fluide, ondulante, La plus que lente (1910) dĂ©ploie ce somptueux abandon mais avec un sens de la retenue et du caprice
 digne de Ravel. LĂ  encore le style est Ă©lĂ©gantissime, et le toucher caressant, amusĂ©. On ne saurait imaginer meilleur rĂ©cital concluant ainsi l’annĂ©e Debussy en France. Magistral rĂ©cital.

 

 

 

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VOIR  le TEASER vidéo du cd DEBUSSY / Bechstein 1900 par Véronique Bonnecaze (1 cd PARATY)

http://www.classiquenews.com/video-teaser-veronique-bonnecaze-joue-debussy-bechstein-1900-1-cd-paraty/

 

 

 

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AGENDA / CONCERT

Dimanche 3 février 2019 // 16h
A la Ferme de Villefavard, Limousin
2, impasse de la Cure de l’Église – 87190 Villefavard

 

 

 

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PROGRAMME DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze

1. Clair de lune (1890)
2. L’Isle Joyeuse (1903-1904)
Images, 2e série (1907)
3. Cloches Ă  travers les feuilles
4. Et la lune descend sur le temps qui fut
5. Poissons d’or
Préludes, Livre I (1909-1910)
6. I. Danseuses de Delphes
7.II. Voiles
8. III. Le Vent dans la plaine
9. IV. « Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir »
10.V. Les Collines d’Anacapri
11. VI. Des pas sur la neige
12. VII. Ce qu’a vu le vent d’Ouest
13. VIII. La Fille aux cheveux de lin
14. IX. La Sérénade interrompue
15. X. La Cathédrale engloutie
16. XI. La Danse de Puck
17. XII. Minstrels
18. XIII. La plus que lente L.121 (1910)
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Enregistrement réalisé en mars 2018 à la Ferme de Villefavard sur piano C. Bechstein 1900 - Prise de son, montage, mastering : Cyrille Métivier
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LIRE aussi notre présentation du CD DEBUSSY / Bechstein 1900 par Véronique Bonnecaze (1 cd PARATY)

http://www.classiquenews.com/veronique-bonnecaze-joue-debussy/

CD DEBUSSY événement : Récital Claude DEBUSSY par Véronique BONNECAZE (1 cd Paraty)

bonnecaze vĂ©ronique cd debussy classiquenews annonce critique cdVIDEO, teaser. VERONIQUE BONNECAZE joue DEBUSSY... Pour PARATY, la pianiste VĂ©ronique BONNECAZE joue Debussy sur un piano Bechstein 1900. Parution aujourd’hui vendredi 25 janvier 2019. Version française (© studio CLASSIQUENEWS.TV – RĂ©alisation : PA PHAM) –  EnregistrĂ© Ă  la Ferme de Villefavard en mars 2018 sur un piano Bechstein, le nouveau cd de la pianiste française VĂ©ronique Bonnecaze clĂŽt l’annĂ©e du centenaire Debussy 2018 et crĂ©e l’évĂ©nement en dĂ©but 2019, tant le geste pianistique, le choix des piĂšces et celui du piano (un Bechstein restaurĂ© pour l’occasion) et leur enchaĂźnement suscitent l’admiration. Pianiste et compositeur, Debussy rĂ©invente le langage pianistique au dĂ©but du XXĂš, en Ă©troite connivence avec les mondes poĂ©tiques et littĂ©raires. En ambassadrice inspirĂ©e, VĂ©ronique Bonnecaze dĂ©tecte les allitĂ©rations et connotations allusives de l’écriture d’un Debussy poĂšte ; le choix du Bechstein de 1900 est lĂ©gitime car Debussy travaillait sur ce type de clavier qui permet des recherches et des trouvailles aussi subtiles que spĂ©cifiques en particulier sur les Ă©tagements harmoniques
 : VĂ©ronique BONNECAZE s’affirme ici CLIC_macaron_2014comme une debussyste de premier plan. L’interprĂšte aborde des intemporels sublimes tels Clair de lune, L’Isle joyeuse ; mais aussi les perles d’une ineffable ferveur du Livre I des PrĂ©ludes (1909 – 1910), dont Danseuse de Delphes, Les Collines d’Anacapri, Ce qu’a vu le vent d’ouest, la CathĂ©drale engloutie, la Danse de Puck
 Son album est l’une des plus Ă©blouissantes rĂ©ussites de l’annĂ©e Debussy, Ă©ditĂ© par le label français fondĂ© par Bruno Procopio, PARATY. CD Ă©vĂ©nement et CLIC de classiquenews de janvier 2019.

 

 

 

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LIRE ici notre prĂ©sentation “premiĂšres impressions ” du cd DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze, prochains concerts de la pianiste au fluide poĂ©tique irrĂ©sistible
http://www.classiquenews.com/veronique-bonnecaze-joue-debussy/

bonnecaze-veronique-debussy-paraty-cd-evenement-clic-de-classiquenews-582-classiquenews-critique-cd-debussy-cd-concert

 

 

 

 

LIRE aussi notre COMPTE RENDU du CONCERT Récital Liszt Debussy par Véronique Bonnecaze, au Cercle France Amériques, le 14 janvier 2019, premier concert de lancement du cd DEBUSSY / BECHSTEIN 1900 par Véronique BONNECAZE (1 cd PARATY)

 

bonnecaze vĂ©ronique cd debussy classiquenews annonce critique cdCOMPTE-RENDU, concert. PARIS, cercle France-AmĂ©riques, le 14 janvier 2019. VĂ©ronique BONNECAZE, piano. LISZT, DEBUSSY. Il fallait bien attendre la fin de l’annĂ©e Debussy (et donc au delĂ ) pour disposer enfin d’une main sĂ»re, d’une pensĂ©e entiĂšre capable d’en comprendre et la construction rĂ©volutionnaire et l’infini poĂ©tique : si l’annĂ©e Debussy 2018 est bel et bien derriĂšre nous, janvier 2019 nous renvoie Ă  cette (triste car timide) annĂ©e de cĂ©lĂ©bration du centenaire, mais ici revivifiĂ©e avec Ă©clat et pertinence grĂące Ă  l’approche de la pianiste VĂ©ronique Bonnecaze. L’expĂ©rience du concert confirme la rĂ©ussite de son disque dĂ©diĂ© au grand Claude, que fait paraĂźtre le label Paraty, ce 25 janvier 2019. Le cercle France-AmĂ©riques accueille son premier concert de lancement. LIRE la critique complĂšte ici

 

 

 

PERLES SUR LA TOILE… Alexander MALOFEEV (FEYEV) dĂ©c 2018

malofeev malofeyev alexander piano jeune pianiste classique concerts annonce jeunes talentsSUR LA TOILE 
 Jeune pianiste Ă  suivre. Le russe Alexander Malofeev, que sa blondeur pourrait assimiler aux jeunes hĂ©ros de l’Europe du nord, saisit par sa gravitĂ© juste et pudique, malgrĂ© ses. 17 ans en dĂ©cembre 2018
 Son jeu a la puissance et la carrure des grands russes, capables spĂ©cifiquement d’un dĂ©liĂ© serein et calme, pourtant intense et investi ; d’une clartĂ© naturelle et souple qui forcent l’admiration. La technique est somptueuse, lui permettant d’affirmer une belle gymnastique imaginative ; avec des phrasĂ©s intĂ©rieurs d’une sensibilitĂ© trĂšs juste, et une souplesse dans les passages les plus contrastĂ©s. Dans le Concerto n°3 de Rachmaninov, le jeune virtuose sait trouver l’équilibre entre vĂ©locitĂ©, intĂ©rioritĂ© et lyrisme Ă©chevelĂ© (Tchaikovsky concert hall du 30 dĂ©c 2018 – presque 70 000 vues en janvier 2019). Sans aucun doute, Alexander Malofeev est aujourd’hui “Le” jeune talent russe Ă  suivre, aux cĂŽtĂ©s de ses “aĂźnĂ©s”, Daniil Trifonov (avec lequel il partage une mĂȘme passion pour les mondes fantastiques et enchantĂ©s de Rachmaninov…), Denis Matsuev… nos prĂ©fĂ©rĂ©s. Sans omettre le rĂ©cemment distinguĂ© Dmitri Masleev

Alexander MALOFEEV / FEYEV
le nouveau prodige russe du piano

Evidemment son jeune Ăąge (17 ans), l’empĂȘche encore de ciseler jusqu’aux moindres nuances de l’architecture d’une oeuvre Ă  la fois colossale et intime dont les vertiges doivent Ă©viter tout pathos et imprĂ©cisions. Il manque encore de profondeur et un rubato qui exprime le mystĂšre, mais quelle sincĂ©ritĂ©, quelle candeur enchantĂ©e dans un jeu douĂ© de qualitĂ©s de sobriĂ©tĂ©, de finesse
 A cet Ăąge cela tient d’une intelligence rare. Sa personnalitĂ© retient l’attention. InvitĂ© comme le plus jeune pianiste Ă  la Roque d’AnthĂ©ron en 2016 (14 ans), Alexander Malofeev (ou Malofeyev) a l’étoffe des plus grands car il sait cultiver une douceur ineffable, une pudeur que peut savent mĂȘme aguerris, simplement Ă©noncer. Pas de virtuositĂ© dĂ©placĂ©e mais l’expression d’une candeur marquĂ©e par une riche vie intĂ©rieure. C’est l’enseignement de ce concert Rachmaninov
 La captation rĂ©alisĂ©e en Russie dĂ©voile un authentique Jeune talent russe, Ă  suivre dĂ©sormais. Avec l’orchestre national des jeunes russe, dirigĂ© par Dimitris Botinis.

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https://www.youtube.com/watch?v=SCHg9tup9NA

JEUNE TALENT Ă  suivre : Alexander Malofeyev

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S.Rachmaninoff. Piano Concerto No.3 in D minor, Op.30. – 42 mn
Soloist : AlexandДr Malofeev (17 y.o. /17 ans).
Russian National Youth Symphony Orchestra.
Conductor, direction : Dimitris Botinis.
Tchaikovsky Concert Hall.
30/12/2018

 

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ĐĄĐŸĐ»ĐžŃŃ‚ АлДĐșŃĐ°ĐœĐŽŃ€ ĐœĐ°Đ»ĐŸŃ„Đ”Đ”ĐČ (17 лДт).
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30/12/2018

https://www.youtube.com/watch?v=SCHg9tup9NA

AUTRE VIDEO avec Alexander MALOFEEV : Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini de Rachmaninov (Myun-Whun Chung, RAI 2017)

malofeev-alexander-rhapsodie-sur-theme-de-paganini-rachmaninov-concert-annonce-critique-selection-classiquenews

Compte rendu, concert. DIJON, le 15 janv 2019. Chopin, Liszt, Schumann. Sophie Pacini, piano.

Compte rendu, rĂ©cital, Dijon, OpĂ©ra, le 15 janvier 2019. Chopin, Liszt, Schumann. Sophie Pacini, piano
 Le programme, romantique, redoutable aussi, est dĂ©pourvu de surprises, sinon celle de l’interprĂšte. Sophie Pacini germano-italienne, vient d’avoir 27 ans. MalgrĂ© ses rĂ©compenses, ses enregistrements, ses rĂ©citals et concerts, elle demeure peu connue en France, et c’est bien dommage. AprĂšs la Seine musicale, avec un programme sensiblement diffĂ©rent, Dijon bĂ©nĂ©ficie de son apparition.

Fascinante, mais déconcertante

Sophie_Pacini_piano concert critique par classiquenewsImposante de stature, son jeu athlĂ©tique, musclĂ©, surprend autant par sa virtuositĂ© singuliĂšre que par son approche personnelle d’Ɠuvres qui sont dans toutes les oreilles. C’est la Fantaisie –impromptu, opus 66 de Chopin, qui ouvre le rĂ©cital. Virile en diable, mĂȘme si sa lecture conserve un aspect conventionnel,  c’est du Prokofiev dans ce qu’il y a de plus puissant, voire fĂ©roce, avec des rythmiques exacerbĂ©es, accentuĂ©es comme jamais, sans que Donizetti soit lĂ  pour le cantabile. Les affirmations impĂ©rieuses l’emportent sur les confidences, la tendresse, la mĂ©lancolie, estompĂ©es, d’autant que les tempi sont toujours trĂšs soutenus. L’ample Polonaise-Fantaisie en la bĂ©mol porte la mĂȘme empreinte : la tristesse, la douleur s’effacent devant l’exacerbation des tensions, de l’agitation, grandiose.
Les deux premiĂšres consolations de Liszt, singuliĂšrement, nous font dĂ©couvrir cette intimitĂ© que l’on attendait plus tĂŽt. Retenue pour la premiĂšre, fluide pour la seconde, elles respirent et leur poĂ©sie nous touche. La transcription de l’Ouverture de TannhĂ€user est magistrale, servie par une virtuositĂ© inspirĂ©e, de la marche qui s’enfle pour s’épuiser, avec Ă©motion, en  passant par la dĂ©bauche folle du Venusberg, pour s’achever dans la douceur lumineuse du chƓur, qui se mue en exaltation jubilatoire. L’énergie, la maĂźtrise Ă  couper le souffle donnent Ă  cette piĂšce une force comparable Ă  celle de la version orchestrale.
Le Schumann du Carnaval nous interroge encore davantage que les deux piĂšces de Chopin.  Il faut en chercher la poĂ©sie, le fantasque tant les mouvements adoptĂ©s, bien que contrastĂ©s, sont matiĂšre Ă  une virtuositĂ© Ă©blouissante, dĂ©monstrative. Le flux continu, dĂ©pourvu de respirations, de cĂ©sures, de silences, substitue une forme d’emportement rageur aux bouffĂ©es d’émotion, aux incertitudes. L’urgence davantage que l’instabilitĂ©. Les tempi frĂ©nĂ©tiques, le staccato altĂšrent ces « scĂšnes mignonnes » privĂ©es de sĂ©duction. Le piano est brillant autant que bruyant, mĂ©tallique, monochrome, et ne s’accorde guĂšre aux climats qu’appelle ce Carnaval. Au risque de sacrifier un instrument, il faudrait inciter Sophie Pacini Ă  jouer sur un piano contemporain de ces Ɠuvres : nul doute qu’elle serait conduite  à substituer la force expressive au muscle et aux nerfs, pour une palette sonore enrichie.
Le bis offert (l’Allegro appassionato de Saint-SaĂ«ns) confirme qu’elle est bien lĂ  dans son Ă©lĂ©ment, avec une virtuositĂ© Ă©panouie.

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Compte rendu, récital, Dijon, Opéra, le 15 janvier 2019. Chopin, Liszt, Schumann. Sophie Pacini, piano. Crédit photographique © DR

VĂ©ronique BONNECAZE joue DEBUSSY

bonnecaze vĂ©ronique cd debussy classiquenews annonce critique cdPARIS, lundi 14 janv 2019, 19h30. DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze. Centenaire DEBUSSY 2018 : le cd Ă©vĂ©nement par VĂ©ronique BONNECAZE. EnregistrĂ© Ă  la Ferme de Villefavard en mars 2018 sur un piano Bechstein, le nouveau cd de la pianiste française VĂ©ronique Bonnecaze clĂŽt l’annĂ©e du centenaire Debussy 2018 et crĂ©e l’évĂ©nement en dĂ©but 2019, tant le geste pianistique, le choix des piĂšces et celui du piano (un Bechstein restaurĂ© pour l’occasion) et leur enchaĂźnement suscitent l’admiration. Pianiste et compositeur, Debussy rĂ©invente le langage pianistique au dĂ©but du XXĂš, en Ă©troite connivence avec les mondes poĂ©tiques et littĂ©raires. En ambassadrice inspirĂ©e, VĂ©ronique Bonnecaze dĂ©tecte les allitĂ©rations et connotations allusives de l’écriture d’un Debussy poĂšte ; le choix du Bechstein de 1900 est lĂ©gitime car Debussy travaillait sur ce type de clavier qui permet des recherches et des trouvailles aussi subtiles que spĂ©cifiques en particulier sur les Ă©tagements harmoniques
 : VĂ©ronique BONNECAZE s’affirme ici comme une debussyste de premier plan. L’interprĂšte aborde des intemporels sublimes tels Clair de lune, L’Isle joyeuse ; mais aussi les perles d’une ineffable ferveur du LIvre I des PrĂ©ludes (1909 – 1910), dont Danseuse de Delphes, Les Collines d’Anacapri, Ce qu’a vu le vent d’ouest, la CathĂ©drale engloutie, la Danse de Puck
 Son album est l’une des plus Ă©blouissantes rĂ©ussites de l’annĂ©e Debussy, Ă©ditĂ© par le label français fondĂ© par Bruno Procopio, PARATY. CD Ă©vĂ©nement et CLIC de classiquenews de janvier 2019. VĂ©ronique Bonnecaze publie cet album jubilatoire le 25 janvier 2019 et joue des extraits du cycle qu’elle a enregistrĂ© au cours de plusieurs concerts de lancement :

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Les 14 puis 26 janvier, le 3 février 2019
CONCERTS DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze
3 concerts de lancement

 
 
 

Lundi 14 janvier 2019 // 19h30
Cercle France-Amériques
9, avenue Franklin D Roosevelt 75008 Paris
Concert suivi d’une rencontre avec l’artiste autour d’un cocktail

 
 
 

Samedi 26 janvier 2019 //
L’Atelier de Peter Wielick
Place de Bronckart, 18-20 – 4000 LiĂšge – Belgique

 
 
 

Dimanche 3 février 2019 // 16h
A la Ferme de Villefavard, Limousin
2, impasse de la Cure de l’Église – 87190 Villefavard

 
 
 

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TOUTES LES INFOS sur le site
www.veroniquebonnecaze.com
https://www.veroniquebonnecaze.com

et aussi sur
PARATY.FR
http://paraty.fr/#

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VOIR LE TEASER DU CD Debussy par VĂ©ronique Bonnecaze (1 cd Paraty / 25 janvier 2019) – Distribution Harmonia Mundi / PIAS

https://youtu.be/MK1_b6oan9Y

 
 
 

bonnecaze véronique cd debussy classiquenews annonce critique cd

 
 
 

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PROGRAMME DEBUSSY par VĂ©ronique Bonnecaze

 
 
 

1. Clair de lune (1890)
2. L’Isle Joyeuse (1903-1904)
Images, 2e série (1907)
3. Cloches Ă  travers les feuilles
4. Et la lune descend sur le temps qui fut
5. Poissons d’or

Préludes, Livre I (1909-1910)
6. I. Danseuses de Delphes
7.II. Voiles
8. III. Le Vent dans la plaine
9. IV. « Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir »
10.V. Les Collines d’Anacapri
11. VI. Des pas sur la neige
12. VII. Ce qu’a vu le vent d’Ouest
13. VIII. La Fille aux cheveux de lin
14. IX. La Sérénade interrompue
15. X. La Cathédrale engloutie
16. XI. La Danse de Puck
17. XII. Minstrels
18. XIII. La plus que lente L.121 (1910)

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Enregistrement réalisé en mars 2018 à la Ferme de Villefavard sur piano C. Bechstein 1900 - Prise de son, montage, mastering : Cyrille Métivier

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CENTENAIRE DEBUSSY 2018

 
 
 
EN LIRE PLUS : dossier CENTENAIRE DEBUSSY 2018
, le bilan d’une annĂ©e de cĂ©lĂ©bration bien timide : le cd qui paraĂźt en janvier 2019 chez Paraty, outre l’affirmation du tempĂ©rament de la pianiste VĂ©ronique Bonnecaze, rĂ©tablit avec Ă©clat le gĂ©nie du compositeur pour le piano… Une rĂ©alisation bienvenue qui clĂŽt de façon superlative les cĂ©lĂ©brations Debussy en France.

 
 
 
 
 
 

CD, coffret, critique. YVONNE LORIOD : the complete recordings VEGA 1956 – 1963 (13 cd DECCA)

loriod yvonne complete vega recordings 1956 1963 cd review critique cd coffret par classiquenews32581947378CD, coffret, critique. YVONNE LORIOD : the complete recordings VEGA 1956 – 1963 (13 cd DECCA) – La reine Yvonne pour le roi des instruments, clavier majeur Ă  l’ùre romantique aux cĂŽtĂ©s du piano. NĂ©e Ă  Houilles en janvier 1924, dĂ©cĂ©dĂ©e le 17 mai 2010 Ă  Saint-Denis, Yvonne Loriod fut l’élĂšve de Lazare LĂ©vy, Darius Milhaud et surtout de Messiaen (en analyse musicale) au Conservatoire de Paris, Ă©pousant ce dernier. Pianiste Ă  la rĂ©putation internationale, contemporaine d’Alicia de Larrocha (nĂ©e en 1923), crĂ©ant de son mari, les Visions de l’Amen en (1943), les Vingt Regards sur l’Enfant-JĂ©sus en 1944. Soucieuse de dĂ©fendre les Ɠuvres du XXĂš, la pianiste rĂ©gĂ©nĂšre la lecture et le comprĂ©hension des Ɠuvres choisies, celles contemporaines Ă©videmment (cd 6 Ă  cd 13 : 8 cd dĂ©diĂ©s au XXĂš, de Webern, Boulez, BarraquĂ©, Berg, et surtout Messiaen, du cd 7 au cd 13 : comprenant Visions de l’Amen, Oiseaux exotiques, Vingt regards sur l’Enfant 19loriodimg-popupJĂ©sus, Catalogue d’oiseaux, Livres I, II, V, VI, VII), Sept Haikai / esquisses japonaises, sans omettre la Turangalila Symphonie
 A cette ouverture d’esprit et la proximitĂ© des Ă©critures modernes, se rĂ©affirme aussi une connaissance profonde du rĂ©pertoire classique, rĂ©Ă©clairant Mozart (nombreuses Fantasias, Concertos K37, K39, K40, K41, Sonates alla Turca,
) ; parmi les Romantiques, distinguons de Robert Schumann : 8 Novelletten ; Liszt (Sonate en si) ; Albeniz (Iberia : Cahiers 1- 4)
 La fluiditĂ© de son Schumann, la clartĂ© sobre de ses Mozart, l’énergie de son Chopin (12 Etudes), attestent d’une sensibilitĂ© maĂźtrisĂ©e, dĂ©notant un tempĂ©rament taillĂ© pour l’architecture, et les nuances. Beau tempĂ©rament qui mĂ©rite Ă©videmment la rĂ©Ă©dition de ses archives VĂ©ga.

 

 Loriod yvonne organiste orgue cd coffret LORIOD VEGA critique cd classiquenews

 

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CD, coffret, critique. YVONNE LORIOD : the complete VÉGA recordings 1956 – 1963 (13 cd DECCA 48170692).

 

 

 

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Compositeurs :

Alban Berg
Anton Webern
Arnold Schoenberg
Franz Liszt
Frédéric Chopin
Igor Stravinsky
Jean Barraqué
Manuel de Falla
Olivier Messiaen
Pierre Boulez
Robert Schumann
Wolfgang Amadeus Mozart

 

 

 

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DĂ©tail de chaque cd :

Supporto 1
1 Fantasia for Violin & Piano in C Minor K.396 (Arr. for Piano by Maximilian Stadler)
07:47 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
2 1. Prelude [Prelude and Fugue in C, K.394]
04:25 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
3 2. Fugue [Prelude and Fugue in C, K.394]
04:18 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
4 Fantasia in C Minor, K.475
11:08 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer/Author: Wolfgang Amadeus Mozart
5 Fantasia in D Minor, K.397
04:54 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
6 Rondo In D, K.485
04:23 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
7 1. Allegro [Piano Concerto No.1 in F, K.37]
05:06 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
8 2. Andante [Piano Concerto No.1 in F, K.37]
05:54 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
9 3. Rondo – Allegro [Piano Concerto No.1 in F, K.37]
06:15 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
10 1. Allegro spiritoso [Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, K.39]
04:40 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
11 2. Andante staccato [Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, K.39]
06:32 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
12 3. Molto allegro [Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, K.39]
03:32 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart

Supporto 2
1 1. Allegro maestoso [Piano Concerto No. 3 in D major, K.40]
05:29 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
2 2. Andante [Piano Concerto No. 3 in D major, K.40]
04:16 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
3 3. Presto [Piano Concerto No. 3 in D major, K.40]
03:26 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
4 1. Allegro [Piano Concerto No.4 in G, K.41]
05:13 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
5 2. Andante [Piano Concerto No.4 in G, K.41]
04:42 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
6 3. Allegro [Piano Concerto No.4 in G, K.41]
03:31 Yvonne Loriod, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
7 1. Tema (Andante grazioso) con variazioni [Piano Sonata No.11 In A, K.331 -"Alla Turca"]
07:20 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
8 2. Menuetto [Piano Sonata No.11 In A, K.331 -"Alla Turca"]
05:44 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
9 3. Rondo alla Turca [Piano Sonata No.11 In A, K.331 -"Alla Turca"]
03:28 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Wolfgang Amadeus Mozart
10 Piano sonata In B minor, S.178
28:50 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Franz Liszt

Supporto 3
1 No.1 in A flat major [12 Etudes, Op. 25]
02:55 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
2 No.12 in C minor [12 Etudes, Op. 10]
02:33 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
3 No.8 in D flat major [12 Etudes, Op. 25]
01:29 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
4 No.5 in G flat major [12 Etudes, Op. 10]
01:48 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
5 No.9 in G flat major [12 Etudes, Op. 25]
01:09 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
6 No.6 in G sharp minor [12 Etudes, Op.25]
02:11 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
7 Etude in A flat major, Op. posthumous No. 3
02:03 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
8 No.2 in F minor [12 Etudes, Op. 25]
01:38 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
9 No.3 in F major [12 Etudes, Op.25]
01:56 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
10 No.8 in F Major [12 Etudes, Op. 10]
02:24 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
11 No.5 in E minor [12 Etudes, Op. 25]
04:00 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
12 No.11 in A minor [12 Etudes, Op. 25]
03:42 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: FrĂ©dĂ©ric Chopin
13 No.1 in F : Markiert und krÀftig [Noveletten, Op.21]
05:04 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
14 No.2 in D : Äusserst rasch und mit Bravour – Intermezzo. Etwas langsamer, durchaus zart [Noveletten, Op.21]
06:21 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
15 No. 3 in D: Leicht und mit Humor – Intermezzo. Rasch und wild [Noveletten, Op.21]
04:57 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
16 No.4 in D : BallmĂ€ssig. Sehr munter – Noch schneller [Noveletten, Op.21]
03:33 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
17 No.5 in D : Rauschend und festlich – Sehr lebhaft [Noveletten, Op.21]
09:19 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
18 No.6 in A : Sehr lebhaft, mit vielem Humor [Noveletten, Op.21]
04:07 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
19 No.7 in E : Äussert rasch – Etwas langsamer [Noveletten, Op.21]
02:52 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann
20 No.8 in F sharp minor : Sehr lebhaft – Fortsetzung und Schluss. Munter, nicht zu rasch [Noveletten, Op.21]
12:03 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Robert Schumann

Supporto 4
1 1. EvocaciĂłn [Iberia, B.47 / Book 1]
04:29 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
2 2. El Puerto [Iberia, B.47 / Book 1]
03:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
3 3. El Corpus Christi en Sevilla [Iberia, B.47 / Book 1]
08:45 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
4 4. Rondeña [Iberia, B.47 / Book 2]
06:10 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
5 5. Almeria [Iberia, B.47 / Book 2]
08:46 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
6 6. Triana [Iberia, B.47 / Book 2]
05:16 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
7 7. El AlbaicĂ­n [Iberia, B.47 / Book 3]
07:22 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
8 8. El Polo [Iberia, B.47 / Book 3]
07:52 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
9 9. Lavapiés [Iberia, B.47 / Book 3]
06:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod

Supporto 5
1 10. MĂĄlaga [Iberia, B.47 / Book 4]
05:48 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
2 11. JĂ©rez [Iberia, B.47 / Book 4]
10:57 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
3 12. Eritaña [Iberia, B.47 / Book 4]
06:38 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod
4 1. En el generalife [Noches en los jardines de España]
11:26 Yvonne Loriod, Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris, Manuel Rosenthal
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris – Conductor: Manuel Rosenthal – Composer: Manuel de Falla
5 2. Danza lejana [Noches en los jardines de España]
04:48 Yvonne Loriod, Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris, Manuel Rosenthal
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris – Conductor: Manuel Rosenthal – Composer: Manuel de Falla
6 3. En los jardines de la Sierra de Cordoba [Noches en los jardines de España]
09:12 Yvonne Loriod, Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris, Manuel Rosenthal
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Orchestra: Orchestre du ThĂ©Ăątre National de l’OpĂ©ra de Paris – Conductor: Manuel Rosenthal – Composer: Manuel de Falla
7 1. Ouverture. Allegretto. Sehr flott [Suite, Op. 29]
07:01 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
8 2. Tanzschritte [Suite, Op. 29]
06:13 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
9 3. Thema mit Variationen [Suite, Op. 29]
05:03 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
10 4. Gigue [Suite, Op. 29]
06:12 Jacques Ghestem, Marcel Naulais, Guy Deplus, Louis Montaigne, Luben Yordanoff, Serge Collot, Jean Huchot, Pierre Boulez
Piano: Jacques Ghestem – Clarinet: Marcel Naulais – Clarinet: Guy Deplus – Bass Clarinet: Louis Montaigne – Violin: Luben Yordanoff – Viola: Serge Collot – Cello: Jean Huchot – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Arnold Schoenberg
11 Concerto per il Marigny
06:31 Yvonne Loriod, Rudolf Albert, Orchestre Du Domaine Musical
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Conductor: Rudolf Albert – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Composer/Author: Hans Werner Henze

Supporto 6
1 1. Sehr mĂ€ĂŸig [Variations for Piano, Op.27]
01:37 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Anton Webern
2 2. Sehr schnell [Variations for Piano, Op.27]
00:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Anton Webern
3 3. Ruhig fließend [Variations for Piano, Op.27]
03:02 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Anton Webern
4 1. ExtrĂȘmement rapide [Piano Sonata No.2]
07:09 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
5 2. Lent [Piano Sonata No.2]
11:03 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
6 3. Modéré, presque vif [Piano Sonata No.2]
02:39 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
7 4. Vif [Piano Sonata No.2]
11:38 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Pierre Boulez
8 Pt. 1 [Sonate pour piano]
08:00 Yvonne Loriod
Producer: Jean BarraquĂ© – Piano: Yvonne Loriod – Recording Engineer: Pierre Rosenwald – Composer: Jean BarraquĂ©
9 Pt. 2 [Sonate pour piano]
23:48 Yvonne Loriod
Producer: Jean BarraquĂ© – Piano: Yvonne Loriod – Recording Engineer: Pierre Rosenwald – Composer: Jean BarraquĂ©
10 Piano sonata in B Minor, Op. 1
08:18 Yvonne Loriod
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Composer: Alban Berg

Supporto 7
1 1. Amen de la Création [Visions de l'Amen]
04:31 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
2 2. Amen des Ă©toiles, de la planĂšte Ă  l’anneau [Visions de l'Amen]
05:23 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
3 3. Amen de l’agonie de JĂ©sus [Visions de l'Amen]
07:04 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
4 4. Amen du désir [Visions de l'Amen]
10:39 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
5 5. Amen des anges, des saintes, du chant des oiseaux [Visions de l'Amen]
08:11 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
6 6. Amen du Jugement [Visions de l'Amen]
02:41 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
7 7. Amen de la Consommation [Visions de l'Amen]
08:17 Yvonne Loriod, Olivier Messiaen
Piano: Yvonne Loriod – Piano: Olivier Messiaen – Composer: Olivier Messiaen
8 Cantéyodjayù
12:02 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
9 Oiseaux exotiques
13:53 Yvonne Loriod, Rudolf Albert, Orchestre Du Domaine Musical
Producer: Disques VĂ©ga – Piano: Yvonne Loriod – Conductor: Rudolf Albert – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 8
1 1. Regard du PĂšre [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:00 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 2. Regard de l’Ă©toile [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
02:52 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 3. L’Ă©change [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:24 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 4. Regard de la Vierge [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:00 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 5. Regard du Fils sur le Fils [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:51 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
6 6. Par Lui tout a été fait [Vingt regards sur l'Enfant-Jésus]
10:52 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
7 7. Regard de la Croix [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:44 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
8 8. Regard des hauteurs [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
02:31 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
9 9. Regard du temps [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:30 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
10 10. Regard de l’Esprit de joie [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
08:32 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
11 11. PremiĂšre communion de la Vierge [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
07:23 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
12 12. La Parole toute puissante [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
02:39 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
13 13. Noël [Vingt regards sur l'Enfant-Jésus]
04:25 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
14 14. Regard des anges [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:31 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 9
1 15. Le baiser de l’Enfant-JĂ©sus [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
10:41 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 16. Regard des prophĂštes, des bergers et des mages [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
03:03 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 17. Regard du silence [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
05:33 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 18. Regard de l’Onction terrible [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
07:30 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 19. Je dors, mais mon cƓur veille [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
09:27 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
6 20. Regard de l’Église d’amour [Vingt regards sur l'Enfant-JĂ©sus]
14:07 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
7 1. Le chocard des Alpes [Catalogue d'oiseaux / Book 1]
08:51 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
8 2. Le loriot [Catalogue d'oiseaux / Book 1]
07:05 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
9 3. Le merle bleu [Catalogue d'oiseaux / Book 1]
12:27 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 10
1 4. Le traquet stapazin [Catalogue d'oiseaux / Book 2]
14:36 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 5. La chouette hulotte [Catalogue d'oiseaux / Book 3]
06:23 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 6. L’alouette lulu [Catalogue d'oiseaux / Book 3]
06:41 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 7. La rousserolle effarvatte [Catalogue d'oiseaux / Book 4]
29:43 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 8. L’alouette calandrelle [Catalogue d'oiseaux / Book 5]
05:34 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
6 9. La bouscarle [Catalogue d'oiseaux / Book 5]
10:15 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen

Supporto 11
1 10. Le merle de roche [Catalogue d'oiseaux / Book 6]
18:35 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
2 11. La buse variable [Catalogue d'oiseaux / Book 7]
10:12 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
3 12. Le traquet rieur [Catalogue d'oiseaux / Book 7]
09:06 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
4 13. Le courlis cendré [Catalogue d'oiseaux / Book 7]
09:35 Yvonne Loriod
Piano: Yvonne Loriod – Composer: Olivier Messiaen
5 1. Introduction [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:54 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
6 2. Le parc de Nara et les lanternes de pierre [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:34 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
7 3. Yamanaka-cadenza [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
03:46 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
8 4. Gagaku [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
03:00 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
9 5. Miyajima et le torii dans la mer [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:26 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
10 6. Les oiseaux de Karuizawa [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
05:41 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen
11 7. Coda [Sept haĂŻkaĂŻ, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre]
01:53 Yvonne Loriod, Les Percussions De Strasbourg, Orchestre Du Domaine Musical, Pierre Boulez
Piano: Yvonne Loriod – Ensemble: Les Percussions De Strasbourg – Orchestra: Orchestre Du Domaine Musical – Conductor: Pierre Boulez – Composer: Olivier Messiaen

etc
.
VOIR le tracklisting complet du cd 1 au cd 13
https://www.universalmusic.it/musica-classica/album/the-complete-vega-recordings-1956-1963_32581947378/

FESTIVAL La Nouvelle AthĂšnes (2 – 4 fĂ©vrier 2019)

pastedGraphic_1PARIS, Festival La Nouvelle AthĂšnes, 2 – 4 fĂ©v 2019. À LA DÉCOUVERTE DES PIANOS D’ÉPOQUE
 DĂ©couvrir les pianos romantiques et prĂ©-romantiques, c’est ce que propose le festival La Nouvelle AthĂšnes, sur l’initiative de Sylvie BrĂ©ly, du 2 fĂ©vrier au 4 fĂ©vrier, Ă  l’École Normale de Musique de Paris (salle Cortot) et Ă  la maison Heinrich Heine. Un festival original qui s’adresse aux mĂ©lomanes et aux pianistes Ă©tudiants mais aussi aux pianistes amateurs et professionnels dĂ©sireux de s’initier au toucher particulier de ces pianos.

6 pianos magnifiquement restaurĂ©s de la pĂ©riode 1795 – 1850 (anglais, français et viennois), provenant de diverses collections, dĂ©voileront leurs sonoritĂ©s et leurs richesses. Une occasion unique de les entendre dans leurs rĂ©pertoires, d’en percer leurs secrets, et de les comparer!

pastedGraphic_2Le festival rassemblera une plĂ©iade d’artistes, passionnĂ©s et spĂ©cialistes de l’interprĂ©tation sur instruments anciens. On nous pardonnera de ne pas les citer tous, parmi eux Alain PlanĂšs, Alexei Lubimov, Aline Zylberajch, Olga Pashchenko
trois jours d’exception pour recueillir leurs conseils, connaĂźtre tout ce qu’il faut savoir de la facture et de l’interprĂ©tation, et les Ă©couter en concert. Plusieurs temps de rencontre sont prĂ©vus: le samedi des confĂ©rences-dĂ©bats en prĂ©sence des collectionneurs et restaurateurs, suivis d’un concert autour des pianos viennois, le dimanche matin une acadĂ©mie ouverte Ă  tous les pianistes, ainsi qu’à 17h un concert sur pianos Pleyel et Érard, et le lundi soir Ă  19h30 un concert sur l’introduction du pianoforte en France Ă  la maison Heinrich Heine.

Si la curiosité, la passion vous poussent, il est encore temps de réserver vos places de concerts ou de vous inscrire pour faire vivre et vibrer ces  pianos historiques.

 
 
 

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PARIS, Festival La Nouvelle AthĂšnes, 2 – 4 fĂ©v 2019. À LA DÉCOUVERTE DES PIANOS D’ÉPOQUE

Salle Cortot (2 et 3 février 2019)
Maison Heinrich Heine (4 février 2019)
INFOS / RĂ©servations sur : https://www.weezevent.com/festival-la-nouvelle-athenes
www.lanouvelleathenespianosromantiques.com 

 

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Illustrations pianos : piano Walter 1803 (collection Paul Mc Nulty) et piano Pleyel 1842 (collection Edwin Beunk)

 

 

 

CD, annonce. « 33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon)

ghraichy piano simon cd classiquenewsCD, annonce. «  33 ». Simon Ghraichy, piano (1 cd DG Deutsche Grammophon). AprĂšs un premier disque DG intitulĂ© « HĂ©ritages » (il avait 31 ans), le pianiste Ă  la chevelure lĂ©onine rĂ©cidive dans un programme dĂ©nommĂ© « 33 » (comme son nouvel Ăąge), lui aussi mĂ©tissĂ©, comme lui alliant rythmes latinos, saveurs outre-Atlantiques et standards romantiques français (plus ou moins connus tel Alkan, gĂ©nie oubliĂ© du romantisme français au clavier : cf. la Chanson de la folie au bord de la mer). Il est en fait mexicain, libanais et français : triple nationalitĂ© qui est une chance, la promesse de rĂ©alisations au carrefour de plusieurs cultures ; la concrĂ©tisation d’une nouvelle constellation, mosaĂŻque de mondes sonores Ă©picĂ©s, variĂ©s, Ă©clectiques. L’ancien Ă©lĂšve du Conservatoire national supĂ©rieur de musique de Paris dĂ©cloisonne la notion sclĂ©rosante de rĂ©pertoires : il n’y a ni rĂ©pertoire classique ni chemins dĂ©tonnants ; ni grands maĂźtres, ni petits maĂźtres. Il n’y a que des sensibilitĂ©s et des expĂ©riences, des imaginations audacieuses et suggestives qui se cristallisent sous les doigts et par la volontĂ© crĂ©ative de quelques compositeurs dont le pianiste dĂ©miurge sĂ©lectionne et agence chaque Ɠuvre ainsi choisie. « Liszt et les AmĂ©riques » Ă©tait le titre de son rĂ©cital Ă  New York (Carnegie Hall, 2015) : dĂ©jĂ  la volontĂ© d’un multiculturalisme sans frontiĂšres et sans apriori. Dans son nouvel album, « 33 », les alliages sont tout aussi prometteurs, percutants, parfois provocants : TĂĄrrega, Alkan, Ramirez, Schumann, Gonzales, Glass, Nyman, SzymaĂĄnski, Shilingl, Schumann
 lĂ  encore, la volontĂ© d’une alternance entre deux mondes : le nouveau et l’ancien, entre le populaire et le savant, le traditionnel et le classique
 VoilĂ  qui rompt avec des traditions et des postures conservatrices. A chacun de trouver l’unitĂ© et la cohĂ©rence dans ce meiltingpot surprenant et peut-ĂȘtre enivrant.

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CD, annonce. 33, Simon Ghraichy, piano. 1 cd DG. AnnoncĂ© le 8 fĂ©vrier 2019 – concert le 19 fĂ©vrier 2019 au TCE, PARIS.

ghraichy-simon-33-cd-critique-review-cd-concert-annonce-classiquenews-infos-actus-concerts-operas

Compte-rendu, critique, PARIS. Festival la Dolce Volta, le 24 novembre 2018, Noack, Cassard, Pescia, Couteau, pianistes, quatuor Hermes.

dolce-volta-festival-concerts-recitals-de-piano-paris-concerts-critiques-sur-classiquenews-festival-2018Compte-rendu, critique, PARIS. Festival la Dolce Volta, le 24 novembre 2018, Noack, Cassard, Pescia, Couteau, pianistes ; Quatuor Hermes. Le 24 novembre, le label la Dolce Volta inaugurait son premier festival Ă  la salle Gaveau. Au cƓur du trouble et de la colĂšre, des violences et du bruit, ce lieu dĂ©diĂ© Ă  la musique, imprĂ©gnĂ© de celle-ci depuis plus d’un siĂšcle, offrait un havre, un espace d’harmonie et de beautĂ©, le luxe d’un temps musical. Quatre concerts en cette journĂ©e pour fĂȘter les artistes du label et l’actualitĂ© de leurs enregistrements, pour venir Ă  leur rencontre, pour rassembler musiciens venus les Ă©couter, mĂ©lomanes et acteurs du monde musical. Le climat ambiant Ă  Paris aurait pu dissuader un bon nombre, il n’en fut rien ou presque: la salle grouillait de public.

 

 

 

I. Florian Noack est, parmi ceux de sa gĂ©nĂ©ration, un pianiste singulier. A 28 ans, se frotter en concert Ă  une Ă©niĂšme interprĂ©tation de la Sonate en si mineur de Liszt, de la sonate D 960 de Schubert, ou de tout autre monument du rĂ©pertoire n’est pas sa dĂ©marche. DotĂ© de moyens techniques et d’un sens artistique hors du commun, il n’en fait pas pour autant Ă©talage. Au disque comme Ă  la scĂšne, il compose ses programmes avec originalitĂ©, et intelligence. Sa grande curiositĂ© le conduit Ă  fouiller dans les malles oubliĂ©es du rĂ©pertoire, et dĂ©nicher des piĂšces de compositeurs ignorĂ©s dont il sait Ă©valuer et nous faire partager l’intĂ©rĂȘt.

 

 

 

LA DOLCE VOLTA FAIT SON FESTIVAL

 

 

 

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Transcripteur hors pair, et insatiable musicien, il repousse les clĂŽtures du champ pianistique en s’appropriant au clavier des Ɠuvres orchestrales ou vocales, dont il fait de vĂ©ritables joyaux. Ainsi le concert offrait une sĂ©lection tirĂ©e de son dernier CD « Album d’un voyageur », rassemblant une foule de piĂšces, courtes pour la plupart, constituant un tour d’Europe musical. Au fil du concert il explique avec clartĂ© et simplicitĂ© comment chaque compositeur a incorporĂ© dans sa musique les racines de son pays. A commencer par Schubert dont il interprĂšte les 12 Valses D 145, avec Ă©lĂ©gance, profondeur et lĂ©gĂšretĂ© Ă  la fois. D’emblĂ©e on est conquis par la beautĂ© du son, la souplesse des lignes, la cohĂ©sion gĂ©nĂ©rale qui nous conduit en douceur d’une danse Ă  l’autre, et enfin l’autoritĂ© naturelle du pianiste. Parmi les 48 lieder allemands de Brahms (Deutsche Volklieder), Il en a sĂ©lectionnĂ© quatre, auxquels il donne vie au piano par un arrangement raffinĂ©. Leurs sonoritĂ©s fondantes dans un art du chant accompli, et de trĂšs beaux sotto voce tranchent avec l’évocation espagnole qui suit: la Danza Iberica de Joaquin NĂ­n, aux accents de guitare, et au sensuel mystĂšre. Autre chant, autre transcription, autre univers, celui, sombre et dĂ©primĂ© du troisiĂšme chant populaire russe de Rachmaninov opus 41, et pour finir un retour en pays latin avec la Tarentelle de Martucci, dans son arrangement de la version orchestrale, Ă  laquelle il donne un tour endiablĂ©, brĂ»lant et noir comme une descente aux enfers. Florian Noack nous dĂ©montre encore qu’il sait passer d’une esthĂ©tique Ă  l’autre sans transition, avec en bis une danse armĂ©nienne de Komitas, acĂ©tique et Ă©purĂ©e, dans des timbres rappelant ceux du marimba, puis Molly on the shore de Grainger tirĂ© du folklore irlandais.

 

 

 

II. Le second concert Ă©tait placĂ© sous le signe de la complicitĂ© musicale avec les pianistes Philippe Cassard et CĂ©dric Pescia. Dans le sillage de leurs magnifiques disques (« FaurĂ© » pour Philippe Cassard, un coffret de l’intĂ©grale du Clavier bien tempĂ©rĂ© de Bach pour CĂ©dric Pescia, et enfin un CD « Schubert » qui les rassemble, paru en 2014), ils en interprĂštent Ă  tour de rĂŽle des extraits avant de se rejoindre au clavier dans Schubert. Faisant fi de toute orthodoxie enfermĂ©e dans des codes rigides et rhĂ©toriques, hors de la distance qu’ils imposent, CĂ©dric Pescia donne une dimension sensible et humaine au tout qu’est le double recueil du Clavier bien tempĂ©rĂ©, Ă  chacun de ses prĂ©ludes et fugues, si diffĂ©renciĂ©s suivant leurs tonalitĂ©s, mais aussi dans l’unitĂ© de cette somme, qu’il trouve par le chant dans sa traduction rĂ©solument pianistique. Le respect stylistique et la rigueur de la pulsation ne lui interdisent pas ce supplĂ©ment d’ñme, cette appropriation qui font de son interprĂ©tation attachante un monde d’éclairages, d’humeurs et d’atmosphĂšres, depuis le doux halo du premier prĂ©lude en do majeur (I), nimbĂ© de pĂ©dale, jusqu’au fa mineur (II), tendre et interrogatif, presque schumannien, en passant par la rumeur quasi colĂ©rique du do mineur (I) comme surgi d’un orgue dans la rĂ©verbĂ©ration de la pĂ©dale, le taciturne do diĂšse mineur et sa pesante fugue (I), et a contrario le ton badin du fa majeur (livre II). Philippe Cassard nous fait entrer quant Ă  lui dans l’univers faurĂ©en le plus sombre qui soit avec son nocturne n°11, dont la tristesse dĂ©sespĂ©rĂ©e cĂšde un instant Ă  la rĂ©volte, et se replie dans la dĂ©solation du silence. Comment ne pas trouver de correspondance avec l’andantino de la Sonate D 959 de Schubert? Point d’affect, point de larmes sur soi dans son approche: l’andantino avance au dĂ©but droit comme un i, sans complaisance, comme une marche implacable. Il y quelque chose de digne et de bouleversant dans cette tenue, qui ne masque en rien la douleur si criante de ce mouvement. On est glacĂ©, clouĂ© sur place, par la dĂ©ferlante colĂšre qui en jaillit, les terribles silences qui suivent ses violents coups de boutoir, qui font du retour du thĂšme une vaine consolation. La Fantaisie D 940 est orchestrĂ©e magnifiquement par les deux interprĂštes, alternant tour Ă  tour nostalgie et violence, laissant poindre parfois une fausse dĂ©sinvolture. Les deux derniĂšres valses de Brahms viendront en derniĂšre touche (bis) apporter leur pointe de tendre lĂ©gĂšretĂ© Ă  ce concert combien prenant.

 

 

 

III. L’intĂ©grale de l’Ɠuvre pour piano de Brahms gravĂ©e au disque par le pianiste Geoffroy Couteau a Ă©tĂ© unanimement saluĂ©e. Le quintette avec piano opus 34 donnĂ© ce soir-lĂ  avec l’excellent Quatuor HermĂšs nous offre un aperçu de l’intĂ©grale de sa musique de chambre Ă  paraĂźtre. AprĂšs une interprĂ©tation fastueuse du quatuor Ă  cordes de Debussy, Ă  la somptuositĂ© sonore et au lyrisme prenant dĂšs les premiers coups d’archets, Geoffroy Couteau donne Ă  la sonate opus 111 de Beethoven une trĂšs belle tenue, ce qui n’est pas peu dire pour cette Ɠuvre. D’une grande hauteur de vue, le premier mouvement tout en majestĂ© et en souffle laisse place Ă  une arietta dont l’émouvante simplicitĂ© fait la noblesse. De la nĂ©buleuse de la quatriĂšme variation, qu’il fait scintiller dans l’aigu du piano tel un tissu d’étoiles, il Ă©lĂšve le chant de la toute derniĂšre dans une poignante ferveur, avant de nous projeter dans l’univers indicible et mystique des derniers trilles, jusqu’à l’humilitĂ© de l’ultime accord. Le quintette de Brahms rĂ©unissait enfin les musiciens de la soirĂ©e en seconde partie: une interprĂ©tation flamboyante, allant Ă©nergie et sophistication, dans un Ă©quilibre parfait avec le piano, tenu de mains fermes et sensibles par Geoffroy Couteau (illustrations ci dessus : G Couteau et le Quatuor HermĂšs)

Difficile de rĂ©sister Ă  prolonger le plaisir du concert, lorsqu’il conjugue ainsi exigence artistique et convivialitĂ©. Écouter, rĂ©Ă©couter, c’est ce que nous offre le disque, dans son bel Ă©crin de carton que l’on aime tenir dans ses mains, que les yeux savourent, mais pas seulement: tous les concerts seront diffusĂ©s par France Musique et francemusique.fr. On s’en rĂ©jouit!

 

 

 
 

 

 

COMPTE-RENDU, concert. Metz, le 6 décembre 2018. Récital Brahms, Geoffroy Couteau, piano (1/4).

couteau geoffroy portrait piano concert critique par classiquenewsCOMPTE-RENDU, concert. Metz, Salle de l’esplanade de l’Arsenal, le 6 dĂ©cembre 2018. RĂ©cital Brahms par Geoffroy Couteau (1/4). Artiste associĂ© Ă  la CitĂ© musicale de Metz, le jeune pianiste français Geoffroy Couteau se lance un joli dĂ©fi en s’attaquant – Ă  la faveur de quatre concert rĂ©partis sur deux saisons – Ă  l’intĂ©grale pour piano seul de Johannes Brahms – qu’il a cependant dĂ©jĂ  enregistrĂ©e pour le label Dolce Vita il y a deux ans de cela. Il l’a fait de maniĂšre chronologique, parcourant ainsi une pĂ©riode courant de 1851 Ă  1893, annĂ©es pendant lesquelles Brahms confie Ă  son instrument prĂ©fĂ©rĂ© ses aspirations et ses confidences. Mais rappelons que l’histoire d’amour entre le compositeur allemand et Geoffroy Couteau ne date pas de ce disque, puisqu’à l’issue de ses Ă©tudes au CNSM de Paris, il avait remportĂ©, en 2005, le premier prix du prestigieux Concours international Brahms de Pörtschach.

SonoritĂ©s transparentes, lignes mĂ©lodiques harmonieuses, Ă©nergie rythmique prĂ©gnante, densitĂ© sonore : voici quelques-unes des lignes de force de l’Ɠuvre pour piano de Brahms. C’est ce qui fait de chacune de ses Ɠuvres un bijou de puissance et de finesse mĂȘlĂ©es, mais c’est aussi ce qui rend leur interprĂ©tation si risquĂ©e : au-delĂ  de la difficultĂ© technique, le vĂ©ritable enjeu est de rester fidĂšle Ă  cette Ă©criture si riche et subtile. C’est avec les Quatre Ballades op.10 (1854) que l’artiste dĂ©bute son rĂ©cital. L’énergie rythmique, les contrastes dynamiques, les plans sonores, tout cela est parfaitement maĂźtrisĂ© ici. Il rĂ©sulte de son toucher un sentiment de lĂ©gĂšretĂ© et de plĂ©nitude qui, mĂȘme dans les parties plus Ă©nergiques, plus harmoniques, et plus brutales, semble mis au service d’une atmosphĂšre extatique.

Couteau poursuit avec la Sonate N°2 op.2 (mais en fait, chronologiquement, la premiĂšre qu’il ait composĂ©e…). Dans cette Ɠuvre en quatre mouvements, Brahms passe constamment d’un univers sonore Ă  l’autre. Grandiose, majestueux, puis lĂ©ger, fragile, martelant d’imposants accords puis effleurant quelques dĂ©licates notes, laissant s’épanouir quelques mĂ©lodies lumineuses, puis faisant surgir des rythmes lancinants, il exige du pianiste une sensibilitĂ© et une virtuositĂ© Ă©clatantes. Sous les doigts de Couteau, les thĂšmes surgissent, se modifient, pĂ©rissent et ressuscitent naturellement : l’épanouissement sonore subjugue avant de cĂ©der la place Ă  une finesse transparente


En deuxiĂšme partie de soirĂ©e, les Trois Intermezzi op.117 (1892) sont en revanche un opus que Brahms composa vers la fin de sa vie, ouvrage d’un grand lyrisme, teintĂ© de nostalgie, ce qui le diffĂ©rencie de la fraicheur intĂ©riorisĂ©e des Ballades entendues en premiĂšre partie. Le premier Intermezzo, tout spĂ©cialement, nous laissera un souvenir profond : Couteau le pare de couleurs nocturnes et crĂ©pusculaires, car c’est bien le serein adieu d’un compositeur au soir de sa vie que cette piĂšce Ă©voque. Il clĂŽture son programme avec les Variations sur un thĂšme de Paganini op.35, qui exploite le thĂšme du 24e Caprice du cĂ©lĂšbre violoniste italien (que Liszt et Schumann avaient dĂ©jĂ  rĂ©utilisĂ© pour des contrepoints pianistiques). LĂ  encore, l’agilitĂ© formidable de Couteau se double d’une extrĂȘme dĂ©licatesse, donnant Ă  chacune de ces variations une empreinte particuliĂšre, tantĂŽt espiĂšgle, tantĂŽt hargneuse, tantĂŽt timide. Le pianiste fait dĂ©filer avec maestria une abondante imagerie de sentiments et d’affects, qui lui vaut de chaleureux vivats de la part d’un public messin venu nombreux entendre le jeune prodige.

Bref, Ă  vos calendriers pour la seconde journĂ©e de son cycle Brahms
 elle aura lieu le 30 avril au mĂȘme endroit !

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. Metz, Salle de l’esplanade de l’Arsenal, le 6 dĂ©cembre 2018. RĂ©cital Brahms par Geoffroy Couteau (1/4).

Compte-rendu, concert. Dijon, le 30 nov 2018. Beethoven. N.Freire / Academy of St Martin in the Fields.

Compte rendu, concert. Dijon, OpĂ©ra, auditorium, le 30 novembre 2018. Beethoven. Nelson Freire et l’Orchestre de l’Academy of St Martin in the Fields. Entre Luxembourg et Berlin, une grande tournĂ©e europĂ©enne de l’Academy of St Martin in the Fields fait Ă©tape Ă  Dijon, avec un programme exclusivement consacrĂ© Ă  Beethoven. Murray Perahia, annoncĂ©, devait y donner le 5Ăšme concerto de Beethoven, « L’Empereur ». Las, aprĂšs ses inquiĂ©tantes Ă©clipses qui faisaient craindre la perte de ses moyens, il ne peut assurer son engagement de ce soir (*). Plus qu’une consolation, un miracle : c’est son aĂźnĂ© de trois ans, alerte septuagĂ©naire, Nelson Freire qui le remplace. Chacun connaĂźt l’Academy of St Martin in the Fields, fondĂ©e il y a soixante ans par Neville Marriner compte-tenu de son passĂ© prestigieux et de l’abondance de sa production discographique. Les sonoritĂ©s sont superbes et tĂ©moignent de la riche histoire de la formation, cependant l’orchestre, composĂ© d’instruments modernes, a quelque chose de surannĂ© dans ses Ă©quilibres : les cordes, trĂšs puissantes, dominent souvent les bois, comme dans les enregistrements d’il y a cinquante ans.

 
 
 

Impérial Nelson Freire

 
 
 
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La premiĂšre romance pour violon et orchestre est toujours un rĂ©gal, une mise en bouche. D’emblĂ©e la sĂ©duction du jeu de Tomo Keller est indĂ©niable. Le violon chante, sonore, plein et chaleureux. Les bois ne sont pas en reste, mais l’orchestre surprend, semblant ignorer la nuance « piano », et amoindrissant ainsi les contrastes voulus par le compositeur. La dynamique est rĂ©elle et ne se dĂ©mentira jamais. La deuxiĂšme symphonie, qualifiĂ©e par certains de « derniĂšre de l’Ancien rĂ©gime », est quelque peu oubliĂ©e par les interprĂštes comme par les programmations, coincĂ©e entre sa devanciĂšre et l’Eroica. Le chef, Tomo Keller, dirige de son pupitre. L’adagio molto, pris beaucoup plus vite qu’à l’habitude (Beethoven prĂ©cise : la croche Ă  84 !) prend des couleurs sombres, tourmentĂ©es, dans l’urgence. L’allegro con brio est d’une rare violence, trĂšs accentuĂ©, toujours nerveux. Son dĂ©veloppement est conduit avec clartĂ©, mais le parti pris interprĂ©tatif gomme tout le charme et le mystĂšre dont sont empreints les bois. Le larghetto, trĂšs liĂ©, atteint Ă  une plĂ©nitude que l’on pourrait parfois qualifier de schubertienne, ne manque que le sourire. Le scherzo claque, vigoureux, mais l’excitation n’est pas la joie. La dĂ©monstration, techniquement aboutie, gomme l’esprit. Le finale, allegro molto, est splendide, bouillonnant, du vif argent, insaisissable, subtil. Les contrastes y sont accusĂ©s comme jamais, un feu d’artifice. AprĂšs cette interprĂ©tation menĂ©e au sabre d’abordage, on s’interroge sur ce que Nelson Freire nous rĂ©serve. Chacun attend « l’Empereur » 

Les trois accords cadentiels qui introduisent le premier thĂšme, fortissimo et expressifs, portent la marque du pianiste : la puissance, assortie d’un son, d’une couleur qui n’appartiennent qu’à lui. L’orchestre, toujours nerveux, martial, nous offre une belle pĂąte, somptueuse, un Ă©crin de luxe pour un piano impĂ©rial. Le passage binaire/ternaire du premier solo est un moment de grĂące, tout comme les trilles et le marcato en triples octaves. L’orchestre flamboie. Toujours concentrĂ© sur son jeu, Nelson Freire impose ses tempi, et ainsi, son dialogue avec les bois, trĂšs retenu, est admirable. Alliant une puissance surhumaine Ă  une douceur caressante, avec une jeunesse enviable, le grand pianiste brĂ©silien nous offre Ă  la fois une leçon, humble, jamais dĂ©monstrative, efficace, et la joie en partage, au sens beethovenien. L’adagio des cordes ne chante guĂšre, avec des pizz des basses toujours trop sonores. Il appartiendra au piano de nous donner ce bonheur refusĂ© par l’orchestre. Le rondo enchaĂźnĂ© est
 dĂ©chaĂźnĂ©, jubilatoire, intense, dru, fluide, aĂ©rien, avec un agogique important, qui mĂ©nage les attentes. Sous les doigts de Nelson Freire, on croit dĂ©couvrir l’Ɠuvre, il la joue, au meilleur sens du terme. Un moment exceptionnel d’une Ă©motion vraie.

Un grand bis, parfaitement appropriĂ© rĂ©pond aux acclamations d’un public conquis : l’intermezzo en la majeur, op 118 n°2 de Brahms, que le pianiste affectionne particuliĂšrement. Les polyphonies en sont claires, ça chante avec simplicitĂ©, du trĂšs grand piano.

(*) “I’m very sorry to have to withdraw from this tour that I was so much looking forward to doing with the Academy as their Principal Guest Conductor. I wish them all the best for the concerts with Jan Lisiecki, Nelson Freire and Rudolf Buchbinder and I look forward to performing with the orchestra again in the near future.”  
 
 

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Compte rendu, concert. Dijon, OpĂ©ra, auditorium, le 30 novembre 2018. Beethoven. Nelson Freire et l’Orchestre de l’Academy of St Martin in the Fields. CrĂ©dit photographique © Gilles Abbeg – OpĂ©ra de Dijon.

 
 
 
 
 
 

CD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon)

seong jin cho mozart nezet seguin cd dg critique review cd par classiquenewsCD, critique. EvĂ©nement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon) Evidemment l’accompagnement (et davantage du maestro quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, mozartien de premier plan, depuis son intĂ©grale lyrique en cours depuis Baden Baden chaque Ă©tĂ© avec Rolando Villazon) est un « plus » dĂ©cisif, pour un jeune pianiste. Mais le tempĂ©rament de ce dernier Ă©vite bien des erreurs que d’autres, parmi ses confrĂšres surtout asiatiques, cultivent malgrĂ© leur cĂ©lĂ©britĂ© : Jin Cho collectionne, lui, avec une attention peut-ĂȘtre encore trop prĂ©cautionneuse, Ă  l’inverse de ses confrĂšres (et consoeurs), une pudeur, et une retenue qui sait aussi s’exprimer dans le clavier. Son refus de la pure virtuositĂ©, soeur d’une ineffable et bien prĂ©sente intĂ©rioritĂ© fait miracle ici, car ce Mozart de 1785 (Concerto), d’une maturitĂ© experte et si intensĂ©ment poĂ©tique, expose Ă  nu ; rĂ©vĂšle les limites d’un jeu sans Ăąme. Rien de tel chez le jeune corĂ©en, dĂ©jĂ  remarquĂ© pour ses audaces et introspections chopiniennes et qui gagne dans ce nouveau programme d’indiscutables palmes mozartiennes. CrĂ©Ă© Ă  Vienne par Wolfgang lui-mĂȘme, le Concerto n°20 est un sommet d’élĂ©gance et de profondeur, un mariage inouĂŻ entre sĂ©duction et vĂ©ritĂ©. A 29 ans, Mozart dĂ©montre un gĂ©nie inclassable, traversĂ© comme personne par la grĂące la plus pure. En mode mineur comme le K 491 (rĂ© mineur), il ouvre la voie des piĂšce maĂźtresse de l’histoire de la musique, comme est essentielle aussi, par sa couleur et sa progression architecturĂ©e, le Symphonie unique de Franck.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81Par son innocence Ă©perdue qui affleure dans le mouvement central, le Concerto fait de son essence tragique, un miroitement pudique constellĂ© de nuances tendres. Une telle palette d’émotions et d’accents millimĂ©trĂ©s s’entend rarement chez les interprĂštes. Or cela est palpable dans le jeu du corĂ©en, dans ses audaces (variations libres du premier mouvement) et dans son respect scrupuleux des dynamiques. Le Concerto n°20 est parmi les plus bouleversants de Wolfgang, touchant et au delĂ  par sa profondeur tragique, une sincĂ©ritĂ© qui dĂ©sarme et saisit par sa justesse. La finesse d’intonation du jeu pianistique suscite l’admiration par son Ă©quilibre, sa mesure, et aussi une simplicitĂ© du style qui s’écarte comme on a dit de l’arĂšne plus commune et pourtant largement mĂ©diatisĂ©e dĂ©fendue par ses confrĂšres et consoeur asiatiques, surtout chinois. A chacun de deviner (les pianistes de Chine ne sont pas si nombreux actuellement). Le corĂ©en sait demeurer pudique, presque secret, apportant la tendresse et l’humanitĂ©, la gravitas et cette innocence qui est insouciance, tant vĂ©nĂ©rĂ©e et sublimĂ©e par l’écriture du divin Wolfgang.

 

 

 

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  AprĂšs la complicitĂ© et l’écoute rĂ©solument chambriste qui unit soliste et chef dans le Concerto n°20, voici deux Sonates parmi les plus redoutables, ne serait-ce que par l’étendue lĂ  encore des couleurs contrastĂ©es. Dans la PremiĂšre sonate (K281), le pianiste saisit le caractĂšre fantasque du dernier mouvement ; ses Ă©lans tenant du caprice (Rondo – Allegro, plage 6).

L’ultime sonate du programme K332 a cette lĂ©gĂšretĂ© tragique et chantante et grave qui rĂ©vĂšle l’interprĂšte capable de vrais Ă©clairages intĂ©rieurs, d’une Ă©loquence tendre et toujours Ă  l’Ă©coute du cƓur.
Pourtant parfois on aimerait une ciselure plus nuancĂ©e encore de l’Ă©criture allegro. Une articulation plus proche de la parole et de l’intonation Ă©motionnelle. Mais d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la sensibilitĂ© inspire une approche tĂ©nue proche de l’intime, cultivant l’extrĂȘme dĂ©licatesse pudique qui renvoie au Schubert le plus rĂȘveur et le plus introspectif.
Pourtant jeune et nouveau sur la planĂšte Mozart, le jeune corĂ©en surprend par son attention Ă  la clartĂ© pudique, Ă  l’intonation  rentrĂ©e, parfois secrĂšte, dĂ©barrassĂ©e de toute affectation, une bouleversante sincĂ©ritĂ© qui se rĂ©vĂšle vĂ©ritablement dans le mouvement central de la K332, d’une tendresse enivrante, idĂ©alement inscrite dans les replis d’un songe intime.
VCLIC D'OR macaron 200oilĂ  donc une remarquable lecture mozartienne. Celui qui s’est jusque la affirmĂ© non sans arguments chez Chopin, dĂ©voile ici des affinitĂ©s Ă©videntes chez Wolfgang entre candeur et vĂ©ritĂ©. Bouleversant d’intelligence et de nuance sans l’artifice de la pure dĂ©monstration technicienne. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

 

 

 

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CD, événement, critique. Seong-Jin Cho, piano. Mozart: Piano Concerto No. 20, K. 466; Piano Sonatas, K. 281 & 332. Chamber Orchestra of Europe. Yannick Nézet-Séguin, direction. 1 cd DG Deutsche Grammophon.

 

 

 

CD, critique. YUJA WANG : The BERLIN RECITAL (1 cd DG Deutsche Grammophon).

YUJA WANG berlin recital dg critique cd review cd classiquenewsCD, critique. YUJA WANG : The BERLIN RECITAL (1 cd DG Deutsche Grammophon). Virtuose, la pianiste chinoise Yuja Wang l’est incontestablement. DĂšs le martial et trĂšs affirmĂ© premier PrĂ©lude du programme (Opus 23 n°5), la vitalitĂ© et l’ancrage du jeu dans le clavier sont convicancants. Ensuite dans les deux suivants, plus flottants voire Ă©vanescents, entre l’ombre et la pĂ©nombre, les doigts peinent Ă  suggĂ©rer, Ă  exprimer l’inquiĂ©tude sourde qui soustend le texte. Le dernier opus 32 n°10, rĂ©solument introspectif et mĂ©lancolique, osons dire que l’interprĂšte martĂšle ses forte d’une Ă©gale maniĂšre, carillonnant certes mais n’atteignant pas Ă  cette matiĂšre sonore en incandescence, imaginĂ©e par le trĂšs inquiet Rachma, russe dĂ©racinĂ© et toujours nostalgique de la terre natale. Le jeu perd le fil, les doigts se prĂ©cipitent manquant rĂ©ellement de nuances et de construction. On ne sait guĂšre oĂč souhaite nous mener la pianiste. Rachmaninov et son mystĂšre lui Ă©chappent.

La matiĂšre plus abstraite encore de la Sonate de Scriabine (n°10 opus 70, plus de 11 mn), qui passe et traverse d’un univers mental et spirituel Ă  l’autre, en une instabilitĂ© elle aussi permanente, mais plus interrogative que vraiment inquiĂšte, manque de ductilitĂ© nuancĂ©e, de velours caressant. Tout est jouĂ© net, vif, nerveux, prĂ©cis certes, mais avec linĂ©aritĂ© trop manifeste. Pas assez de suggestion.

Evidemment le relief percussif et rythmique des 3 Ligeti (surtout le premier « Touches bloquĂ©es »), lui va nettement mieux, car ici il n’y a pas vraiment d’enjeu expressif, mais une scansion rĂ©pĂ©titive (les glissandi miroitants de « Vertige ») qui menace l’équilibre et la structure temporelle comme le cadre du dĂ©veloppement formel. Mais l’expressivitĂ© toujours trop clairement dĂ©monstrative finit par 
fatiguer. Dommage.

ImmatĂ©rielle et elle aussi abstraite mais sans enjeu spirituel comme celle de Scriabine, la Sonate n°8 de Prokofiev, dĂšs l’Andante dolce, pourtant dĂ©veloppĂ©e, manque rĂ©ellement de nuance, d’arriĂšres plans, d’ombres. La pianiste semble y trouver un jeu pour faire briller sa digitalitĂ© experte (main gauche), mais
 creuse. DĂ©ception. Ce rĂ©cital Ă  Berlin n’a pas rĂ©pondu Ă  nos attentes. Yuja Wang a-t-elle raison de poursuivre dans le rĂ©pertoire russe ainsi privilĂ©giĂ© ? On prĂ©fĂšre nettement ce que rĂ©alise en poĂšte et en narrateur habitĂ© voire hallucinĂ©, son confrĂšre Ă©galement chez DG Deutsche Grammophon, Daniil Trifonov, autrement plus riche, allusif, subtil.

CD, critique. YUJA WANG : The BERLIN RECITAL (1 cd DG Deutsche Grammophon).

Compte-rendu, concert. Lyon, Auditorium, le 8 novembre 2018. Récital de Grigory Sokolov.  

SOKOLOV thumbnail_Grigori-Sokolov_scale_762_366Compte-rendu, concert. Lyon, Auditorium, le 8 novembre 2018. RĂ©cital de Grigory Sokolov. Un rĂ©cital de Grigory Sokolov est toujours un Ă©vĂ©nement exceptionnel vers lequel le public se presse, et celui de l’Auditorium de Lyon – plein Ă  craquer ce soir – ne pas fait exception. Avec le pianiste russe, le rituel est immuable : Ă  pas courts et rapides, la masse imposante de ce gĂ©ant du piano apparaĂźt abruptement derriĂšre une porte entrebĂąillĂ©e, et glisse droit vers son piano. Une courte rĂ©vĂ©rence vers le public, la mine invariablement impassible, il s’assied alors promptement Ă  son piano, et sans attendre, frappe le clavier.

ImmĂ©diatement, le miracle opĂšre. En quelques secondes, il envoĂ»te, il captive, il subjugue son auditoire ; d’autant qu’avec Ludwig van Beethoven, et la Sonate N°3 en ut majeur qu’il interprĂšte en premier, il est en terrain conquis. Pas Ă  pas, le public ne peut que suivre, happĂ© et fascinĂ©, le pianiste dans son parcours. Sokolov donne Ă  entendre son incroyable force en la contrastant avec des caresses impalpables du clavier. La symphonie, l’éclat rythmiques des Ɠuvres orchestrales de Beethoven ne sont pourtant jamais bien loin. Dans l’Adagio, Sokolov nous plonge dans un mystĂšre, que mĂȘme son toucher cĂ©leste du clavier ne parvient pas Ă  dĂ©voiler. Puis Ă©clate l’Allegro final, oĂč, dans des fulgurances inouĂŻes, Sokolov multiplie les sonoritĂ©s brillantes. Et ces notes, qui soudain se mettent Ă  galoper vertigineusement, semblent ne jamais vouloir suspendre le discours. Il enchaĂźne aussitĂŽt avec les Onze Bagatelles op 119, dont le russe nous donne une interprĂ©tation qui se caractĂ©rise avant tout par l’évidence du style et le naturel des phrasĂ©s. A aucun moment nous pouvons nous dire qu’on pourrait faire ça mieux ou autrement, non, cela s’impose toujours comme Ă©tant « évident » : fausse Ă©vidence, bien sĂ»r, puisque d’autres choix sont forcĂ©ment possibles, mais c’est bien lĂ  la qualitĂ© intrinsĂšque d’une interprĂ©tation que de s’imposer Ă  l’instant T comme Ă©tant la bonne, celle qui coule de source. Rien ne manque donc Ă  l’appel, ni la douceur du toucher, ni la « force de frappe » ; les tempi retenus, toujours excellents, permettent Ă  chaque Bagatelle de s’épanouir tout en variant l’expression entre chacune d’elles, avec une couleur de piano toujours fascinante. Et Ă  la surprise du dernier accord, suit le silence encore plein de sa formidable interprĂ©tation. Alors fusent les applaudissements que l’artiste, se pressant vers les coulisses, semble vouloir ne pas remarquer, comme indiffĂ©rent Ă  ce jugement


En seconde partie, le talent et la profondeur de Sokolov sont tout aussi parfaitement en situation dans les fameux Quatre Impromptus op 142 de Franz Schubert. Le texte se dĂ©roule avec intelligence, et surtout il n’y ici aucune fausse sentimentalité : le pianiste adopte un tempo rĂ©gulier sans alanguir les variations de tonalitĂ©s. Le piano est superbement colorĂ© et Sokolov varie les parties comme s’il s’agissait d’un quatuor Ă  cordes. Mais bien Ă©videmment, c’est l’incontournable et populaire 3Ăšme Impromptu qui emporte tous les suffrages, d’autant plus que l’artiste l’aborde avec la lĂ©gĂšretĂ© d’un touchĂ© perlĂ© qui dĂ©montre, une fois encore, l’art qui s’épanouit au bout de ses doigts. Des doigts magiques conduits par le reste de son corps, capable d’imprimer aussi une puissance phĂ©nomĂ©nale Ă  son jeu.

Le contrat rempli, l’artiste laisse enfin retomber les bras, sans que toutefois son visage marque le moindre relĂąchement ; sous les applaudissements et bravos enthousiastes, toujours pas l’ombre d’un sourire
. Il reviendra cependant
 six fois (!), pour six bis servis comme un dessert Ă  ce public conquis (on le serait Ă  moins) et gourmand, notamment pour dĂ©livrer une « EntrĂ©e des Sauvages » de Rameau pris avec vĂ©locitĂ© toute dĂ©moniaque !

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Compte-rendu, concert. Lyon, Auditorium, le 8 novembre 2018. RĂ©cital de Grigory Sokolov. Illustration (DR)

Les Grands pianistes sont au MusĂ©e WÜRTH

wurth piano au musee wurth festival nov 2018 presentation sur classiquenewsERSTEIN, Piano au MusĂ©e WÜRTH : 9-18 nov 2018. Le MusĂ©e WĂŒrth Ă  Erstein, prĂšs de Strasbourg n’est pas seulement l’une des plus intĂ©ressantes collection d’art contemporain entre France et Allemagne ; c’est aussi un Ă©crin pour les concerts et les Ă©vĂ©nements interdisciplinaires, comme en tĂ©moigne le festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth, du 9 au 18 novembre prochains. La (dĂ©jĂ ) 3Ăš Ă©dition met Ă  l’honneur la notion de « gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes » : ainsi les Ă©lĂšves du Conservatoire de Strasbourg (le 10 nov, 17 et 18h) et de l’École Municipale de Musique d’Erstein paraissent (le 15 nov, 20h et 21h) aux cĂŽtĂ©s de Philippe Entremont (concert de clĂŽture, le 18 nov, 20h), lui-mĂȘme Ă©lĂšve de Marguerite Long qui collabora avec les grands musiciens et compositeurs du XXe siĂšcle tels Stravinsky, Bernstein, Milhaud, Stokowski
 De filiations en transmissions s’écoule une mĂȘme passion pour le clavier et l’idĂ©e d’une musique totale, source de partage, de dĂ©passement, d’enchantement.

 

 

Jean-Marc Luisada, Marie-JosĂšphe Jude, Philippe entremont, AndrĂ© Manoukian, Philippe Kantorow…

Festival de Piano
au musĂ©e WÜRTH d’ERSTEIN

 

Au MusĂ©e WĂŒrth, le piano est mis en scĂšne sous toutes les formes : rĂ©cital chambriste (Luisada joue Schumann, soirĂ©e d’ouverture le 9 nov, 20h), symphonique, ou en dialogue avec le jazz (Trio Pierre de Bethmann, le 14 nov, 20h) et aussi le cinĂ©ma (cf la soirĂ©e de « cinĂ©piano, mon amour », concoctĂ©e par Jean-Marc Luisada, le 10 nov, 20h, lequel en cinĂ©phile passionnĂ©, accompagne et commente La Valse dans l’ombre, chef d’oeuvre du cinĂ©ma hollywoodien des annĂ©es 40.

Anniversaires obligent, le mĂȘme Jean-Marc Luisada et sa consƓur, Marie-JosĂšphe Jude (16 nov, 20h) cĂ©lĂšbrent le 350e anniversaire de la naissance de François Couperin, et le centenaire de la mort de Claude Debussy, deux immenses gĂ©nies de la couleur et de l’évocation.

MĂȘme esprit d’ouverture avec une journĂ©e spĂ©ciale en compagnie d’AndrĂ© Manoukian (17 nov : 17h, 18h, 20h), pianiste compositeur qui, avec son album Apatride, explore de nouvelles contrĂ©es proches de ses origines armĂ©niennes. sans oublier le jeune public.

Les familles (re)dĂ©couvrent l’Histoire de Babar de Poulenc et quelques fables de Jean de La Fontaine contĂ©es par Jean Lorrain et Inga Katzantseva (18 nov, 11h).

Curiosité et anticipation grùce au Quatuor Florestan qui joue Maurice Journeau, décédé en 1999. « Un compositeur français et une oeuvre à découvrir avec sa fille, Chantal Virlet-Journeau » (le 18 nov).

JEUNES TALENTS
 Comme Schumann a su discerner le gĂ©nie du jeune Brahms, quand celui ci Ă©tait encore inconnu, Piano au MusĂ©e WĂŒrth, souhaite accompagner l’émergence des jeunes tempĂ©raments en herbe, professionnels attachants qui mĂ©ritent un tremplin suplĂ©mentaire. Ainsi en novembre 2018, sont prĂ©sents dans la programmation, les nouveaux grands pianistes de demain : Alexandre Kantorow (11 nov, 15h), Emmanuel Coppey, Guillaume Bellom, Maria Kustas, les Ă©tudiants de la Haute École des Arts du Rhin
 et Charlotte Juillard convie ses amis Jonas Vitaud et SĂ©bastien van Kuijk (11 nov).
Le festival dĂ©fend aussi la diffusion de compositeurs injustement mĂ©connus, ainsi le dĂ©jĂ  citĂ©, Maurice Journeau, ou encore Reynaldo Hahn, Alberto Ginastera, Nino Rota. De quoi associer la dĂ©couverte de nouveaux interprĂštes et celle d’auteurs trop peu connus
 une Ă©quation prometteuse.

 

 

 

infos-pratiques-bandeau

 

 

 

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A NOTER. La radio ACCENT 4 diffuse deux Opus Piano au MusĂ©e WĂŒrth en direct les 11 et 18 novembre 2018.

BRUNCH. Les 11 et 18 nov, 12h : brunch entre deux concerts, permettant la dégustation de produits locaux

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wurth piano au musee wurth VIGNETTE sur classiquenews

TOUTES LES INFOS, le dĂ©tail de chaque concert, les dates et les horaires, les rĂ©servations et renseignements pratiques sur le site du MusĂ©e WĂŒrth Ă  Erstein / Festival PIANO au MusĂ©e WÜRTH : 9 – 18 nov 2018

https://www.musee-wurth.fr/activites-evenements/piano-au-musee-wurth/

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LIRE aussi notre entretien avec Olivier EROUART, directeur artistique du festival PIANO AU MUSEE WÜRTH. PrĂ©sentation et fonctionnement de l’Ă©dition 2018…

WURTH-piano-au-musee-wurth-festival-2018-programme-presentationEntretien avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth. PrĂ©sentation de l’édition 2018 du festival de piano au MusĂ©e WĂŒrth, à Erstein prĂšs de Strasbourg. Etabli dans le musĂ©e WĂŒrth, qui met Ă  disposition son auditorium (220 places / et son piano de concert
), le Festival affirme une identitĂ© artistique forte, qui prend en compte les spĂ©cificitĂ©s du lieu oĂč il se dĂ©roule (les collections de peinture dont le musĂ©e est l’écrin
), et aussi les Ă©volutions artistiques du piano actuel. Eclectique, inovant, expĂ©rimental aussi, le cycle musical proposĂ© est l’un de splus complets actuellement, Rencontre et explication avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival


 

 

 

 

 

 

CD, critique. SCHUMANN : Jean-Marc Luisada (1 cd RCA Red Seal – 2018)

schumann_luisada_rca-cd review critique cd par classiquenewsCD, critique. SCHUMANN : Jean-Marc Luisada (RCA Red seal). Jean-Marc Luisada revient Ă  Schumann, non sans arguments. On distingue surtout dans ce programme monographique, les contrastes (presque parfois percussifs) toujours pleins de facĂ©tie revendiquĂ©e et naturellement Ă©noncĂ©e, comme la brillante volubilitĂ© des « DavidsbĂŒndlertĂ€nze », dont la 15 par exemple, a des accents d’une noblesse Ă©perdue admirablement articulĂ©e, Ă©mise dans le clavier avec une franchise Ă  la fois sincĂšre et saine. Le rubato est habilement menĂ© avec des ralentis et des prĂ©cipitations Ă  la façon d’une marche Ă©branlĂ©e comme prise dans le tapis (la 16), prĂ©cĂ©dant une pause d’une absolue rĂȘverie enchantĂ©e (17) : « Wie aus der Ferne », Ă©tirĂ©e, alanguie, d’une extension extatique et la plus longue des sĂ©quences : plus de 4mn.

Soulignons de mĂȘme, la rĂȘverie plus dĂ©veloppĂ©e encore, non pas tant sur le plan de la durĂ©e que de l’itinĂ©raire et du dĂ©veloppement musical dans « TrĂ€umerei » opus 15 n°7
 d’une pudeur toute Ă©vanescente.‹L’esprit du songe suspendu reprend dans « Frölicher Landamann », retenu, caressant, intĂ©rieur qui appelle Ă  l’abandon suave. Tout Robert est prĂ©sent, dans cette immersion profonde dans les replis de la psychĂ© tenue cachĂ©e, secrĂšte.

Enfin viennent les 16 Ă©pisodes tout en contraste eux aussi de « Humoreske » opus 20, un autre accomplissement dans l’art pianistique si exaltĂ© et raffinĂ© du maĂźtre Schumann. Son amour en filigrane se lit Ă©videmment dans le jeu incessant, son activitĂ© – liquide, aĂ©rienne des mains requises ; elles citent la complicitĂ© et la passion de Robert pour son Ă©pouse Clara, elle-mĂȘme compositrice et immense pianiste. Jusqu’au dernier, «  Zum BeschluĂŸÂ Â» (le plus long en guise de conclusion, de plus de 6 mn), c’est un cycle surepressif, Ă©tincelant, formant une ronde enjouĂ©e, juvĂ©nile en sĂ©quences trĂšs rythmĂ©es et versatiles qui fanfaronnent et qui enchaĂźnent tension et dĂ©tente, exaltation, et songe
 ivresse parfois ;

SĂ»r, direct, sans emphase mais habitĂ© par le rĂȘve intĂ©rieur de Schumann, JM Luisada s’affirme comme un prince lyrique au clavier ; sa technique digitale prend en compte les ressources expressives et dynamiques de l’instrument. La clartĂ© de l’architecture, l’éloquence trĂšs caractĂ©risĂ©e du jeu l’imposent en indiscutable schumanien. Excellent programme.

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CD, critique. Robert Schumann (1810-1856) : DavidsbĂŒndlertĂ€nze op. 6 ; MĂ©lodie op. 68 n° 1 ; TrĂ€umerei op. 15 n° 7 ; Frölicher Landmann op. 68 n° 10 ; Humoreske op. 20. Jean-Marc Luisada, piano Steinway et sons. 1 CD RCA red seal. Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Berlin (Jesus-Christus-kirche) en janvier 2018. Notice : français, anglais, allemand. DurĂ©e : 1h10mn.

Festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth (Ersntein), Ă  partir du 9 nov 2018

wurth piano au musee wurth festival nov 2018 presentation sur classiquenewsERSTEIN, Piano au MusĂ©e WÜRTH : 9-18 nov 2018. Le MusĂ©e WĂŒrth Ă  Erstein, prĂšs de Strasbourg n’est pas seulement l’une des plus intĂ©ressantes collection d’art contemporain entre France et Allemagne ; c’est aussi un Ă©crin pour les concerts et les Ă©vĂ©nements interdisciplinaires, comme en tĂ©moigne le festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth, du 9 au 18 novembre prochains. La (dĂ©jĂ ) 3Ăš Ă©dition met Ă  l’honneur la notion de « gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes » : ainsi les Ă©lĂšves du Conservatoire de Strasbourg (le 10 nov, 17 et 18h) et de l’École Municipale de Musique d’Erstein paraissent (le 15 nov, 20h et 21h) aux cĂŽtĂ©s de Philippe Entremont (concert de clĂŽture, le 18 nov, 20h), lui-mĂȘme Ă©lĂšve de Marguerite Long qui collabora avec les grands musiciens et compositeurs du XXe siĂšcle tels Stravinsky, Bernstein, Milhaud, Stokowski
 De filiations en transmissions s’écoule une mĂȘme passion pour le clavier et l’idĂ©e d’une musique totale, source de partage, de dĂ©passement, d’enchantement.

 

 

Jean-Marc Luisada, Marie-JosĂšphe Jude, Philippe entremont, AndrĂ© Manoukian, Philippe Kantorow…

Festival de Piano
au musĂ©e WÜRTH d’ERSTEIN

 

Au MusĂ©e WĂŒrth, le piano est mis en scĂšne sous toutes les formes : rĂ©cital chambriste (Luisada joue Schumann, soirĂ©e d’ouverture le 9 nov, 20h), symphonique, ou en dialogue avec le jazz (Trio Pierre de Bethmann, le 14 nov, 20h) et aussi le cinĂ©ma (cf la soirĂ©e de « cinĂ©piano, mon amour », concoctĂ©e par Jean-Marc Luisada, le 10 nov, 20h, lequel en cinĂ©phile passionnĂ©, accompagne et commente La Valse dans l’ombre, chef d’oeuvre du cinĂ©ma hollywoodien des annĂ©es 40.

Anniversaires obligent, le mĂȘme Jean-Marc Luisada et sa consƓur, Marie-JosĂšphe Jude (16 nov, 20h) cĂ©lĂšbrent le 350e anniversaire de la naissance de François Couperin, et le centenaire de la mort de Claude Debussy, deux immenses gĂ©nies de la couleur et de l’évocation.

MĂȘme esprit d’ouverture avec une journĂ©e spĂ©ciale en compagnie d’AndrĂ© Manoukian (17 nov : 17h, 18h, 20h), pianiste compositeur qui, avec son album Apatride, explore de nouvelles contrĂ©es proches de ses origines armĂ©niennes. sans oublier le jeune public.

Les familles (re)dĂ©couvrent l’Histoire de Babar de Poulenc et quelques fables de Jean de La Fontaine contĂ©es par Jean Lorrain et Inga Katzantseva (18 nov, 11h).

Curiosité et anticipation grùce au Quatuor Florestan qui joue Maurice Journeau, décédé en 1999. « Un compositeur français et une oeuvre à découvrir avec sa fille, Chantal Virlet-Journeau » (le 18 nov).

JEUNES TALENTS
 Comme Schumann a su discerner le gĂ©nie du jeune Brahms, quand celui ci Ă©tait encore inconnu, Piano au MusĂ©e WĂŒrth, souhaite accompagner l’émergence des jeunes tempĂ©raments en herbe, professionnels attachants qui mĂ©ritent un tremplin suplĂ©mentaire. Ainsi en novembre 2018, sont prĂ©sents dans la programmation, les nouveaux grands pianistes de demain : Alexandre Kantorow (11 nov, 15h), Emmanuel Coppey, Guillaume Bellom, Maria Kustas, les Ă©tudiants de la Haute École des Arts du Rhin
 et Charlotte Juillard convie ses amis Jonas Vitaud et SĂ©bastien van Kuijk (11 nov).
Le festival dĂ©fend aussi la diffusion de compositeurs injustement mĂ©connus, ainsi le dĂ©jĂ  citĂ©, Maurice Journeau, ou encore Reynaldo Hahn, Alberto Ginastera, Nino Rota. De quoi associer la dĂ©couverte de nouveaux interprĂštes et celle d’auteurs trop peu connus
 une Ă©quation prometteuse.

 

 

 

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A NOTER. La radio ACCENT 4 diffuse deux Opus Piano au MusĂ©e WĂŒrth en direct les 11 et 18 novembre 2018.

BRUNCH. Les 11 et 18 nov, 12h : brunch entre deux concerts, permettant la dégustation de produits locaux

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wurth piano au musee wurth VIGNETTE sur classiquenews

TOUTES LES INFOS, le dĂ©tail de chaque concert, les dates et les horaires, les rĂ©servations et renseignements pratiques sur le site du MusĂ©e WĂŒrth Ă  Erstein / Festival PIANO au MusĂ©e WÜRTH : 9 – 18 nov 2018

https://www.musee-wurth.fr/activites-evenements/piano-au-musee-wurth/

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LIRE aussi notre entretien avec Olivier EROUART, directeur artistique du festival PIANO AU MUSEE WÜRTH. PrĂ©sentation et fonctionnement de l’Ă©dition 2018…

WURTH-piano-au-musee-wurth-festival-2018-programme-presentationEntretien avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth. PrĂ©sentation de l’édition 2018 du festival de piano au MusĂ©e WĂŒrth, à Erstein prĂšs de Strasbourg. Etabli dans le musĂ©e WĂŒrth, qui met Ă  disposition son auditorium (220 places / et son piano de concert
), le Festival affirme une identitĂ© artistique forte, qui prend en compte les spĂ©cificitĂ©s du lieu oĂč il se dĂ©roule (les collections de peinture dont le musĂ©e est l’écrin
), et aussi les Ă©volutions artistiques du piano actuel. Eclectique, inovant, expĂ©rimental aussi, le cycle musical proposĂ© est l’un de splus complets actuellement, Rencontre et explication avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival


 

 

 

 

 

 

RĂ©cital de Jean-Paul Gasparian, piano

FRANCE MUSIQUE, lundi 29 oct 2018, 20h. RĂ©cital de Jean-Paul Gasparian, piano. Le jeune homme fait partie des nouveaux talents français du clavier. France Musique diffuse le concert de Montpellier rĂ©alisĂ© Ă  l’étĂ© 2018. Quelques semaines plus tard, le pianiste donnait les mĂȘmes oeuvres de Ravel et de Chopin, Ă  Bagatelle, dĂ©but septembre 2018.
Voici ce qu’écrivaint alors notre rĂ©dactrice Jany Campello, Ă  propos du jeu de Jean-Paul Gasparian
 :

gasparian piano critique concert crtiique cd par classiquenewsJean-Paul Gasparian donne des Valses nobles et sentimentales de Ravel, une interprĂ©tation pensĂ©e, structurĂ©e, et loin d’en faire des piĂšces de salon enchaĂźnĂ©es avec superficialitĂ©, uniformitĂ©, les habite, va chercher au cƓur de chacune son esprit, son humeur, sa poĂ©sie, son univers intĂ©rieur, les confronte dans leur succession. Les timbres sont travaillĂ©s en profondeur dans un contrĂŽle absolu du son, du poids sur chaque note. Il y a quelques mois, on avait entendu « Incises » de Boulez alors qu’il venait Ă  peine de se pencher sur l’Ɠuvre. L’on avait dĂ©jĂ  remarquĂ© l’intelligence de son approche. Le temps faisant, elle a fait son chemin: le pianiste investit Ă  prĂ©sent l’Ɠuvre avec ardeur et vigueur, fiĂšvre mĂȘme, dans une Ă©nergie libĂ©rĂ©e, dĂ©ployĂ©e cette fois sans retenue. C’est prenant d’un bout Ă  l’autre! Jouer les quatre Ballades de Chopin en concert relĂšve d’une gageure qui n’est pas Ă  la portĂ©e de tous les pianistes. Jean-Paul Gasparian Ă  aucun moment ne faillit, maintenant, aprĂšs l’introduction d’Incises, une densitĂ© de jeu de tous les instants, avec une technique qui n’a plus rien Ă  prouver, et un sens de la construction non moins abouti, dans un engagement total. Des envolĂ©es Ă©piques aux passages suspendus, de l’intĂ©rioritĂ© aux effusions lyriques, tout est dominĂ© dans une plĂ©nitude du son et de l’expression encore plus manifeste qu’elle ne l’était dĂ©jĂ  chez ce jeune pianiste. Quelle rondeur et aussi quelle belle ligne au dĂ©but de sa troisiĂšme Ballade! Combien de pianistes morcellent ce dĂ©but! Une conception qu’il doit sans doute Ă  Pollini
 LIRE la critique complĂšte du concert de Jean-Paul Gasparian Ă  Bagatelle / Sept 2018

 

 

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logo_francemusiqueConcert donnĂ© le 27 juillet 2018 Ă  12h30 Salle Pasteur – Le Corum Ă  Montpellier dans le cadre du Festival Radio France Occitanie Montpellier

Maurice Ravel
Valses nobles et sentimentales1- Modéré
2- Assez lent
3- Modéré
4- Assez animé
5- Presque lent
6- Assez vif
7- Moins vils
8- Lent

Johannes Brahms
Fantaisies op. 116
1- Capriccio en ré mineur
2- Intermezzo en la mineur
3- Capriccio en sol mineur
4- Intermezzo en mi Majeur
5- Intermezzo en mi mineur
6- Intermezzo en mi Majeur
7- Capriccio en ré mineur

Frédéric Chopin
Polonaise-fantaisie en la bémol majeur op. 61
Ballade n°2 en fa majeur op. 38
Ballade n°4 en fa mineur op. 52

Jean-Paul Gasparian, piano

Entretien avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth

WURTH-piano-au-musee-wurth-festival-2018-programme-presentationEntretien avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth. PrĂ©sentation de l’édition 2018 du festival de piano au MusĂ©e WĂŒrth, Ă  Erstein prĂšs de Strasbourg. Etabli dans le musĂ©e WĂŒrth, qui met Ă  disposition son auditorium (220 places / et son piano de concert
), le Festival affirme une identitĂ© artistique forte, qui prend en compte les spĂ©cificitĂ©s du lieu oĂč il se dĂ©roule (les collections de peinture dont le musĂ©e est l’écrin
), et aussi les Ă©volutions artistiques du piano actuel. Eclectique, inovant, expĂ©rimental aussi, le cycle musical proposĂ© est l’un de splus complets actuellement, Rencontre et explication avec Olivier Erouart, directeur artistique du Festival


 
 

CLASSIQUENEWS : Comment se dĂ©roule le festival (lieux investis, intĂ©rĂȘt patrimonial et musique, accessibilitĂ© des concerts et des Ă©vĂ©nements) ?

OLIVIER EROUART : Piano au MusĂ©e WĂŒrth en est Ă  sa troisiĂšme Ă©dition. À la demande de Marie-France Bertrand, directrice du MusĂ©e WĂŒrth, j’en assure la direction artistique depuis cette annĂ©e. L’originalitĂ© de ce festival est qu’il se situe dans un musĂ©e qui lui-mĂȘme est situĂ© sur le site de l’entreprise WĂŒrth. PassionnĂ© par les arts et la musique, Reinhold WĂŒrth, fondateur-propriĂ©taire du groupe WĂŒrth, a pourvu ce musĂ©e d’un bel auditorium de 220 places oĂč tout au long de l’annĂ©e se succĂšdent des concerts, des confĂ©rences, des rencontres, des spectacles de thĂ©Ăątre, etc. Le mois de novembre est dĂ©volu au piano, car se trouve Ă  demeure dans cet auditorium un piano de concert Steinway D.
Erstein se trouve Ă  une vingtaine de kilomĂštres de Strasbourg et le musĂ©e dans la zone industrielle facilement accessible en voiture ou en train. Pour les annĂ©es Ă  venir, nous rĂ©flĂ©chissons Ă  mettre en place un systĂšme de covoiturage pour en faciliter davantage l’accĂšs.

 
 

CLASSIQUENEWS : Quels sont les critÚres artistiques qui assurent à la programmation sa cohérence et sa singularité ?
Pour cette troisiĂšme Ă©dition, nous n’avons pas envisagĂ© de thĂ©matique particuliĂšre. L’une s’est nĂ©anmoins imposĂ©e, c’est celle de gĂ©nĂ©ration en Ă©cho au thĂšme de l’exposition Namibia, l’art d’une jeune gĂ©nĂ©ration, car ce sont des gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes qui vont se produire sur la scĂšne de l’auditorium : des jeunes Ă©lĂšves de l’École de Musique d’Erstein Ă  Philippe Entremont, une lĂ©gende du piano qui a connu et collaborĂ© avec Stravinsky, Milhaud, Bernstein, etc. Nous commençons Ă©galement une collaboration avec les classes de musique de chambre du Conservatoire de Strasbourg et trois Ă©lĂšves des classes de Craig Goodmann et de Pierre BrĂ©geot joueront des Ɠuvres pour piano, alto et clarinette de Mozart, Schumann et Bruch. Par ailleurs, nous invitons un des laurĂ©ats de Piano Campus Ă  donner un rĂ©cital (Maria Kustas, le 11 novembre).
L’amitiĂ©, la fidĂ©litĂ© ont aussi Ă©tĂ© nos guides. Une belle amitiĂ© nous lie Ă  Jean-Marc Luisada, Ă  Marie-JosĂšphe Jude. Ce sont aussi le plaisir des rencontres musicales renouvelĂ©es avec la pianiste Inga Katzantseva qu’à titre personnel, je suis depuis son arrivĂ©e en Alsace, ou la violoniste et chambriste Charlotte Juillard. Ce sont Ă©galement des chocs musicaux lors de concerts entendus en Alsace ou ailleurs. Alexandre Kantorow, l’un des grands pianistes de demain, a Ă©tĂ© pour nous une rĂ©vĂ©lation. Nous privilĂ©gions aussi une carte rĂ©gionale, car l’Alsace est une terre de musique et nous aurons plaisir Ă  accueillir le Quatuor Florestan et Eveline Rudolf. Toutefois, dĂšs l’édition 2019, la programmation sera axĂ©e autour d’une thĂ©matique. Nous sommes dĂ©jĂ  en mesure de vous rĂ©vĂ©ler que celle de 2019 sera L’humour dans la musique.

 
 
CLASSIQUENEWS : Quelle est l’expĂ©rience que vit le festivalier Ă  chaque Ă©dition ?
Une expĂ©rience unique qui est celle du plaisir des yeux avec les expositions du musĂ©e, l’écoute des concerts, les rencontres et les discussions Ă  bĂątons rompus avec les musiciens Ă  la fin de chaque concert. La possibilitĂ© Ă©galement d’assister Ă  deux Ă©missions de radio, car la radio Accent 4 qui diffuse un programme de musique classique, dĂ©localise son studio pour ĂȘtre au cƓur de notre manifestation. Et puis, s’il a une petite faim, il peut se restaurer Ă  la cafĂ©tĂ©ria du musĂ©e.
 
 
CLASSIQUENEWS : Comment choisissez-vous chaque programme ? Etes-vous soucieux de l’inĂ©dit, de la crĂ©ation ?

Bien sĂ»r, mĂȘme si le public aime se retrouver en terre connue. Schumann, Chopin, Mozart, Debussy, Couperin, Beethoven seront prĂ©sents. Mais Couperin sera interprĂ©tĂ© pour la premiĂšre fois en concert par Marie-JosĂšphe Jude. Nous aimons les chemins de traverse et la venue d’AndrĂ© Manoukian, homme de tĂ©lĂ©, de radio, pĂ©dagogue – Ă©coutez ses chroniques sur France-Inter ! – et excellent pianiste en est un. Nous avons Ă  cƓur de dĂ©cloisonner la musique. C’est dans cette optique que, depuis trois ans, nous convions Jazzdor Ă  dĂ©localiser l’un de ses concerts. Cette annĂ©e, ce sera le Trio Pierre de Bethmann.
Jean-Marc Luisada est un cinĂ©phile averti et passionnĂ© et il proposera une soirĂ©e « Cinepiano, mon amour » tout en Ă©motion avec la projection d’un chef d’Ɠuvre du cinĂ©ma hollywoodien de 1940, La Valse dans l’ombre de Mervyn Leroy, prĂ©cĂ©dĂ©e des Intermezzi opus 117 de Brahms.
Nous aimons provoquer les rencontres. Ce sera le cas avec le conteur et comĂ©dien Jean Lorrain et la pianiste russe Inga Kazantseva pour un concert en famille avec L’Histoire de Babar de Poulenc et Jean de Brunhoff. Nous avons conviĂ© Charlotte Juillard, super-soliste de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, en lui proposant d’inviter ses complices : le pianiste Jonas Vitaud et le violoncelliste SĂ©bastien van Kuijk.
De l’inĂ©dit peut-ĂȘtre pas, mais de l’inattendu sans doute avec le Quatuor Ă  cordes de Maurice Jouneau, un homme qui a traversĂ© le siĂšcle et qui a laissĂ© des Ɠuvres que sa fille, Chantal Viret-Journeau, dĂ©fend avec ferveur et passion ou le trĂšs agrĂ©able Quintette avec piano de Reynaldo Hahn. Nous pourrions encore citer les Trois danses argentines de Ginastera…
Poulenc disait qu’il Ă©tait un musicien sans Ă©tiquette. Avec audace, nous dirons que nous sommes des organisateurs sans Ă©tiquette, mais avec goĂ»t.

 
 
CLASSIQUENEWS : Comment fonctionne la programmation musicale pendant le festival, et les lieux du musée ? Quel bénéfice pour le public ? Y a-t-il une offre groupée associant visite du musée et concert ?

Tout au long du festival, le musĂ©e ouvre ses portes et des visites guidĂ©es gratuites pour le festivalier sont proposĂ©es. Les dimanches 11 et 18 novembre, nous allons inviter le public Ă  rester en notre compagnie et celles des artistes Ă  partir de 11h. Il pourra ainsi entre les concerts visiter les collections, « bruncher” Ă  l’heure du dĂ©jeuner, Ă©couter de la musique, rencontrer, une coupe de champagne Ă  la main, les artistes invitĂ©s Ă  se produire.
 
 
CLASSIQUENEWS : Y-a-t-il un lien entre les collections permanentes du musĂ©e, et le choix des artistes ou des Ɠuvres jouĂ©es pendant le Festival PIANO au MusĂ©e WĂŒrth ?

Si cette annĂ©e, il Ă©tait difficile de trouver une correspondance Ă©vidente entre le thĂšme de l’exposition et la programmation, nous souhaitons pouvoir dans les annĂ©es Ă  venir offrir un concert en lien, voire une dĂ©ambulation musicale ou la commande d’une Ɠuvre.
Si vous le permettez, je voudrais souligner que Piano au MusĂ©e WĂŒrth existe grĂące Ă  l’engagement d’une Ă©quipe de salariĂ©s (Claudine, StĂ©phanie, Alan), de bĂ©nĂ©voles et de partenaires dont la Ville d’Erstein.

 
 

Propos recueillis en octobre 2018

 

 
 
 
 

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wurthe-banniere-horizontale-2018-par-classiquenewsLIRE aussi notre prĂ©sentation du Festival PIANO au MusĂ©e WÜRTH (Erstein : 9 – 18 nov 2018) - Le MusĂ©e WĂŒrth Ă  Erstein, prĂšs de Strasbourg n’est pas seulement l’une des plus intĂ©ressantes collection d’art contemporain entre France et Allemagne ; c’est aussi un Ă©crin pour les concerts et les Ă©vĂ©nements interdisciplinaires, comme en tĂ©moigne le festival Piano au MusĂ©e WĂŒrth, du 9 au 18 novembre prochains. La (dĂ©jĂ ) 3Ăš Ă©dition met Ă  l’honneur la notion de « gĂ©nĂ©rations d’interprĂštes » : ainsi les Ă©lĂšves du Conservatoire de Strasbourg (le 10 nov, 17 et 18h) et de l’École Municipale de Musique d’Erstein paraissent (le 15 nov, 20h et 21h) aux cĂŽtĂ©s de Philippe Entremont (concert de clĂŽture, le 18 nov, 20h), lui-mĂȘme Ă©lĂšve de Marguerite Long qui collabora avec les grands musiciens et compositeurs du XXe siĂšcle tels Stravinsky, Bernstein, Milhaud, Stokowski
 De filiations en transmissions s’écoule une mĂȘme passion pour le clavier et l’idĂ©e d’une musique totale, source de partage, de dĂ©passement, d’enchantement. TOUTES LES INFOS? les dates, les artistes, les programmes sur le site du MusĂ©e WÜRTH Ă  ERSTEIN

PIANO. ENTRETIEN avec Momo KODAMA, pianiste (automne 2018)

PIANO. ENTRETIEN avec Momo KODAMA, pianiste. La pianiste Momo Kodama donne Ă  l’automne 2018, trois concerts Ă  Paris. Une actualitĂ© exceptionnelle qui a dĂ©butĂ© le 22 septembre Ă  La Scala nouvellement ouverte, avec sa participation en duo avec sa sƓur Mari Kodama dans une Ɠuvre de John Adams, dans le cadre du festival « Aux armes contemporains ». Elle s’est produite ensuite en soliste le 14 octobre Ă  l’auditorium de la CitĂ© de la Musique dans le cadre des concerts de la Philharmonie de Paris, dans un somptueux programme Debussy-Hosokawa qui fit salle pleine, et rejoindra enfin le 30 octobre prochain l’Orchestre de Chambre de Paris sous la direction de Sascha Goetzel, dans le 21Ăšme concerto de Mozart K 467. A ne pas manquer! C’est chez elle Ă  Paris qu’elle nous reçoit, pour nous parler d’elle, de musique, des choses de la vie
 Dans son sĂ©jour inondĂ© de lumiĂšre, deux pianos tĂȘte-bĂȘche jonchĂ©s de partitions, des gravures japonaises, et un trĂšs bon thĂ© vert sur la table basse. Propos recueillis par Jany CAMPELLO.

 

 

 

Momo KODAMA,
L’orient et l’occident : un accord parfait

  

 

KODAMA-Momo-PIANO-portrait-sur-classiquenews-Momo-Kodama--JBM-7373©Jean-Baptiste-MillotMomo Kodama © JB Millot

  

 

Commençons par parler de vous: vous ĂȘtes nĂ©e au Japon, Ă  Osaka, vous vivez depuis de nombreuses annĂ©es en Europe. Quand avez-vous quittĂ© le Japon? 

J’ai quittĂ© le Japon Ă  un an. Je n’ai donc quasiment pas vĂ©cu au Japon. Nous sommes partis en famille en Allemagne, puis en Suisse allemande, et cela fait 35 ans que j’habite Paris. ArrivĂ©e Ă  Paris, j’ai continuĂ© mes Ă©tudes gĂ©nĂ©rales dans une Ă©cole allemande, et je suis rentrĂ©e au conservatoire. L’allemand a donc Ă©tĂ© ma premiĂšre langue, et j’ai adoptĂ© trĂšs vite le français. Mais nous avons continuĂ© Ă  parler le japonais Ă  la maison. Nous avons aussi toujours gardĂ© nos traditions auxquelles nous sommes restĂ©s trĂšs attachĂ©s, au point que lorsque je suis au Japon, des personnes me disent que je suis plus japonaise que les japonais eux-mĂȘmes!

  

 
Comment l’expliquez-vous?

Je n’ai pas suivi le mouvement de modernisation dans le pays, qui a fait notamment que vocabulaire a Ă©voluĂ©. Les traditions se sont aussi un peu perdues, comme au nouvel an, oĂč nous continuons Ă  cuisiner les plats traditionnels. Maintenant les gens achĂštent des plats dĂ©jĂ  prĂ©parĂ©s, ou vont au restaurant. Dans notre famille, nous nous rassemblons tous Ă  Paris et ma mĂšre apporte chaque annĂ©e une valise remplie d’ingrĂ©dients: elle cuisine pendant trois jours pour prĂ©parer le repas! Cela a une grande valeur symbolique.

  

 
Vos racines sont donc trÚs présentes


Oui, je trouve qu’il faut avoir des racines quelque part, cela permet de bien se sentir partout, et je me suis sentie trĂšs bien dans les pays oĂč j’ai vĂ©cu, et en France actuellement. Je ne me sens Ă©trangĂšre nulle part. Ma sƓur Mari et moi, nous nous parlons toujours en japonais. Cela nous paraĂźtrait vraiment bizarre de nous adresser l’une Ă  autre dans une autre langue!

  

 
Est-ce cette culture japonaise trÚs authentique, cette identité trÚs forte, qui vous rapprochent des compositeurs japonais que vous interprétez? 

Oui, nĂ©cessairement. Il y a dans leur musique une notion du dĂ©roulement du temps typiquement japonaise, trĂšs en harmonie avec la nature. Son rythme est diffĂ©rent et n’a rien Ă  voir avec le battement du cƓur ou le tic-tac de l’horloge, figĂ© et rĂ©gulier. Mais cette conception existe aussi chez d’autres compositeurs occidentaux, comme Messiaen: il disait lui-mĂȘme que les marches militaires par exemple ne sont pas naturelles. Ce qui est naturel, ce sont les chants d’oiseaux, le vent

 

  

 
Un autre rapport au temps


Cet Ă©coulement du temps a Ă©galement sa logique, mais n’est pas pris dans une structure mĂ©trique, mesurĂ©e. Pour comprendre cette musique il faut oublier ses lignes verticales, les barres de mesures par exemple, mais en mĂȘme temps elles existent. Cette musique sonne trĂšs libre. Et pour qu’elle sonne trĂšs libre, son Ă©criture doit ĂȘtre trĂšs mĂ©ticuleuse. Il y a aussi cela bien Ă©videmment chez Debussy, parfois de façon trĂšs inattendue! La musique d’Hosokawa a en plus un lien particulier avec le souffle. Au dĂ©part il n’aimait pas du tout le piano, il lui prĂ©fĂ©rait la flĂ»te et le violon, ces instruments dont le son peut naĂźtre Ă  partir de rien, et disparaĂźtre dans le rien. Le son du piano peut s’éteindre dans le vide, mais venir de rien c’est beaucoup plus compliquĂ©! Le son arrive tout de suite au piano, mĂȘme si on peut jouer sur l’illusion, et si l’on a une grande imagination.
  

 
Comment alors Hosokawa est-il venu Ă  composer pour le piano?

Quand il a dĂ©couvert le piano, il s’est mis Ă  Ă©crire beaucoup pour lui. Il a commencĂ© par son concerto, puis a composĂ© son quatuor pour une formation identique Ă  celle du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen, puis il en est venu aux Ă©tudes. J’ai crĂ©Ă© toutes ses piĂšces et j’ai bien sĂ»r travaillĂ© et Ă©changĂ© beaucoup avec lui. Il est lui-mĂȘme pianiste et sa musique est trĂšs bien Ă©crite pour le piano. Notamment il sait trĂšs bien Ă©tudier la pĂ©dale, utiliser les rĂ©sonances de l’instrument. Il a composĂ© les Ă©tudes pour lui mĂȘme, il s’est donnĂ© un dĂ©fi en tant que pianiste et compositeur! Il dĂ©sire continuer Ă  Ă©crire pour le piano et j’en suis trĂšs heureuse.
 

  

 
Vous avez associé au disque comme au concert ses études à celles de Debussy, étroitement imbriquées. Quel autre lien que la dimension temporelle trouvez-vous entre ces deux compositeurs? 

La subtilitĂ© dans l’écriture. Elle ressemble Ă  de la dentelle. Tous ces dĂ©tails dans le phrasĂ©, les nuances, Ă©galement les couleurs qui sont trĂšs graduelles, dans une palette trĂšs large. On ne passe pas instantanĂ©ment du rouge au vert. Et puis il y a quelque chose d’assez intime et de l’ordre de la confidence dans leur musique; pour Debussy surtout, la musique est comme une pensĂ©e avec lui-mĂȘme qu’il partage. Elle possĂšde quelque chose qui va vers l’enfance, une source d’émerveillement. Sa subtilitĂ© rĂ©side aussi dans l’art de la suggestion qui fait sa poĂ©sie et son charme. L’écriture est tellement minutieuse, dans les Ă©tudes en particulier! Je dĂ©couvre encore beaucoup de choses, plus d’un an aprĂšs les avoir enregistrĂ©es!

  

 
Les piĂšces pour piano de Debussy sont la plupart trĂšs courtes, elles n’ont pas de dĂ©veloppement. Qu’en est-il de celles d’Hosokawa? 

Hosokawa utilise le dĂ©veloppement Ă  partir d’un thĂšme, et sa musique a une dimension sentimentale qui est absente chez Debussy, elle exprime l’émotion des sentiments. On a toujours tendance Ă  croire qu’au Japon on ne montre pas ses sentiments, on est dans la pudeur. Ce qui est sĂ»rement vrai dans la vie courante. En mĂȘme temps le thĂ©Ăątre japonais est trĂšs passionnel. Il s’y dĂ©roule des drames incroyables. La violence des sentiments Ă©maille la littĂ©rature japonaise. Il est possible que cette particularitĂ© soit en rapport avec la violence des manifestations naturelles au Japon: les tremblements de terre, les typhons
Les Japonais vivent avec cela. Mais vous savez, on voit beaucoup de gens pleurer d’émotion au Japon, pas seulement de tristesse. C’est cette passion que l’on retrouve chez Hosokawa. C’est son cĂŽtĂ© trĂšs humain. Une de ses Ă©tudes s’intitule « ColĂšre ». Pour lui ce n’est pas une colĂšre dirigĂ©e vers une personne, ou en rapport avec une situation particuliĂšre, c’est juste le sentiment en lui-mĂȘme, dans ce qu’il a d’absolu, dĂ©tachĂ© de l’objet. Hosokawa est trĂšs imprĂ©gnĂ© de la pensĂ©e japonaise, entre ombre et lumiĂšre, ce qui fait que les lignes dans sa musique sont plus marquĂ©es que dans celle de Debussy. Il y a des correspondances, mais le monde d’Hosokawa n’est pas le monde de Debussy.

 

 
Vous avez réuni ces deux mondes néanmoins


Oui, car ils ont un lien. Quand Hosokawa a commencĂ© Ă  Ă©crire ses Ă©tudes, je lui ai dit que je jouerai la premiĂšre avec les Ă©tudes de Debussy. Il a aussi beaucoup Ă©tudiĂ© sa musique et son instrumentation, qu’il connait parfaitement, comme Takemitsu d’ailleurs.
 

  

 
Avez-vous rencontré Takemitsu, que vous interprétez également?

Malheureusement non, mais sa fille m’a beaucoup parlĂ© de sa musique.

 

 

Parlez-nous de votre concert à la Cité de la musique: inscrire uniquement des études à un programme, cela pose-t-il une difficulté? 

J’ai dĂ» modifier l’ordre du disque, qui alterne les Ă©tudes des deux compositeurs. Il fallait faire plus court: j’ai choisi dix Ă©tudes de Debussy et cinq de Hosokawa. Il a fallu trouver un nouveau rythme, des associations, revoir l’ordre des piĂšces spĂ©cialement pour le concert. La construction d’un programme de concert quel qu’il soit est pour moi aussi importante que l’interprĂ©tation musicale.
  

 
Le 30 octobre, vous donnerez un autre concert trĂšs diffĂ©rent au ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es, oĂč vous jouerez un concerto de Mozart: un tout autre univers, non?

Oui, mĂȘme si on retrouve cet Ă©merveillement chez Mozart comme chez Debussy. Mozart reprĂ©sente pour moi le gĂ©nie absolu: il y a cette facilitĂ© d’écriture chez lui, cette Ă©vidence, ce langage si simple, cette joie de vivre aussi et cette tendresse, en dĂ©pit des tragĂ©dies de sa vie, cela dans beaucoup de ses Ɠuvres, notamment dans le 21Ăšme concerto en do majeur que je vais jouer et qui est trĂšs solaire. Le second mouvement est tellement Ă©tonnant avec toujours ce mĂȘme rythme, et toutes ses modulations parfois si inattendues. C’est un voyage intĂ©rieur incroyable, qui n’est jamais dans le pathos, mais toujours empreint d’espoir
Ce second mouvement est devenu tellement cĂ©lĂšbre! On l’entend partout, dans les publicitĂ©s, dans les films, James Bond par exemple! Dans un dĂ©calage total, il accompagne cette scĂšne incroyablement cruelle oĂč le requin mange la James Bond girl et oĂč le rideau s’abaisse lentement. On peut vraiment Ă©couter Mozart en toutes circonstances!
 

  

 
La musique de Mozart est-elle simple à jouer? 

C’est au contraire trĂšs difficile, elle est tellement transparente! Il faut Ă©galement y trouver le temps juste. On dit qu’il faut retrouver cette fraĂźcheur de l’enfance, ou avoir un Ăąge mature pour bien interprĂ©ter Mozart. Sans doute y a-t-il un peu de cela, mais je pense qu’il faut avoir vĂ©cu des choses de la vie pour comprendre certaines de ses Ɠuvres comme le concerto en rĂ© mineur, ou Don Giovanni. Trouver cette Ă©vidence, cette simplicitĂ© dans l’expression, ce n’est pas si simple! Il n’y a jamais une note de trop chez Mozart, et chaque note doit sonner juste.

  

 
Pensez-vous au chant, Ă  l’opĂ©ra lorsque vous jouez Mozart? 

Bien sĂ»r! Dans les concertos comme dans les sonates on peut imaginer des scĂšnes d’opĂ©ra. Avant de jouer Mozart, on ne peut se dispenser d’écouter ses opĂ©ras, pas seulement pour le chant, mais aussi pour l’articulation vocale, l’élocution, notamment dans les rĂ©citatifs. Sa musique parle aussi!

 

 
 
Avez-vous des envies ou des projets nouveaux pour l’avenir? 

J’aimerais beaucoup revenir Ă  Bach, que j’ai beaucoup jouĂ© pour moi, mais peu souvent au concert. À partir de Bach, je voudrais aller dans le rĂ©pertoire germanique, celui de Schubert et Schumann. Pas Brahms: j’adore l’écouter mais je ne me sens pas en phase avec lui. J’aimerais tellement aussi approcher le rĂ©pertoire du lied avec Schubert!: J’écoute trĂšs souvent Dietrich Fischer-Dieskau et Peter Schreier!
BartĂłk et Scriabin, qui me fascinent beaucoup actuellement, font aussi partie de mes projets. Je vais jouer l’annĂ©e prochaine la sixiĂšme sonate de Scriabin Ă  la Scala, dans le cadre de l’intĂ©grale qui sera donnĂ©e de son Ɠuvre, ainsi qu’une piĂšce contemporaine avec des sons Ă©lectroniques, en collaboration avec l’Ircam. VoilĂ  quelque chose que je n’ai encore jamais fait!

 

  

  

 

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Entretien réalisé à Paris, le 12 octobre 2018.

 

  

 

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Momo Kodama (DR)

 

 

CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca)

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CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca). Etrangement la Philharmonie TchĂšque / Czech Philharmonic sonne dĂ©mesurĂ©e dans une prise de son Ă  la rĂ©verbĂ©ration couvrante qui tant Ă  diluer et Ă  noyer le dĂ©tail des timbres, comme le relief des parties : orchestre, solistes, choeur (Prague Philharmonic Choir). Heureusement, la direction tendre du chef Jiri Belohlavek (rĂ©cemment dĂ©cĂ©dĂ© : il s’est Ă©teint le 31 mai 2017) Ă©vite d’écraser et d’épaissir, malgrĂ© l’importance des effectifs et le traitement sonore plutĂŽt rond et indistinct. C’est presque un contresens pour une partition qui plonge dans l’affliction la plus dĂ©chirante, celle d’un pĂšre (Dvorak) encore saisi par la perte de ses enfants Josefa en septembre 1875, puis ses ainĂ©es : Ruzenka et Ottokar.

 

Fini en 1877, crĂ©Ă© Ă  Prague en 1880, le Stabat Mater imposa un tempĂ©rament puissant, Ă  la fois naĂŻf et grandiose, qui alors, confirmait l’enthousiasme de Brahms (trĂšs admiratif la Symphonie n°3 de Dvorak). L’étonnante franchise et sincĂ©ritĂ© de la paritition valurent partout oĂč elle fut crĂ©Ă©e, un triomphe Ă  son auteur (dont Ă  Londres oĂč il dirigea lui-mĂȘme la fresque bouleversante en 1884). Comme le Requiem de Verdi, aux dimensions elles aussi colossales, le Stabat Mater de Dovrak n’en oublie pas l’humanitĂ© et l’intimitĂ© de son sujet : la ferveur Ă  la Vierge de compassion et de douleur ne pourrait s’exprimer sans pudeur et dĂ©licatesse.

C’est pourquoi l’oeuvre alterne constamment entre le dĂ©sir de paix et d’acceptation, et la profonde dĂ©chirure de la douleur et du sentiment immense, irrĂ©pressible d’impuissance comme d’injustice.  TrĂšs libre quant Ă  la liturgie, – comme Brahms et l’élaboration de son Requiem Allemand, Dvorak façonne son Stabat Mater comme un hymne personnel Ă  la Vierge douloureuse, rĂ©confortante, admirable.

 

L’Ampleur et l’épaisseur brahmsienne s’invitent ainsi dans la tenue de l’orchestre du cd2 – parfois trop solennelle, Ă©crasante mĂȘme, particuliĂšrement dans l’intro pour l’air de tĂ©nor (avec choeur) : « Fac me vere tecum flere », d’une attĂ©nuation plus tendre grĂące au timbre hĂ©roĂŻque et trĂšs rond du tĂ©nor amĂ©ricain Michael Spyres ; air de compassion, aux cĂŽtĂ©s  de la mĂšre endeuillĂ©e, face au Fils crucifiĂ©, rempli de recueillement et aussi de volontĂ© parfois colĂ©reuse
 LĂ  encore, le chanteur amĂ©ricain soigne sa ligne, arrondit les angles, caresse et rassĂ©rĂšne


 

AprĂšs la sĂ©quence purement chorale (tendresse souple du choeur Ă©voquant Marie / plage 2, cd2), le duo soprano et tĂ©nor (VIII. Fac ut portem Christi mortem / Fais que supporte la mort du Christ) affirme la trĂšs forte caractĂ©risation des parties solistes (lumineuse et fragile vorie sĂ©raphique Eri Nakamura) ; leur duo exprime le dĂ©sir des solistes : supporter l’affliction nĂ©e du deuil et de la perte, emportant tout l ‘effectif. Les deux voix s’engouffrent dans la peine divine et la souffrance du Fils.  Soprano et tĂ©nor trouvent l’intonation juste, entre dĂ©ploration et pudique exhortation, mais elles sont souvent noyĂ©es dans le magma orchestral (la prise de son est vraiment indigne).

 

Plus Ă©nergique et presque conquĂ©rant, l’air de l’alto Elisabeth Kulman (Inflammatus), prenant Ă  tĂ©moin aussi la Vierge courageuse et compatissante affirme le beau tempĂ©rament de la chanteuse au timbre noble et rond, trĂšs respectueuse de l’intĂ©rioritĂ© mesurĂ©e de cet andante maestoso : la voix Ă©carte toute solennitĂ©, elle intensifie la priĂšre individuelle d’une fervente « rĂ©chauffĂ©e par la grĂące », adoratrice apaisĂ©e de Marie, dans l’attĂ©nuation finale d’une douleur enfin mieux vĂ©cue.

 

Le chef trouve des accents plus pointillistes Ă  l’orchestre et idĂ©alement accordĂ©s au quatuor vocal, Ă  la fois attendri et sincĂšre dans des accents plus francs et directs ; toujours, le geste semble mesurer l’ampleur du dolorisme que la mort implacable et injuste suscite (vague du collectif renforcĂ© par le choeur grandiose), alternĂ© par une priĂšre fervente trĂšs incarnĂ©e, soudainement lumineuse Ă  l’énoncĂ© du Paradis promis Ă  l’ñme Ă©plorĂ©e.

Jiri Belohlavek force le trait dans la solennité, conférant à la fresque de Dvorak, une épaisseur majestueuse, quasi beethovénienne (Missa Solemnis) et une trÚs forte charge introspective (Brahmsienne).

 

Le finale est une arche plus impressionnante et spectaculaire (de surcroĂźt dans un espace trĂšs rĂ©verbĂ©rĂ©) que retenue ; et le chef joue sur le grandiose des effectifs en nombre. MalgrĂ© la spatialisation large et la prise de son diluĂ©e, Belholavek trouve l’intonation juste dans les derniĂšres mesures aux cordes qui dessinent l’espoir d’une aube nouvelle, rĂ©solvant la charge de tant de ferveur antĂ©rieure.

Dans la salle Dvorak au Rudolfinum de Prague, le cĂ©rĂ©moniel l’emporte sur la vĂ©ritable intimitĂ© de la ferveur. La fresque parfois dĂ©mesurĂ©e, dĂ©borde du sentiment individuel pourtant contenu dans une partition Ă  la trĂšs forte coloration autobiographique. Autour du maestro, les Ă©quipes rĂ©unies : chƓur (rendu ainsi confus par la prise de son indistincte et pĂąteuse), orchestre, solistes
 cĂ©lĂšbrent surtout un monument national, et aussi assurĂ©ment l’engagement d’un chef alors ĂągĂ©, reconnu pour sa dĂ©fense du rĂ©pertoire national. Pour les versions alternatives, avec solistes aussi impliquĂ©s et sobres, et surtout choeur enfin dĂ©taillĂ©, voyez du cĂŽtĂ© des chefs Herreweghe, Kubelik et Sinopoli (les deux derniers chez DG). RĂ©alisĂ© quelques semaines avant sa mort, ce Stabat Mater prend des allures de testament artistique du chef principal, dĂ©tenteur de toute une tradition esthĂ©tique que l’on ne peut dĂ©sormais ignorer.

 

 

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CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca)

Compte rendu concerts. 37Úme édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloßtre des Jacobins ; Le 23 septembre 2016. Saint-Saëns,Chopin, Mel Bonis,Cheminade Debussy,Liszt. Philippe Bianconi, piano.

bianconi-piano-582-philippe-bianconi-le-piano-romantique-ticketac-27648-712Compte rendu, concert. 37Ăšme Ă©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; CloĂźtre des Jacobins ; Le 23 septembre 2016 ; Camille Saint-SaĂ«ns ; FrĂ©deric Chopin ; Mel Bonis; CĂ©cile Cheminade ; Claude Debussy ; Frantz Liszt ; Philippe Bianconi, piano. Entre palme de l’originalitĂ© et celle de la poĂ©sie, la Muse ne saura laquelle prĂ©fĂ©rer pour Philippe Bianconi. Le rĂ©cital qu’il a prĂ©sentĂ© est particuliĂšrement abouti et d’une belle originalitĂ©. Le parti pris de ne jouer que des danses aurait pu lasser sous des doigts moins expressifs. Mais Philippe Bianconi est Ă  la fois un poĂšte et un grand virtuose. La musique pour piano de Saint-SaĂ«ns est exigeante et pas toujours facile d’accĂšs. Philippe Bianconi a su ne rien laisser de cotĂ©, ni une virtuositĂ© parfois exacerbĂ©e pour elle-mĂȘme, ni une complexitĂ© harmonique et rythmique dĂ©concertante, ni surtout un style trĂšs particulier qui doit donner l’impression de la facilitĂ© et de l’élĂ©gance Ă  tout prix. Les Mazurkas et la valse de Chopin ont Ă©tĂ© magiques. La dĂ©licatesse des Mazurka sous des doigts de velours, a libĂ©rĂ© une ensorcelante mĂ©lancolie. Ce Chopin est pure poĂ©sie,  il passe comme un rĂȘve. Tout est libre en apparence sous des doigts si habiles Ă  faire oublier que le piano est un instrument de percussion. Tout n’est que ligne, nuances extatiques, couleurs mouvantes.

Danses avec un poĂšte du piano

Deux femmes ont Ă©tĂ© distinguĂ©es par notre poĂšte du piano, exactes contemporaines de Saint-SaĂ«ns et Debussy. La Barcarolle de Mel Bonis est ample dans l’usage fait du piano qui sonne large et virtuose tout en Ă©tant trĂšs expressif. La Mazurk’ suĂ©doise de CĂ©cile Cheminade est contrastĂ©e et d’un caractĂšre passionnĂ©. Ces deux trop courtes piĂšces nous ont permis de distinguer combien il est injuste de sous estimer ces compositrices nĂ©es dans l’ombre masculine, mais ayant trouvĂ© un style d’expression personnel et qui mĂ©rite notre attention. La mazurka choisie de Debussy sonne un peu sage et presque raisonnable Ă  cotĂ© des deux dames


Pour finir sur une apothĂ©ose et d’une puissance rare, Philippe Bianconi aborde deux Ă©tonnantes pages de Liszt. La valse-impromptu dĂ©marre avec un sens de l’humour malicieux puis dĂ©veloppe sous des doigts funambulesques, un rythme de plus en plus entrainant puis des hĂ©sitations pleines de sĂ©duction relancent le thĂšme. Philippe Bianconi dispose d’une virtuositĂ© aristocratique ne semblant que facilitĂ©.

Dans la MĂ©phisto-valse 1, il se transforme en diable grand seigneur Ă  l’inquiĂ©tante sĂ©duction tout Ă  fait charismatique, non dĂ©nuĂ©e d’humour noir. Son articulation d’une prĂ©cision d’horloger suisse, ses nuances trĂšs creusĂ©e et des couleurs d’arc en ciel font de cette piĂšce souvent uniquement virtuose sous des doigts moins experts, un petit thĂ©Ăątre de l’horreur infernale. Il n’est pas frĂ©quent d’entendre ainsi cette piĂšce Ă©blouissante sans rien perdre d’une lisibilitĂ© de chaque instant avec un caractĂšre si trempĂ©. Ce diable nous ferait le suivre ou il voudra


C’est la variĂ©tĂ© de jeu de Philippe Bianconi qui a permis de dĂ©guster sans relĂąchement une suite originale de danses pianistiques. Le public a Ă©tĂ© charmĂ© et a obtenu deux bis faisant une ovation Ă  un vĂ©ritable poĂšte du piano.

Compte rendu concerts. 37Ăšme Ă©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; CloĂźtre des Jacobins ; Le 23 septembre 2016 ; Camille Saint-SaĂ«ns (1875-1921) : Suite en Fa majeur, op.90 ; Valse canariote op.88 ; Valse langoureuse en mi majeur,op.120 ; Etude ne forme de valse, op.52 n°6 ; FrĂ©deric Chopin (1810-1849) : Trois mazurkas op.59 ; Valse en la bĂ©mol, op.42 ; Mel Bonis (1858-1937) : Barcarolle ; Cecile Chaminade (1857-1944) : Mazuk’ suĂ©doise ; Claude Debussy (1862-1918) : Mazurka ; Frantz Liszt (1811-1886) : Valse-impromptu ; MĂ©phisto-valse 1 ; Philippe Bianconi, piano.

Compte rendu, concerts. 37 Ăšme Ă©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; CloĂźtre des Jacobins. Les 6 et 7 septembre 2016. R. Goode, C.Zacharias.

Compte rendu, concerts. 37 Ăšme Ă©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; CloĂźtre des Jacobins. Les 6 et 7 septembre 2016. R. Goode, C.Zacharias. La fin des vacances et la rentrĂ©e des petits et grands ne reprĂ©sente pas le meilleur moment de l’annĂ©e. Pourtant Ă  Toulouse la rentrĂ©e est source de joie par le dĂ©but du Festival Piano aux Jacobins. Le cadre du CloĂźtre des Jacobins, la mĂ©tĂ©o clĂ©mente, crĂ©ent depuis 37 annĂ©es le dĂ©veloppement de soirĂ©es musicales d’exception.  Ensuite un tuilage avec la saison symphonique de la Halle-aux-Grains dans un concert commun lance la riche saison musicale toulousaine et tout s’enchaĂźne. Cette premiĂšre semaine nous a permis d’assister aux deux premiers concerts placĂ©s sous une mĂ©tĂ©o des plus estivales.

Richard Goode 2 c Steve RiskindLe 6 septembre 2016 ; Richard Goode, piano. Richard Goode a une nouvelle fois ouvert le festival. Cet invitĂ© rĂ©gulier du festival reprĂ©sente le fleuron de l’école amĂ©ricaine de piano. Sa prĂ©sence en Europe est bien trop rare car ses activitĂ©s dans le nouveau monde sont multiples, entre autre il est le co-fondateur du prestigieux festival de Marlboro. En 2011, nous avions Ă©tĂ© subjuguĂ©s par la musicalitĂ© de cet immense artiste. Ce soir n’a pas Ă©tĂ© placĂ© sous le signe de cette musicalitĂ© d’altitude. Si les moyens du pianiste sont toujours aussi fascinants, une ligne de force constante et une certaine duretĂ© ont dominĂ© ses choix interprĂ©tatifs. Dans la sonate de Mozart, la frappe ferme et une sorte de raideur ont certes mis en lumiĂšre la noirceur contenue dans l’oeuvre mais ont empĂȘchĂ© de dĂ©guster le charme et l’élĂ©gance que la Sonate contient. Les piĂšces extraites du Sentier herbeux de Janacek ont Ă©tĂ© toutes comme lissĂ©es sur un mĂȘme moule, dans une mĂȘme lumiĂšre et une unique couleur un peu vague. Cela a crĂ©Ă© une belle respiration dans le programme.

Ensuite la violence de son Brahms a surpris par le manque de sentiment. Un Brahms noir et puissant sans concession. La richesse harmonique, la complexe charpente des piÚces a été dessiné avec art, mais sans la moindre souplesse et tout romantisme a été absent.
Les extraits du Livre II des PrĂ©ludes de Debussy ont Ă©tĂ© abordĂ©s avec une sonoritĂ© pleine, beaucoup de pĂ©dale, une franchise de ton qui a Ă©vitĂ© la subtilitĂ© de couleurs attendue. L’effet est Ă©trange car c’est comme si une sorte de saturation, de lumiĂšre constamment solaire empĂȘchait cet esprit français si sensible dans les compositions de Claude de France, de se rĂ©vĂ©ler.
En fin de programme, dans le grande Sonate n°31 de Beethoven, Goode a Ă©tĂ© royal et triomphant soulevant l’enthousiasme du public. Ce grand spĂ©cialiste de Beethoven, qui a gravĂ© sonates et concertos dans des versions acclamĂ©es, a dominĂ© avec puissance la belle partition.
Son Beethoven est charpenté et incisif, parfois un peu massif mais toujours irrésistible. La structure comme dégagée au scalpel, avec des graves trÚs sonores permet une interprétation majeure. La grandeur  beethovénienne a été ainsi portée au firmament par un pianiste aux moyens vertigineux dans une cataracte sonore trÚs impressionnante.

Zacharias-Christian_c_Nicole_ChuardLe 7 septembre 2016 ; Christian Zacharias, piano. Le lendemain le concert de Christian Zacharias a Ă©tĂ© tout autre. D’aucun ont Ă©tĂ© amenĂ© Ă  penser que le piano avait dĂ» ĂȘtre changé  C’est cela la richesse de ce festival : proposer de soirs en soirs des visions si diffĂ©rentes de la musique sur un seul et mĂȘme piano. Christian Zacharias et un musicien complet, soliste, chambriste, chef d’orchestre et compositeur. Dans sa prĂ©sence au piano et dans ses interprĂ©tations cette complĂ©mentaritĂ© musicale est prĂ©sente. Il a fait le choix d’un programme surprenant abordant deux compositeurs plutĂŽt rĂ©servĂ©s aux clavecinistes. Son bouquet de Sonates de Scarlatti a permis un dĂ©veloppement de subtilitĂ©s de couleurs, des tempi nuancĂ©s, tout Ă  fait inhabituels. La fantaisie a Ă©tĂ© le maĂźtre mot de cette interprĂ©tation si personnelle qui jamais n’a manquĂ© d’élĂ©gance et a su doser une certaine pointe d’humour. Le changement de couleurs, de toucher et l’aĂ©ration dont son jeu a Ă©tĂ© porteur, ont construit une interprĂ©tation lumineuse et dĂ©licate de la Sonatine de Ravel. Christian Zacharias rend clairement Ă  la fois l’hommage aux anciens contenus dans la piĂšce de Ravel, et toute la modernitĂ© du propos. Un grand art de musicien. En effet rendre limpide le texte et le sous-texte musical avec cette simplicitĂ© est admirable et rare.
Les Sonates de Padre Soler ont Ă©galement Ă©tĂ© pleines d’esprit et de malice. La main droite d’une prĂ©sence incroyable a signĂ© l’atmosphĂšre hispanique des sonates. Cette mise en lumiĂšre de l’architecture avec cette jubilation a crĂ©Ă© un moment aussi lĂ©ger que spirituel plein de bonheur.
Avec la derniĂšre partie consacrĂ©e Ă  Chopin, le gĂ©nial interprĂšte a comme ouvert une dimension supplĂ©mentaire en terme de puissance Ă©motionnelle et d’immenses moyens pianistiques assumĂ©s. Les Mazurkas sont des partitions difficiles en ce qui concerne le sentiment et l’interprĂ©tation dans une mĂ©lancolie luttant contre le plaisir du souvenir passĂ©. Plus que les Polonaises, elles chantent l’attachement de Chopin Ă  son passĂ© polonais.
L’esprit et la dĂ©licatesse des phrasĂ©s, la beautĂ© des couleurs, le rubato Ă©lĂ©gant, tout un monde de poĂ©sie est nĂ© sous les doigts magiques de Christain Zacharias. Et que dire de la virtuositĂ© fulgurante, et la puissance orchestrale dont il est capable !
Un musicien d’exception a enchantĂ© le piano, comme le cloĂźtre pour la plus grande joie du public (concert complet  ayant refusĂ© du public). Il est certain que le concert de Christian Zacharias avec Tugan Sokhiev et l’Orchestre du Capitole le 17 septembre prochain Ă  la Halle-aux-Grains atteindra des sommets de musicalitĂ© avec le si extraordinaire 5Ăšme Concerto de Beethoven !
Merci Ă  Catherine d’Argoubet qui sait programmer des artistes si beaux et si divers avec cette constance dans la stimulation de l’écoute.

Compte rendu concerts. 37 Úme édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloßtre des Jacobins. Richard Goode et Christian Zacharias.

Le 6 septembre 2016 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour piano en la mineur K.310 ; Leos Janacek (1854-1928) : Sur un sentier herbeux, extraits ; Johannes Brahms (1833-1897) : 6 piÚces Op.118 ; Claude Debussy (1862-1918) : Extraits du livre II  des préludes ; Ludwig Van Beethoven (1770- 1827) : Sonate pour piano n°31 en la bémol majeur, Op.110 ; Richard Goode, piano.

Le 7 septembre 2016 ; Domenico Scarlatti (1685-1757) : Sonates en mi majeur K.162, en do mineur K.226, en mi bémol majeur K183, en fa mineur K. 183, en fa mineur K.386 ; Maurice Ravel (1875-1937) : Sonatine ; Padre Antonio Soler (1729-1783) : Sonates en sol mineur N°87,en ré mineur N°24, en ré majeur N°84, en ré bémol majeur N°88 ; Fréderic Chopin ( 1810-1849) : Scherzo N°1 en si mineur, Op.20 ; Mazurkas N°1 en ut diÚse mineur,Op41, en la mineur, Op. Posthume (KK2B n°4), en la mineur Op.17 n°4 ; en ut diÚse mineur Op.30 n°4 ; Scherzo en si bémol mineur, Op.31 n°2 ; Christian Zacharias, piano.

RĂ©cital du pianiste Seong-Jin Cho, en direct sur internet

seong-jin-cho-mozart-schubert-chopin_d_jpg_720x405_crop_upscale_q95En direct sur internet, ce soir, 20h : rĂ©cital du pianiste Seong-Jin Cho, nouveau signataire chez l’écurie Deutsche Grammphon, aprĂšs son triomphe rĂ©cent au dernier Concours Chopin de Varsovie. Concert en direct depuis Reims. Il a remportĂ© le premier Prix lors du dernier Concours Chopin de Varsovie en octobre 2015 (17Ăšme Concours).

 

seong_jin_cho_chopin_17_concours_piano_varsovie_meaNĂ© Ă  SĂ©oul le 28 mai 1994, Seong-Jin Cho est un jeune talent prometteur qui a dĂ©jĂ  remportĂ© plusieurs distinction : Grand Prix du Concours international Chopin pour jeunes pianistes (2008), 3e prix du concours international TchaĂŻkovski (2011), 3e prix du Concours international Arthur Rubinstein
 Elu et distinguĂ© Ă  Varsovie par un Jury composĂ© de Martha Argerich, Philippe Entremont, Nelson Goerner, Seong-Jin Cho inscrit son nom dans une liste de laurĂ©ats prestigieux tels que Maurizio Pollini (1er prix, 1960), Martha Argerich (1965), Krystian Zimerman (1975), Yundi Li, Rafal Blechacz (2005)
 tous artistes ayant signĂ© par la suite avec le prestigieux label jaune toujours bien placĂ© dans la carriĂšre des grands noms du piano, Deutsche Grammophon. Daniil Trifonov, Yuja Wang, Yundi, hier Lang Lang (aujourd’hui passĂ© chez Sony)
 font aussi partie de l’écurie DG. Qu’en sera-t-il pour le jeune sud corĂ©en Seong-Jin Cho ? Dans un rĂ©cent communiquĂ©, rĂ©affirmant son partenariat avec l’Institut Chopin de Varsovie, coorganisateur du Concours Chopin fondĂ© en 1927, Deutsche Grammophon annonce un prochain enregistrement Chopin par le nouveau laurĂ©at du Concours polonais, Seong-Jin CHO. A suivre
 EN LIRE + sur Seong-Jin CHO, premier prix du 17Ăšme Concours Chopin de Varsovie (octobre 2015)

 
Au programme :
Mozart : Rondo K 511
SCHUBERT : Sonate pour piano n°19
CHOPIN : 24 Préludes pour piano
Seong-Jin Cho, piano
VOIR le direct ce soir Ă  partir de 20h sur le site de Deutsche Grammophon : http://www.deutschegrammophon.com/fr/gpp/index/seong-jin-cho-reims

 

LIRE aussi notre critique complĂšte du premier cd de SEONG-JIN CHO, programme Chopin, CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2015

 

CD, compte rendu critique. John Field : intrégrale des Nocturnes. Elizabeth Joy-Roe, piano (1 cd Decca 2015)

ROE JOY Elizabeth nocturnes complete john field review cd critiques de cd presetnation CLASSIQUENEWS mai juin 2016 piano CLASSIQUENEWS -john-field-complete-nocturnes-2016CD, compte rendu critique. John Field : intrĂ©grale des Nocturnes. Elizabeth Joy-Roe, piano (1 cd Decca). L’ÂME IRLANDAISE AVANT CHOPIN : les CHAMPS ENCHANTEURS DE FIELD. On aurait tort de considĂ©rer l’anglo-saxon John Field (1782-1837) tel le prĂ©curseur inabouti de Chopin. L’irlandais, voyageur impressionnant, a certes inventĂ© la forme Ă©minemment romantique du Nocturne pour piano seul; il en a, avant Chopin, sculpter les mĂ©andres les plus tĂ©nues sur le plan expressif, trouvant une langue mĂ»re, sĂ»re et profonde assimilant avec un gĂ©nie crĂ©atif rare, et la bagatelle (hĂ©ritĂ©e de Beethoven) et la Fantaisie… La jeune pianiste Elizabeth Joy Roe trouve un dĂ©licat Ă©quilibre entre intĂ©rioritĂ©, fougue et pudeur dans un univers personnel et puissamment original qui verse constamment – avant Wagner et son Tristan empoisonnĂ© mais inoubliable, vers les enchantements visionnaires de la nuit ; nuits plus rĂ©confortantes et intimes, plutĂŽt vrais miroirs personnels et introspectifs que miroitements inquiĂ©tants ; la rĂȘverie qui s’en dĂ©gage invite peu Ă  peu Ă  un questionnement sur l’identitĂ© profonde. Une interrogation souvent Ă©noncĂ©e sur le mode suspendu, Ă©perdu, enivrĂ© : ans un style rarement rageur et violent comme peut l’ĂȘtre et de façon si gĂ©niale, Chopin, d’une toute autre mais Ă©gale maturitĂ©. Voici donc 18 Nocturnes (l’intĂ©grale de cette forme dans le catalogue de Field) sous les doigts d’une musicienne qui les a trĂšs longtemps et patiemment traversĂ©s, explorĂ©s, mesurĂ©s ; un Ă  un, quitte Ă  en rĂ©aliser comme ici, une Ă©dition critique inĂ©dite (Ă  partir du fonds Schirmer).

 

 

DĂ©diĂ©e au rĂȘve nocturne de Field, la jeune pianiste amĂ©ricaine Elizabeth Joy Roe nous permet de poser la question :

Et si Field Ă©tait plus bellinien que Chopin ?

 

field piano john field nocturnes review presentation critique cd CLASSIQUENEWS John_fieldLa souplesse du jeu caressant montre la filiation avec le songe mĂ©lancolique de Schubert (n°1 en mi bĂ©mol majeur h24) et aussi le rĂȘve tendre de Mozart. Le n°6 (“Cradle Song” en fa majeur h40) montre combien la source de Chopin fut et demeure Field dans cette formulationsecrĂštement et viscĂ©ralement inscrite dans les replis les plus secrets et imperceptibles de l’Ăąme. Songes enfouis, blessures tĂ©nue, silencieuses, Ă©blouissements scintillants… tout tend et se rĂ©sout dans l’apaisement et le sentiment d’un renoncement suprĂȘme : on est loin des tensions antagonistes qui font aussi le miel d’une certaine sauvagerie et rĂ©sistance chopiniennes; Ă  l’inverse de ce qui paraĂźt tel un dĂ©voilement explicitĂ©, la tension chez Field, infiniment pudique, vient de la construction harmonique au parcours sinueux, jamais prĂ©visible.
Field sait aussi ĂȘtre taquin, chaloupĂ© et d’un caractĂšre plus vif argent : n°12 “Nocturne caractĂ©ristique” h13… avec sa batterie rĂ©pĂ©tĂ©e (main droite) qui passe de l’espiĂšglerie insouciante au climat d’un pur enchantement Ă©vanescent, plus distanciĂ© et poĂ©tique.
La mĂ©lodie sans paroles (“song without words”) n°15 en rĂ© mineur exprime un cheminement plus aventureux, d’une mĂ©lancolie moins contrĂŽlĂ©e c’est Ă  dire plus inquiĂšte, mais d’une tension trĂšs mesurĂ©e cependant. La pudeur de Field reste extrĂȘme. Le n°16 en ut majeur (comme le n°17) h60 est le plus dĂ©veloppĂ© soit plus de 9 mn : d’une Ă©locution riche et harmoniquement captivante, d’une finesse suggestive qui annonce lĂ  encore directement Chopin.

CLIC_macaron_2014L’expressivitĂ© filigranĂ©e de la pianiste amĂ©ricaine nĂ©e Ă  Chicago, Ă©lĂšve de la Juilliard School, dĂ©tentrice d’un mĂ©moire sur le rĂŽle de la musique dans l’oeuvre de Thomas Mann et Marcel Proust, cible les mondes souterrains dont la nature foisonnante se dĂ©voile dans ce programme d’une activitĂ© secrĂšte et souterraine irrĂ©sistible. Au carrefour des esthĂ©tiques et des disciplines, le goĂ»t de la jeune pianiste, dĂ©jĂ  trĂšs cultivĂ©e, enchante littĂ©ralement chez Field dont elle sait Ă©clairer toute l’ombre propice et allusive : ne prenez que ce n°16, certes le plus long, mais en vĂ©ritĂ© volubile et contrastĂ©, vĂ©ritable compilation de trouvailles mĂ©lodiques et harmoniques comme s’il s’agissait d’un opĂ©ra bellinien mais sans parole. Au mĂ©rite de la pianiste revient cette coloration permanente qui l’inscrit dans l’accomplissement d’un rĂȘve Ă©veillĂ©, d’une nuit Ă©toilĂ©e et magicienne Ă  l’inĂ©narrable sĂ©duction. RĂ©cital trĂšs convaincant. D’auant plus recommandable qu’il rĂ©vĂšle et confirme la sensibilitĂ© poĂ©tique et profonde du compositeur pianiste irlandais. Et si Field se montrait plus Bellinien que Chopin ? L’Ă©coute de ce disque habitĂ©, cohĂ©rent nous permet de poser la question. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai et juin 2016.

 

 

 

CD, compte rendu critique. John Field : intégrale des Nocturnes (1-18). Elizabeth Joy Roe, piano (enregistrement réalisé dans le Suffolk, en septembre 2015). CLIC de CLASSIQUENEWS de mai et juin 2016. 1 cd DECCA 478 8189.

 

 

 

REPORTAGE. POLONIA : Le nouvel album de Pascal Amoyel

Amoyel pascal chopin polonaises la dolce vitaCD Ă©vĂ©nement, annonce : Polonaises de FrĂ©dĂ©ric Chopin par Pascal Amoyel, 1 cd La Dolce Volta. Parution le 29 avril 2016. CHOPIN RÉGÉNÉRÉ. Pascal Amoyel livre son nouveau Chopin dans un nouvel album discographique Ă  paraĂźtre chez l’éditeur La Dolce Volta le 29 avril 2016. AprĂšs son dernier recueil dĂ©diĂ© au Chopin de l’annĂ©e 1846, c’est une nouvelle immersion, captivante et trĂšs investie Ă  laquelle nous invite le pianiste français Pascal AMOYEL qui pour le label La Dolce Volta publie une collection de Polonaises de FrĂ©dĂ©ric Chopin : l’exercice devient expĂ©rience musicale et poĂ©tique d’une cohĂ©rence indiscutable qui rĂ©capitule surtout le gĂ©nie du crĂ©ateur sur une forme en mĂ©tamorphose. La Polonaise indique l’attachement Ă  la mĂšre patrie, en un chant de souffrance et de renoncement qui s’élĂšve au delĂ  de l’expĂ©rience personnelle et intime vers un cri universel pour la libertĂ©. L’approche est d’autant plus personnelle qu’elle rend un secret hommage au grand pĂšre de l’interprĂšte. Pour Pascal Amoyel, Chopin fut autant capable de vertiges d’une rare violence que d’une introspection furieusement tendre. Les 7 Polonaises ici rĂ©unies rĂ©tablissent la mesure de cette tragĂ©die intime qui fait de FrĂ©dĂ©ric Chopin ce crĂ©ateur atypique, aux blessures profondes, Ă  l’hypersensibilitĂ© salvatrice nĂ©anmoins qui, investie par un instinct crĂ©ateur et audacieux hors normes, invente de nouveaux formats musicaux dont les Polonaises. En tĂ©moignent ces 7 joyaux remarquablement ciselĂ©es au nombre desquels figurent les Polonaises les plus passionnantes et les mieux inventives, opus 44 (notre prĂ©fĂ©rĂ©e), opus 53 (Maestoso), enfin la Polonaise-Fantaisie opus 61, sommet du genre. Marche pleine de panache et d’aristocratique noblesse, la Polonaise Ă©volue sous les doigts du pianiste compositeur, osant de façon libre et inĂ©dite, de nouveaux dĂ©fis structurels, harmoniques, poĂ©tiques
 le cadre n’est qu’un prĂ©texte Ă  toujours plus de dĂ©passement intimes et expressifs, tout concourt peu Ă  peu Ă  l’Ă©clatement du noyau prĂ©alable… REPORTAGE VIDEO © studio CLASSIQUENEWS avril 2016 — rĂ©alisation : Philippe Alexandre Pham

VOIR aussi le CLIP POLONIA : Pascal Amoyel joue le début de la Polonaise opus 53 (Paris, Théùtre Le Ranelagh, mars 2016 © studio CLASSIQUENEWS.COM)

CD, événement. Denis Matsuev, piano : Rachmaninov, Stravinsky, Shchedrin (1 cd Mariinsky)

CLIC D'OR macaron 200CD, Ă©vĂ©nement. Denis Matsuev, piano : Rachmaninov, Stravinsky, Shchedrin (1 cd Mariinsky). Versatile mais pas artificiel, le piano de Denis Matsuev impose avec un style irrĂ©sistible sa furia interprĂ©tative : un volcan, un dragon capable d’audace et d’intĂ©rioritĂ©. Ce programme moins Ă©clectique qu’il n’y paraĂźt, Rachamaninov, Stravinsky, Shchedrin en tĂ©moigne : la puissante magie du sorcier Matsuev s’y dĂ©verse et y cisĂšle une digitalitĂ© sĂ»re, Ă©lectrique, d’une prodigieuse assurance, combinant, expressivitĂ© et poĂ©sie.

FluiditĂ© et virilitĂ© du Concerto n°1 de Rachmaninov : nervositĂ© scintillante, un feu d’une rare vitalitĂ© grĂące Ă  un toucher alliant Ă©nergie et ductilitĂ©. La vĂ©locitĂ© digitale dont est capable Denis Matsuev, ne sacrifiant jamais la finesse allusive sur l’autel de la facile virtuositĂ©, s’impose Ă  nous dans ce premier volet dont il sait exprimer toutes les nostalgies et les langueurs Ă  peine tenus assumĂ©es par l’expatriĂ© Rachma,toujours profondĂ©ment tentĂ© par le dĂ©mon des gouffres lisztĂ©ens (derniĂšre sĂ©quence du I “Vivace”).

matsuev denis review compte rendu classiquenews CLIC de classiquenews compte rendu critique Cover_MAR0587_1024x1024Dans sa version tardive de 1949, le Capriccio pour piano et orchestre de Stravinsky prĂ©pare Ă  la mĂ©canique apocalytique de Shchedrin, par sa coupe syncopĂ©, ses accents tragico-cyniques auxuquels Matsuev aime Ă  ciseler mais sans duretĂ© chaque trait incisif. LĂ  encore, la maĂźtrise expressive et suggestive, la mise en place assurĂ©e par le maestro Gergiev, un partenaire fiable assurant la rĂ©ussite de ses deux artistes en pleine complicitĂ©, contribuent Ă  la grande sĂ©duction du morceau, formidable mouvement de bascule permanent entre tragique et comique ; s’y insinuent Ă©videmment la morsure du cynisme, de l’angoisse rentrĂ©e, la peur et le visage de toutes les terreurs politiques, proches en cela de Chostakovitch. SĂ©rieux, insouciant, fantaisiste ou profond… tout l’art de l’insaisissable Stravinsky est magistralement exprimĂ©. L’andante Rapsodico et ses dĂ©lires nĂ©obaroques ou nĂ©oclassiques aprofondit encore la portĂ©e d’autodĂ©rision et de satire Ă  peine voilĂ©e. Le toucher prĂ©cis, contrĂŽlĂ© du pianiste offre au mouvement, une grandeur tendre, une coloration de sincĂ©ritĂ© (malgrĂ© les masques que le compositeur aime y user jusqu’Ă  l’Ă©cƓurement), totalement irrĂ©sistible.

 

 

 

Rachmaninov, Stravinsky, Shchdrine, un triptyque de la modernitĂ© russe…

Piano fauve et allusif du félin Matsuev

 

 

matsuev denis piano russe classiquenewsLe Concerto pour piano n°2 de  Rodion Shchedrin (ChĂ©drine, nĂ© en 1932) s’impose plus encore par sa carrure de l’Ă©trange, un cycle d’atmosphĂšres et de climats qui perturbent et dĂ©stabilisent. L’opus composĂ© en 1966 et dĂ©diĂ© comme l’ensemble de ses 6 Concertos Ă  son Ă©pouse la danseuse Ă©toile MaĂŻa PlissetskaĂŻa (dĂ©cĂ©dĂ©e en 2015) tĂ©moigne de l’inspiration contrastĂ©e, ardente, efficace de son auteur. Morsures hallucinĂ©es, et inquiĂ©tudes finales quasi murmurĂ©es (entre dĂ©sespoir et renoncement total) de “Dialogues” (I); rythmicitĂ© mĂ©canique d’Improvisations : allegro (trĂšs courts scherzo parfois grimaçant et sec) ; l’intĂ©rioritĂ© du compositeur s’affirme vĂ©ritablement dans le dernier et troisiĂšme mouvement notĂ© “Contrastes : Andante – allegro” oĂč le cadre lĂ  encore resserrĂ©, fait l’inventaire d’un champs de ruines, dĂ©vastĂ©, criant d’effrayante vĂ©ritĂ©. Le piano Ă  la fois funambule et comme hagard de Matsuev saisit par sa juste pudeur, introspective, tĂ©nue, mesurĂ©e oĂč des gouffres s’ouvrent sans filet, contrastant avec des sĂ©quences jazzy d’une inconscience / insouciance d’autant plus inquiĂ©tante que la dualitĂ© des deux climats paraĂźt bien ĂȘtre le miroir de notre Ă©poque : dĂ©ni collectif des sociĂ©tĂ©s consommatrices et violence barbare en plein expansion… tout le mouvement dernier tire sa force hypnotique du contraste nĂ© des deux styles. Shchedrin a ressenti le dĂ©rĂšglement profond de notre sociĂ©tĂ© dans un Concerto dĂ©concertant Ă  bien des Ă©gards. DĂ©stabilisant mais terriblement Ă©loquent. La musique nous tend le miroir… ce que nous  voyons, grĂące au pianiste en transe, relĂšve de l’horreur absolu. Le rĂ©cital, conçu tel le triptyque de la modernitĂ© russe captive du dĂ©but Ă  la fin. Le piano fauve et allusif du fĂ©lin Mastuev saisit par sa prĂ©cision, son mordant, sa justesse, sa maturitĂ© et sa musicalitĂ©. CLIC de classiquenews de janvier 2016.

CD, Ă©vĂ©nement. Denis Matsuev, piano : Rachmaninov (Concerto pour piano n°2, version de 1917), Stravinsky (Capriccio pour piano et orchestre, version de 1949), Shchedrin (Concerto pour piano n°2). Mariinsky Orchestra. Valery Gergiev, direction – Enregistrement rĂ©alisĂ© en 2014 (Rachma), avril 2015 Ă  Saint-Petersbourg, Mariinsky Theatre Concert Hall – 1 cd SACD Mariinsky MARO 587.

CD, coffret. Alfred Brendel, The complete Philips recordings (114 cd Decca)

brendel-alfred-coffret-the-complete-philips-recordings-114-cd-review-critique-cd-classiquenews_deccaCD, coffret. Compte rendu critique: ALFRED BRENDEL, the complete Philips recordings (478 8827 edition limitĂ©e). ActualitĂ© hautement pianistique en ce mois de janvier 2016. AprĂšs un somptueux coffret Radu Lupu, et Ă  quelques jours de la parution trĂšs attendue du dernier album (Water) de la pianiste HĂ©lĂšne Grimaud (chez Deutsche Grammophon), Decca Ă©dite un exceptionnel coffret regroupant tous les enregistrements Philips du pianiste Alfred Brendel, ce pour ces 85 ans en 2016. The complete Philips recordings totalise ainsi 114 cd, rĂ©organisant l’intĂ©grale des enregistrements rĂ©alisĂ©s de la fin des annĂ©es 1960 au cycle des adieux, ceux de sa derniĂšre tournĂ©e en dĂ©cembre 2008. En plus d’un ouche feutrĂ© sobre et sensible, Brendel est un rare pianiste sachant mesurer la subtilitĂ© et l’humour. Un facĂ©tieux, Ă  la fois intellectuel et aussi, pour ceux qui l’ont connu personnellement douĂ© pour l’autodĂ©rision. Le legs de Bredenl est ici organisĂ© en 4 parties :

 

1- Mozart, Bach et surtout Haydn, avec en bonus le cycle complet des Concertos pour piano et orchestre de Mozart réalisé avec Neville Marriner

2- Beethoven : d’abord les 3 intĂ©grales des Concertos pour piano et orchestre (rĂ©alisĂ©es avec Rattle, Levine et Haitink) ; mais aussi les 2 cycles des Sonates pour piano (1970-1977 et 1992-1996).

3- Les Romantiques : les 2 cycles regroupant les oeuvres tardives pour piano de Schubert ; les Concertos pour piano et Totentanz de Liszt ; Tableaux d’une exposition de Moussorgski ; oeuvres de Berg, Busoni, Schoenberg.

4- enfin, le dernier volet comprend la musique de chambre, les lieder et les prises live : lieder de Schumann et Schubert avec l’immense baryton lĂ©gendaire Dietrich Fischer Dieskau, Matthais Goerne ; les Sonates pour violoncelle et piano de Beethoven avec son fils violoncelliste Adrian. Enfin l’intĂ©gralitĂ© de son dernier rĂ©cital, celui des adieux, donnĂ© Ă  Vienne le 18 dĂ©cembre 2018.

brendel_coffret_alfred brendel critique review piano clic de classiquenews janvier 2016 CLASSIQUENEWS review critique compte rendu inside

 

 

CLIC D'OR macaron 200Outre le soin apportĂ© Ă  cette intĂ©grale discographique de premier plan, saluons le superbe livre, vĂ©ritable mine et Ă©crin de clichĂ©s photographiques reprĂ©sentant l’interprĂšte en situation, concerts et hors concert dĂ©livrant la photogĂ©nie du passeur, Ă  la fois poĂšte, artiste habitĂ© par l’idĂ©al artistique et une pensĂ©e toujours Ă  l’affĂ»t (diversitĂ© des clichĂ©s provenant de fonds dĂ©jĂ  connus mais aussi des archives personnelles de la famille Brendel). L’homme au parapluie semble bien conserver intacte l’intensitĂ© d’une sensibilitĂ© qui s’est toujours prĂ©servĂ©e des contingences extĂ©rieures : un artiste qui nous a rĂ©galĂ© par cette capacitĂ© Ă  s’immerger dans chaque oeuvre qu’il a jouĂ©e, surtout Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert.  Coffret exceptionnel, incontournable. Donc CLIC de classiquenews de janvier 2016.

 

 

CD, coffret. ALFRED BRENDEL, the complete Philips recordings (478 8827 edition limitée) 114 cd + 1 Beaux-livre (richement illustré de photographies 114 cd Decca).

 

 

 

 

tracklisting :

 

 

 

BACH · HAYDN · MOZART

CD1:              Bach, J.S.: Italian Concerto; Chromatic Fantasia & Fugue

CD2:              Haydn: Piano Sonatas Nos. 20 & 49

CD3:              Haydn: Piano Sonatas Nos. 32, 34 & 42; Fantasia in C

CD4:              Haydn: Piano Sonatas Nos. 48, 50 & 51

CD5:              Haydn: Piano Sonatas Nos. 37, 40 & 52; Andante con variazioni

CD6:              Mozart: Piano Sonatas Nos. 8, 13 & 14

CD7:              Mozart: Piano Sonata No.11; Adagio in B Minor; Duport Variations K.573

CD8:              Mozart: Piano Sonatas Nos. 3, 4 & 18

CD9:              Mozart: Piano Sonatas Nos. 8, 9 & 15

CD10:            Mozart: Piano Sonatas Nos. 10, 11 & 17

CD11:            Mozart: Piano Sonatas Nos. 12, 13 & 14

CD12:            Mozart: Piano Sonatas Nos. 4 & 15

CD13:            Mozart: Piano Concertos Nos. 5, 6 & 10

CD14:            Mozart: Piano Concertos Nos. 7, 8 & 11

CD15:            Mozart: Piano Concertos Nos. 9 & 12; Rondo, K.386

CD16:            Mozart: Piano Concertos Nos. 13 & 17; Concert Rondo, K.382

CD17:            Mozart: Piano Concertos Nos. 14, 15 & 16

CD18:            Mozart: Piano Concertos Nos. 18 & 19

CD19:            Mozart: Piano Concertos Nos. 20 & 21

CD20:            Mozart: Piano Concertos Nos. 22 & 23

CD21:            Mozart: Piano Concertos Nos. 24 & 25

CD22:            Mozart: Piano Concertos Nos. 26 & 27

                       Academy of St. Martin in the Fields, Sir Neville Marriner

CD23:            Mozart: Piano Concertos Nos.20 & 24

CD24:            Mozart: Piano Concertos Nos. 22 & 27

CD25:            Mozart: Piano Concertos Nos. 9 & 25

CD26:            Mozart: Piano Concertos Nos. 12 & 17

                      Scottish Chamber Orchestra, Sir Charles Mackerras

CD27:            Mozart: Piano Quartet in E flat Major & Piano Concerto No.12 (arr. for piano & string quartet) with Alban Berg Quartet

CD28:            Mozart: Ch’io mi scordi di te - Jessye Norman, Sylvia McNair, Academy of St. Martin-in-the-Fields under Sir Neville Marriner

                      BEETHOVEN

CD29:            Beethoven: Piano Sonatas Nos.1, 2 & 3 [Analogue cycle]

CD30:            Beethoven: Piano Sonatas Nos.4, 15 & 20

CD31:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 5, 6 & 7

CD32:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 8, 9, 10 & 11

CD33:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 12, 13, 14 & 19

CD34:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 16, 17 & 18

CD35:            Beethoven: Piano Spnatas Nos. 21, 22 & 23

CD36:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 25, 24, 27 & 23

CD37:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 29 & 26

CD38:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 30, 31 & 32

CD39:            Beethoven: Pano Sonatas Nos. 1, 2 & 4 [digital cycle]

CD40:            Beethoven: Piano Sonatas Nos.3, 5, 6 & 8

CD41:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 7, 9, 10 & 11

CD42:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 12, 13, 14 & 15

CD43:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 16, 17, 18 & 19

CD44:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 20, 21, 22 & 23

CD45:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 24, 25, 26, 27 & 28

CD46:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 29 & 30

CD47:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 31 & 32

CD48:            Beethoven: Eroica Variations; Bagatelles Op.126, 6 Ecossaises WoO 83, 6 Piano Variations in F Op.34, etc.

CD49:            Beethoven: Bagatelles Op.33, 119 & 126

CD50:            Beethoven: Diabelli Variations (1988)

CD51:            Beethoven: Piano Concertos Nos. 1 & 2

CD52:            Beethoven: Piano Concertos Nos. 3 & 4

CD53:            Beethoven: Piano Concerto No.5 – Emperor”; Fantasia, Op.80 - London Philharmonic Orchestra, Bernard Haitink

CD54:            Beethoven: Piano Concertos Nos. 1 & 4

CD55:            Beethoven: Piano Concertos Nos. 2 & 3

CD56:            Beethoven: Piano Concerto No.5 – “Emperor”

                      Wiener Philharmoniker, Sir Simon Rattle

                      SCHUBERT · SCHUMANN · LISZT · BRAHMS

 

CD57:            Schubert: Piano Sonatas Nos. 4, 9 & 13 (analogue)

CD58:           Schubert: Piano Sonatas Nos. 14 & 16; Piano Sonata in C, D.840 (analogue)

CD59:            Schubert: Piano Sonatas Nos. 17 & 18 (analogue)

CD60:            Schubert: Piano Sonatas Nos. 19 & 20 (analogue)

CD61:            Schubert: Piano Sonata No.21; 3 KlavierstĂŒke, D.946 (analogue)

CD62:            Schubert: 4 Impromptus, D.899; 4 Impromptus, D.935 (analogue)

CD63:            Schubert: Wanderer Fantasy; 6 Moments Musicaux, D.780 (analogue)

CD64:            Schubert: Piano Sonatas Nos. 17 & 14 (digital)

CD65:            Schubert: Piano Sonata No.20 in A Major, D.959 (digital)

CD66:            Schubert: Piano Sonata No.19; 6 Moments Musicaux (digital)

CD67:            Schubert: Piano Sonata No.16; KlavierstĂŒcke, D.946 (digital)

CD68:            Schubert: Four Impromptus, D.90; Four Impromptus, D.935 (digital)

CD69:            Schubert: Piano Sonata No.18; Piano Sonata in C, D.840 (digital)

CD70:            Schubert: Piano Sonata No.21; Wanderer Fantasy (digital)

CD71:            Weber: KonzertstĂŒck in F Minor; Piano Sonata No.2

CD72:            Schumann: Piano Concerto; Fantasie

                       London Symphony Orchestra, Claudio Abbado

CD73:            Schumann: Piano Concerto, Fantasie

                       Philharmonia Orchestra, Kurt Sanderling

CD74:            Schumann: Kreisleriana; Kinderszenen

CD75:            Schumann: Symphonic Studies; Mussorgsky: Pictures at an Exhibition..

CD76:            Liszt: Piano Concertos Nos. 1 & 2 + Totentanz, etc.

CD77-78:      Liszt: Sonata; Années:Italie

CD79:            Liszt: AnnĂ©es de pĂ©lerinage – Suisse

CD80:            Liszt: Années de pÚlerinage

CD81:            Liszt: Harmonies poétiques et religieuses

CD82:            Brahms: Piano Concerto No.1 in D Minor

                       Royal Concertgebouw Orchestra, Hans Schmidt-Isserstedt

CD83:          Brahms: Piano Concerto No.1 in D Minor, Theme and Variations in D minor from String Sextet, Op. 18

                       Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado

CD84:            Brahms: Piano Concerto No.2 in B Flat Major

                       Royal Concertgebouw Orchestra, Bernard Haitink

CD85:            Brahms: Piano Concerto No.2 in B Flat Major

                       Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado

CD86:        Schoenberg: Piano Concerto; Busoni: Toccata; Berg: Piano Sonata, Op.1; Schoenberg: Piano Concerto* - Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Rafael Kubelik - *SWF Sinfonie Orchester Baden-Baden, Michael Gielen      

                      CHAMBER MUSIC & LIVE RECORDINGS

CD87:           Mozart Quintet in E-flat major K452 & Beethoven Quintet in E-flat major, Op.16 with Heinz Holliger, Eduard Brunner, Hermann Baumann, Klaus Thunemann

CD88-89:     Beethoven: Complete Works for Piano & Cello | with Adrian Brendel (violoncelle)

CD90:           Schubert: Trout Quintet | with Cleveland Quartet

CD91:     Schubert: Trout quintet & Mozart: Piano Quartet In G Minor – Thomas Zehetmair, Tabea Zimmermann, Richard Duven, Peter Riegelbauer

CD92:           Schumann: Works for Oboe and Piano | with Heinz Holliger

CD93:           Schubert: Lieder | with Dietrich Fischer-Dieskau

CD94:            Schubert: Schwanengesang | with Dietrich Fischer-Dieskau

CD95:            Beethoven: An die ferne Geliebte & Schubert: Schwanengesang | with Matthias Goerne

CD96             Schubert: Winterreise | with Dietrich Fischer-Dieskau

CD97             Schubert: Winterreise | with Matthias Goerne

CD98:            Schumann: Dichterliebe (Waechter) | with Eberhard Wachter

CD99:            Schumann: Dichterliebe & Liederkreis | With Dietrich Fischer-Dieskau

CD100:          Beethoven: Diabelli Variations (1976 Live)

CD101:          Beethoven: Diabelli Variations (2001 Live)

CD102:          Beethoven: Piano Sonatas opp.106 & 78

CD103:          Bach, Haydn & Beethoven Recital

CD104-105:  Schubert: Piano Sonata No. 18; Piano Sonata no. 9; Piano Sonata No. 20; Piano Sonata No. 21 (Live)

CD106:

Live in Salzburg: Haydn: Variations in F Minor; Piano Sonata in C H.XVI no. 50, Schubert: Piano Sonata No. 14 in A Minor;

Piano Sonata in C, D.840, Wagner/Liszt: Isoldes Liebstod (piano transcription)

CD107:

Chopin Andante Spianato and Grand Polonaise in E flat op.22/ Mendelssohn:  Variations sérieuses op.54 / Busoni: Seven Elegies / Beethoven: Piano Sonata No.28 op.101 [BBC]

CD108-110:  Beethoven Piano Concertos Nos. 1-5

                       Chicago Symphony Orchestra, James Levine

CD111:          Birthday Tribute Disc 1: Brahms: Piano Concerto no. 1,Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Colin Davis

CD112:

Birthday Tribute Disc 2: Mozart: Piano Concerto No. 25 K.503*;Beethoven: Piano Sonata No. 31; Schubert: Impromptu No. 1 in F Minor (from 4 Impromputs Op. 142)

*SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, Hans Zender

CD113-114:   Farewell Concerts: Mozart: Piano Concerto no. 9*; Haydn: Variations in F Minor; Mozart: Piano Sonata no. 15;  Beethoven: Piano Sonata no. 13; Schubert: Piano Sonata no. 21; Beethoven: 4. Andante (from 7 Bagatelles op. 33); Schubert: No. 3 in G Flat Major (from 4 Impromptus op. 90); Bach: Nun komm, der Heiden Heiland BWV 659

*Wiener Philharmoniker, Sir Charles Mackerras

Reportage vidéo : Marie Jaëll au Lille Piano Festival 2012

JAELL piano Marie_Jaell-Jeune_femmeQUI FUT MARIE JAËLL ? En janvier 2016 sort un premier cycle d’enregistrements de ses Ɠuvres qui soulignent l’ambition de la compositrice, aux cĂŽtĂ©s de la pĂ©dagogue mieux connue. CLASSIQUENEWS fait le point sur une personnalitĂ© atypique et parfois dĂ©concertante mais tempĂ©rament trempĂ© et dĂ©terminĂ©e d’une force crĂ©ative inĂ©dite Ă  son Ă©poque. Au XIXĂš, il n’Ă©tait pas bon ĂȘtre femme artiste surtout compositrice et pianiste… PĂ©dagogue, pianiste virtuose, femme Ă©cartĂ©e mais compositrice engagĂ©e surtout thĂ©oricienne du jeu pianistique, Marie JaĂ«ll (1846 – 1925) a ressuscitĂ© lors du Lille Piano Festival 2012. Reportage vidĂ©o et grand portrait de la compositrice marquĂ©e par le modĂšle lĂ©guĂ© par Liszt et Schumann. RĂ©alisation : Philippe Alexandre Pham – durĂ©e : 23 mn  © CLASSIQUENEWS.TV 2012

 

 

 

JAELL Marie cd palazzetto bru zane critique review compte rendu livre cd1449483308_ES1022LIRE aussi notre critique et prĂ©sentation complĂšte du livre cd Marie JaĂ«ll (musique symphonique, musique pour piano…) , publiĂ© en janvier 2016… Extraits de la critique par notre confrĂšre Lucas Irom : ComposĂ©s dans les dĂ©cennies 1870 / 1880, les deux Concertos pour piano affirment de facto la pertinence d’une Ă©criture rĂ©flĂ©chie, mĂ»re, puissante, (la presse et les critiques de l’époque rĂ©pĂ©tĂšrent jusqu’à l’user, « virile »). La seule rĂ©serve que l’on peut Ă©mettre ici serait le culte entretenu d’un romantisme tardif et Ă©clectique, proche de Liszt et donc de Wagner, qui ne s’est jamais vraiment ouvert aux modernisĂ©s du dĂ©but du XXĂš dans le sillon des modernes, Debussy et Ravel. JaĂ«ll se concentre plutĂŽt sur Franck et Saint-SaĂ«ns, aux cĂŽtĂ©s de Liszt…

 

 

 

JAELL-marie-exercices-pour-le-piano-mains-eduquees-classiquenews-portrait-de-marie-jaellMarie JaĂ«ll pĂ©dagogue montre devant l’appareil photographique quelques exercices pour la main du pianiste – photo : © BNU Strasbourg

 

 

 

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VOIR aussi le reportage sur YOU TUBE : qui fut Marie Jaëll ?

 

Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 7 décembre 2015; Jean Sibelius (1865-1957): Kyllikki, trois piÚces lyriques op.41; extraits des cinq piÚces pour le piano op.75 et des cinq esquisse, op.114; Ludwig van Beethoven (1770-1827): sonate n°18,op.31,n°3 ; Claude Debussy (1862-1918): Estampes, la soirée dans Grenade ; Etudes n° 7,11et 5; Frédéric Chopin (1810-1849): Impromptu op.29; Etudes en la bémol majeur ; Nocturne op. 15 n°1; QuatriÚme ballade op.52; Leif Ove Andsnes, piano.

Le cycle de concert Les grands interprĂštes ont ce soir invitĂ© un gĂ©ant du piano. Leif Ove Andsnes est non seulement un grand homme mais surtout un immense musicien, 
 vĂ©ritable poĂšte comme bien peu de pianistes peuvent l‘ĂȘtre. Une maitrise technique hors paire sidĂšre et laisse sans voix mais surtout une intelligence musicale permet Ă  l’auditeur de comprendre la construction des piĂšces interprĂ©tĂ©es et le sens du discours musical. Aucune esbroufe, aucune maniĂšre de briller. Tout cet art majeur est mis au service des compositeurs du programme.

Andsnes : Grandeur de la puissance maitrisée

andsens piano concert review critique classiquenews decembre 2015 leif-ove-andsnesSibelius d’abord, compositeur pour le piano quasiment ignorĂ© est ce soir interprĂ©tĂ© avec panache. La lĂ©gende nordique de Kyllikki en trois piĂšces aux sonoritĂ©s Ă©tranges narrent une Ă©popĂ©e que le pianiste rend passionnante. Le piano sonne large et puissant Ă©voquant avec couleurs, la vastitude nordique, sa nature si gĂ©nĂ©reuse. Chez Beethoven, le son du piano change complĂštement comme plus concentrĂ© et plein. La Sonate n°18 est trĂšs heureuse et presque rieuse avec beaucoup d‘humour. Andsnes nous rĂ©serve des trĂ©sors de toucher d’une dĂ©licatesse incroyable. PrĂ©cision rythmique, fraĂźcheur des phrasĂ©s, variĂ©tĂ© de couleurs. Une admirable mise en valeur de la construction de chaque mouvement et de l‘architecture de la Sonate par  Andsnes prouve qu’il est un BeethovĂ©nien accompli. On sait le tour du monde triomphal qu’il vient de terminer avec les Concertos pour piano de Beethoven et le Mahler Chamber Orchestra.
C’est avec les piĂšces de Debussy que l’originalitĂ© de l’interprĂ©tation du pianiste est la plus sidĂ©rante. A-t-on dĂ©jĂ  entendu les Ă©tudes pour les degrĂ©s, les arpĂšges composĂ©s et les octaves avec tant de musicalitĂ© ?   Le pianiste NorvĂ©gien rend Ă  Debussy une puissance exceptionnelle, mise entiĂšrement au service de la musicalitĂ© la plus rare. La virtuositĂ© comme moyen d‘expression suprĂȘme ! Et Ă  nouveau le son du piano a changĂ© comme si l’instrument Ă©tait diffĂ©rent. Il est Ă  prĂ©sent lumineux et pur.

Les piĂšces de Chopin seront pour beaucoup le sommet de la soirĂ©e. Un Chopin virtuose mĂ©lancolique qui sonne sombre sans Ă©vanescence, miĂšvrerie ou affĂ©terie. Un Chopin viril et dĂ©licat Ă  la fois. Un legato de rĂȘve, des sonoritĂ©s chaudes ou glaciales, des changements de climats vertigineux. Le voyage dans le paysage de Chopin est complĂštement pĂ©nĂ©trant. Et Ă  nouveau cette intelligence de la construction de chaque piĂšce, cette mise en lumiĂšre de toute la structure. La puissance de l’intelligence guide une interprĂ©tation aboutie de piĂšces trĂšs connues redĂ©couvertes ce soir.
Les deux bis offerts aux applaudissement gĂ©nĂ©reux du public ont Ă©tĂ© de Chopin : une Etude et la Polonaise hĂ©roĂŻque, prolongeant cette fĂȘte de la musicalitĂ©. Ce concert a apportĂ© beaucoup de plaisir aux auditeurs. Intelligence, virtuositĂ©, poĂ©sie ont irriguĂ© le programme. La gestion de la puissance si considĂ©rable a Ă©tĂ© mise au service de la seule beautĂ© de la musique, en une leçon d’éthique prĂ©cieuse en nos temps troublĂ©s.

RĂ©cital de la pianiste Natacha Kudritskaya

KUDRITSKAYA-natacha-une-582-390-CLIC-de-classiquenewsNatachaKudritskaya2Paris, CMDCP. Samedi 28 novembre 2011, 20h. Concert Natacha Kudritskaya, piano. Centre de musique de chambre de Paris. Deutsche Grammophon prĂ©sente la nouvelle fĂ©e du piano dont le dernier album discographique, premier pour Deutsche Grammophon, avait sĂ©duit la RĂ©daction de classiquenews, par sa grande cohĂ©rence dans le choix des Ɠuvres, sa profonde sincĂ©ritĂ© dans l’interprĂ©tation, en particulier dans le triptyque Gaspard de la nuit de Ravel. Pour son rĂ©cital au Centre de musique de chambre de Paris, Natacha Kudritskaya joue avec le Quatuor ZaĂŻde et le violoncelliste JĂ©rĂŽme Pernoo.

 

 

 

 

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piano natacha kudritskaya piano cd critique compte rendu debussy ravel Decaux cd critique CLASSIQUENEWS clic de classiquenews novembre 2015 nocturnesrectodef-1024x1024Extrait de la critique du cd “Nocturnes” Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon en novembre 2015 : ….” Natacha Kudritskaya comme un livre de confidences secrĂštes nous prĂ©cise (livret Ă  l’appui) sa conception des mondes de la nuit
 Nuit enchantĂ©e, romantique et souverainement debussyste
 (immersion chantante Ă  la fois Ă©toilĂ©e et argentĂ©e de Clair de lune, emblĂšme poĂ©tique de tout le recueil
)  jusqu’au fantastique ravĂ©lien de Scarbo du formidable recueil ravĂ©lien “Gaspard de la nuit” : plongĂ©e inquiĂ©tante, hypnotique dans une nuit fantastique plus trouble voire angoissante, celle du nabot terrifiant et grimaçant d’une Ă©lectricitĂ© animale (Scarbo) dont le rire final baisse le rideau de cette formidable scĂšne crĂ©pusculaire. Une nuit de rĂ©vĂ©lation et de dĂ©voilement ultime qui d’ailleurs rejoint le Debussy mĂ»r de 1917, soit Ă  quelques mois de sa mort, dans “Les soirs illuminĂ©s par l’ardeur du charbon” : autre facette d’une nuit dĂ©cisive et hallucinĂ©e….” LIRE la critique complĂšte du “Nocturnes” par la pianiste Natacha Kudritskaya, Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon en novembre 2015 : CLIC de classiquenews de novembre 2015

 

 

 

Programme

Claude Debussy : Clair de Lune
Abel Decaux : Minuit passe
Erik Satie : Gnossienne no.4
Claude Debussy : La cathédrale engloutie
Maurice Ravel : Ondine, extrait de Gaspard de la nuit

 

 

 

boutonreservationParis, CMDCP Centre de musique de chambre de Paris. Samedi 28 novembre 2011, 20h. Concert Natacha Kudritskaya, piano. Centre de musique de chambre de Paris.

 

 

 

Compte-rendu concert. Toulouse : La Halle-aux-grains ; le 10 novembre 2015. Piotr Illich Tchaïkovski (1840-1893) : Les Saisons, op.37a ; Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Concerto Italien, en fa majeur BWV 971 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Scherzo n°1 ; n°2 ; n°3 ; n°4 ; Lang Lang : piano.

Compte rendu, rĂ©cital du pianiste Lang Lang Ă  Toulouse. Le Pianiste d‘origine chinoise Lang Lang est un artiste trĂšs particulier qui attire au concert  un public tout Ă  fait inhabituel. Ce rĂ©cital de piano Ă©tait complet depuis longtemps et il ne restait plus une place libre dans la Halle-aux-Grains ce soir. Le succĂšs considĂ©rable qu’il rencontre partout et la sympathie que cet artiste fait naĂźtre chez le public sont inouĂŻs. Son air de jeunesse sorti Ă  peine de l‘enfance , son Ă©nergie dĂ©cuplĂ©e dans les moments de virtuositĂ© en font un enfant prodige Ă©ternel.

 

 

 

LANG LANG ovationné à Toulouse

 

lang-lang-piano-recital-concert-review-critique-compte-rendu-piano-lang-langLa rapiditĂ© des traits subjugue et le sucre de ses mouvements lents rĂ©gale. Pourtant Ă  lâ€˜Ă©coute plus attentive son interprĂ©tation des saisons de TchaĂŻkovski manque de lignes, de couleurs, de nuances. Son Bach est clair, lisse et brillant dans l‘ouverture du Concerto Italien en fa majeur. Mais la guimauve de l‘Andante peut lasser les palais dĂ©licats. Le presto final est parfait de vie et dâ€˜Ă©nergie communicative. Dans Chopin, il nous manque la science de la construction que d’aucun savent y mettre. Certes les quatre Scherzi sont virtuoses et mettent mieux en valeur les extraordinaires capacitĂ©s du pianiste! Ainsi l’éblouissement dans les traits furieux est Ă  son comble. Pourtant dans leur pĂąleur les parties lentes sont comme juxtaposĂ©es sans lien avec ce qui prĂ©cĂšde ou ce qui suit. Il se dĂ©gage une absence de structure, une non mise en valeur de la construction dans ces 4 Scherzi pourtant si complexes. Ce pianiste Ă  la jeunesse si insolente pourra-t- il, sans perdre une importante partie de son charme, rentrer dans un Ăąge plus mĂ»r ?  Ce concert ne permet pas de le croire encore. Mais Lang Lang n‘a que trente ans et n’a pas encore trouvĂ© son rĂ©pertoire dâ€˜Ă©lection. Les bis gĂ©nĂ©reusement offerts prolongent un intense contact avec le public, mais son sens de la danse ne se dĂ©ploie pas plus dans le tango qu’il ne s’était invitĂ© chez Bach.
Le plaisir de ce piano intense, franc et sans complexitĂ© est rĂ©confortant dans une Ă©poque si sombre. Nous avons besoin de croire que la jeunesse existera toujours avec insolence et lĂ©gĂšretĂ©. Et Lang Lang a cette jeunesse Ă©ternelle sous ses doigts et rassemble un public variĂ© et plus jeune que d‘habitude. Son public, ravi, lui a fait une vĂ©ritable ovation Ă  Toulouse ce  soir.

Compte-rendu concert. Toulouse : La Halle-aux-grains ; le 10 novembre 2015. Piotr Illich Tchaïkovski (1840-1893) : Les Saisons, op.37a ; Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Concerto Italien, en fa majeur BWV 971 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Scherzo n°1 ; n°2 ; n°3 ; n°4 ; Lang Lang : piano.

CD. Nocturnes. Natacha Kudritskaya, piano (Debussy, Ravel
 1 cd Deutsche Grammophon)

piano natacha kudritskaya piano cd critique compte rendu debussy ravel Decaux cd critique CLASSIQUENEWS clic de classiquenews novembre 2015 nocturnesrectodef-1024x1024CD. Nocturnes. Natacha Kudritskaya, piano (Debussy, Ravel
 1 cd Deutsche Grammophon). Mille ivresses et rĂȘves de la nuit
 Sous l’emprise des grands magiciens, Debussy et Ravel, rĂ©vĂ©lant aussi la puissance onirique d’Abel Decaux, la pianiste ukrainienne Natacha Kudritsakya dĂ©croche le CLIC de classiquenews de novembre 2015. En ondine nocturne (pour reprendre le Premier volet du Gaspard ravĂ©lien ici abordĂ© en fin de rĂ©cital), la pianiste nouvellement recrutĂ©e par DG (Deutsche Grammophon), Natacha Kudritskaya enchante littĂ©ralement passant d’un Ă©pisode l’autre avec une subtilitĂ© introspective qui garde malgrĂ© la grande diversitĂ© des rives et paysages explorĂ©s, une cohĂ©sion de ton, une unitĂ© de style trĂšs aboutie… Premier album sous Ă©tiquette DG plutĂŽt rĂ©ussi car outre la performance intimiste trĂšs intĂ©riorisĂ©e de la jeune ukrainienne, ce rĂ©cital intitulĂ© « Nocturnes » sert idĂ©alement son sujet : le choix des partitions, leur enchaĂźnement selon la proximitĂ© des climats et la parentĂ© des tonalitĂ©s enchaĂźnĂ©es, dĂ©signent une sensibilitĂ© pertinente, astucieuse mĂȘme qui fait de son parcours trĂšs personnel, un jardin intĂ©rieur, une sĂ©rie d’humeurs climatiques, poĂ©tiquement justes, et aussi une carte de visite trĂšs investie qui change des « performances » Ă©clectiques habituelles (souvent bĂąclĂ©es, et sous couvert d’une intimitĂ© dĂ©voilĂ©e : saupoudrage plutĂŽt que confessions sincĂšres). Les Nocturnes que compose la pianiste ukrainienne Natacha Kudritskaya affichent toutes les nuances expressives de la nuit, climats de berceuse enivrĂ©e, enchantĂ©e… balancements mystĂ©rieux, Ă©nigmatiques et suspendus (GymnopĂ©die n°1 puis Gnossiennes 4 et 3 de Satie); crĂ©pitements plus narratifs  des deux Debussy suivants (Les soirs illuminĂ©s, et surtout Feux d’artifice).

CLIC D'OR macaron 200Les teintes nocturnes qui y figurent, dĂ©ploient des Ă©clats divers, d’une grande richesse de caractĂšre, Ă  la fois tenus, tĂ©nus, d’une dĂ©licatesse suggestive souvent irrĂ©sistible. Debussy, Satie, surtout Ravel et le moins connu mais si prenant Abel Decaux (atonal avant Schoenberg) sont tous ici manifestement inspirĂ©s par l’enchantement, les promesses et les terreurs aussi de la nuit. InterprĂšte ciselĂ© des auteurs français (on lui connaĂźt un prĂ©cĂ©dent cd Rameau, trĂšs articulĂ©), la pianiste dĂ©ploie pour chacun, un jeu souvent intĂ©rieur, en rien dĂ©monstratif ni artificiel, rĂ©solument investi par la souple Ă©toffe sonore qui trouve en particulier chez Ravel, un Ă©quilibre parfait entre narration aiguĂ« et transparence Ă©thĂ©rĂ©e confinant Ă  l’abstraction.

Kiev, puis Paris (CNSM), sont les étapes formatrices de la jeune ukrainienne qui travaille vraiment et sérieusement la musique à 15 ans (grùce à un concours pour lequel elle devait réviser, progresser, convaincre). Une double culture russe et français dont Alain PlanÚs, son professeur à Paris, qui veille au respect des partitions lui a transmis aussi le goût des claviers anciens.

Natacha Kudritskaya comme un livre de confidences secrĂštes nous prĂ©cise (livret Ă  l’appui) sa conception des mondes de la nuit… Nuit enchantĂ©e, romantique et souverainement debussyste… (immersion chantante Ă  la fois Ă©toilĂ©e et argentĂ©e de Clair de lune, emblĂšme poĂ©tique de tout le recueil…)  jusqu’au fantastique ravĂ©lien de Scarbo du formidable recueil ravĂ©lien “Gaspard de la nuit” : plongĂ©e inquiĂ©tante, hypnotique dans une nuit fantastique plus trouble voire angoissante, celle du nabot terrifiant et grimaçant d’une Ă©lectricitĂ© animale (Scarbo) dont le rire final baisse le rideau de cette formidable scĂšne crĂ©pusculaire. Une nuit de rĂ©vĂ©lation et de dĂ©voilement ultime qui d’ailleurs rejoint le Debussy mĂ»r de 1917, soit Ă  quelques mois de sa mort, dans “Les soirs illuminĂ©s par l’ardeur du charbon” : autre facette d’une nuit dĂ©cisive et hallucinĂ©e.

Feux d’artifice (du mĂȘme Debussy) assemblent miroitements et crĂ©pitements ; l’Ă©pisode exige une souplesse trĂšs articulĂ©e de la main droite, en particulier pour exprimer le chant Ă©thĂ©rĂ© de l’onde malgrĂ© l’incessant balayage des arpĂšges en vagues rĂ©guliĂšres, traversant tout le spectre du clavier. MĂȘlant Ă©clairs et sourde tension, le jeu doit ĂȘtre expressif et liquide, puis d’un voluptĂ© irradiante, incandescente, jusque dans le dernier accord qui s’achĂšve comme un songe murmurĂ© : l’esprit d’une nuĂ©e de comĂštes traversant le ciel, illuminant d’un feu fugace la voĂ»te Ă©toilĂ©e. MaĂźtrisant les passages et les Ă©quilibres tĂ©nus, la pianiste affirme un jeu richement dynamique et structurĂ©, d’une grande intensitĂ©. Le livret prĂ©sente en complĂ©ment de la prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale, un choix d’extraits des poĂšmes signĂ©s Verlaine, Baudelaire, Louis de LutĂšce, Aloysius Bertrand (pour son Gaspard de la nuit originel de 1842).

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Les 4 volets d’Abel Decaux (mort en 1943) sont dans le thĂšme et outre leur modernitĂ© envoĂ»tante, d’une importance musicale capitale: datĂ©s entre 1900 et 1907, ils prĂ©figurent l’atonalisme de Schoenberg car son impressionnisme tant Ă  la fragmentation et l’implosion, l’exploration et l’expĂ©rimentation ; rappel Ă©tant fait grĂące Ă  la pertinence et la justesse du programme, que le sĂ©rialisme est une crĂ©ation … française; l’Ă©lĂšve de Dubois, Massenet, organiste prodigieux ressuscite sous les doigts plus qu’inspirĂ©s de la pianiste ukrainienne; sourde inquiĂ©tude et atmosphĂšre du rĂȘve dans le premier Ă©pisode (Minuit passe) qui semble tourner la page du Tristan wagnĂ©rien par sa rĂ©sonance lugubre et magique. La Ruelle approfondit encore la menace et la torpeur grise quand La Mer est de loin le plus impressionnant tableau des quatre : le souffle, l’ampleur des horizons Ă©voquĂ©s, le tumulte et le sentiment d’infini qui frĂŽle l’abstraction en font une piĂšce particuliĂšrement envoĂ»tante. L’expression du rĂȘve (nocturne) d’un compositeur qui se rĂȘvait d’abord marin.

Ceux de FaurĂ© enivrent eux aussi (Nocturnes n°7 et 8), – quoique parfois semblant demeurĂ©s inexorablement sur la rive tonale, prĂ©servĂ©e fermement avec une flamme mĂ©lodique Ă©perdue (deuxiĂšme sĂ©quence du n°7 aprĂšs 4mn), qui s’Ă©mancipe, dĂ©roulant sa fine tresse aĂ©rienne.

 

 

 

 

Pianiste enchanteresse

 

 

paino-natacha-nocturnes-debussy-faure-ravel-abel-decaux-satie-clic-de-classiquenews-cd-critique-classiquenews-cd-critique---kudritskayaEnfin le triptyque de Gaspard de la nuit (trois poĂšme pour piano de 1908) affirment le caractĂšre de trois tableaux sonores et dramatiques qui sont harmoniquement et architecturalement, les plus raffinĂ©s : narratif, allusifs, prodigieux d’Ă©conomie et de scintillements expressifs. Ravel, l’un des plus fins dramaturges du XXĂšme siĂšcle-, y Ă©tincelle de subtilitĂ©, d’intelligence thĂ©Ăątrale : le toucher tout en suggestion emperlĂ©e, – plus rentrĂ© que dĂ©monstratif, affirme une ondine des plus Ă©vanescentes dont le souffle rappelle le PellĂ©as debussyste : Natacha Kudritskaya en retient l’idĂ©e d’un corps ivre de sa voluptĂ©, d’une mĂ©lancolie irrĂ©sistible.

Le Gibet est plus sombre et d’un balancement lancinant, Ă  la façon d’une mĂ©canique intĂ©rieure qui rĂ©vĂšle davantage l’exposition et l’abandon, la tension et la dĂ©tente ; tout y semble prĂ©cipitĂ© dans un lent effondrement … plus marin que nocturne. La pianiste a le talent de faire jaillir ce sourd crĂ©pitement de l’ombre vers l’ombre, en un jaillissement sonore canalisĂ©, serti comme un gemme Ă  l’Ă©clat feutrĂ© qui s’efface comme un songe et meurt dans l’obscuritĂ© d’oĂč il avait jailli.

Scarbo d’une nervositĂ© plus dramatique, expose cependant d’Ă©gales couleurs scintillantes en un feu impressionniste oĂč jaillit peu Ă  peu de façon plus tranchĂ©e mais fugace, les traits du nabot moqueur, mystĂ©rieux, fatal. Le geste souple et scintillant de la pianiste convainc d’un bout Ă  l’autre de ce fabuleux triptyque : le plus enchanteur jamais Ă©crit pour le clavier, n’affectant ni la virtuositĂ© ni les brumes germaniques, mais fondant sur sa trame resserrĂ©e, contrastĂ©e (Ravel n’aime pas s’Ă©pancher), l’exposĂ© prĂ©cis, glaçant de son sujet fantastique, essentiellement poĂ©tique, plus hugolien que shakespearien. LĂ  encore ce jeu de nuances, de subtiles rĂ©fĂ©frences, et d’un crĂ©pitement effectivement nocturne qui surgissant de l’ombre, y revient toujours, dĂ©signe un tempĂ©rament pianistique d’une absolue maturitĂ© ; convaincante, Natacha Kudritskaya privilĂ©gie non sans raison et justesse, l’Ă©pure et le repli, la douceur expressive, plutĂŽt que l’affirmation et la dĂ©monstration que l’on regrette chez ses confrĂšres, y compris les plus grands. De sorte qu’au sortir d’une Ă©coute enchantĂ©e, l’auditeur comprend comme le visuel de couverture le laisse entendre, que Natacha Kudritskaya est un lutin terrestre qui a la tĂȘte dans les Ă©toiles, une musicienne rĂȘveuse qui a le goĂ»t des poĂšmes. Superbes qualitĂ©s. TaillĂ©e pour les correspondances et l’introspection.

 

 

CD. Nocturnes. Natacha Kudritskaya, piano (Debussy, Ravel
) 1 cd Deutsche Grammophon

VOIR le clip vidéo de Natasha Kudritskaya jouant Clair de Lune de Debussy à la Sorbone à Paris, une nuit inspirante

CD, compte rendu critique. Ivan Ilic plays Morton Feldman (1 cd Paraty, Paris Salle Cortot, novembre 2014)

CD, compte rendu critique. Ivan Ilic plays Morton Feldman (1 cd  Paraty, Paris Salle Cortot, novembre 2014). Le pianiste amĂ©ricano-serbe Ivan Ilic, poursuit son exploration des continents mĂ©connus dessinĂ©s par le compositeur amĂ©ricain, dĂ©cĂ©dĂ© en 1987. A l’aune des grands penseurs et crĂ©ateurs de son temps, -Boulez, Stockhausen et John Cage dont il fut proche-, Feldman a dĂ©fendu avec tĂ©nacitĂ© et mĂȘme esprit de compĂ©tition, sa propre voix. Sa musique ouvre des portes, laisse envisager des perspectives, des mondes voire des continents qui Ă©taient invisibles mais que l’écoute de plus en familiĂšre de ses partitions, permet d’envisager voire de visualiser surtout d’éprouver.

Ilic-ivan-morton-feldman-review-account-of-classiquenews-PARATY135305_couv_dos_HDCe sont moins des narrations que des situations (« territoires ») que la musique de Feldman affectionne et prĂ©cise Ă  chaque rĂ©alisation ; cultive et provoque, suscitant chez le spectateur / auditeur, un nouveau champ de conscience, un nouveau protocole d’écoute, un champs d’expĂ©riences ou d’Ă©preuves (pour certains dĂ©contenancĂ©s par la forme et la durĂ©e des piĂšces…). La spatialitĂ© devient essentielle ici : elle libĂšre musique et auditeur pour des explorations infinies, d’un caractĂšre ni conforme ni attendu. D’abord, le rĂ©cital place continĂ»ment l’ombre rĂ©formatrice et pionniĂšre de John Cage. Il en convoque la figure tutĂ©laire et comme subtilement paternelle. En particulier sur le cycle ici choisi, et peut-ĂȘtre plus que dans tout autre.

 
 

CLIC_macaron_2014John Cage (nĂ© en 1912) apprend Ă  son jeune “disciple” new yorkais, la vision pluridisciplinaire de la crĂ©ation : comme philosophe et comme plasticien, Cage, disciple de Schönberg, voyait large et loin, au carrefour des disciplines dont Ă©videmment la danse puisqu’il fut le compagnon de Merce Cunningham pour lequel il composa pratiquement toutes les musiques des ballets. Mais Feldman retient surtout de son maĂźtre (rencontrĂ© en 1970, quand ce dernier avait dĂ©jĂ  tout perfectionnĂ© dans son geste inĂ©dit et visionnaire…), l’idĂ©e d’un temps suspendu, producteur de lui-mĂȘme, Ă©cartĂ© de toute nĂ©cessitĂ© formelle et de dĂ©veloppement. Si la structure est fixĂ©e, les moyens de sa mise en Ɠuvre empruntent Ă  l’improvisation, au hasard oĂč l’assemblage subjectif d’un temps dilatĂ©, Ă©tirĂ©, spatial intĂšgre aussi les bruits et surtout le silence, plus tard la divination chinoise (Yi jing). Adepte d’une critique fondamentale de la composition occidentale, Cage prĂŽne un renouvellement profond du geste musical, dorĂ©navant sans ponctuation, ouvert aux bruits extĂ©rieurs (dont ceux d’une salle de concert, produit par le public lui-mĂȘme) : laissant Ă  l’interprĂšte le soin d’organiser, de ressentir et de transmettre sa propre vision de l’instant. Le dĂ©roulement musical suscite sa propre finalitĂ©, son dĂ©but et sa fin, une vision cyclique ininterrompue encore aiguisĂ©e par un engouement pour la pensĂ©e orientale, indienne et bouddhique (Zen).
Tout se retrouve ici dans cet album monographique totalement dĂ©diĂ© au cycle de Morton Feldman, inspirĂ© par l’une de ses meilleures Ă©lĂšves (et qu’il souhaitait mĂȘme Ă©pouser), Bunita Marcus.

Transcendance irrĂ©sistible d'Ivan IlicA ce titre, dans la notice accompagnant le livret de ce disque monographique (Ivan Ilic plays Morton Feldman), le pianiste expose sa propre expĂ©rience Ă  l’écoute de Feldman : impatience, trouble d’abord, puis rĂ©vĂ©lation et accomplissement spirituel
 et mĂȘme « libĂ©ration, transe ». Le propre de Feldman demeure la qualitĂ© d’atmosphĂšre qu’il produit au-delĂ  de la musique et des notes. Un climat et des sensations exprimĂ©es transmises par le pianiste funambule, quasi hypnotiques qui modifient la sensation ordinaire du temps, pour un temps mental hors de toute expĂ©rience classique, qui bascule en rĂ©vĂ©lation pour l’Ă©couteur attentif.
Ivan Ilic s’inspire du cycle des hommages – portraits d’artistes que Feldman a rencontrĂ©s grĂące Ă  son ami John Cage 
 : « Frank O’Hara (le poĂšte), Mark Rothko, Willem de Kooning, Philip Guston (peintres), Aaron Copland, John Cage, Christian Wolff, Stefan Wolpe (compositeurs), et Samuel Beckett (l’écrivain, poĂšte, et dramaturge). Un nom se dĂ©marque cependant des autres : Bunita Marcus. »

 

 

 

Sensuelle et abstraite, la musique de Feldman plonge en introspection

 

‹feldman mortonfeldmanFeldman lui dĂ©die cette piĂšce ample qui dure 1h10 et qu’il compose en 1985. La compositrice a comptĂ© dans sa propre maturation : intime du compositeur, elle aurait mĂȘme refusĂ© sa demande en mariage. Ivan Ilic en enregistre ici et dans une sonoritĂ© scrupuleusement restituĂ©e, la version critique corrigĂ©e, publiĂ©e en mars 2011, une version qu’il a encore enrichie grĂące Ă  sa connaissance profonde du manuscrit de Feldman (si riche en annotations trĂšs prĂ©cises). Or c’est bien de ses indications tĂ©nues, respectĂ©es Ă  la lettre par le pianiste impliquĂ©, que naĂźt la sensation d’une musique intĂ©rieure, improvisĂ©e, surgissant d’une psychĂ© palpitante qui se rĂ©alise et s’amplifie ou se replie dans l’instant oĂč elle s’adresse au spectateur. Ni conceptuelle, ni minimaliste, ni totalement abstraite, la musique de Feldman conserve une plasticitĂ© et une voluptĂ© sensible que Ivan Ilic sait transmettre sans attĂ©nuer la volontĂ© d’Ă©pure, l’ambition purement allusive du matĂ©riel sonore. Tout en en retraçant le fil tendu, l’interprĂšte sculpte la direction de chaque sĂ©quence comme une Ă©preuve et une lutte arrachĂ©e aprĂšs de longs efforts, comme un combat contre soi-mĂȘme : il en exprime la violence et l’Ă©nergie de reconstruction, de sorte que confuse au dĂ©marrage, l’impression s’ordonne et prend forme au fur et Ă  mesure du dĂ©roulement des 22 Ă©pisodes. En apparence, dĂ©cousu, fruit du hasard et comme improvisĂ©, chaque tableau interroge le timbre, la hauteur, la profondeur de la note ; en explore toutes les vibrations porteuses de rĂ©sonance et de miroitement cachĂ©s… Ivan Ilic dĂ©ploie mille Ă©clats en une palette renouvelĂ©e et millimĂ©trĂ©e qui dit la prĂ©sence de l’Ă©ternitĂ© et du vertige Ă  travers tous les caractĂšres et paysages traversĂ©s. C’est entre les notes dans l’anfractuositĂ© ainsi rĂ©vĂ©lĂ©e entre les silences et les crĂ©pitements sonores que se prĂ©cisent peu Ă  peu la cohĂ©rence et l’harmonie d’une construction mentale et musicale qui semble sortir peu Ă  peu de l’ombre.  Travail du clair obscur, questionnement du temps musical dans ses manifestations murmurĂ©es et souvent Ă©nigmatiques, dĂ©tente et apesanteur qui semble abolir toute notion connue de temps comme d’espace, le jeu suggestif et arachnĂ©en d’Ivan Ilic trouve ici un point d’accomplissement, initiĂ© magistralement dans son prĂ©cĂ©dent album The Transcendentalist.
feldman bunita Marcus portrait duoLes connaisseurs du pianiste savent combien Palais de Mari (de Feldman justement) a comptĂ© dans la rĂ©ussite et l’accomplissement de ce dernier cd dĂ©jĂ  citĂ© (The Transcendentalist : Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman 1 cd  Heresy, mai 2014), synthĂšse composĂ©e par Feldman en 1986 et qui fut commandĂ©e par
 la compositrice Bunita Marcus. Feldman apprĂ©ciait son Ă©criture Ă  la fois splendide et Ă©lĂ©gante. Ivan Ilic nous offre une nouvelle exploration de l’écriture et des climats de Feldman Ă  travers un nouvel itinĂ©raire hypnotique, un nouveau parcours qui relĂšve de fait du rituel magique, de la transe silencieuse, d’un rĂȘve Ă©veillĂ©, celui d’un dormeur musicien. EnvoĂ»tant.

 

 

 

Prochains concerts d’Ivan Ilic : Londres, le 5 novembre 2015, Peacock Room, Trinity Laban Conservatoire. Paris : le 11 novembre 2015 Ă  la Fondation des Etats-Unis (sur le piano Steinway modĂšle D de la salle de concert Art DĂ©co).

 

 

 

CD, compte rendu critique. Ivan Ilic plays Morton Feldman. Feldman (1926-1987) : For Bunita Marcus, 1985. Ivan Ilic, piano (1 cd  Paraty 135505, album 50, Paris Salle Cortot, novembre 2014). Parution :  octobre 2015. CLIC de classiquenews de novembre 2015.