CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca)

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CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca). Etrangement la Philharmonie Tch√®que / Czech Philharmonic sonne d√©mesur√©e dans une prise de son √† la r√©verb√©ration couvrante qui tant √† diluer et √† noyer le d√©tail des timbres, comme le relief des parties : orchestre, solistes, choeur (Prague Philharmonic Choir). Heureusement, la direction tendre du chef Jiri Belohlavek (r√©cemment d√©c√©d√© : il s‚Äôest √©teint le 31 mai 2017) √©vite d‚Äô√©craser et d‚Äô√©paissir, malgr√© l‚Äôimportance des effectifs et le traitement sonore plut√īt rond et indistinct. C‚Äôest presque un contresens pour une partition qui plonge dans l‚Äôaffliction la plus d√©chirante, celle d‚Äôun p√®re (Dvorak) encore saisi par la perte de ses enfants Josefa en septembre 1875, puis ses ain√©es : Ruzenka et Ottokar.

 

Fini en 1877, cr√©√© √† Prague en 1880, le Stabat Mater imposa un temp√©rament puissant, √† la fois na√Įf et grandiose, qui alors, confirmait l‚Äôenthousiasme de Brahms (tr√®s admiratif la Symphonie n¬į3 de Dvorak). L‚Äô√©tonnante franchise et sinc√©rit√© de la paritition valurent partout o√Ļ elle fut cr√©√©e, un triomphe √† son auteur (dont √† Londres o√Ļ il dirigea lui-m√™me la fresque bouleversante en 1884). Comme le Requiem de Verdi, aux dimensions elles aussi colossales, le Stabat Mater de Dovrak n‚Äôen oublie pas l‚Äôhumanit√© et l‚Äôintimit√© de son sujet : la ferveur √† la Vierge de compassion et de douleur ne pourrait s‚Äôexprimer sans pudeur et d√©licatesse.

C’est pourquoi l’oeuvre alterne constamment entre le désir de paix et d’acceptation, et la profonde déchirure de la douleur et du sentiment immense, irrépressible d’impuissance comme d’injustice.  Très libre quant à la liturgie, Рcomme Brahms et l’élaboration de son Requiem Allemand, Dvorak façonne son Stabat Mater comme un hymne personnel à la Vierge douloureuse, réconfortante, admirable.

 

L‚ÄôAmpleur et l‚Äô√©paisseur brahmsienne s‚Äôinvitent ainsi dans la tenue de l‚Äôorchestre du cd2 – parfois trop solennelle, √©crasante m√™me, particuli√®rement dans l‚Äôintro pour l‚Äôair de t√©nor (avec choeur) : ¬ę¬†Fac me vere tecum flere¬†¬Ľ, d‚Äôune att√©nuation plus tendre gr√Ęce au timbre h√©ro√Įque et tr√®s rond du t√©nor am√©ricain Michael Spyres ; air de compassion, aux c√īt√©s¬† de la m√®re endeuill√©e, face au Fils crucifi√©, rempli de recueillement et aussi de volont√© parfois col√©reuse‚Ķ L√† encore, le chanteur am√©ricain soigne sa ligne, arrondit les angles, caresse et rass√©r√®ne‚Ķ

 

Apr√®s la s√©quence purement chorale (tendresse souple du choeur √©voquant Marie / plage 2, cd2), le duo soprano et t√©nor (VIII. Fac ut portem Christi mortem / Fais que supporte la mort du Christ) affirme la tr√®s forte caract√©risation des parties solistes (lumineuse et fragile vorie s√©raphique Eri Nakamura) ; leur duo exprime le d√©sir des solistes : supporter l‚Äôaffliction n√©e du deuil et de la perte, emportant tout l¬†‚Äėeffectif. Les deux voix s‚Äôengouffrent dans la peine divine et la souffrance du Fils.¬† Soprano et t√©nor trouvent l‚Äôintonation juste, entre d√©ploration et pudique exhortation, mais elles sont souvent noy√©es dans le magma orchestral (la prise de son est vraiment indigne).

 

Plus √©nergique et presque conqu√©rant, l‚Äôair de l‚Äôalto¬†Elisabeth Kulman (Inflammatus), prenant √† t√©moin aussi la Vierge courageuse et compatissante affirme le beau temp√©rament de la chanteuse au timbre noble et rond, tr√®s respectueuse de l‚Äôint√©riorit√© mesur√©e de cet andante maestoso : la voix √©carte toute solennit√©, elle intensifie la pri√®re individuelle d‚Äôune fervente ¬ę¬†r√©chauff√©e par la gr√Ęce¬†¬Ľ, adoratrice apais√©e de Marie, dans l‚Äôatt√©nuation finale d‚Äôune douleur enfin mieux v√©cue.

 

Le chef trouve des accents plus pointillistes √† l‚Äôorchestre et id√©alement accord√©s au quatuor vocal, √† la fois attendri et sinc√®re dans des accents plus francs et directs ; toujours, le geste semble mesurer l‚Äôampleur du dolorisme que la mort implacable et injuste suscite (vague du collectif renforc√© par le choeur grandiose), altern√© par une pri√®re fervente tr√®s incarn√©e, soudainement lumineuse √† l‚Äô√©nonc√© du Paradis promis √† l‚Äô√Ęme √©plor√©e.

Jiri Belohlavek force le trait dans la solennité, conférant à la fresque de Dvorak, une épaisseur majestueuse, quasi beethovénienne (Missa Solemnis) et une très forte charge introspective (Brahmsienne).

 

Le finale est une arche plus impressionnante et spectaculaire (de surcro√ģt dans un espace tr√®s r√©verb√©r√©) que retenue ; et le chef joue sur le grandiose des effectifs en nombre. Malgr√© la spatialisation large et la prise de son dilu√©e, Belholavek trouve l‚Äôintonation juste dans les derni√®res mesures aux cordes qui dessinent l‚Äôespoir d‚Äôune aube nouvelle, r√©solvant la charge de tant de ferveur ant√©rieure.

Dans la salle Dvorak au Rudolfinum de Prague, le c√©r√©moniel l‚Äôemporte sur la v√©ritable intimit√© de la ferveur. La fresque parfois d√©mesur√©e, d√©borde du sentiment individuel pourtant contenu dans une partition √† la tr√®s forte coloration autobiographique. Autour du maestro, les √©quipes r√©unies : chŇďur (rendu ainsi confus par la prise de son indistincte et p√Ęteuse), orchestre, solistes‚Ķ c√©l√®brent surtout un monument national, et aussi assur√©ment l‚Äôengagement d‚Äôun chef alors √Ęg√©, reconnu pour sa d√©fense du r√©pertoire national. Pour les versions alternatives, avec solistes aussi impliqu√©s et sobres, et surtout choeur enfin d√©taill√©, voyez du c√īt√© des chefs Herreweghe, Kubelik et Sinopoli (les deux derniers chez DG). R√©alis√© quelques semaines avant sa mort, ce Stabat Mater prend des allures de testament artistique du chef principal, d√©tenteur de toute une tradition esth√©tique que l‚Äôon ne peut d√©sormais ignorer.

 

 

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CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca)

Compte rendu concerts. 37√®me √©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Clo√ģtre des Jacobins ; Le 23 septembre 2016. Saint-Sa√ęns,Chopin, Mel Bonis,Cheminade Debussy,Liszt. Philippe Bianconi, piano.

bianconi-piano-582-philippe-bianconi-le-piano-romantique-ticketac-27648-712Compte rendu, concert. 37√®me √©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Clo√ģtre des Jacobins ; Le 23 septembre 2016 ; Camille Saint-Sa√ęns ; Fr√©deric Chopin ; Mel Bonis; C√©cile Cheminade ; Claude Debussy ; Frantz Liszt ; Philippe Bianconi, piano. Entre palme de l‚Äôoriginalit√© et celle de la po√©sie, la Muse ne saura laquelle pr√©f√©rer pour Philippe Bianconi. Le r√©cital qu‚Äôil a pr√©sent√© est particuli√®rement abouti et d‚Äôune belle originalit√©. Le parti pris de ne jouer que des danses aurait pu lasser sous des doigts moins expressifs. Mais Philippe Bianconi est √† la fois un po√®te et un grand virtuose. La musique pour piano de Saint-Sa√ęns est exigeante et pas toujours facile d‚Äôacc√®s. Philippe Bianconi a su ne rien laisser de cot√©, ni une virtuosit√© parfois exacerb√©e pour elle-m√™me, ni une complexit√© harmonique et rythmique d√©concertante, ni surtout un style tr√®s particulier qui doit donner l‚Äôimpression de la facilit√© et de l‚Äô√©l√©gance √† tout prix. Les Mazurkas et la valse de Chopin ont √©t√© magiques. La d√©licatesse des Mazurka sous des doigts de velours, a lib√©r√© une ensorcelante m√©lancolie. Ce Chopin est pure po√©sie, ¬†il passe comme un r√™ve. Tout est libre en apparence sous des doigts si habiles √† faire oublier que le piano est un instrument de percussion. Tout n‚Äôest que ligne, nuances extatiques, couleurs mouvantes.

Danses avec un poète du piano

Deux femmes ont √©t√© distingu√©es par notre po√®te du piano, exactes contemporaines de Saint-Sa√ęns et Debussy. La Barcarolle de Mel Bonis est ample dans l‚Äôusage fait du piano qui sonne large et virtuose tout en √©tant tr√®s expressif. La Mazurk‚Äô su√©doise de C√©cile Cheminade est contrast√©e et d‚Äôun caract√®re passionn√©. Ces deux trop courtes pi√®ces nous ont permis de distinguer combien il est injuste de sous estimer ces compositrices n√©es dans l‚Äôombre masculine, mais ayant trouv√© un style d‚Äôexpression personnel et qui m√©rite notre attention. La mazurka choisie de Debussy sonne un peu sage et presque raisonnable √† cot√© des deux dames‚Ķ

Pour finir sur une apothéose et d’une puissance rare, Philippe Bianconi aborde deux étonnantes pages de Liszt. La valse-impromptu démarre avec un sens de l’humour malicieux puis développe sous des doigts funambulesques, un rythme de plus en plus entrainant puis des hésitations pleines de séduction relancent le thème. Philippe Bianconi dispose d’une virtuosité aristocratique ne semblant que facilité.

Dans la M√©phisto-valse 1, il se transforme en diable grand seigneur √† l‚Äôinqui√©tante s√©duction tout √† fait charismatique, non d√©nu√©e d‚Äôhumour noir. Son articulation d‚Äôune pr√©cision d‚Äôhorloger suisse, ses nuances tr√®s creus√©e et des couleurs d‚Äôarc en ciel font de cette pi√®ce souvent uniquement virtuose sous des doigts moins experts, un petit th√©√Ętre de l‚Äôhorreur infernale. Il n‚Äôest pas fr√©quent d‚Äôentendre ainsi cette pi√®ce √©blouissante sans rien perdre d‚Äôune lisibilit√© de chaque instant avec un caract√®re si tremp√©. Ce diable nous ferait le suivre ou il voudra‚Ķ

C‚Äôest la vari√©t√© de jeu de Philippe Bianconi qui a permis de d√©guster sans rel√Ęchement une suite originale de danses pianistiques. Le public a √©t√© charm√© et a obtenu deux bis faisant une ovation √† un v√©ritable po√®te du piano.

Compte rendu concerts. 37√®me √©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Clo√ģtre des Jacobins ; Le 23 septembre 2016 ; Camille Saint-Sa√ęns (1875-1921) : Suite en Fa majeur, op.90 ; Valse canariote op.88 ; Valse langoureuse en mi majeur,op.120 ; Etude ne forme de valse, op.52 n¬į6 ; Fr√©deric Chopin (1810-1849) : Trois mazurkas op.59 ; Valse en la b√©mol, op.42 ; Mel Bonis (1858-1937) : Barcarolle ; Cecile Chaminade (1857-1944) : Mazuk‚Äô su√©doise ; Claude Debussy (1862-1918) : Mazurka ; Frantz Liszt (1811-1886) : Valse-impromptu ; M√©phisto-valse 1 ; Philippe Bianconi, piano.

Compte rendu, concerts. 37 √®me √©dition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Clo√ģtre des Jacobins. Les 6 et 7 septembre 2016. R. Goode, C.Zacharias.

Compte rendu, concerts. 37 √®me √©dition de Piano aux Jacobins¬†; Toulouse¬†; Clo√ģtre des Jacobins. Les 6 et 7 septembre 2016. R. Goode, C.Zacharias. La fin des vacances et la rentr√©e des petits et grands ne repr√©sente pas le meilleur moment de l‚Äôann√©e. Pourtant √† Toulouse la rentr√©e est source de joie par le d√©but du Festival Piano aux Jacobins. Le cadre du Clo√ģtre des Jacobins, la m√©t√©o cl√©mente, cr√©ent depuis 37 ann√©es le d√©veloppement de soir√©es musicales d‚Äôexception.¬†¬†Ensuite un tuilage avec la saison symphonique de la Halle-aux-Grains dans un concert commun lance la riche saison musicale toulousaine et tout s‚Äôencha√ģne. Cette premi√®re semaine nous a permis d‚Äôassister aux deux premiers concerts plac√©s sous une m√©t√©o des plus estivales.

Richard Goode 2 c Steve RiskindLe 6 septembre 2016 ; Richard Goode, piano. Richard Goode a une nouvelle fois ouvert le festival. Cet invité régulier du festival représente le fleuron de l’école américaine de piano. Sa présence en Europe est bien trop rare car ses activités dans le nouveau monde sont multiples, entre autre il est le co-fondateur du prestigieux festival de Marlboro. En 2011, nous avions été subjugués par la musicalité de cet immense artiste. Ce soir n’a pas été placé sous le signe de cette musicalité d’altitude. Si les moyens du pianiste sont toujours aussi fascinants, une ligne de force constante et une certaine dureté ont dominé ses choix interprétatifs. Dans la sonate de Mozart, la frappe ferme et une sorte de raideur ont certes mis en lumière la noirceur contenue dans l’oeuvre mais ont empêché de déguster le charme et l’élégance que la Sonate contient. Les pièces extraites du Sentier herbeux de Janacek ont été toutes comme lissées sur un même moule, dans une même lumière et une unique couleur un peu vague. Cela a créé une belle respiration dans le programme.

Ensuite la violence de son Brahms a surpris par le manque de sentiment. Un Brahms noir et puissant sans concession. La richesse harmonique, la complexe charpente des pièces a été dessiné avec art, mais sans la moindre souplesse et tout romantisme a été absent.
Les extraits du Livre II des Préludes de Debussy ont été abordés avec une sonorité pleine, beaucoup de pédale, une franchise de ton qui a évité la subtilité de couleurs attendue. L’effet est étrange car c’est comme si une sorte de saturation, de lumière constamment solaire empêchait cet esprit français si sensible dans les compositions de Claude de France, de se révéler.
En fin de programme, dans le grande Sonate n¬į31 de Beethoven, Goode a √©t√© royal et triomphant soulevant l‚Äôenthousiasme du public. Ce grand sp√©cialiste de Beethoven, qui a grav√© sonates et concertos dans des versions acclam√©es, a domin√© avec puissance la belle partition.
Son Beethoven est charpenté et incisif, parfois un peu massif mais toujours irrésistible. La structure comme dégagée au scalpel, avec des graves très sonores permet une interprétation majeure. La grandeur  beethovénienne a été ainsi portée au firmament par un pianiste aux moyens vertigineux dans une cataracte sonore très impressionnante.

Zacharias-Christian_c_Nicole_ChuardLe 7 septembre 2016¬†; Christian Zacharias, piano. Le lendemain le concert de Christian Zacharias a √©t√© tout autre. D‚Äôaucun ont √©t√© amen√© √† penser que le piano avait d√Ľ √™tre chang√©‚Ķ C‚Äôest cela la richesse de ce festival¬†: proposer de soirs en soirs des visions si diff√©rentes de la musique sur un seul et m√™me piano. Christian Zacharias et un musicien complet, soliste, chambriste, chef d‚Äôorchestre et compositeur. Dans sa pr√©sence au piano et dans ses interpr√©tations cette compl√©mentarit√© musicale est pr√©sente. Il a fait le choix d‚Äôun programme surprenant abordant deux compositeurs plut√īt r√©serv√©s aux clavecinistes. Son bouquet de Sonates de Scarlatti a permis un d√©veloppement de subtilit√©s de couleurs, des tempi nuanc√©s, tout √† fait inhabituels. La fantaisie a √©t√© le ma√ģtre mot de cette interpr√©tation si personnelle qui jamais n‚Äôa manqu√© d‚Äô√©l√©gance et a su doser une certaine pointe d‚Äôhumour. Le changement de couleurs, de toucher et l‚Äôa√©ration dont son jeu a √©t√© porteur, ont construit une interpr√©tation lumineuse et d√©licate de la Sonatine de Ravel. Christian Zacharias rend clairement √† la fois l‚Äôhommage aux anciens contenus dans la pi√®ce de Ravel, et toute la modernit√© du propos. Un grand art de musicien. En effet rendre limpide le texte et le sous-texte musical avec cette simplicit√© est admirable et rare.
Les Sonates de Padre Soler ont également été pleines d’esprit et de malice. La main droite d’une présence incroyable a signé l’atmosphère hispanique des sonates. Cette mise en lumière de l’architecture avec cette jubilation a créé un moment aussi léger que spirituel plein de bonheur.
Avec la dernière partie consacrée à Chopin, le génial interprète a comme ouvert une dimension supplémentaire en terme de puissance émotionnelle et d’immenses moyens pianistiques assumés. Les Mazurkas sont des partitions difficiles en ce qui concerne le sentiment et l’interprétation dans une mélancolie luttant contre le plaisir du souvenir passé. Plus que les Polonaises, elles chantent l’attachement de Chopin à son passé polonais.
L’esprit et la délicatesse des phrasés, la beauté des couleurs, le rubato élégant, tout un monde de poésie est né sous les doigts magiques de Christain Zacharias. Et que dire de la virtuosité fulgurante, et la puissance orchestrale dont il est capable !
Un musicien d‚Äôexception a enchant√© le piano, comme le clo√ģtre pour la plus grande joie du public (concert complet¬†¬†ayant refus√© du public). Il est certain que le concert de Christian Zacharias avec Tugan Sokhiev et l‚ÄôOrchestre du Capitole le 17 septembre prochain √† la Halle-aux-Grains atteindra des sommets de musicalit√© avec le si extraordinaire 5√®me Concerto de Beethoven¬†!
Merci à Catherine d’Argoubet qui sait programmer des artistes si beaux et si divers avec cette constance dans la stimulation de l’écoute.

Compte rendu concerts. 37 √®me √©dition de Piano aux Jacobins¬†; Toulouse¬†; Clo√ģtre des Jacobins. Richard Goode et Christian Zacharias.

Le 6 septembre 2016¬†; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)¬†: Sonate pour piano en la mineur K.310¬†; Leos Janacek (1854-1928)¬†: Sur un sentier herbeux, extraits¬†; Johannes Brahms (1833-1897)¬†: 6 pi√®ces Op.118¬†; Claude Debussy (1862-1918)¬†: Extraits du livre II¬† des pr√©ludes ; Ludwig Van Beethoven (1770- 1827)¬†: Sonate pour piano n¬į31 en la b√©mol majeur, Op.110¬†; Richard Goode, piano.

Le 7 septembre 2016¬†; Domenico Scarlatti (1685-1757)¬†: Sonates en mi majeur K.162, en do mineur K.226, en mi b√©mol majeur K183, en fa mineur K. 183, en fa mineur K.386¬†; Maurice Ravel (1875-1937)¬†: Sonatine¬†; Padre Antonio Soler (1729-1783)¬†: Sonates en sol mineur N¬į87,en r√© mineur N¬į24, en r√© majeur N¬į84, en r√© b√©mol majeur N¬į88¬†; Fr√©deric Chopin ( 1810-1849)¬†: Scherzo N¬į1 en si mineur, Op.20¬†; Mazurkas N¬į1 en ut di√®se mineur,Op41, en la mineur, Op. Posthume (KK2B n¬į4), en la mineur Op.17 n¬į4¬†; en ut di√®se mineur Op.30 n¬į4¬†; Scherzo en si b√©mol mineur, Op.31 n¬į2¬†; Christian Zacharias, piano.

Récital du pianiste Seong-Jin Cho, en direct sur internet

seong-jin-cho-mozart-schubert-chopin_d_jpg_720x405_crop_upscale_q95En direct sur internet, ce soir, 20h : récital du pianiste Seong-Jin Cho, nouveau signataire chez l’écurie Deutsche Grammphon, après son triomphe récent au dernier Concours Chopin de Varsovie. Concert en direct depuis Reims. Il a remporté le premier Prix lors du dernier Concours Chopin de Varsovie en octobre 2015 (17ème Concours).

 

seong_jin_cho_chopin_17_concours_piano_varsovie_meaN√© √† S√©oul le 28 mai 1994, Seong-Jin Cho est un jeune talent prometteur qui a d√©j√† remport√© plusieurs distinction : Grand Prix du Concours international Chopin pour jeunes pianistes (2008), 3e prix du concours international Tcha√Įkovski (2011), 3e prix du Concours international Arthur Rubinstein‚Ķ¬†Elu et distingu√© √† Varsovie par un Jury¬†compos√© de Martha Argerich, Philippe Entremont, Nelson Goerner, Seong-Jin Cho inscrit son nom dans une liste de laur√©ats prestigieux tels que Maurizio Pollini (1er prix, 1960), Martha Argerich (1965), Krystian Zimerman (1975), Yundi Li,¬†Rafal Blechacz (2005)‚Ķ tous artistes ayant sign√© par la suite avec le prestigieux label jaune toujours bien plac√© dans la carri√®re des grands noms du piano, Deutsche Grammophon. Daniil Trifonov, Yuja Wang, Yundi, hier Lang Lang (aujourd‚Äôhui pass√© chez Sony)‚Ķ font aussi partie de l‚Äô√©curie DG. Qu‚Äôen sera-t-il pour le jeune sud cor√©en Seong-Jin Cho ? Dans un r√©cent communiqu√©, r√©affirmant son partenariat avec l‚ÄôInstitut Chopin de Varsovie, coorganisateur du Concours Chopin fond√© en 1927, Deutsche Grammophon annonce un prochain enregistrement Chopin par le nouveau laur√©at du Concours polonais, Seong-Jin CHO. A suivre‚Ķ EN LIRE + sur Seong-Jin CHO, premier prix du 17√®me Concours Chopin de Varsovie (octobre 2015)

 
Au programme :
Mozart : Rondo K 511
SCHUBERT : Sonate pour piano n¬į19
CHOPIN : 24 Préludes pour piano
Seong-Jin Cho, piano
VOIR le direct ce soir à partir de 20h sur le site de Deutsche Grammophon : http://www.deutschegrammophon.com/fr/gpp/index/seong-jin-cho-reims

 

LIRE aussi notre critique compl√®te du premier cd de SEONG-JIN CHO, programme Chopin, CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2015

 

CD, compte rendu critique. John Field : intrégrale des Nocturnes. Elizabeth Joy-Roe, piano (1 cd Decca 2015)

ROE JOY Elizabeth nocturnes complete john field review cd critiques de cd presetnation CLASSIQUENEWS mai juin 2016 piano CLASSIQUENEWS -john-field-complete-nocturnes-2016CD, compte rendu critique. John Field : intr√©grale des Nocturnes. Elizabeth Joy-Roe, piano (1 cd Decca).¬†L’√āME IRLANDAISE AVANT CHOPIN : les CHAMPS ENCHANTEURS DE FIELD. On aurait tort de consid√©rer l’anglo-saxon John Field (1782-1837) tel le pr√©curseur inabouti de Chopin. L’irlandais, voyageur impressionnant, a certes invent√© la forme √©minemment romantique du Nocturne pour piano seul; il en a, avant Chopin, sculpter les m√©andres les plus t√©nues sur le plan expressif, trouvant une langue m√Ľre, s√Ľre et profonde assimilant avec un g√©nie cr√©atif rare, et la bagatelle (h√©rit√©e de Beethoven) et la Fantaisie… La jeune pianiste Elizabeth Joy Roe trouve un d√©licat √©quilibre entre int√©riorit√©, fougue et pudeur dans un univers personnel et puissamment original qui verse constamment – avant Wagner et son Tristan empoisonn√© mais inoubliable, vers les enchantements visionnaires de la nuit ; nuits plus r√©confortantes et intimes, plut√īt vrais miroirs personnels et introspectifs que miroitements inqui√©tants ; la r√™verie qui s’en d√©gage invite peu √† peu √† un questionnement sur l’identit√© profonde. Une interrogation souvent √©nonc√©e sur le mode suspendu, √©perdu, enivr√© : ans un style rarement rageur et violent comme peut l’√™tre et de fa√ßon si g√©niale, Chopin, d’une toute autre mais √©gale maturit√©. Voici donc 18 Nocturnes (l’int√©grale de cette forme dans le catalogue de Field) sous les doigts d’une musicienne qui les a tr√®s longtemps et patiemment travers√©s, explor√©s, mesur√©s ; un √† un, quitte √† en r√©aliser comme ici, une √©dition critique in√©dite (√† partir du fonds Schirmer).

 

 

Dédiée au rêve nocturne de Field, la jeune pianiste américaine Elizabeth Joy Roe nous permet de poser la question :

Et si Field était plus bellinien que Chopin ?

 

field piano john field nocturnes review presentation critique cd CLASSIQUENEWS John_fieldLa souplesse du jeu caressant montre la filiation avec le songe m√©lancolique de Schubert (n¬į1 en mi b√©mol majeur h24) et aussi le r√™ve tendre de Mozart. Le n¬į6 (“Cradle Song” en fa majeur h40) montre combien la source de Chopin fut et demeure Field dans cette formulationsecr√®tement et visc√©ralement inscrite dans les replis les plus secrets et imperceptibles de l’√Ęme. Songes enfouis, blessures t√©nue, silencieuses, √©blouissements scintillants… tout tend et se r√©sout dans l’apaisement et le sentiment d’un renoncement supr√™me : on est loin des tensions antagonistes qui font aussi le miel d’une certaine sauvagerie et r√©sistance chopiniennes; √† l’inverse de ce qui para√ģt tel un d√©voilement explicit√©, la tension chez Field, infiniment pudique, vient de la construction harmonique au parcours sinueux, jamais pr√©visible.
Field sait aussi √™tre taquin, chaloup√© et d’un caract√®re plus vif argent : n¬į12 “Nocturne caract√©ristique” h13… avec sa batterie r√©p√©t√©e (main droite) qui passe de l’espi√®glerie insouciante au climat d’un pur enchantement √©vanescent, plus distanci√© et po√©tique.
La m√©lodie sans paroles (“song without words”) n¬į15 en r√© mineur exprime un cheminement plus aventureux, d’une m√©lancolie moins contr√īl√©e c’est √† dire plus inqui√®te, mais d’une tension tr√®s mesur√©e cependant. La pudeur de Field reste extr√™me.¬†Le n¬į16 en ut majeur (comme le n¬į17) h60 est le plus d√©velopp√© soit plus de 9 mn : d’une √©locution riche et harmoniquement captivante, d’une finesse suggestive qui annonce l√† encore directement Chopin.

CLIC_macaron_2014L’expressivit√© filigran√©e de la pianiste am√©ricaine n√©e √† Chicago, √©l√®ve de la Juilliard School, d√©tentrice d’un m√©moire sur le r√īle de la musique dans l’oeuvre de Thomas Mann et Marcel Proust, cible les mondes souterrains dont la nature foisonnante se d√©voile dans ce programme d’une activit√© secr√®te et souterraine irr√©sistible. Au carrefour des esth√©tiques et des disciplines, le go√Ľt de la jeune pianiste, d√©j√† tr√®s cultiv√©e, enchante litt√©ralement chez Field dont elle sait √©clairer toute l’ombre propice et allusive : ne prenez que ce n¬į16, certes le plus long, mais en v√©rit√© volubile et contrast√©, v√©ritable compilation de trouvailles m√©lodiques et harmoniques comme s’il s’agissait d’un op√©ra bellinien mais sans parole. Au m√©rite de la pianiste revient cette coloration permanente qui l’inscrit dans l’accomplissement d’un r√™ve √©veill√©, d’une nuit √©toil√©e et magicienne √† l’in√©narrable s√©duction. R√©cital tr√®s convaincant. D’auant plus recommandable qu’il r√©v√®le et confirme la sensibilit√© po√©tique et profonde du compositeur pianiste irlandais. Et si Field se montrait plus Bellinien que Chopin ? L’√©coute de ce disque habit√©, coh√©rent nous permet de poser la question. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai et juin 2016.

 

 

 

CD, compte rendu critique. John Field : intégrale des Nocturnes (1-18). Elizabeth Joy Roe, piano (enregistrement réalisé dans le Suffolk, en septembre 2015). CLIC de CLASSIQUENEWS de mai et juin 2016. 1 cd DECCA 478 8189.

 

 

 

REPORTAGE. POLONIA : Le nouvel album de Pascal Amoyel

Amoyel pascal chopin polonaises la dolce vitaCD √©v√©nement, annonce : Polonaises de Fr√©d√©ric Chopin par Pascal Amoyel, 1 cd La Dolce Volta. Parution le 29 avril 2016. CHOPIN R√ČG√ČN√ČR√Č. Pascal Amoyel livre son nouveau Chopin dans un nouvel album discographique √† para√ģtre chez l‚Äô√©diteur La Dolce Volta le 29 avril 2016. Apr√®s son dernier recueil d√©di√© au Chopin de l‚Äôann√©e 1846, c‚Äôest une nouvelle immersion, captivante et tr√®s investie √† laquelle nous invite le pianiste fran√ßais Pascal AMOYEL qui pour le label La Dolce Volta publie une collection de Polonaises de Fr√©d√©ric Chopin : l‚Äôexercice devient exp√©rience musicale et po√©tique d‚Äôune coh√©rence indiscutable qui r√©capitule surtout le g√©nie du cr√©ateur sur une forme en m√©tamorphose. La Polonaise indique l‚Äôattachement √† la m√®re patrie, en un chant de souffrance et de renoncement qui s‚Äô√©l√®ve au del√† de l‚Äôexp√©rience personnelle et intime vers un cri universel pour la libert√©. L‚Äôapproche est d‚Äôautant plus personnelle qu‚Äôelle rend un secret hommage au grand p√®re de l‚Äôinterpr√®te. Pour Pascal Amoyel, Chopin fut autant capable de vertiges d‚Äôune rare violence que d‚Äôune introspection furieusement tendre. Les 7 Polonaises ici r√©unies r√©tablissent la mesure de cette trag√©die intime qui fait de Fr√©d√©ric Chopin ce cr√©ateur atypique, aux blessures profondes, √† l‚Äôhypersensibilit√© salvatrice n√©anmoins qui, investie par un instinct cr√©ateur et audacieux hors normes, invente de nouveaux formats musicaux dont les Polonaises. En t√©moignent ces 7 joyaux remarquablement cisel√©es au nombre desquels figurent les Polonaises les plus passionnantes et les mieux inventives, opus 44 (notre pr√©f√©r√©e), opus 53 (Maestoso), enfin la Polonaise-Fantaisie opus 61, sommet du genre. Marche pleine de panache et d‚Äôaristocratique noblesse, la Polonaise √©volue sous les doigts du pianiste compositeur, osant de fa√ßon libre et in√©dite, de nouveaux d√©fis structurels, harmoniques, po√©tiques‚Ķ le cadre n’est qu’un pr√©texte √† toujours plus de d√©passement intimes et expressifs, tout concourt peu √† peu √† l’√©clatement du noyau pr√©alable… REPORTAGE VIDEO ¬© studio CLASSIQUENEWS avril 2016 ‚ÄĒ r√©alisation : Philippe Alexandre Pham

VOIR aussi le CLIP POLONIA : Pascal Amoyel joue le d√©but de la Polonaise opus 53 (Paris, Th√©√Ętre Le Ranelagh, mars 2016 ¬© studio CLASSIQUENEWS.COM)

CD, événement. Denis Matsuev, piano : Rachmaninov, Stravinsky, Shchedrin (1 cd Mariinsky)

CLIC D'OR macaron 200CD, √©v√©nement. Denis Matsuev, piano : Rachmaninov, Stravinsky, Shchedrin (1 cd Mariinsky).¬†Versatile mais pas artificiel, le piano de Denis Matsuev impose avec un style irr√©sistible sa furia interpr√©tative : un volcan, un dragon capable d’audace et d’int√©riorit√©. Ce programme moins √©clectique qu’il n’y para√ģt, Rachamaninov, Stravinsky, Shchedrin en t√©moigne : la puissante magie du sorcier Matsuev s’y d√©verse et y cis√®le une digitalit√© s√Ľre, √©lectrique, d’une prodigieuse assurance, combinant, expressivit√© et po√©sie.

Fluidit√© et virilit√© du Concerto n¬į1 de Rachmaninov : nervosit√© scintillante, un feu d’une rare vitalit√© gr√Ęce √† un toucher alliant √©nergie et ductilit√©. La v√©locit√© digitale dont est capable Denis Matsuev, ne sacrifiant jamais la finesse allusive sur l’autel de la facile virtuosit√©, s’impose √† nous dans ce premier volet dont il sait exprimer toutes les nostalgies et les langueurs √† peine tenus assum√©es par l’expatri√© Rachma,toujours profond√©ment tent√© par le d√©mon des gouffres liszt√©ens (derni√®re s√©quence du I “Vivace”).

matsuev denis review compte rendu classiquenews CLIC de classiquenews compte rendu critique Cover_MAR0587_1024x1024Dans sa version tardive de 1949, le Capriccio pour piano et orchestre de Stravinsky pr√©pare √† la m√©canique apocalytique de Shchedrin, par sa coupe syncop√©, ses accents tragico-cyniques auxuquels Matsuev aime √† ciseler mais sans duret√© chaque trait incisif. L√† encore, la ma√ģtrise expressive et suggestive, la mise en place assur√©e par le maestro Gergiev, un partenaire fiable assurant la r√©ussite de ses deux artistes en pleine complicit√©, contribuent √† la grande s√©duction du morceau, formidable mouvement de bascule permanent entre tragique et comique ; s’y insinuent √©videmment la morsure du cynisme, de l’angoisse rentr√©e, la peur et le visage de toutes les terreurs politiques, proches en cela de Chostakovitch. S√©rieux, insouciant, fantaisiste ou profond… tout l’art de l’insaisissable Stravinsky est magistralement exprim√©. L’andante Rapsodico et ses d√©lires n√©obaroques ou n√©oclassiques aprofondit encore la port√©e d’autod√©rision et de satire √† peine voil√©e. Le toucher pr√©cis, contr√īl√© du pianiste offre au mouvement, une grandeur tendre, une coloration de sinc√©rit√© (malgr√© les masques que le compositeur aime y user jusqu’√† l’√©cŇďurement), totalement irr√©sistible.

 

 

 

Rachmaninov, Stravinsky, Shchdrine, un triptyque de la modernit√© russe…

Piano fauve et allusif du félin Matsuev

 

 

matsuev denis piano russe classiquenewsLe Concerto pour piano n¬į2 de¬† Rodion Shchedrin (Ch√©drine, n√© en 1932) s’impose plus encore par sa carrure de l’√©trange, un cycle d’atmosph√®res et de climats qui perturbent et d√©stabilisent. L’opus compos√© en 1966 et d√©di√© comme l’ensemble de ses 6 Concertos √† son √©pouse la danseuse √©toile Ma√Įa Plissetska√Įa (d√©c√©d√©e en 2015) t√©moigne de l’inspiration contrast√©e, ardente, efficace de son auteur. Morsures hallucin√©es, et inqui√©tudes finales quasi murmur√©es (entre d√©sespoir et renoncement total) de “Dialogues” (I); rythmicit√© m√©canique d’Improvisations : allegro (tr√®s courts scherzo parfois grima√ßant et sec) ; l’int√©riorit√© du compositeur s’affirme v√©ritablement dans le dernier et troisi√®me mouvement not√© “Contrastes : Andante – allegro” o√Ļ le cadre l√† encore resserr√©, fait l’inventaire d’un champs de ruines, d√©vast√©, criant d’effrayante v√©rit√©. Le piano √† la fois funambule et comme hagard de Matsuev saisit par sa juste pudeur, introspective, t√©nue, mesur√©e o√Ļ des gouffres s’ouvrent sans filet, contrastant avec des s√©quences jazzy d’une inconscience / insouciance d’autant plus inqui√©tante que la dualit√© des deux climats para√ģt bien √™tre le miroir de notre √©poque : d√©ni collectif des soci√©t√©s consommatrices et violence barbare en plein expansion… tout le mouvement dernier tire sa force hypnotique du contraste n√© des deux styles. Shchedrin a ressenti le d√©r√®glement profond de notre soci√©t√© dans un Concerto d√©concertant √† bien des √©gards. D√©stabilisant mais terriblement √©loquent. La musique nous tend le miroir… ce que nous¬† voyons, gr√Ęce au pianiste en transe, rel√®ve de l’horreur absolu. Le r√©cital, con√ßu tel le triptyque de la modernit√© russe captive du d√©but √† la fin. Le piano fauve et allusif du f√©lin Mastuev saisit par sa pr√©cision, son mordant, sa justesse, sa maturit√© et sa musicalit√©. CLIC de classiquenews de janvier 2016.

CD, √©v√©nement. Denis Matsuev, piano : Rachmaninov (Concerto pour piano n¬į2, version de 1917), Stravinsky (Capriccio pour piano et orchestre, version de 1949), Shchedrin (Concerto pour piano n¬į2). Mariinsky Orchestra. Valery Gergiev, direction – Enregistrement r√©alis√© en 2014 (Rachma), avril 2015 √† Saint-Petersbourg, Mariinsky Theatre Concert Hall – 1 cd SACD Mariinsky MARO 587.

CD, coffret. Alfred Brendel, The complete Philips recordings (114 cd Decca)

brendel-alfred-coffret-the-complete-philips-recordings-114-cd-review-critique-cd-classiquenews_deccaCD, coffret. Compte rendu critique: ALFRED BRENDEL, the complete Philips recordings (478 8827 edition limitée). Actualité hautement pianistique en ce mois de janvier 2016. Après un somptueux coffret Radu Lupu, et à quelques jours de la parution très attendue du dernier album (Water) de la pianiste Hélène Grimaud (chez Deutsche Grammophon), Decca édite un exceptionnel coffret regroupant tous les enregistrements Philips du pianiste Alfred Brendel, ce pour ces 85 ans en 2016. The complete Philips recordings totalise ainsi 114 cd, réorganisant l’intégrale des enregistrements réalisés de la fin des années 1960 au cycle des adieux, ceux de sa dernière tournée en décembre 2008. En plus d’un ouche feutré sobre et sensible, Brendel est un rare pianiste sachant mesurer la subtilité et l’humour. Un facétieux, à la fois intellectuel et aussi, pour ceux qui l’ont connu personnellement doué pour l’autodérision. Le legs de Bredenl est ici organisé en 4 parties :

 

1- Mozart, Bach et surtout Haydn, avec en bonus le cycle complet des Concertos pour piano et orchestre de Mozart réalisé avec Neville Marriner

2- Beethoven : d’abord les 3 intégrales des Concertos pour piano et orchestre (réalisées avec Rattle, Levine et Haitink) ; mais aussi les 2 cycles des Sonates pour piano (1970-1977 et 1992-1996).

3- Les Romantiques : les 2 cycles regroupant les oeuvres tardives pour piano de Schubert ; les Concertos pour piano et Totentanz de Liszt ; Tableaux d’une exposition de Moussorgski ; oeuvres de Berg, Busoni, Schoenberg.

4- enfin, le dernier volet comprend la musique de chambre, les lieder et les prises live : lieder de Schumann et Schubert avec l’immense baryton légendaire Dietrich Fischer Dieskau, Matthais Goerne ; les Sonates pour violoncelle et piano de Beethoven avec son fils violoncelliste Adrian. Enfin l’intégralité de son dernier récital, celui des adieux, donné à Vienne le 18 décembre 2018.

brendel_coffret_alfred brendel critique review piano clic de classiquenews janvier 2016 CLASSIQUENEWS review critique compte rendu inside

 

 

CLIC D'OR macaron 200Outre le soin apport√© √† cette int√©grale discographique de premier plan, saluons le superbe livre, v√©ritable mine et √©crin de clich√©s photographiques repr√©sentant l‚Äôinterpr√®te en situation, concerts et hors concert d√©livrant la photog√©nie du passeur, √† la fois po√®te, artiste habit√© par l‚Äôid√©al artistique et une pens√©e toujours √† l‚Äôaff√Ľt (diversit√© des clich√©s provenant de fonds d√©j√† connus mais aussi des archives personnelles de la famille Brendel). L‚Äôhomme au parapluie semble bien conserver intacte l‚Äôintensit√© d‚Äôune sensibilit√© qui s‚Äôest toujours pr√©serv√©e des contingences ext√©rieures : un artiste qui nous a r√©gal√© par cette capacit√© √† s‚Äôimmerger dans chaque oeuvre qu‚Äôil a jou√©e, surtout Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert.¬† Coffret exceptionnel, incontournable. Donc CLIC de classiquenews de janvier 2016.

 

 

CD, coffret. ALFRED BRENDEL, the complete Philips recordings (478 8827 edition limitée) 114 cd + 1 Beaux-livre (richement illustré de photographies 114 cd Decca).

 

 

 

 

tracklisting :

 

 

 

BACH · HAYDN · MOZART

CD1:              Bach, J.S.: Italian Concerto; Chromatic Fantasia & Fugue

CD2:              Haydn: Piano Sonatas Nos. 20 & 49

CD3:              Haydn: Piano Sonatas Nos. 32, 34 & 42; Fantasia in C

CD4:              Haydn: Piano Sonatas Nos. 48, 50 & 51

CD5:              Haydn: Piano Sonatas Nos. 37, 40 & 52; Andante con variazioni

CD6:              Mozart: Piano Sonatas Nos. 8, 13 & 14

CD7:              Mozart: Piano Sonata No.11; Adagio in B Minor; Duport Variations K.573

CD8:              Mozart: Piano Sonatas Nos. 3, 4 & 18

CD9:              Mozart: Piano Sonatas Nos. 8, 9 & 15

CD10:            Mozart: Piano Sonatas Nos. 10, 11 & 17

CD11:            Mozart: Piano Sonatas Nos. 12, 13 & 14

CD12:            Mozart: Piano Sonatas Nos. 4 & 15

CD13:            Mozart: Piano Concertos Nos. 5, 6 & 10

CD14:            Mozart: Piano Concertos Nos. 7, 8 & 11

CD15:            Mozart: Piano Concertos Nos. 9 & 12; Rondo, K.386

CD16:            Mozart: Piano Concertos Nos. 13 & 17; Concert Rondo, K.382

CD17:            Mozart: Piano Concertos Nos. 14, 15 & 16

CD18:            Mozart: Piano Concertos Nos. 18 & 19

CD19:            Mozart: Piano Concertos Nos. 20 & 21

CD20:            Mozart: Piano Concertos Nos. 22 & 23

CD21:            Mozart: Piano Concertos Nos. 24 & 25

CD22:            Mozart: Piano Concertos Nos. 26 & 27

                       Academy of St. Martin in the Fields, Sir Neville Marriner

CD23:            Mozart: Piano Concertos Nos.20 & 24

CD24:            Mozart: Piano Concertos Nos. 22 & 27

CD25:            Mozart: Piano Concertos Nos. 9 & 25

CD26:            Mozart: Piano Concertos Nos. 12 & 17

                      Scottish Chamber Orchestra, Sir Charles Mackerras

CD27:            Mozart: Piano Quartet in E flat Major & Piano Concerto No.12 (arr. for piano & string quartet) with Alban Berg Quartet

CD28: ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† Mozart: Ch’io mi scordi di te -¬†Jessye Norman, Sylvia McNair, Academy of St. Martin-in-the-Fields under Sir Neville Marriner

                      BEETHOVEN

CD29:            Beethoven: Piano Sonatas Nos.1, 2 & 3 [Analogue cycle]

CD30:            Beethoven: Piano Sonatas Nos.4, 15 & 20

CD31:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 5, 6 & 7

CD32:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 8, 9, 10 & 11

CD33:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 12, 13, 14 & 19

CD34:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 16, 17 & 18

CD35:            Beethoven: Piano Spnatas Nos. 21, 22 & 23

CD36:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 25, 24, 27 & 23

CD37:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 29 & 26

CD38:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 30, 31 & 32

CD39:            Beethoven: Pano Sonatas Nos. 1, 2 & 4 [digital cycle]

CD40:            Beethoven: Piano Sonatas Nos.3, 5, 6 & 8

CD41:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 7, 9, 10 & 11

CD42:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 12, 13, 14 & 15

CD43:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 16, 17, 18 & 19

CD44:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 20, 21, 22 & 23

CD45:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 24, 25, 26, 27 & 28

CD46:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 29 & 30

CD47:            Beethoven: Piano Sonatas Nos. 31 & 32

CD48:            Beethoven: Eroica Variations; Bagatelles Op.126, 6 Ecossaises WoO 83, 6 Piano Variations in F Op.34, etc.

CD49:            Beethoven: Bagatelles Op.33, 119 & 126

CD50:            Beethoven: Diabelli Variations (1988)

CD51:            Beethoven: Piano Concertos Nos. 1 & 2

CD52:            Beethoven: Piano Concertos Nos. 3 & 4

CD53: ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† Beethoven: Piano Concerto No.5 – Emperor”; Fantasia, Op.80 -¬†London Philharmonic Orchestra, Bernard Haitink

CD54:            Beethoven: Piano Concertos Nos. 1 & 4

CD55:            Beethoven: Piano Concertos Nos. 2 & 3

CD56: ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† Beethoven: Piano Concerto No.5 – “Emperor”

                      Wiener Philharmoniker, Sir Simon Rattle

                      SCHUBERT · SCHUMANN · LISZT · BRAHMS

 

CD57:            Schubert: Piano Sonatas Nos. 4, 9 & 13 (analogue)

CD58:           Schubert: Piano Sonatas Nos. 14 & 16; Piano Sonata in C, D.840 (analogue)

CD59:            Schubert: Piano Sonatas Nos. 17 & 18 (analogue)

CD60:            Schubert: Piano Sonatas Nos. 19 & 20 (analogue)

CD61: ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† Schubert: Piano Sonata No.21; 3 Klavierst√ľke, D.946 (analogue)

CD62:            Schubert: 4 Impromptus, D.899; 4 Impromptus, D.935 (analogue)

CD63:            Schubert: Wanderer Fantasy; 6 Moments Musicaux, D.780 (analogue)

CD64:            Schubert: Piano Sonatas Nos. 17 & 14 (digital)

CD65:            Schubert: Piano Sonata No.20 in A Major, D.959 (digital)

CD66:            Schubert: Piano Sonata No.19; 6 Moments Musicaux (digital)

CD67: ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† Schubert: Piano Sonata No.16; Klavierst√ľcke, D.946 (digital)

CD68:            Schubert: Four Impromptus, D.90; Four Impromptus, D.935 (digital)

CD69:            Schubert: Piano Sonata No.18; Piano Sonata in C, D.840 (digital)

CD70:            Schubert: Piano Sonata No.21; Wanderer Fantasy (digital)

CD71: ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† Weber: Konzertst√ľck in F Minor; Piano Sonata No.2

CD72:            Schumann: Piano Concerto; Fantasie

                       London Symphony Orchestra, Claudio Abbado

CD73:            Schumann: Piano Concerto, Fantasie

                       Philharmonia Orchestra, Kurt Sanderling

CD74:            Schumann: Kreisleriana; Kinderszenen

CD75:            Schumann: Symphonic Studies; Mussorgsky: Pictures at an Exhibition..

CD76:            Liszt: Piano Concertos Nos. 1 & 2 + Totentanz, etc.

CD77-78:      Liszt: Sonata; Années:Italie

CD79:            Liszt: Années de pélerinage РSuisse

CD80:            Liszt: Années de pèlerinage

CD81:            Liszt: Harmonies poétiques et religieuses

CD82:            Brahms: Piano Concerto No.1 in D Minor

                       Royal Concertgebouw Orchestra, Hans Schmidt-Isserstedt

CD83:          Brahms: Piano Concerto No.1 in D Minor, Theme and Variations in D minor from String Sextet, Op. 18

                       Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado

CD84:            Brahms: Piano Concerto No.2 in B Flat Major

                       Royal Concertgebouw Orchestra, Bernard Haitink

CD85:            Brahms: Piano Concerto No.2 in B Flat Major

                       Berliner Philharmoniker, Claudio Abbado

CD86:        Schoenberg: Piano Concerto; Busoni: Toccata; Berg: Piano Sonata, Op.1; Schoenberg: Piano Concerto* - Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Rafael Kubelik - *SWF Sinfonie Orchester Baden-Baden, Michael Gielen      

                      CHAMBER MUSIC & LIVE RECORDINGS

CD87:           Mozart Quintet in E-flat major K452 & Beethoven Quintet in E-flat major, Op.16 with Heinz Holliger, Eduard Brunner, Hermann Baumann, Klaus Thunemann

CD88-89:     Beethoven: Complete Works for Piano & Cello | with Adrian Brendel (violoncelle)

CD90:           Schubert: Trout Quintet | with Cleveland Quartet

CD91:     Schubert: Trout quintet & Mozart: Piano Quartet In G Minor РThomas Zehetmair, Tabea Zimmermann, Richard Duven, Peter Riegelbauer

CD92:           Schumann: Works for Oboe and Piano | with Heinz Holliger

CD93:           Schubert: Lieder | with Dietrich Fischer-Dieskau

CD94:            Schubert: Schwanengesang | with Dietrich Fischer-Dieskau

CD95:            Beethoven: An die ferne Geliebte & Schubert: Schwanengesang | with Matthias Goerne

CD96             Schubert: Winterreise | with Dietrich Fischer-Dieskau

CD97             Schubert: Winterreise | with Matthias Goerne

CD98:            Schumann: Dichterliebe (Waechter) | with Eberhard Wachter

CD99:            Schumann: Dichterliebe & Liederkreis | With Dietrich Fischer-Dieskau

CD100:          Beethoven: Diabelli Variations (1976 Live)

CD101:          Beethoven: Diabelli Variations (2001 Live)

CD102:          Beethoven: Piano Sonatas opp.106 & 78

CD103:          Bach, Haydn & Beethoven Recital

CD104-105:  Schubert: Piano Sonata No. 18; Piano Sonata no. 9; Piano Sonata No. 20; Piano Sonata No. 21 (Live)

CD106:

Live in Salzburg: Haydn: Variations in F Minor; Piano Sonata in C H.XVI no. 50, Schubert: Piano Sonata No. 14 in A Minor;

Piano Sonata in C, D.840, Wagner/Liszt: Isoldes Liebstod (piano transcription)

CD107:

Chopin Andante Spianato and Grand Polonaise in E flat op.22/ Mendelssohn:  Variations sérieuses op.54 / Busoni: Seven Elegies / Beethoven: Piano Sonata No.28 op.101 [BBC]

CD108-110:  Beethoven Piano Concertos Nos. 1-5

                       Chicago Symphony Orchestra, James Levine

CD111:          Birthday Tribute Disc 1: Brahms: Piano Concerto no. 1,Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, Colin Davis

CD112:

Birthday Tribute Disc 2: Mozart: Piano Concerto No. 25 K.503*;Beethoven: Piano Sonata No. 31; Schubert: Impromptu No. 1 in F Minor (from 4 Impromputs Op. 142)

*SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, Hans Zender

CD113-114:   Farewell Concerts: Mozart: Piano Concerto no. 9*; Haydn: Variations in F Minor; Mozart: Piano Sonata no. 15;  Beethoven: Piano Sonata no. 13; Schubert: Piano Sonata no. 21; Beethoven: 4. Andante (from 7 Bagatelles op. 33); Schubert: No. 3 in G Flat Major (from 4 Impromptus op. 90); Bach: Nun komm, der Heiden Heiland BWV 659

*Wiener Philharmoniker, Sir Charles Mackerras

Reportage vid√©o : Marie Ja√ęll au Lille Piano Festival 2012

JAELL piano Marie_Jaell-Jeune_femmeQUI FUT MARIE JA√čLL ? En janvier 2016 sort un premier cycle d’enregistrements de ses Ňďuvres qui soulignent l’ambition de la compositrice, aux c√īt√©s de la p√©dagogue mieux connue. CLASSIQUENEWS fait le point sur une personnalit√© atypique et parfois d√©concertante mais temp√©rament tremp√© et d√©termin√©e d’une force cr√©ative¬†in√©dite √† son √©poque. Au XIX√®, il n’√©tait pas bon √™tre femme artiste surtout compositrice et pianiste…¬†P√©dagogue, pianiste virtuose, femme √©cart√©e mais compositrice engag√©e surtout th√©oricienne du jeu pianistique, Marie Ja√ęll (1846 – 1925) a ressuscit√© lors du Lille Piano Festival 2012. Reportage vid√©o et grand portrait de la compositrice marqu√©e par le mod√®le l√©gu√© par Liszt et Schumann. R√©alisation : Philippe Alexandre Pham – dur√©e : 23 mn ¬†¬© CLASSIQUENEWS.TV 2012

 

 

 

JAELL Marie cd palazzetto bru zane critique review compte rendu livre cd1449483308_ES1022LIRE aussi notre critique et pr√©sentation compl√®te du livre cd Marie Ja√ęll (musique symphonique, musique pour piano…) , publi√© en janvier 2016… Extraits de la critique par notre confr√®re Lucas Irom :¬†Compos√©s dans les d√©cennies 1870 / 1880, les deux Concertos pour piano affirment de facto la pertinence d‚Äôune √©criture r√©fl√©chie, m√Ľre, puissante, (la presse et les critiques de l‚Äô√©poque r√©p√©t√®rent jusqu‚Äô√† l‚Äôuser, ¬ę¬†virile¬†¬Ľ). La seule r√©serve que l‚Äôon peut √©mettre ici serait le culte entretenu d‚Äôun romantisme tardif et √©clectique, proche de Liszt et donc de Wagner, qui ne s‚Äôest jamais vraiment ouvert aux modernis√©s du d√©but du XX√® dans le sillon des modernes, Debussy et Ravel. Ja√ęll se concentre plut√īt sur Franck et Saint-Sa√ęns, aux c√īt√©s de Liszt…

 

 

 

JAELL-marie-exercices-pour-le-piano-mains-eduquees-classiquenews-portrait-de-marie-jaellMarie Ja√ęll p√©dagogue montre devant l’appareil photographique quelques exercices pour la main du pianiste – photo : ¬© BNU Strasbourg

 

 

 

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VOIR aussi le reportage sur YOU TUBE : qui fut Marie Ja√ęll ?

 

Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 7 d√©cembre 2015; Jean Sibelius (1865-1957): Kyllikki, trois pi√®ces lyriques op.41; extraits des cinq pi√®ces pour le piano op.75 et des cinq esquisse, op.114; Ludwig van Beethoven (1770-1827): sonate n¬į18,op.31,n¬į3 ; Claude Debussy (1862-1918): Estampes, la soir√©e dans Grenade ; Etudes n¬į 7,11et 5; Fr√©d√©ric Chopin (1810-1849): Impromptu op.29; Etudes en la b√©mol majeur ; Nocturne op. 15 n¬į1; Quatri√®me ballade op.52; Leif Ove Andsnes, piano.

Le cycle de concert Les grands interpr√®tes ont ce soir invit√© un g√©ant du piano. Leif Ove Andsnes est non seulement un grand homme mais surtout un immense musicien, ‚Ķ v√©ritable po√®te comme bien peu de pianistes peuvent l‚Äė√™tre. Une maitrise technique hors paire sid√®re et laisse sans voix mais surtout une intelligence musicale permet √† l‚Äôauditeur de comprendre la construction des pi√®ces interpr√©t√©es et le sens du discours musical. Aucune esbroufe, aucune mani√®re de briller. Tout cet art majeur est mis au service des compositeurs du programme.

Andsnes : Grandeur de la puissance maitrisée

andsens piano concert review critique classiquenews decembre 2015 leif-ove-andsnesSibelius d‚Äôabord, compositeur pour le piano quasiment ignor√© est ce soir interpr√©t√© avec panache. La l√©gende nordique de Kyllikki en trois pi√®ces aux sonorit√©s √©tranges narrent une √©pop√©e que le pianiste rend passionnante. Le piano sonne large et puissant √©voquant avec couleurs, la vastitude nordique, sa nature si g√©n√©reuse.¬†Chez Beethoven, le son du piano change compl√®tement comme plus concentr√© et plein. La Sonate n¬į18 est tr√®s heureuse et presque rieuse avec beaucoup d‚Äėhumour. Andsnes nous r√©serve des tr√©sors de toucher d‚Äôune d√©licatesse incroyable. Pr√©cision rythmique, fra√ģcheur des phras√©s, vari√©t√© de couleurs. Une admirable mise en valeur de la construction de chaque mouvement et de l‚Äėarchitecture de la Sonate par¬† Andsnes prouve qu‚Äôil est un Beethov√©nien accompli. On sait le tour du monde triomphal qu‚Äôil vient de terminer avec les Concertos pour piano de Beethoven et le Mahler Chamber Orchestra.
C‚Äôest avec les pi√®ces de Debussy que l‚Äôoriginalit√© de l‚Äôinterpr√©tation du pianiste est la plus sid√©rante. A-t-on d√©j√† entendu les √©tudes pour les degr√©s, les arp√®ges compos√©s et les octaves avec tant de musicalit√© ?¬†¬† Le pianiste Norv√©gien rend √† Debussy une puissance exceptionnelle, mise enti√®rement au service de la musicalit√© la plus rare. La virtuosit√© comme moyen d‚Äėexpression supr√™me ! Et √† nouveau le son du piano a chang√© comme si l‚Äôinstrument √©tait diff√©rent. Il est √† pr√©sent lumineux et pur.

Les pièces de Chopin seront pour beaucoup le sommet de la soirée. Un Chopin virtuose mélancolique qui sonne sombre sans évanescence, mièvrerie ou afféterie. Un Chopin viril et délicat à la fois. Un legato de rêve, des sonorités chaudes ou glaciales, des changements de climats vertigineux. Le voyage dans le paysage de Chopin est complètement pénétrant. Et à nouveau cette intelligence de la construction de chaque pièce, cette mise en lumière de toute la structure. La puissance de l’intelligence guide une interprétation aboutie de pièces très connues redécouvertes ce soir.
Les deux bis offerts aux applaudissement g√©n√©reux du public ont √©t√© de Chopin : une Etude et la Polonaise h√©ro√Įque, prolongeant cette f√™te de la musicalit√©. Ce concert a apport√© beaucoup de plaisir aux auditeurs. Intelligence, virtuosit√©, po√©sie ont irrigu√© le programme. La gestion de la puissance si consid√©rable a √©t√© mise au service de la seule beaut√© de la musique, en une le√ßon d‚Äô√©thique pr√©cieuse en nos temps troubl√©s.

Récital de la pianiste Natacha Kudritskaya

KUDRITSKAYA-natacha-une-582-390-CLIC-de-classiquenewsNatachaKudritskaya2Paris, CMDCP. Samedi 28 novembre 2011, 20h. Concert Natacha Kudritskaya, piano. Centre de musique de chambre de Paris. Deutsche Grammophon pr√©sente la nouvelle f√©e du piano dont le dernier album discographique, premier pour Deutsche Grammophon, avait s√©duit la R√©daction de classiquenews, par sa grande coh√©rence dans le choix des Ňďuvres, sa profonde sinc√©rit√© dans l‚Äôinterpr√©tation, en particulier dans le triptyque Gaspard de la nuit de Ravel. Pour son r√©cital au Centre de musique de chambre de Paris, Natacha Kudritskaya joue avec le Quatuor Za√Įde et le violoncelliste J√©r√īme Pernoo.

 

 

 

 

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piano natacha kudritskaya piano cd critique compte rendu debussy ravel Decaux cd critique CLASSIQUENEWS clic de classiquenews novembre 2015 nocturnesrectodef-1024x1024Extrait de la critique du cd “Nocturnes” √©dit√© par Deutsche Grammophon en novembre 2015 : ….” Natacha Kudritskaya comme un livre de confidences secr√®tes nous pr√©cise (livret √† l‚Äôappui) sa conception des mondes de la nuit‚Ķ Nuit enchant√©e, romantique et souverainement debussyste‚Ķ (immersion chantante √† la fois √©toil√©e et argent√©e de Clair de lune, embl√®me po√©tique de tout le recueil‚Ķ)¬† jusqu‚Äôau fantastique rav√©lien de Scarbo du formidable recueil rav√©lien ‚ÄúGaspard de la nuit‚ÄĚ : plong√©e inqui√©tante, hypnotique dans une nuit fantastique plus trouble voire angoissante, celle du nabot terrifiant et grima√ßant d‚Äôune √©lectricit√© animale (Scarbo) dont le rire final baisse le rideau de cette formidable sc√®ne cr√©pusculaire. Une nuit de r√©v√©lation et de d√©voilement ultime qui d‚Äôailleurs rejoint le Debussy m√Ľr de 1917, soit √† quelques mois de sa mort, dans ‚ÄúLes soirs illumin√©s par l‚Äôardeur du charbon‚ÄĚ : autre facette d‚Äôune nuit d√©cisive et hallucin√©e….” LIRE la critique compl√®te du “Nocturnes” par la pianiste Natacha Kudritskaya, √©dit√© par Deutsche Grammophon en novembre 2015 : CLIC de classiquenews de novembre 2015

 

 

 

Programme

Claude Debussy : Clair de Lune
Abel Decaux : Minuit passe
Erik Satie : Gnossienne no.4
Claude Debussy : La cathédrale engloutie
Maurice Ravel : Ondine, extrait de Gaspard de la nuit

 

 

 

boutonreservationParis, CMDCP Centre de musique de chambre de Paris. Samedi 28 novembre 2011, 20h. Concert Natacha Kudritskaya, piano. Centre de musique de chambre de Paris.

 

 

 

Compte-rendu concert. Toulouse : La Halle-aux-grains ; le 10 novembre 2015. Piotr Illich Tcha√Įkovski (1840-1893) : Les Saisons, op.37a ; Jean-S√©bastien Bach (1685-1750) : Concerto Italien, en fa majeur BWV 971 ; Fr√©d√©ric Chopin (1810-1849) : Scherzo n¬į1 ; n¬į2 ; n¬į3 ; n¬į4 ; Lang Lang : piano.

Compte rendu, r√©cital du pianiste Lang Lang √† Toulouse. Le Pianiste d‚Äėorigine chinoise Lang Lang est un artiste tr√®s particulier qui attire au concert¬† un public tout √† fait inhabituel. Ce r√©cital de piano √©tait complet depuis longtemps et il ne restait plus une place libre dans la Halle-aux-Grains ce soir. Le succ√®s consid√©rable qu‚Äôil rencontre partout et la sympathie que cet artiste fait na√ģtre chez le public sont inou√Įs. Son air de jeunesse sorti √† peine de l‚Äėenfance , son √©nergie d√©cupl√©e dans les moments de virtuosit√© en font un enfant prodige √©ternel.

 

 

 

LANG LANG ovationné à Toulouse

 

lang-lang-piano-recital-concert-review-critique-compte-rendu-piano-lang-langLa rapidit√© des traits subjugue et le sucre de ses mouvements lents r√©gale. Pourtant √† l‚Äė√©coute plus attentive son interpr√©tation des saisons de Tcha√Įkovski manque de lignes, de couleurs, de nuances. Son Bach est clair, lisse et brillant dans l‚Äėouverture du Concerto Italien en fa majeur. Mais la guimauve de l‚ÄėAndante peut lasser les palais d√©licats. Le presto final est parfait de vie et d‚Äė√©nergie communicative. Dans Chopin, il nous¬†manque la science de la construction que d‚Äôaucun savent y mettre. Certes les quatre Scherzi sont virtuoses et mettent mieux en valeur les extraordinaires capacit√©s du pianiste! Ainsi l‚Äô√©blouissement dans les traits furieux est √† son comble. Pourtant dans leur p√Ęleur les parties lentes sont comme juxtapos√©es sans lien avec ce qui pr√©c√®de ou ce qui suit. Il se d√©gage une absence de structure, une non mise en valeur de la construction dans ces 4 Scherzi pourtant si complexes. Ce pianiste √† la jeunesse si insolente pourra-t- il, sans perdre une importante partie de son charme, rentrer dans un √Ęge plus m√Ľr¬†?¬† Ce concert ne permet pas de le croire encore. Mais Lang Lang n‚Äėa que trente ans et n‚Äôa pas encore trouv√© son r√©pertoire d‚Äė√©lection. Les bis g√©n√©reusement offerts prolongent un intense contact avec le public, mais son sens de la danse ne se d√©ploie pas plus dans le tango qu‚Äôil ne s‚Äô√©tait invit√© chez Bach.
Le plaisir de ce piano intense, franc et sans complexit√© est r√©confortant dans une √©poque si sombre. Nous avons besoin de croire que la jeunesse existera toujours avec insolence et l√©g√®ret√©. Et Lang Lang a cette jeunesse √©ternelle sous ses doigts et rassemble un public vari√© et plus jeune que d‚Äėhabitude. Son public, ravi, lui a fait une v√©ritable ovation √† Toulouse ce¬† soir.

Compte-rendu concert. Toulouse : La Halle-aux-grains ; le 10 novembre 2015. Piotr Illich Tcha√Įkovski (1840-1893) : Les Saisons, op.37a ; Jean-S√©bastien Bach (1685-1750) : Concerto Italien, en fa majeur BWV 971 ; Fr√©d√©ric Chopin (1810-1849) : Scherzo n¬į1 ; n¬į2 ; n¬į3 ; n¬į4 ; Lang Lang : piano.

CD. Nocturnes. Natacha Kudritskaya, piano (Debussy, Ravel… 1 cd Deutsche Grammophon)

piano natacha kudritskaya piano cd critique compte rendu debussy ravel Decaux cd critique CLASSIQUENEWS clic de classiquenews novembre 2015 nocturnesrectodef-1024x1024CD. Nocturnes. Natacha Kudritskaya, piano (Debussy, Ravel‚Ķ 1 cd Deutsche Grammophon).¬†Mille ivresses et r√™ves de la nuit‚Ķ Sous l’emprise des grands magiciens, Debussy et Ravel, r√©v√©lant aussi la puissance onirique d’Abel Decaux, la pianiste ukrainienne Natacha Kudritsakya d√©croche le CLIC de classiquenews de novembre 2015.¬†En ondine nocturne (pour reprendre le Premier volet du Gaspard rav√©lien ici abord√© en fin de r√©cital), la pianiste nouvellement recrut√©e par DG (Deutsche Grammophon), Natacha Kudritskaya enchante litt√©ralement passant d‚Äôun √©pisode l‚Äôautre avec une subtilit√© introspective qui garde malgr√© la grande diversit√© des rives et paysages explor√©s, une coh√©sion de ton, une unit√© de style tr√®s aboutie…¬†Premier album sous √©tiquette DG plut√īt r√©ussi car outre la performance intimiste tr√®s int√©rioris√©e de la jeune ukrainienne, ce r√©cital intitul√© ¬ę¬†Nocturnes¬†¬Ľ sert id√©alement son sujet : le choix des partitions, leur encha√ģnement selon la proximit√© des climats et la parent√© des tonalit√©s encha√ģn√©es, d√©signent une sensibilit√© pertinente, astucieuse m√™me qui fait de son parcours tr√®s personnel, un jardin int√©rieur, une s√©rie d‚Äôhumeurs climatiques, po√©tiquement justes, et aussi une carte de visite tr√®s investie qui change des ¬ę¬†performances¬†¬Ľ √©clectiques habituelles (souvent b√Ęcl√©es, et sous couvert d’une intimit√© d√©voil√©e : saupoudrage plut√īt que confessions sinc√®res).¬†Les Nocturnes que compose la pianiste ukrainienne Natacha Kudritskaya affichent toutes les nuances expressives de la nuit, climats de berceuse enivr√©e, enchant√©e… balancements myst√©rieux, √©nigmatiques et suspendus (Gymnop√©die n¬į1 puis Gnossiennes 4 et 3 de Satie); cr√©pitements plus narratifs¬† des deux Debussy suivants (Les soirs illumin√©s, et surtout Feux d’artifice).

CLIC D'OR macaron 200Les teintes nocturnes qui y figurent, d√©ploient des √©clats divers, d‚Äôune grande richesse de caract√®re, √† la fois tenus, t√©nus, d‚Äôune d√©licatesse suggestive souvent irr√©sistible. Debussy, Satie, surtout Ravel et le moins connu mais si prenant Abel Decaux¬†(atonal avant Schoenberg) sont tous ici manifestement inspir√©s par l‚Äôenchantement, les promesses et les terreurs aussi de la nuit. Interpr√®te cisel√© des auteurs fran√ßais (on lui conna√ģt un pr√©c√©dent cd Rameau, tr√®s articul√©), la pianiste d√©ploie pour chacun, un jeu souvent int√©rieur, en rien d√©monstratif ni artificiel, r√©solument investi par la souple √©toffe sonore qui trouve en particulier chez Ravel, un √©quilibre parfait entre narration aigu√ę et transparence √©th√©r√©e confinant √† l‚Äôabstraction.

Kiev, puis Paris (CNSM), sont les √©tapes formatrices de la jeune ukrainienne qui travaille vraiment et s√©rieusement la musique √† 15 ans (gr√Ęce √† un concours pour lequel elle devait r√©viser, progresser, convaincre). Une double culture russe et fran√ßais dont Alain Plan√®s, son professeur √† Paris, qui veille au respect des partitions lui a transmis aussi le go√Ľt des claviers anciens.

Natacha Kudritskaya comme un livre de confidences secr√®tes nous pr√©cise (livret √† l’appui) sa conception des mondes de la nuit… Nuit enchant√©e, romantique et souverainement debussyste… (immersion chantante √† la fois √©toil√©e et argent√©e de Clair de lune, embl√®me po√©tique de tout le recueil…)¬† jusqu’au fantastique rav√©lien de Scarbo du formidable recueil rav√©lien “Gaspard de la nuit” : plong√©e inqui√©tante, hypnotique dans une nuit fantastique plus trouble voire angoissante, celle du nabot terrifiant et grima√ßant d’une √©lectricit√© animale (Scarbo) dont le rire final baisse le rideau de cette formidable sc√®ne cr√©pusculaire. Une nuit de r√©v√©lation et de d√©voilement ultime qui d’ailleurs rejoint le Debussy m√Ľr de 1917, soit √† quelques mois de sa mort, dans “Les soirs illumin√©s par l’ardeur du charbon” : autre facette d’une nuit d√©cisive et hallucin√©e.

Feux d’artifice (du m√™me Debussy) assemblent miroitements et cr√©pitements ; l’√©pisode exige une souplesse tr√®s articul√©e de la main droite, en particulier pour exprimer le chant √©th√©r√© de l’onde malgr√© l’incessant balayage des arp√®ges en vagues r√©guli√®res, traversant tout le spectre du clavier. M√™lant √©clairs et sourde tension, le jeu doit √™tre expressif et liquide, puis d’un volupt√© irradiante, incandescente, jusque dans le dernier accord qui s’ach√®ve comme un songe murmur√© : l’esprit d’une nu√©e de com√®tes traversant le ciel, illuminant d’un feu fugace la vo√Ľte √©toil√©e. Ma√ģtrisant les passages et les √©quilibres t√©nus, la pianiste affirme un jeu richement dynamique et structur√©, d’une grande intensit√©. Le livret pr√©sente en compl√©ment de la pr√©sentation g√©n√©rale, un choix d’extraits des po√®mes sign√©s Verlaine, Baudelaire, Louis de Lut√®ce, Aloysius Bertrand (pour son Gaspard de la nuit originel de 1842).

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Les 4 volets d’Abel Decaux (mort en 1943) sont dans le th√®me et outre leur modernit√© envo√Ľtante, d’une importance musicale capitale: dat√©s entre 1900 et 1907, ils pr√©figurent l’atonalisme de Schoenberg car son impressionnisme tant √† la fragmentation et l’implosion, l’exploration et l’exp√©rimentation ; rappel √©tant fait gr√Ęce √† la pertinence et la justesse du programme, que le s√©rialisme est une cr√©ation … fran√ßaise; l’√©l√®ve de Dubois, Massenet, organiste prodigieux ressuscite sous les doigts plus qu’inspir√©s de la pianiste ukrainienne; sourde inqui√©tude et atmosph√®re du r√™ve dans le premier √©pisode (Minuit passe) qui semble tourner la page du Tristan wagn√©rien par sa r√©sonance lugubre et magique. La Ruelle approfondit encore la menace et la torpeur grise quand La Mer est de loin le plus impressionnant tableau des quatre : le souffle, l’ampleur des horizons √©voqu√©s, le tumulte et le sentiment d’infini qui fr√īle l’abstraction en font une pi√®ce particuli√®rement envo√Ľtante. L’expression du r√™ve (nocturne) d’un compositeur qui se r√™vait d’abord marin.

Ceux de Faur√© enivrent eux aussi (Nocturnes n¬į7 et 8), – quoique parfois semblant demeur√©s inexorablement sur la rive tonale, pr√©serv√©e fermement avec une flamme m√©lodique √©perdue (deuxi√®me s√©quence du n¬į7 apr√®s 4mn), qui s’√©mancipe, d√©roulant sa fine tresse a√©rienne.

 

 

 

 

Pianiste enchanteresse

 

 

paino-natacha-nocturnes-debussy-faure-ravel-abel-decaux-satie-clic-de-classiquenews-cd-critique-classiquenews-cd-critique---kudritskayaEnfin le triptyque de Gaspard de la nuit (trois po√®me pour piano de 1908) affirment le caract√®re de trois tableaux sonores et dramatiques qui sont harmoniquement et architecturalement,¬†les plus raffin√©s¬†: narratif, allusifs, prodigieux d’√©conomie et de scintillements expressifs. Ravel, l’un des plus fins dramaturges du XX√®me si√®cle-, y √©tincelle de subtilit√©, d’intelligence th√©√Ętrale : le toucher tout en suggestion emperl√©e, – plus rentr√© que d√©monstratif, affirme une ondine des plus √©vanescentes dont le souffle rappelle le Pell√©as debussyste : Natacha Kudritskaya en retient l’id√©e d’un corps ivre de sa volupt√©, d’une m√©lancolie irr√©sistible.

Le Gibet est plus sombre et d’un balancement lancinant, √† la fa√ßon d’une m√©canique int√©rieure qui r√©v√®le davantage l’exposition et l’abandon, la tension et la d√©tente ; tout y semble pr√©cipit√© dans un lent effondrement … plus marin que nocturne. La pianiste a le talent de faire jaillir ce sourd cr√©pitement de l’ombre vers l’ombre, en un jaillissement sonore canalis√©, serti comme un gemme √† l’√©clat feutr√© qui s’efface comme un songe et meurt dans l’obscurit√© d’o√Ļ il avait jailli.

Scarbo d’une nervosit√© plus dramatique, expose cependant d’√©gales couleurs scintillantes en un feu impressionniste o√Ļ jaillit peu √† peu de fa√ßon plus tranch√©e mais fugace, les traits du nabot moqueur, myst√©rieux, fatal. Le geste souple et scintillant de la pianiste convainc d’un bout √† l’autre de ce fabuleux triptyque : le plus enchanteur jamais √©crit pour le clavier, n’affectant ni la virtuosit√© ni les brumes germaniques, mais fondant sur sa trame resserr√©e, contrast√©e (Ravel n’aime pas s’√©pancher), l’expos√© pr√©cis, gla√ßant de son sujet fantastique, essentiellement po√©tique, plus hugolien que shakespearien. L√† encore ce jeu de nuances, de subtiles r√©f√©frences, et d’un cr√©pitement effectivement nocturne qui surgissant de l’ombre, y revient toujours, d√©signe un temp√©rament pianistique d’une absolue maturit√© ; convaincante, Natacha Kudritskaya¬†privil√©gie non sans raison et justesse, l’√©pure et le repli, la douceur expressive, plut√īt que l’affirmation et la d√©monstration que l’on regrette chez ses confr√®res, y compris les plus grands. De sorte qu’au sortir d’une √©coute enchant√©e, l’auditeur comprend comme le visuel de couverture le laisse entendre, que Natacha Kudritskaya est un lutin terrestre qui a la t√™te dans les √©toiles, une musicienne r√™veuse qui a le go√Ľt des po√®mes. Superbes qualit√©s. Taill√©e pour les correspondances et l’introspection.

 

 

CD. Nocturnes. Natacha Kudritskaya, piano (Debussy, Ravel…) 1 cd Deutsche Grammophon

VOIR le clip vidéo de Natasha Kudritskaya jouant Clair de Lune de Debussy à la Sorbone à Paris, une nuit inspirante

CD, compte rendu critique. Ivan Ilic plays Morton Feldman (1 cd Paraty, Paris Salle Cortot, novembre 2014)

CD, compte rendu critique. Ivan Ilic plays Morton Feldman (1 cd  Paraty, Paris Salle Cortot, novembre 2014). Le pianiste américano-serbe Ivan Ilic, poursuit son exploration des continents méconnus dessinés par le compositeur américain, décédé en 1987. A l’aune des grands penseurs et créateurs de son temps, -Boulez, Stockhausen et John Cage dont il fut proche-, Feldman a défendu avec ténacité et même esprit de compétition, sa propre voix. Sa musique ouvre des portes, laisse envisager des perspectives, des mondes voire des continents qui étaient invisibles mais que l’écoute de plus en familière de ses partitions, permet d’envisager voire de visualiser surtout d’éprouver.

Ilic-ivan-morton-feldman-review-account-of-classiquenews-PARATY135305_couv_dos_HDCe sont moins des narrations que des situations (¬ę¬†territoires¬†¬Ľ) que la musique de Feldman affectionne et pr√©cise √† chaque r√©alisation ; cultive et provoque, suscitant chez le spectateur / auditeur, un nouveau champ de conscience, un nouveau protocole d‚Äô√©coute, un champs d’exp√©riences ou d’√©preuves (pour certains d√©contenanc√©s par la forme et la dur√©e des pi√®ces…). La spatialit√© devient essentielle ici : elle lib√®re musique et auditeur pour des explorations infinies, d’un caract√®re ni conforme ni attendu. D’abord, le r√©cital place contin√Ľment l’ombre r√©formatrice et pionni√®re de John Cage. Il en convoque la figure tut√©laire et comme subtilement paternelle. En particulier sur le cycle ici choisi, et peut-√™tre plus que dans tout autre.

 
 

CLIC_macaron_2014John Cage (n√© en 1912) apprend √† son jeune “disciple” new yorkais, la vision pluridisciplinaire de la cr√©ation : comme philosophe et comme plasticien, Cage, disciple de Sch√∂nberg, voyait large et loin, au carrefour des disciplines dont √©videmment la danse puisqu’il fut le compagnon de Merce Cunningham pour lequel il composa pratiquement toutes les musiques des ballets. Mais Feldman retient surtout de son ma√ģtre (rencontr√© en 1970, quand ce dernier avait d√©j√† tout perfectionn√© dans son geste in√©dit et visionnaire…), l’id√©e d’un temps suspendu, producteur de lui-m√™me, √©cart√© de toute n√©cessit√© formelle et de d√©veloppement. Si la structure est fix√©e, les moyens de sa mise en Ňďuvre empruntent √† l’improvisation, au hasard o√Ļ l’assemblage subjectif d’un temps dilat√©, √©tir√©, spatial int√®gre aussi les bruits et surtout le silence, plus tard la divination chinoise (Yi jing). Adepte d’une critique fondamentale de la composition occidentale, Cage pr√īne un renouvellement profond du geste musical, dor√©navant sans ponctuation, ouvert aux bruits ext√©rieurs (dont ceux d’une salle de concert, produit par le public lui-m√™me) : laissant √† l’interpr√®te le soin d’organiser, de ressentir et de transmettre sa propre vision de l’instant. Le d√©roulement musical suscite sa propre finalit√©, son d√©but et sa fin, une vision cyclique ininterrompue encore aiguis√©e par un engouement pour la pens√©e orientale, indienne et bouddhique (Zen).
Tout se retrouve ici dans cet album monographique totalement d√©di√© au cycle de Morton Feldman, inspir√© par l’une de ses meilleures √©l√®ves (et qu’il souhaitait m√™me √©pouser), Bunita Marcus.

Transcendance irr√©sistible d'Ivan IlicA ce titre, dans la notice accompagnant le livret de ce disque monographique (Ivan Ilic plays Morton Feldman), le pianiste expose sa propre exp√©rience √† l‚Äô√©coute de Feldman : impatience, trouble d‚Äôabord, puis r√©v√©lation et accomplissement spirituel‚Ķ et m√™me ¬ę¬†lib√©ration, transe¬†¬Ľ. Le propre de Feldman demeure la qualit√© d‚Äôatmosph√®re qu‚Äôil produit au-del√† de la musique et des notes. Un climat et des sensations exprim√©es transmises par le pianiste funambule, quasi hypnotiques qui modifient la sensation ordinaire du temps, pour un temps mental hors de toute exp√©rience classique, qui bascule en r√©v√©lation pour l’√©couteur attentif.
Ivan Ilic s‚Äôinspire du cycle des hommages – portraits d‚Äôartistes que Feldman a rencontr√©s gr√Ęce √† son ami John Cage ‚Ķ : ¬ę¬†Frank O‚ÄôHara (le po√®te), Mark Rothko, Willem de Kooning, Philip Guston (peintres), Aaron Copland, John Cage, Christian Wolff, Stefan Wolpe (compositeurs), et Samuel Beckett (l‚Äô√©crivain, po√®te, et dramaturge). Un nom se d√©marque cependant des autres : Bunita Marcus.¬†¬Ľ

 

 

 

Sensuelle et abstraite, la musique de Feldman plonge en introspection

 

‚Ä®feldman mortonfeldmanFeldman lui d√©die cette pi√®ce ample qui dure 1h10 et qu‚Äôil compose en 1985. La compositrice a compt√© dans sa propre maturation : intime du compositeur, elle aurait m√™me refus√© sa demande en mariage. Ivan Ilic en enregistre ici et dans une sonorit√© scrupuleusement restitu√©e, la version critique corrig√©e, publi√©e en mars 2011, une version qu‚Äôil a encore enrichie gr√Ęce √† sa connaissance profonde du manuscrit de Feldman (si riche en annotations tr√®s pr√©cises). Or c’est bien de ses indications t√©nues, respect√©es √† la lettre par le pianiste impliqu√©, que na√ģt la sensation d’une musique int√©rieure, improvis√©e, surgissant d’une psych√© palpitante qui se r√©alise et s’amplifie ou se replie dans l’instant o√Ļ elle s’adresse au spectateur. Ni conceptuelle, ni minimaliste, ni totalement abstraite, la musique de Feldman conserve une plasticit√© et une volupt√© sensible que Ivan Ilic sait transmettre sans att√©nuer la volont√© d’√©pure, l’ambition purement allusive du mat√©riel sonore. Tout en en retra√ßant le fil tendu, l’interpr√®te sculpte la direction de chaque s√©quence comme une √©preuve et une lutte arrach√©e apr√®s de longs efforts, comme un combat contre soi-m√™me : il en exprime la violence et l’√©nergie de reconstruction, de sorte que confuse au d√©marrage, l’impression s’ordonne et prend forme au fur et √† mesure du d√©roulement des 22 √©pisodes. En apparence, d√©cousu, fruit du hasard et comme improvis√©, chaque tableau interroge le timbre, la hauteur, la profondeur de la note ; en explore toutes les vibrations porteuses de r√©sonance et de miroitement cach√©s… Ivan Ilic d√©ploie mille √©clats en une palette renouvel√©e et millim√©tr√©e qui dit la pr√©sence de l’√©ternit√© et du vertige √† travers tous les caract√®res et paysages travers√©s. C’est entre les notes dans l’anfractuosit√© ainsi r√©v√©l√©e entre les silences et les cr√©pitements sonores que se pr√©cisent peu √† peu la coh√©rence et l’harmonie d’une construction mentale et musicale qui semble sortir peu √† peu de l’ombre.¬† Travail du clair obscur, questionnement du temps musical dans ses manifestations murmur√©es et souvent √©nigmatiques, d√©tente et apesanteur qui semble abolir toute notion connue de temps comme d’espace, le jeu suggestif et arachn√©en d’Ivan Ilic trouve ici un point d’accomplissement, initi√© magistralement dans son pr√©c√©dent album The Transcendentalist.
feldman bunita Marcus portrait duoLes connaisseurs du pianiste savent combien Palais de Mari (de Feldman justement) a compt√© dans la r√©ussite et l‚Äôaccomplissement de ce dernier cd d√©j√† cit√© (The Transcendentalist¬†: Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman 1 cd ¬†Heresy, mai 2014), synth√®se compos√©e par Feldman en 1986 et qui fut command√©e par‚Ķ la compositrice Bunita Marcus. Feldman appr√©ciait son √©criture √† la fois splendide et √©l√©gante. Ivan Ilic nous offre une nouvelle exploration de l‚Äô√©criture et des climats de Feldman √† travers un nouvel itin√©raire hypnotique, un nouveau parcours qui rel√®ve de fait du rituel magique, de la transe silencieuse, d’un r√™ve √©veill√©, celui d’un dormeur musicien.¬†Envo√Ľtant.

 

 

 

Prochains concerts d’Ivan Ilic : Londres, le 5 novembre 2015, Peacock Room, Trinity Laban Conservatoire. Paris : le 11 novembre 2015 à la Fondation des Etats-Unis (sur le piano Steinway modèle D de la salle de concert Art Déco).

 

 

 

CD, compte rendu critique. Ivan Ilic plays Morton Feldman. Feldman (1926-1987) : For Bunita Marcus, 1985. Ivan Ilic, piano (1 cd  Paraty 135505, album 50, Paris Salle Cortot, novembre 2014). Parution :  octobre 2015. CLIC de classiquenews de novembre 2015.

 

 

 

Elizabeth Sombart joue les 2 Concertos pour piano de Chopin

SOMBART_NB_260_clavier_elisabeth_sombartParis, salle Cortot. R√©cital Chopin. Elizabeth Sombart, le 15 novembre 2015, 17h30. Pianiste engag√©e, soucieuse de transmettre et de rendre accessible au plus grand nombre, la musique classique, Elizabeth Sombart aborde √† Paris, un compositeur qu’elle sert avec passion et profondeur, Fr√©d√©ric Chopin. Etre l√©gendaire, d’une tendresse mozartienne qui ouvrit des perspectives in√©dites, cr√©pusculaires et intimes, alors √† l’√©poque o√Ļ Liszt enflammait par son brio virtuose voire p√©taradant, les audiences europ√©ennes, Chopin a n√©anmoins trait√© la forme concertante d’une virtuosit√© cependant introspective et m√™me passionn√©e. En t√©moignent ses deux Concertos de jeunesse, compos√©s en Pologne avant sa d√©part pour Vienne et la France. D’une subtilit√© allusive dont elle a le secret, la pianiste Elizabeth Sombart, cr√©atrice de la Fondation R√©sonance depuis 1998, ne cesse de s’impliquer dans l’explicitation g√©n√©reuse et limpide du pianisme chopinien. Concentr√© et inspir√©, son jeu t√©moigne d’une qu√™te permanente, exigente et sinc√®re, que stimule une sensibilit√© √©tonnante aux champs int√©rieurs. Son Chopin toujours fraternel et hypnotique ne laisse pas de nous captiver. Le 15 novembre, l’interpr√®te s’int√©resse √† nous offrir sa version des deux Concertos pour piano de Chopin, avec la complicit√© de musiciens qui partagent avec elle, cet amour du jeu et du don collectif. Concert √† Paris, Salle Cortot, incontournable.

 

 

 

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Le Concerto pour piano n¬į1 est d√©di√© au prodige Kalkbrenner qui le cr√©√©e √† Varsovie le 11 octobre 1830. Chopin y signe sa derni√®re offrande encore juv√©nile mais tr√®s inspir√©e (comme le souligne Ravel contre les d√©tracteurs qui le tiennent pour une maladresse fruit de l’inexp√©rience…), avant son d√©part pour Vienne puis Paris, o√Ļ ne rejoignant jamais Londres comme il en avait fait le projet, il meurt pr√©coc√©ment en 1849 (√† l’√Ęge de 30 ans). Plan : allegro maestoso, Romance (larghetto), Rondo vivace. La Romance centrale est celle qui d√©voile d√©j√† le mieux ce qu’est le caract√®re intime et profond de Chopin : elle annonce ses futurs Nocturnes, inscrits voire ensevelis dans plis et replis d’une vie int√©rieure secr√®te mais riche et active.

chopin_frederic portrait chopin classiquenewsLe Concert pour piano n¬į2 est cr√©√© √† Varsovie lui aussi mais avant le n¬į1, c’est √† dire le 17 mars 1830 √† Varsovie, en hommage √† la Comtesse Potocka. Il est plus contrast√© voire imp√©tueux que le Concerto n¬į1. Plan : Maestoso. Larghetto puis Allegro vivace. Le larghetto est en fait une longue cantil√®ne √† l’italienne : allusivement d√©di√©e √† une femme aim√©e, Konstanze Gladowska, la pi√®ce suit les m√©andres d’une douce d√©clartion amoureuse √† peine masqu√©e dont Chopin aime cultiver la ligne suspendue √©tir√©e. Son impact se ressent jusqu’√† Schumann et Liszt qui s’en souviendront dans leurs Concertos respectifs (en mi b√©mol majeur pour le second). Loin d’√™tre ses esquisses maladroites qu’on a bien voulu √©crire et r√©pandre, les deux Concertos polonais de Chopin expriment au plus pr√®s, l’√Ęme ardente, √©prise du Mozart romantique, n√© pour faire chanter le piano.
Elizabeth Sombart en révèle à Paris, la tendresse éperdue, juvénile, ardente, dans une version chambriste pour piano et instruments à cordes.

 

 

 

Concertos de Chopin (version pour quatuor)
Concerto n¬į1 en mi mineur, op. 11
Concerto n¬į2 en fa mineur, op. 21

Elizabeth Sombart, pianosombart-elizabeth-piano-concert-classiquenews-review-critique-cd-classiquenews-CLIC-de-classiquenews
et le Quatuor Résonance
Fabienne Stadelman, alto
Lucie Bessière, violon
Nathana√ęlle Marie, violon
Christophe Beau, violoncelliste

 

 

boutonreservationEn concert à la Salle Cortot
Le 15 novembre 2015 à 17h30
78, rue Cardinet – 75017 Paris
Tarifs: de 16 à 25 euros
Location: 01 43 37 60 71

 

 

Paris. Filipe Pinto-Ribeiro joue les Saisons (Tchaikovsky, Piazolla, Carrapatoso)

pinto-ribeiro-filipe-portrait-582-bandeauParis, Gaveau. Filipe Pinto-Ribeiro, pinao. Le 4 novembre 2015, 20h30. A l‚Äôoccasion de la parution de son disque r√©cent paru chez Paraty (Piano Seasons, septembre 2015), Filipe Pinto Ribeiro joue le programme de son album, comprenant les Ňďuvres de Tchaikovski, Piazolla, Eurico Carrapatoso et dont le fil conducteur est le th√®me des saisons‚Ķ Temp√©rament musical, sensible et passionn√©, Filipe Pinto-Ribeiro croise ainsi en un √©clectisme brillant qui renforce la coh√©rence des correspondances choisies, la fibre russe de Tchaikovsky, le tango argentin de Piazolla-Nisinman, sans omettre le chant particulier de ses g√®nes dans l‚Äô√©criture de son compatriote portugais, Carrapatoso. A ce titre, Filipe Pinto-Ribeiro r√©alise la premi√®re fran√ßaise des oeuvres de Piazolla et de Carrapatoso inscrites dans son programme parisien.

 

 

 

Piano ciselé, crépitements climatiques

C‚Äôest un triptyque flamboyant, riche en esth√©tiques diverses qui cultive l‚Äôesprit du dialogue et du partage avec sous les doigts du pianiste virtuose, une couleur sp√©cifique qui d√©ploie scintillements et aspirations int√©rieures. Ce sont ¬ę trois cycles de ¬ę saisons ¬Ľ, trois pays, trois langages, trois visions du monde de compositeurs qui ont abord√© la th√©matique des saisons en trois si√®cles, le XIXe, le XXe et le XXIe si√®cle ¬Ľ, pr√©cise l‚Äôinterpr√®te. Climatiques, atmosph√©ristes, et aussi universelles, les √©vocations, traversant les esth√©tiques, sont surtout un superbe voyage introspectif o√Ļ le toucher √† la fois pr√©cis et allusif du soliste apporte une caract√©risation envo√Ľtante.

 

 

 

Programme :

pinto-ribeiro-filipe-portrait-490-piano-classiquenewsTcha√Įkovsky : Les Saisons opus 37 (extraits)
Piazolla / Nisinman : Quatre Saisons de Buenos Aires
(première française)
Carrapatoso : Quatre dernières saisons de Lisbonne
(première française)

Paris, Salle Gaveauboutonreservation
Récital de piano Filipe Pinto-Ribeiro
Programme ¬ę¬†Les Saisons¬†¬Ľ : Tcha√Įkovsky, Piazolla, Carrapatoso
Mercredi 4 novembre 2015, 20h30

Salle Gaveau
45-47 rue La Boétie
75008 PARIS
01 49 53 05 07
Prix : 35, 25, 15 euros

 

 

 

verao classico lisboa lisbonne festival presentation classiquenews 2015Cet √©t√©, le pianiste portugais a cr√©√© la premi√®re √©dition de l‚ÄôAcad√©mie internationale de musique de Lisbonne (juillet-ao√Ľt 2015), o√Ļ l‚Äôexp√©rience p√©dagogique apporte aux professionnels et jeunes apprentis, une voie de perfectionnement et de partage unique ;, au public, le moyen de suivre pas √† pas l‚Äôavanc√©e du travail collectif, l‚Äôapprofondissement dans l‚Äôinterpr√©tation des oeuvres de musique de chambre choisies : ¬ę¬†Filipe Pinto-Ribeiro r√©invente la magie des masterclasses et des concerts de musique de chambre. (‚Ķ) bouillonnant pianiste, p√©dagogue chevronn√© autant qu‚Äôinterpr√®te subtil ‚Ķ¬†¬Ľ (cf LIRE notre d√©p√™che annonce :¬† Portugal. Lisbonne, Festival Ver√£o Cl√°ssico, jusqu‚Äôau 1er ao√Ľt 2015

 

 

Toutes les infos et l’actualité du pianiste Filipe Pinto Ribeiro sur le site de Filipe Pinto-Ribeiro

Concours Chopin de Varsovie 2015 : sacre du sud-coréen Seong-Jin Cho

PIANO. Concours Chopin de Varsovie. Le pianiste sud-coréen Seong-Jin Cho, 1er Prix. Lors de la finale du 17ème Concours international de piano Frédéric Chopin à Varsovie (Pologne), ce mardi 20 octobre 2015, le pianiste sud-coréen Seong-Jin Cho (21 ans) a remporté le premier prix. Formé au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMdP, classe de Michel Beroff), le sud-coréen Seong-Jin Cho qui vit à Paris, remporte le premier prix (soit 30 000 dollars / 33 600 euros), et de nombreux concerts programmés dans plusieurs salles du monde entier.

seong_jin_cho_chopin_17_concours_piano_varsovie_meaN√© √† S√©oul le 28 mai 1994, Seong-Jin Cho est un jeune talent prometteur qui a d√©j√† remport√© plusieurs distinction : Grand Prix du Concours international Chopin pour jeunes pianistes (2008), 3e prix du concours international Tcha√Įkovski (2011), 3e prix du Concours international Arthur Rubinstein‚Ķ¬†Elu et distingu√© √† Varsovie par un Jury¬†compos√© de Martha Argerich, Philippe Entremont, Nelson Goerner, Seong-Jin Cho inscrit son nom dans une liste de laur√©ats prestigieux tels que Maurizio Pollini (1er prix, 1960), Martha Argerich (1965), Krystian Zimerman (1975), Yundi Li,¬†Rafal Blechacz (2005)‚Ķ tous artistes ayant sign√© par la suite avec le prestigieux label jaune toujours bien plac√© dans la carri√®re des grands noms du piano, Deutsche Grammophon. Daniil Trifonov, Yuja Wang, Yundi, hier Lang Lang (aujourd’hui pass√© chez Sony)… font aussi partie de l’√©curie DG. Qu‚Äôen sera-t-il pour le jeune sud cor√©en Seong-Jin Cho ? Dans un r√©cent communiqu√©, r√©affirmant son partenariat avec l’Institut Chopin de Varsovie, coorganisateur du Concours Chopin fond√© en 1927, Deutsche Grammophon annonce un prochain enregistrement Chopin par le nouveau laur√©at du Concours polonais, Seong-Jin CHO. A suivre…

 

VOIR ici la vidéo de la performance de Seong-Jin Cho pendant le tour préliminaire du 17ème Concours international Frédéric Chopin, Varsovie, octobre 2015) : lien youtube Seong-Jin Cho (durée : 35 mn)

 

 

 

cho piano concours chopin varsovie 2015 premier prix classiquenews

 

 

 

CD, annonce. Coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd)

argerich martha imperatrice du clavier coffret evennement major box complete recordings deutsche grammophon presentation review account of CLASSIQUENEWS clic de classiquenewsCD, coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd). Féline, fantasque, noctambule… l’impératrice du piano, 74 ans en 2015, Martha Argerich ex élève de Friedrich Gulda à Vienne est l’objet d’un portrait majeur en 48 cd, soit l’intégrale de ses enregistrements pour Deutsche Grammophon, label avec lequel la pianiste argentine travaille et enregistre depuis le début des années 1960 (1961, premier album dédié à Chopin, Brahms, Liszt, Ravel…) alors que la jeune prodige avait remporté les Premiers Prix de Bolzano et de Genève (1957), pas encore celui du Concours Chopin de Varsovie en 1965. Au total, c’est le répertoire essentiellement romantique qui se dévoile sous ses doigts de velours : de 1960 à 2014 (dont le fameux duo avec Daniel Barenboim à la Philhamronie de Berlin dédié entre autres à la version pour 2 Pianos du Sacre du printemps de Stravinsky, cd 43…, voici l’héritage discographique d’Argerich chez Deutsche Grammophon. Chopin, Ravel, Liszt et Prokofiev on ensuite concentré son travail d’interprète… en témoignent les premiers enregistrements symphoniques qui ont suivi ; pour DG, Argerich conçoit plusieurs récitals en solo, surtout en duo (avec le violoniste Gidon Kremer et le violoncelliste Mischa Maisky entre autres). Figurent donc tous ses grands Concertos romantiques pour piano et orchestre (Beethoven, Liszt, Ravel, Tchaikovski, Schumann, Rachmaninov sous la baguette de Sinopoli, Abbado, Dutoit, Rostropovitch, Kondrashin, Chailly, et aussi les prolongements et accomplissements menés avec ses partenaires familiers aux sin de son festival de Lugano pour le Progetto Martha Argerich, à partir de 2002.

Poétesse impériale du clavier

Martha Argerich : les notes fauves

argerich martha cd review and presentation on CLASSIQUENEWS.COM CLIC de classiquenews complete_recordings_on_dg_48cd-34669713-frntlLe coffret tr√®s complet sur les go√Ľts et le jardin secret de la pianiste l√©gendaire comprend en fin de cycle plusieurs enregistrements des d√©buts chez DG, propres aux ann√©es 1960 d‚Äôo√Ļ se distinguent ses lectures hypnotiques de Fr√©d√©ric Chopin, compositeur de la nuit comme elle. Parmi les p√©pites remarquables de ce coffret √©v√©nement, citons son duo avec Nicolas Economou (Rachmaninov et Tchaikovski : transcriptions pour 2 pianos des Danses symphoniques et de Casse-noisette, 1983). Martha Argerich, musicienne affective travaille en famille : elle a toujours aim√© s‚Äôentourer d‚Äôune troupe de partenaires avec lesquels le jeu musical devient partage en affinit√©, complicit√© stimulante. En t√©moignent ainsi des transcriptions rares telles les exceptionnelles Ma M√®re l‚ÄôOie et la Rhapsodie espagnole pour pianos et percus r√©alis√©es avec Nelson Freire, son fr√®re en musique (1993, cd 31), Les Noces de Stravinsky (version pour 4 pianos, solistes, choeur et perdus sous la direction de Diego Fasolis, juin 2004. Parmi les derni√®res offrandes discographiques, les Concertos 20 et 25 de Mozart fix√©s en 2013 avec Abbado, un an avant la disparition du maestro italien, restent incontournables. Coffret √©v√©nement. CLIC de classiquenews d‚Äôoctobre 2015. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

CD, annonce. Coffret Martha Argerich : the complete recordings on Deutsche Grammophon (48 cd)

CD., annonce. Ivan Ilic plays Morton Feldman (1 cd Paraty)

ilic-ivan-450-portrait-face-pianoCD., annonce. Ivan Ilic plays Morton Feldman (1 cd Paraty).¬†The Feldman Project… by Ivan Ilic. Ses mains sont d’un geste int√©rieur. Ses yeux sont ceux d‚Äôun mage hypnoptiseur. Pas √©tonnant que le pianiste Ivan Ilic soit fascin√© par les climats suspendus, parfois √©nigmatiques en tout cas souvent d√©concertants de l’am√©ricain Morton Feldman. D‚Äôailleurs pour interpr√©ter ses oeuvres, l‚Äôinterpr√®te a perfectionn√© des techniques de m√©morisation tr√®s anciennes pour jouer Feldman en exprimant √† la lettre sa conception si personnelle du d√©veloppement musical, abolissant le temps et l’espace.¬†Le pianiste am√©ricano-serbe Ivan Ilic, poursuit son exploration des continents m√©connus dessin√©s par le compositeur am√©ricain, d√©c√©d√© en 1987. A l‚Äôaune des grands penseurs et cr√©ateurs de son temps, -Boulez, Stockhausen et John Cage dont il fut proche-, Feldman a d√©fendu avec t√©nacit√© et m√™me esprit de comp√©tition, sa propre voix. Sa musique ouvre des portes, laisse envisager des perspectives, des mondes et des continents qui √©taient invisibles mais que l‚Äô√©coute de plus en famili√®re de ses partitions, permet d‚Äôenvisager voire de visualiser surtout d‚Äô√©prouver. Ce sont moins des narrations que des situations (¬ę¬†territoires¬†¬Ľ) que la musique de Feldman cultive et provoque, suscitant chez le spectateur / auditeur, un nouveau champ de conscience, un nouveau protocole d‚Äô√©coute. La spatialit√© devient essentiel ici : elle lib√®re musique et auditeur pour des explorations infinies.

 

 

 

Sons et champs de Morton Feldman

 

 

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Feldman-in-Paris concert ivan ilic mai 2015 CLIC de classiquenewsA ce titre, dans la notice accompagnant le livret de ce disque monographique (Ivan Ilic plays Morton Feldman), le pianiste expose sa propre exp√©rience √† l‚Äô√©coute de Feldman : impatience, trouble d‚Äôabord, puis r√©v√©lation et accomplissement spirituel‚Ķ et m√™me ¬ę¬†lib√©ration, transe¬†¬Ľ. Le propre de Felmdan demeure la qualit√© d‚Äôatmosph√®re qu‚Äôil produit au-del√† de la musique et des notes. Un climat quasi hypnotique qui modifie la sensation ordinaire du temps, pour un temps mental hors de toute exp√©rience classique, qui bascule en r√©v√©lation pour l’√©couteur attentif. Ivan Ilic s‚Äôinspire du cycle des hommages – portraits d‚Äôartistes que Feldman a rencontr√©s gr√Ęce √† son ami John Cage ‚Ķ : ¬ę¬†Frank O‚ÄôHara (le po√®te), Mark Rothko, Willem de Kooning, Philip Guston (peintres), Aaron Copland, John Cage, Christian Wolff, Stefan Wolpe (compositeurs), et Samuel Beckett (l‚Äô√©crivain, po√®te, et dramaturge). Un nom se d√©marque cependant des autres : Bunita Marcus.¬†¬Ľ
Feldman lui d√©die un pi√®ce ample qui dure 1h10 et qu‚Äôil compose en 1985. La compositrice a compt√© dans sa propre maturation : intime du compositeur, elle aurait m√™me refus√© sa demande en mariage. Ivan Ilic en enregistre ici et dans une sonorit√© scrupuleusement restitu√©e, la version critique corrig√©e, publi√©e en mars 2011, une version qu‚Äôil a encore enrichie gr√Ęce √† sa connaissance profonde du manuscrit de Feldman (si riche en annotations tr√®s pr√©cises).
feldman bunita Marcus portrait duoLes connaisseurs d’Ivan Ilic savent combien Palais de Mari a compté pour la réussite et l’accomplissement de son dernier cd (The Transcendentalist : Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman 1 cd  Heresy, mai 2014), la dernière composée par Feldman en 1986 et qui fut commandée par… la compositrice Bunita Marcus. Feldman appréciait son écriture à la fois splendide et élégante. Ivan Ilic nous offre une nouvelle exploration de l’écriture et des climats de Feldman à travers un nouvel itinéraire hypnotique. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com.

Prochains concerts d’Ivan Ilic : Londres, le 5 novembre 2015, Peacock Room, Trinity Laban Conservatoire. Paris : le 11 novembre 2015 à la Fondation des Etats-Unis (sur le piano Steinway modèle D de la salle de concert Art Déco).

 

 

 

Ilic-ivan-morton-feldman-review-account-of-classiquenews-PARATY135305_couv_dos_HD1 cd Ivan Ilic plays Feldman (Paraty : Album 50)
Feldman (1926-1987) : For Bunita Marcus, 1985
Ivan Ilic, piano
1 cd Paraty 135505. Parution : le 16 octobre 2015.

 

 

+ d’infos : www.ivancdg.com

 

 

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CD, coffret. Friedrich Gulda : Mozart, the Mozart tapes Concertos and Sonatas 10 cd Deutsche Grammophon. Annonce

gulda friedrich mozart the mozart tapes concertos sonatas deutsche grammophon complete recordings 10 CD presentation review critique classiquenews juin 2015 4822418_Gulda_Mozart_PackshotCD, coffret. Friedrich Gulda : Mozart, the Mozart tapes Concertos and Sonatas 10 cd Deutsche Grammophon. Friedrich Gulda. N√© en 1930, d√©c√©d√© en 2000, √† 70 ans, le pianiste est pass√© de la sc√®ne glorieuse des th√©√Ętres de prestige √† une carri√®re plus chaotique marqu√©e par des engagements contestataires moins lisses et conformes que l’excellence de son jeu et sa prodigieuse musicalit√© le font para√ģtre. L√©gende vivante, l’artiste suscite un tel engouement que le public s’enthousiasme comme s’il s’agissait de Dieu le p√®re donnant un r√©cital, r√©servant illico sans savoir au juste ce que la star allait jouer : Bach, Mozart, Debussy… ou du jazz. Selon ses humeurs. Le temp√©rament destructeur et volontiers libertaire du pianiste est √† chercher du c√īt√© de ses origines viennoises, dans ce berceau certes m√©lomane mais si r√©trograde et bourgeois qu’il s’est plu √† en fustiger les tensions r√©actionnaires, le conformisme √©triqu√©. Avec son petit bonnet viss√© sur le cr√Ęne qui lui donnait un air de gourou hindou venu de son Ashram r√©g√©n√©rateur, Gulda a toujours aim√© cultiver sa diff√©rence, son unicit√© dans/contre le syst√®me.

 

 

 

Etre libre

 

Jamais la libert√© d’un artiste n’a plus compt√© que depuis l’insolent Mozart quittant ce Salzbourg honnis et m√©prisant pour son g√©nie : Gulda fait de m√™me vis √† vis de Vienne et du bon public bourgeois, l’insoumis n’entendait jamais pactiser avec la tentation de l’imp√©rialisme hitl√©rien, ce facisme si facilement exprim√© dans les ann√©es 1930, qui prenait source dans l’antis√©mitisme qui fit d√©missionner Mahler de la direction de l’Op√©ra d’√©tat en 1907… Voil√† ce qu’incarne le geste impertinent mais libre de Gulda le magnifique √† la face des m√©lomanes nantis viennois. Mozart est un dieu pour Gulda qui se d√©lectait √† jouer ses Ňďuvres et est mort le m√™me jour que lui, un 27 janvier…
GULDA friedrich piano classiquenews Friedrich+Gulda+guldaIconoclaste certes, Gluda interroge l’obligation visc√©rale de l’artiste dans la soci√©t√© et vis √† vis du monde : jouer comme un divertissement sans esprit critique n’a pas de sens. L’art sans la conscience et la critique ne vaut rien : voil√† la cl√© pour comprendre la d√©marche d’un Gulda toujours sur le fil de la d√©nonciation, d’un d√©bordement critique et minutieusement cibl√© : ainsi para√ģt-il nu √† la t√©l√© autrichienne, avec sa femme, toute aussi nue que lui, pour interpr√©ter Schumann (L’amour et la vie d’une femme), ainsi surtout refusa-t-il l’anneau du bicentenaire de Beethoven propos√© en 1970 par l’Acad√©mie de Vienne, l’√©quivalent de la L√©gion d’honneur : une distinction que Gulda se plut √† √©carter car il n’estima jamais assez le go√Ľt des Viennois : s’il acceptait, c’√©tait reconna√ģtre que les Viennois avaient bon go√Ľt… S’il y eut des Viennois qui avaient la haine des juifs, Gulda le viennois prit soin de d√©montrer qu’il pouvait lui aussi avoir la haine… des Viennois.
Musicien prodigieux, Gulda apprit du ma√ģtre Bruno Seidlhofer (√† l’Acad√©mie de musique de Vienne), lequel eut ensuite comme √©l√®ves, Martha Argerich et Neilson Freire… les deux jeunes pianistes ne faisaient que suivre l’exemple de leur idole. En d√©pit de ses frasques et d√©bordements souvent excessifs ou abusifs, Gulda √©blouissait par son intelligence musicienne, un jeu solaire qui d√©passait largement les petites provocations de l’homme.
L’intelligence, la douceur badine et pourtant sinc√®re et si juste de ses Mozart √©blouissent ici dans ce coffret Deutsche Grammophon de 10 cd regroupant toutes les gravures r√©alis√©es pour la marque jaune, de 1948 √† 1999. 51 ann√©es d’une carri√®re o√Ļ le pianiste pose clairement l’enjeu d’une vie d’interpr√®te : jouer c’est exprimer et aussi provoquer. Contre la ti√©deur et la qu√™te uniforme ass√©chante, d√©sincarn√©e de la performance au nom de la musique, Friedrich Gulda affirme une autre dimension, celle du sens et de la finalit√© de chaque proposition musicale.¬† Contemporain d’un autre dieu du piano, Glenn Gould, Gulda √† l’inverse ne cesse d’interroger son rapport au public dans un questionnement parfois tendu mais si communicatif que son confr√®re avait d’embl√©e √©cart√© en ne se consacrant tr√®s vite qu’√† l’enregistrement en studio. L’art de Gulda est demeur√© attach√© au concert en public quitte √† le remettre toujours en question (et √† d√©truire ou rejeter ce qu’il avait accompli pr√©c√©demment) : un paradoxe √©rig√© en moteur d’avancement. Il est rest√© depuis sa disparition un ph√©nom√®ne in√©gal√©, le pur artiste d√©fiant l’ordinaire, le conforme, le norm√©. Or en art, il n’est pas de r√®gle, seule la libert√© et la passion priment, au prix d’une discipline de fer : c’est la cl√© des grands in√©gal√©s.

CD, coffret. Compte rendu critique. Friedrich Gulda : Mozart, the Mozart tapes Concertos and Sonatas 10 cd Deutsche Grammophon. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

Tracklisting / sommaire du coffret Mozart par Friedrich Gulda

CD1-5 : l’int√©grale des enregistrements Mozart (Sonates et Fantaisie K475)

CD2 6 : les Sonates enregistrées par Deutsche Grammophon et les derniers enregistrements (K331,457,570,576)

CD 7-8: les Concertos pour piano (Wiener Philharmoniker, Claudio Abbado)

CD 9-10: les premiers enregistrements depuis 1948

CD. Compte rendu critique. Chopin : 24 Préludes. Maxence Pilchen, piano (1 cd Paraty).

Chopin 24 preludes critique compte rendu classiquenews Maxence Pilchen piano 1 cd PARATYCD. Compte rendu critique. Chopin : 24 Pr√©ludes. Maxence Pilchen, piano (1 cd Paraty). Voici une nouvelle lecture des 24 Pr√©ludes de Chopin qui va compter.¬† Allusif et pudique, le pianiste franco-belge Maxence Pilchen inscrit la mati√®re musicale dans l‚Äôintime, r√©v√©lant de nouvelles perspectives √©motionnelles dans le jaillissement contrast√© des s√©quences encha√ģn√©es. Versatile, volubile mais puissamment intimiste, le jeu ouvre tous les champs de la conscience et de la m√©moire en retissant les liens profonds et les images souterraines qui font des 24 Pr√©ludes, ce fond miroitant des sentiments les plus secrets.¬† En plongeant dans les eaux de la psych√©, le pianiste franco belge r√©tablit la part prodigieusement humaine du cycle. Magistral.¬† Le disque de Maxence Pilchen renouvelle notre enthousiasme suscit√© par le disque d√©di√© au Chopin historique (sur claviers Pleyel) r√©alis√© par Knut Jacques, enregistrement √©galement publi√© aussi par Paraty.

CLIC_macaron_2014Une vision d’ensemble s’impose d’abord. Traversons le cycle de Pr√©lude en Pr√©lude. L‚ÄôAgitato initial est un lever de rideau id√©alement √©nonc√© comme un r√™ve ou un songe qui vient de na√ģtre (1) : la douceur suggestive du toucher s‚Äôy montre irr√©sistible.¬† M√™me r√©alisation parfaite pour le lento (2) en forme de marche nocturne aux r√©sonances √† la fois lunaires et lugubres d’une profondeur hypnotique gr√Ęce √† un jeu d’une tendresse articul√©e enivrante (quel sens de l’indicible et des respirations) ; puis c‚Äôest un g√©nial contraste avec le Vivace qui suit, abord√© comme le vol d‚Äôune libellule ou du papillon le plus l√©ger, sachant faire valoir au soleil ses couleurs scintillantes¬† (3) ; l’√©nonc√© du 4 – Largo, qui est l‚Äôune des m√©lodies les plus c√©l√®bres et m√©morables du cycle,¬† sombre dans l’√©panchement le plus investi comme une confession douloureuse et intime : l√† encore l’interpr√®te sait √©viter tout pathos trop d√©monstratif. A l‚Äôinverse, – embl√®me de la lecture du cycle entier-, le jeu s’enracine dans le terreau d’une psych√© tenue secr√®te comme pr√©serv√©e.

Puis, le 5 (Allegro molto) est tout d√©sir, √† son amorce, vivifiant qu‚Äôatt√©nue dans la continuit√©, le 6 (Lento assai),¬† expression d’une r√©serve o√Ļ s’√©panouit l’intime en une pudeur souveraine, bouleversante.
Le 7 (Andantino)¬† r√©sonne comme une r√©it√©ration du Grand Maulnes, produisant la r√©surgence d’une valse enfouie, pure, soudainement r√©v√©l√©e, affleurante : l√† encore le geste toute en pudeur et suggestivit√© nuanc√©e de Maxence Pilchen saisit par sa justesse po√©tique.
Le 8 (Molto agitato) montre outre la sensibilit√© aux climats et aux atmosph√®res t√©nues, picturales, l’aisance digitale emperl√©e du pianiste : fluidit√© a√©rienne au service d’une sensibilit√© millim√©tr√©e et naturelle.
Le 9 (Largo), plus démonstratif, est porté par une certitude qui contraste avec toute la pudeur qui précède.

Emperlé, allusif, le jeu de Maxence Pilchen régénère l’approche des 24 Préludes de Chopin

Chopin réinventé : Préludes magiciens…

Le 10 (Allegro Molto) se fait jaillissement liquide. Le 11 (Vivace) ivresse accord√©e au temp√©rament r√™veur du d√©but. Le 12 (Presto) sonne telle une m√©canique √©chevel√©e sur un tempo tr√©pidant. Le 13 (Lento) a la noblesse intime d‚Äôun solo de danseuse riche en arabesques diaphanes et elle aussi, envo√Ľtantes.
Le 14 (Allegro) plonge plus grave dans une activit√© souterraine ‚Ķ pour mieux pr√©parer¬† au r√™ve d’enfance du 15 (Sostenuto),¬† v√©ritable immersion r√©trospective et le plus long des Pr√©ludes – plus de 4 mn. La lecture plonge¬† dans ce climat d’innocence des premi√®res ann√©es de tout √Ęme terrestre : saluons l‚Äôintonation et la pr√©cision stylistique parfaites du pianiste qui inscrit davantage le cycle dans l’intimit√© et la puissante d’une psych√© de longue m√©moire avec ici le souffle d’une trag√©die intime pr√©gnante et tenace. Cette richesse et cette √©paisseur √©motionnelle accr√©dite la lecture dans son ensemble.

Par effet de contraste, dont d√©pend la vitalit√© rythmique du cycle, le 16 (Presto con fuoco), affirme une ivresse √©chevel√©e o√Ļ le sens de la syncope et du rebond magistralement ma√ģtris√©, enchante et captive. Le 17 (Allegretto) saisit par sa fra√ģcheur absolue servie par un toucher de r√™ve soyeux et allusif.

Après la fulgurance du 18 (Allegro molto), tout syncopes et feu,  les 6 derniers Préludes , à part le 22 (Molto agitato de moins d’une minute), présentent une même duré moyenne d’1mn20, offrant une ultime succession équilibrée dans ses développements.

Ainsi le 19 (Vivace) est délié, bavard comme la libération du secret  primordial. Le
20 (Largo) a l‚Äôampleur d‚Äôune formidable arche, -ouverture et fen√™tre vers un recommencement qui s’appuie sur la conscience pleine et assum√©e d’une gravit√© intime assum√©e. Le 21(Cantabile) devient enchantement : le rubato po√©tique et dansant suscitant un chant enivr√©, se distingue nettement.¬† Le 22 (Molto agitato) exprime premi√®re et animale,¬† l‚Äô√©nergie agitato de forces telluriques jusque l√† insoup√ßonn√©es. Enfin le 23 – Moderato-, √† l‚Äôinverse est un r√™ve liquide d’une douceur infinie qui de l’ombre retourne √† l‚Äôombre. La pudeur po√©tique dont est capable Maxence Pilchen, chopinien id√©al, s‚Äôaffirme ici dans toute sa justesse, ses nuances pudiques, ses r√©sonances secr√®tes et intimes.

 

Dans l‚Äôultime s√©quence, le 24 (Allegro appassionato), le jeu est porteur d’une trag√©die intime jamais¬† r√©solue. Chopin exprime dans son dernier Pr√©lude, une √©nergie sombre, – v√©ritable houle inqui√®te, et psychiquement instable, associ√©e √† la volont√© inextinguible et visc√©rale de rena√ģtre.

 

 

La richesse √©motionnelle, le jeu qui nous parle de l’intime et fait surgir souvent en √©clats scintillants id√©alement mesur√©s, l’activit√© de la psych√© affirment l‚Äôimpressionnante maturit√© de l’interpr√®te. Sa sensibilit√© f√©conde qui s’inscrit sans pathos dans l’intime et la pudeur, force l’admiration. Outre la formidable digitalit√© du pianiste,¬† c’est sa profondeur et son absolue subtilit√© qui touchent imm√©diatement. Voici un immense temp√©rament √† suivre de pr√®s. Le disque d√©croche naturellement le CLIC de classiquenews de juin 2015. Voil√† qui confirme l‚Äôactivit√© du label Paraty tel un formidable tremplin de temp√©raments actuels du clavier (clavecin, pianoforte, piano) : Natalia Valentin, virtuose au pianoforte (Bagatelles de Beethoven, 2009), Ivan Ilic (Debussy et Godowski), le d√©j√† cit√© Knut Jacques (autre chopinien audacieux r√©v√©lateur des sonorit√©s originelles sur claviers historiques: Pianos Pleyel et pianino ; Ballades, Sonate n¬į2, Nocturne‚Ķ) : et plus r√©cemment simultan√©ment au Chopin de Maxence Pilchen, les superbes Sonates de W√ľrttemberg de CPE Bach au clavecin par Bruno Procopio (CLIC de classiquenews de f√©vrier 2015)‚Ķ Autant de titres, r√©v√©lant interpr√®tes et r√©pertoires choisis, √† conna√ģtre d‚Äôurgence.

 

 

CD. Compte rendu critique. Chopin : 24 Préludes. Maxence Pilchen, piano. 1 cd Paraty 115131. Parution : le 16 juin 2015. Durée : 34 mn. Enregistré en juin 2014.
Visiter le site du label indépendant PARATY

 

MAXENCE PILCHEN en CONCERT
Le 30 juin 2015, Paris, salle Gaveau, 20h30
Programme : ¬ę De Majorque √† Nohant ¬Ľ. Les 24 Pr√©ludes de Chopin.
Ballade opus 52, Scherzo opus 54, Polonaise opus 53.

 

 

Maxence Pilchen, piano.

CD, coffret événement. Compte rendu critique : Arturo Benedetti-Michelangeli, piano. The complete Warner recordings (1941-1975 Р14 cd Warner classics)

benedetti michelangeli complete warner recordings 14 cd compte rendu critique classiquenews CLIC de juin 2015CD, coffret √©v√©nement. Compte rendu critique : Arturo Benedetti-Michelangeli, piano. The complete Warner recordings (1941-1975). 14 cd Warner classics. L‚Äôart du pianiste Benedetti-Michelangeli incarne l‚Äô√©l√©gance et la distinction technique qui s‚Äôaffirment ici dans ses bandes enregistr√©es sous √©tiquette EMI √† l‚Äô√©poque, depuis 1941 (MILAN, cd1 : Sonate opus 2 n¬į3 de Beethoven) √† 1975 (cd 7 et 8 : Concertos de Haydn et Carnaval de Schumann). Pour les 20 ans de la mort du pianiste en 1995, Warner classics √©dite l‚Äôensemble de ses archives concernant le plus grand pianiste italien du XX√®me avant Pollini. Patrie de l‚Äôop√©ra, des grands violonistes et des clavecinistes (Frescobaldi et Scarlatti), l‚ÄôItalie devait forc√©ment apr√®s Busoni, accoucher d‚Äôun grand du clavier moderne. Ce fut Arturo Benedetti Michelangeli, n√© en 1920. Si Ciccolini se fixe en France, “ABM” lui, reste en Italie : r√©v√©l√© au Concours de Gen√®ve en 1939 (- et sid√©rant au point que Cortot affirmera face √† ce jeune homme de 19 ans qu‚Äôil y reconnaissait la r√©incarnation de Liszt, dont BM avait interpr√©t√© brillamment le Concerto n¬į1), le jeune prodige, technicien hors pair, se montre magicien de la sonorit√© pianistique, r√©v√©lant des nuances iris√©es n√©es du clavier… jusqu‚Äôalors inconnues. Un nouveau na√ģtre moderne de la note bleue ? Dans le sillon de Liszt et Chopin √† Nohant aupr√®s de leur h√ītesse subjugu√©e et d√©voreuse, George Sand, ABM est lui aussi en qu√™te de r√©sonances secr√™tes, profondes qui parlent √† l’√Ęme.

 

 

Pour les 20 ans de sa disparition en 1995, Warner classics édite l’intégralité des enregistrements du pianiste italien Arturo Benedetti-Michelangeli…

L‚Äô√©l√©gance et la gr√Ęce d‚Äôun penseur du piano

tumblr_nlpenkBDSu1tm6y3go1_540Arturo Benedetti-Michelangeli captive toujours. C’est une personnalit√© insaisissable capable logiquement de faire na√ģtre dans ses lectures, le pur myst√®re et la gr√Ęce… En tout cas une sensibilit√© post romantique des plus envo√Ľtantes capable au concert d‚Äôoffrir des sommets d‚Äôesp√©rience musicale. L‚Äôhomme reste un myst√®re : ¬ę¬†absent¬†¬Ľ (mais pas √† lui-m√™me) annulant il est vrai, bon nombre de concerts, pour un oui pour un non, un courant d‚Äôair, un programme trop copieux, trop exigeant, – pourtant, mais donnant tout et allant jusqu‚Äôau bout dans les partitions jou√©es. Le poids de la pens√©e, le souci du sens, l‚Äôintrospection directement en connexion avec le jeu ont fait la valeur de son legs aujourd‚Äôhui accessible par le disque. Pas de r√©pertoire √©largi jusqu‚Äôaux modernes (√† part Mompou, Debussy, cf Images et Children‚Äôs corner √† Turin en 1963 et Ravel : Concerto en sol √† Londres en 1957), mais une r√©flexion des plus aigu√ęs sur les classiques Haydn et Mozart (Concertos pour piano K 415, K450, K488, Milan, 1951) voire baroques (Bach √©videmment, Galuppi et Scarlatti pour ses d√©lier les doigts), surtout romantiques : Beethoven, Chopin, Schumann (ici deux versions de Carnaval, bain, source du romantisme le plus enfantin et le plus √©chevel√© donc bouleversant par sa fragilit√© triomphante : 1975 cd 8 et 1957 cd 4, et aussi 2 versions du sid√©rant Concerto pour piano opus 54: √† 20 ans d’intervalle, soit en 1942, cd9 puis 1962 cd12, le premier avec l’orchestre de la Scala de Milan et Alceo Galliera, le second avec l’orchestre Symphonique de Rome della Rai et Gianadrea Gavazzeni)), Liszt, Grieg, Rachmaninov. Peu bavard, √©conome et sur le repli voire le silence appesanti / √©nigmatique s‚Äôil √©tait question de communiquer et surtout de transmettre, MB laisse le souvenir d‚Äôun √™tre venu d‚Äôailleurs finalement. Son √©l√®ve Martha Argerich laisse le t√©moignage d‚Äôun professeur absent, capable seulement de lui laisser sur son pupitre un mot : qui en dit beaucoup mais en quelques syllabes, muries, sibyllines : ¬ę¬†√©coutez vous mieux¬†¬Ľ. L’invitation √† davantage de silence √©veill√©e, de conscience √©panouie, d’int√©riorit√© sinc√®re et directe ne pourrait mieux caract√©riser le grand et in√©galable Arturo. Cette adresse concerne aussi les auditeurs / spectateurs qui aujourd‚Äôhui sont bien loin de cette immersion profonde et concentr√©e dans la musique. Ici la d√©licatesse enfantine et infiniment nostalgique de ses Mozart, l‚Äô√©l√©gance amus√©e badine mais jamais anodine de ses Haydn, la virtuosit√© √©lectrique de ses Scarlatti et Galuppi, la profondeur des Beethoven, Brahms et Grieg, le d√©li√© bondissant et versatile de Schumann, le r√™ve ou le songe sinc√®re des Debussy ou des Ravel font le g√©nie du Benedetti-Michelangeli pianiste. Un grand. Qui reste unique. A d√©faut de conna√ģtre v√©ritablement celui qui √† travers les 14 pochettes ici r√©unies ne nous regarde jamais, offrant son profil proustien, l’√©coute approfondie que nous permet Warner classics att√©nue l’√©loignement du myst√©rieux r√™veur et nous le rend proche enfin. Coffret √©v√©nement.

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD, coffret événement. Compte rendu critique : Arturo Benedetti-Michelangeli, piano. The complete Warner recordings (1941-1975). 14 cd Warner classics Réf.: 0 825646 154883. Parution : juin 2015.

CD, coffret. Compte rendu critique. Ivo Pogorelich : complete recordings. 14 cd Deutsche Grammophon (1981-1995).

pogorelich ivo complete recordings piano CLIC de classiquenews compte rendu critique du coffret cd CLIC de mai  et juin 2015CD, coffret. Compte rendu critique. Ivo Pogorelich : complete recordings. 14 cd Deutsche Grammophon (1981-1995). Ado scandaleux puis pilier classique… Passeur enflamm√© Ivo Pogorelich sera pass√© de l’ic√īne rebelle des ann√©es 80 aux d√©j√† grands du piano … alors que sa carri√®re , n’est pas achev√©e.¬† En couverture de ce coffret de 14 cd, absolument incontournable, la posture cool et relax d’un ado virtuose en tee-shirt et jean (membre d’un Boys band), qui vient de semer le scandale au Concours Chopin de Varsovie : √©limin√© en demi finale, Ivo Pogorelich (n√© √† Belgrade en 1958) provoque du haut de ses 22 ans… le d√©part de Martha Argerich alors membre du Jury. Et c’est le vietnamien Dang Thai Song qui est sacr√© Premier Prix du Concours 1980. D’embl√©e le jeu sans √©quivalent de Pogorelich rayonne tout au long des ces 14 programmes anthologiques, enregistr√©s par Deutsche Grammophon : le geste se fait provocateur et le premier disque √† para√ģtre d√®s 1981, totalement d√©di√© √† Chopin est sa r√©ponse m√Ľrie, scrupuleuse aux membres du Jury de ce Concours 1980 qui l’avait √©cart√©. Contrastes exacerb√©s, virtuosit√© √©poustouflante, rubato original, vision toujours enflamm√©e et jamais polie… Chopin, Beethoven, Ravel… le g√©nie Pogo sublime et transfigure dans un cr√©pitement imaginatif continu qui laisse soit d√©concert√© mais admiratif, soit agac√© puis r√©fractaire. La jeunesse, le concept finalement tr√®s soign√© du llook pop rock appliqu√© au classique fait recette : les salles se l’arrachent et le soliste embrase les publics tant l’√©quation de la jeunesse et du talent bouleverse les sensibilit√©s. D’autant plus que les traits du pianistes, androgynes, renforcent l’√©nigme Pogo.

 

 

 

 

 

DG publie en 14 cd les seuls gravures studio du pianiste prodige des 80′s et 90′s

Le piano hors normes d’Ivo

 

CLIC_macaron_2014Les cd 1-6 regroupent les premi√®res gravures propres aux d√©buts des ann√©es 1980 : celles de la r√©v√©lation (1981-1985) : programmes solistes Chopin bien s√Ľr, Beethoven, Ravel (Gaspard de la nuit), et aussi les Concertos avec orchestre de Chopin et Tchaikovski en complicit√© avec Claudio Abbado). Le cd 7 rassemble les 24 Pr√©ludes de Chopin: un sommet difficilement √©galable encore aujourd’hui (Hambourg, 1989). Les gravures 8-11 marquent la maturit√© du d√©but des ann√©es 1990 (Sonate n¬į2 de Scriabine, Sonate de Liszt √©videmment, mais aussi Scarlatti et Haydn), auxquels succ√®dent les cd 12 et 14 de 1995 qui comprennent l’incontournable Moussorgski et dans le dernier album, 4 Scherzos de Chopin.

 

Tout cela permet de dessiner les grandes lignes d’un temp√©rament hors normes.¬†Si Mozart, et sa simplicit√© grave lui √©chappent incontestablement, ses Bach cependant semblent imposer sa musicalit√© au-del√† des postures stylistiques. Puis l’√©closion de la maturit√© si manifeste chez Scriabine ou Chopin (les 24 Pr√©ludes demeurent la r√©f√©rence absolue du catalogue Pogorelich chez DG), avant le sublime et profond Moussorgski (Tableaux d’une exposition, autre must absolu). Apr√®s 14 ann√©es de carri√®re et d’enregistrements, Ivo cesse toute activit√© √† la mort en 1996 de son √©pouse¬† Aliza Kezeradze(qui de vingt ans son a√ģn√©e fut son mentor, un guide spirituel et artistique tout autant qu’une compagne d√©vou√©e). C’est une cassure nette dont le soliste se remet encore avec difficult√©. De nouveaux r√©citals se sont r√©alis√©s (2014), des vell√©it√©s d’enregistrements aussi. Pour l’heure, le coffret de 14 cd √©dit√© par Deutsche Grammophon (et qui regroupe les seuls enregistrements studio du pianiste) constitue une somme artistique indiscutable : l’engagement, la personnalit√©, le feu prom√©th√©en qui s’en d√©gage (la vacuit√© d’une narcissicisme souverain diront les critiques plus r√©serv√©s) restent pourtant captivants. Evidemment le coffret re√ßoit le CLIC de classiquenews de juin 2015.

 

 

 

 

 

CD, coffret. Compte rendu critique. Ivo Pogorelich : complete recordings. 14 cd Deutsche Grammophon réf.: 479 4350. Consulter le sommaire complet du coffret sur le site de Deutsche Grammophon

 

 

 

Récital Rémi Geniet, piano au TAP de Poitiers

Remi-Geniet_Folle_JourneePoitiers, TAP. R√©mi Geniet, piano. Le 18 f√©vrier 2015, 20h30. Le pianiste R√©mi Geniet offre un r√©cital soliste Bach et Chopin. A 21 ans,¬† le jeune pianiste (n√© en 1992 √† Montpellier) a d√©j√† remport√© nombres de Prix et r√©compenses envi√©s dont le Premier Prix du Concours Horowitz de Kiev 2010, le troisi√®me Prix du Concours Beethoven de Bonn 2011, le deuxi√®me prix du concours Reine Elisabeth de Belgique 2013 (√† 20 ans) … Son jeu puissant et finement caract√©ris√© a trouv√© dans les Ňďuvres de Bach et de Chopin, deux formes et des √©critures √† la mesure de son temp√©rament entier, sinc√®re, engag√©. El√®ve de Rena Shereshevskaya √† l’Ecole Normale de Paris, de la regrett√©e Brigitte Engerer et d’Evgueni Koroliov (√† Hambourg), R√©mi Geniet enrichit sa jeune exp√©rience en jouant r√©guli√®rement avec un complice chambriste, le violoncelliste Henri Demarquette. Le pianiste s’int√©resse depuis ses d√©buts √† l’Ňďuvre de Jean-S√©bastien Bach. Le programme pr√©sent√© en concert en ce mois de f√©vrier 2015 reprend partie des partitions enregistr√©es √† Poitiers √† l’automne 2014. A quelques voix pr√®s, R√©mi Geniet remportait la Victoire Soliste instrumental de l’ann√©e lors des derni√®res Victoires de la musique classique 2015. Le jeu est puissant ; la vision, int√©rieure et profonde : la maturit√© et l’instinct musical colorent une intelligence peu commune. La digitalit√© d√©li√©e, tr√®s clairement √©nonc√©e fonde une technique pr√©cise et √©tonnamment structur√©e. R√©mi Geniet est un jeune talent √† suivre.
L’esprit des danses anime la Suite anglaise n¬į1, auxquels fait √©cho la Mazurka du Romantique Chopin. Rem√© Geniet conclue son concert avec la Sonate n¬į3 en si mineur opus 58.

 

 

 

boutonreservationRécital du pianiste Rémi Geniet
JS Bach, Chopin
Mercredi 18 février 2015, 20h30
Poitiers, TAP, Auditorium

J. S. Bach :
Suite anglaise n¬į1 en la majeur BWV 806,
Caprice sur le départ de son frère bien-aimé BWV 992,
Toccata en do mineur BWV 911

Frédéric Chopin :
Mazurkas op. 17,
Sonate n¬į3 en si mineur op. 58

Durée du récital : 1h35 (entracte inclus)

Les Ňďuvres du programme

bach_js jean sebastianJohann Sebastian Bach (1685-1750) a √©crit de nombreuses pi√®ces pour instrument seul : il s’agit de partitions particuli√®rement profondes, cr√©ant des sommets de musique pure qui semble propre √† l’√©poque baroque, exprimer la diversit√© troublante voire contradictoire de l’√Ęme humaine : introspection, langueur, m√©lancolie mais aussi √©nergie, volont√©, action… Les Suites anglaises (1717-1723) r√©utilisent et fixent le genre de la Suite compos√© d’une succession tr√®s r√©glement√©e de danses europ√©ennes (plut√īt d’origine fran√ßaise) : Pr√©ludes, Allemandes, Courantes, Sarabandes, Bourr√©es, enfin Gigues, en guise de conclusion. La Premi√®re, en la majeur, aurait √©t√© √©crite par un Bach sp√©cifiquement inspir√© par le claveciniste fran√ßais virtuose Charles Dieupart (1670-1740) dont la carri√®re se d√©roule surtout √† Londres. Ce pourrait √™tre l’origine de leur intitul√© “Suites anglaises”.¬† Bach synth√©tise comme √† son habitude le caract√®re et l’esprit de chaque danse : Pr√©lude d’ouverture (tr√®s court), majest√© de l’Allemande avec d’√©videntes r√©f√©rences au jeu du luth; inventivit√© vivace des Courantes ; gravit√© solennelle de la Sarabande ; fac√©tie plus enlev√©e des Bourr√©es ; enfin, d√©termination de la Gigue conclusive.

Le Caprice BWV 992 √©voque la figure du fr√®re aim√©, hautbo√Įste de renom qui rejoint √† Stockholm,¬† l’Orchestre du Roi de Su√®de. Ňíuvre de jeunesse (√©crite au d√©but des ann√©es 1700), pleine de charme et d’imagination, le Caprice comporte six mouvements comme autant de tableaux √©motionnels, comme le sugg√®rent d’ailleurs les sous-titres de chaque mouvement : ¬ę … pour le d√©tourner d’entreprendre le voyage ¬Ľ, ¬ę Repr√©sentation des divers accidents qui peuvent arriver √† l’√©tranger ¬Ľ, etc…

Les Toccatas illustrent la ma√ģtrise du Bach de la maturit√©. Celle en ut mineur (BWV 911, vers 1712) comme l’ensemble des autres pi√®ces de ce genre, m√™lent les divers mouvements comme s‚Äôil s‚Äôagissait d‚Äôun concerto pour instrument seul. Proche de la Fantaisie, la libert√© et l’invention de l’√©criture impose sa propre √©nergie, semblant embraser de fa√ßon quasi improvis√©e une structure pourtant tr√®s pr√©cise. Le plan suit √† peu pr√®s le m√™me ordre : introduction rhapsodique, arioso, fugue, adagio, derni√®re fugue conclusive. La Toccata en ut mineur BWV 911, en trois parties, impose sa fugue particuli√®rement d√©velopp√©e (175 mesures) √† trois voix. Outre l’imagination d√©brid√©e, la profondeur et la virtuosit√©, Bach saisit par la force et l’ampleur de sa pens√©e musicale.

chopin_arte_200-ans_soiree_speciale_television_arte-Frederic_ChopinAinsi l’admiration que portait Chopin pour Bach. Compos√©es entre 1832 et 1833, les quatre Mazurkas¬† (Opus 17) du plus fran√ßais des Polonais sont le premier recueil du genre con√ßu depuis son installation √† Paris.¬† Chopin semble prolonger la sensibilit√© int√©rieure de son a√ģn√©, passant des passions √† l’exploration du sentiment, le compositeur pianiste combine les climats lui aussi contrast√©s voire antinomiques : premi√®re Mazurka apparemment joyeuse, deuxi√®me r√™veuse et m√©lancolique. La derni√®re pi√®ce, – Lento ma non troppo en la mineur- captive par sa puissante int√©riorit√©.¬† La Sonate n¬į3 r√©g√©n√®re les mod√®les l√©gu√©s par Beethoven ou Schubert. La libert√© qu’y apporte Chopin l’impose imm√©diatement : compos√©e en 1844, elle suit l’√©closion de la Quatri√®me Ballade (1842), du Quatri√®me Scherzo (1842 aussi) et des Nocturnes opus 55 (1843), tous sommets d’originalit√©, de caract√®re et de profondeur dont la Sonate recueille les fruits. Chopin surprend m√™me par la conception de l’architecture : ampleur du portique d’ouverture (Allegro maestoso) ; tr√®s court et vivace Scherzo √† la digitalit√© fac√©tieuse ; Largo cr√©pusculaire et noctambule ; enfin Finale dont la v√©h√©mence et le temp√©rament imposent la stature d’un Chopin ma√ģtre de son destin.
Le choix des pi√®ces exige de l’interpr√®te une versatilit√© permanente de l’humeur, et dans le traitement musical, une aptitude √† exprimer chaque nuance expressive d’une s√©quence √† l’autre, de premier ordre.

Maroussia Gentet joue Schumann

gentet-maroussia-piano-schumann-450Paris. R√©cital Maroussia Gentet, piano. Schumann, mardi 6 janvier 2015, 20h, Goethe Institut. Cr√©√©e en 1992, la fondation Bl√ľthner-Reinhold veille √† perp√©tuer la pratique des pianos de la firme allemande tout en favorisant la carri√®re des nouveaux pianistes. Ainsi la saison musicale nouvelle propos√©e au Goethe Institut de Paris met-elle en avant les temp√©raments artistiques les plus prometteurs, ceux d√©j√† captivants et dont le programme propos√© √† Paris est laiss√© √† leur libre-arbitre. C’est √©videmment le cas de la jeune Maroussia Gentet (seule fran√ßaise parmi les 6 artistes s√©lectionn√©s par la fondation cette saison).¬† Ancien √©l√®ve de G√©ry Moutier au Conservatoire National Sup√©rieur de Musique et de Danse de Lyon, la jeune instrumentiste enrichit encore son jeu et sa technicit√© gr√Ęce √† sa rencontre avec la pianiste russe Rena Shereshevskaya dont elle suit l’enseignement √† Paris, √† l‚ÄôEcole Normale de Musique (dipl√īme en 2010). Depuis 2012, Maroussia Gentet poursuit ses √©tudes au CNSMD de Paris en Dipl√īme d‚ÄôArtiste Interpr√®te, ce qui lui a donn√© l‚Äôoccasion de jouer le Concerto de Schumann en 2012 et d‚Äôenregistrer le 2√®me Concerto de Prokofiev avec l‚Äôorchestre des Laur√©ats du Conservatoire sous la direction de Philippe A√Įche, premier violon solo de l‚ÄôOrchestre de Paris.

LIVRES. Nouvel essai biographique sur Robert SchumannCelle qui se destine aujourd’hui √† la p√©dagogie, n’en oublie pas pour autant la transmission et la p√©dagogie, tout en offrant √† Paris en ce d√©but d’ann√©e 2015, un r√©cital attendu enti√®rement d√©di√© √† son compositeur de pr√©dilection, Robert Schumann. Temps fort de l’agenda pianistique parisien de janvier 2015, sa lecture des Davidsb√ľndlert√§nze opus 6¬† dont aucune autre Ňďuvre de Schumann et du romantisme pianistique en g√©n√©ral n’atteint la fi√®vre passionn√©e, la transe syncop√©e, entre tendresse nostalgique et fureur √©nergique. Tout Schumann (Eus√©bius et Florestan) est concentr√© dans ce formidable corpus de partitions parmi les justes po√©tiquement, profondes et √©chevel√©es, exigeant de l’interpr√®te une versatilit√© technicienne continue. Compos√© en 1837, le cycle fascine par sa suractivit√©, l’√©clatement de la ferveur narcissique o√Ļ Schumann h√©g√©lien, r√©alise ce “lointain intime”, r√©sonance multiple et pluriel d’une conscience aigu√ę, d’une identit√© qui tourne autour d’elle-m√™me, se reconstruit et se projette √† la fois : pass√©, pr√©sent, futur y fusionnent. Difficile pour le pianiste de pr√©server la coh√©rence organique des parties malgr√© ce tourbillon continu d’affects et de climats… Depuis les ann√©es 1830, Schumann √©crit pour le piano, son instrument : les Ňďuvres √©blouissent litt√©ralement par la pulsion permanente, le feu qui d√©vore et porte toujours plus loin. Digitalit√© fluide et mordante, √©nergie active et mesur√©e, souffle, murmure, exaltation : l’interpr√®te doit ma√ģtriser son m√©tier pour exprimer la sensibilit√© panique d’un auteur g√©nial, d√©sesp√©r√© / exalt√© par l’√©loignement qui le s√©pare de son aim√©e. Clara… Mais l’amour √©tant le plus fort, il √©pousera bient√īt sa ch√®re et tendre Clara, double dans la vie et dans la musique, apr√®s bien des vicissitudes.

 

 

 

boutonreservationRécital Maroussia Gentet
Mardi 6 janvier 2015, 20h
Paris, Goethe Institut
Robert Schumann (1810-1856)

 

 

Davidsb√ľndlert√§nze op 6
Fantaisie op 17

A l’issue du concert, le public est invité à un moment d’échange avec l’artiste.

Tarif plein : 10 ‚ā¨
Tarif r√©duit : 5 ‚ā¨
Réservation conseillée au 01.44.43.92.30

Goethe Institut
17 Avenue d’Iéna  75116 Paris
Tel. : 01.44.43.92.30
info@paris.goethe.org
www.goethe.de/paris

Infos et réservations :
Visitez le site de l’Institut Goethe √† Paris

Concert, annonce. Guillaume Coppola joue Schubert

CD. Le Schubert oubli√© enchant√© de Guillaume CoppolaParis, Cons. d’Art dramatique. Guillaume Coppola, piano. Le 9 d√©cembre 2014, 20h. A l’occasion de la sortie de son nouveau disque Schubert √©dit√© par le label fran√ßais Eloquentia, le pianiste Guillaume Coppola propose un r√©cital 100% Schubert compos√© de valses m√©connues du compositeur romantique actif √† Vienne dont le temp√©rament introspectif sait recycler les danses populaires avec une tendresse peu commune. Dans son album Valses nobles et sentimentales (D 969 et D 779), Guillaume Coppola r√©investit les territoires nostalgiques d’un musicien souvent travers√© et port√© par la gr√Ęce. Le jeu du pianiste, ancien √©l√®ve de Bruno Rigutto, Nicholas Angelich, Christian Ivaldi et Marie-Fran√ßoise Bucquet au CNSMD de Paris,¬† chante en visions po√©tiques d’une absolue fluidit√©, le grand spleen (Sensucht) d’un Schubert en √©tat d’hypnose. Le concert parisien de ce 9 d√©cembre est con√ßu comme ceux de Schubert √† Vienne pendant la terreur institu√©e par Maeterlinck, comme une r√©union d’amis, une Schubertiade, o√Ļ l’entente et la compr√©hension f√©conde scellent l’effusion de moments privil√©gi√©s. Pour son public, Guillaume Coppola fait de m√™me : il entend partager avant tout l’exp√©rience intime de la musique dont les territoires schubertiens ouvrent d’immenses perspectives pour l’imaginaire. LIRE notre pr√©sentation du concert Schubert par Guillaume Coppola

coppola guillaume franz schubert cd schubert eloquentiaUn extrait de la critique compl√®te du cd Schubert Valses nobles et sentimentales par Guillaume Coppola, piano, CLIC de classiquenews en septembre 2014 : … “En s‚Äôattachant principalement aux Ňďuvres m√©connues ou moins jou√©es de Schubert, Guillaume Coppola souligne la finesse suggestive, onirique, radicale, ce bouillonnment de l‚Äôintime qui fait la s√©duction irr√©sistible des partitions ici choisies‚Ķ Valses nobles, Valses sentimentales, le pianiste Guillaume Coppola d√©livre le message d‚Äôune secr√®te int√©riorit√© d‚Äôun Schubert qui tout en s‚Äôenivrant de ses propres divagations, approfondit en r√©alit√© une qu√™te int√©rieure, tiss√©e sur la dur√©e, dans la pudeur et la suggestivit√©.¬†Lire notre critique compl√®te du cd Schubert Valses nobles et sentimentales par Guillaume Coppola, piano

 

 

 

 

Récital Guillaume Coppola à Paris
Mardi 9 décembre 2014, 20h
Paris, 75009 – Conservatoire d’Art dramatique

Franz Schubert
Sonate D 537, Valses, M√©lodie Hongroise, et quelques surprises en compagnie d’artistes amis de Guillaume Coppola (Ňďuvres enregistr√©es sur l’album r√©cent de Guillaume Coppola : Valses nobles et Valses sentimentales

Les concerts Pianissimes font d√©couvrir de jeunes talents qui seront les grands de demain, dans une ambiance conviviale et intimiste qui favorise la proximit√© avec les artistes. Ils sont sans entracte et se poursuivent par un cocktail ouvert √† tous permettant au public d’√©changer et de rencontrer les musiciens de fa√ßon informelle.

Le Conservatoire d’Art Dramatique, th√©√Ętre √† l’italienne avec sa d√©coration pomp√©ienne et sa bonne acoustique, est un lieu mythique de la vie musicale parisienne du XIXe si√®cle rarement ouvert au public. Connu √† l’origine sous le nom d’Hotel des Menus-Plaisirs, il fut le si√®ge du premier Conservatoire de musique et de d√©clamation entre 1784 et 1911 (avant son d√©m√©nagement rue de Madrid) et celui de l’Orchestre de la Soci√©t√© des Concerts du Conservatoire (anc√™tre de l’Orchestre de Paris). Il a accueilli sur sa sc√®ne ou dans ses classes : Fr√©d√©ric Chopin, Franz Liszt, Dinu Lipatti, Marguerite Long, Arthur Rubinstein, Alfred Cortot, Samson Fran√ßois…

Conservatoire d’Art Dramatique
2 bis rue du Conservatoire – Paris 9e
Accès : Métro Grands Boulevards РParking 28 boulevard de Bonne Nouvelle
ou 5/7 rue du Faubourg Poissonnière

Informations / Réservations :

De préférence par Internet : www.lespianissimes.com
ou par téléphone auprès des Pianissimes 01 48 87 10 90 (messagerie).
Tarif normal 30‚ā¨
Tarif jeunes 15‚ā¨ (moins de 26 ans).

 

Portrait de Vladimir Horowitz

Vladimir_Horowitz_portraitArte. Portrait : Vladimir Horowitz, dimanche 14 d√©cembre 2014, 16h50. Un portrait fascinant couronn√© par deux Emmys, du pianiste ukrainien l√©gendaire¬† Vladimir Horowitz. En 1985, Peter Gelb l‚Äôactuel patron du MET alors directeur de CAMI Video et producteur, r√©ussit √† convaincre Vladimir Horowitz d‚Äôouvrir la porte de son appartement de New York et de se laisser filmer par les fr√®res Hayes. Ainsi se r√©alise une occasion unique pour un voyage √©mouvant et divertissant dans l‚Äôunivers musical et intime du virtuose. Dans son anglais √† jamais “russisant”, avec un go√Ľt inn√© pour la mise en sc√®ne, un ind√©niable talent d‚Äôacteur, un humour fac√©tieux et allusif d’une √©l√©gance perdue, Horowitz explique et c√©l√®bre en paroles et au piano tour-√†-tour le recueillement d‚Äôun choral de Bach, la noblesse d‚Äôun pr√©lude de Rachmaninov, l‚Äôh√©ro√Įsme d‚Äôune Polonaise de Chopin. Sous l‚Äôoeil vigilant, tendre et autoritaire de Madame Wanda Toscanini-Horowitz depuis le canap√© √† fleurs… S√©ducteur, dou√© d’un intelligence malicieuse, voici Horowitz moins dernier romantique que r√©el funambule prodigieux du clavier.
Horowitz √† un an pr√®s est l’exact contemporain du maestro Karajan, mort comme lui en 1989. Rival de Rubinstein, meilleur technicien que lui, Horowitz savait taire les rumeur en se d√©clarant diff√©rent et meilleur “musicien”.¬† De fait moins monstre puissant √† la Liszt comme Rubinstein, Horowitz cultive une musicalit√© √† part, rayonnante par sa malice, son imagination, ses nuances r√©solument “proustiennes” ou plus pianistiquement correctes, “chopiniennes”. En d√©pit d’une l√©g√®ret√© affich√©e, ce bienheureux enjou√© traversa des p√©riodes difficiles, rompant soudainement avec l’√©lan des grandes tourn√©es et pris comme par la naus√©e qu’un trop plein de concerts ne manquait pas de susciter.

arte_logo_2013Arte. Portrait : Vladimir Horowitz, dimanche 14 décembre 2014, 16h50. Horowitz, le dernier romantique ?

 

 

 

puis m√™me cha√ģne √† 18h30 :
Horowitz à Vienne : extraits du concert mémorable que le pianiste donna en mai 1987 dans la Goldener Saal du Musikverein de Vienne. Au programme : Scarlatti, Rachmaninov, Scriabine, Liszt, Schumann et Chopin.  Ponctuant les morceaux, des extraits d’entretiens avec le virtuose montrent comment il s’est inscrit dans l’histoire de son temps ; une large place est aussi laissée à l’émotion, notamment lorsque le musicien évoque des souvenirs d’enfance avec Scriabine et Rachmaninov.

 

 

 

Récital du pianiste Guillaume Coppola à Paris

CD. Le Schubert oubli√© enchant√© de Guillaume CoppolaParis, Conservatoire d’Art dramatique. Guillaume Coppola, piano. Mardi 9 d√©cembre 2014, 20h. A l’occasion de la sortie de son nouveau disque Schubert √©dit√© par le label fran√ßais Eloquentia, le pianiste Guillaume Coppola propose un r√©cital 100% Schubert compos√© de valses m√©connues du compositeur romantique actif √† Vienne dont le temp√©rament introspectif sait recycler les danses populaires avec une tendresse peu commune. Dans son album Valses nobles et sentimentales (D 969 et D 779), Guillaume Coppola r√©investit les territoires nostalgiques d’un musicien souvent travers√© et port√© par la gr√Ęce. Le jeu du pianiste, ancien √©l√®ve de Bruno Rigutto, Nicholas Angelich, Christian Ivaldi et Marie-Fran√ßoise Bucquet au CNSMD de Paris,¬† chante en visions po√©tiques d’une absolue fluidit√©, le grand spleen (Sensucht) d’un Schubert en √©tat d’hypnose. Le concert parisien de ce 9 d√©cembre est con√ßu comme ceux de Schubert √† Vienne pendant la terreur institu√©e par Maeterlinck, comme une r√©union d’amis, une Schubertiade, o√Ļ l’entente et la compr√©hension f√©conde scellent l’effusion de moments privil√©gi√©s. Pour son public, Guillaume Coppola fait de m√™me : il entend partager avant tout l’exp√©rience intime de la musique dont les territoires schubertiens ouvrent d’immenses perspectives pour l’imaginaire.

coppola guillaume franz schubert cd schubert eloquentiaUn extrait de la critique compl√®te du cd Schubert Valses nobles et sentimentales par Guillaume Coppola, piano, CLIC de classiquenews en septembre 2014 : … “En s‚Äôattachant principalement aux Ňďuvres m√©connues ou moins jou√©es de Schubert, Guillaume Coppola souligne la finesse suggestive, onirique, radicale, ce bouillonnment de l‚Äôintime qui fait la s√©duction irr√©sistible des partitions ici choisies‚Ķ Valses nobles, Valses sentimentales, le pianiste Guillaume Coppola d√©livre le message d‚Äôune secr√®te int√©riorit√© d‚Äôun Schubert qui tout en s‚Äôenivrant de ses propres divagations, approfondit en r√©alit√© une qu√™te int√©rieure, tiss√©e sur la dur√©e, dans la pudeur et la suggestivit√©. L‚Äôarche tendue d‚Äôun long parcours qui se lit √† travers les deux cycles dansants, soit 12 puis 34 Valses caract√©ris√©es, dessine une perspective dont l‚Äôinterpr√®te sait restituer la secr√®te unit√© organique. … (…)… Des Sentimentales, si bien nomm√©es mais sans effusion ni voyeurisme aucun, tout l‚Äôart du toucher est l√†-, on retient la 13√®me √©videmment pour son rayonnement tendre et caressant, d‚Äôune douceur fraternelle si enveloppante‚Ķ et comme √©ternellement tournante comme un perpetuum mobile‚Ķ , mais aussi la 18√® et sa cadence rac√©e pleine de fiert√© comme d‚Äô√©l√©gance.¬† C‚Äôest une s√©rie de s√©quences qui frappe par leur nervosit√© comme leur souplesse m√©lodique : acuit√©, pr√©cision, versatilit√© dynamique, Guillaume Coppola envisage chaque √©pisode comme un mini drame d‚Äôune mordante vivacit√©. Un app√©tit de vivre qui contraste √©videmment avec la gravit√© des pi√®ces compl√©mentaires : la Sonate D 537 de mars 1817.” Lire notre critique compl√®te du cd Schubert Valses nobles et sentimentales par Guillaume Coppola, piano

 

 

 

 

Récital Guillaume Coppola à Paris
Mardi 9 décembre 2014, 20h
Paris, 75009 – Conservatoire d’Art dramatique

Franz Schubert
Sonate D 537, Valses, M√©lodie Hongroise, et quelques surprises en compagnie d’artistes amis de Guillaume Coppola (Ňďuvres enregistr√©es sur l’album r√©cent de Guillaume Coppola : Valses nobles et Valses sentimentales

Les concerts Pianissimes font d√©couvrir de jeunes talents qui seront les grands de demain, dans une ambiance conviviale et intimiste qui favorise la proximit√© avec les artistes. Ils sont sans entracte et se poursuivent par un cocktail ouvert √† tous permettant au public d’√©changer et de rencontrer les musiciens de fa√ßon informelle.

Le Conservatoire d’Art Dramatique, th√©√Ętre √† l’italienne avec sa d√©coration pomp√©ienne et sa bonne acoustique, est un lieu mythique de la vie musicale parisienne du XIXe si√®cle rarement ouvert au public. Connu √† l’origine sous le nom d’Hotel des Menus-Plaisirs, il fut le si√®ge du premier Conservatoire de musique et de d√©clamation entre 1784 et 1911 (avant son d√©m√©nagement rue de Madrid) et celui de l’Orchestre de la Soci√©t√© des Concerts du Conservatoire (anc√™tre de l’Orchestre de Paris). Il a accueilli sur sa sc√®ne ou dans ses classes : Fr√©d√©ric Chopin, Franz Liszt, Dinu Lipatti, Marguerite Long, Arthur Rubinstein, Alfred Cortot, Samson Fran√ßois…

Conservatoire d’Art Dramatique
2 bis rue du Conservatoire – Paris 9e
Accès : Métro Grands Boulevards РParking 28 boulevard de Bonne Nouvelle
ou 5/7 rue du Faubourg Poissonnière

Informations / Réservations :

De préférence par Internet : www.lespianissimes.com
ou par téléphone auprès des Pianissimes 01 48 87 10 90 (messagerie).
Tarif normal 30‚ā¨
Tarif jeunes 15‚ā¨ (moins de 26 ans).

 

Le pianiste Jean-Nicolas Diatkine à Gaveau

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDParis, Salle Gaveau, le 12 novembre 2014, 20h30.¬†R√©cital Jean-Nicolas Diatkine, piano. Beethoven, Brahms, Ravel, Chopin marquent chacun un jalon dans les travers√©es int√©rieures que propose le pianiste Jean-Nicolas Diatkine.¬†Dans la Vienne du premier romantisme, les Sonates pour piano de Beethoven font l’admiration des m√©lomanes : dans les salons de la bonne soci√©t√© o√Ļ le d√©coratif et le moderne stimulent l’attrait pour l’√©l√©gance musicale, la personnalit√© de monsieur Ludwig Van Beethoven intrigue d√©j√†. Victime de son succ√®s fracassant, le compositeur pianiste regrette que bon nombre d’√©diteurs publient sans son contr√īle, de nombreuses transcriptions de ses oeuvres.¬†La Sonate n¬į9 prend le contrecoup de cette usurpation organis√©e : Beethoven en √©crit lui-m√™me la transcription pour quatuor √† cordes : dans sa conception m√™me pour le piano, Ludwig y concentre et renouvelle dans le m√™me temps le principe des 4 voix dialogu√©es (dans l’esprit fac√©tieux, resserr√©, √©l√©gantissime du mod√®le pour tous, Haydn). Les 4 parties discutent et concertent sur le clavier avec une telle souplesse et vivacit√© que l’on pense √† l’inverse : Beethoven n’aurait-il pas √©crit d’abord le quatuor puis sa transcription pour le piano seul ?… Depuis la madrigal monteverdien, jamais le musique n’aura √† ce point exprimer la volubilit√© concertante, le plaisir rare et d’un instant partag√©, v√©cu √† … quatre, comme l’embl√®me d’une conversation fraternelle… d√©j√† se profile la fraternit√© de l’Hymne √† la joie, compos√© effectivement 25 ans apr√®s.

A l’inverse, Brahms dans ses huit pi√®ces de l‚Äôopus 76 se replie en une introspection f√©conde, d’une rare int√©riorit√© qui sait pourtant comme Sibelius, interroger le myst√®re de la nature, comme s’il s’agissait d’√©tablir une secr√®te correspondance entre les √©lans de l’√Ęme solitaire avec les ph√©nom√®nes du cosmos. En r√©f√©rences √† Mendelssohn, le critique Hansslick, son champion, vivement remont√© contre Wagner alors, y¬† parle de “Romances sans paroles” : pl√©nitude expressive des notes, aussi puissantes que les mots du po√®te.

 

 

 

De la Structure à la Magie

Jean-Nicolas Diatkine à Gaveau

 

diatkine jean nicolas piano salle gaveauDans Gaspard de La Nuit, d‚Äôapr√®s les trois po√®mes d‚ÄôAloysius Bertrand (1820), Ravel¬† ressuscite les mondes enchant√©s fantastiques du romantisme germanique le plus troublant. Jean-Nicolas Diatkine pr√©cise combien l’√©criture filigran√©e et cisel√©e du musicien r√©pond pr√©cis√©ment au raffinement parfois d√©lirant mais subjuguant du po√®me originel :¬†“Soulignons seulement comment Ravel y¬† exprime le caract√®re diabolique du lutin Scarbo : Tout en se dilatant jusqu‚Äô √† devenir¬†aussi grand qu‚Äôune cath√©drale puis r√©tr√©cir et dispara√ģtre sous le lit, il √©met toutes sortes de sons inqui√©tants auxquels se m√™lent des caract√®res de danse hispaniques parfaitement reconnaissables. La f√©minit√© de ces rythmes diaboliques nous emm√®ne¬† bien loin¬† de M√©phistoph√©l√®s tel que Liszt le con√ßoit dans sa valse du m√™me nom, valse dont la virtuosit√© a pourtant certainement¬† influenc√© Ravel dans sa composition “, l’on ne saurait √™tre plus sensible et ouvert √† la puissante et f√©conde¬†magie du miroitement po√©tique.

Diatkine jean nicolas piano salle gaveau diatkine jean nicolas ditakine pianiste 428589_jean-nicolas-diatkine-recital-de-piano-1_203319Le r√©cital √©v√©nement de Jean-Nicolas Diatkine se conclue par les Trois Mazurkas, et la Sonate N¬į3 op.58 de Fr√©d√©ric Chopin dont on ne souligne pas assez l’intensit√© douloureuse parfois imp√©tueuse et puissante de l’√©toffe musicale : si Liszt brille et pavane, volontiers d√©monstratif et toujours tr√®s virtuose, surtout pendant sa p√©riode de r√©citaliste-, Fr√©d√©rici Chopin tout en cultivant le murmure cr√©pusculaire et les climats allusifs, exprime tout autant une √©tonnante force de d√©termination.¬† Jean-Nicolas Diatkine¬†nous rappelle l’expression du compositeur, ici particuli√®rement embl√©matique : ¬ę La plume me br√Ľle les doigts ¬Ľ. Le pianiste ajoute, pour conclure sa pr√©sentation du programme √† Gaveau : “Laissons donc le dernier mot √† Marcel Proust :¬†¬ę Les phrases au long col sinueux et d√©mesur√© de Chopin, si libres, si flexibles, si tactiles, qui commencent par chercher et essayer leur place en dehors et bien loin de la direction de leur d√©part, bien loin du point o√Ļ on avait su esp√©rer qu‚Äôatteindrait leur attouchement, et qui ne se jouent dans cet √©cart de fantaisie¬†que pour revenir plus d√©lib√©r√©ment – d‚Äôun retour plus pr√©m√©dit√©, avec plus de pr√©cision, comme sur un cristal qui r√©sonnerait jusqu‚Äô√† faire crier – vous frapper au cŇďur. ¬Ľ

Récital du pianiste Jean-Nicolas Diatkine. Paris, Salle Gaveau, mercredi 12 novembre 2014, 20h30.

Programme

Beethoven, Sonate N¬į9 op.14 N¬į1
Brahms, Huit pièces pour piano op.76
Ravel, Gaspard de la Nuit
Chopin, Trois Mazurkas, Sonate N¬į3 op.58

Jean-Nicolas Diatkine : en savoir plus

À lire et à écouter 

Critique musicale sur France Musique, √©mission ¬ę Changez de disque ¬Ľ :¬†
http://bit.ly/1lPndjQ
Interview de Jean-Nicolas Diatkine par Thierry Vagne: 
http://vagnethierry.fr/jean-nicolas-diatkine/ 
Vidéo du concert de Jean-Nicolas Diatkine du 5 décembre 2011, salle >
Gaveau: http://youtu.be/B-PQGZe_IGY
Son CD consacré à Liszt, Schumann & Bonet, est disponible sur 
Qobuz.com: http://bit.ly/131bciE
La page officielle facebook de JN Diatkine: https://www.facebook.com/jean.nicolas.diatkine.pianiste 

Discographie 

Beethoven : n¬į 21 en do Majeur, opus 53,Waldstein – ¬†Robert Schumann : Carnaval, opus 9.¬†Enregistrement 2012.¬†¬†¬†Franz Liszt : Sonate en si mineur -¬†Robert Schumann : Kreisleriana -¬†Narcis Bonet : Cincos Noturnos¬†(Parnassi√© Editions 2007). ¬†S√©lection de M√©lodies de Georges Bizet avec Zeger Vandersteene, t√©nor (Gents MuzikaalArchief 2006). ¬†Les 16 M√©lodies de Henri Duparc avec Zeger Vandersteene, t√©nor (Gents MuzikaalArchief 2005).¬†

 

Informations pratiques salle Gaveau 

Mercredi 12 novembre 2014 à 20h30
Salle Gaveau
45 rue de la Boétie
75008 Paris
Tarifs : 45 ‚ā¨, 35 ‚ā¨, 25 ‚ā¨, 15 ‚ā¨
Réservation : 01 49 53 05 07
www.sallegaveau.com 

Ivo Pogorelich, piano. Concerts 2014

Pogorelich ivo portrait 2014 concert ivo pogorelich HD4¬©Alfonso Batalla Photography, BilbaoIvo Pogorelich, piano. R√©citals, les 19 juillet, 8 et 14 octobre 2014. Interpr√®te passionn√© √† l’exigence radicale, le pianiste croate (comme son fr√®re cadet Lovro) Ivo Pogorelich, – la cinquantaine radieuse-, revient sur la sc√®ne europ√©enne avec quelques dates en France (forc√©ment incontournables). Le magicien du piano, capable de transcender l’acte pianistique en autant de cr√©pitements po√©tiquement fouill√©s, nous offre deux r√©citals : Chopin (√† Nohant cet √©t√©) et Schumann (Concerto pour piano en octobre : consulter l’agenda en fin d’article). Tel un lutin fac√©tieux, le pianiste semble jouer de l’√©nergie musicale, d’une main √† l’autre. La pens√©e de l’interpr√®te semble √† force d’investissement faire jaillir l’esprit frondeur, troublant, contradictoire, exp√©rimental de la mati√®re sonore ainsi restitu√©e : intimit√© de Chopin, et tout autant d√©flagrations d√©pressives, mais aussi ambition et volont√© reconstructive de l’interpr√®te qui a toujours ce don inou√Į pour exprimer comme s’il s’agissait des siens propres, les √©lans, arcanes, enjeux de chaque partition. C’est pourquoi son Schumann concertant annonc√© (octobre prochain √† Paris puis Aix) devrait au concert promettre bien des accomplissements majeurs, des perspectives in√©dites l√† encore qui procurent ce grand frisson tant esp√©r√© et donnent le sentiment de vivre dans l’instant suspendu, la force vitale de chaque partition. Certes sa vision engendre libert√© (rubato personnel : accelerendos, diminuendos de la main droite, celle qui dessine les arabesques) mais aussi respect de la partition (tactus strict de la main gauche)… Emotionnel, intuitif, sanguin, Ivo Pogorelich l’est tout √† la fois ; mais la sentimentalit√© dont on a parl√© et qui reste manifeste, sert toujours la finesse et l’√©l√©gance flexible du discours musical. C’est pourquoi son jeu sait transmettre et la clart√© de l’architecture et la violence des contrastes dramatiques.

La musique qui foudroie d’un Prom√©th√©e g√©n√©reux

Transmetteur inspir√©, passeur de r√™ve, Ivo Pogorelich est tout cela √† la fois, avec cette nouvelle curiosit√© – nous vous l’avons dit : la cinquantaine radieuse- : un scrupule in√©gal√©, in√©dit pour le son… un son filigran√©, aux phras√©s subtils et cisel√©s, qui interroge l’espace m√™me de chaque note, comme s’il en creusait chaque r√©sonance vers l’infini.
pogorelich-ivo-chopin-preludes-deutshe-grammophonOn se souvient qu’en 1980, candidat finaliste au Concours Chopin de Varsovie, Ivo Pogo fut √©limin√© malgr√© sa digitalit√© fougueuse et articul√©e, provoquant alors la d√©mission au sein du jury, de l’imp√©ratrice du piano, Marta Argerich soi-m√™me, att√©r√©e par une telle d√©cision. √Čcart√© de la comp√©tition, le jeune favori soutenu par la pr√™tresse Argentine connut cependant sous √©tiquette Deutsche Grammophon, une carri√®re tr√®s m√©diatis√©e comme s’il avait remport√© la comp√©tition polonaise. Mais le destin allait l’√©prouver gravement, profond√©ment, indirectement : son √©pouse et ex professeure Aliza Kezeradze meurt subitement d’un cancer en 1996. D√®s lors foudroy√©, l’artiste sombre dans la solitude √† l’√©cart des salles de concert et d’enregistrement. Les ann√©es 2010 marqueraient-elles la fin du repli, de l’√©loignement et de l’introspection ? Tel Jupiter ornementant, ou mieux, Prom√©th√©e g√©n√©reux, dispensant le feu sacr√©, voici √† nouveau le prince √©clatant d’une puissance de frappe et de caresses renouvel√©e, r√©ellement enivr√©e, enivrante, Ivo Pogorelich pour plusieurs concerts en France… R√©citals √©v√©nements.

 

 

 

 

 

Ivo Pogorelich en concert en France

juillet, octobre 2014 – printemps 2015

 

Récital Chopin, Liszt
Nohant (Festival Chopin), le 19 juillet 2014
Bergerie-auditorium (36400 Nohant) à 20h30

Concerto pour piano en la mineur op.54 de Schumann
Paris (Cité de la Musique), le 8 octobre
Aix en Provence (Grand Th√©√Ętre de Provence), le 14 octobre 2014
avec le Brussels Philharmonic. Michel Tabachnik, direction

Printemps 2015
Récital Liszt, Stravinsky (Petrouchka) et Brahms
Arsenal de Metz puis Salle Gaveau.

Ivo Pogorelich, bio express. Fils d‚Äôun contrebassiste croate, il part √©tudier √† 12 ans √† Moscou aupr√®s d‚ÄôAliza Kereradze qu‚Äôil √©pousera par la suite. D‚Äôelle il tient une virtuosit√© technique proche de la perfection et un art du son digne des plus grands de ses a√ģn√©s. Sa l√©gende na√ģtra en 1980 √† Varsovie lors du Concours Chopin o√Ļ, √©limin√© d√®s le deuxi√®me tour, il n‚Äôobtiendra que le Prix de la Critique, provoquant la d√©mission de Martha Argerich du jury. Quelques mois plus tard il donnera un premier r√©cital triomphal √† Carnegie Hall. Depuis, il n‚Äôa cess√© de radicaliser ses interpr√©tations, ses captivantes relectures, m√™me des pages les plus c√©l√®bres, en font peut-√™tre l‚Äôun des derniers vrais romantiques, un engagement total au clavier qui l‚Äôinspire aussi dans la vie, lui qui se consacra notamment de tous ses moyens √† la reconstruction de Sarajevo.

Illustration : Ivo Pogorelich © Alfonso Batalia 2014

Compte rendu, récital de piano. Toulouse. Halle aux Grains, le 26 mai 2014. Récital Frédéric Chopin. Grigory Sokolov, piano

SOKOLOV grigory grigorysokolovsokolo-18h0Grigory Sokolov est bien connu des Toulousains et chaque invitation rassemble un public nombreux. Schubert et Schumann puis Bach et √† pr√©sent Chopin. Chaque fois le pianiste russe fait sienne les partitions et en rend la quintessence comme personne. Si son Bach nous avait paru discutable en 2011, nous avons retrouv√© avec son Chopin le sublime de son concert Schubert et Schumann de 2009. ¬†Le programme est magnifique. Chopin est en pleine maturit√© avec la Sonate n¬į3 de 1844. De construction tr√®s claire, cette partition offre tout ce que Chopin a apport√© techniquement au piano tout en se refusant aux exc√®s. L’√©motion peut √™tre fun√®bre mais le tendre et l‚Äô√©l√©gant ne sont pas oubli√©s. La beaut√© des phrases m√©lodiques est belcantiste ; les rythmes complexes s’allient √† des harmoniques rares allant jusqu’√† ¬†l’abandon des tonalit√©s. Sokolov aborde l’allegro maestoso dans un large tempo qui permet d’assoir un discours tout fait de profondeur. Cette mani√®re si particuli√®re de prendre possession du temps et de l’espace permet √† l’immense artiste de captiver l’attention de son public. Les phras√©s sont d’une infinie vari√©t√© permettant de passer par des moments de r√©citatif, de bel canto ou de rh√©torique. Les nuances sont subtilement d√©finies et les couleurs fusent comme dans le plus riche des arc en ciel. Mais avant tout, c’est la clart√© et l’√©vidence qui dominent cette interpr√©tation. Peu de p√©dale probablement explique cette haute d√©finition du son, jamais flou ou brumeux. M√™me dans les t√©n√®bres la lumi√®re est pr√©sente. Les derniers accords du premier mouvement sont pos√©s avec art et la m√©prise commence.

Le sublime face au public

Une partie du public ressentant avec exactitude le g√©nie de l’interpr√®te se permet d’ applaudir ignorant l’usage qui aujourd’hui demande d’attendre la fin de la sonate pour s’oublier. Ce ne serait pas si grave si les derni√®res vibrations de l’accord n ‘√©taient noy√©es sous ces manifestations rustiques. La concentration de l’artiste n ‘a pas sembl√© en souffrir et c’est tant pis pour la partie du public trop sensible que ce bruit entre les mouvements, terrasse‚Ķ Le Scherzo est abord√© en un tempo √©galement retenu ; c’est la pr√©cision de chaque note ins√©r√©e dans le flux dansant enchanteur qui surprend. Tant de pr√©cision des doigts dans une construction si franche du mouvement permet une √©coute d’une grande intelligence, les imbrications subtiles de Chopin sont toutes mises en valeur sans exc√®s de vitesse. C’est le troisi√®me mouvement, largo, qui atteint un sommet d’√©motion. La grandeur de l’interpr√®te est face au g√©nie du compositeur qui offre son √Ęme au piano. Gregory Sokolov ¬†d’une voix tonitruante d√©bute puis √† mi voix, avec une infinie d√©licatesse, chante comme une diva romantique avec une nostalgie d√©chirante. Les jeux de question-r√©ponses sont habit√©s et l’√©vanouissement est au bout des doigts. Toute la sensibilit√© artiste de Sokolov peut s’exprimer laissant le spectateur suspendu ¬†aux reprises si merveilleuses et embellies du th√®me principal. Le final est plein de force et d’ √©nergie retrouv√©e dans une mise en lumi√®re ¬†proche de l’aveuglement. Toute la technique est mise au service de cette √©nergie cr√©atrice qui avance avec imp√©tuosit√©. Les applaudissements irr√©pressibles fusent avec puissance mais toujours sans respecter la finitude du dernier accord‚Ķ ¬† La deuxi√®me partie consacr√©e aux plus d√©licates Mazurkas, elle sont toutes choisies avec art en fonction des tonalit√©s et des ambiances. Le public saura se faire plus discret en ce qui concerne les applaudissements, car ces pi√®ces sont moins spectaculaires, mais des t√©l√©phones portables rallum√©s √† l’entracte et “oubli√©s” apportent leur note de vulgarit√© qui attaque plus ou moins les oreilles sensibles. Quel merveilleux voyage nous a propos√© Gregory Sokolov en ces Mazurkas sublimes ! ¬†Les d√©crire chacune serait ind√©licat. Nous avons pu gouter des moments de ¬†beaut√©s nostalgiques et m√™me sombres comme fugacement heureuses. Ces pi√®ces parmi les plus personnelles de Chopin trouvent en Sokolov, un interpr√®te inoubliable capable d’une d√©licatesse inou√Įe. Choisies dans les opus tardifs, l’√©criture si maitris√©e de Chopin se concentre sur l’essentiel d’un rapport √† la beaut√© par et pour le piano dans une fid√©lit√© absolue √† la terre de ses origines. Sokolov nous fait percevoir cet accord si rare et pr√©cieux. Le monde musical dans lequel le grand musicien russe nous a entra√ģn√© ne pouvait s’arr√™ter ainsi et dans une s√©rie de bis qui suspendent le temps, le m√™me monde de d√©licatesse et de beaut√© nous est offert. Schubert, en √Ęme soeur avec trois Impromptus dont le si d√©licieux ¬†n¬į3. ¬†Ni le Klavierst√ľck D 946 ni une autre Mazurka ne permettront au public de se sentir rassasi√© et d’attendre le fin du son pour applaudir fr√©n√©tiquement. ¬†C’est au sixi√®me bis, de composition ¬†moins sublime, que le public saura faire silence jusqu’au silence qui termine le musique. Enfin ! Le moindre g√©nie de Sokolov aura √©t√© sa patience et sa p√©dagogie. La musique s’√©coute jusqu’au silence qui la referme. Nul ne croise sur son chemin un g√©nie sans en apprendre quelque chose‚Ķ

Toulouse. Halle aux Grains, le 26 mai 2014. Fr√©d√©ric ¬†Chopin (1810-1849) : Sonate n¬į3 en si mineur, opus 58 ; 10 Mazurkas ¬†(La mineur, opus 68 n¬į2, Fa majeur opus 68 n¬į3, Do mineur opus 30 n¬į1, Si mineur opus 30 n¬į2, R√© b√©mol majeur opus 30 n¬į3, Ut di√®se mineur opus 30 n¬į4, Sol majeur opus 50 n¬į1, La b√©mol majeur opus 50 n¬į2, Ut di√®se mineur opus 50 n¬į3, Fa mineur opus 68 n¬į4). Grigory Sokolov, piano.

Mozart, Schubert, piano à quatre mains par Pennetier et Ivaldi au TAP de Poitiers

pennetier-jean-claude-piano-concertPoitiers, TAP : Piano √† quatre mains. Pennetier, Ivaldi. Mozart, Schubert, le 4 juin 2014, 20h30. Jean-Claude Pennetier, Christian Ivaldi : Schubert, Mozart : deux visages du g√©nie musical viennois, pr√©romantique et romantique. Le piano √† 4 mains est une discipline collective difficile qui requiert √©coute, complicit√©, entente secr√®te entre les deux pianistes au clavier. C’est une exp√©rience aussi d√©licate et t√©nue que la pratique du quatuor √† cordes. Christian Ivaldi, chambriste r√©put√©, joue en duo avec son partenaire familier Jean-Claude Pennetier, deux musiciens qui ont d‚Äôailleurs toujours affirm√© leur affinit√© avec Mozart et … Schubert. Les Ňďuvres de Mozart d√©volues aux quatre mains sont de la m√™me veine que les concertos pour piano, pr√©sentant en vertiges pr√©romantiques, cette alternance troublante entre insouciance √©l√©gante et √©clairs tragiques d’une gravit√© juste et saisissante qui semblent engager jusqu’aux ressources personnelles et intimes de l’auteur. Les Sonates pour quatre mains K497 et K521, remontent aux ann√©es viennoises : 1786 et 1787 (l’ann√©e de la s√©r√©nade Une petite musique de nuit) ; elles pr√©c√®dent aussi de quelques mois l’ach√®vement en octobre 1787, de l’op√©ra Don Giovanni, cr√©√© triomphalement √† Prague.

Schubert n‚Äôavait que 21 ans quand il compose sa sonate D.617, radieuse et extravertie mais il avait d√©j√† abord√© tous les genres musicaux avec une grande ma√ģtrise. On ne peut imaginer contraste plus vertigineux et elle aussi plongeant dans les eaux les plus personnelles du cr√©ateur, avec la c√©l√®bre Fantaisie en fa mineur, m√©lancolique et d’un balancement instrospectif et m√©ditatif, compos√©e √† la fin de la vie de Franz Schubert, dix ans plus tard‚Ķ

 

 

Pennetier - Ivaldi : Quatre mains enchanteur à Poitiers, le 4 juin 2014

 

 

La complicit√© du duo de pianos port√© par Jean-Claude Pennetier et Christian Ivaldi devrait r√©v√©ler la face miroitante et l’activit√© int√©rieure des pi√®ces de Mozart et Schubert, r√©unies dans ce programme enchanteur.

Jean-Claude Pennetier, Christian Ivaldi
Schubert, Mozart : piano à quatre mains

Poitiers, TAP, auditorium
Mercredi 4 juin 2014, 20h30
durée : 1h40mn avec entracte

W. A. Mozart :
Sonate en ut majeur K.521,
Sonate en fa majeur K.497

Franz Schubert :
Sonate en si bémol majeur D.617,
Fantaisie en fa mineur D.940

Jean-Claude Pennetier, Christian Ivaldi, piano à 4 mains

Informations, réservations :
TAP Th√©√Ętre Auditorium Poitiers
1 bd de Verdun 86000 Poitiers
+33 (0)5 49 39 29 29

Illustration : Jean-Claude Pennetier (DR)

CD. HJ LIM, piano. Sonates et Valses de Scriabine et Ravel (2012)

HJ_LIM_cd erato ravel scriabineCD. HJ LIM, piano. Sonates et Valses de Scriabine et Ravel (2012). Fougue, vitalit√©, profondeur : le piano roi de HJ Lim. Paris, ao√Ľt 2010, elle donnait une int√©grale des Sonates de Beethoven, d’une verve et d’un panache d√©j√† ahurissant (lire notre compte rendu du Beethoven par HJ Lim). La revoici pour Erato apr√®s avoir enregistr√© cette int√©grale Beethoven rayonnante et √©nergique √† l’√©poque chez Emi et l’avoir redonn√© en concert en octobre 2012, la toujours jeune pianiste cor√©enne (moins de 30 ans en 2014), revient en France ce 10 mars 2014 √† Paris pour un r√©cital √©v√©nement et sort simultan√©ment un nouveau disque d√©di√© aux valses et Sonates de Ravel et Scriabine, pertinente √©vocation de la fougue po√©tique du Paris des ann√©es 1900-1920. (La Valse de Ravel est jou√©e en quatre mains devant Diaghilev au printemps 1920). Le feu digital¬† de HJ Lim est toujours aussi ardent voire audacieusement percussif (bel allant du “tr√®s franc” des Valses nobles et sentimentales de 1911), puis toucher liquide et perl√© quasi Debussyste, c’est √† dire d’une immat√©rielle suggestivit√©, de la derni√®re valse rav√©lienne (√Čpilogue), vrai √©coute aux univers suspendus et √©nigmatiques. L’encha√ģnement avec la Sonate n¬į4 de Scriabine est parfaite : m√™me suggestivit√© tendue, myst√©rieuse d’un mouvement √† l’autre, o√Ļ le pianiste compositeur enfin lib√©r√© de sa charge de professeur au conservatoire de Moscou peut exprimer ici (1903) une fi√®vre autobiographique surdimensionn√©e : du d√©miurgique divin dans une tr√®s vive sensibilit√© humaine (envol tourbillonnant, rhapsodique, liszt√©en du Prestissimo volando final)…

Piano envo√Ľtant

CLIC D'OR macaron 200La finesse et la subtilit√© de la pianiste tr√®s inspir√©e se d√©voilent ici sans retenue mais avec une pens√©e infaillible qui assure au temp√©rament en verve, l’unit√© organique entre chaque s√©quence tr√®s caract√©ris√©e (rubato captivant des deux Po√®mes de Scriabine). Encha√ģner la Sonate n¬į5 de Scriabine (un condens√© de jaillissement vaporeux) puis la Valse de Ravel montre d’√©tonnantes similitudes compositionnelles, une fraternit√© d’univers personnels troublants. M√™me leur inventivit√© classique ou passionn√©ment romantique para√ģt interchangeable : classicisme de la Sonatine de Ravel, foudroiement des Sonates de Scriabine… mais chiasme r√©v√©lateur ici, concernant les Valses, les caract√®res s’inversent : Ravel est bien un visionnaire inclassable et Scriabine, qu√™teur d’infini, un classique mais si subtil et sensuel fac√©tieux… La Valse est le point d’orgue d’un r√©cital o√Ļ triomphent le go√Ľt et le temp√©rament d’une musicienne de haute voltige : son clavier est vaporeux, v√©neneux, d’une transe superlative. C’est peu dire.

Ravel, Scriabine, comme beaucoup ont aim√© en peinture affronter dans leur p√©riode cubiste, Braque et Picasso : un m√™me g√©nie √† … quatre mains. De tout √©vidence ce jeu des confrontations, affinit√©s, allusions miroitantes distingue d’abord le toucher funambule, arachn√©en de la pianiste cor√©enne HJ LIM. La syncope f√©erique, l’ivresse int√©rieure, la cabrure √©nigmatique (d√©cid√©ment le premier des deux Po√®mes opus 32 de Scriabine reste notre pr√©f√©r√©, plage 16)… Il y a une √©vidente parent√© de ton, de style, de caract√®re entre les deux compositeurs : c’est toute la valeur de ce programme magnifiquement con√ßu, subtilement emport√© par une pianiste au talent tr√®s original. Dans l’ar√®ne des grands du piano, au registre f√©minin, les vrais talents sont rares : aux c√īt√©s des Alice Sara Ott et surtout Yuja Wang chez DG, HJ LIM fait figure de challenger.

Prochain concert de HJ LIM √† Paris, le 10 mars 2014 au Th√©√Ętre du Palais Royal (Ravel, Chopin, Beethoven). R√©servations : 01 42 97 40 00 ou www.theatrepalaisroyal.com

HJ LIM, piano. Sonates et Valses de Scriabine et Ravel. 1 cd Erato. Enregistrement réalisé en avril 2012 à Liverpool.

VIDEO. Récital de la pianiste Elizabeth Sombart à la Maison Saint-Jean de Malte (Paris, novembre 2013)

Elizabeth Sombart, piano, la musique √† l'h√īpital, r√©cital, R√©sonnanceLa musique √† l’h√īpital. La pianiste Elizabeth Sombart se d√©die totalement √† la diffusion de la musique classique hors des salles de concerts. En t√©moigne son r√©cital offert aux r√©sidents de la Maison Saint-Jean de Malte (Paris 19√®me ardt). Le programme est choisi par les r√©sidents ; le partage, la rencontre sont au coeur d’une exp√©rience intense, profond√©ment humaniste et fraternelle. Reportage vid√©o exclusif CLASSIQUENEWS.COM (r√©alis√© en novembre 2013)