CD, critique. STABAT MATER. Concert de l’HOSTEL DIEU, FE Comte (1 cd ICSM 012 – enregistrement live, église de Chazelles sur Lyon, juillet 2015)

concert-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-pergolesi-pergolese-stabat-mater-critique-cd-review-classiquenewsCD, critique. STABAT MATER. Concert de l’HOSTEL DIEU, FE Comte (1 cd ICSM 012 – enregistrement live, église de Chazelles sur Lyon, juillet 2015). Artisan des mélanges musicaux et des rencontres inédites, Franck-Emmanuel Comte et son ensemble sur instruments anciens Le Concert de l’Hostel-Dieu offrent une nouvelle lecture du Stabat Mater. Dès le début, on relève l’incisivité nouvelle du continuo, où pointent cordes, orgue, basson dans un allant ardent, éruptif et remarquablement nuancé ; d’abord c’est une formidable polyphonie traditionnelle napolitaine qui rappelle l’effusion et la compassion collective du peuple face au deuil désespéré de la Mère, avant que les volutes finement ciselées du cycle de duos et d’arias solos du jeune génie Pergolesi ne se déploient. Ferveur populaire en partage, témoignages individualisés ou en petit chœur, le Stabat Mater est surtout une expérience du peuple. Voilà une conception qui restitue à la force poétique du texte un nouveau réalisme.
Les interprètes gardent à l’esprit toujours la plainte et la prière dans chaque séquence : on est très éloigné de la tentation démonstrative et virtuose de certaines chanteuses starifiées, plus extérieures que vraiment recueillies. On apprécie cette caractérisation qui s’empare de chaque épisode : effusion à 2 voix du premier Stabat Mater ; prise à témoin et dramatisme éploré plus incarné dans le saisissant Cujus animam pour soprano seule : l’expression d’une douleur tangible, perpétrée par le glaive qui transperce littéralement le corps et l’âme de Marie…

 
 
 

Polyphonies populaires, Stabat de Pergolesi
Franck-Emmanuel Comte au cœur de la dévotion lacrymale…

 
 
 

L’alternance airs de Pergolesi et plainte collective des polyphonies chorales creuse la force dépressive d’un cycle de textes particulièrement imagés, tous célébrant la souffrance de la Mère confrontée au corps sacrifié du Fils. Franck Emmanuel Comte ajoute plusieurs airs déploratifs très intelligemment sélectionnés dont cette prière de Donna Isabella (visiblement dépossédée de ses châteaux…), dont la douleur fait écho à celle de la Vierge éplorée : la mise en dialogue de ces pièces est très profitable. Elle apporte aux côtés du corpus sacré traditionnel, la résonance populaire du peuple en souffrance.

Quand jaillit l’allure plus allègre du Quae moerebat, chanté par un baryton visiblement presque insouciant, le contraste est total. Très percutant, laissant s’épanouir ensuite la plainte plus langoureuse et insidieuse du Quis est homo ? sublime duo des deux voix féminines (soprano / contralto) qui plongent dans l’affliction la plus désespérée… puis leur répondent ténor et baryton pour la conclusion de cette séquence, traitée comme un ensemble d’opéra ; même dispositif à plusieurs chanteurs pour le Fac ut ardeat (ailleurs communément chanté par le duo féminin). L’option du quintette vocal (dans le O Quam Tristis entre autres) renforce l’esprit de partage : les chanteurs exprimant la compassion que chacun ressent individuellement et collectivement. En associant un verset par type de voix, le sens du texte est formidablement investi, incarné, habité.
La tarentelle qui suit (A cantina) constitue comme un écho populaire à la sidération qui a précédé : c’est à travers le chant du piccolo, la libération d’un trop plain d’émotion, ne pouvant être dissipé que dans la transe, née d’une danse quasi frénétique.

Les effets d’échos, la spatialisation aussi des groupes de chanteurs (dans une prise de son très réverbérée, sous la voûte d’une église qui renforce encore le réalisme de cet enregistrement de l’été 2015) composent alors un véritable opéra de la souffrance et des chants de déploration. Le goût des timbres, l’écoute attentive au sens des textes, la diversité des formes musicales et chorales, sacrées, populaires (formidable scansion sur basse obstinée des tarentelles, dont La Cicerenella, exécutoire d’inspiration picaresque voire graveleuse )… relèvent d’une conception très scrupuleuse et qui dans la réalisation des concerts qui ont précédé ce disque, assure une indiscutable réussite.
Avait-on écouté jusque là une telle régénération du cycle du Stabat ? Franck-Emmanuel COMTE sait associer les corpus, trouve d’évidentes convergences des ferveurs, tisse au final un splendide voyage musical qui exprime le sublime né du populaire mêlé au sacré des textes canoniques.
La bascule dans une piété plus profane, voire sensuelle (aux images érotiques cf. La Carpinese, tarentelle qui chante aussi l’émancipation de la femme sensuellement maîtresse de son corps) s’affirme ici, offrant de superbes contrastes tout au long du programme dont le volet le plus extatique pourrait être le dernier duo féminin, élévation spirituelle d’une ineffable caresse (Quando corpus), où c’est l’âme du Fils et de sa mère qui prendre leur envol, immatérialité du renoncement, après les vertiges d’une douleur incommensurable.

CLIC D'OR macaron 200 
 
 
RECHERCHE JUBILATOIRE…
Chef et ensemble indiquent aujourd’hui une voie passionnante de la recherche actuelle associée à la pratique des instruments d’époque : cette célébration collective, apparemment éclectique, pourrait tout à fait avoir été choisie par les musiciens du XVIIIè, dans les sociétés de musique (telle l’Académie du Concert à Lyon), où le Stabat Mater de Pergolesi fut ainsi réadapté en fonction du goût et des ressources locales. En s’appuyant sur le fonds de la Bibliothèque Municipale de Lyon, Franck-Emmanuel Comte propose une recontextualisation bénéfique et régénératrice d’un texte traditionnel de la ferveur sacrée : le Stabat Mater de Pergolèse réapproprié par les lyonnais, complété par plusieurs polyphonies traditionnelles, et d’irrésistibles tarentelles, gagne ainsi une dramaturgie textuelle particulièrement percutante ; de ce métissage populaire /savant, à travers l’histoire des pratiques selon les époques, les interprètes font surgir l’âme même du Baroque : sa faculté à exprimer les passions humaines, ici dévotion, compassion. La justesse de l’approche est indiscutable. Et savoureuse.

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CD, critique. STABAT MATER. Concert de l’HOSTEL DIEU, Comte (1 cd ICSM 012 – enregistrement live, église de Chazelles sur Lyon, juillet 2015) – CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2018.

 

 

 

 

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

 
 
 
 

 

PERGOLESI : UN AUTRE STABAT MATER par Franck Emmanuel Comte

concert-hostel-dieu-franck-emmaneul-comte-saison-2018-2019-concerts-presentation-evenemnt-par-classiquenews-photo-copyright-jean-combier-emmnauel-comte-portraitLYON, le 16, 18 nov, STABAT MATER : Pergolèse méconnu, renouvelé… A l’occasion des prochaines dates lyonnaises du STABAT MATER de Pergolesi, mais dans une version historique, régénérée, CLASSIQUENEWS brosse un portait du directeur et fondateur de l’ensemble sur instruments anciens, Le CONCERT DE L’HOSTEL DIEU… LE BAROQUE RÉINVENTÉ… ENTRETIEN avec Franck-Emmanuel COMTE, fondateur et directeur musical du CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU. A l’origine de l’activité de l’ensemble sur instruments d’époque, il y a ce goût pour l’exploration du patrimoine inédit, méconnu, oublié… celui des partitions que conserve la BML Bibliothèque Municipale de Lyon. Aux côté du travail de recherche, Franck-Emmanuel COMTE interroge les partitions pour les rendre vivantes, pour les incarner ; pour inventer de nouvelles formes de concerts et toucher un plus vaste public… Une application de cette démarche qui concilie musicologie et geste interprétatif ? Le prochain concert de l’ensemble dès le 16 novembre 2018 à LYON (avec conférence préalable), autour du STABAT MATER de Pergolesi, mais dans le goût des Lyonnais du XVIIIè… (lire ci après). Le directeur musical du CHD / Concert de l’Hostel-Dieu pimente et personnalise le Baroque du début du XVIIIè en le réinscrivant dans le contexte napolitain, non sans pertinence.

 

 

Défricheur et critique, Franck-Emmanuel COMTE propose de réinventer la forme du concert : le CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU est un laboratoire, et aussi une veille pour réinventer et régénérer l’expérience du concert voire la conception même des spectacles… Et dans cette volonté dynamique, s’inscrit aussi une nouvelle définition du geste musical pour l’interprète, inspiré différemment dans un autre rapport au son, à la partition, à l’improvisation. N’est-il pas vrai que le Baroque comme le Jazz, se prête-idéalement à cette vision libérée et mouvante de la réalisation musicale ? Le Baroque devient le cœur d’une constellation de disciplines dont chacune questionne l’autre. Ainsi pour une poétique inédite et un rythme musical différent, le spectacle FOLIA conçu en complicité avec le chorégraphe Mourad Merzouki … Jamais la musique baroque ainsi réinvestie n’a semblé plus vivante et connectée avec notre époque.

 

 

 

Tour d’horizon de l’actualité du CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU en phase avec ces points de réflexion qui empruntent de nouveaux chemins de traverse.

PREMIER VOLET D’UNE SERIE D’ENTRETIENS
avec FRANCK-EMMANUEL COMTE. 

 

 

 
 
 

 

CONCERT-DE-LHOSTEL-DIEU-concert-hostel-dieu-maro-polo-c-julie-cherki_logo

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Des sources inertes au geste libre…

TRAVAIL SUR LES SOURCES…

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment présenter et définir (but, enjeux, …) votre travail de recherche et d’exploration d’inédits à partir du fonds des archives du patrimoine rhône-alpin conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon / BML ?

pergolesi-pergolese-portrait-classiquenews-pergolese1FRANCK-EMMANUEL COMTE : Le travail de valorisation des fonds de la BML constitue le socle de notre activité, et aussi l’origine même de la création de l’ensemble. Les manuscrits conservés dans les Fonds anciens de la bibliothèque reflètent une spécificité lyonnaise : un goût des lyonnais, au siècle des Lumières, tourné presque exclusivement vers l’Italie. Il semble que les échanges entre les villes de Lyon et de Rome étaient nombreux, sans doutes par l’entremise des marchands, des banquiers mais aussi des Jésuites. Aussi, nombre de partitions de Scarlatti, Corelli, Carissimi,…. figurent au catalogue de la BML. Ils constituent une source d’inspiration et d’idées de programme assez riche…. Ainsi notre prochain projet  : une version inédite du Stabat Mater de Pergolèse, arrangé à 5 voix aux alentours des années 1740 par un musicien lyonnais.

 

 

 

Nouveau programmepergolesi-pergolese-portrait-classiquenews-pergolese1
UN AUTRE STABAT MATER de Pergolesi
16,18,20 nov 2018
En Lire +, Présentation de ce concert

VOIR LA VIDEO du programme « Un AUTRE STABAT MATER »
https://www.youtube.com/watch?v=gfDB2neKHZs

Secrets lyonnais – Le Concert de l’Hostel Dieu et la manuscrits de la Bibliothèque de Lyon

PROCHAINES DATES / STABAT MATER DE PERGOLESE 16 novembre 2018 : Conférence musicale à la Bibliothèque municipale de Lyon (69) 18 novembre 2018 : Chapelle de …

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

 

 

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RÉINVENTER LE BAROQUE AUJOURD’HUI

ses formes, sa durée, dans quels lieux, pour quels publics ?

 

 

CLASSIQUENEWS : En définitive, votre activité au sein du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU développe une interrogation permanente et critique sur le baroque aujourd’hui ?

concert-hostel-dieu-franck-emmaneul-comte-saison-2018-2019-concerts-presentation-evenemnt-par-classiquenews-photo-copyright-jean-combier-emmnauel-comte-portraitFRANCK-EMMANUEL COMTE : Oui, il est clair que pour moi le seul travail musicologique de restitution et d’interprétation ne suffit plus à motiver mon travail.
Je puise dans le répertoire baroque et dans l’instrumentarium qui lui est lié, des occasions pour partager plus largement mes ressentis sur cet univers.  L’interdisciplinarité et les passerelles que nous imaginons vers d’autres cultures musicales nous permettent de questionner notre rapport au son, à la partition, à l’improvisation. Autant de pistes susceptibles de faire évoluer notre créativité, laquelle a toujours été une notion beaucoup plus essentielle pour moi que la technicité.
Cette approche du répertoire ancien nous conduit également à réexaminer notre rapport au public, lequel reste au coeur de mes préoccupations.
Je sais que cette notion ne fait pas forcément loi en France, et particulièrement dans les “esthétiques de spécialistes » comme celle de la musique ancienne, mais j’assume cette approche ; sans public, il n’y aurait pas de spectacles, et le spectacle, c’est notre vie, notre essence même.

folia-mourad-merzouki-franck-emmanuel-comte-danse-spectacle-critique-par-classiquenews-juin2018Folia, le spectacle chorégraphique co-crée avec Mourad Merzouki en juin dernier, en est un des exemples les plus nets : une vrai poésie naît de la rencontre de l’univers hip hop de Mourad avec les sonorités et l’énergie qui émane de mon ensemble CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU / CHD ; le bonheur qu’ont les musiciens et les danseurs à vivre cette expérience sur scène et en coulisse est palpable tout au long du spectacle. Le public le sens et adhère. Un public, métissé et ouvert, comme le plateau artistique…

 

 

 

VOIR le spectacle FOLIA avec Mourad Merzouki
https://www.youtube.com/watch?v=FjhEW_tFm_A

Mourad Merzouki “Folia” @ Nuits de Fourvière, Lyon – ARTE Concert – YouTube
www.youtube.com
En 1998, Mourad Merzouki télescope le monde du hip-hop et celui de la musique classique avec “Récital”, un spectacle qui a fait date dans l’Histoire des dans…

 

LIRE aussi notre compte rendu du spectacle FOLIA par Le Concert de l’Hostile-Dieu / Franck Emmanuel COMTE / Juin 2018, Fourvière, LYON.
 

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A VENIR… ENTRETIEN avec FRANC-EMMANUEL COMTE 2 : le cas de Haendel dans l’exploration et l’activité du Concert de l’Hostel-Dieu ; à la croisée des disciplines et des imaginaires artistiques, entre poésie, slam et baroque… focus sur le spectacle et le cd intitulé «  MARCO POLO, carnet de mirages », réalisé avec le concours du slameur Cocteau Mot Lotov…
LIRE déjà notre présentation du cd MARCO POLO par Le Concert de l’Hostel-Dieu et Franck-Emmanuel COMTE… (décembre 2017)

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LIRE aussi notre présentation de la saison du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, saison 2018 – 2019

PLUS D’INFOS sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, saison 2018 – 2019
http://www.concert-hosteldieu.com

ACTUALITE
A venir, les 2 Prochains cd du CHD / Concert de l’Hostel-Dieu

 

 

Toutes les infos et les modalités de réservation, toute l’actualité du CHD (Concert de l’Hostel Dieu), sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU / Franck Emmanuel Comte / saison 2018 — 2019

 

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FRANCK-EMMANUEL COMTE / Le Concert de l’Hostel Dieu. ENTRETIEN 1/3

concert-hostel-dieu-franck-emmaneul-comte-saison-2018-2019-concerts-presentation-evenemnt-par-classiquenews-photo-copyright-jean-combier-emmnauel-comte-portraitLE BAROQUE RÉINVENTÉ… ENTRETIEN avec Franck-Emmanuel COMTE, fondateur et directeur musical du CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU. A l’origine de l’activité de l’ensemble sur instruments d’époque, il y a ce goût pour l’exploration du patrimoine inédit, méconnu, oublié… celui des partitions que conserve la BML Bibliothèque Municipale de Lyon. Aux côté du travail de recherche, Franck-Emmanuel COMTE interroge les partitions pour les rendre vivantes, pour les incarner ; pour inventer de nouvelles formes de concerts et toucher un plus vaste public… Une application de cette démarche qui concilie musicologie et geste interprétatif ? Le prochain concert de l’ensemble dès le 16 novembre 2018 à LYON (avec conférence préalable), autour du STABAT MATER de Pergolesi, mais dans le goût des Lyonnais du XVIIIè… (lire ci après). Le directeur musical du CHD / Concert de l’Hostel-Dieu pimente et personnalise le Baroque du début du XVIIIè en le réinscrivant dans le contexte napolitain, non sans pertinence.

 

 

Défricheur et critique, Franck-Emmanuel COMTE propose de réinventer la forme du concert : le CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU est un laboratoire, et aussi une veille pour réinventer et régénérer l’expérience du concert voire la conception même des spectacles… Et dans cette volonté dynamique, s’inscrit aussi une nouvelle définition du geste musical pour l’interprète, inspiré différemment dans un autre rapport au son, à la partition, à l’improvisation. N’est-il pas vrai que le Baroque comme le Jazz, se prête-idéalement à cette vision libérée et mouvante de la réalisation musicale ? Le Baroque devient le cœur d’une constellation de disciplines dont chacune questionne l’autre. Ainsi pour une poétique inédite et un rythme musical différent, le spectacle FOLIA conçu en complicité avec le chorégraphe Mourad Merzouki … Jamais la musique baroque ainsi réinvestie n’a semblé plus vivante et connectée avec notre époque.

 

 

 

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pergolesi-pergolese-portrait-classiquenews-pergolese1FRANCK-EMMANUEL COMTE : Le travail de valorisation des fonds de la BML constitue le socle de notre activité, et aussi l’origine même de la création de l’ensemble. Les manuscrits conservés dans les Fonds anciens de la bibliothèque reflètent une spécificité lyonnaise : un goût des lyonnais, au siècle des Lumières, tourné presque exclusivement vers l’Italie. Il semble que les échanges entre les villes de Lyon et de Rome étaient nombreux, sans doutes par l’entremise des marchands, des banquiers mais aussi des Jésuites. Aussi, nombre de partitions de Scarlatti, Corelli, Carissimi,…. figurent au catalogue de la BML. Ils constituent une source d’inspiration et d’idées de programme assez riche…. Ainsi notre prochain projet  : une version inédite du Stabat Mater de Pergolèse, arrangé à 5 voix aux alentours des années 1740 par un musicien lyonnais.

 

 

 

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UN AUTRE STABAT MATER de Pergolesi
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concert-hostel-dieu-franck-emmaneul-comte-saison-2018-2019-concerts-presentation-evenemnt-par-classiquenews-photo-copyright-jean-combier-emmnauel-comte-portraitFRANCK-EMMANUEL COMTE : Oui, il est clair que pour moi le seul travail musicologique de restitution et d’interprétation ne suffit plus à motiver mon travail.
Je puise dans le répertoire baroque et dans l’instrumentarium qui lui est lié, des occasions pour partager plus largement mes ressentis sur cet univers.  L’interdisciplinarité et les passerelles que nous imaginons vers d’autres cultures musicales nous permettent de questionner notre rapport au son, à la partition, à l’improvisation. Autant de pistes susceptibles de faire évoluer notre créativité, laquelle a toujours été une notion beaucoup plus essentielle pour moi que la technicité.
Cette approche du répertoire ancien nous conduit également à réexaminer notre rapport au public, lequel reste au coeur de mes préoccupations.
Je sais que cette notion ne fait pas forcément loi en France, et particulièrement dans les “esthétiques de spécialistes » comme celle de la musique ancienne, mais j’assume cette approche ; sans public, il n’y aurait pas de spectacles, et le spectacle, c’est notre vie, notre essence même.

folia-mourad-merzouki-franck-emmanuel-comte-danse-spectacle-critique-par-classiquenews-juin2018Folia, le spectacle chorégraphique co-crée avec Mourad Merzouki en juin dernier, en est un des exemples les plus nets : une vrai poésie naît de la rencontre de l’univers hip hop de Mourad avec les sonorités et l’énergie qui émane de mon ensemble CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU / CHD ; le bonheur qu’ont les musiciens et les danseurs à vivre cette expérience sur scène et en coulisse est palpable tout au long du spectacle. Le public le sens et adhère. Un public, métissé et ouvert, comme le plateau artistique…

 

 

 

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Mourad Merzouki “Folia” @ Nuits de Fourvière, Lyon – ARTE Concert – YouTube
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En 1998, Mourad Merzouki télescope le monde du hip-hop et celui de la musique classique avec “Récital”, un spectacle qui a fait date dans l’Histoire des dans…

 

LIRE aussi notre compte rendu du spectacle FOLIA par Le Concert de l’Hostile-Dieu / Franck Emmanuel COMTE / Juin 2018, Fourvière, LYON.
 

 

 

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A VENIR… ENTRETIEN avec FRANC-EMMANUEL COMTE 2 : le cas de Haendel dans l’exploration et l’activité du Concert de l’Hostel-Dieu ; à la croisée des disciplines et des imaginaires artistiques, entre poésie, slam et baroque… focus sur le spectacle et le cd intitulé «  MARCO POLO, carnet de mirages », réalisé avec le concours du slameur Cocteau Mot Lotov…
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LIRE aussi notre présentation de la saison du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, saison 2018 – 2019

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A venir, les 2 Prochains cd du CHD / Concert de l’Hostel-Dieu

 

 

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CHD, Concert de l’Hostel-Dieu. L’autre Stabat Mater de Pergolesi

concert-de-l-hostel-dieu-vignette-partenaire-concert-annonce-saison-2018-2019-sur-classiquenewsLYON, 16, 18 nov 2018. CONCERT DE L’HOSTEL DIEU / Stabat mater de PERGOLESI. Implanté au cœur de la métropole Lyonnaise, l’ensemble sur instruments anciens, fondé par Franck-Emmanuel Comte : le Concert de l’Hostel-Dieu, poursuit une brillante nouvelle saison à partir d’octobre 2018 : le premier programme « PLAY BACH » souligne la triple recherche du collectif : élargir les champs de création, défricher les partitions avec un regard neuf, réactualiser constamment le baroque comme s’il s’agissant d’un laboratoire propice à l’expérimentation et à l’invention. Et donc repenser et revivifier la forme du concert… Le spectateur est invité à participer à une aventure critique qui élargit répertoire et formes musicales, comme elle cherche aussi à réinventer l’expérience du spectacle, du concert,  la place de l’auditeur. Le récent spectacle présenté aux Nuits de Fourvière, accord superlatif de la musique baroque (instrumentale et vocale) et de la danse contemporaine : « Folia » , montre combien il est crucial pour Franck-Emmanuel Comte d’échanger et de croiser les expériences et les disciplines pour faire émerger une aventure collective qui ne sacrifie rien à la poésie pure. LIRE notre compte rendu du spectacle LA FOLIA présenté aux Nuits de Fourvière en juin 2018.
Concert de  l hostel dieu franck emmanuel comte saison 2018 2019 couverture-600x902Voici les premiers temps forts d’une saison particulièrement prometteuse et plurielle, emblématique d’un ensemble lyonnais qui sait ouvrir et régénérer l’expérience du Baroque aujourd’hui. Play Bach, Stabat Mater, Marco Polo, Vivaldi reloaded… autant de jalons d’un parcours singulier d’octobre 2018 à juin 2019 qui régénère l’accès à la musique classique. La nouvelle saison est intitulée “ALCHIMIE” : une déclaration d’intention car en définitive tout repose sur la conjonction d’éléments disparates, volatiles, ténus mais essentiels pour que se concrétise dans l’instant du concert, la poétique du partage et de la découverte. Tout est question d’alchimie…

 

 

 

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

Franck-Emmanuel Comte et les musiciens du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU © Jean Combier

 

 

 

 

 

 

 

NOVEMBRE 2018
PERGOLESI : STABAT MATER
Version d’époque, inédite et lyonnaise

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pergolesi-pergolese-portrait-classiquenews-pergolese1STABAT MATER … Le programme éclaire le travail spécifique de Franck Emmanuel Comte à partir des archives de la Bibliothèque de Lyon, dont un manuscrit retrouvé propose une version inédite du Stabat Mater de Pergolèse : son oeuvre ultime et son testament spirituel et musical puisque le jeune génie napolitain devait mourir quelques jours après avoir composé le Stabat. Le Concert de L’HOSTEL DIEU associe à la pièce de Pergolesi, des polyphonies traditionnelles et des tarentelles napolitaines, quelques chansons (Donna Isabella, La Carpinese) pour une immersion dans l’univers de la Semaine Sainte à Naples. La version restaurée est celle pour 5 solistes, plus éloquente et théâtrale. Le disque de ce programme inédit est annoncé chez ICM records en octobre 2018.
L’autre Stabat Mater : le Stabat Mater de Pergolèse que révèle Franck Emmanuel Comte éclaire la riche et très intense activité des sociétés de musique à Lyon dès le XVIIIè, comme l’Académie du Concert, institution très ouverte à la mode italienne et donc napolitaine. Partition célébrée dès ses premières exécutions, le Stabat mater de Pergolèse est l’objet de toutes les convoitises et se trouve adapté selon les effectifs à disposition. La version de l’Académie du Concert est aujourd’hui déposée à la Bibliothèque municipale de Lyon. La partie de l’alto y est confiée à un baryton, et les séquences des fugues et du verset « O quam tristes », sont arrangés pour cinq voix. Le poème latin gagne une nouvelle ampleur, des couleurs inédites, propice à une célébration opératique de la déploration de la Vierge confrontée au sacrifice et à la mort de son Fils. Franck Emmanuel Comte n’en oublie pas pour autant ce qui relève d’un véritable voyage mystique, immersion dans le contexte culturel et traditionnel napolitain que Le Concert de l’Hostel Dieu connaît particulièrement pour avoir découvert nombre de manuscrits étonnants dans le Fonds de la Bibliothèque de Lyon. Réservations et infos

 

 

 

 

 

3 DATES
Vendredi 16 novembre 2018 : Conférence musicale à la Bibliothèque municipale de Lyon (69)
Dimanche 18 novembre 2018 : Chapelle de l’Hôtel-Dieu à Lyon (69)
20 novembre 2018 : Saint John’s Smith Square – Londres (RU)

DURÉE : 1h10 sans entracte

 

 

 PROGRAMME

Giovanni Battista Pergolesi : Stabat Mater, version inédite issue d’un manuscrit conservé à la Bibliothèque de Lyon. Polyphonies traditionnelles et tarentelles napolitaines.

DISTRIBUTION
Heather Newhouse, soprano
Anthea Pichanick, contralto
Sebastian Monti, ténor
Romain Bockler, baryton
Guillaume Olry, basse
Le Concert de l’Hostel Dieu
Franck-Emmanuel Comte, orgue et direction

 

 

Le Stabat mater de Pergolesi… un mythe musical. Le Stabat Mater recueille les larmes de Marie au pied de la croix où son Fils a été sacrifié… Debout la mère / Stabat mater… « Debout la mère des douleurs pleurait tout auprès de la croix où son fils agonisait ; et son âme qui gémissait, pleine de deuil et de tristesse, par le glaive fut percée… »
Plainte dolente et fervente, le texte remonte au XVIè, ici mis en musique par deux compositeurs baroques napolitains. Alessandro Scarlatti (en 1724, honorant une commande de la confrérie des Chevaliers de la Vierge des douleurs), puis le génial et mort trop tôt, Pergolesi, qui signe ainsi son testament artistique. L’inspiration est hautement spirituelle voire mystique, inspiré par la souffrance d’une mère, recueillant le corps torturé de son fils…
La partition de Scarlatti sera ainsi chanté chaque Vendredi Saint, jusqu’en 1736 à Naples selon le voeu des Chevaliers ; lesquels ensuite, désirant un opus plus moderne, passent commande au cadet de Scarlatti, le jeune et déjà génial Pergolesi qui n’a que 26 ans. Avant de mourir, deux mois après cette commande, à cause de la Tuberculose, le jeune napolitain livre un chef d’oeuvre pour deux voix solistes et continuo. Après avoir composé son Stabat, Pergolesi se retire au couvent des Capucines de Puzzuoli.

Stabat Mater de Pergolesi

pergolesi-portrait-pergolese-PERGOLESI-giovanni-battista-Ubaldi-Giovanni-Battista-PergolesiPARIS. Lundi 27 juin 2016, 20h. Stabat Mater de Pergolesi. Duo de rêve probablement au TCE pour l’un des sommets de la ferveur du Baroque italien, en particulier napolitain : Sonya Yoncheva (qui vient de chanter Traviata à Paris et incarne La Comtesse des Noces de Mozart dans l’enregistrement piloté par Yannick Séguin, à paraître ce 8 juillet 2016), et Karine Deshayes, soit la soprano et la mezzo parmi les chanteuses les plus convaincantes de l’heure. La partition est datée de 1736 soit quelques jours avant la mort de son auteur (à 26 ans), ce qui en fait une sorte de testament et de Requiem personnel… L’ensemble Amarillis complète le programme en jouant des œuvres instrumentales de Scarlatti, Mancini, Durante, soit quelques perles de l’essor de l’école napolitaine au dbut du XVIIIème, celle en France des Campra et Couperin mûrs, des Rameau naissant (création d’Hippolyte et Aricie en 1733).

Stabat Mater de PergolesiDOULEUR DE LA MERE… Divin poème de la douleur, selon Bellini, le Stabat mater de Pergolèsi est son chant du cygne, tout juste achevé en 1736, à Pozzuoli dans le monastère des pauvres Capucins, (et légué à son maître Francesco Feo) avant qu’il ne meurt de tuberculose ou de la  maladie pulmonaire qui le rongeait depuis son enfance … à 26 ans. La partition est une commande de la Confraternité de Saint-Louis du Palais. Le duo initial en fa mineur impose la profonde et grave prière à deux voix : c’est ensuite une alternance entre solos (Quae maerebat, Eja mater, Fac ut portem, pour contralto ; Vidit suum pour soprano), et duos plus ou moins développés dont l’ample et long Fac ut ardent cor meum, la séquence la plus brillante. D’une durée de 25 mn, les deux solistes vocalisent, se répondent, fusionnent, témoins de la douleur de la Mère accablée au pied de la croix sur laquelle meurt le Fils crucifié. Déploration, prière d’une ineffable douleur, deuil inconsolable et aussi élan vers la grâce et l’éblouissement grâce à la suavité à deux voix de la musique du divin Pergolèse.

 

 

Paris, TCE, Théâtre des Champs Elysées
Lundi 27 juin 2016, 20h
RÉSERVER

Sonya Yoncheva,  soprano
Karine Deshayes,  mezzo-soprano
Ensemble Amarillis
Scarlatti : Concerto grosso n°3 en fa Majeur (extrait des six concertos à sept parties)
Mancini : Sonata n° 14 en sol mineur
Durante : Concerto grosso en fa mineur
Entracte
Pergolesi : Stabat mater

Durée du concert
1ère partie : 35 mn environ – Entracte : 20 mn – 2e partie : 40 mn environ