LILLE. Orchestre National de Lille joue Brahms et Beethoven

LILLE, mer 13, jeu 14 OCT 2021. BEETHOVEN : « Pastorale »… L’Orchestre National de Lille invite pour la première fois la cheffe estonienne Kristiina Poska. Au programme, le Concerto de Brahms, pilier du répertoire romantique pour violon, occasion de retrouver Sergey Khachatryan qui jouait déjà en septembre 2019 lors du prestigieux Festival Enescu de Bucarest la même partition avec les instrumentistes lillois. Puis, l’Orchestre joue la « Pastorale », 6ème symphonie de Beethoven, – pièce maîtresse des 3 concerts en métropole lilloise (les 13, 14 et 15 octobre 2021), qui insuffle au cycle orchestral, une noblesse qui résonne comme une ode aux forces de la Nature.

brahms 280Été 1877, Brahms découvre la station balnéaire de Pörtschach, (Alpes Autrichiennes). Le cadre favorise l’émergence de mélodies en une inspiration facilitée dont le climat lumineux et bienheureux lui inspire in fine sa Symphonie n°2. Une même félicité et communion avec la Nature se réalise en 1878 dans l’écriture du Concerto pour violon.  Pourtant dès sa création le 1er janvier 1879, les détracteurs ne tardent pas à fustiger une partition jugée injouable, manifestement conçue « contre le violon » (dixit le chef Hans von Bulow). La force intérieure de l’œuvre revêt un caractère irrésistible comme l’a bien compris le cinéaste américain Paul Thomas Anderson qui utilise quant à lui, le dernier mouvement (Finale) dans le générique de son film épique et cynique « There will be blood” (2007).

beethoven-ludwig-concertos-piano-symphonies-dossier-beethoven-2020-classiquenewsConcernant La Pastorale de Beethoven, il reste inouï que lors du 22 déc 1808 à Vienne, les auditeurs aient découvert lors d’une même soirée, les Symphonies n°5 et n°6 de Beethoven. Incroyable enchaînement de deux univers orchestraux si différents et entiers, pourtant composés simultanément ou presque. Si la 5è, martiale voire guerrière, convoque le destin et l’Histoire grâce à la volonté d’un Beethoven dont le génie veut en découdre contre toute fatalité, la 6è professe un tout autre message, plus harmonieux voire pacificateur, celui rayonnant qui célèbre le miracle des éléments et d’une nature aussi généreuse et terrifiante qu’enchanteresse et maternelle. Sa couleur printanière et lumineuse (fa majeur) berce une évocation plutôt qu’une description du motif naturel. Beethoven se montre paysagiste et observateur sensible, incroyablement inspiré par les éléments (comme le fut Vivaldi dans ses Quatre Saisons). Pour initier l’auditeur au miracle de ce cycle symphonique inédit, Beethoven dans l’édition de 1826, précise pour chacun des 5 mouvements, son enjeu poétique, l’impression et le sentiments intimes qui en sont la source… :
1- Eveil d’impressions joyeuses en arrivant à la campagne »,
2- Scène au bord du ruisseau »,
3- Réunion joyeuse de paysans »,
4- Tonnerre, orage »,
5- Chant pastoral. Sentiments de contentement et de reconnaissance après l’orage ».

Bien avant les Impressionnistes français, Beethoven inaugure une ère nouvelle pour la création, celle où il ne s’agit plus de copier la Nature mais d’en exprimer le mystère et le miracle profond. Une telle réussite allait grandir encore sous le feu de Richard Strauss et sa fabuleuse Symphonie Alpestre et aussi le cycle pictural déjà abstrait et musical, des Nymphéas de Monet (au Musée de l’Orangerie).

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BRAHMS
Concerto pour violon

BEETHOVEN
Symphonie n°6, dite « Pastorale »

Kristiina Poska, direction
Sergey Khachatryan, violon
Orchestre National de Lille

Mercredi 13 & Jeudi 14 octobre, 20hboutonreservation
LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle

ACHETEZ VOS PLACES ici
https://www.onlille.com/saison_21-22/concert/la-symphonie-pastorale/

Programme repris le 15 oct 2021
également en région Hauts-de-France: Vendredi 15 octobre — 20h
Seclin РColl̩giale Saint-Piat

Diffusion le vendredi 15 octobre à 20h30 sur RADIO CLASSIQUE

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VOIR
Concerto pour violon de Johannes Brahms
par Sergey Khachatryan, violin

Johannes Brahms:
Violinkonzert D-Dur op. 77 ∙

I. Allegro non troppo ∙
II. Adagio ∙
III. Allegro giocoso, ma non troppo vivace ∙

hr-Sinfonieorchester – Frankfurt Radio Symphony ∙
Sergey Khachatryan, Violine ∙
Andrés Orozco-Estrada, Dirigent ∙

Sendesaal Frankfurt, 12 mars 2020 ∙

CD, critique. LULLY : La Grotte de Versailles, Georges Dandin (Marguerite Louise, 1 cd Château de Versailles, fév 2020)

cd-george-dandin-grotte-de-versailles-jarry-marguerite-louise-cd-critique-classiquenews-Versailles-cd-critiqueCD, critique. LULLY : La Grotte de Versailles, Georges Dandin (Marguerite Louise, 1 cd Château de Versailles, fév 2020). Dès 1669, Madeleine de Scudéry témoignait de l’enchantement de Versailles, les charmes et éblouissements de son parc, bosquets à surprise, palais de verdure et autres grottes enchantées. Avait-elle en tête la Grotte de Thétis, construite en dur dans les jardins (là où se trouve actuellement le vestibule de la Chapelle royale) et qui servit d’écrin comme de décor naturel au divertissement de Lully : La grotte de Versailles, ici restitué dans son état originel de 1667 / 1668? La galanterie pastorale règne sans partage : née de la première coopération Lully / Quinault, la partition évoque l’accueil par la Titanide Thétys, d’Apollon (le Soleil) le soir, harassé par sa course diurne. L’eau coulante, le décor de coquillages et de nacre, l’orgue jouant des chants d’oiseaux recréent un univers poétique dédié au repos, au sommeil, à l’abandon vers le rêve et la langueur… Girardon a sculpté le fameux groupe d’Apollon servi par les nymphes (1670). A Lully revenait déjà le privilège d’exprimer musicalement ce rêve absolu qui ajoute au mythe solaire de Louis XIV.

 

Inspirés, Marguerite Louise et Gaétan Jarry ressuscitent la collaboration
Lully et Quinault, Lully et Molière,
faiseurs de fêtes à Versailles…

La musique à Versailles avant l’opéra

 

 

C’est une série d’entrée et de danses (réalisées par le Roi lui-même en 1668), entre la Pastorale et le ballet, propre aux divertissements créés par Lully pour la Cour, avant l’avènement de l’opéra français en 1673. L’amour des bergers et bergères (dont Sylvandre, Coridon) chantent le retour du roi victorieux ; Daphnis et les nymphes, des pâtres grotesques, Iris langoureuse et l’écho de la grotte… ponctuent l’action de leurs péripéties à peine dramatiques. La Grotte reste jusqu’en 1674 (où elle est encore jouée pour le Grand Divertissement de Versailles), l’emblème du Louis XIV, guerrier amoureux et victorieux, qui va bientôt fixer la Cour à Versailles (1682). Les interprètes savent exprimer la douce nostalgie d’une partition à la fois dialoguée (compétition Ménalque / Coridon) et surtout suave et trouble (plainte d’Iris à laquelle répond l’écho de la grotte).

CLIC D'OR macaron 200Les musiques des intermèdes et de la Pastorale pour la comédie Georges Dandin de Molière précise l’ambition de Lully sur le plan lyrique avant l’élaboration d’un modèle pour l’opéra français. Ici rayonnent déjà la puissance onirique des instruments, habiles à suggérer cet accord rêvé, harmonieux entre Nature et bergers ; a contrario de la peine de Dandin, les bergères disent par leur chant, l’empire de l’amour et ce flux tragique qu’il peut susciter (leurs amants semblent noyés) ; les interprètes (surtout les femmes aux accents d’une langueur plaintive voire funèbre) veillent à ce chant droit, non vibré, aux ornements précis, sans préciosité aucune qui rétablit l’exactitude et l’intelligibilité du verbe français (« Ah qu’il est doux, belle Sylvie… »). A côté du drame de Molière, déjà perce la force opératique de Lully qui échafaude une pastorale en musique indépendante de la pièce. Les Choeurs précis et mordants rétablissent la verve pastorale et presque héroïque de l’action ; en soulignant l’empire final de Bacchus, le chant collectif (jouant de l’écho dans la coulisse) vivifie la tendresse et l’ardeur des sens, un épanchement particulier propre au Roi amoureux et vainqueur qu’est Louis XIV dans les années 1660 et 1670. Révélateur des divertissements à Versailles avant l’opéra (tragédie en musique), l’album est un incontournable.

 

 

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CD, critique. LULLY : La Grotte de Versailles, Georges Dandin (Marguerite Louise / Gaetan Jarry, 1 cd Château de Versailles, enregistré en février 2020).

REPLAY, DANSE pendant le confinement : les perles de classiquenews

REPLAY DANSE pendant le confinement. CLASSIQUENEWS sélectionne ici les meilleurs ballets actuellement accessible sur la toile, avec mention de la date ultime pour les voir et les revoir. Profitez du confinement pour réviser vos classiques et (re)découvrir les productions les plus passionnantes de la décade…

 

 

 

 spécial CONFINEMENT 2020

Sélection DANSE de classiquenews

Tous les ballets les plus enchanteurs à voir chez soi

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MERCE CUNNINGHAM, hommage par l’Opéra de Lyon
Jusqu’au 10 octobre 2020
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/theatre-et-danse/1081207-l-hommage-a-merce-cunningham-par-le-ballet-de-l-opera-de-lyon.html
Durée : 1h06mn

 

 

exchange-cunningham-opera-de-lyon-danse-replay-danse-chez-soi-critique-annonce-ballet-classiquenewsHASARD CRÉATIF… Pour les 10 ans de la mort de Merce Cunningham (2009), le Ballet de l’Opéra de Lyon rend hommage en 2019 au chorégraphe américain, qui a réinventé dans les années 1940, le langage chorégraphique (postmodern-dance) dans un esprit libre et fantaisiste comme marqué par les impulsions nées du hasard dont aujourd’hui, la vitalité et la sincérité se distinguent. Ont collaboré avec le chorégraphe, le compositeur John Cage, les peintres néo-dadaïstes précurseurs du Pop art Robert Rauschenberg et Jasper Johns, les musiciens Morton Feldman et David Tudor, au générique de cet anniversaire lyonnais. Au programme, deux pièces majeures Summerspace (1958) et Exchange (New York, 1978 ; notre photo ci dessus).
Sur un fond de scène coloré en touches pointillistes reprises sur le collant des solistes (signé Robert Rauschenberg, pour Summerspace, jouée à deux pianos), l’écriture des 6 danseurs est aérienne, flexible, en suspension, très contrôlée, agissant par séquences plutôt que par numéros amples et continus, en une série de figures individualisées. En cela au diapason d’une musique, elle aussi jaillissante, syncopée, fragmentée, expérimentale comme improvisée et séquentielle (Feldman). Exchange plus récent, reprend le principe aléatoire de John Cage dans sa musique : comme dans l’atelier, ou la coulisse où s’affine le travail soliste et collectif, la moitié des danseurs exécute une série de gestes repris ensuite par l’autre moitié puis par l’ensemble, selon un ordre et des configurations nées du hasard. L’impression de work in progress est davantage rehaussé par la musique, une bande sonore agglomérant des sons bruts, ceux d’une matrice instinctive, comme inaboutie…

Chorégraphie : Merce Cunningham
Musique : Morton Feldman, Ixion
Ballet de l’Opéra de Lyon
filmé en nov 2018

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PROJET BEETHOVEN par John Neumeier
jusqu’au 12 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/095221-000-A/ballet-de-john-neumeier-le-projet-beethoven/

VOD-BALLET-ARTE-critique-danse-classiquenews-confinement-restez-chez-vous-VOD-danse-ballets-critiquesFilmé depuis Baden Baden. Dans son “Projet Beethoven”, le chorégraphe à Hambourg John Neumeier mêle les codes du ballet d’action (voire de la pantomime) au souffle grandiose du ballet symphonique. La première partie, « Beethoven Fragments », sollicite d’abord le piano (Variation Diabelli par l’excellent pianiste MichaÅ‚ BiaÅ‚k) et un grand solo de danseur dans le style d’un pantin qui exalte le sentiment d’énergie et de facétie… autour et sur le piano… illustrant les épisodes de la vie du compositeur ; la seconde partie revendique et assume le souffle symphonique en s’appuyant sur l’architecture irrésistible de la Symphonie n°5, « Eroica ».
Au Festspielhaus de Baden-Baden, le danseur Aleix Martínez se glisse dans la peau du musicien de génie. Sur scène, il est accompagné d’Edvin Revazov (l’idéal de Beethoven), d’Ann a Laudere (la « bien-aimée lointaine » de Beethoven), de Patricia Friza (la mère de Beethoven) et de Borja Bermudez (le neveu de Beethoven) pour les autres rôles principaux. John Neumeier parle d’un poème chorégraphique inspiré de la musique de Beethoven »… Par la troupe de danseurs Hamburg Ballett John Neumeier accompagné par Deutsche Radio Philharmonie.

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BEETHOVEN : La Pastorale par Thierry Malandain
6è symphonie de Beethoven
Jusqu’au 17 juin 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/094382-000-A/la-pastorale-de-thierry-malandain-au-theatre-de-chaillot/

mallandrin-pastorale-beethoven“La Pastorale » synthétise ce qu’est la Symphonie n°6 dite Pastorale de Beethoven, selon la conception du chorégraphe Thierry Malandain, directeur du Centre chorégraphique national de Biarritz. La création commande du Théâtre national de la Danse à Chaillot, célèbre le 250ème anniversaire du célèbre compositeur allemand. Cela commence dans l’agitation voire la transe collective d’un corps de ballet tout de noir vêtu, comme contraint dans un labyrinthe fait des barres des danseurs ; puis quand les premières mesures de la 6è symphonie de Beethoven, miracle pastoral s’énonce, le corps de ballet paraît en blanc, comme en un nouveau rituel païen et primitif…
Thierry Malandain n’en est pas à son premier Beethoven : après Les Créatures (d’après Les Créatures de Prométhée) et Silhouette (d’après le troisième mouvement de la Sonate n°30, opus 109), voici la troisième approche beethovénienne de Malandain. La Sixième Symphonie de Beethoven est une célébration de la nature. Sereine, exprimant le sentiment panthéiste de la Beethoven, le ballet qu’en déduit Malandain ressuscite la pastorale antique, primitive, fleurie et candide. Beethoven pour sa part semble reprendre le chaemin dupeintre baroque Poussin, et revisiter ainsi l’Arcadie de l’âge d’or : « terre de bergers où l’on vivait heureux d’amour ». En plus de la symphonie Pastorale, Malandain ajoute des extraits d’une autre Å“uvre de Beethoven : la Cantate opus 112 (Les Ruines d’Athènes). Les 22 danseurs semblent y parcourir une nouvelle épopée en Grêce antique. Performance captée le 17 décembre 2019 à Chaillot – Théâtre national de la Danse, Paris.

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giselle-adam-opera-bastille-garnier-critique-danse-opera-classiquenews-ballet-classiquenews-critique-ballet-danseOpéra de Paris, GISELLE jusqu’au 5 août 2020. L’Opéra de Paris présente cette lecture idéale de Giselle, ballet en deux actes créé en 1841, sommet romantique par excellence, alliant passion tragique et surnaturel spectral en particulier grâce à son acte blanc, où les jeunes filles mortes suicidées par dépit (les Wilis) ressuscitent pour envoûter et tuer les jeunes hommes perdus – avatar romantique français proposé par Théophile Gautier, auteur du livret – alternative aux sirènes elles aussi séductrices et fatales dans l’Odyssée d’Homère, pour Ulysse et ses compagnons marins… Excellente version avec les fleurons du corps de Ballet parisien et les nouvelles “étoiles”: Dorothée Gilbert (Giselle), Mathieu Ganio (Albrecht), Valentine Colasante (la reine Myrtha)…  portés par la baguette fluide, expressive, efficace de Koen Kessels (production filmée en 2019)

 

 

 

 

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BODY AND SOUL de Crystal PITE  jusqu’au 24 oct 2020

BODY-AND-SOUL-cristal-pyte-danse-ballet-opera-de-paris-ballet-chez-soi-opera-de-paris-critique-classiquenewsAprès la création de The Seasons’ Canon en 2016, Crystal Pite retrouve les danseurs du Ballet de l’Opéra le temps d’un spectacle. Soixante minutes découpées en autant de séquences dansées. Née au Canada, formée au Ballet de Francfort, la chorégraphe assimile Forsythe, Kylián, Mats Ek pour inventer sa propre langue chorégraphique. Elle insuffle au spectacle une énergie, un défi émotionnel qui pousse les danseurs au delà de leur zone de confort… pour un spectacle total. Ou la performance extrêmiste croise l’équilibre rayonnant de corps maitrisés.


VISIONNER Body and Soul de Cristal Pyte à l’Opéra de Paris
https://www.operadeparis.fr/magazine/body-and-soul-replay#slideshow_634/1
Mise en scène, chorégraphie : Crystal Pite
Musique Originale : Owen Belton
Musique additionnelle : Frédéric Chopin (24 Préludes) / Teddy Geiger Body and Soul   -   durée : 1h20mn. Avec les Étoiles : Léonore Baulac, Ludmila Pagliero, Hugo Marchand. Les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris. Jusqu’au 24 oct 2020

PARTIE UNE… D’abord, une courte séquence théâtrale où paraissent deux figures que commente une voix off (Marina Hands) qui décrit et précise l’action comme un storyboard (« figure 1, Figure 2. pause. Aucune des deux ne bouge »)… Confrontation, opposition, combat, violence… le même scénario est incarné par un collectif qui réalise alors une variation à grande échelle et fragmentation orchestrée. Crystal Pite nous offre un regard flamboyant sur l’écriture chorégraphique entre théâtre et danse. Le corps de ballet n’est pas synchronisé mais décalé, offrant une implosion millimétrée d’un schéma préétabli… L’écriture interroge les corps en action : répétés, affrontés, ralentis. Couple (d’hommes, de femmes) en huis clos figé en un rite sombre, étouffant, sans issue, sinon leur mort. De l’un par l’autre. Ce que nous dit le corps. Ce que nous disent les gestes, d’une vertigineuse précision, investis par l’âme… l’onirisme naît au delà de la répétition mécanisée et finalement sublimée des corps dans un espace noir. Et lorsque s’égrène, très lente, la torpeur des préludes de Chopin, l’écriture des deux corps (un couple homme femme) semble répéter toujours inlassablement le même rituel amoureux… rite d’exténuation, de vertige, de mort. Il faut une houle océane dont le mouvement des vagues est évoqué par le corps de ballet en entier pour prendre un peu de hauteur ; enfin… respirer. Puis résister à travers une foule de corps combattant.

 

 

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Voici Chrystal Pite au travail, geste intime et collectif, organique, analytique. Elle intègre aussi un somptueux tableau (partie 3 à 59mn) où la gestuelle des insectes est décortiquée et là encore transcendée par la chorégraphie des corps associés…  La canadienne qui est née à Vancouver, a travaillé à Francfort au sein de la compagnie de William Forsythe, maîtrise le langage du corps de ballet, danse en nombre à laquelle répond de superbes duos à la grâce intime, plastique, élastique… Avant un final détonant qui reprend les paroles du titre dont il est question : corps et âme / Body and soul.  Sublime, puissant, poétique. Body and soul récidive la réussite du ballet précédemment créé à l’Opéra de Paris en 2016 : Season’s canon : mille pattes à 54 danseurs qui dit le même cri dans la nuit d’une humanité maudite. Mais qui danse.

 

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ROBERTO BOLLE 2017 / 2018 à la RAI1
Danseur étoile de la Scala di Milano
Star d’un soir dans une soirée dédiée à son art et ses goûts sur RAI 1 HD (Noël 2017 et 1er janvier 2018), Roberto Bolle présente sa discipline et sa passion pour la danse… L’élégance à la télévision italienne (invités entre autres son ami le danseur syrien Ahmad, Sting, etc…)
https://www.raiplay.it/video/2017/12/Roberto-Bolle-Danza-con-me-0cdfaee2-8e3a-4df7-b9fc-a56c6e3ced66.html

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LE SONGE D’UNE NUIT D’ETE / Balanchine / Mendelsohn (filmé en 2017)
Corps de Ballet de l’Opéra de Paris – en replay jusqu’au 10 mai 2020

 

songe-d-une-nuit-d-ete-balanchine-mendelssohn-danse-ballet-critique-classiquenewsNOTRE AVIS : Le Songe d’une nuit d’été. Dans cette version très limpide et efficace du Corps de Ballet de l’Opéra de Paris (filmée en 2017), rayonne l’élégance native des danseurs. Ainsi éblouit la grâce du couple royal d’abord en froid de Tatiana (Eleonora Abbagnato) et d’Obéron (Hugo Marchand) dont le fidèle serviteur Puck (Emmanuel Thibault) s’amuse à croiser les 2 couples perdus, égarés, paniqués dans le labyrinthe de la forêt magique… Même Tatiana s’éprend, sous le charme d’une fleur enchanteresse de l’âne Bottom… Sensible à la poésie du sujet, Balanchine déploie une écriture chorégraphique précise, graphique, ouvertement néoclassique, très en phase avec la tendresse elle aussi lumineuse de la partition de Mendelssohn. Un classique du Corps de ballet de l’Opéra de Paris. Au diapason du compositeur, l’ouvrage convainc par juvénile candeur à laquelle Balanchine apporte une révérence stylée purement néoclassique (dont le sommet serait ici le tableau final nuptial et ses trompettes victorieuses en ouverture / début à 1h10’52 / un final en argent et blanc, auquel répondent les épisodes qui suivent où triomphent l’ordre et la mesure, vrai répertoire de gestes et profils purement classiques d’un Balanchine épris d’équilibre et qui semble méditer alors la candeur du Songe légué par Shakespeare et Mendelssohn / superbe duo éthéré Karl Paquette / Sae Eun Park)… A voir indiscutablement.

VISIONNER le spectacle ici : https://www.operadeparis.fr/en/magazine/le-songe-dune-nuit-dete

LIRE aussi notre compte rendu critique du Songe d’une nuit d’été Mendelssohn / Balanchine ici : https://www.classiquenews.com/compte-rendu-danse-paris-opera-bastille-le-14-mars-2017-balanchine-le-songe-dune-nuit-dete-simon-hewett-direction-musicale/ 

 

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Roméo et Juliette de Kenneth MacMillan (chorégraphie)arte-concert-arts-de-la-scene-ballets-vod-critiques-classiquenews
par le Royal Ballet / Prokofiev – Koen Kessels
Jusqu’au 8 mai 2020

https://www.arte.tv/fr/videos/088015-000-A/romeo-et-juliette/

ROMEO-JULIETTE-PROKOFIEV-MCMILLAN-Royal-ballet-BalletBoyz-critique-danse-ballet-classiquenewsDirigé par le duo fondateur des BalletBoyz, le Royal Ballet de Londres revisite le “Roméo et Juliette” du chorégraphe Kenneth MacMillan sur la partition coupée de Sergueï Prokofiev. Le film au rendu cinématographique sublime la tendresse et la tragédie du drame shakespearien. C’est l’histoire d’amour la plus connue au monde. Élevée au rang de mythe romantique, la pièce Roméo et Juliette de Shakespeare inspire vorie électrise compositeurs et chorégraphes et devient comme ici un classique de la scène du ballet. La musique de Prokofiev âpre et mordante sait aussi être lyrique et éperdue, mais elle ne gomme pas le cynisme barbare des guerres familiales que le couple amoureux subit au premier chef. Pour ce film de danse, Michael Nunn et William Trevitt (BalletBoyz), anciens danseurs du Royal Ballet de Londres, revisitent le Roméo et Juliette du chorégraphe Kenneth MacMillan (1929-1992), joyau du répertoire de la compagnie britannique depuis sa première représentation en 1965.
Tourné à Budapest (dans les studios de la série The Borgias), le film délaisse la traditionnelle scène de l’opéra pour le réalisme de la rue. De la cour du marché à la salle de bal en passant par la chambre de Juliette, les décors restituent l’atmosphère de Vérone à la Renaissance. Autour des danseurs du Royal Ballet richement costumés, l’étoile Francesca Hayward (Juliette) et le premier soliste William Bracewell (Roméo) expriment la candeur tragique du couple shakespearien, adolescents innocents, sacrifiés sur l’autel des haines dynastiques. Réduite à 90 minutes, la partition de Prokofiev atteint une profondeur poétique saisissante dans ce ballet qui plonge au cœur du mystère shakespearien. Quand le couple Roméo et Juliette meurt, c’est toute l’humanité et le sentiment Amour qui meurent. La lecture est aussi efficace que classique et sobre.

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HOMMAGE A JEROME ROBBINS jusqu’au 19 avril 2020

faune-debussy-jerome-robbins-hommage-danse-critique-classiquenews-uNE-582Jerome Robbins considérait le Ballet de l’Opéra de Paris comme sa seconde famille après le New York City Ballet. Le spectacle diffusé à partir de ce soir depuis le site de l’Opéra de paris, est conçu en son honneur et réunit des œuvres qui témoignent de l’infinie diversité de ses sources d’inspiration et de son génie scénique. Energie de Glass Pieces, pièce de grand format ; douceur intérieure d’Afternoon of a Faun et de A Suite of Dances, … ainsi se dessine un goût délectable, accessible, esthète pour faire vibrer les corps. Avec l’entrée au répertoire du célèbre Fancy Free, portrait théâtral d’une époque, Robbins élargit encore la palette impressionnante de ses talents. Le ballet permet de revoir l’excellent Karl Paquette, ex étoile parisienne (Fancy Free) qui a désormais pris sa retraite…  comme de réécouter la poétique arachnéenne de Prélude à l’Après midi d’un Faune, (à 51’09), où la musique est poésie pure… et dans la danse de Robbins,  enivrement incertain des sens dans une salle de danse, au cours d’une rencontre qui ne dit rien de ses vraies intentions (Le Faune : Hugo Marchand, à la silhouette gracile et animale, celle d’une âme qui s’éveille seul au départ à la volupté du sommeil). Et l’indicible retourne au mystère… Inoubliable performance d’autant que l’orchestre de l’Opéra de Paris s’y montre des plus allusifs.  Filmé en 2018.

 

CE QUE NOUS EN PENSONS… 
Le ballet de Debussy (Prélude à l’Après midi d’un Faune) est conçu comme un hymne à l’art du danseur, à sa volupté suspendue qui dans le cadre d’une salle de répétition avec barres d’appui et miroirs, laisse s’exprimer la grâce poétique des deux corps élastiques dans un style d’une élégance toute… parisienne (écoute intérieure, économie des gestes, vocabulaire et figures classiques…).
robbins-opera-de-paris-replay-danse-a-la-maison-classiquenewsBeau contraste avec Glass Pieces (1981, 1983) destiné au corps de ballet en nombre, fresques collectives d’une joie brute, scintillante qui mêle 6 danseurs classiques (3 couples) au corps de ballet plus chamarré et urbain. Puis le tableau s’assombrit, atteint une grandeur poétique inquiète où se dessinent les arêtes vives d’un seul couple de danseurs aux tracés ralentis, suspendus dans la lumière latérale, quand en fond de scène, toutes les danseuses forment un mur vivant dans l’ombre… Le dernier volet de ce triptyque réjouissant permet aux jeunes danseurs du Ballet d’exprimer leur énergie dans une chorégraphie joyeuse mais précise et synchronisée. Les garçons et les filles se confrontent, exultent, se croisent et se mêlent enfin pour un feu d’artifice final éclatant, dans la lumière. La musique de Philip Glass porte évidemment jusqu’à la transe cette danse du collectif et de l’énergie millimétrée. Stimulante alchimie : tout l’art de Robbins est là.

 

 

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, critique, DANSE. PARIS, Chaillot, le 19 déc 2019. MALANDAIN : La Pastorale (d’après Beethoven)

maladain-ballet-ode-pastorale-de-la-nature-critique-ballet-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, DANSE. PARIS, Chaillot, le 19 déc 2019. MALANDAIN : La Pastorale (d’après Beethoven). Avec « La Pastorale », Malandain en est déjà à son 3è ouvrage sur la musique de Beethoven : un compositeur à la mode évidemment puisque 2020 marque son 250è anniversaire. A l’origine, une commande de la ville natale de Ludwig, Bonn, pour souligner l’année Beethoven à venir. S’insérant dans l’architecture lumineuse et poétique de la symphonie, la chorégraphie qui en découle est à la fois limpide et fluide, d’une évidente clarté, mais aussi engagée, prônant allusivement une conscience critique sur les dérives anxiogènes de nos modes de vie. Le sujet de la 6è symphonie met l’accent sur la Nature et son miracle fragile, mis en péril par le dérèglement climatique que produit l’homme. Malandain célèbre donc la beauté de la Nature comme son essence délicate et son équilibre menacé. S’il est bien un compositeur qui puisait son énergie à la source naturelle, Ludwig, ce grand marcheur, en serait le premier représentant.
Thierry Malandain chorégraphie les sensations vécues au sein de cette Nature féconde et inspiratrice, que Beethoven a profondément su comprendre, cultiver, célébrer. Le style du chorégraphe exploite la vitalité acrobatique, sensuelle, très physique des 22 danseurs de sa compagnie ; le directeur du Centre chorégraphique national de Biarritz en déduit l’exaltation collective forgée dans l’énergie d’une Nature magnifiée, mais aussi mise à mal du fait ses propres agissements ; en somme un miroir subtil qui expose l’harmonie humaine et sa capacité tragique à corrompre, exploiter, construire sa propre disparition. En somme un ballet esthétique qui suscite aussi de graves questions sur le futur de l’humanité.

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COMPTE-RENDU, critique, DANSE. PARIS, Chaillot, le 19 déc 2019. MALANDAIN : La Pastorale  – Théâtre National de la Danse Chaillot, du 13 au 19 décembre 2019.
Création du ballet La Pastorale, à Tarbes, le 21 octobre 2019.
Plus d’infos sur le site du Théâtre de Chaillot :
https://www.theatre-chaillot.fr/fr/saison-2019-2020/pastorale

Illustrations : presse © Olivier Houeix

Les Symphonies de Beethoven sur Brava

brava_hd_2014_logoTélé. Brava. Cycle Beethoven : du 4 au 7 juin 2015. Qui n’a pas rêvé de réviser ses classiques et reprendre le chemin de la découverte symphonique à l’heure romantique, en l’occurrence les Symphonies de la maturité de Beethoven (1792-1827), les Symphonies n°4,5, 6 et 7 d’autant plus passionnantes qu’elles sont jouées par le chef Claudio Abbado qui pilote le Philharmonique de Berlin. Le cycle a été enregistré à l’Académie nationale Sainte-Cécile de Rome en 2001.

 

 

 

Beethoven : à la recherche de la Symphonie parfaite

 

Fidelio de BeethovenNé en 1770, Ludwig van Beethoven quitte Bonn pour Vienne, définitivement, en 1792. il reprend l’expérience des Symphonistes de Mannheim, les propositions capitales de Haydn et Mozart : il crée la forme et la sonorité de la Symphonie romantique à l’époque où Napoléon infléchit l’Europe.  Le musicien fixe les règles des quatre mouvements, modifiant parfois l’ordre et le caractère de certains, offrant à tous le instruments un champ expressif nouveau… Avec Beethoven, la musique offre à l’esprit des Lumières, un cadre symphonique digne de son ambition et de son rayonnement : une expérience collective, un désir d’utopie partagée ou un témoignage personnel qui s’adresse au plus grand nombre. Après Beethoven, Schumann, Mendelssohn, Brahms, Bruckner… tous les grands romantiques voudront rivaliser avec le cycle qu’il a laissé et nourri jusqu’à sa mort, soit un total de 9 Symphonies.
Brava diffuse sur 4 jours, les Symphonies « intermédiaires » de Beethoven : les Symphonies n°4,5,6 (Pastorale, laquelle ne décrit pas mais exprime le miracle spectaculaire de la nature en une fresque panthéiste révolutionnaire), enfin la Symphonie n°7.

 

 

 

Jeudi 4 juin 19h
Beethoven – Symphonie No. 4 (Vienne, 1807)
 
Vendredi 5 juin 14h
Beethoven – Symphonie No. 5 (Vienne, 1808)
 
Samedi 6 juin 21h
Beethoven – Symphonie No. 6 « Pastorale » (Vienne, 1808)
 
Dimanche 7 juin 13h
Beethoven – Symphonie No. 7 (Vienne, 1813)

 

 

 

 
A propos de Brava, nouvelle chaîne de télé 100% classique
brava_hd_2014_logoBrava s’affirme par la qualité et la sélection des programmes de musique classique proposés ; la chaîne diffuse les meilleurs opéras, opérettes, ballets et concerts, 24 heures sur 24, en Full Native HD et en Dolby Digital Audio. Toutes les productions sont enregistrées dans les opéras et théâtres les plus célèbres du monde, dont la Royal Opera House de Londres, le Teatro Real de Madrid et La Scala de Milan. Brava est disponible 24 heures sur 24 et offre à ses téléspectateurs une place au premier rang de spectacles de premier ordre, avec les meilleurs musiciens et artistes au monde. Brava est une chaîne sans publicité dédiée totalement au meilleur du classique.

La chaîne internationale Brava peut être reçue par la plupart des téléspectateurs HD en France, où elle fait partie des bouquets d’Orange, Bouygues, SFR, Free/Alice, Canalsat et Numericable. Brava peut aussi être reçue aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne, en Turquie, au Portugal, en Slovaquie, en République tchèque, à Monaco, au Liban et dans plusieurs pays africains. Des informations supplémentaires sont disponibles sur www.bravahd.fr.