COMPTE-RENDU, concert. TOURS, Opéra, le 6 oct 2018. Concert DEBUSSY. Orch Symph. Région Cenre-Val de Loire / Tours. R. Houlihan.

HOULIHAN-RObert-maestro-chef-d-orchestre-concert-tours-review-compte-rendu-classiquenews-CLIC-de-decembre-Robert-Houlihan1-1COMPTE-RENDU, concert. TOURS, Grand Théâtre / Opéra, le 6 octobre 2018. DEBUSSY : Symphonie Pelléas, Printemps… Orch Symphonique Région Cenre-Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction. Il fallait être à Tours pour apprécier l’un des concerts Debussy parmi les mieux conçus et les plus passionnants à suivre en cette année commémorative du Centenaire Debussy 2018. Un cadeau d’autant plus apprécié que ce Centenaire est fêté à l’échelle nationale de façon bien timide… pour ne pas dire timorée de la part des programmateurs ; preuve que dans l’esprit et le cœur des mélomanes comme de la part du milieu des professionnels de la musique, Debussy rebute encore : trop difficile, trop raffiné ? C’est pourtant l’égal de Picasso : Debussy réalise en musique ce que Pablo a accompli en peinture : une révolution esthétique. Il a fait entrer la France et Paris, dans la modernité la plus insolente dès les années 1890… Et plus encore avec son ouvrage lyrique Pelléas et Mélisande créé en 1902. Debussy est un monstre sacré, créateur, novateur,… Tours honore cet héritage et souligne ce statut à part, grâce à un programme d’une exceptionnelle pertinence.

debussy jeuneLe chef et directeur de l’Opéra, Benjamin Pionnier, invite (pour la déjà troisième fois) le chef irlandais Robert Houlihan (2è Prix du Concours des chefs d’orchestre de Besançon 1981 dont le président du jury était l’inflexible Pierre Dervaux) ; Robert Houlihan peut à présent poursuivre un travail de fond avec les instrumentistes de l’Orchestre tourangeau ; le maestro irlandais qui parle très bien notre langue, confirme une règle désormais établie; ce sont souvent les anglo-saxons qui viennent en France nous (ré)enseigner l’amour des œuvres françaises. C’est vrai de Berlioz par un certain Colin Davis hier (aujourd’hui John Eliot Gardner) ; c’est encore vrai de Debussy, ce soir, dont la suite extraite de l’opéra Pelléas et Mélisande, (et conçue fort bien en « Symphonie » par Marius Constant), ainsi que « Printemps » (que jouait Boulez à Cleveland) sont à Tours révélés dans toute leur parure chromatique et dans leur force expressive …imprévue. Robert Houlihan nous offre un bain de jouissance symphonique dont il a désormais le secret avec ce goût et cette sincérité pour les œuvres françaises qu’il doit à son professeur George Hurst lequel a recueilli l’héritage de Pierre Monteux.
On ne peut guère rêver meilleure transmission, compréhension naturelle, accomplissement,… Les faits sont là et la direction qui se réalise ici parle pour l’évidente affinité du maestro avec les œuvres choisies. C’est que le chef réussit la gageure inscrite  dans l’écriture debussyste même : son activité instrumentale en surface, qui fait jaillir des timbres et des couleurs inédites en vagues et nimbes sonores éblouissants ; sa profonde cohésion architecturée qui soustend toute la mer d’accents et de nuances… entre détail et flux organique, microactivité et vue d’ensemble, la direction ne s’égare jamais ; tendue, vive, parfois véhémente, elle suit une trajectoire qu’il est passionnant d’écouter et de repérer pendant le concert.

 

 

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DÉTAIL ET ARCHITECTURE… C’est une réussite majeure à laquelle nous assistons ; Robert Houlihan veillant au relief de chaque timbre, à l’équilibre des pupitres, à la sonorité de l’ensemble malgré une grande disparité de couleurs comme d’effets, … autant de caractères, et défauts qui à l’époque même de Debussy, et ici pour « Printemps » (écrit en 1887), avait suscité le désaveu du jury destinataire de cet « envoi de Rome ». Incompris, maladroit, cet impressionnisme musical est-il si fumeux ou brumeux que cela ? C’est tout l’inverse en définitive car Robert Houlihan détaille, scrute chaque alliance de timbres avec un soin ciselé, une écoute magicienne qui sait aussi rétablir l’unité profonde et souterraine des séquences.

C’est donc vrai de « Printemps », œuvre de jeunesse que Henry Büsser a réorchestré (en 1908 ; créé en 1913) mais sans le métier du compositeur ; il en découle des disparités dans les annotations et indications agogiques souvent contradictoires. Voila pourquoi de grands chefs ont veillé particulièrement à résoudre les problèmes d’équilibre et de clarté des timbres, en abordant la partition. Robert Houlihan convainc de bout en bout, à travers les deux parties, par une sensibilité littéralement picturale, amoureux du détail comme grand architecte d’un développement parfaitement lisible.

 

 

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ÉLOGE DE LA COULEUR ET DU TIMBRE… C’est vrai aussi de la « Symphonie Pelléas » (conçue par Marus Constant en 1983) dont malgré le découpage arbitraire des extraits de l’opéra et l’assemblage parfois illogique qui en découle, la force expressive, l’élan structurel, la profondeur des climats intérieurs surgissent sous la baguette d’un maestro dramaturge et poète. Robert Houlihan insuffle à l’orchestre une quiétude enveloppante, des vapeurs sombres et mystérieuses ; une sauvagerie qui soutient l’apparent scintillement de surface. Plutôt que d’impressionnisme, il serait plus exact de parler d’illusionnisme car jamais la violence de Debussy qui sait mieux exprimer en définitive la jalousie maladive de Golaud que la passion juvénile de Pelléas pour Mélisande, ne s’est mieux dévoilée dans un concert. Le dramatisme brûlant que repère le chef et qu’il transmet à l’orchestre est percutant.
On aura vainement chercher les arabesques mélodiques si suaves et innocentes de Pelléas, auquel Debussy dans l’opéra réserve les plus beaux airs… en particulier le duo amoureux, enivré de la scène de la Tour (acte III); où le frère de Golaud s’emmêle, ardent, tendu par son désir, dans les longs cheveux de Mélisande ; elles ont moins inspiré Marius Constant dans son découpage que les stridences acides et douloureuses du Golaud, fou de rage et jaloux à en crever qui même torture Mélisande en l’empoigant par les cheveux (acte IV : « Absalon! En avant! en arrière! Jusqu’à terre! jusqu’à terre »). D’ailleurs l’unique opéra de Claude ne devrait-il pas s’appeler Golaud plutôt que Pelléas et Mélisande ? Constant architecture sa première partie en choisissant ce tableau orchestralement somptueux, suggestif et barbare pour le finale.

L’épaisseur et la matière du mystère se diffusent ensuite dans la mort de Mélisande quand contrairement à ce qui a précédé, c’est l’ascension de son âme, dans l’ombre qui s’efface peu à peu, au son des cloches qui sonnent hors scène, comme un glas… la tension concentre alors tout l’orchestre, dans une sonorité de plus en plus diaphane. Le MYSTÈRE jaillit. Et la musique qui exprime tout ce que les mots ne peuvent dire, atteint alors un moment de grâce d’une indicible intensité. Dans le silence. En quelques secondes, on passe de l’absolu solitude à l’évanescence la plus éthérée. Quel sens de la suggestion ; quel chef tout simplement. S’y révèlent, dans des effets de brumes harmoniques à la fois épaisses et aériennes, le souvenir évidemment de Wagner, que Debussy quoiqu’on en dise, a particulièrement assimilé et digéré : Tristan, Parsifal s’accordent à la matière symphonique de Pelléas. Passionnante expérience.

 

 

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PERLES COMPLÉMENTAIRES… Pertinent, le programme rappelle que c’est Fauré qui mit en musique le premier (avant Debussy), la pièce de théâtre Pelléas et Mélisande de Maeterlinck (1893), dès 1898… Ainsi jouée en ouverture du concert, sa suite Pelléas est abordée avec une profonde connaissance de l’écriture fauréenne, c’est à dire, avec infiniment d’élégance ; jamais maniérée ni décorative ; mais naturelle, coulante, fluide ; plus organique qu’objective… mais aussi âpre voire rugueuse et puissante avec accents et coups de semonce, comme dans la dernière séquence, celle de la mort de Mélisande, l’épisode le plus prenant ce soir après l’élégiaque et suave Sicilienne et sa mélodie déployée à la flûte. Du sombre et du tellurique il y en a bien, chez Fauré, dans l’appel des trompettes de plus en plus sourd et présent ; répétitif, obsédant. Et là encore la sensibilité du chef déploie une vision à la fois claire, transparente, précise, subtilement grave, onctueusement intérieure. Ce grave là avait été joué pour les funérailles de Fauré. C’est dire.

Complet et jouant la carte du sensualisme le plus révolutionnaire, le programme affichait aussi Prélude à l’après-midi d’un faune (1894), dont le développement s’émancipe du poème de Mallarmé, comme de son prétexte chorégraphique (dansé et chorégraphié par Nijinksi) pour atteindre à un sommet de musique pure, abstraite, plus sensorielle que cérébrale. Et sans la narration chorégraphique, libéré de sa contrainte scénique. Quoique. Le chef s’alanguit, souligne le poids naturel du silence, et dans le silence, il sait détacher puis déployer le fil continu qui s’écoule entre chaque séquence instrumentale, et qui rétablit la cohésion secrètement organique de la pièce. En son milieu , comme un emblème, l’unisson des 3 flûtes, au thème clé qui semble délivrer au centre de la pièce, le sens caché de tout l’édifice. On s’incline devant une telle intelligence interprétative. Superbe soirée, et de loin, le concert le plus captivant de ce centenaire Debussy 2018. De nouveaux rvs à l’Opéra de Tours sont prévus, la saison prochaine, sous la conduite de Robert Houlihan : à suivre évidemment.

 

 
 

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COMPTE-RENDU, concert. TOURS, Grand Théâtre / Opéra, le 6 octobre 2018. DEBUSSY : Symphonie Pelléas, Printemps… Orch Symphonique Région Cenre-Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction. Illustrations : Robert Houlihan à la tête de l’Orch Symph Région Centre-Val de Loire / Tours © Opéra de Tours 2018

 

Programme

Gabriel FAURÉ
Pelléas et Mélisande, suite Op.80

Claude DEBUSSY
Printemps, Suite symphonique

Prélude à l’après-midi d’un faune

Claude DEBUSSY | Marius CONSTANT
Pelléas et Mélisande – Symphonie (1983)

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours
Direction musicale : Robert Houlihan

 

 

 

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LIRE aussi TOURS, compte rendu critique, concert. Grand Théâtre, le 11 décembre 2016. Concert Shakespeare : Sullivan, Berlioz, Tchaikovski, Nicolaï, Sibelius, Dvorak. Orch Symphonique Région Centre Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction.

 

 

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TEASER. OPERA DE TOURS : création mondiale des Fées du Rhin de J OFFENBACH (1864)

offenbach-les-fees-opera-de-tous-annonce-presentation-crtiique-sur-classiquenewsTEASER. TOURS, Opéra. Offenbach : Les Fées. Les 28, 30 septembre, 2 oct 2018. Dans Les Fées, Offenbach dévoile déjà son génie de la mélodie, sa puissante inspiration, un talent de dramaturge qui sait traiter le genre “noble” du grand opéra, avec chœur omniprésent, duos amoureux, trios cyniques et diaboliques, confrontations multiples entre soldats crapuleux et villageois sans défense, sans omettre le ballet et aussi, sujet oblige, un tableau onirique et fantastique, surnaturel et magique (le Rocher des Elfes au III). La création de la version française (car Les fées n’ont jamais été jouées en France du vivant de l’auteur), est en soi un événement lyrique, réalisé par l’Opéra de Tours. L’ouvrage ainsi dévoilé, devrait révéler avant Les Contes d’Hoffmann, le talent d’un Offenbach déjà en 1864, passionné par la féerie, les mondes parallèles, humains et purement poétiques, d’une exceptionnelle intensité expressive… Il était temps de mesurer le génie d’Offenbach, hors des sempiternels opéras comiques qui se sont affirmés depuis au risque de le cataloguer dans un seul genre. © studio CLASSIQUENEWS 2018 – Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM

LIRE aussi notre COMPTE RENDU détaillé de la production (TOURS, Opéra. Le 28 sept 2018) :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-tours-opera-le-28-sept-2018-offenbach-les-fees-du-rhin-version-francais-originale-creation-mondiale-rousseau-pionnier/

VIDEO, reportage. OPERA DE TOURS : création mondiale des Fées du Rhin de J OFFENBACH (1864)

offenbach-les-fees-opera-de-tous-annonce-presentation-crtiique-sur-classiquenewsVIDEO, reportage. TOURS, Opéra. Offenbach : Les Fées. Les 28, 30 septembre, 2 oct 2018. Dans Les Fées, Offenbach dévoile déjà son génie de la mélodie, sa puissante inspiration, un talent de dramaturge qui sait traiter le genre “noble” du grand opéra, avec chœur omniprésent, duos amoureux, trios cyniques et diaboliques, confrontations multiples entre soldats crapuleux et villageois sans défense, sans omettre le ballet et aussi, sujet oblige, un tableau onirique et fantastique, surnaturel et magique (le Rocher des Elfes au III). La création de la version française (car Les fées n’ont jamais été jouées en France du vivant de l’auteur), est en soi un événement lyrique, réalisé par l’Opéra de Tours. L’ouvrage ainsi dévoilé, devrait révéler avant Les Contes d’Hoffmann, le talent d’un Offenbach déjà en 1864, passionné par la féerie, les mondes parallèles, humains et purement poétiques, d’une exceptionnelle intensité expressive… Il était temps de mesurer le génie d’Offenbach, hors des sempiternels opéras comiques qui se sont affirmés depuis au risque de le cataloguer dans un seul genre. REPORTAGE VIDEO, avec Benjamin Pionnier, directeur de l’Opéra de Tours et directeur musical ; Pierre-Emmanuel ROUSSEAU, metteur en scène… © studio CLASSIQUENEWS 2018 – Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM – durée : 12 mn : Tout savoir des Fées du Rhin de Jacques Offenbach : la présence de la Nature et du Fantastique, les Elfes, les deux personnages clés (Hedwig et Laura), l’écriture d’Offenbach…

LIRE aussi notre COMPTE RENDU détaillé de la production (TOURS, Opéra. Le 28 sept 2018) :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-tours-opera-le-28-sept-2018-offenbach-les-fees-du-rhin-version-francais-originale-creation-mondiale-rousseau-pionnier/

Compte rendu, critique, concert. Tours. Grand Théâtre, le 16 septembre 2016. Récital Annick Massis, soprano. Benjamin Pionnier, direction musicale.    

Retrouver la soprano française Annick Massis, c’est, au fil du temps, comme retrouver une amie dont la présence chaleureuse et régulière rythme nos escapades lyriques et qu’on est toujours heureux de revoir. C’est avec elle que le chef d’orchestre Benjamin Pionnier a choisi d’ouvrir son mandat à la tête de l’Opéra de Tours, et c’est à cette occasion qu’il dirige pour la première fois l’orchestre de la maison. Pari réussi, à en juger par l’accueil enthousiaste des spectateurs venus nombreux pour ce premier concert de la saison 16-17. L’orchestre répond idéalement à son nouveau directeur et fait valoir tout au long de la soirée la qualité de ses pupitres, notamment dans l’Intermezzo de Manon Lescaut et dans l’Ouverture de Semiramide, Benjamin Pionnier dirigeant ses troupes avec une énergie visible et sachant en faire briller les couleurs en évitant tout excès.

La soprano française Annick Massis a donné un récital mémorable à l’Opéra de Tours

Feu d’artifice lyrique en ouverture de la saison tourangelle

massis annick tours opera concert 16 septembre 2016A l’écoute des premiers accords ouvrant la Sinfonia de la Norma bellinienne, on craint pour l’équilibre acoustique de la soirée, tant les musiciens réunis sur la scène emplissent jusqu’à saturation l’espace finalement assez réduit du théâtre tourangeau. Mais dès morceau suivant, la balance sonore se fait entre voix et orchestre, dans des proportions idéales. Un morceau à la valeur hautement symbolique, puisqu’il s’agit de la célèbre prière de Norma « Casta Diva » et que la date du concert coïncide avec le 39e anniversaire de la mort de Maria Callas, à laquelle Annick Massis tenait à rendre hommage durant ce récital. Une prière interprétée avec une belle pudeur par la soprano française, malgré un trac palpable durant les premières phrases mais vite dissipé dès que l’instrument monte et s’envole vers ses meilleures notes. Toujours Bellini avec la scène de Giulietta, que la chanteuse fait sienne avec une évidence confondante, tant le personnage existe dès les premiers mots et la musique semble couler toute seule dans sa voix. Le récitatif se voit ainsi déclamé avec une précision de haute école, et l’air, chanté tout entier dans une mezza voce suspendue, se déploie lentement le long d’un legato admirablement déroulé.
Le programme se poursuit en compagnie du personnage de Juliette, cette fois celle peinte par Gounod. Le redoutable air du Poison témoigne, ainsi qu’à Liège voilà trois ans, de l’évolution de la vocalité de la soprano et du champ des possibles qu’ouvre cette lente maturation de l’instrument. La voix s’est étoffée sans perdre la riche insolence de son aigu et le grave, totalement ouvert, sonne pleinement, percutant et fier. Quant à la Valse, elle clôt la première partie d’une façon aussi virtuose qu’apparemment facile, vocalises déliée et aigus crânement lancés.
Traviata for ever… Une fois l’entracte passé, Annick Massis renoue avec l’un de ses rôles de prédilection. Dès les premières notes du violon, la chanteuse semble disparaître, et c’est le personnage de Violetta Valéry qui se dresse devant nous, résignée mais toujours altière. Les mots de la lettre sont dits simplement mais avec une sincérité bouleversante, et ce « È tardi », si souvent crié à la face du monde par nombre de cantatrices, et ici énoncé comme une évidence déjà acceptée. Dans l’air qui suit, si souvent entendu au gré des scènes, la soprano française propose une progression dramatique aussi originale que personnelle, et qui justifie pleinement le rétablissement du second couplet. Ainsi, sa dévoyée, d’un couplet à l’autre, passe de la tristesse amère à la révolte, animée par un farouche désir de vivre qu’elle défendra jusqu’au bout, prenant à témoin les spectateurs de son combat contre la mort. Une vision admirablement servie vocalement, riche de couleurs et de nuances, phrasé archet à la corde, du très grand art.
Davantage de légèreté avec la scène du Cours-la-Reine de la Manon de Massenet, dont la coquetterie est rendue avec une malice coupable par la soprano. L’écriture du rôle lui va évidemment comme un gant, et si le contre-ré clôturant le récitatif se révèle un peu court, celui couronnant l’air est atteint glorieusement et longuement tenu, à la grande satisfaction de la chanteuse… et la nôtre, comme un pari réussi.
Et pour refermer ce programme franco-italien, l’un des défis dans lesquels se lance Annick Massis dans les semaines à venir : le rôle de Maria Stuarda, qui sera la première incursion de la chanteuse parmi les grandes reines donizettiennes, et la confirmation éclatante de l’évolution vocale que nous évoquions plus haut. La confrontation complète entre la reine d’Ecosse et la soprano aura lieu dans un peu plus d’un mois en version de concert sur la scène de l’Opéra de Marseille, ce récital permettait ainsi un premier rodage de la scène ouvrant l’acte II.
Force est de constater que tout fonctionne à merveille et que la prise de rôle prochaine promet d’être un très beau succès. La cavatine déploie superbement sa ligne, et la cabalette, rageuse, se révèle électrisante, pleinement assumée jusque dans les sauts de registres, les variations dans la reprise, et un contre-ré fièrement dardé qui achève de soulever la salle.
Le public est en liesse et en redemande : « avec ce qui reste, on va faire le maximum » répond la chanteuse. Ce sera rien moins que la cabalette finale « Ah non giunge » extraite de la Sonnambula de Bellini, l’un de ses chevaux de bataille. On n’oubliera pas de sitôt cette image de la soprano se retournant vers l’orchestre durant le pont instrumental qui prépare la reprise, comme pour se gorger de l’énergie dégagée par les musiciens, avant de refaire face au public dans un contre-mi bémol sidérant, attaqué de front, qui éblouit littéralement par sa richesse harmonique et remplit toute la salle.
Les spectateurs exultent et rappellent longuement Annick Massis qui paraît soulagée par ce succès. Ultime rappel : la Pastorella dell’Alpi écrite par Rossini, petit bijou d’humour imitant la tyrolienne et que la soprano chante avec une gourmandise non dissimulée, osant un grave inattendu qui fait éclater de rire toute la salle, avant de remonter pour clore l’air sur un contre-ré bémol déconcertant de facilité, impérial.
Un vrai moment de bonheur, servi par une chanteuse terriblement attachante, qu’on aime à suivre, et qu’on espère retrouver bientôt.

Tours. Grand Théâtre, 16 septembre 2016. Vincenzo Bellini : Norma, Sinfonia ; “Casta diva”. I Capuleti e i Montecchi, “Eccomi in lieta vesta… O quante volte”. Adelson e Salvini,  Sinfonia. Charles Gounod : Roméo et Juliette, Entracte de l’acte II ; “Dieu quel frisson… Amour, ranime mon courage” ; Le Sommeil de Juliette, Acte V ; “Je veux vivre” ; Giuseppe Verdi : I Vespri siciliani, Sinfonia ; La Traviata, “Teneste la promessa… Addio del passato”. Giacomo Puccini : Manon Lescaut, Intermezzo. Jules Massenet : Manon, “Suis-je gentille ainsi ?”. Gioachino Rossini : Semiramide, Ouverture. Gaetano Donizetti : Maria Stuarda, “Oh nube che lieve… Nella pace del mesto riposo”. Annick Massis. Orchestre Symphonique Région Centre-Tours. Benjamin Pionnier, direction musicale

Lucia di Lammermoor à Tours

TOURS, Opéra. Donizetti : Lucia di Lammermoor, les 7, 9 et 11 octobre 2016. En adaptant pour Donizetti en 1835, le roman de Walter Scott, Salvatore Cammarano souligne l’impuissance tragique d’une fille pourtant bien née… elle est noble en son château, mais orpheline et sans le sou.

 

 

 

TOURS : Lucia de Lammermoor, les 7, 9, 11 octobre 2016

Le supplice de Lady Jane Grey par le peintre Hippolyte Paul Delaroche, 1834.

 

 

donizetti-687Lucia pourrait être une histoire parallèle au Roméo et Juliette de Shakespeare, l’une de ses possibles « variations » : il y est question comme dans le drama médiéval d’une rivalité entre deux clans, les Ashton et les Ravenswood. Et dans ce conflit qui détruit les familles, de l’amour qui unit pourtant deux de ses membres : Lucia Ashton aime passionnément Eduardo Ravenswood. Mais le frère de Lucia, Lord Enrico Ashton fait savoir dès la première scène qu’il décide du sort de sa soeur et la promet à un riche mariage, – avec Arturo Bucklaw, pour redorer le blason familial (et empocher les fruits de la dote). Les quiproquos malheureux (rendus possible par une étonnante passivité aveugle d’eduardo), précipite le sort de Lucia pourtant constante et loyale dans ses sentiments : si elle épouse forcée, Arturo, elle le tue le soir des noces, puis devenue folle, se tue, entrainant le suicide d’eduardo. Tragédie inéluctable des amants sur terre : les cœurs purs ne sont pas de ce monde. Le dernier et troisième acte de Lucia est le plus spectaculaire : la scène de folie, écrin à vocalises, permet à la seule figure vraiment développée du drame lyrique, Lucia sacrifiée, de développer sa langueur mortifère. Donizetti cisèle la langue du bel canto le plus suave et délicat, sur le livret de Cammarano particulièrement efficace et simple, dans lequel le trio infernal de l’opéra italien romantique : baryton noir voire sadique (Enrico le frère), ténor ardent angélique (Edgardo l’amant écarté), soprano éclatant sacrificiel (Lucia) se fixe définitivement.

 

 

 

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Lucia di Lammermoor de Donizetti à l’Opéra de Tours

Opéra séria en trois actes
Livret de Salvatore Cammarano
Création le 26 septembre 1835 à Naples

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scène : Frédéric Bélier-Garcia
Décors : Jacques Gabel
Costumes : Katia Duflot
Lumières : Roberto Venturi

Lucia : Désirée Rancatore
Edgardo : Jean-François Borras
Enrico : Jean-Luc Ballestra
Raimondo : Wojtek Smilek
Arturo : Mark van Arsdale
Alisa : Valentine Lemercier
Normanno : Enguerrand de Hys

Choeurs de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours
Coproduction Opéra de Marseille & Opéra de Lausanne

 

 

Récital exceptionnel Annick Massis à Tours

massis-annick-soprano-coloratoure-recital-opera-classiquenewsTOURS, Opéra. Récital Annick Massis, vendredi 16 septembre 2016, 20h. Coloratoure exceptionnelle, la soprano Annick Massis est l’une des rares cantatrices française à maîtriser autant le bel canto italien (Rossini impeccables et de grand style ; Bellini murmuré, précis, enivré) que les grands rôles du romantisme française (Gounod, Massenet). Avec Véronique Gens, nous tenons les chanteuses soucieuses d’articulation comme de justesse expressive. A Tours, avec la complicité de l’orchestre maison, la diva française ouvre la nouvelle saison de façon magistrale par ce récital lyrique incontournable : elle rend hommage aux maîtres de l’opéra romantique français et italien, en un chant raffiné, aux phrasés spécifiques d’une grande diseuse, à la ligne vocale au souffle maîtrisé…
De Norma (Bellini), Annick Massis exprime l’ineffable air de la prêtresse gauloise (comme Velléda) amoureuse d’un romain mais trahie par lui… air à la lune qui recueille ses espoirs perdus mais reste porté par sa force morale intacte (casta diva) ; puis, la soprano est Juliette (Gounod) : ardente et passionnée, d’une juvénilité conquérante malgré la tragédie qui l’emporte. De Verdi, voici Violetta Valéry, défaite, déchirante au II (Addio del passato), où la courtisane qui a trouvé le pur amour, doit renoncer à tout bonheur… Enfin, Annick Massis choisit l’air le plus pyrotechnique qui soit de l’opéra français fin de siècle (air du Cours la Reine de Manon de Massenet, air de triomphe marqué par l’insouciance de la jeunesse) enfin la diva française ressuscite la dignité tragique de Maria Stuarda (Donizetti). Récital ambitieux mais passionnant par l’une de nos plus grandes chanteuses actuelles.

Oeuvres de Donizetti, Bellini, Rossini, Massenet, Gounod, Debussy. L’orchestre de l’Opéra (Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours) est dirigé par le nouveau directeur du Théâtre de Tours, Benjamin Pionnier.

tours-opera-orchestre-grand-theatre-benjamin-pionnier-saison-2016-2017-clic-de-clasiquenewsOpéra de Tours
Récital de la soprano Annick Massis
Vendredi 16 septembre 2016, 20h
RESERVEZ

Programme

• Vincenzo Bellini :
- Norma :
- Ouverture
- Casta Diva
- Capuleti e Montecchi. Eccomi… o quante volte
- Adelson e Salvini – Sinfonia

• Charles Gounod : Roméo et Juliette
- Entr’acte de l’acte II
- Air du poison : Dieu quel frisson
- Le Sommeil de Juliette
- Valse de Juliette : Je veux vivre.

• Giuseppe Verdi :
- I Vespri Siciliani – Sinfonia
- La Traviata : Addio del passato

Giacomo Puccini : Manon Lescaut : Intermezzo

Jules Massenet : Manon : Le Cours la Reine

Gioachino Rossini : Ouverture de Semiramide

• Gaetano Donizetti :  Maria Stuarda : Oh, nube, che lieve

Lucia di Lammermoor à Tours

Mai et juin 2014 : printemps Donizetti !TOURS, Opéra. Lucia di Lammermoor : 7,9,11 octobre 2016. Le sommet belcantiste de Donizetti de 1835 investit l’Opéra de Tours pour 3 dates incontournables. Sur un livret de Salvatore Cammarano, l’action expose la figure sacrifiée de Lucia Ashton, mariée contre son gré par son frère Enrico, alors que le jeune femme palpite plutôt pour Edgardo, hélas membre de la famille ennemie des Ashton. Ravenswood, Ashton … voilà une nouvelle guerre dynastique qui rappelle Capulets contre Montaigus, ici et là, c’est le coeur pur de deux amants sincères qui est broyé pour sauvegarder l’immoralisme de guerres fratricides. Ainsi Lucia épousée malgré elle par Arturo Bucklaw, sombre dans la dépression et la folie ; tue son mari non désiré et meurt dans une fabuleuse scène de folie éveillée au III. Comme pour Elvira des Puritains de Bellini (créé aussi en 1835), toutes les divas belcantistes dignes de ce nom se confrontent tôt ou tard à ce rôle nécessitant tendresse, intensité, incandescence incarnées par une vocalità virtuose et flexible aux phrasés filigranés. Hier, Joan Sutherland, aujourd’hui la sud africaine Pretty Yende, irradiante irrésistible par son feu juvénile et acrobatique, confirmé dans un superbe cd nouvellement paru (A Journey / Pretty Yende, édité en septembre 2016, CLIC de CLASSIQUENEWS)… chaque cantatrice colore par leur timbre spécifique et leur agilité mesurée, le profil tragique de Lucia. Pour réussir ce Donizetti, arbitre du bon goût belcantiste – alliant raffinement, expressivité, élégance et noblesse, il faut un orchestre et des solistes de premier plan. Qu’en sera-t-il à Tours en octobre 2016 ?

 

 

 

Lucia di Lammermoor à l’Opéra de TOURS, Opéra séria en trois actes
Livret de Salvatore Cammarano
Création le 26 septembre 1835 à Naples

Coproduction Opéra de Marseille & Opéra de Lausanne

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scène : Frédéric Bélier-Garcia
Décors : Jacques Gabel
Costumes : Katia Duflot
Lumières : Roberto Venturi

Lucia : Désirée Rancatore
Edgardo : Jean-François Borras
Enrico : Jean-Luc Ballestra
Raimondo : Wojtek Smilek
Arturo : Mark van Arsdale
Alisa : Valentine Lemercier
Normanno : Enguerrand de Hys

Choeurs de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

Vendredi 7 octobre 2016 – 20h
Dimanche 9 octobre – 15h
Mardi 11 octobre – 20h

16,50 € – 19,50 € – 33 € – 59 € – 72 €
Tarif réduit accordé sur présentation d’un justificatif valide.

 

 

Conférence / Introduction à l’opéra Lucia di Lammermoor
Samedi 1er octobre – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

 

Infos, réservations, présentation sur le site de l’Opéra de Tours

Opéra de Tours, nouvelle saison lyrique 2016 – 2017

tours-opera-orchestre-saison-2016-2017-vignette-475Opéra de Tours, saison lyrique 2016 – 2017. Présentation générale et temps forts de la saison opéra à Tours sous la conduite de son nouveau directeur, le chef d’orchestre, Benjamin Pionnier. Si l’on voulait dégager une ligne artistique principale, la nouvelle saison lyrique tourangelle met l’accent sur les grandes amoureuses tragiques et passionnées, telle Lucia, Tosca, Russalka, sans omettre la délicieuse Lakmé. C’est de toute évidence, l’affirmation au Grand Théâtre de Tours, du répertoire autant lyrique que symphonique, car ici, Puccini, Dvorak, ou Delibes affirment, chacun idéalement, un sens de la couleur et des atmosphères phénoménal. Pour servir ces choix prometteurs, l’Opéra accueille quelques grandes divas de l’heure, sans omettre la coopération toujours active de l’orchestre maison, l’OSRCVLT – Orchestre symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours, invité à défendre des partitions orchestralement passionnantes…

Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'Opéra de ToursPas moins de 7 propositions lyriques à venir en 2016 – 2017, à partir de septembre 2016 à l’Opéra de Tours qui propose ainsi, d’abord en ouverture de saison nouvelle, un somptueux récital lyrique mettant en avant l’une des divas françaises les plus bouleversantes de l’heure (et ces dernières années étrangement absente du paysage hexagonal), la soprano coloratoure Annick Massis. L’équipe de Classiquenews se souvient de son éblouissante Traviata à Liège (VOIR notre reportage vidéo exclusif) : incandescence des phrasés d’une finesse absolue, technicité coloratoure parfaite, surtout instinct et style vocal d’une irréprochable vérité : des qualités aussi exceptionnelles que rares qui font de “La Massis”, l’une des dernières divas belcantistes de notre siècle avec … Edita Gruberova. La diva a tout aujourd’hui pour convaincre et éblouir et c’est un récital événement qui se profile ainsi à Tours, le vendredi 16 septembre 2016, 20h (Airs d’opéras de Donizzetti, Bellini, Rossini, Massenet, Debussy… sous la direction de Benjamin Pionnier).

Puis en octobre 2016, pleins feux sur le chant bel cantiste de Donizetti avec Lucia di Lammermoor, sommet du romantisme italien, créé à Naples en septembre 1835. Désirée Rancatore et Jean François Borras chantent le couple éprouvé, tragique des amants magnifiques Lucia et Edgardo. Lucia appartient bien à cette généaolgie de jeunes femmes sacrifiées, qui contrainte par les hommes de son clan, assassine l’époux qui lui a été imposé, le soir de ses noces, puis paraît ensanglantée, en proie à un délire destructeur, folle, ivre, détruite… Les 7, 9 et 1 octobre 2016 (Benjamin Pionnier, direction / Frédéric Bélier-Garcia, mise en scène).

Pour les fêtes de fin d’année 2016 – (le 31 décembre à 19h), rien ne vaut la grâce et l’élégance de l’opérette viennoise, celle de Franz Lehar : Au Pays du sourire, comédie alliant profondeur, nostalgie, insouciance, créée à Berlin à la veille de la barbarie nazie, le 29 octobre 1929. L’exotisme du sujet dessine une rencontre amoureuse prise entre salons viennois et traditions pékinoises… L’ouvrage affirme une pure séduction mélodique grâce à plusieurs numéros devenus des tubes : “Je t’ai donne mon cœur”, “Prendre le thé à deux”… Nouvelle production, avec Gabrielle Philiponet et Sébastien Droy (Lisa et Prince Sou-Chong) entre autres, sous la direction de Sébastien Rouland.

2017

L’Opéra de Tours a toujours su favoriser les perles oubliées ou relativement jouées du romantisme français… pari confirmé début 2017 avec un sommet d’orientalisme suave et mélodiquement irrésistible : Lakmé, créé à Paris le 14 avril 1883, de Léo Delibes. Que deviendra la fille du Brahmane, éprise du bel officier anglais ? Comment pèse ici encore le poids des traditions et des cultures différentes ? L’ouvrage exige dans le rôle titre une jeune soprano coloratoure de premier plan (récemment Sabine Devielhe). A Tours, sous la direction de Benjamin Pionnier, c’est Jodie Devos qui relèvera ce défi vocal, aux côtés du ténor Julian Dran dans le rôle de l’anglais Gérald… sans omettre la participation de Vincent Le Texier (Nilakhanta) Les 27, 29, 31 janvier 2016. A ne pas manquer la série de “complicités”, événements culturels et musicaux au thème proche, comme par exemple : “Les nuits de Jaipur” par Doulce Mémoire et Denis Raisin Dadre, le 19 janvier à 20h ; ou précédemment, au Musée des Beaux-Arts, la lecture conférence “Delacroix orientaliste le 28 janvier à 16h… Visiblement la confrontation / fascination Orient, Occident inspire l’Opéra de Tours.

En mars 2017, la scène tourangelle affiche une comédie musicale signée Mitch Leigh, créée au Goodspeed Opera House en juin 1965 : L’homme de la Mancha, première à l’Opéra de Tours. Jean-LOuis Grinda qui vient d’arriver aux Chorégies d’Orange signe la mise en scène ; Didier Benetti, assure la direction musicale, avec dans le rôle-titre : Nicolas Cavallier (Don Quichotte et Cervantes), Raphael Brémard (Sancho Pancha), Estelle Danière (Dulcinée)… Ce Don Quichotte enamouré, ivre de sa passion inacessible aurait pu s’appeler aussi “l’Homme des étoiles”…
Les 24, 25 et 26 mars 2016.

Volet lyrique tragique et hautement orchestral pour quatre dates d’avril 2017 (les 21, 23, 25 et 27 avril) avec Tosca de Puccini (créé à Rome, la ville où se passe l’action même, le 14 janvier 1900). Chanteuse passionnée, Floria Tosca aime passionnément le libertaire et bonapartiste peintre Mario Cavaradossi : mais le couple amoureux s’oppose au cruel et jaloux préfet de la police de Rome, le monarchiste pervers, Scarpia. Inspiré de la pièce de Victorien Sardou, Tosca de Puccini est un sommet de l’opéra italien au début du siècle, d’une violence et d’une tendresse spectaculaire. Dans le trio captivant, trois chanteurs à suivre à Tours : Maria Katzarava (Tosca), Angelo Villari (Mario), et Valdis Jansons (Scarpia). Ne manquez pas outre la prière à la Vierge de Tosca (le fameux Vissi d’amore, vissi d’arte…), le finale du premier acte où Scarpia démiurge à l’église, conduit la foule des adorateurs, clergé, fidèle, soldats… Un tableau irrésistible qui exige du chef, de l’orchestre, des solistes et des chœurs, une parfaite mise en place… Benjamin Pionnier, direction musicale. Pier-Francesco Maestrini, mise en scène.

Pour conclure sa saison 2016 – 2017, l’Opéra de Tours affiche en mai 2017 une autre amoureuse magnifique et tragique du début du XXè : Russalka d’Anton Dvorak (créé à Prague le 31 mars 1901). Ce sommet de l’opéra en langue tchèque, véritable immersion dans la féerie aquatique et fantastique, est portée par le chef Kaspar Zehner et la mise en scène de Dieter Kaegi. Dans le rôle-titre, Nathalie Manfrino, qui relève les défis de la langue de Dvorak. A ses côtés : Johannes Chum (le Prince), Michail Schelomianski (Ondin), Isabelle Cals (la princesse étrangère). Là encore il est question comme pour Lucia, d’une amoureuse capable du sacrifice ultime. La nymphe des eaux Russalka renonce à sa nature et à son identité première pour aimer le beau prince inconnu qui se baigne dans le lac… mais après quelques avatars, la jeune amoureuse doit perdre le seul être qui comptait. Les 17, 19 et 21 mai 2017.

 

 

Toutes les productions lyriques sont réalisés avec le concours de
l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours,
des Choeurs de l’Opéra de Tours.

 

 

 

Bonus / nouveautés : l’Opéra de Tours poursuit ses conférences présentant les ouvrages lyriques avant chaque série de représentations, mais aussi élargit ses propositions en intégrant de nouveaux spectacles, lectures, conférence : les “complicités“… le Grand Théâtre organise en partenariat avec le musée des Beaux-Arts de Tours et le Conservatoire par exemple…, des événements au sujet complémentaire avec les soirées lyriques présentées au Grand Théâtre. Consultez le site de l’Opéra de Tours pour identifier les propositions qui vous inspirent selon chaque ouvrage lyrique de la nouvelle saison 2016 – 2017.

 

 

 

Saison lyrique 2016 – 2017 de l’Opéra de Tours
AGENDA : 1 récital majeur / 6 opéras

Ouverture de saison : récital lyrique Annick Massis
Vendredi 16 septembre 2016, 20h
Réservez

Donizetti : Lucia di Lammermoor
Les 7, 9 et 11 octobre 2016
Réservez

Franz Lehar : Le Pays du sourire
Les 24, 28, 30 et 31 décembre 2016
Réservez

Lakmé de Léo Delibes
Les 27, 29, 31 janvier 2017
Réservez

L’Homme de la Mancha de Mitch Leigh, 1965, première à Tours
Les 24, 25 et 26 mars 2017
Réservez

Tosca de Puccini
Les 21, 23, 25 et 27 avril 2017
Réservez

Russalka d’Anton Dvorak
Les 17, 19 et 21 mai 2017
Réservez

 

 

 

Informations, réservations sur le site de l’Opéra de Tours
Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h00 à 12h00 / 13h00 à 17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

 

 

Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'Opéra de Tours

 

Le chef d’orchestre Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l’Opéra de Tours

tours-opera-orchestre-saison-2016-2017-vignette-475

Eugène Onéguine à l’Opéra de Tours

tchaikovsky piotr illytchTOURS, Opéra. Tchaikovski: Eugène Onéguine, les 11, 13 et 15 mai 2016. Une nouvelle tragique de Pouchkine, quintessence du romantisme russe, inspire Tchaïkovski pour composer un opéra âpre, vrai théâtre psychologique dont les thèmes sont l’impuissance, la fatalité, la force d’un destin maudit… en l’occurrence celui d’Eugène : noble aigri, victime de l’amour qui pour se préserver préfère renoncer à tout amour;  aussi quand celui ci prend les traits de la belle et jeune Tatiana, le bourreau feint une indifférence qui approche le mépris : même la sublime déclaration écrite que la jeune femme adresse à celui qui lui a ravi le coeur, n’y fait rien et l’homme se mure définitivement dans la solitude. .. Pourtant des années après, Tatiana devenue princesse rayonne et séduit Eugène qui cette fois, ne pouvant résister, s’enflamme, avoue sa passion. …mais décalage et erreur de synchronicité, il est trop tard : si Tatiana aime toujours Onéguine, elle restera fidèle à son époux.

OPERA : Eugène Onéguine saisissant à l'Opéra de Tours

La production mise en scène par Alain Garichot cisèle chaque profile psychologique en une épure finale qui atteint la sobre et très intense épure sentimentale. On avait découvert cette réalisation sur la scène d’Angers Nantes Opéra (mai 2015) : action brûlée,  voix passionnées  alors. Un grand moment de vérité tragique loin des visions trop décalées ou théatreuses, c’est à dire trop peu respectueuse de la musique. Fidèle à sa manière Alain Garichot respecte l’intelligibilité des situations émotionnelles, leur pure et claire implosion dans l’explicite. Sur scène, il n’est pas d’équivalent à l’intensité cynique barbare des passions conçues par Piotr Illiytch.

Eugène Onéguine à l’Opéra de Tours
Scènes lyriques en trois actes
Livret du compositeur, d’après Pouchkine
Création le 29 mars 1879 à Moscou

Mercredi 11 mai 2016 – 20h
Vendredi 13 mai 2016 – 20h
Dimanche 15 mai 2016 – 15h

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Alain Garichot

Tatiana : Gelena Gaskarova *
Olga : Aude Extrémo
Madame Larina :Cécile Galois
Filipievna : Nona Javakhidze
Eugène Onéguine : Jean-Sébastien Bou
Lenski : Sébastien Droy
Prince Grémine :Grigory Soloviov *
Monsieur Triquet :Loïc Félix *
Zaretski : Jean-Vincent Blot *

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires

Présenté en russe, surtitré en français
* débuts à l’Opéra de Tours

Réservations / informations
02.47.60.20.00
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h à 12h / 13h à 17h45
Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

LIRE notre critique complète de la production d’EUGENE ONEGUINE de Tchaikovski présenté en mai et juin 2015 par Angers Nantes Opéra

Tout un monde lointain de Dutilleux à l’Opéra de Tours

dutilleux henriTOURS, Opéra. Dutilleux, Beethoven. Les 2 et 3 avril 2016. Jean-Yves Ossonce dirige l’orchestre maison dans deux partitions ambitieuses ; l’une célébrant la mémoire et le legs musical d’Henri Dutilleux dont 2016 marque le centenaire ; la seconde, honorant le génie révolutionnaire beethovénien. Créé à Aix en 1970, Tout un monde lointain nécessite la présence virtuose, introspective d’un violoncelliste (à Tours, l’Opéra a convié Xavier Phillips). La partition est emblématique de l’écriture d’Henri Dutilleux : suggestive, soucieuse de climats atmosphériques comme d’allusions littéraires et surtout poétiques (Les Fleurs du mal de Baudelaire); Evidemment il faut réécouter l’enregistrement du Concerto par le soliste dédicataire, Rostropovitch (Erato Warner classics, 1974 avec l’Orchestre de Paris et Serge Baudo). 5 mouvements comme s’il était conçu comme un poème musical, d’Enigme à Hymne : tout ici cite les brumes énigmatiques en effet dans l’esprit du Pelléas de Debussy où le chant du violoncelle prend l’auditeur par la main et le conduit dans des chemins de traverse aux contours et horizons indécis, mystérieux, palpitants, portes entrouvertes vers un inconnu qui se dérobe. Intense et poétique, c’est à dire filigrané jusque dans son dernier repli murmuré et tout d’un coup évanescent, le violoncelle disparaît en gardant tous ses secrets. Amateur du mystère et des filiations poétiques à peine voilées, Dutilleux cultive l’énigme. Au spectateur d’en déceler le parcours vers la lumière, l’élucidation finale.

 

 

 

Opéra de Tours, concert

Henri Dutilleux : Tout un monde lointain
(Xavier Phillips, violoncelle)
Beethoven : Symphonie n°3 “Eroica” opus 55

Orchestre Région Centre-Val de Loire Tours
Jean-Yves Ossonce, direction

Samedi 2 avril 2016, 20h
Dimanche 3 avril 2016, 17h

 

 

Aprofondir
LIRE notre présentation / dossier de la Symphonie EROICA n°3 de Beethoven
LIRE notre dossier spécial Centenaire Henri Dutilleux 2016

 

 

 

Duo Beydts / Bernstein à l’Opéra de Tours

guitry sacha yvonne printemps 019-yvonne-printemps-and-sacha-guitry-theredlistTOURS, Opéra. Doublé Beydts / Bernstein : 25, 27 et 29 mars 2016. L’Opéra de Tours en cette ultime saison lyrique que dirige in poco le chef-directeur Jean-Yves Ossonce, joue la carte de l’insouciance apparente, pourtant portée par une gravité souterraine qui défend sous le masque de la comédie, une profondeur bouleversante. Subtilité, évanescence : voilà l’équation qui donne sa cohérence à cette nouvelle production événement. Au programme deux pièces lyriques à ne pas manquer : La Société anonyme des messieurs prudents ou SADMP, joyau bouffe en un acte signé Louis Beydts d’après le livret de Sacha Guitry et créé à Paris en 1931. Puis, Trouble in Tahiti de Leonard Bernstein, également en un seul acte unique, créé à Waltham en juin 1952. Pour unifier le diptyque, c’est la metteur en scène déjà appréciée ici même et dans une autre production double (associant La voix humaine de Pulenc et L’Heure espagnole de Ravel), Catherine Dune qui rétablit l’action théâtrale tout en cultivant aussi la poésie et l’humour. Guitry imagine 4 soupirants, désormais associés en sarl pour couvrir de cadeaux « Elle », leur chère idolâtrée, au prorata de leur investissement. A la création, Guitry avait créé le rôle d’Agénor, et sa partenaire, Yvonne Printemps était « Elle ». L’ouvrage incarne les délices d’un drame savoureux, plein d’esprit, propre aux années 1930. Une bouffée d’insouciance au bord du précipice  à venir…

bernstein Leonard_Bernstein_by_Jack_MitchellDans Trouble in Tahiti, Bernstein analyse avec l’acuité musicale qui lui est propre, les vertiges artificiels de la classe moyenne américaine, à travers un petit couple, très petit bourgeois, très convenable, et pourtant si dérisoire… décrit par 3 commentateurs (trio mâle et délirant). 5 années avant West Side Story, tout le Bernstein, génie du musical, s’affirme dès 1952 : suavité mélodique, parodie et satire à peine voilée, emporté par un swing irrésistible et une orchestration d’une finesse éblouissante. Nouvelle production incontournable.

Diptyque Beydts / Bernstein à l’Opéra de Tours
Vendredi 25 mars – 20h
Dimanche 27 mars – 15h
Mardi 29 mars – 20h

 

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h00 à 12h00 / 13h00 à 17h45
02.47.60.20.20

theatre-billetterie@ville-tours.fr

LA SOCIÉTÉ ANONYME DES MESSIEURS PRUDENTS
Opéra bouffe en un acte de Louis Beydts
Livret de Sacha Guitry
Création le 3 novembre 1931 à Paris

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
Décors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
Lumières : Marc Delamézière

Elle : Sophie Marin-Degor
Henri Morin : Laurent Deleuil *
Un gros commerçant : Antoine Normand
Un grand industriel : Lionel Peintre
Le Comte Agénor de Szchwyzki : Jean-Marie Frémeau

Présenté en français, surtitré en français

TROUBLE IN TAHITI
Opéra en un acte de Léonard Bernstein
Musique et Livret du compositeur
New Reduced Version – Garth Sunderland
Création le 12 juin 1952 à Waltham

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
Décors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
Lumières : Marc Delamézière

Dinah : Sophie Marin-Degor
Sam : Laurent Deleuil *
Le trio : Pascale Sicaud Beauchesnais – Lionel Peintre – Antoine Normand

Présenté en anglais, surtitré en français

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours

Toutes les infos et les modalités de réservation sur le site de l’Opéra de Tours

REPORTAGE VIDEO : L’Enlèvement au Sérail de Mozart à l’Opéra de Tours (février-mars 2016)

Nouvel Enlèvement au sérail de Mozart à l'Opéra de ToursTOURS, Opéra. L’enlèvement au sérail, les 26, 28 février puis 1er mars 2016. Quand Mozart joue à l’orientaliste, il n’est jamais étranger aux Lumières de la fraternité et de l’amour… La nouvelle production de l’Enlèvement au sérail de Mozart présentée par l’Opéra de Tours convainc par sa grande cohérence dramatique et visuelle, conçue par l’acteur Tom Ryser qui incarne le Pacha Selim et aussi réalise la mise en scène. En restituant l’humanité profonde du musulman, sa blessure secrète, intime dès la première scène d’ouverture, la justesse des sentiments qui s’affirme de tableaux en tableaux, outre leur apparente et réelle facétie, rend justice à un Mozart, humaniste, fraternel, amoureux. Un cœur épris d’une saisissante humanité. Le plateau vocal très solide où rayonne l’assurance d’une mozartienne plus que confirmée : Cornelia Götz en Konstanze, rétablit cet amour de Wolfgang pour le pur jeu théâtral, la comédie en musique où le drame, complet, tendre et profond, renouvelle alors la forme même de l’opéra : ni seria tragique et pontifiant ; ni buffa, comique et creux, mais les deux à la fois, c’est à dire “singspiel”, nouveau cadre lyrique voulu par l’Empereur Joseph II en 1782, où le personnage central, moteur est un rôle parlé ; où le duo des serviteurs (Pedrillo et Blonde), facétieux, subtils, est remarquablement traité par le compositeur qui creuse avec bénéfice son contraste avec le geôlier, bourreau barbare et sadique, Osmin (excellente basse Patrick Simper, lui aussi un habitué du rôle). Un vrai régal scéniquement et musicalement réussi car en fosse, un orfèvre de la baguette enjouée et dramatiquement ciselé opère, Thomas Rösner (dont on avait tant aimé la finesse de son Lucio Silla, opéra également de Mozart, pour Angers Nantes opéra). L’Enlèvement au sérail de Mozart à l’Opéra de Tours. Production événement, à ne pas manquer, 3 dates incontournables : les 26, 28 février et 1er mars 2016.

Toutes les infos et les modalités de réservations sur le site de l’Opéra de Tours

VOIR aussi le teaser clip de la production L’enlèvement au sérail de Mozart, mise en scène de Tom Ryser, dirigé par Thomas Rösner

Nouveau Mozart à Tours

mozart_portraitTOURS, Opéra. L’enlèvement au sérail, les 26, 28 février puis 1er mars 2016. Quand Mozart joue à l’orientaliste, il n’est jamais étranger aux Lumières de la fraternité et de l’amour… La nouvelle production de l’Enlèvement au sérail de Mozart présentée par l’Opéra de Tours convainc par sa grande cohérence dramatique et visuelle, conçue par l’acteur Tom Ryser qui incarne le Pacha Selim et aussi réalise la mise en scène. En restituant l’humanité profonde du musulman, sa blessure secrète, intime dès la première scène d’ouverture, la justesse des sentiments qui s’affirme de tableaux en tableaux, outre leur apparente et réelle facétie, rend justice à un Mozart, humaniste, fraternel, amoureux. Un cœur épris d’une saisissante humanité. Le plateau vocal très solide où rayonne l’assurance d’une mozartienne plus que confirmée : Cornelia Götz en Konstanze, rétablit cet amour de Wolfgang pour le pur jeu théâtral, la comédie en musique où le drame, complet, tendre et profond, renouvelle alors la forme même de l’opéra : ni seria tragique et pontifiant ; ni buffa, comique et creux, mais les deux à la fois, c’est à dire “singspiel”, nouveau cadre lyrique voulu par l’Empereur Joseph II en 1782, où le personnage central, moteur est un rôle parlé ; où le duo des serviteurs (Pedrillo et Blonde), facétieux, subtils, est remarquablement traité par le compositeur qui creuse avec bénéfice son contraste avec le geôlier, bourreau barbare et sadique, Osmin (excellente basse Patrick Simper, lui aussi un habitué du rôle). Un vrai régal scéniquement et musicalement réussi car en fosse, un orfèvre de la baguette enjouée et dramatiquement ciselé opère, Thomas Rösner (dont on avait tant aimé la finesse de son Lucio Silla, opéra également de Mozart, pour Angers Nantes opéra). L’Enlèvement au sérail de Mozart à l’Opéra de Tours. Production événement, à ne pas manquer, 3 dates incontournables : les 26, 28 février et 1er mars 2016.

Toutes les infos et les modalités de réservations sur le site de l’Opéra de Tours

Nouvel Enlèvement au sérail de Mozart à l'Opéra de ToursLe quatuor de solistes de l’Enlèvement au Sérail de Mozart à l’Opéra de Tours : Konstanze : Cornelia Götz * - Blonde : Jeanne Crousaud * - Belmonte : Tibor Szappanos * –  Pedrillo : Raphaël Brémard

boutonreservationL’Enlèvement au Sérail de Mozart à l’Opéra de Tours
3 dates incontournables
Vendredi 26 février 2016, 20h
Dimanche 28 février 2016,15h
Mardi 1er mars 2016, 20h

Conférence / Présentation de l’opéra L’enlèvement au Sérail de Mozart
Samedi 20 février 2016 – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Singspiel en trois actes
Livret de Gottlieb Stephanie Jr., d’après Bretzner
Création le 16 juillet 1782 à Vienne
Editions Bärenreiter-Verlag Kassel . Basel . London . New York . Praha

Direction musicale : Thomas Rösner *
Mise en scène : Tom Ryser *
Décors : David Belugou *
Costumes : Jean-Michel Angays * et Stéphane Laverne *
Lumières : Marc Delamézière

Konstanze : Cornelia Götz *
Blonde : Jeanne Crousaud *
Belmonte : Tibor Szappanos *
Pedrillo : Raphaël Brémard
Osmin : Patrick Simper *
Pacha Sélim : Tom Ryser *

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires

Infos et réservations sur le site de l’Opéra de Tours

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle production de L’Enlèvement au sérail de Mozart, commande de l’Empereur Joseph II en 1782… 

Cenerentola à l’Opéra de Tours

ANGERS NANTES OPERA affiche le Turc en Italie de RossiniTours, Opéra. Rossini : la Cenerentola. Les 22,24,26 janvier 2016. Cendrillon comme Peau d’âne rétablit la dignité des pauvres et des humbles. La souillon domestique devient par la magie d’un conte captivant, princesse : l’élue est enfin réhabilitée… la simplicité des tableaux rappelle cet enchantement né de nos théâtres d’enfants miniaturisés… dans lequel l’esprit libre anime des figurines pour exprimer l’action du conte. Aucun doute, Perrault a laissé un mythe enchanteur où l’esprit de justice est grâce à Rossini, teinté d’une subtile et très juste facétie, voire d’un sentiment satirique car le portrait social qui y est dépeint frôle la dénonciation et la lutte des classes. Côté voix, il faut une diva piquante et agile (comme Rosina du Barbier de Séville, autre tempérament féminin prometteur), dans le rôle d’Angelina – Cendrillon, taillé pour le velours stylé d’un timbre radieux… suave et angélique, toujours subtil évidemment – la marque de Rossini.

Ses partenaires masculins doivent aussi tout autant partager et répandre la même séduction dramatique, alliant aisance expressive et finesse du jeu vocal: comique et burlesque don Magnifico, très fin Alidoro (le philosophe protecteur de la jeune femme éprouvée), Dandini – ces trois rôles masculins sont directement empruntés à la Comedia italienne entre Buffa et comique léger, allusif.  Même les deux sœurs Clorinda et Tisbé doivent être d’un délire juste (a contrario de tant de dérapages bouffes ailleurs pas toujours très nuancés)…

rossini_portraitEnjeux et libertés d’une fable morale… Dramma giocoso en deux actes sur un le livret de Jacopo Ferretti, d’après Cendrillon de Charles Perrault, La Cenerentola est l’ultime ouvrage comique, écrit par Rossini pour le public italien. Créé le 25 janvier 1817 au Teatro Valle de Rome, l’action lyrique respecte les codes de bienséances de l’époque: la pantoufle de vair est remplacée par un bracelet: à l’opéra, les actrices ne doivent pas exhiber leurs chevilles ni leurs pieds, sur les planches d’un théâtre respectable. De même, Rossini écarte la figure de la bonne fée, qui est remplacée par le philosophe Alidoro, mentor du Prince Don Ramiro dont Angelina (Cendrillon) est amoureuse. Idem pour la marâtre qui accable chez Perrault, la belle enfant: l’opéra met en scène un père omnipotent, voire brutal et violent, Don Magnifico, tuteur finalement dépassé par le tempérament de ses deux filles expansives, Clorinda et Tisbe; surtout vil et vénal solitaire qui ne s’affaire que pour s’enrichir. Mais le compositeur et son librettiste se plaisent à réviser la trame initiale de Perrault, en privilégiant surtout les situations comiques, délirantes, à répétition… tout est prétexte au travestissement (entre le Prince Ramiro et son valet Dandini), rien n’est trop éloquent pour démonter les fonctionnements hypocrites, intéressés, bassement calculateurs de l’activité humaine. La fable musicale est hautement moralisatrice: devenue reine, Cendrillon sait pardonner à ses bourreaux d’hier… Le rôle-titre exige une voix agile et timbrée, celle d’un mezzo coloratoure, comme le personnage de Rosina dans Le Barbier de Séville, composé l’année précédente (1816). Le prince Ramiro est chanté par un ténor, “encadré” par deux barytons, son valet Dandini et son tuteur et philosophe, Alidoro (en fait baryton-basse).

 

 

 

boutonreservationLa Cenerentola de Rossini à l’Opéra de Tours
Vendredi 22 janvier 2016, 20h
Dimanche 24 janvier 2016, 15h
Mardi 26 janvier 2016, 20h
Réservez votre place sur le site de l’Opéra de Tours

 

 

 

Dramma giocoso en deux actes
Livret de Jacopo Ferretti
Création le 25 janvier 1817 à Rome

Direction : Dominique Trottein
Mise en scène : Jérôme Savary *, réalisée par  Frédérique Lombart *
Décors et costumes : Ezio Toffolutti *, assisté de Lucia Lucchese *
Lumières : Alain Poisson *
Chorégraphie : Frédérique Lombart *

Angelina : Carol Garcia *
Clorinda : Chloé Chaume
Tisbe : Valentine Lemercier *
Don Ramiro : Manuel Nunez-Camelino
Don Magnifico : Franck Leguérinel
Dandini : Philippe Estèphe *
Alidoro : Sévag Tachdjian *

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires

*débuts à l’Opéra de Tours

Tours, Opéra : La Belle Hélène pour les fêtes

La Belle Hélène d'Offenbach à ToursTours, Opéra. décembre 2015. Offenbach : La Belle Hélène. Karine Deshayes. 26>31 décembre 2015. Chaque fin d’année voit une inflation des productions d’opérettes d’Offenbach. Le Mozart des boulevards incarnent cette joie de vivre, cette liberté satirique, sublimées par une écriture musicale en verve, idéales pour le temps des célébrations. L’Opéra de Tours et son directeur, Jean-Yves Ossonce présentent pour la fin de l’année 2015, La Belle Hélène (opérette irrésistible de 1864), mise en scène de Bernard Pisani (un spécialiste de la partition qui l’a abordé à 4 reprises…) avec entre autres, parmi un plateau de chanteurs français prometteurs, la subtile et sensuelle Karine Deshayes dans le rôle-titre. Le prétexte mythologique permet de parodier les tares et les faiblesses d’une humanité frivole et insouciante, totalement irresponsable car ici la satire politique affleure dans chaque séquence. Féline, amoureuse, vive, Hélène affirme un tempérament vocal et dramatique qui inspire depuis longtemps les plus grandes cantatrices, preuve que l’ouvrage est plus profond et raffinés que vraiment caricatural.

Elégance, souplesse, ivresse mélodique … pour Pisani, La Belle Hélène rassemble toute les qualités d’une grande œuvre : une opérette dont la subtilité se rapproche de l’opéra;  politiques véreux mais très arrogants, déesses dévergondées et bergers complices portés sur la cabriole… Divertissement certes, mais Offenbach comme Rameau dans sa formidable Platée (préfiguration de la future comédie musicale à venir, déjà en 1745….) nous tend le miroir : la société portraiturée dans La Belle Hélène sous couvert de gags à gogo et de tableaux délirants et décalés épinglent les travers d’une humanité corrompue, décadente, . en somme celle du Second Empire… La production présentée par Tours a déjà été créée à Avignon en 2012 puis décembre 2014 à Toulon…

 

 

offenbach-toulon-orphee-enfers-karine-deshayes-cyril-dubois-opera-de-toulonLire la critique compte rendu de La Belle Hélène avec Karine Deshayes à l’Opéra de Toulon en décembre 2014 

 

 

 

boutonreservationLa Belle Hélène d’Offenbach à l’Opéra de Tours
Les 26, 27, 30 et 31 décembre 2015 à 20h
(sauf le 27 décembre à 15h)

Conférence sur l’ouvrage : samedi 12 décembre 2015, 14h30
Salle Jean Vilar, Grand Théâtre. Réservation conseillée au 02 47 60 20 20

Opéra bouffe en trois actes
Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, adapté par Bernard Pisani
Création le 17 décembre 1864 à Paris
Edition Boosey and Hawkes (Jean-Christophe Keck)

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène et chorégraphie : Bernard Pisani
Décors : Éric Chevalier *
Costumes : Frédéric Pineau
Lumières : Jacques Chatelet

Hélène : Karine Deshayes
Oreste : Eugénie Danglade
Pâris : Antonio Figueroa
Calchas : Vincent Pavesi
Agamemnon : Ronan Nédélec
Ménélas : Antoine Normand
Achille : Vincent de Rooster *
Ajax I : Yvan Rebeyrol
Ajax II : Jean-Philippe Corre

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires

Tours, Opéra. Adam Laloum joue Brahms

Adam-Laloum-2-–-Photo-Carole-Bellaiche-©-Mirare-250x250Tours, Opéra. Adam Laloum joue Brahms, les 5 et 6 décembre 2015. C’est l’un des plus captivants concerts symphoniques offerts par Jean-Yves Ossonce pour sa dernière saison musicale à Tours : Brahms, Strauss, Ravel; un défi à multiples facettes pour l’orchestre, le chef et ici, le soliste, l’excellent pianiste, prince des poètes du clavier, d’une intériorité magicienne, Adam Laloum, né en 1987 (ainsi de retour au Grand-Théâtre de Tours). Quel sommet musical que ce 2ème Concerto pour piano de Johannes Brahms (1881) qui atteste des ressources artistiques prodigieuses d’un Brahms à la fois classique et moderne (directeur de la Société de musique de Vienne de 1872 à 1875), alors – au début des années 1880, personnalité célébrée à juste titre à Vienne : sa 2ème Symphonie puis son Concerto pour violon de 1877 l’ont hissé à la célébrité européenne. Le Concerto pour piano n°2 réactive le grand sujet brahmsien, la construction et l’architecture contenant des forces antagonistes, les révélant et les résolvant à la fois, dans l’esprit universel, très structuré et toujours éloquent de Beethoven. La passion de nature schumanienne souvent lyrique et échevelée, mais d’une finesse inouïe grâce à sa maîtrise de l’orchestration (bois et cuivres ciselés), la présence toujours importante des thèmes du folklore populaire (à l’instar d’un Schubert), le sens de l’équilibre et de l’architecte fondent la très haute valeur du romantisme brahmsien. La partition est créée en Hongrie à Budapest par l’auteur avec succès, le duo piano violoncelle qui crée le scintillement miraculeux, nostalgique et tendre d’une ineffable douceur dans l’Andante (3ème mouvement), le rondo sonate qui compose l’ultime épisode (Allegretto Scherzo) marqué par le swing du motif tzigane très emblématique sont des trouvailles géniales auxquelles il reste bien difficile de demeurer insensible. D’autant plus si les interprètes soliste, chef et instrumentistes de l’orchestre jouent la carte du chambrisme transparent plutôt que de la puissance.

ossonce-jean-yves-sara-nemtanu-concerto-violon-orchestre-tchaikovski-concert-opera-de-tours-7-novembre-2015-review-crtique-compte-rendu-classiquenewsAprès Brahms, le programme affiche l’opus 24 de Richard Strauss, Mort et transfiguration, vision sur la mort et expérience spirituelle d’une ineffable profondeur. La Valse de Ravel (1919) conclut le concert : un hymne à la vie tourbillonnante et aussi un délire terrifiant sur la folie jamais éloignée des pulsions de vie. Ravel semble y décortiquer la subtile mécanique chorégraphique capable d’imploser, de se recomposer en une extase vénéneuse, d’aune sauvagerie barbare dont l’esprit chaotique est à rapprocher du premier conflit mondial juste achevé. Engagé, lucide sur notre dernière actualité, la présentation de l’Opéra de Tours des deux concerts des 5 et 6 décembre 2015 est on ne peut plus claire : “De Vienne en 1881 à l’Europe en lambeaux de 1920, quarante années de mutation, ou comment la barbarie peut détruire le monde“.

Johannes Brahms
Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur, op. 83

Richard Strauss
Mort et transfiguration, op. 24

Maurice Ravel
La Valse

Adam Laloum, piano
Jean-Yves Ossonce, direction
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours

Samedi 5 décembre 2015 – 20h
Dimanche 6 décembre 2015 – 17h

Réservez votre place sur la page billetterie du site de l’Opéra de Tours

 

Illustrations : Adam Laloum, Jean-Yves Ossonce (DR)

La Belle Hélène à Tours

offenbach jacques Offenbach2Tours, Opéra. La belle Hélène : Offenbach. 26 > 31 décembre 2015. Offenbach et ses librettistes ont toujours soigné leurs plaisanteries mythologiques, prétextes à satire politique et sociale, parodie sociétale, à situations comiques. Cette belle Hélène, sans laquelle la guerre de Troie n’aurait peut-être pas eu lieu, est l’un des grands personnages de la scène lyrique, qui, dans sa fantaisie débridée, attire les grandes artistes. En 2015, pour les fêtes de fin d’année 2015, Karine Deshayes chante la délicieuse facétie de la blonde séductrice qui même si elle mariée à Ménélas, se passionne corps et âme pour le beau Parîs. Elle est entourée d’une vraie “troupe”, qui diffuse et cisèle la verve, l’humour, la tendresse délirante et fraternelle du petit Mozart des boulevards : Jacques Offenbach. Et si vous aimez l’humour et la grâce délirante du compositeur, allez aussi voir et applaudir la recréation du Roi Carotte sur la scène de l’Opéra de Lyon, également en décembre 2015.

La Belle Hélène, opéra bouffe créé en décembre 1864 aux Variétés à Paris incarne cet esprit décalé impertinent et grivois du Second Empire, fastes décadents d’un régime condamné à disparaître avec le désastre de 1870. Les librettistes d’Offenbach, Meilhac et Halévy y parodient dieux et déesses de l’Olympe, c’est à dire le milieu politique en France dans les années 1860. En trois actes, l’ouvrage suit un plan précis : L’Oracle (I), Le jeu de l’oie (II) , La Galère de Vénus (III).
Oreste (rôle travesti pour soprano) est un jeune décadent et les rois de la Grêce rivalisent en devinettes, bouts-rimés et charades lors des fêtes d’Adonis au I : des têtes couronnés aux loisirs futiles quand Hélène, reine de Troie, fille de Léda et de Jupiter, se passionne pour son nouvel amant (Pâris). Pourtant mariée à Ménélas, elle est tout occupée à séduire Pâris dont elle est tombée amoureuse, et convainc l’augure de Jupiter, Calchas, d’user de ses pouvoirs pour arriver à ses fins. Au II, Ménélas de retour de Crête, surprend Pâris dans le lit de sa femme. Au III, le message politique est un peu plus explicite quand Agamemnon et Calchas reproche au roi Ménélas de faire passer dans l’exercice du pouvoir, le mari avant le souverain (trio patriotique : “lorsque la Grêce est un champs de carnage”). Rusé et astucieux, Pâris se faisant passer pour l’augure de Vénus, enlève la belle Hélène que lui a promis la divinité… Ménélas et les rois grecs découvrent la supercherie. La Guerre de Troie peut avoir lieu.

Galerie de portrait déjantée et situations résolument comiques, La Belle Hélène se moque des puissants sous son prétexte de parodie mythologique. Le rôle titre permet à la soprano vedette, Hortense Schneider de s’imposer sur la scène parisienne, celles des Boulevards parisiens, sous son masque insouciant délirant, en réalité, satirique et parodique sur la société contemporaine.

La Belle Hélène d’Offenbach à l’Opéra de Tours

Opéra bouffe en trois actes
Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, adapté par Bernard Pisani
Création le 17 décembre 1864 à Paris
Edition Boosey and Hawkes (Jean-Christophe Keck)

boutonreservationSamedi 26 décembre 2015 – 20h
Dimanche 27 décembre 2015 – 15h
Mercredi 30 décembre 2015 – 20h
Jeudi 31 décembre 2015 – 20h

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène et chorégraphie : Bernard Pisani
Décors : Éric Chevalier
Costumes : Frédéric Pineau
Lumières : Jacques Chatelet

Hélène : Karine Deshayes
Oreste : Eugénie Danglade
Pâris : Antonio Figueroa
Calchas : Vincent Pavesi
Agamemnon : Ronan Nédélec
Ménélas : Antoine Normand
Achille : Vincent de Rooster
Ajax I : Yvan Rebeyrol
Ajax II : Jean-Philippe Corre

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h00 à 12h00  -  13h00 à 17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Compte-rendu, opéra. Grand-Théâtre de Tours, le 11 octobre 2015. Puccini : Madama Butterfly. Anne-Sophie Duprels (Madama Butterfly), Avi Klemberg (Pinkerton), Suzuki (Delphine Haidan), Jean-Sébastien Bou (Sharpless), Antoine Normand (Goro), François Bazola (Oncle Bonze). Alain Garichot (mise en scène). Jean-Yves Ossonce (direction).

Puccini : Madama Butterfly à l’Opéra de Tours, avec Anne-Sophie Duprels… C’est avec un enthousiasme mérité qu’a été accueillie – au Grand-Théâtre de Tours – cette magnifique production de Madama Butterfly, signée par Alain Garichot et créée in loco en 2001. Il faut ici saluer son remarquable travail, très « wilsonien », dans sa volonté d‘épure. L’opéra s’ouvre ainsi sur un plateau nu avec, pour tout décor, un praticable bas qui symbolise la maison de Cio-Cio San. Sur les côtés ou tombant des cintres, des cloisons translucides délimitent des espaces clos et permettent de très esthétisants jeux d’ombres : le sacrifice de l’héroïne, vu ainsi au travers d’une de ses cloisons de papier, tandis que l’enfant joue juste devant, est particulièrement réussi et poignant. Mais les lumières sont ici au moins aussi importantes que les décors et l’on retiendra donc la qualité du travail de Marc Delamézière, dont les éclairages fortement dramatiques sculptent littéralement l’espace.

 

 

 

puccini-butterfly-madama-compte-rendu-critique-opera-opera-de-tours-CLASSIQUENEWS-Madame-Butterfly-Opéra-de-Tours---octobre-2015-@-Fr-Berthon--8842

 

 

Trop rare en France, la superbe soprano française Anne-Sophie Duprels investit le rôle de Butterfly de son tempérament de feu et de sa sensibilité passionnée. Sa voix se fait tour à tour porteuse de rêves, de nostalgie, de tourments, épousant les nuances de la partition. La chanteuse rappelle utilement que l’héroïne de Puccini n’a rien d’un papillon fragile ni d’un rossignol automate, mais requiert une tragédienne sachant doser ses effets.
(NDLR: Les tourangeaux ont pu déjà la découvrir dans La Voix Humaine précédemment produite ici même à Tours au cours de la saison dernière : voir notre reportage vidéo dédié à La Voix Humaine à l’Opéra de Tours, présentée alors en couplage avec L’heure espagnole de Ravel). La cantatrice est portée par la direction du maître des lieux, l’excellent Jean-Yves Ossonce (lequel vient d’annoncer son départ de l’institution tourangelle en 2016, après 16 ans de bons et loyaux services…) qui prend un plaisir contagieux à mettre en valeur une œuvre qu’il respecte visiblement.
Comme toujours sous sa direction, l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire Tours se montre sous son meilleur jour, c’est à dire admirable de précision et d’engagement.
On déchante par contre avec le Pinkerton d’Avi Klemberg qui n’a aucune des qualités requises par son personnage. La voix manque de puissance et de projection, l’émission est serrée et souvent brouillonne, l’acteur est falot ; bref, il livre une prestation vocale et scénique sans charme ni éclat. Jean-Sébastien Bou est en revanche un vrai luxe dans la partie de Sharpless, gratifiant l’auditoire de sa coutumière magnifique ligne de chant. Delphine Haidan possède également du répondant en Suzuki : elle allie profondeur d’approche à un portrait vocal attachant et précis. De son côté, Antoine Normand se montre suavement inquiétant dans le rôle de Goro, tandis que François Bazola demeure un solide Oncle Bonze. Enfin, Pascale Sicaud-Beauchesnais fait une élégante apparition en épouse américaine.

 

 

Compte-rendu, opéra. Grand-Théâtre de Tours, le 11 octobre 2015. Giacomo Puccini : Madama Butterfly. Anne-Sophie Duprels (Madama Butterfly), Avi Klemberg (Pinkerton), Suzuki (Delphine Haidan), Jean-Sébastien Bou (Sharpless), Antoine Normand (Goro), François Bazola (Oncle Bonze). Alain Garichot (mise en scène). Jean-Yves Ossonce (direction). Madama Butterfly à l’affiche de l’Opéra de Tours, encore le 13 octobre 2015.

 

 

Prochaine production à l’Opéra de Tours : La Belle Hélène d’Offenbach (Jean-Yves Ossonce, direction. Bernard Pisano : mise en scène et chorégraphie), du 26 au 31 décembre 2015.  

 

Illustration : © François Berthon / Opéra de Tours 2015

 

 

Opéra de Tours, saison lyrique 2015 – 2016

opera-de-tours-saison-2015-2016Opéra de Tours, saison lyrique 2015 – 2016. 6 productions événements. La scène tourangelle poursuit son activité lyrique dans l’excellence, où les distributions confirment une grande cohérence de style, les mises en scène savent respecter les oeuvres en dévoilant aussi des regards personnels puissants et toujours parfaitement lisibles, où surtout la direction musicale préserve l’éloquence des chanteurs et l’activité dramatique allusive et forte de l’orchestre. Les 6 productions à venir à Tours au Grand Théâtre Opéra promettent une nouvelle saison d’expériences lyriques toujours plus convaincantes grâce au souci artistique du chef et directeur des lieux, Jean-Yves Ossonce.

2 productions événements

Butterfly et Onéguine par Garichot
SADMP et trouble in Tahiti par Catherine Dune

 

 

Temps forts pour nous, car déjà remarquées et appréciées ici même, la direction d’acteurs et la réalisation scénique du metteur en scène Alain Garichot, toujours scrupuleux, pertinent, et d’un rare respect pour les oeuvres abordées. On se souvient de sa Clémence de Titus et plus récemment de Titus et Bérénice, opéra de Magnard dont le chef Jean-Yves Ossonce est depuis toujours un ardent défenseur : l’ouvrage avait surgi dans sa sensualité épurée, néoclassique, dont la noblesse et la justesse sont dignes de Corneille ; pour la saison prochaine, l’homme de théâtre ouvre et clôture la saison nouvelle tourangelle, abordant deux superbes partitions tragiques marquées par l’impuissance des êtres, leur propre fascination pour l’audestruction. Ainsi la figure de Cio Cio San, geisha adolescente sacrifiée sur l’autel d’un tourisme de pacotille, honteux qui n’ose dire son nom (Madame Butterfly, dès le 7 octobre 2015 puis les 9,11 et 13), puis le drame de l’impuissance et de la fatalité, celui ciselé par Tchaikovski : Eugène Onéguine les 11, 13 et 15 mai 2016, avec ici et là des chanteurs engagés prêts à suivre Alain Garichot dans deux lectures particulièrement fortes dont il a le secret.
L’autre joyau à ne pas manquer demeure la production signée Catherine Dune (ex chanteuse familière à Tours et qui avait mis en scène un précédent “diptyque” : L’heure Espagnole et La Voix Humaine dans une vision très fine et onirique) : La Société anonyme des Messieurs prudents de Louis Beydts (mort en 1953), sur un livret tout en subtilité cocasse de Sacha Guitry, couplé avec l’excellent Trouble in Tahiti de Bernstein et sa musique irrésistible. Nouvelle co production. Tours les 25,27 et 29 mars 2016.

Les 3 autres productions à l’affiche de l’Opéra de Tours :

Pour Noël 2015 et le Nouvel an 2016
La Belle Hélène, opéra bouffe de 1864 signé Jacques Offenbach en quatre dates elle aussi (comme Butterfly) : les 26, 27, 30 et 31 décembre 2015. Avec Karine Deshayes dans le rôle titre (mise en scène : Bernard Pisani).

Même finesse comique et parodique avec La Cenerentola de Rossini, chef d’œuvre de facétie mordante créé en 1817 soit 1 an après le choc du Barbier de Séville (1816) dans la mise en scène de Jérôme Savary et sous la direction de Dominique Trottein : les 22, 24 et 26 janvier 2016

L’Enlèvement au sérail de Mozart, les 26, 28 février et 1er mars 2016. Mis en scène par Tom Ryser.

Toutes les infos et les modalités de réservation sur le site de l’Opéra de Tours

VIDEO, reportage : L’Heure espagnole de Ravel à l’Opéra de Tours

TOURS-aude-estremo-concepcion-heure-espagnole-ravel-opera-de-tours-clic-de-classiquenews-avril-2015VIDEO, reportage : L’Heure espagnole de Ravel à l’Opéra de Tours, les 10,12,14 avril 2015. Opéra en un acte couplé avec La Voix humaine de Poulenc. Entretiens avec Catherine Dune (mise en scène) et Aude Estremo (Concepcion). La femme de l’horloger Torquemada, Concepcion est frustrée et malheureuse, malgré son mari, ses amants… poupée prise au piège par son propre époux, un rien voyeur manipulateur, Concepcion découvre l’amour véritable quand elle croise le chemin du muletier…  Extraits de la production présentée à Tours sous la direction de Jean-Yves Ossonce. © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

Voir aussi notre CLIP vidéo de La Voix humaine et de l’Heure Espagnole à l’Opéra de Tours, les 10,12 et 14 avril 2015

 
 

 

VIDEO, reportage : La Voix humaine de Poulenc à l’Opéra de Tours

tours-la-voix-humaine-l-heure-espagnole-opera-de-tours-classiquenewsVIDEO, reportage : LA VOIX HUMAINE de Poulenc à l’Opéra de Tours, les 10,12,14 avril 2015. Opéra en un acte couplé avec L’Heure espagnole de Ravel. Entretiens avec Catherine Dune (mise en scène) et Anne-Sophie Duprels (Elle). Pas de téléphone sur la scène tourangelle, mais une vaste lit criblé de cordes barreaux, emprisonnant Elle, l’unique héroïne de l’opéra de Poulenc. Elle exprime les vertiges, tourments et frustration du désir féminin, c’est aussi un chant à la portée universelle auquel Catherine Dune envisage contrairement à d’autres mises en scène, une fin en forme de libération cathartique… Extraits de la production présentée à Tours sous la direction de Jean-Yves Ossonce. © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

Voir aussi notre CLIP vidéo de La Voix humaine et de l’Heure Espagnole à l’Opéra de Tours, les 10,12 et 14 avril 2015

 

 

 

Couplage Voix Humaine, L’heure espagnole à Tours

tours-opera-voix-humaine-heure-espagnole-ravel-poulencTours. Opéra. La Voix humaine, L’Heure espagnole, les 10, 12, 14 avril 2015.  Après nous avoir régaler avec une éblouissante nouvelle production du Trittico de Puccini (1918) en mars 2015 (voir notre reportage Il Trittico de Puccini à l’Opéra de Tours), le Grand Théâtre tourangeau enchaîne les cycles de drames en un acte avec ce qui pourrait être l’équivalent français du théâtre Puccinien : deux actions lyriques en un acte, l’une tragique et désespérée : La voix humaine de Poulenc ; la seconde, espiègle, spirituelle, facétieuse donc plus légère : L’Heure Espagnole de Ravel. Les deux “comédies” excellent à articuler un texte savoureux qui exige des acteurs certes, surtout des interprètes totalement engagés dans l’expressivité intelligible.

Poulenc, 1938
POULENC_francis_francis-poulenc_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95-1Tragédie lyrique certes, surtout drame intime. Celui d’une femme qui rompt avec son amant qu’elle aime encore. Réaliste et amère, tendre et désespéré, le mélodrame pour une seule voix et orchestre, La Voix Humaine, d’après le texte de Cocteau (écrit pour Berthe Bovy en 1938), dépeint toutes les facettes de la déraison ampoureuse. “Elle” est une femme au bord de l’hystérie, trahie, abandonnée, humiliée… qui cherche en vain des motifs de plainte puis de renoncement : au téléphone, elle exprime toute sa profonde et impuissante solitude ; l’amour bafoué et rompu suscite la folie comme la déraison ; rêve ou cauchemar éveillé, ou soliloque autosacrificiel, la scène se borne uniquement au ressentiment de l’héroïne. C’est une parfaite, froide et minutieuse cartographie de la rupture, vécue du côté de la victime.
Troubles, contradictions, confusion d’une âme dérangée, le drame brosse le portrait d’une femme dépressive et fragile, angoissée, atteinte et… démunie.
Soit 40 minutes de passion a voce sola, ciselée, sur le fil d’un téléphone désespéremment silencieux. Poulenc compose effectivement une tragédie lyrique en un acte, créé à l’Opéra-Comique, le 6 février 1959. Poulenc parvient à varier son récitatif, produisant une prosodie nettement influencée par le Pelléas de Debussy. C’est la soprano Denise Duval, muse du compositeur qui incarne sur la scène l’amoureuse désespérée, inégalable diseuse au verbe palpitant et articulé.

Ravel, 1911
Maurice_Ravel_1925Egalement en un acte, la comédie musicale de Ravel est créée à l’Opéra-Comique en mai 1911. A Tolède au XVIIIè, L’épouse de l’horloger Torquemada, Concepcion, s’ennuie ferme et se désespère que son soupirant le poète Gonzalve lui récite des vers… Heureusement survient celui que l’on attendait pas, Ramiro le muletier qui entreprend la belle… avec succès.
De quiproquos en rebondissements, Concepcion cache ses soupirants et amant indésirables dans les horloges du magasin, et trop naïf pour ne pas être cocu, Torquemada demande à Ramiro de revenir ainsi chaque matin…

L’Heure espagnole mêle raffinement et burlesque, élégance et équivoque : le jeu de la langue égale l’extrême virtuosité de l’instrumentation. La vraie mécanique n’est pas sur scène mais à l’orchestre, juste, varié, hispanisant mais pas trop. Les dialogues de Franc-Nohain sont d’une finesse à propos, véritables complices de la musique, riche et facétieuse. Nouvelle production à Tours et première mise en scène de Catherine Dune, artiste fidèle de la scène tourangelle. Sous son aspect bouffon parfois, la comédie de Ravel ose mettre en scène le désir sexuel féminin, comme un moyen de libération et d’émancipation : en trouvant Ramiro, Concepcion se libère de son mauvais mariage avec Torquemada l’horloger.

 

 

Opéra de Tours
LA VOIX HUMAINE
FRANCIS POULENC

L’HEURE ESPAGNOLE
MAURICE RAVEL

  
Catherine Dune, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction  

boutonreservationVendredi 10 avril 2015 – 20h
Dimanche 12 avril 2015 – 15h
Mardi 14 avril 2015 – 20h

Conférence, samedi 28 mars 2015, 14h30
Grand Théâtre, Salle Jean Vilar
entrée gratuite

 

 

 

distributions

LA VOIX HUMAINE
Tragédie lyrique en un acte
Livret de Jean Cocteau
Création le 6 février 1959 à Paris
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
Décors : Elsa Ejchenrand *
Costumes : Elisabeth de Sauverzac *
Lumières : Marc Delamézière

Elle : Anne-Sophie Duprels *

L’HEURE ESPAGNOLE
Comédie musicale en un acte
Livret de Franc-Nohain, d’après sa pièce
Création le 19 mai 1911 à Paris
Editions Durand

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
Décors : Elsa Ejchenrand *
Costumes : Elisabeth de Sauverzac *
Lumières : Marc Delamézière

Conception : Aude Extremo
Gonzalvo : Florian Laconi
Torquemada : Antoine Normand
Ramiro : Alexandre Duhamel
Don Inigo Gomez : Didier Henry

Concert Bizet, Prokofiev à Tours

sergei-prokofievTours. Concert Bizet, Prokofiev. Jean-Yves Ossonce. Les 21, 22 mars 2015. Suite de la saison symphonique de l’Opéra de Tours avec sous la conduite de Jean-Yves Ossonce, Jeux d’enfants de Bizet, puis quelques extraits de Romeo et Juliette et la Symphonie concertante pour violoncelle opus 125 de Prokofiev (soliste : Xavier Phillips). Avant Carmen et ses sublimes couleurs méditerranéennes, Bizet orchestre avec une finesse rare ce qui n’existait alors que sous la forme d’une partition pour quatre mains : Jeux d’enfants. L’énergie, la transparence, la clarté s’y imposent sans lourdeur.  Prokofiev compose sa Symphonie concertante pour violoncelle pour Rostropovitch : l’oeuvre est créée sous la baguette du pianiste Sviatoslav Richter, seule incursion du soliste comme chef. Partition furieuse voire tellurique, éperdue et même ivre, bercée par l’amour deux adolescents, le ballet Roméo et Juliette de Prokofiev conclue par extraits, le concert symphonique de l’Orchestre symphonique Région Centre Tours.

 

 

 

 

Jeux d’enfants de Bizet, opus 22

bizet georgesErudit mais pas aussi strictement wagnérien qu’on l’a dit de son vivant, d’une sensibilité méditerranéenne (Nietzsche à propos des tam tam de Carmen), mélodiste raffiné et orchestrateur subtil, Bizet qui ne connut jamais la juste reconnaissance due à son génie, écrit avec une sincérité saisissante la partition de Jeux d’enfants à partir de sa partition première pour piano. Sur les 12 pièces originelles pour le clavier, les compositeur en orchestre ainsi 5 constituant une Petite Suite : Marche, berceuse (andantino simplice), Impromptu, Duo (andantino) et Galop (presto)… Le cycle fut particulièrement applaudie sous la forme d’un ballet créé au sein des Ballets Russes de Diaghilev en 1932 à Monte Carlo. D’une précision rafraîchissante, d’une énergie enfantine printanière, la Suite sait aussi charmer pour son intériorité comme l’atteste le sentiment des deux andantinos : Berceuse et Duo. Bizet, symphoniste maîtrisé affirme son tempérament ici par son sens de l’épure qu’il sait modeler dans un raffinement harmonique et une orchestration légère particulièrement juste. Jeux d’enfants pour orchestre fut créé à l’Odéon par Edouard Colonne en 1873 sans guère de succès.

 

 

 

boutonreservationConcert symphonique Bizet, Prokofiev
Samedi 21 mars 2015, 20h
Dimanche 22 mars 2015, 17h 

 

Conférences les 21 mars à 19h, et 22 mars à 16h
Grand Théâtre, salle Jean Vilar. Entrée gratuite

Programme :

Georges Bizet
Jeux d’enfants, op.22

Sergueï Prokofiev
Symphonie concertante pour violoncelle, op.125

Sergueï Prokofiev
Roméo et Juliette (extraits)

Orchestre Symphonique Région Centre-Tours
Xavier Phillips, violoncelle
Jean-Yves Ossonce, direction

Illustrations : Prokofiev, Bizet (DR)

Nouveau Trittico / Triptyque à l’Opéra de Tours

Tours, Opéra. Puccini : Il Trittico, le Triptyque. Les 13, 15, 17 mars 2015Il y eut à l’opéra, au XVIIIè, ce goût particulier pour les opéras ballets de Rameau en un Prologue et 3 entrées : chacune depuis Les Indes Galantes (1735), ayant son propre climat et son sujet particulier. Puccini semble reprendre ce principe du “3 en 1″ (mais sans les ballets évidemment, avec un orchestre aussi somptueux). Avec cette subtile relation des actes séparés entre eux : il y a bien une secrète unité dramatique entre les 3 volets. La désillusion les relie allusivement.

 

 

 

3 drames en 1 soirée

 

DVD. Puccini: un séduisant Trittico (Opus Arte)Giorgetta dans il Tabarro, comme Angelica dans Suor Angelica éprouvent chacune la brûlure tragique : toute deux sont abonnées à l’accablement le plus cynique. La première doit voir le visage de son aimé mort (sortant de la houppelande où l’avait enseveli le mari de Giorgetta, Michele) ; de même, à Angelica, il n’est rien épargné : recluse dans le couvent où elle se consume, elle apprend que son propre enfant est mort… de surcroît sa famille lui fait payer encore le fruit de cet adultère en exigeant d’elle qu’elle renonce à tout héritage… seule l’apparition de la Vierge en fin de drame lui apporte un soulagement bien précaire dans le suicide qu’elle réalise alors. Il est plus difficile de relier le dernier drame, Gianni Schicchi, aux deux derniers : car ici le rusé filou trompe une famille entière qui se rend coupable de réécrire le testament de leur riche patriarche. L’espérance déçue pourrait être un lien apparemment : condamnée de fait, et Giorgetta et Angelica ; déçue et dindon de la farce qui se retourne contre elle, grâce au stratagème de Schicchi, la famille du riche Buoso Donati. Victimes absolues, Giorgetta et Angelica ont notre compassion. Par contre Gianni Schicchi est bien inspiré de donner une leçon aux héritiers Donati…

Puccini, à travers la diversité des époques et des situations : une péniche amarrée à Paris pour Il Tabarro ; un couvent itlaien au XVIIè pour Suor Angelica, enfin la demeure d’un riche marchant à Florence en 1299…  pour Gianni Schicci, s’intéresse principalement à raffiner l’orchestration de chaque épisode. Peintre et même alchimiste des harmonies subtiles (ambiance parisienne sur la Seine d’Il Tabarro ou la Florence médiévale et sentimentale de Gioanni Schicchi), il ose tout, sachant toujours être au service de la sensualité et de la tendresse : les rêves perdues de Giorgetta (après la mort de son fils) ; le lyrisme tragique et humble de Suor Angelica, surtout, l’amour tendre des protégés de Schicchi, Rinuccio et Lauretta qui peuvent en effet en fin d’action se marier. Ici, le compositeur épingle l’hypocrisie familiale, l’étau affectif décidé par des clans stupides. En exploitant toutes les ressources expressives de chaque tableau, Puccini crée pour la scène new yorkaise (les 3 drames ont été conçus pour le metropolitan Opera en décembre 1918) une nouvelle langue : aussi raffinée que Tosca, La Bohème, Madama Butterfly mais sur un ton léger, resserré, d’une délicatesse intimiste régénérée. Le ton comique de Gianni Schicchi n’oublie jamais la gravité des sentiments, l’ivresse sincère des désirs…

 

 

Pourquoi ne pas manquer Il Trittico à Tours ?
Outre l’éloquence de l’orchestre flamboyant, Il Trittico / Le Triptyque séduit aussi grâce à la cohérence défendu entre les drames par le seul choix d’une même interprète entre les différents actes. A Tours, l’argument demeure la participation de l’excellente soprano Vannina Santoni dans les rôles d’Angelica et de Lauretta, déjà remarquée dans une convaincante production de La Chauve Souris présentée en décembre 2014 (elle y interprétait la délicieuse servante Adèle) . A ses côtés, le non moins engagé et superbe acteur, Tassis Christoyannis (il y a peu de temps Don Giovanni sur la même scène) prête son baryton subtile et dramatique aux rôles de Michele (Il Tabarro) puis surtout à Gianni Schicchi. Nouvelle production événement.

 

 

boutonreservationPuccini: Il Trittico, Le Triptyque (1918) à l’Opéra de Tours
Paul-Emile Fourny, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction

Vendredi 13 mars, 20h
Dimanche 15 mars, 15h
Mardi 17 mars, 20h

distributions :

Il TABARRO
Opéra en un acte
Livret de Giuseppe Adami
Création le 14 décembre 1918 à New-York
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Paul-Emile Fourny
Décors et Lumières : Patrick Méeüs
Costumes : Giovanna Fiorentini

Giorgetta : Giuseppina Piunti *
La Frugola : Cécile Galois
Michele : Tassis Christoyannis
Luigi : Florian Laconi
Il Tinca : Antoine Normand
Il Talpa : Franck Leguérinel

 

 

SOEUR ANGELIQUE
Opéra en un acte
Livret de Giovacchino Forzano
Création le 14 décembre 1918 à New-York
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Paul-Emile Fourny
Décors et Lumières : Patrick Méeüs
Costumes : Giovanna Fiorentini

Soeur Angelica : Vannina Santoni
Tante Princesse : Cécile Galois
L’Abbesse : Delphine Haidan
Soeur Genovieffa : Aurélie Fargues
Soeur Osmina : Chloé Chaume

 

 

GIANNI SCHICCHI
Opéra en un acte
Livret de Giovacchino Forzano
Création le 14 décembre 1918 à New-York
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Paul-Emile Fourny
Décors et Lumières : Patrick Méeüs
Costumes : Giovanna Fiorentini

Gianni Schicchi : Tassis Christoyannis
Lauretta : Vannina Santoni
Zita : Cécile Galois
Rinuccio : Florian Laconi
Gherardo : Antoine Normand
Nella : Chloé Chaume
Marco : Franck Leguérinel
La Ciesca : Delphine Haidan
Betto : Nicolas Rigas
Simone : Ronan Nédélec
Spinelloccio : Jacques Lemaire
Notaro : François Bazola

 

 

Vidéo, clip : Nouvelle Chauve Souris à l’Opéra de Tours, décembre 2014

Épatante Chauve Souris à l'Opéra de ToursVIDEO,clip. Tours, Opéra : nouvelle Chauve Souris. Dialogues en français, airs chantés en allemand, la nouvelle production de La Chauve-Souris de Johann Strauss II présentée par l’Opéra de Tours les 27,28,30 et 31 décembre 2014 rétablit l’élégance, la finesse d’une partition musicalement irrésistible et théâtralement pétillante : l’acteur et metteur en scène Jacques Duparc réinvente la saveur des situations sans les dénaturer, dans la fosse, Jean-Yves Ossonce fait briller couleurs et caractères des danses écrites par Strauss, chez les Eisenstein, au bal du Prince Orlofsky, dans la prison de Franck où chacun abat son masque… nuit de folie, nuit d’ivresse et de travestissements, La Chauve Souris est aussi la réalisation d’une vengeance, celle de Falke au détriment d’Eisenstein, dindon de la farce : le séducteur impuni est dévoilé par sa femme Rosalinde masquée en comtesse hongroise… Au sein d’une distribution très homogène et scéniquement impliquée, brille le soprano suave et généreux de Vannina Santoni (Adèle/Olga), révélation de la production. Clip vidéo © classiquenews.tv. Reportage vidéo à venir.

LIRE aussi notre compte rendu de La Chauve Souris à l’Opéra de Tours (décembre 2014)

Nouvelle Chauve Souris à Tours

Johann_Strauss_IITours, Opéra. La Chauve Souris : 27>31 décembre 2014. Johann Strauss fils, roi de la valse à Vienne, est aussi un génie de l’opérette. Pour preuve le raffinement délirant jamais démenti de son joyau lyrique, La Chauve Souris… Elle avance masquée,  reste insaisissable et symbolise la folie raffinée d’une nuit d’effervescence absolue offrant aux chanteurs des rôles déjantés travestis, à l’orchestre grâce à l’inspiration superlative de Johann Strauss fils, une texture instrumentale ciselée,  qui incarne depuis la création de l’oeuvre en 1874,  le sommet de la culture viennoise associant valses envoûtantes hypnotiques et dramaturgie cocasse,  drolatique, délirante. Ainsi à l’époque où Paris découvre les impressionnistes (exposition au salon de 1874),  Vienne s’abandonne dans l’ivresse d’une musique flamboyante et d’un théâtre déjanté qui peut aussi se comprendre comme le miroir de sa propose vanité, comme une satire mordante autant qu’élégante de la société puritaine,  hypocrite,  hiérarchisée. C’est une parodie satire d’après le théâtre de boulevard parisien où perce aussi la guerre des sexes. D’astucieuses jeunes femmes, la bonne (Adèle), l’épouse (Rosalinde) entendent se venger d’un époux/patron libidineux infidèle (Eisenstein)…

strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Les choeurs virtuoses,  la magie mélodique et le raffinement de l’orchestration qui synthétise le meilleur Strauss,  sans omettre la délicatesse de l’intrigue qui revisite les standards des comédies de boulevards mais sur un mode léger et infiniment subtil comme les grands airs isolés (celui de la comtesse hongroise chantant dans Heimat un grand solo nostalgique d’une irrésistible sensibilité pendant la fête chez Orlofski au II)…. sont autant de qualités complémentaires d’un spectacle d’une profondeur poétique rare et d’une expressivité palpitante pour peu que le chef et les chanteurs réunis dont la fameuse invitée surprise (gala dans l’opéra) aient à coeur d’en ciseler toutes les facettes, hors de la caricature.
Souhaitons que la nouvelle production de l’Opéra de Tours réunisse l’une ou l’autre et probablement les deux car le souci du chef,  l’engagement des musiciens du Symphonique maison comme souvent la cohérence du plateau vocal réalisent d’indiscutables réussites à Tours.

 

 

Johann Strauss IIstrauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888
Die fledermaus, La Chauve Souris
Opérette viennoise en 3 actes, livret de Richard Genée
Création à Vienne, Theater an der Wien, le 5 avril 1874
Edition Bärenreiter (édition critique) – Chantée en Allemand, dialogues en français, surtitré en français

Tarifs : série E (de 7€ à 65€) le 31/12/2014 : série E+ (de 7€ à 70€)
Réservations : 02 47 60 20 20 / www.operadetours.fr

4 représentations à Tours :

Samedi 27 décembre,  20h
Dimanche 28 décembre, 15h
Mardi 30 décembre, 20h
Mercredi 31 décembre, 20h

Orchestre Symphonique Région Centre – Tours
Chœurs de l’Opéra de Tours
(Direction : Emmanuel Trenque)

Nouvelle co-production Opéra de Tours,
Opéra de Reims, Art musical et Opéra Théâtre Grand Avignon

Avec le soutien exceptionnel de l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours, à l’occasion de ses soixante ans

Direction  : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Jacques Duparc
Décors Christophe Vallaux et Art musical Costumes, accessoires : Art musical Lumières : Marc Delamézière

Rosalinde : Mireille Delunsch
Adele : Vannina Santoni
Prince Orlofsky : Aude Extremo
Gabriel von Eisenstein : Didier Henry
Dr Falke : Michal Partyka*
Franck : Frédéric Goncalves*
Frosch : Jacques Duparc
Alfred : Eric Huchet
Dr Blind : Jacques Lemaire

* Débuts à l’Opéra de Tours

Conférence des Amis du Centre Lyrique de Tours
Conférence ACLT
Samedi 13 décembre, 14h30
Salle Jean Vilar, Grand Théâtre de Tours Intervenant : Didier Roumilhac

 

Argument – synopsis

Tout commence quelques mois auparavant, quand, un matin de bringue, revenant tous deux d’un bal masqué, le rentier Gabriel von Eisenstein contraignit son ami Dr Falke, notaire, à traverser la ville, revêtu d’un déguisement de Chauve-souris. Le Dr Falke tout feignant d’en rire, jure de se venger….

Acte I : à Pontoise chez Gabriel von Eisenstein

Une altercation avec un garde-champêtre a valu à Gabriel von Eisenstein huit jours de prison. Il décide d’oublier son chagrin dans le fumet d’un bon dîner avec sa femme Rosalinde. Son ami, Dr Falke, lui rend visite et lui propose de passer cette dernière soirée en joyeuse compagnie chez le Prince Orlofsky. Gabriel von Eisenstein enthousiaste accepte et après un petit mensonge à son épouse : Rosalinde, part soit disant pour « la prison » !

Rosalinde est bouleversée quand tout à coup elle reçoit la visite d’un ami d’enfance, ex et toujours amoureux « transi » , Alfred qui s’invite illico au diner en tentant de séduire celle qu’il aime encore ! Ils sont surpris par Franck, le directeur de la prison qui en fait, vient chercher le prisonnier Eisenstein. Alfred ne voulant pas révéler son identité, doit achever la soirée en prison, sous le nom de Gabriel von Eisenstein.

Rosalinde apprend par la soubrette Adèle que son mari n’est pas parti pour la prison mais pour un bal masqué avec de jolies filles. Elle décide d’y aller pour confondre son mari : elle se fera passer pour une princesse hongroise.

 

 

Acte II : Chez le Prince Orlofsky

Gabriel von Eisenstein sous un faux nom, se retrouve donc à la soirée du Prince Orlofsky avec son ami le Dr Falke. Le Directeur de la prison, Franck, est aussi invité. Sous un faux nom également, il fait la connaissance de Mr Gabriel Von Eisenstein. Arrive la « princesse Hongroise » ! Gabriel Von Eisenstein, fait une cour assidue à la prétendue Comtesse sans se rendre compte qu’il s’agit de sa propre femme ! Rosalinde se fait confier en gage d’amour sa montre, auquel son chevalier servant tient pourtant beaucoup. Elle confondra son époux en lui montrant l’objet ainsi « offert ».

 

 

Acte III : A la prison de Pontoise, à l’aube

Le lendemain à l’aube, Franck revient à sa prison, encore gris du champagne de la veille. Gabriel von Eisenstein arrive lui aussi à la prison pour faire ses « 8 jours » au grand ébahissement de Franck qui lui déclare que le « vrai » Gabriel von Eisenstein est enfermé depuis la veille. Eisenstein très intrigué se fait passer pour son avocat et interroge Alfred dans sa cellule ; sa femme Rosalinde, munie de la montre, arrive à son tour avec Dr Falke. Von Eisenstein est confondu et ne peut que s’excuser auprès de Rosalinde. Le Dr Falke avoue être l’auteur de cette machination en représailles de Gabriel von Eisenstein qui se souvient alors de cette fameuse blague du déguisement de « Chauve Souris » ! Honteux et confus Gabriel ne sera pas le dernier à en rire.

en LIRE + : présentation complète de la nouvelle production de La Chauve Souris à l’Opéra de Tours

Tours, Opéra. Concert Tchaikovski:6ème Symphonie. OSRCT, JY Osonce, les 15,16 novembre 2014

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1Tours,Opéra. Magnard, Tchaikovski : OSRCT, Ossonce, les 15,16 novembre 2014. Depuis plusieurs années déjà, les concerts symphoniques à l’Opéra de Tours sont devenus des événements incontournables tant par l’originalité des programmes présentés souvent très ambitieux, et toujours remarquablement équilibrés, que l’engagement des musiciens en présence, canalisés par la direction vive et affûtée de Jean-Yves Ossonce.  Pour son premier concert de la saison symphonique 2014-2015, l’OSRCT, Orchestre symphonique Région Centre Tours propose un programme rugissant, lyrique et pathétique : les facettes expressives des œuvres ainsi enchaînées offrent un panel impressionnant de climats à réussir : Leonore III est plus qu’une ouverture ; outre sa parure et sa construction très élaborées qui sont l’aboutissement de plusieurs réécritures de la part de Beethoven : composée en 1806, il s’agit après moult essais, d’un résumé redoutablement efficace du drame qui en prolonge les déclarations multiples : hymne à l’amour souverain, contestation de la tyrannie, sur le ton et dans une étoffe orchestrale des plus raffinés.

 

 

Tours_ossonce_Tomasi_trompette_franck_symphonie_re_concert_570Jean-Yves Ossonce connaît bien Magnard pour en avoir dévoiler le premier la puissante audace d’écriture. A la complexité de la conception répond surtout l’engagement du sujet : en 1902, Magnard écrit son hymne à la justice en réaction au procès partial du capitaine Dreyfus. C’est devenu une partition emblématique dans l’Hexagone depuis qu’elle fut au lendemain de la seconde guerre, joué par l’Orchestre national de la Radio (actuel Orchestre national de France) poru son premier concert après la Libération.
Prolongement des récents concerts donnés par l’Orchestre au cours des trois dernières années (LIRE entre autres notre présentation de la Symphonie n°4 jouée en janvier et février 2012), la Symphonie ultime de Tchaikovski, Pathétique, accomplit tout un cycle orchestral d’une rare et exceptionnelle introspection : comme les opus de Mahler, les œuvres de Tchaikovski ont un fort contenu autobiographique. Comme une prémonition de sa mort prochaine, le compositeur russe y peint une série de paysage crépusculaire, marqués par l’anéantissement des forces vitales, Piotr Illyitch, marqué par un terrible secret (celui de son homosexualité) ayant toujours été enclin à la dépression et à la solitude. La richesse et le raffinement de l’orchestration, l’architecture globale de l’opus 74 laissent l’impression d’une traversée sans retour, une plongée âpre et enivrée de l’autre côté du miroir. Entre la première sous la direction de l’auteur (Saint-Pétersbourg le 16 octobre 1893), accueillie froidement (la baguette de Tchaïkovski n’a jamais été très convaincante) et sa reprise sous la direction toute autre de Napravnik, qui apporte le succès, Tchaïkovski s’éteint probablement sous la pression d’un scandale lié à sa vie intime. Suicide ou empoisonnement, nul ne le saura peut-être jamais mais cette 6 ème dite ” Pathétique ” est davantage, un Requiem symphonique composée dans les affres et les vertiges paniques d’une déroute personnelle. S’y déverse tel un flot éruptif d’une solennité toute martiale et pleine de panache la résistance aussi d’un homme atteint, viscéralement inscrit dans le désespoir. L’opus 74 est dédié à son neveu Vladimir Davydov, sa bouée de sauvetage dans l’une des périodes les plus tourmentées et difficile de sa vie.

 

 

 

Beethoven : Leonore, ouverture III opus 72c
Magnard : Hymne à la justice opus 14
Tchaikovski : Symphonie n°6 “Pathétique”

Tours, Grand Théâtre Opéra
Samedi 15 novembre – 20h
Dimanche 16 novembre – 17h
Réservez votre place

Découvrir la saison symphonique 2014 – 2015 sur le site de l’Opéra de Tours

Conférence sur le programme du concert des 15 et 16 novembre 2014
Samedi 15 novembre – 19h00
Dimanche 16 novembre – 16h00
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

LIRE aussi le notre dossier portrait de Piotr Illyitch Tchaïkovski

EMPLOI, Offre. L’Opéra de Tours recrute un cor solo : concours le 10 novembre 2014

tours-opera-opera-de-tours-582Emploi, offre. L’Opéra de Tours recrute un COR SOLO. Concours le 10 novembre 2014. La Ville de Tours/Orchestre Symphonique Région Centre-Tours va procéder au recrutement d’un Cor Solo. Engagement pour 40 services Activités lyriques et 30 services Activités symphoniques par saison. Le concours se déroulera devant un jury au Grand Théâtre le lundi 10 novembre à partir de 9h30.

 

L’Opéra de Tours recrute un cor solo

Vous trouverez sur le site de l’Opéra de Tours,  les informations concernant le concours ainsi qu’une fiche d’inscription à nous retourner impérativement avant le vendredi 31 octobre à minuit (cachet de la poste faisant foi).

 

 

 

Tours, Opéra : Portes ouvertes toute la journée samedi 4 octobre 2014

tours-opera-opera-de-tours-582Tours, Opéra : Portes ouvertes en accès libre toute la journée samedi 4 octobre 2014. En pleine préparation de son prochain opéra à venir, Cosi fan tutte de Mozart – le dernier ouvrage que Wolfgang Amadeus compose avec le librettiste Da Ponte-, l’Opéra Théâtre de Tours rend accessible ses espaces – coulisses et salle de spectacle, à l’adresse de tous les publics, pour une grande journée de découverte de l’univers lyrique. Toute la journée de demain, samedi 4 octobre 2014, à partir de 9h, l’Opéra de Tours accueille les visiteurs, en entrée libre, de 9h à 12h puis de 13h15 à 22h. Chacun y est invité à découvrir les espaces techniques qui forment les coulisses d’une représentation, les répétitions de l’orchestre dans la fosse le matin. Les plus jeunes sont conviés à un atelier les sensibilisant aux éléments de décors imaginés pour la production de Cosi. L’après-midi, le public pourra assister à la répétition en costumes de l’opéra de Mozart, puis participer à une rencontre avec l’équipe artistique. A 14h30, conférence sur l’opéra Cosi fan tutte… puis de 19h à 22h, répétition en costumes (dans la limite des places disponibles). Cosi fan tutte de Mozart est à l’affiche de l’Opéra de Tours, les 10,12,14 octobre 2014.

programme complet de la journée :

Portes ouvertes à l’Opéra de Tours. Evènement annuel et festif, les portes ouvertes sont l’occasion, en début de saison de visiter le théâtre-opéra de Tours, salle à l’italienne, et d’assister à des répétitions publiques de l’opéra d’ouverture de saison (Cosi fan tutte de Mozart) comme de rencontrer les professionnels du spectacle.

MATIN

9h : ouverture des portes
Visites libres du Théâtre : coulisses, dessous de scène, plateau, cintres, foyers, loges, ateliers et stock costumes
Exposition de quelques costumes dans l’enceinte du théâtre
9h30 à 12h30 : répétition de l’orchestre en fosse : Cosi fan Tutte

Ateliers jeune public
9h45 et 11h : « Le départ des soldats amoureux » : fabrication d’un bateau inspirés des maquettes du décor de
Cosi fan tutte (durée : 1h / 12 places, inscription le jour même). Avec Justine Auroy, pour les enfants de 6 à 12 ans

9h15 et 10h30 : « Jouons sur des airs de Mozart » : atelier musical (durée : 1h / 15 places, inscription le jour
même). Avec Julie Boudsocq, pour les enfants de  7 à 12 ans
12h : fermeture des portes

APRES-MIDI

13h15 : ouverture des portes
Coulisses, dessous de scène, plateau, cintres, loges, ateliers et stock costumes ne sont plus accessibles

13h45 à 16h45 : répétition costumée de la mise en scène de Cosi Fan Tutte (Acte 2)
A l’issue, échange avec l’équipe artistique

14h30 : conférence organisée par l’Association des Amis du Centre Lyrique de Tours
Présentation de Cosi Fan Tutte par Bernard Pico, dramaturge

17h : atelier découverte du chant choral avec Emmanuel Trenque, chef de chœur (durée : 45 min)

19h à 22h : répétition costumée avec orchestre de Cosi Fan Tutte (dans la limite des places disponibles)

+ d’INFOS : visitez le site de l’Opéra de Tours

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Compte rendu, opéra. Tours. Grand Théâtre, le 23 mai 2014. Giuseppe Verdi : Falstaff. Lionel Lhôte, Isabelle Cals, Enrico Marrucci, Delphine Haidan, Nona Javakhidze, Norma Nahoun, Sébastien Droy. Jean-Yves Ossonce, direction musicale. Gilles Bouillon, mise en scène

FALSTAFF-Opéra-de-Tours-mai-2014-©-François-Berthon-76961-362x240Pour achever dans la joie et l’allégresse cette saison 2013-2014, l’Opéra de Tours propose à son public une reprise de la production du Falstaff verdien imaginée par Gilles Bouillon, créée in loco en 2007.  La scénographie imaginée par le metteur en scène se révèle comme un hommage aux théâtre de tréteaux, utilisant pleinement portes et trappes, permettant toutes sortes d’entrées et de sorties pour les différents personnages. Une reproduction du tableau Ensor aux masques de James Ensor domine le fond de scène, alors qu’un cheval à bascule trône fièrement dans un coin et que le plateau est recouvert de gazon, le cadre dans lequel se déroulent les péripéties du pancione se veut plein de couleurs et de fantaisie. Le plateau réuni pour cette reprise rend pleinement justice à la vocalité si particulière du dernier ouvrage composé par le maître de Busseto. Dominant l’ensemble de la distribution, Lionel Lhote impressionne, pour son premier Falstaff, par sa maturité vocale et stylistique, éloignée de toute surcharge. Il déploie ainsi sa belle voix de baryton, richement timbrée et parfaitement placée, jamais grossie, aussi convainquant dans des aigus percutant que dans la demi-teinte, servant par cette solide technique une incarnation aussi élégante qu’attachante.

Tutto nel mondo è burla

A ses côtés, les joyeuses commères trouvent d’excellentes interprètes avec le trio formé par l’Alice d’Isabelle Cals, moins spectaculaire que dans le Tour d’écrou mais néanmoins parfaitement à sa place, la Meg Page de Delphine Haidan, roublarde et bien chantante, et la Quickly débonnaire de Nona Javakhidze, réussissant des « Reverenza » généreusement poitrinés et d’un impact réjouissant. Le Ford d’Enrico Marrucci demeure crédible de bout en bout, tandis que Sébastien Droy et Norma Nahoun se complètent idéalement en Fenton et Nanetta, lui manquant parfois de brillant mais d’un beau raffinement vocal, elle irrésistible de fraicheur et de charme.

Et on se doit de mentionner le Dr Caius incisif d’Eric Vignau et le Pistola ombrageux d’Antoine Garcin, la palme de l’humour revenant au Bardolfo d’Antoine Normand, hilarant de bout en bout.

Belle prestation des chœurs maison, toujours impeccablement préparés par Emmanuel Trenque. Galvanisant ses musiciens, Jean-Yves Ossonce connaît son Verdi sur le bout des doigts et sait donner naissance à la folie contenue dans la partition sans jamais perdre de vue l’architecture sonore, tenue d’une main de maître.

Une belle façon de terminer la saison, dans un tourbillon musical jubilatoire.

Tours. Grand Théâtre, 23 mai 2014. Giuseppe Verdi : Falstaff. Livret d’Arrigo Boito d’après William Shakespeare. Avec Falstaff : Lionel Lhôte ; Mrs Alice Ford : Isabelle Cals ; Ford : Enrico Marrucci ; Mrs Meg Page : Delphine Haidan ; Mrs Quickly : Nona Javakhidze ; Nanetta : Norma Nahoun ; Fenton : Sébastien Droy ; Dr Caius : Eric Vignau ; Bardolfo : Antoine Normand ; Pistola : Antoine Garcin. Chœurs de l’Opéra de Tours ; Chef de chœur : Emmanuel Trenque. Orchestre Symphonique Région Centre-Tours. Direction musicale : Jean-Yves Ossonce. Mise en scène : Gilles Bouillon ; Décors : Nathalie Holt ; Costumes : Marc Anselmi ; Lumières : Michel Theuil ; Dramaturgie : Bernard Pico.

Illustration : le Falstaff de Lionel Lhote © F. Berthon – Opéra de Tours 2014

L’Aiglon (Ibert, Honegger, 1937)

Tours, Opéra. L’Aiglon (Ibert, Honegger, 1937), les 17, 19 et 21 mai 2013 …

Après l’Opéra de Lausanne (Suisse), l’Opéra de Tours se passionne pour L’Aiglon, opéra de 1927, signé par le duo de compositeurs : Ibert et Honegger… 3 dates événement les 17, 19 et 21 mai 2013.

C’est le temps fort de la saison lyrique 12-13 de l’Opéra de Tours : L’Aiglon occupe la scène tourangelle, une œuvre au noir, moins politique que psychologique, portée entre autres par la confrontation de plus en plus terrifiante entre le prince de Metternich (Franco Pomponi) et le jeune Duc de Reichstadt (remarquable Carine Séchaye)… Drame historique surtout huit-clos à deux figures (fantastique effrayant de l’acte II), la production lyrique présentée par l’Opéra de Lausanne et donc reprise à Tours en mai, est un spectacle incontournable.

c8mtcxAGAa_201341408K826K52F-2Créé en 1937, l’opéra L’Aiglon évoque la carrière dérisoire du fils de Napoléon. Proclamé roi de Rome à sa naissance en 1811, Napoléon II « régna » quelques jours de 1815 ; mais si son père abdique en sa faveur, les Alliés préfèrent Louis XVIII. Après l’Empire, et ses aspirations décevantes, retour de la monarchie. A Vienne, le jeune héritier encombrant, devient le duc de Reichstadt, et vit cloîtré au Palais de Schönbrunn, auprès de son grand-père maternel François II, empereur d’Autriche, sous la surveillance étroite voire obsessionnelle du ministre Metternich…

Un Duc de 20 ans, aux ailes brisées… 

Le texte de Rostang brosse son portrait en 1831, lorsque les révolutions libertaires européennes laissent espérer un nouveau monde, débarrassé des despotismes monarchiques pour… le retour du fils de Napoléon. On lui fait miroiter de vaines illusions de pouvoir : il a alors 20 ans, l’âge de toutes les illusions et de toutes les manipulations. Trop occulté par l’ombre du père, Napoléon Bonaparte, soumis voire humilié par l’intraitable chancelier Metternich, le jeune homme meurt à propos, de tuberculose en 1832… Auparavant s’exalte et s’enflamme une âme lyrique avortée, pourtant capable d’une ardeur régénérée (Acte IV, le plaine de Wagram : quand l’Aiglon imagine la bataille victorieuse aux côtés de son compagnon fidèle, l’ex grognard Flambeau lequel mourant, imagine soudain qu’il meurt en combattant)…
Ibert, Honegger
L’Aiglon
1937
D’après la pièce d’Edmond Rostand, adaptée par Henri Caïn

Mise en scène : Renée Auphan d’après Patrice Caurier et Moshe Leiser

Tours, Grand Théâtre Opéra
Vendredi 17 mai 2013, 20h
Dimanche 19 mai 2013, 15h
Mardi 21 mai 2013, 20h

Charles Gounod: Roméo et Juliette, nouvelle productionTours, Opéra. Les 25,27 et 29 janvier 2013. Reportage vidéo

grand reportage vidéo
Charles Gounod
Roméo et Juliette (1867)
Nouvelle production
Tours, Opéra
Jean-Yves Ossonce
, direction
Grand reportage vidéo. Opéra orchestral autant que vocal, le
Roméo de Gounod est d’abord sombre
et tragique, revisite l’opéra romantique à sa source berliozienne ;
l’ivresse et l’extase
amoureuse se développent librement surtout dans les 4 duos d’amour entre
les deux adolescents, dont la scène de la chambre à coucher où ils se
donnent l’un à l’autre, marque le point d’accomplissement… uliette a
très vite la prémonition de sa mort et même Roméo semble ne s’adresser
qu’à la faucheuse dans la dernière partie de l’action. Deux âme pures
sont vouées à la mort comme si l’issue fatale ne pouvait, ne devait que
s’accomplir pour réaliser leur union au-delà de la vie, au-delà des
haines fratricides qui corrompent le destin de leurs familles respectives,
Capulet contre Montaigus… Entretien
avec Jean-Yves Ossonce, Paul-Emile Fourny, Anne-Catherine Gillet,
Florian Laconi à propos de la nouvelle production événement de Roméo et
Juliette de Charles Gounod à l’Opéra de Tours, puis à l’Opéra d’Avignon,
l’Opéra de Metz, l’Opéra de Reims puis l’Opéra de Massy
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En 1867, à l’époque où Verdi fait créer son Don Carlos (avec un “s”, donc en français), Charles Gounod livre l’un des sommets de sa carrière lyrique, Roméo et Juliette d’après Shakespeare, couronnant un parcours tenace et flamboyant en particulier sur la scène du Théâtre Lyrique.

 

La nouvelle production créée à Tours sous la direction de Jean-Yves Ossonce
souligne la couleur tragique et pathétique d’un sommet de l’opéra
français, tout en révélant l’intensité des tableaux successifs: la valse
solitaire et déjà éperdue de Juliette, la scène de la chambre
évidemment, le dernier duo d’amour et de mort, sans omettre la figure ”
moderne ” de frère Laurent, qui contre la bienséance et la loi du père
de Juliette, accepte de marier ses deux enfants selon leur propre
désir… Juvénilité, ardeur, pureté… Jamais Gounod n’a semblé plus
proche du sentiment shakespearien, accomplissant l’expression juste des
deux adolescents portés par un amour qui les dépasse.

 

L’univers visuel du metteur en scène Paul-Emile Fourny rétablit
la place de la nature dans le déroulement des scènes; quelques symboles
clairs soulignent le décalage des adolescents avec leur entourage: un
escalier sans fin traduit la seule échappée possible pour Juliette
tandis que l’imaginaire de son père convoque de part en part l’image
obsessionnel d’un cerf…
Sous la baguette transparente et affûtée de Jean-Yves Ossonce, les deux rôles titres profitent de l’engagement de Anne-Catherine Gillet et de Florian Laconi : la juvénilité ardente des caractères s’illumine d’une nouvel éclat. Production événement
Charles Gounod

Roméo et Juliette
Opéra de Tours

vendredi 25 janvier 2012, 20h


dimanche 27 janvier 2012, 15h


mardi 29 janvier 2012, 20h

Nouvelle production

Paul-Emile Fourny
, mise en scène
Jean-Yves Ossonce, direction