(77) Festival INVENTIO, les 19 et 25 juin 2022

inventio-festival-edition-2022-leo-marillier-annonce-concerts-classiquenewsFestival INVENTIO : les 19 et 25 juin 2022. Everly, Bannost-Villegagnon. 2 nouvelles étapes dans le 77 : Everly le 19 juin puis Bannost-Villegagnon le 25 juin sont les jalons du prochain parcours offert par le festival Inventio à l’initiative de son pilote et directeur artistique Léo Marillier. Les 2 « Concerts-îles » selon le thème du festival cette année (« Notes de voyages ») permettent d’explorer deux sites, écrins surprenants pour explorer de nouveaux territoires et vivre de nouvelles expériences musicales. Le 19 juin, concert avec les Tambours japonais « Wadaiko Makoto », puis le duo flûte / piano : Samuel Casale et Arzhel Rouxel. Le 25 juin, exploration de l’histoire de Bannost-Villegagnon et récital de la pianiste japonaise Yuiko Hasegawa qui joue Ravel, Janacek, Beethoven et Léo Marillier…

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Dimanche 19 juin 2022
Kiosque d’Everly

Parc du miroir 77174 Everly
(en cas de météo capricieuse, l’événement aura lieu dans l’église)

JOURNEE SPECIALE FAMILLES
Lieu témoin de la modernité du compagnonnage, adossé au Parc naturel de la Bassée, le kiosque d’Everly, (réalisé en 2017 avec les pierres de l’ancien château, par les Compagnons du Tour de France) accueille une scène ouverte pour la délectation des familles (entre autres)…

 

 

A partir de 11h30
SCENE OUVERTE aux amateurs et conservatoires
Avec la participation des conservatoires de Bray, de Provins,
Restauration et bar dans le parc

15h30
Tambours japonais Wadaiko Makoto
L’association Wadaiko Makoto développe l’art et l’esprit du tambour traditionnel japonais ou « taiko ». Chaleureux, vibrant, le wadaiko reconnecte depuis des siècles, le corps et l’esprit, tout en faisant groupe dans une démarche collective, être ensemble.

 

 

17h
CONCERT Samuel Casale (flûte) et Arzhel Rouxel (piano) – Couleurs, fantaisie, humour et grand talent… le duo instrumental propose de suivre les périgrinations. musicales… d’une baleine ! Programme :

Jean Cras,  suite en duo en 4 mouvements.
George Crumb, vox balaenae, Ier mvt.
Luis de Pablo, Quatros fragmentos de «KIU» :1 Fantasia, 2 Aria, 3 Burletta, 4 Finale.
Sigfrid Karg-Elert, Impressions exotiques :1 Idylle champêtre, 2 Danse pittoresque, 3 Colibrì, 4 Lotus, 5 Évocation à Brahma.
Mike Mower : Sonata Latino, Bossa Merengova

 

 

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Entrée gratuite
réservation conseillée ici :
https://www.billetweb.fr/inventio-2022?utm_source=sendinblue&utm_campaign=19%20et%2025%20juin&utm_medium=email
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Samedi 25 juin 2022
Bannost-Villegagnon

Eglise Notre-Dame de l’Assomption
2 rue de la Gare, 77970 Bannost
Villegagnon ? Un village et un homme… Provinois , avocat devenu chevalier de Malte, fréquentant les personnages exceptionnels de son époque, doté d’une constitution d’athlète, d’une ambition de conquérant, bon géant marin, ce héros de roman tente de concilier l’idéal chevaleresque du moyen-âge et les idées nouvelles de la Renaissance dans son rapport au monde, et dans sa foi ; cette conviction le conduit à mener une expédition au Brésil où l’ile de la baie de Rio de Janeiro porte encore son nom. C’est son histoire qui précédera le voyage musical par la jeune étoile montante du piano, Yuiko Hasegawa.

 

 

 

18h30
ATELIER-VOIX guidé par  Angélique Niclas, cheffe de choeur
Gratuit sur inscription : 01 64 01 59 29
Projection diaporama histoire de Bannost-Villegagnon

20h
CONCERT Récital de piano : Yuiko Hasegawa
Récits musicaux où, chez Ligeti, Beethoven, et Janacek, une unique expérience, une courte période de vie se mue en un kaléidoscope, une dérive des sensations, grâce à la musique. Au contraire, ces récits chez Ravel et dans la création « Disparve per lo foco » de Léo Marillier, cherchent à sceller des expériences uniques, par l’évocation picturale chez l’un, et par la dévotion à un unique vers de Dante chez l’autre.

Maurice Ravel [1875-1937] : Oiseaux Tristes,
Une barque sur l’Océan – extraits de Miroirs  (1905).
Leos Janacek [1854-1928] : Sonate 1. X. 1905.
Léo Marillier (1995] : Disparve per lo foco (2022).
György Ligeti [1923-2006] : Cordes à vide  (1985).
Ludwig van Beethoven [1770-1827] : Sonate Op.110 (1821)

 

 

21h30 : Après-concert gourmand
offert par la municipalité de Bannost

 

 

ACHETEZ VOS PLACES ici :
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ENTRETIEN AVEC LEO MARILLIER à propos de l’édition 2022 du Festival INVENTIO : - cliquez sur l’image pour accéder à l’intégralité de notre entretien

 

inventio-festival-edition-2022-leo-marillier-annonce-concerts-classiquenewsFESTIVAL INVENTIO 2022 : « Notes de VOYAGES ». Entretien avec Léo Marillier – En Seine-et-Marne, Léo Marillier, violoniste explorateur, réinvente la notion de Festival en cultivant “l’art de glisser des allusions, des fenêtres de découvertes dans le grand répertoire”… un vertige “qu’exacerbe la musique de chambre”. Un festival réussi est une expérience atypique qui doit susciter le vertige voire le choc. Peu de manifestations réussissent ce tour de force. Mais le Festival INVENTIO est en passe d’en devenir un modèle pour tous. Pour son directeur artistique, Léo Marillier, Ulysse est un voyageur en errance, à la fois « étranger et rattaché ». Le parcours d’Ulysse à travers la vision d’Homère et de James Joyce inspire pour le festival INVENTIO 2022, (intitulé « Notes de voyages », 7ème édition), un cycle d’« îles-concerts », chacune marquée par une forte caractérisation artistique où s’exposent les notions de familiareté et d’étrangeté, que le violoniste hors normes, en véritable explorateur des nouvelles formes et expériences musicales, présente et explicite pour CLASSIQUENEWS. Toujours il s’agit de placer le spectateur / l’auditeur en situation critique, où la découverte et la surprise posent le cadre idéal à l’enrichissement, vers le questionnement voire l’accomplissement sinon la révélation… Entretien exclusif.

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FESTIVAL INVENTIO 2022 : « Notes de VOYAGES ». Entretien avec Léo Marillier, directeur artistique

inventio-festival-edition-2022-leo-marillier-annonce-concerts-classiquenewsFESTIVAL INVENTIO 2022 : « Notes de VOYAGES ». Entretien avec Léo Marillier – En Seine-et-Marne, Léo Marillier, violoniste explorateur, réinvente la notion de Festival en cultivant “l’art de glisser des allusions, des fenêtres de découvertes dans le grand répertoire”… un vertige “qu’exacerbe la musique de chambre”. Un festival réussi est une expérience atypique qui doit susciter le vertige voire le choc. Peu de manifestations réussissent ce tour de force. Mais le Festival INVENTIO est en passe d’en devenir un modèle pour tous. Pour son directeur artistique, Léo Marillier, Ulysse est un voyageur en errance, à la fois « étranger et rattaché ». Le parcours d’Ulysse à travers la vision d’Homère et de James Joyce inspire pour le festival INVENTIO 2022, (intitulé « Notes de voyages », 7ème édition), un cycle d’« îles-concerts », chacune marquée par une forte caractérisation artistique où s’exposent les notions de familiareté et d’étrangeté, que le violoniste hors normes, en véritable explorateur des nouvelles formes et expériences musicales, présente et explicite pour CLASSIQUENEWS. Toujours il s’agit de placer le spectateur / l’auditeur en situation critique, où la découverte et la surprise posent le cadre idéal à l’enrichissement, vers le questionnement voire l’accomplissement sinon la révélation… Entretien exclusif.

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Le 19 mai dernier, pour lancer la 7è édition du Festival INVENTIO, aux côtés du comédien Vincent Morieux (à droite), Léo Marillier (à gauche) joue la “Fantaisie théâtrale” qu’il a écrit, inspirée de Joyce : “L’Autre Ulysse”, préambule manifeste au Festival 2022 (DR).

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CLASSIQUENEWS : Quelles passerelles entre « Ulysse » d’Homère et de James Joyce, figure tutélaire de cette septième édition du Festival Inventio et les concerts que vous présentez cette année ?

marillier-leo-violon-inventio-festival-rochberg-variations-classiquenews-concerts-festival-opera-annonce-critique-opera-cdLÉO MARILLIER : « Heureux qui, comme Ulysse, a beaucoup voyagé ». Heureux ? Ulysse, condamné à errer et survivre aux dix ans de son retour en son Ithaque ? Ulysse a-t-il accompli un voyage qui fait de lui un héros ou un homme ? Inventio explore en 2022 ce thème de la nostalgie, de l’endurance-errance, du plaisir, et finalement après un départ de l’édition symbolisé par la fantaisie théâtrale « L’Autre Ulysse », nous faisons escale dans des « îles-concerts ». En écho à Homère, je propose d’articuler autour de James Joyce le programme : ce dernier a réalisé avec son propre « Ulysse » une réaffirmation moderne, vive, comique, anodine et cosmique de la légende homérique. Cette variété d’épithètes pour décrire Joyce autant qu’Homère vient de ce dernier : en grec, polytropos (qui est dans le texte la première tentative pour caractériser Ulysse) signifie inventif, rusé, roublard, vif, errant, souple. Ce sont les voyages qui nous rendent ainsi, à la fois étrangers et rattachés.
De même que dans une bibliothèque, peuvent se trouver Céline à côté de Franquin, et forcer sinon à une comparaison, du moins à une réflexion, de même un programme musical doit faire cohabiter les notions subjectives de familiarité et d’étrangeté. C’est aussi l’étrange, l’étranger qui irrigue la pièce d’ouverture de l’édition : « l’Autre Ulysse » et aussi les concerts. Est-on surpris ? Est-on heureux véritablement, à l’écoute du troisième trio de Schumann ? Quelle est cette sensation de mettre l’oreille sur une pièce inconnue, nouvelle, de poser le pied sur un nouveau continent ? Comment rendre, par des moyens classiques, l’exotisme, comme le fait Jean-Philippe Rameau ? Ou bien ériger des ponts entre culture sud-américaine et Beethoven? Un concert de trio à cordes explorera la musique balkanique-méditerranéenne, cette branche si unique par sa tradition orale, son rapport natif au langage parlé. Jean Cras, navigateur et compositeur, aura sa place cette année, dans une de ses œuvres où la tendresse et la mélancolie se mêlent.
A l’instar de Joyce, dont l’Odyssée se déroule sur l’unique journée du 16 juin 1904, Janáček se propose de mettre en musique une journée (1er octobre 1905) qui aurait été oubliée sans la chronique émouvante de celle-ci. Exilés, Villa-Lobos et Ligeti se font les porte-parole de leurs héritages mariés à la musique savante. George Rochberg lui, saisit l’héritage même de la musique savante,et fait une œuvre-monde à partir du thème du 24ème caprice de Paganini, faisant-défaisant ce dernier à l’instar de la Pénélope homérique. Elliott Carter, dans sa dernière œuvre, composée à 103 ans, dresse dans ses Epigrammes, la chronique d’une vie de recherche et d’expression. Ulysse, l’Odyssée parlent aussi la langue de la nature déchaînée, des rumeurs du monde, explorées par Andrew Norman. Cette rumeur, Xenakis en a fait une science puis un art tout personnel de découverte de la nature profonde du vivant. Et au milieu de ces éléments, le retour d’Ulysse est peut-être plus puissant encore, chargé de promesses, de mémoire, d’abandon : la sonate pour piano op.110 de Beethoven vient illuminer cette édition.

En résumé, ce qui me frappe chez Joyce, et que je tente de reprendre dans la fantaisie théâtrale puis dans les concerts de l’édition « Notes de voyage », c’est l’idée de la fulgurance, de la flèche de la fantaisie, de l’objet artistique, esthétique, sur lequel les sens, l’ouïe, et l’esprit finissent presque par buter tant il est unique.

Premier cosmopolite, Joyce a beaucoup irrigué ma réflexion sur le programme 2022, sur la manière d’attirer le public vers l’inconnu, l’étrange, sur l’art de glisser des allusions, des fenêtres de découvertes dans le grand répertoire. Ce vertige, on peut le trouver avec l’intimité profonde, noyau de la musique de chambre, et le métissage cosmopolite des programmes. J’ai privilégié la rencontre, l’errance entre les époques et les répertoires. Le premier concert, par exemple, où je joue en trio avec piano, en compagnie de Raphaël Chrétien et David Saudubray, verra deux trios – apparemment proches, le second de Brahms et le troisième de Schumann -, se défaire de leurs apparences et ressemblances grâce à la jonction des superbes « Epigrams » d’Elliott Carter, épiphanies musicales s’il en est. On suivra la pianiste Yuiko Hasegawa mettant côte à côte Beethoven et Ravel, ce qui pourrait sembler risqué, mais la construction faite de dérives du reste du programme : Janáček et Ligeti ainsi que « Disparve per lo foco » (l’une de mes pièces pour piano créée pour l’édition) servent de points de ralliement. Le quintette de cuivres « Solstice » dirigé par André Feydy présentera des transcriptions de sa plume mises en regard avec des poésies sur le thème du voyage, récitées par Jacques Bonnaffé. A leur tour, Samuel Casale et Arzhel Rouxel, présenteront ce même thème à la flûte et au piano, dans des itérations plus hallucinées et intimes.

Après la création de « L’Autre Ulysse », rendez-vous pour la projection du splendide film de John Huston « The Dead », adaptation touchante de la dernière nouvelle des « Gens de Dublin » de Joyce, qui est peut-être ce qu’il a fait de plus parfait, concis et surprenant et antichambre d’ « Ulysse ».

 

En Seine-et-Marne,
Léo Marillier, traducteur et lecteur d’Ulysse, fondateur d’INVENTIO,
réinvente la notion de Festival

… l’art de glisser des allusions,
des fenêtres de découvertes
dans le grand répertoire…
un vertige qu’exacerbe la musique de chambre

 

 

CLASSIQUENEWS : Votre activité comme chambriste chevronné influence-t-elle la programmation du festival ?

Léo Marillier joue les 51 caprice variations de George ROCHBERGLÉO MARILLIER : Très certainement ; mon propre développement avec le répertoire a coïncidé avec la naissance du festival Inventio il y a sept ans, ma connaissance de ce dernier avec celle du répertoire. J’essaie de donner au festival un succédané de ce qu’une année de concerts et de réflexion me propose. C’est la raison d’être du festival que de profiter de lieux uniques pour tenter de toucher et titiller de toutes les manières l’oreille, et que la musique de chambre exacerbe. La cohabitation, ou l’entente même entre la musique contemporaine et le répertoire classique, peut, doit ouvrir les portes de la perception, l’une irriguant l’autre, la musique contemporaine pouvant refondre rétroactivement une forme sonate, une cadence parfaite ; et de même pour les interprètes, cette cohabitation permet une fraîcheur. Même travail pour rayer la différence entre musique écrite et musique de tradition orale, comme avec le duo Julia Sonoimeri à l’accordéon et Clément Roger à l’euphonium et le duo de guitares Kappes-Ramond.

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelle expérience artistique privilégiez-vous avec vos partenaires instrumentistes à chaque édition?

LÉO MARILLIER : Je cherche un certain lâcher-prise, presque un dépaysement avec mes partenaires. Que ce soit dans la préparation, ou dans l’action du concert. Atteindre une étape de travail et de familiarité, une connaissance de l’œuvre qui permette de se défaire de soi pour arriver à n’être qu’un lien avec l’autre – parfois ce lien est étrange, selon les œuvres – mais il est toujours unique. Je bâtis les programmes selon la confiance qui fait cohabiter les instrumentistes au sein d’un même objectif – car le lâcher-prise requiert cette confiance presque aveugle mais en tout cas jamais sourde… De même l’édition 2022 offre aux festivaliers de prendre part à des ateliers de chant choral et des ateliers de musicothérapie pour engager cette question du lâcher-prise et de l’ouverture.

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelles sont les nouvelles “pistes” musicales et artistiques que vous tentez d’explorer et de réaliser pour Inventio ?

LÉO MARILLIER : Ce qui me tient à cœur, c’est de faire participer le lieu à la construction du programme. Une salle de concert a beau avoir été traversée par tel ou tel interprète, elle n’en demeure pas moins relativement neutre. Les lieux du festival, eux, sont chargés et y pénétrer est déjà participer d’une nouvelle histoire. Les églises possèdent une aura particulière qui invite à l’écoute : cette année, l’église de Villegagnon, village du personnage exceptionnel de Villegagnon, ami de Ronsard et de Rabelais, conquérant à la carrure de héros de roman qui a tenté de concilier l’idéal chevaleresque du moyen-âge et les idées nouvelles de la Renaissance sur le monde, et sa foi ; cette conviction l’a conduit  à mener une expédition au Brésil  où l’île de la baie de Janeiro porte encore son nom…. Evidemment, les interprètes n’y sont ni à la chaire ni à l’autel, mais présentent un programme taillé pour eux-mêmes et pour le lieu. Ma piste constante est l’exploration de ces lieux, et ces dernières années j’ai voulu privilégier les ensembles hétérogènes, les œuvres qui articulent ces lieux, les structurent, rendent leur vibration possible plutôt que latente (ainsi, les flèches acérées d’un Bartok, l’ordre mobile et faisant foi de l’Art de la Fugue de Bach…). Cette considération me permet, en tant que directeur artistique de questionner le lieu, ses possibilités, dialoguer avec les interprètes à ce sujet qui le transmettent instantanément au public : c’est cette énergie qui me traverse également lorsque je joue lors du festival. Il s’agit de rendre le lieu adéquat, l’interprète et le public aussi.
Les formations faites d’instruments complémentaires et diversifiés en termes de famille m’intéressent beaucoup aussi. Comment parvenir à concentrer l’écoute, leur donner leur focus grâce à ces lieux exceptionnels et insolites transformés en scènes éphémères : la Galleria Continua Les Moulins, ancienne papeterie dont les roues hydrauliques, les charpentes et poutres métalliques apparentes, irriguée aujourd’hui par l’énergie d’œuvres monumentales de Daniel Buren, Anish Kapoor…, le Musée vivant du Chemin de Fer situé dans la rotonde de Longueville regorgeant de machines à vapeur colossales datant de 1866 à 1943, le kiosque d’Everly, lieu témoin de la modernité du compagnonnage, adossé au Parc naturel de la Bassée, et sur les bords de Marne, fait de métal, de toile, de bois, et surtout de poésie se dresse le Chapiteau de la Ferté-sous-Jouarre et sur le quai D de la gare d’Asnières-sur-Seine, le badaud n’a qu’à pousser une porte dérobée et le voilà au Théâtre du Voyageur…

 

 

ULYSSE – LÉO : d’Ulysse à l’Autre Ulysse…

 

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CLASSIQUENEWS : Les festivaliers vous ont découvert acteur et auteur dramatique lors du premier événement artistique 2022 à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (le 19 mai dernier). Pouvez-vous nous préciser votre relation personnelle à Joyce qui a semble-t-il influencé l’écriture de votre « fantaisie théâtrale », « L’Autre Joyce » ainsi créée à Paris ?

LÉO MARILLIER :« Ulysse » de Joyce est l’ouvrage de littérature le plus audacieux, et le plus parfait qui soit dans son audace, tant sa forme est modelée par son contenu, et quel contenu ! Comme la lecture d’Ulysse peut égarer, répugner, attirer, fasciner, d’une page à l’autre, je pense que les conditions d’origine de cette expérience déterminent grandement la réception de pareille œuvre, pareil roman. Pour ma part je n’ai pas lu Ulysse en ayant connaissance des classiques : Homère et Virgile mais j’avais Dante. C’est plutôt la littérature inspirée de Joyce qui a été la source de ma curiosité pour Joyce, qui est devenu une sorte de géant caché derrière d’autres géants : Yourcenar, Beckett, Borges, Eco. J’ai halluciné la première fois que j’ai lu Ulysse. Cela pour dire que je n’ai rien compris, mais qu’une blague, en deuxième page, m’a fait continuer. Chaque lecture d’Ulysse, depuis (c’est la cinquième, actuellement) requiert de plus en plus de temps, cas unique pour un livre chez moi, non à cause de la difficulté, ni de l’érudition qui en ralentirait le flux, mais grâce au plaisir que j’y prends. Pour dédoubler cette lecture, je réalise ma propre traduction d’Ulysse.

La loi de Joyce est l’alternance, la complémentarité des points de vue : une phrase dite par l’un, la suivante pensée par l’autre puis on saute au narrateur… pour moi Joyce est à la fois ce grand manipulateur, ce grand révélateur, et cet immense facétieux, car Ulysse est un livre comique. On n’y croise aucun héros, seulement des prétendants, les dauphins de leur propre vie.

Rien ne s’y passe en apparence ; c’est un jeudi un peu chaud de juin à Dublin. Et pourtant c’est dans ce terreau d’immobilisme que Joyce a trouvé que les questions quotidiennes, les tracas, les bordels dans lesquels on se met, répondaient, étaient la réplique à la fois réduite et tellement exacerbée de ces grands gestes réalisés par Odysseus ou Achille chez Homère, Enée chez Virgile, et j’en passe. Nous sommes redevables à Joyce de nous avoir mis en face des modèles, et par là-même de nous relier à nous-mêmes, et somme toute à des modèles d’action simple, non héroïque, sociale, empathique. Oui, Joyce nous relie les uns aux autres.

Parmi la palanquée de personnages d’Ulysse, je pourrais, oui, vous dire qu’il y a des personnages principaux… il y en a que l’on suit plus longtemps que d’autres. Et pourtant, à vrai dire, je ne serais pas si convaincu que certains pour affirmer que Leopold Bloom EST Ulysse… querelle d’experts mais problème bien réel lors de la lecture du roman. La magie de Joyce est qu’il nous fait remarquer que certains jours, nous sommes le personnage secondaire, le serviteur, le commentateur de la journée, d’autres jours nous sommes le personnage principal, le roi, le héros.

Chez Ulysse, nous suivons entre autres Stephen Dedalus – l’un des deux personnages de ma pièce « l’Autre Ulysse » – qui est considéré comme l’alter ego de Joyce, son nom de plume pendant un temps, sorte de génie guidé par des appels à la grandeur, et stimulé par de multiples ébats, en prise avec la difficulté de sa vie. Dedalus est peut-être secondaire, en tous cas commentateur, il subit l’histoire du roman et son Histoire, s’en relève au fur et à mesure (à l’aide de bière), et finit son parcours dans le roman par un geste unique, violent et magnifique, jamais tenté par quelque personnage que ce soit auparavant : il quitte le roman. Il nous hisse presque avec lui, lors de son avènement hors du roman laquelle coïncide avec la présence de plus en plus choquante, rigolote, dérangeante d’effets de langue, de choix de vocabulaire, de formulations qui colorent de manière unique la trame du roman.
Ainsi, le chapitre 14 qui se déroule dans une maternité, commence en vieil anglais, traverse les époques, puis débouche sur un genre de patois du futur, alors même que l’on parle d’une femme qui donne naissance. Ces effets sont comme la patte de Joyce s’affermissant, dirigeant la lecture, lui donnant un focus comme un cinéaste donnerait un angle particulier ou un plan continu sur une séquence, un décor apparemment bigarré. Ces chapitres finaux d’Ulysse sont des exercices de lévitation littéraire – on ignore ce qui est à comprendre, la langue n’est plus érudite, elle est simplement en progrès sous nos yeux.
Cet acte de renaissance a été pour moi le point de départ de l’écriture de la fantaisie théâtrale « L’Autre Ulysse » : deux personnages exilés, Stephen extrait du roman et Personne, personnage fictif qui pense avoir été expulsé par Joyce à l’issue d’une phase d’écriture du romancier. Tous deux cherchent une parole particulière. Le gourou, le maître, dans la pièce, c’est Stephen qui pèse, soupèse les paroles de Personne qui échafaude la formulation de sa mémoire. Leurs rôles finissent presque par s’inverser, alors même qu’il semble difficile d’affirmer que quelque chose ait vraiment eu lieu, si ce n’est de l’incompréhension, ou de l’incertitude. Car c’est, l’élément qui permet de garder intact le caractère d’Ulysse au théâtre : l’incertitude. Personne est-il vraiment ce qu’il prétend être ? Stephen est-il parti pour de bon ? Molly Bloom va-t-elle continuer à tromper Leopold ? Que savons-nous de plus sur nous à la fin d’une journée par rapport à son début ? Comment passer d’une journée à l’autre alors que 97% de nos pensées restent identiques ? L’incertitude fait voyager.

 

 

Propos recueillis en mai 2022

 

 

 

 

 

 

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AGENDA : 7è Festival INVENTIO, du 19 mai au 17 septembre 2022  -  LIRE notre présentation du Festival INVENTIO 2022 : http://www.classiquenews.com/75-92-77-festival-inventio-2022-19-mai-17-sept-2022-notes-de-voyage/

 

inventio l autre ulysse joyce leo marillier fantaisie opera classiquenews inventio 2022(75, 92, 77). FESTIVAL INVENTIO 2022 : 19 mai – 17 sept 2022. Le 7 ème Festival INVENTIO a lieu de mai à septembre 2022 ; il est conçu par son directeur artistique, le violoniste LÉO MARILLIER (membre du Quatuor Diotima depuis déc 2021) dont CLASSIQUENEWS avait rendu compte du fabuleux disque dédié aux Variations de Rochberg (première mondiale enregistrée / CLIC de CLASSIQUENEWS 2022, mars 2022) : l’édition 2022 célèbre l’esprit voyageur, le mouvement des déplacements, l’expérience du changement et des rencontres. Le titre l’indique parfaitement « Notes de voyage ». Le festival 2022 propose plusieurs jalons d’une formidable odyssée ; après son ouverture (le 19 mai, à la Bibliothèque Sainte-Geneviève à PARIS, pour un spectacle théâtral conçu par Léo Marillier, dédié au Centenaire de la publication d’Ulysse de James Joyce), de juin à sept 2022 : théâtre, scène ouverte, film, replays… EN LIRE PLUS

 

 

 

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ANNONCE concert du 10 juin 2022, à Asnières sur Seine : Trios avec piano de Schumann et Brahms – 12 épigrammes de Carter :

 

inventio 2022 concert du 10 juin 2022INVENTIO 2022 : ven 10 juin (Asnières, 92). Trios avec piano : Brahms, Schumann, Carter… « Dans un lieu insolite totalement hors du temps…Sur le quai D de la gare d’Asnières-sur-Seine, le badaud n’a qu’à pousser une porte dérobée. Et le voilà au Théâtre du Voyageur ! »  -  Les germaniques Brahms et Schumann mêlent le premier romantisme, apparenté au gothique, l’éveil de l’inconscient et de la rêverie de la nature, au second romantisme, plus intime, musicalement conscient de la musique du passé. Leurs trios avec piano associent introspection et clarté ; ceux joués le 10 juin sont aux antipodes l’un de l’autre : « chez Brahms, exploration solaire ; chez Schumann, écoute de l’ombre ». Les épigrammes d’Elliott Carter, ultime œuvre d’un compositeur alors centenaire regroupent 12 miniatures inclassables,… « fusées de lucidité projetées dans l’espace

 

 

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Le dernier cd enregistré par Léo Marillier : les 51 Variations de Georg Rochberg d’après Paganini – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2022 :

 

rochberg-georg-leo-marillier-violon-violin-caprice-variations-critique-cd-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-entretien-interview-leo-marillierCRITIQUE CD événement. GEORGE ROCHBERG : Caprice Variations pour violon seul. Léo MARILLIER, violon (1 cd Albany) – Le propos tient du marathon ; d’une gageure en réalité inimaginable pour un seul soliste. C’est peu dire que les 51 Variations ici enchaînées (et jouées pour l’enregistrement d’une traite) composent un défi et une performance hors normes ; il ne dépend que de l’endurance et de la concentration de l’interprète, son aptitude à traverser chaque épisode contrasté de ce cheminement aux surprises incessantes qui outre leur exigence pour l’instrumentiste, questionnent le matériau musical, la forme, l’écriture, le sens et la direction d’un développement.
A la façon de James Joyce, celui d’Ulysse, George Rochberg en 1970 dessine tout un parcours d’un constant renouvellement, qui semble ouvrir de multiples portes, chacune jouant des styles, des effets, des caractères, des nuances les plus extrêmes… La palette des émotions est infinie, mais toujours dans le geste unitaire du violoniste se précise peu à peu une volonté indéfectible ; de ce questionnement en forme de labyrinthe, serpente et prend forme la réponse jusqu’à l’élucidation finale (51è variation, qui est en réalité, la source du périple : le 24è Caprice de Paganini, celui là même que Rachmaninov a célébré lui aussi dans sa fameuse Rhapsodie de 1934), une course contre le temps et la nécessité temporelle qui se fait pensée, célébration de la liberté. LIRE la critique du cd complète ICI

 

 

 

 

Festival INVENTIO 2022 (Asnières, 92). Trios avec piano : Brahms, Schumann, Carter…

inventio 2022 concert du 10 juin 2022INVENTIO 2022 : ven 10 juin (Asnières, 92). Trios avec piano : Brahms, Schumann, Carter… « Dans un lieu insolite totalement hors du temps…Sur le quai D de la gare d’Asnières-sur-Seine, le badaud n’a qu’à pousser une porte dérobée. Et le voilà au Théâtre du Voyageur ! »  -  Les germaniques Brahms et Schumann mêlent le premier romantisme, apparenté au gothique, l’éveil de l’inconscient et de la rêverie de la nature, au second romantisme, plus intime, musicalement conscient de la musique du passé. Leurs trios avec piano associent introspection et clarté ; ceux joués le 10 juin sont aux antipodes l’un de l’autre : « chez Brahms, exploration solaire ; chez Schumann, écoute de l’ombre ». Les épigrammes d’Elliott Carter, ultime œuvre d’un compositeur alors centenaire regroupent 12 miniatures inclassables,… « fusées de lucidité projetées dans l’espace, saturées de toutes les couleurs prodigieuses que peuvent donner un piano, un violon, et un violoncelle quand ils se mêlent…. » . En 2022, le Festival Inventio part à la découverte de l’inconnu, sur les traces du voyageur Ulysse, tel qu’il perdure à travers Homère et surtout James Joyce. Léo Marillier a concocté cette année, un parcours enchanteur constellé de « concert-île », jalons incontournables d’une nouvelle odyssée à vivre sous la conduite du directeur artistique qui est aussi violoniste, écrivain, comédien… Concert événement.

 

 

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Vendredi 10 juin 2022boutonreservation
20h30 – Asnières-sur-seine (92)
Théâtre du voyageur

Concert trio avec piano
GARE SNCF – Quai D, 34 bis Av. de la Marne
Asnières-sur-Seine 92600

David Saudubray, piano
Léo Marillier, violon
Raphaël Chrétien, violoncelle

Johannes Brahms
Trio no 2 en ut majeur op 87

Elliott Carter, 12 Épigrammes (2012)

Robert Schumann
Trio no 3 en sol mineur op 110

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RÉSERVEZ VOS PLACES ici
https://www.billetweb.fr/shop.php?event=inventio-2022&popup=1

Accès : à 5′ en train depuis gare St Lazare, sortie sur le Théâtre du Voyageur par le Quai D

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Retrouvez ici toute la programmation du Festival INVENTIO 2022 : 
https://www.inventio-music.com/

 

 

LIRE notre grand entretien avec Léo Marillier qui présente la 7ème édition d’INVENTIO 2022, « Notes de Voyage »

 

 

LIRE aussi notre présentation du Festival Inventio 2022
http://www.classiquenews.com/75-92-77-festival-inventio-2022-19-mai-17-sept-2022-notes-de-voyage/

 

 

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(75, 92, 77). FESTIVAL INVENTIO 2022 : 19 mai – 17 sept 2022 : ” Notes de voyage “

inventio l autre ulysse joyce leo marillier fantaisie opera classiquenews inventio 2022(75, 92, 77). FESTIVAL INVENTIO 2022 : 19 mai – 17 sept 2022. Le 7 ème Festival INVENTIO a lieu de mai à septembre 2022 ; il est conçu par son directeur artistique, le violoniste LÉO MARILLIER (membre du Quatuor Diotima depuis déc 2021) dont CLASSIQUENEWS avait rendu compte du fabuleux disque dédié aux Variations de Rochberg (première mondiale enregistrée / CLIC de CLASSIQUENEWS 2022, mars 2022) : l’édition 2022 célèbre l’esprit voyageur, le mouvement des déplacements, l’expérience du changement et des rencontres. Le titre l’indique parfaitement « Notes de voyage ». Le festival 2022 propose plusieurs jalons d’une formidable odyssée ; après son ouverture (le 19 mai, à la Bibliothèque Sainte-Geneviève à PARIS, pour un spectacle théâtral conçu par Léo Marillier, dédié au Centenaire de la publication d’Ulysse de James Joyce), de juin à sept 2022 : théâtre, scène ouverte, film, replays…

 

 

 

Inventio 2022, sur les traces d’Ulysse :
De Schumann et Beethoven, à Rochberg, Ligeti et Xenakis…

 

 

 

marillier-leo-violon-inventio-festival-rochberg-variations-classiquenews-concerts-festival-opera-annonce-critique-opera-cd« Heureux qui, comme Ulysse, a beaucoup voyagé ». Heureux ? Ulysse, condamné à errer et survivre aux dix ans de son retour en son Ithaque ? Ulysse a-t-il accompli finalement un voyage, ce dernier le rend-il un héros ou un homme ? Inventio explore en 2022 ce thème de la nostalgie, de l’endurance-errance, du plaisir, et finalement de ces « îles » que se proposent d’être les concerts. En écho à Homère, je propose d’articuler autour de James Joyce une partie de ce programme … » indique Léo Marillier, pour avant-propos de la 7è édition 2022.
Les concerts Inventio 2022 posent les repères d’un parcours hors normes interrogeant le Trio n°3 de Schumann, l’exotisme chez Rameau, la possibilités de passerelles entre la culture sud-américaine et Beethoven ; la navigation tendre et mélancolique de Jean Cras ; les bruits du monde et de la nature déchainée chez Andrew Newman et Xenakis… sans omettre ce que nous fait comprendre la Sonate opus 110 de Beethoven.
Pluriel et toujours en quête, le Festival ouvre de nouvelles perspectives : « A l’instar de Joyce, dont l’Odyssée se déroule sur l’unique journée du 16 juin 1904, Janacek se propose de parler d’une journée (1er octobre 1905) qui aurait été oubliée sans sa chronique émouvante de celle- ci. Exilés, Villa-Lobos et Ligeti se font les porte-parole de leurs héritages par le biais de la musique savante. Rochberg lui, saisit l’héritage même de la musique savante, et fait une œuvre-monde à partir du thème du 24ème caprice de Paganini, faisant-défaisant ce dernier à l’instar de la Pénélope homérique. Elliott Carter, dans sa dernière œuvre, composée à 103 ans, dresse dans ses Epigrammes la chronique d’une vie de recherche et d’expression «  précise encore Léo Marillier.
Au total, après la création « L’autre Ulysse », le 19 mai 2022 à PARIS, 9 concerts événements vous attendent, en juin (les 9, 10, 19 et 25 juin), les 1er 2 et 3 juillet ; puis les 10 et 17 septembre 2022.

 

 

 

TOUTES LES INFOS, LA BILLETTERIE
Achetez directement vos billets
sur le site du Festival INVENTIO 2022 ici :
https://www.inventio-music.com/festival/calendrier-et-réservations-2022/

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PROGRAMME des 9 CONCERTS

BILLETTERIE EN LIGNE ici : https://www.billetweb.fr/inventio-2022

LANCEMENT le 19 mai 2022
L’Autre Ulysse / Fantaisie théâtrale
PARIS, Bibliothèque Sainte-Genneviève – réservation conseillée ici : https://www.billetweb.fr/lautreulysse

 

 

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9 juin 2022
BRAY, Cinéma Le Renaissance
Film : Gens de Dublin (John Huston)
A la fin de la projection : présentation de l’édition INVENTIO 2022

10 juin 2022
ASNIERES (92), Théâtre du voyageur
Trios à cordes : Brahms, Carter, Schumann
R Chrétien, D Saudubray, L Marillier

19 juin 2022
EVERLY (77), Kiosque
Musique français au parc : flûte / piano
Cras, Ravel, Jongen, Jolivet
S Casale, A Rouxel

25 juin 2022
DONNEMARIE (77), église
D’ici et d’ailleurs : Ravel, Janacek, Ligeti, Beethoven (Opus 110)
Marillier : Disparve per lo foco (création)
Récital de piano : Y Hasegawa

 

 

 

 

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1er juillet 2022
La FERTE SOUS JOUARRE (77), Chapiteau Royal Boui-Boui
Quatuor à cordes : Haydn, Darvishi, Beethoven (Razumovsky)
Quatuor Metamorphoses

2 juillet 2022
BOISSY LE CHATEL (77), Galleria Continua
Récital accordéon / euphonium : bach, Glazounov, Escaich…
J Sinoimeri, C Roger

3 juillet 2022
DONNEMARIE (77), église
Duo de Guitares : Royer, Mompou, Assad…
V Kappes, B Ramond

 

 

 

 

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10 septembre 2022
LONGUEVILLE (77), Rotonde Musée vivant du chemin de fer
Quintette de cuivres, A Feydy / lectures par J Bonnafé
Suites en La : Rameau, Bonnaffé (création)

17 septembre 2022
PROVINS (77) : Couvent des cordelières
Concert du cd ROCHBERG VARIATIONS, Bach, Xenakis
Léo Marillier, violon

 

 

 

 

 

 

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VOIR LE TEASER VIDÉO Festival INVENTIO 2022 :

 

 

 

 

 

 

 

 

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LIRE aussi notre GRAND ENTRETIEN avec Léo MARILLIER, directeur artistique du Festival Inventio - ICI :

inventio-festival-edition-2022-leo-marillier-annonce-concerts-classiquenewsFESTIVAL INVENTIO 2022 : « Notes de VOYAGES ». Entretien avec Léo Marillier – En Seine-et-Marne, Léo Marillier, violoniste explorateur, réinvente la notion de Festival en cultivant “l’art de glisser des allusions, des fenêtres de découvertes dans le grand répertoire”… un vertige “qu’exacerbe la musique de chambre”. Un festival réussi est une expérience atypique qui doit susciter le vertige voire le choc. Peu de manifestations réussissent ce tour de force. Mais le Festival INVENTIO est en passe d’en devenir un modèle pour tous. Pour son directeur artistique, Léo Marillier, Ulysse est un voyageur en errance, à la fois « étranger et rattaché ». Le parcours d’Ulysse à travers la vision d’Homère et de James Joyce inspire pour le festival INVENTIO 2022, (intitulé « Notes de voyages », 7ème édition), un cycle d’« îles-concerts », chacune marquée par une forte caractérisation artistique où s’exposent les notions de familiareté et d’étrangeté, que le violoniste hors normes, en véritable explorateur des nouvelles formes et expériences musicales, présente et explicite pour CLASSIQUENEWS. Toujours il s’agit de placer le spectateur / l’auditeur en situation critique, où la découverte et la surprise posent le cadre idéal à l’enrichissement, vers le questionnement voire l’accomplissement sinon la révélation… Entretien exclusif. LIRE L’intégralité de notre entretien avec Léo Marillier

 

 

 

FESTIVAL INVENTIO 2022 : L’Autre Ulysse, fantaisie théâtrale de Léo Marillier

inventio l autre ulysse joyce leo marillier fantaisie opera classiquenews inventio 2022FESTIVAL INVENTIO, jeudi 19 mai 2022, L’AUTRE ULYSSE – 100 ans de la publication d’Ulysse de James Joyce. Entre musique et littérature, le premier événement du FESTIVAL INVENTIO 2022 célèbre le centenaire de la publication d’Ulysse de James Joyce, fresque fleuve, flamboyante et faussement décousue, dont la construction et la langue polymorphe égalent Homère. Le violoniste Léo Marillier, directeur artistique du Festival honore la verve, l’audace, la truculence fraternelle d’un Joyce falstaffien dans ce programme intitulé « L’Autre Ulysse », fantaisie théâtrale dont le texte et la mise en scène sont assurés par lui-même, à partir d’extraits d’Ulysse de Joyce.

Ainsi commence le 7è Festival Inventio 2022. Intitulé « Notes de voyage », c’est une nouvelle odyssée dont les multiples concerts et événements sont défendus autour de la personnalité hors normes de Léo Marillier par les instrumentistes de la génération montante. Cette année, INVENTIO explore le thème du voyage à travers la musique, le théâtre, le cinéma… « Heureux qui comme Ulysse, a beaucoup voyagé ».

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L’AUTRE ULYSSE

Spectacle inaugural : Fantaisie Théâtraleboutonreservation
PARIS, Bibliothèque Sainte-Geneviève
Jeudi 19 mai – 18h30
Accès gratuit – Réservations conseillées (Jauge restreinte)

Bibliothèque Sainte-Geneviève
10 place du Panthéon, Paris 75005

Pour le centenaire de la publication d’Ulysse de Joyce
Texte original et mise en scène : Léo Marillier
et extraits d’Ulysse (traduction de Léo Marillier, non éditée)
Avec Vincent Morieux et Léo Marillier
Participation des voix de l’association Joyce Saint-Gérand-le-Puy

Présentation par le festival INVENTIO :
Au cœur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, une nuit commence sous le regard attentif, actif, silencieux, des bustes du passé… Entre fiction et réalité, mise en scène de personnages extraits chacun à leur manière du roman de Joyce et à la recherche d’une parole qui place l’inachevé au cœur du labyrinthe, s’inventant au souvenir toujours présent de textes météoriques et follement géniaux d’ « Ulysse » – phare de cette rencontre fantasmée entre les époques et les visions du mythe homérique… »

INFORMATION, BILLETTERIE
Réservez directement sur le site du 7è Festival INVENTIO 2022, ici:
https://www.billetweb.fr/lautreulysse

 

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PROCHAINS EVENEMENTS / CONCERTS :

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Jeudi 9 juin 2022, 20h
Bray sur Seine – 77
20h : Les gens de Dublin
(VO sous-titré français)

Projection cinématographique
Cinéma “Le Renaissance”
16, rue de l’Église, Bray-sur-Seine 77480

Les gens de Dublin (VO sous-titré français)
d’après la dernière nouvelle du recueil éponyme de James Joyce
Entracte gourmand (sous réserve des conditions sanitaires)
22 h : Découverte de l’agenda du festival 2022

L’histoire se passe à Dublin, chez les trois demoiselles Morkan, en 1904. C’est le réveillon, toute la famille se réunit autour d’une oie et de whiskeys. Le repas ne commence qu’après des danses familiales, un morceau de piano, une vieille chanson et une étrange histoire bien racontée. Au dîner, sous l’effet de la bonne nourriture et des alcools, les langues se délient et expriment ses idées ou ses souvenirs. Un discours de Gabriel très émouvant aidera chacun à se révéler. Lors du départ, un air lointain fredonné provoquera une grande nostalgie chez Gretta qui évoquera à son mari, de retour chez eux, son amour de jeunesse. Des photos de paysages irlandais clôturent ce testament cinématographique de John Huston.


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Vendredi 10 juin 2022, 20h30
Asnière sur Seine (92)

Concert trio avec piano
Théâtre du voyageur
GARE SNCF – Quai D, 34 bis Av. de la Marne

David Saudubray, piano
Léo Marillier, violon
Raphaël Chrétien, violoncelle

Johannes Brahms,
Trio no 2 en ut majeur op 87

Elliott Carter, 12 Épigrammes (2012)

Robert Schumann,
Trio no 3 en sol mineur op 110

Brahms et Schumann mêlent le premier romantisme, apparenté au gothique, l’éveil de l’inconscient et de la rêverie de la nature, au second romantisme, plus intime, musicalement conscient de la musique du passé. Leurs trios avec piano constituent un sommet d’introspection et de clarté ; ceux présentés ce 10 juin sont aux antipodes l’un de l’autre : chez Brahms, exploration solaire ; chez Schumann, écoute de l’ombre. En guise de compagnon pour cette soirée, les épigrammes d’Elliott Carter, ultime œuvre d’un compositeur alors centenaire : 12 miniatures comme autant de fusées de lucidité projetées dans l’espace, saturées de couleurs prodigieuses permises par un piano, un violon, et un violoncelle quand ils se mêlent et dialoguent.

 

 

 

 

 

 

 

 

VOIR LE CLIP du FESTIVAL INVENTIO 2022
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https://www.youtube.com/watch?v=U5qT25ce3Z4

 

 

 

 

 

 

CRITIQUE CD événement. GEORGE ROCHBERG : Caprice Variations pour violon seul. Léo MARILLIER, violon (1 cd Albany)

rochberg-georg-leo-marillier-violon-violin-caprice-variations-critique-cd-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-entretien-interview-leo-marillierCRITIQUE CD événement. GEORGE ROCHBERG : Caprice Variations pour violon seul. Léo MARILLIER, violon (1 cd Albany) – Le propos tient du marathon ; d’une gageure en réalité inimaginable pour un seul soliste. C’est peu dire que les 51 Variations ici enchaînées (et jouées pour l’enregistrement d’une traite) composent un défi et une performance hors normes ; il ne dépend que de l’endurance et de la concentration de l’interprète, son aptitude à traverser chaque épisode contrasté de ce cheminement aux surprises incessantes qui outre leur exigence pour l’instrumentiste, questionnent le matériau musical, la forme, l’écriture, le sens et la direction d’un développement.
A la façon de James Joyce, celui d’Ulysse, George Rochberg en 1970 dessine tout un parcours d’un constant renouvellement, qui semble ouvrir de multiples portes, chacune jouant des styles, des effets, des caractères, des nuances les plus extrêmes… La palette des émotions est infinie, mais toujours dans le geste unitaire du violoniste se précise peu à peu une volonté indéfectible ; de ce questionnement en forme de labyrinthe, serpente et prend forme la réponse jusqu’à l’élucidation finale (51è variation, qui est en réalité, la source du périple : le 24è Caprice de Paganini, celui là même que Rachmaninov a célébré lui aussi dans sa fameuse Rhapsodie de 1934), une course contre le temps et la nécessité temporelle qui se fait pensée, célébration de la liberté.
CLIC_macaron_2014Le 24è Caprice, produit d’un rituel de passages et de métamorphoses, cristallise ainsi toutes les tensions et les détentes accumulées, en produit une libération salvatrice. L’effet est saisissant : solaire. Ainsi le chemin s’élève dans la lumière ; de la matière à l’abstraction. A la fois technicien et poète de la matière, le virtuose Léo Marillier n’a pas seulement l’instinct sûr grâce à une technique éloquente et précise ; il comprend et éclaire de l’intérieur chaque séquence, unifiant les 50 jalons vers l’apothéose finale. De sorte que ce qui compte absolument c’est autant la ciselure formelle du cheminement que l’expérience musicale, esthétique, spirituelle qui naît de son déroulement.

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GEORGE ROCHBERG (1918 – 2005) : Caprice Variations pour violon seul (1970). Léo MARILLIER, violon (1 cd Albany) – enregistré en août 2021 – CLIC de CLASSIQUENEWS

APPROFONDIR
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LIRE aussi notre entretien avec Léo Marillier à propos des 51 Caprice Variations de George ROCHBERG :

Léo Marillier joue les 51 caprice variations de George ROCHBERGLe violoniste Léo Marillier dévoile la force et la puissance poétique des « Caprice Variations » composés en 1970 par George Rochberg (1918-2005), compositeur américain d’autant plus méconnu que son écriture opère une réflexion fondamentale sur la musique et les formes musicales. En témoignent ses 51 Variations inspirées de Paganini, point de départ d’un labyrinthe foisonnant, flamboyant qui mêle et interroge tous les styles, en un parcours dont l’architecture échappant à l’évidence, exprime le tumulte même d’une vie tragique, celle précipitée de l’auteur lui-même, foudroyé par une catastrophe personnelle… Léo Marillier, qui est aussi membre du Quatuor Diotima depuis déc 2021, est le premier violoniste français à enregistrer l’intégrale des “Caprice Variations” qui paraît en mars 2022 (après avoir réalisé la création française de l’oeuvre en concert à Paris en 2017). L’interprète en éclaire les incertitudes critiques comme le cheminement allusif.
http://www.classiquenews.com/entretien-avec-leo-marillier-a-propos-des-caprice-variations-de-georg-rochberg/

ENTRETIEN avec Léo Marillier à propos des « Caprice Variations » de Georg ROCHBERG

ENTRETIEN avec Léo Marillier à propos des « Caprice Variations » de Georg ROCHBERG. Le violoniste Léo Marillier dévoile la force et la puissance poétique des « Caprice Variations » composés en 1970 par George Rochberg (1918-2005), compositeur américain d’autant plus méconnu que son écriture opère une réflexion fondamentale sur la musique et les formes musicales. En témoignent ses 51 Variations inspirées de Paganini, point de départ d’un labyrinthe foisonnant, flamboyant qui mêle et interroge tous les styles, en un parcours dont l’architecture échappant à l’évidence, exprime le tumulte même d’une vie tragique, celle précipitée de l’auteur lui-même, foudroyé par une catastrophe personnelle… Léo Marillier, qui est aussi membre du Quatuor Diotima depuis déc 2021, est le premier violoniste français à enregistrer l’intégrale des “Caprice Variations” qui paraît en mars 2022 (après avoir réalisé la création française de l’oeuvre en concert à Paris en 2017). L’interprète en éclaire les incertitudes critiques comme le cheminement allusif.

 

 

marillier-leo-alto-violon-concert-rochberg-variations-critique-cd-annonce-concert-classiquenews-entretien

 Léo Marillier par © Aurélien Melior.

 

 

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CLASSIQUENEWS : Comment présentez-vous l’écriture de Rochberg à travers ses 51 Variations : éclectique, néo classique, néo tonale ? De quelle manière nous fait-il comprendre l’inventivité qui s’offre au compositeur en jouant des styles ?

 

LÉO MARILLIER : George Rochberg était un poly-styliste dans ses oeuvres des années 70, donc il est délicat de pouvoir présenter l’écriture des Caprice Variations sans en faire un catalogue. Je ne le qualifierai pas de néoclassique cependant, car s’il reprend les principes du classicisme ce n’est pas à un niveau de surface à l’instar d’un Stravinsky dans les années 30, mais plutôt d’un Brahms, pour qui l’équilibre des formes, d’un Schönberg pour qui la tenue et le port mélodique sont cruciaux, et hérités de la rhétorique classique de Haydn. Cette attitude, ces réflexes néoclassiques sont ceux qui dominent les premières variations. Ils sont le port d’attache duquel nous partirons de plus en plus loin au cours de l’oeuvre.

Au fur et à mesure de l’oeuvre, de manière assez linéaire, la rhétorique classique se distend, et laisse place à une forme d’inventivité plus épurée, plus moderne. Rochberg, par la dimension «vignettes» qu’implique le genre de la variation, permet de faire comprendre que l’inventivité va dans les deux sens :
le compositeur joue des styles et les styles jouent du compositeur. Certaines variations sont de mon point de vue, des sortes d’aveux -surtout au regard de la modernité des années 60 – tels que l’inventivité requiert du courage pour les mettre sur papier. L’éclectisme est, je dirais, la condition sine qua non de son style et sa compréhension. Aucun emprunt à un style ne pourrait fonctionner sans la présence, quelque part dans les Variations, de son antithèse, son reflet. Les variations néoclassiques, reprenant Brahms, Dvorak, Bach, ne « fonctionnent » que si les Variations sans référence, sans tonalité, sans barres de mesure, sont également là. En jouant des styles, il s’impose de jouer de ces oppositions qu’il s’agit d’évider, d’épuiser…

 
 

CLASSIQUENEWS : Le doute et le questionnement perpétuel portent tout l’édifice. Pour autant décelez-vous au fond du parcours, une impuissance tragique ou une rédemption positive ?

LÉO MARILLIER : Rochberg n’était pas dans une relation rédemptrice à la musique : avec les Variations, il n’a pas cherché à rédimer ou faire renaître son fils Paul. De même, un sentiment tragique, s’il peut paraître important dans le contexte biographique de l’auteur des Caprice Variations : guerre du Vietnam, mort de Paul, modernité éclatée, n’est pas la raison de la conduite si singulière de l’oeuvre. Il l’est davantage, je le pense, dans une autre de ses oeuvres : « Music for the Magic
Theater ».

 

 

Un jeu de styles qui dévoile la singularité du réel

 

 

rochberg-georg-leo-marillier-violon-violin-caprice-variations-critique-cd-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-entretien-interview-leo-marillierIl n’y a pas non plus ici d’impuissance à la Beckett de moment où l’oeuvre, l’énoncé des notes, se transforme en babil, comme il y aurait dans le théâtre de Beckett, si ce n’est de manière volontaire parodique – je pense essentiellement à la variation 45. Il y a cependant une impuissance généralisée, non dans la parole et l’acte créateurs, mais dans le fait de vivre pour Rochberg à ce moment-là. Celle ci conduit à une réflexion très forte dans le texte « No Center » notamment où plutôt que l’impuissance ou la rédemption, c’est la nécessité qui conduit l’oeuvre à être créée. Trouver de nouvelles manières d’échapper aux hiérarchies de certaines formes, classiques ou sérielles, pour percer le filtre de la forme et atteindre le fond, toucher le fond. N’oublions pas qu’une pareille expérience de réalisme musical est menée dans les mêmes années par George Crumb, ami et collègue de Rochberg, avec son « Black Angels ».
Rochberg ne cherche pas à se rédimer par cette oeuvre peut-être veut-il savoir où se trouve son centre, ainsi que celui de la musique d’où le fait que le thème se fasse attendre tout le long des Variations.
A la fin du parcours de l’oeuvre ce qui domine, c’est le fait d’avoir atteint un pays fertile très étrange, polysémique, polymorphe dont on peut tenir en notre esprit la singularité. Une résolution particulière traverse les dernières pages et les cinq dernières Variations car elles s’enfoncent de plus en plus profondément dans le mystère de leur
contemplation.

 
 

 

CLASSIQUENEWS : Quels sont les plus grands défis pour l’interprète dans la réalisation du cycle que vous avez tenu à jouer / enregistrer comme s’il s’agissait de la continuité ‘un concert ?

LÉO MARILLIER : En dehors de la technicité requise pour parfaire l’oeuvre, la grande difficulté est de réaliser quelles variations participent d’un parcours qui les recouvre du début à la fin, et quelles autres sont en quelque sorte des «impasses», des apartés. Comprendre cela permet de mettre en regard des variations jugées « d’un second ordre », comme étant des essais avortés de la part du
compositeur avec des variations dont le placement dans cet ordre est surprenant.
En effet les variations, dans leur ordre de publication, s’enfoncent, s’élèvent de plus en plus vers la modernité – mais certaines premières variations sont des prémonitions de cet élan qui sera actualisé plus tard dans l’oeuvre. De même la fin de l’oeuvre compte des variations d’allure classique, comme des réminiscences isolées. J’ai joué à quelques reprises les variations dans un ordre plus libre, mais l’effet de la pièce dans son ordonnancement originel de publication est tel que je ne pouvais adopter un autre ordre lors de l’enregistrement.
L’autre difficulté consiste à pouvoir renouveler l’écoute malgré le fait que toute cette musique tourne autour de la note « la ». Il faut creuser très loin pour pouvoir trouver encore une énergie, un détail d’articulation qui donnera à telle ou telle variation, son charme et faire dépasser son stade de variation sur le chemin de la totalité de la pièce.

 
 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi Rochberg a-t-il choisi comme préambule ce Caprice XXIV de Paganini ?

LÉO MARILLIER : Pour la simplicité presque désarmante de la structure de son thème. Malléable à l’infini, chargé d’une histoire conséquente – il a été auparavant varié par Brahms, Liszt, Rachmaninoff, Lutoslawski…, ce mythique caprice permet à George Rochberg de puiser dans un genre d’inconscient collectif musical. C’est un peu le point zéro, le centre creux du phénomène musical, ce d’autant plus que le thème n’est véritablement existant qu’aux derniers instants de l’oeuvre, n’apparaissant en tant que tel qu’à ce moment-là.

Propos recueillis en février 2022.

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rochberg-georg-leo-marillier-violon-violin-caprice-variations-critique-cd-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-entretien-interview-leo-marillierCD événement : Léo Marillier, violon. ROCHBERG : 51CLIC D'OR macaron 200 Caprice Variations – 1 cd Albany records. Parution : le 9 mars 2022. Prochaine critique du cd à venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

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Entretien précédent avec Léo Marillier, à propos du Festival INVENTIO en Seine-et-Marne… juin 2021  -

festival-inventio festival 2021 annonce programmation concerts classiquenews reservationsFESTIVAL INVENTIO 2021. Entretien avec Léo Marillier, directeur artistique. Présentation et enjeux du Festival INVENTIO 2021, 6è édition, sur le thème « Ecouter voir » … Fondateur du festival INVENTIO en Seine et Marne, le violoniste Léo Marillier en assure aussi la direction artistique. Le musicien place au cœur de son projet musical, l’humain, l’exploration voire l’expérimentation en partage à destination du plus large public possible, avec une dose exaltante de création car le directeur artistique est aussi compositeur (dont les œuvres sont jouées par son propre Quatuor, le Quatuor JOYCE). Bel acte de démocratisation de la musique qui profite aussi aux expériences multiples, aux métissages fraternels, à une théatralisation créative des instrumentistes, mis en dialogue avec les sites les plus dépaysants voire enchanteurs de Seine-et-Marne (Théâtre du Voyageur, Galleria Continua…)… Cette année le thème « écouter voir » tisse un nouveau parcours exaltant entre musique et peinture… entretien exclusif.

http://www.classiquenews.com/festival-inventio-2021-entretien-avec-leo-marillier-directeur-artistique-presentation-et-enjeux-de-la-6e-edition/

 

 

77, 75 – Festival INVENTIO 2021, acte II : les 4, 18, 25, 30 sept 2021

7inventio-concerts-festival-concerts-VIGNETTE-20217, 75 – Festival INVENTIO 2021, acte II : les 4, 18, 25, 30 sept 2021. A Beauchery, Provins, Egligny, enfin Paris (Fondation des Etats-Unis), le violoniste Léo Marillier, directeur artistique du festival Inventio propose 4 rvs musicaux événements en Seine et Marne et à Paris.

 

La suite du Festival INVENTIO
4 événements musicaux en septembre 2021

 

 

Samedi 4 septembre 2021inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenews
Eglise Beauchery-Saint-Martin
3, rue de la Fontaine, 77560 Beauchery

19h : Ouverture au Taï Chi Chuan
20h : Concert guidé : La gamme à travers la couleur
Quatuor Joyce

J.S. Bach : Contrapunctus 1 & 9 from the Art of Fugue
Ivan Wyschnegradsky : String Trio op.53 (1978-1979)
J.S. Bach : Contrapunctus 8
Anton von Webern : Quartet (1905)
Ivan Wyschnegradsky : String quartet n°2 (1930-1931)

Le quatuor Joyce rend hommage au compositeur russe, Ivan Wyschnegradsky, pionnier reconnu mais secret, dont l’œuvre tout entière tend vers un désir musical adossé à l’arc-en-ciel. Son travail musical d’une extrême fécondité s’inscrit dans un projet de mosaïque lumineuse d’inspiration mystique dont le concert témoigne grâce à une immersion visuelle.

 

 

 

inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenewsSamedi 18 septembre 2021
Musée de Provins et du Provinois
7 Rue du Palais, 77160 Provins

15h : TABLE RONDE
Avec Bruno Ducol, Franck Yesnikian, Lu Xiangcheng, Léo Marillier

Parmi les compositeurs géniaux confrontant autrement rythmes et couleurs et nous dévoilant les perspectives énigmatiques nées de cette rencontre, citons Alexandre Scriabine, Arnold Schoenberg, Olivier Messiaen et Ivan Wyschnegradsky… Quels sont en effet les rapports entre sons et musique, quelles traductions entre la musique et les autres arts peuvent s’opérer? Questions qui orientent les échanges de cette table ronde, animée par quatre musiciens et chercheurs passionnés : Bruno Ducol, auteur de “L’oeil écoute” et de “Vibrations chromatiques”, Franck Yeznikian dont les oeuvres sont régulièrement irriguées par des passerelles entre la lumière et la musique, Lu Xiangcheng, auteur de la thèse “Synesthésie et immersion : composantes visuelles, sonores et musicales dans la création d’oeuvres artistiques contemporaines”. Léo Marillier, directeur artistique de l’édition 2021 du Festival Inventio intitulée “Écouter voir” et lui aussi compositeur, est l’heureux modérateur de cet échange, illustré de projections et d’extraits musicaux et suivi d’un débat avec le public.

 

 

 

Samedi 25 septembre 2021inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenews
Abbaye de Preuilly
Avenue du Chemin Noir 77440 Égligny

16h : Ouverture au Taï Chi Chuan
Concert à 17h30 : »Tissages”

Fernando Palomeque, piano
Léo Marillier, violon

Franz Liszt : Gondole Lugubre (version violon et piano par Liszt)
Morton Feldman : Spring of Chosroes
Jean Sibelius : Pièces pour violon et piano
L.v. Beethoven : variations WoO 40 pour violon et piano en fa majeur
Robert Schumann : Märchenbilder op.113
Béla Bartók (1882-1945) : premier portrait op.5 pour orchestre :
‘un idéal’ (1907), version pour violon et piano

Pianiste et chef d’orchestre argentin, Fernando Palomeque est lauréat de nombreux concours internationaux. Partenaire privilégié de Léo Marillier, violoniste né à Provins au parcours de concertiste qui l’a déjà mené aux quatre coins du monde ; son récent concert au Louvre d’Abu Dhabi lui a fait découvrir le plus grand tapis du monde qui lui a inspiré ce concert. Nous suivrons donc fil à fil l’obsession qui mène les compositeurs à des tissages musicaux d’où surgit un fourmillement précieux. Pour ce concert de clôture : l’immense domaine privé de l’ancienne Abbaye de Preuilly dont le manège à chevaux est aménagé en salle de concert.

 

 

 

inventio-septembre-2021-leo-marillier-concerts-annonce-critique-classiquenewsJeudi 30 septembre 201
PARIS, Fondation des Etats-Unis
19h30
Clément Lefebvre, piano
Léo Marillier, violon

Claude Debussy : Syrinx (argt violon seul par L.Marillier) (2021)
Olivier Messiaen : Extraits de « petites esquisses d’oiseau » (1985)

César Franck : Sonate
Benoit Menut : Les Nombres op 93 (2018)
Claude Debussy, : Sonate

Franck, Messiaen, Debussy, Menut, chacun ici est comme saisi à des instants différents d’une quête qui leur est commune : une fusion entre l’histoire des pensées et la beauté singulière de l’idée, une refonte de l’art français, en écho à la fresque « Les Quatre Âges de l’Art Français » de Robert La Montagne Saint-Hubert, œuvre de 1930 qui orne le Grand Salon de la Fondation des Etats-Unis. César Franck dresse une fresque nuptiale en gage de gratitude pour son ami Ysaÿe, la transformant en une renaissance de l’art français ; Debussy donne le plus libre cours possible à son propre imaginaire, y parvenant au bout d’une vie tourmentée ; Benoît Menut concilie l’art de l’hommage avec l’intégrité d’une innovation « sur les épaules des géants » ; enfin Messiaen croise technique, art de la composition, chant millénaire et quotidien des oiseaux.

 

 

CANAP +
Les concerts de juin 2021 en REPLAY ici
https://www.inventio-music.com/festival/calendrier-et-réservations-2021/

TEASER festival INVENTIO 2021
https://www.youtube.com/watch?v=KeSQ9nBqLf8

INFOS ET RESERVATIONS ici :
https://www.inventio-music.com/festival/calendrier-et-réservations-2021/

 

 

FESTIVAL INVENTIO 2021. Entretien avec Léo Marillier, directeur artistique. Présentation et enjeux de la 6è édition

festival-inventio festival 2021 annonce programmation concerts classiquenews reservationsFESTIVAL INVENTIO 2021. Entretien avec Léo Marillier, directeur artistique. Présentation et enjeux du Festival INVENTIO 2021, 6è édition, sur le thème « Ecouter voir » … Fondateur du festival INVENTIO en Seine et Marne, le violoniste Léo Marillier en assure aussi la direction artistique. Le musicien place au cœur de son projet musical, l’humain, l’exploration voire l’expérimentation en partage à destination du plus large public possible, avec une dose exaltante de création car le directeur artistique est aussi compositeur (dont les œuvres sont jouées par son propre Quatuor, le Quatuor JOYCE). Bel acte de démocratisation de la musique qui profite aussi aux expériences multiples, aux métissages fraternels, à une théatralisation créative des instrumentistes, mis en dialogue avec les sites les plus dépaysants voire enchanteurs de Seine-et-Marne (Théâtre du Voyageur, Galleria Continua…)… Cette année le thème « écouter voir » tisse un nouveau parcours exaltant entre musique et peinture… entretien exclusif.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Que vit le festivalier sur les sites des concerts ?

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 LEO MARILLIER : Le dépaysement… Les sites se trouvent en région parisienne et pourtant cela fleure déjà la province… Mais surtout les sites ont tous une caractéristique commune : l’insolite. Je suis fondu d’opéra et chaque fois que je visite un lieu en vue du festival, je le vois comme un théâtre potentiel… On place quelques spots, on apporte une estrade, des chaises… et une scène éphémère surgit le temps d’une soirée ! Parfois ces scènes magiques préexistent, comme le Théâtre du Voyageur à l’emplacement d’une voie désaffectée de la gare d’Asnières : depuis le quai on pousse une porte dérobée et l’on entre dans un théâtre magique, adossé à la ville et en même temps, secrète oasis… C’est merveilleux, inspirant pour nous, musiciens. Ou encore la Galleria Continua Les Moulins, ancienne papeterie reconvertie en galerie d’art où nous jouons à l’ombre d’œuvres monumentales de Daniel Buren ou Anish Kapoor… Ou encore des sites naturels : choisir l’heure dans la journée suffit à doter certains parcs de l’aura nécessaire à faire surgir un espace scénique…. J’aime les lieux qui ont eu plusieurs vies … l’imagination du temps qui les a reconstruits… En musique aussi, sitôt née, une oeuvre possède déjà une forme de passé ou d’histoire, et bien qu’elle porte déjà l’attribut hasardeux du « terminé », elle va vivre autre chose ; à peine partagée, se sauve-t-elle du lit de notre temps. Il faut répéter que chaque jour le soleil est nouveau, et semer avec cette pensée….

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quels aspects musicaux mettez-vous en lumière cette année?

LEO MARILLIER : C’’est précisément ce que les œuvres illuminent dans notre esprit, le travail qu’elles accomplissent dans notre imaginaire…. Les œuvres doubles musicale/picturale d’Arnold Schönberg et d’Ivan Wyschnegradsky se devaient bien sûr d’être les points d’ancrage de cette édition « Ecouter voir ». Pour chacun de ces pionniers de leur époque, le concert débute par une œuvre empruntée à leur période de jeunesse, cheminant dans l’héritage qu’ils ont reçu de leur passé. Puis lui succède une œuvre de leur période tardive, témoignant de la confiance véritable acquise et exacerbée par leur travail de peintre, dessinateur, graphiste. En effet, Schönberg, après sa glorieuse Nuit Transfigurée, parvient à démêler les conflits musicaux de l’époque en invoquant une liberté créatrice qu’il découvre dans ses autoportraits, ses peintures de rêves, ses visions. De manière différente, Wyschnegradsky tente d’organiser visuellement, esthétiquement on pourrait dire, l’audace harmonique dont il fait preuve, ceci de manière continue pendant sa vie. La dimension visuelle est en réalité omniprésente dans notre approche du phénomène sonore et musical. Nous gardons une image du déroulé d’une œuvre et des pics émotionnels générés par l’écoute. Nous tentons de construire une tapisserie qui serait parallèle au temps dans lequel nous sommes immergés lors du concert, individuellement, ou collectivement. Plus concrètement, les Variations Goldberg, défendues par Ambre Vuillermoz à l’accordéon, sont un excellent exemple de cette dynamique : elles développent une idée musicale simple, en dressent des portraits familiers, ou étrangers, émotionnels ou humoristiques, et la séquence de ces variations imprime en nous une direction, une marche à suivre, un chemin presque initiatique, de découverte à la fois de la musique et de nous-même. Ainsi, les concerts des 18 et 26 juin (même programme d’œuvres inachevées interprété par le Quatuor Joyce) explorent ce qui se passe quand le compositeur choisit de laisser ouvert ce chemin de découverte, soit parce qu’il a changé d’idée musicale, soit parce qu’il a abandonné le projet musical en cours d’ébauche. Les quatuors inachevés de Schubert, Haydn fournissent ces points de suspension. Dictée par l’étrange silence qui les remplit, la suite de l’œuvre est confiée à la licence de l’auditeur.

 

 

 

6ème édition du Festival INVENTIO de Léo Marillier

« écouter voir » :
Le travail continu du visuel à la rencontre du sonore

 

CANAP'PLUS : 5 concerts en replay jusqu'au 13 décembre 2020

 

 

Mise en résonnance avec l’univers pictural de Jean-Pierre Corne « peintre de l’énergie, peintre de la lumière » pour l’un des concerts. La créativité intérieure, la lente naissance d’une image mentale chez qui crée et qui assiste à l’œuvre, dominera la table ronde du 18 septembre, autour de Lu Xiangcheng, Franck Yeznikian, et Bruno Ducol, respectivement chercheur en synesthésie et compositeurs dont le métissage entre les arts est dominant. Ce travail continu du visuel à la rencontre du sonore est exploré également dans le programme du 26 septembre que je partage avec le pianiste Fernando Palomeque. Le thème du « tissage » y est roi, inspiré par le plus grand tapis du monde, merveille conservée à Abu Dhabi où j’ai joué en 2019 (et fait un peu de tourisme ☺). A travers les miniatures tardives de Beethoven et Schubert, à la facture tantôt humble, tantôt déjantée, puis les œuvres de Sibelius, constitutives d’une véritable fresque musicale du pays natal du compositeur, je propose une tapisserie à l’écoute. Répétition de courts motifs – comme un tapis reprendrait une série de motifs géométriques simples. Le « clou » de la soirée sera le Spring of Chosroes de Feldman, qui reprend avec une exactitude et une simplicité rares un tapis légendaire de la mythologie iranienne, qui raconterait la prospérité d’un empire désormais disparu, ceci avec pour résultat musical hypnotique, déambulatoire, et profondément touchant …

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Votre réflexion sur l’idée de Festival a-t-elle évolué avec la pandémie?
fest-inventio-leo-marillier-festival-seine-et-marne-classiquenewsLEO MARILLIER : J’aimerais dire que les concerts sont devenus encore plus précieux, autant pour celles et ceux qui les produisent, que pour celles et ceux qui la construisent de leur présence d’auditeurs incarnés. Le concert suppose un public ici et là ; le virtuel est bien, très bien même, mais sonne quand même comme une mise en attente ou un regret. J’ai tenu à présenter un répertoire fait de jumelages entre des chefs-d’oeuvre avérés, comme la Nuit Transfigurée (avec Ryo Kojima, Laurent Camatte, Loïc Abdelfettah, Pierre Strauch et Clotilde Lacroix) et leurs contreparties plus secrètes, comme le Trio à cordes de Schönberg. L’œuvre moins connue dialogue ou s’oppose au chef-d’œuvre ; le concert devient ainsi une unité, une union d’opposés pourrait –on dire, servie dans un lieu qui laisse s’exprimer cette mise en perspective.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelles seraient les nouveautés cette année pour ce retour aux concerts avec public?
LEO MARILLIER : En termes de répertoire, j’ai accentué pour cette sixième édition l’équilibre entre familiarité et étrangeté et les deux se nourrissent. Ainsi le programme de quatuors inachevés s’achève par une œuvre – le 3e quatuor de Bartok – qui propose une solution : le voyage continue, le temps file, la musique trouve sa propre issue. Le concert saxophone et piano du 27 juin avec Eudes Bernstein et Orlando Bass explore une époque assez unique par son effervescence, autant musicale que sociétale : l’explosion créatrice du début du 20e siècle, par le biais de la fascination que cette époque porte pour le saxophone, qui devient autant instrument noble que familier, autant romantique que social. Le concert de clôture que je partagerai avec Clément Lefebvre procurera une autre facette de cette période remuée, à savoir le romantisme qui, en France, est à cette époque à son sommet (Franck), sommet dont nous suivrons les retombées jusque ses dernières flammes (Messiaen, Dukas). L’an dernier, initiative amorcée, la scène ouverte aux amateurs et conservatoires, est cette année remarquablement bien honorée et nous attendons de très belles choses… dans un site extrêmement poétique, le kiosque d’Everly.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Vous associez aux concerts, la retransmission, le documentaire et aussi l’activité de votre propre quatuor JOYCE. Comment tous ces aspects se complètent-ils, et de quelle façon enrichissent-ils votre propre expérience musicale ?
LEO MARILLIER : Le quatuor Joyce tient une place importante dans ma vie, dans notre vie, à Apolline Kirklar, Loïc Abdelfettah, Emmanuel Acurero et moi-même. Nous profitons de notre groupe pour concrétiser des envies, les expliciter à nos yeux et nos oreilles… et les vôtres. Le nom et l’œuvre de Joyce, par son aura, son ambivalence entre romantisme et modernité, sa générosité stylistique, nous encourage à chercher et à chercher encore comment partager en tant que musiciens et en tant qu’hommes. Les deux rendez-vous du quatuor Joyce pendant le festival illustrent cette recherche : nous proposerons un programme pédagogique ciblé sur l’histoire de la gamme. Le Quatuor Joyce me fait l’honneur de créer l’un de mes quatuors, composé cette année, dans un programme qui pose la question suivante : la création est-elle soumise à l’individu, ou bien s’impose-t-elle à celui ou celle qui en est le médiateur ?
Sur le plan des documentaires, nouveau versant enthousiasmant de la transmission musicale dont je me suis emparé du fait du contexte pendant la pandémie, continuation du travail commencé en 2020 (avec les docu-films « Volti subito » dédiés à Beethoven). Cette année, je commente un montage que j’ai réalisé à partir de courts-métrages sur Schoenberg, peintre et compositeur, à partir de films prêtés par la Fondation de Vienne. Ce streaming sera proposé le 12 juin comme clé d’écoute préalable au concert dédié à Schoenberg. D’autres « volti subito », mi-docu, mi-film (toujours l’importance de l’image) sont en gestation… La captation audio-visuelle des concerts (assurée par le duo Aurélien Melior/Richard Marillier) est un outil formidable quand il permet lors de la retransmission de susciter un autre regard sur l’évènement du concert, proposant déjà une interprétation visuelle de la musique, une ligne de compréhension pour l’auditeur, achevée et incomplète. Cette exigence de la mise en scène, je m’y suis confronté lors du montage du documentaire Beethoven, dont le découpage et le travail sur les transitions m’a particulièrement passionné. Reste que le spectacle vivant est l’expérience totale et unique où l’attention peut et doit bondir d’un bout à l’autre de la scène de manière toute personnelle. Ces activités de la recherche, de la composition, de la création, de la musique de chambre, et de la direction artistique, me permettent de comprendre le rôle de chacune dans l’infinie beauté qu’est la musique, et me permettent aussi d’observer leurs juxtapositions. L’acquisition d’une expérience musicale se veut chez moi à la fois unie et multiple, et j’espère que les murs qui pourraient opposer ces catégories ont des oreilles ! A votre question, cher Philippe, concernant la manière dont tout cela nourrit ma propre expérience musicale, j’ai envie de répondre par cette phrase de Yannis Ritsos : « La distance entre les choses ne cesse de croître et de les unir » (recueil « Sur une corde »).”

Propos recueillis en juin 2021

 

 

 

 

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SEINE ET MARNE, Festival INVENTIO N°6 : du 6 au 27 juin, puis du 4 au 30 septembrefestival-inventio festival 2021 annonce programmation concerts classiquenews reservations 2021.
Thème 2021 : « écouter voir »
Les 6, 12, 18, 19, 26, 27 juin 2021
Les 4, 18, 25, 30 septembre 2021
Le programme en détail, les modalités de réservations :
https://www.inventio-music.com/festival/calendrier-et-r%C3%A9servations-2021/

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INVENTIO-replay-video-leo-marillier-video-classiquenews-replayLIRE aussi notre présentation du FESTIVAL INVENTIO 2021 : ” écouter voir ” … la (déjà) 6ème édition du Festival INVENTIO en Seine et Marne cultive et diffuse sa passion de la musique de chambre en sollicitant tous les sens ; plusieurs sites patrimoniaux seine-et-marnais deviennent le temps de la programmation, écrins pour une expérience musicale inédite. Autour du violoniste et compositeur Léo Marillier, directeur artistique du Festival, les jeunes instrumentistes parmi les plus prometteurs jouent le grand répertoire et « des pépites musicales inédites », les piliers de la musique chambriste et aussi plusieurs œuvres contemporaines qui ouvrent de nouveaux dialogues… :

http://www.classiquenews.com/seine-et-marne-paris-festival-inventio-6-juin-30-sept-2021/

 

 

Seine-et-Marne, Paris. Festival INVENTIO : 6 juin 30 sept 2021

festival-inventio festival 2021 annonce programmation concerts classiquenews reservationsFESTIVAL INVENTIO 2021 : 6 juin – 30 sept 2021. « Écouter voir », la (déjà) 6ème édition du Festival INVENTIO en Seine et Marne cultive et diffuse sa passion de la musique de chambre en sollicitant tous les sens ; plusieurs sites patrimoniaux seine-et-marnais deviennent le temps de la programmation, écrins pour une expérience musicale inédite. Autour du violoniste et compositeur Léo Marillier, directeur artistique du Festival, les jeunes instrumentistes parmi les plus prometteurs jouent le grand répertoire et « des pépites musicales inédites », les piliers de la musique chambriste et aussi plusieurs œuvres contemporaines qui ouvrent de nouveaux dialogues et défient les interprètes invités. Au carrefour des disciplines, chaque expérience artistique favorise la rencontre, la découverte et le partage. Tout œuvre à enrichir l’expérience du festivalier, avant et pendant le concert ; cette année en accès libre, une exposition de peinture, une expérience audio-visuelle, et une « ouverture au Taï Chi Chuan », offerte aux spectateurs (qui le souhaitent) complètent et préparent le concert qui s’ensuit… C’est une convergence et un dialogue des arts qui sont au cœur de la programmation 2021. Comme s’ils encadraient l’été, en juin et en septembre, les concerts investissent des sites improbables ; ils ont lieu à Paris et en Seine-et-Marne (Provins, Beauchery, Les Marêts, Boissy-le-Châtel, Egligny, Gouaix, Everly) et dans les Hauts de Seine (Asnières).

SUR RESERVATION
www.inventio-music.com

billetweb.fr/festival-inventio
resaconcert@orange.fr
01 64 01 59 29
De 0 à 15 euros, selon l’événement

 

 ENTRETIEN avec Léo MARILLIER : ” écouter voir”, la 6è édition d’INVENTIO

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festival-inventio festival 2021 annonce programmation concerts classiquenews reservationsFESTIVAL INVENTIO 2021. Entretien avec Léo Marillier, directeur artistique. Présentation et enjeux du Festival INVENTIO 2021, 6è édition, sur le thème « Ecouter voir » … Fondateur du festival INVENTIO en Seine et Marne, le violoniste Léo Marillier en assure aussi la direction artistique. Le musicien place au cœur de son projet musical, l’humain, l’exploration voire l’expérimentation en partage à destination du plus large public possible, avec une dose exaltante de création car le directeur artistique est aussi compositeur (dont les œuvres sont jouées par son propre Quatuor, le Quatuor JOYCE). Bel acte de démocratisation de la musique qui profite aussi aux expériences multiples, aux métissages fraternels, à une théatralisation créative des instrumentistes, mis en dialogue avec les sites les plus dépaysants voire enchanteurs de Seine-et-Marne (Théâtre du Voyageur, Galleria Continua…)… Cette année le thème « écouter voir » tisse un nouveau parcours exaltant entre musique et peinture… entretien exclusif.

 

 

Leo-marillier-festival-inventio2021-entretien-concerts-2021-classiquenews
 

  LIRE ICI notre ENTRETIEN avec Léo Marillier, 6ème édition d’INVENTIO (2021)

 

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PROGRAMMATION de JUIN 2021

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Programmation
Le Festival INVENTIO 2021 débute dès le 6 juin 2021. 6 rvs musicaux composent l’offre de juin 2021.

 

 

Dimanche 6 juin 2021


Parc – Château de Flamboin
65 Rue du Château 77114 Gouaix.
14h30 – Ouverture au Taï-chi-chuan
16h – Concert Ambre Vuillermoz, accordéon
 : Jean-Sébastien Bach, Variations Goldberg arrangées pour accordéon

 

 

 

Vendredi 11 juin 2021

20h
 – Depuis votre canapé – streaming youtube
Arnold Schoenberg, compositeur et peintre – 
Projection film commenté suivi d’un tchat en ligne avec Léo Marillier
 / VOIR sur le site du festival INVENTIO :
https://www.inventio-music.com

 

 

 

Vendredi 18 juin 2021

20h  -  
Ancienne gare d’Asnières : Théâtre du Voyageur
Concert Quatuor Joyce : « Œuvres inachevées ou infinies ? »
Andrew Norman, Peculiar Strokes
Franz Schubert, D 703
Leo Marillier, quatuor n°2 (création 2021)
Franz Schubert, D 103
Joseph Haydn, quatuor n°83
Bela Bartok, 3e quatuor

 

 

 

Samedi 19 juin 2021

Parc Galleria Continua Les Moulins (Boissy le Châtel)
16 h 30 : Ouverture au Taï-chi-chuan – parc
18 h : Concert Schoenberg – Espace Anish Kapoor

Léo Marillier, violon,
Ryo Kojima, violon,
Laurent Camatte, alto,
Loïc Abdelfettah, alto
Pierre Strauch, violoncelle
Clotilde Lacroix, violoncelle
Richard Wagner : prélude et mort d’Isolde (Tristan et Isolde),
Arrangement pour sextuor par Léo Marillier.
Arnold Schoenberg, Trio à cordes op. 45
Arnold Schoenberg, la Nuit Transfigurée op.4

 

 

 

Samedi 26 juin 2021


Eglise Saint-Hubert – Les Marêts – Rue Saint-Hubert, 77560 Les Marêts
18h30 : Ouverture au Taï-chi-chuan
20h – Concert
Quatuor Joyce : « Œuvres inachevées ou infinies ? »
Franz Schubert, quatuor D 703
Leo Marillier, quatuor n°2 (2021)
Franz Schubert, quatuor D 103
Joseph Haydn, quatuor n°83
Bela Bartok, quatuor n°3
Exposition peintures de Jean-Pierre Corne

 

 

 

Dimanche 27 juin 2021
Kiosque du parc d’Everly – 77157 Everly
Dès 11h,
Scène ouverte aux amateurs et conservatoires de musique
Ouvert à toutes et tous pour un joyeux partage lors d’une journée rythmée par la musique dans ce magnifique parc d’Everly doté d’un joli kiosque, édifié par un cercle de passionnés et situé sur le Parc naturel de la Bassée (Réseau Natura 2000).

17h – Eudes Bernstein, saxophone / Orlando Bass, piano
Danses Exotiques »
Georges Gershwin (1898-1937) : Songbook
Tableaux de Provence (1948) de Paul Maurice (1910-1967)
Gershwin : Songbook
Tango-Etudes (1989), Astor Piazzolla (1921-1992)
Scaramouche op 165 (1937), Darius Milhaud (1892-1974)
The Summons » (1994) (extrait de San Antonio Sonata), John Harbison (1938)
Valse Vanité (1926), Rudy Wiedoeft (1893-1940)
Saxophobia (1920)  -  Concert de clôture de cette scène ouverte avec deux invités, Eudes Bernstein, talent remarquable et éclectique, primé par nombreux concours internationaux dont le concours d’Osaka et son compère pianiste Orlando Bass, tous deux lauréats de la Fondation Banque Populaire.
 

PROGRAMMATION SEPTEMBRE 2021

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SEPTEMBRE 2021
4 rendez vous incontournables composent le 2è volet du festival INVENTIO en septembre 2021.

 

 

 

Samedi 4 septembre 2021
Eglise de Beauchery-saint-Martin
3 Rue de la Fontaine, 77560 Beauchery-Saint-Martin
18 h 30 : Ouverture au Taï-chi-chuan
20 h : Concert hommage à Ivan Wyschnegradsky (1893-1979)
Quatuor Joyce
Quatuor à cordes n.1 op.13 (1923-24, rev. 1953-54)
Andante con moto
Quatuor à cordes n.2 op.18 (1930-31)
1. Allegro scherzando
2. Andante
3. Allegro risoluto

Quatuor à cordes n.3 en demi-tons op.38bis (1945, rev. 1958-59)
1. Allegro-Andante
Composition pour quatuor à cordes op.43 (1960, rev. 1966-70)
Trio à cordes, op.53 (1978-79, complété par Claude Ballif en 1980)
Allegro ma non troppo

 

Samedi 18 septembre 2021
15 h (JEP 2021) 
Couvent des Cordelières
Chemin de l’Hôpital 77160 Provins
Table ronde : Bruno Ducol, Franck Yesnikian, Xiangcheng Lu et Léo Marillier

Samedi 25 septembre 2021
Ancienne abbaye de Preuilly
Avenue du Chemin Noir 77440 Égligny
16 h : Ouverture au Taï-chi-chuan
17 h 30 : Concert
Fernando Palomeque, piano / Léo Marillier, violon
Franz Liszt, Gondole Lugubre (version violon et piano par Liszt)
Morton Feldman, Spring of Chosroes
Alexandre Scriabine, Poème-nocturne transcription pour violon et piano par Léo Marillier
Jean Sibelius, Pièces pour violon et piano
L.v. Beethoven, variations WoO 40 violon et piano en fa majeur
Robert Schumann, Märchenbilder op.113

 

Jeudi 30 septembre 2021
19 h 30 Fondation des Etats-Unis – Paris
Clément Lefebvre, piano / Léo Marillier, violon
Claude Debussy, Syrinx (argt violon seul par L.Marillier) (2021)
Olivier Messiaen, Extraits de « petites esquisses d’oiseau » (1985)
César Franck, Sonate
Benoit Menut, Les Nombres op 93 (2018)
Claude Debussy, Sonate

 

Billetterie en ligne : www.billetweb.fr/festival-inventio


Informations : resaconcert@orange.fr – 01 64 01 59 29

Tarif normal : 10 à 15 € – Tarif-événement : 15 à 20 €

Ouverture au Taï-chi-chuan : gratuit sur réservation avec Fabienne Tournier : 1 h 30 avant le début des concerts des 6, 19, 26 juin, 4 et 25 septembre 2021

D’octobre à décembre 2021 : retransmission des concerts

CLIP TEASER
Festival INVENTIO 2021
https://www.youtube.com/watch?v=2lJ-UHcqEQg

FEST’INVENTIO en replay : 5 concerts à voir jusqu’au 13 décembre 2020

INVENTIO-replay-video-leo-marillier-video-classiquenews-replayINTERNET, le Festival INVENTIO en replay. Pour prolonger son édition 2020, le festival INVENTIO porté par son directeur artistique le violoniste Léo Marillier propose jusqu’au 18 octobre 2020, de visionner une sélection des concerts présentés l’été dernier en Seine et Marne. C’est son offre virtuelle baptisée CANAP’PLUS ; de quoi revoir ou (re)découvrir les concerts de l’édition Fest’Inventio 2020. Au total, 5 captations vidéos ont été réalisées. La première fixe le concert BEETHOVEN / BRAHMS réalisé à la Galleria Continua…

 

 

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FEST’INVENTIO en REPLAY du 10 au 18 octobre 2020 :

CONCERT REPLAY 1
Quatuor Joyce

Léo Marillier et Apolline Kirklar, violons
Loïc Abdelfettah, alto
Emmanuel Acurero, violoncelle
Invitée d’honneur : Claire Merlet, alto

Beethoven, Quintette op. 29 en do majeur
Brahms, Quintette n°2 op. 111 en sol majeur

Concert enregistré à la Galleria Continua, le 5 septembre 2020, à l’ombre d’une oeuvre monumentale d’Anish Kapoor. 77169 Boissy le Châtel / Seine et Marne

 

 

 

 

CANAP’PLUS, l’offre vidéo replay du Festival INVENTIO, visionnable jusqu’au 18 octobre 2020 : toutes les infos ici : https://www.inventio-music.com/canap-plus/

 

 

 

 

 

 

CANAP’PLUS : 5 concerts BEETHOVEN en Replay

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QUAND ? Dès le 10 octobre et jusqu’au 18 octobre 2020 inclus, Canap’plus retransmet tout d’abord le concert en quintette qui s’est tenu à la Galleria Continua Les Moulins (La Ferté-Gaucher) à l’ombre de la sculpture monumentale “Cave” d’Anish Kapoor en septembre dernier.
Quatuor Joyce et Claire Merlet, alto
Beethoven, Quintette op. 29 en do majeur
Brahms, Quintette n°2 op. 111 en sol majeur

Les 4 autres concerts en ligne sont programmés selon le calendrier ci dessous jusqu’à la mi-décembre 2020 :

Du 24 octobre au 1er novembre : Trio Guersan concert “Filiations” sur instruments d’époque : Haydn, Albrechtsberger, Hummel, Beethoven (Beauchery saint Martin)

Du 7 au 15 novembre : Geister duo, intégrale 4 mains oeuvres de Beethoven (Les Marêts)

Du 21 au 29 novembre : Quatuor Joyce Schönberg/Beethoven (Chapelle expiatoire, Paris)

Du 5 au 13 décembre 2020 : Kojiro Okada piano, Caroline Sypniewski violoncelle et Léo marillier violon : Concert Beethoven autour du trio “Les Esprits” (Abbaye de Preuilly)

 

 

 

 

COMMENT ? Réservations sur https://www.billetweb.fr/canap-plus-beethoven – la veille de l’événement le spectateur reçoit un lien privé de retransmission.  Le film est accompagné de l’envoi de la note de programme et du portrait des artistes invités pour une expérience la plus qualitative possible.

Abonnement pour les 5 concerts,
contribution demandée : 25 € (au lieu de 30 €)

DÉCOUVRIR  le clip-vidéo de présentation de Canap’plus réalisé par Léo Marillier :
https://www.youtube.com/watch?v=n7rJaH0aO_Y

 

 

 

 

 

 

 

Approfondir

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LIRE notre présentation générale du Festival INVENTIO 2020, l’entretien avec Léo Marillier : http://www.classiquenews.com/seine-et-marne-festinventio-2020-celebre-beethoven/

fest inventio beethoven 2020 annonce concerts classiquenewsSEINE ET MARNE (77). FEST’INVENTIO jusqu’au 26 sept 2020. BEETHOVEN… Hors des sentiers battus et urbains, le Festival INVENTIO : « FEST’INVENTIO » propose en Seine et Marne plusieurs concerts chambristes dans des sites inédits. La formule privilégie les rencontres et l’intimisme, la découverte et le partage. Cette 5è édition célèbre le génie de Beethoven jusqu’au 26 septembre 2020. Un choix artistique logique en cette année 2020 qui marque les 250 ans de la naissance du compositeur né à Bonn, actif à Vienne, pilier de la révolution romantique. Pour Fest’inventio 2020, le violoniste Léo Marillier, directeur artistique, conçoit une programmation éclectique et généreuse comprenant concerts, film, scène ouverte, conférence, ateliers… et même une scène virtuelle “Canap’plus” (diffusion en octobre des concerts filmés).

 

 

SEINE ET MARNE. FEST’INVENTIO 2020 célèbre Beethoven

fest inventio beethoven 2020 annonce concerts classiquenewsSEINE ET MARNE (77). FEST’INVENTIO jusqu’au 26 sept 2020. BEETHOVEN… Hors des sentiers battus et urbains, le Festival INVENTIO : « FEST’INVENTIO » propose en Seine et Marne plusieurs concerts chambristes dans des sites inédits. La formule privilégie les rencontres et l’intimisme, la découverte et le partage. Cette 5è édition célèbre le génie de Beethoven jusqu’au 26 septembre 2020. Un choix artistique logique en cette année 2020 qui marque les 250 ans de la naissance du compositeur né à Bonn, actif à Vienne, pilier de la révolution romantique. Pour Fest’inventio 2020, le violoniste Léo Marillier, directeur artistique, conçoit une programmation éclectique et généreuse comprenant concerts, film, scène ouverte, conférence, ateliers… et même une scène virtuelle “Canap’plus” (diffusion en octobre des concerts filmés).

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Ludwig van BEETHOVEN
à l’honneur en Seine et Marne

grâce au Fest’inventio 2020

 

L’accent est donné aux jeunes tempéraments et au plaisir du jeu collectif en particulier en musique de chambre (duos, trios, quatuors, quintettes…). FEST’INVENTIO 2020 souligne le génie beethovénien, multiple et fraternel, source de dépassement et d’admiration. Les festivaliers partent en Seine et Marne à la découverte de Ludwig van … être inclassable et force de la nature qui malgré sa surdité surgissant dès l’âge de 25 ans, édifie une cathédrale sonore et musicale inédite et révolutionnaire, accessible et universelle…

 

 

fest-inventio-leo-marillier-festival-seine-et-marne-classiquenews

 

 

Prochain temps fort

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BEETHOVEN à travers ses lettres
Parc du Château de Flamboin, 77 114 GOUAIX
Temps fort, vendredi 21 août à 19h

“Beethoven à portée, le compositeur et l’homme à travers sa correspondance » – Spectacle interactif et déambulatoire de lectures ponctuées de musique dans le parc du Château de Flamboin, site privé ouvert spécialement pour l’occasion (situé à Gouaix).
La déambulation ressuscite Beethoven, « fragile et héroïque, soumis et libéré », créateur de génie, « peu respectueux des aristocrates, frère disputeur, oncle inquisiteur, ami enjoué, défenseur de la nature, malade… tantôt révolté tantôt résigné. La soirée événement (entrée libre sur réservation pour faciliter la mise en oeuvre des conditions sanitaires) sera suivie par un pique-nique, apporté par les soins des spectateurs. Le spectateur s’il le souhaite, peut même participer à cette soirée en tant que lecteur, prenant part au spectacle. Léo Marilier chercheur au Royal conservatory de la Haye prépare actuellement une thèse dédiée à Beethoven. Spectacle interactif, préparé en amont à l’occasion de rencontres formatives guidées par le metteur en scène Vincent Morieux. Rejoindre le groupe de lecteurs volontaires auprès de l’équipe du festival au 01 64 01 59 29.

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agenda
FEST’INVENTIO 2020
programmes des 7 événements
à venir jusqu’au 26 septembre 2020

 

 

 

Réservations conseillées pour nous permettre de bien anticiper votre accueil et vos déplacements dans le respect des mesures sanitaires :
mail : resaconcert@orange.fr
téléphone : 01 64 01 59 29
ou billetterie en ligne entièrement sécurisée :
https://www.inventio-music.com/fest-inventio-2020/

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Dimanche 30 août à 17 h 30
Eglise st Hubert 8 rue st Hubert 77560 Les Marêts

Duo Geister : Manuel Vieillard et David Salmon

Beethoven, Intégrale 4 mains
Sonate op.6 en ré majeur
Variations sur un thème du comte Ferdinand de Waldstein A
Variations “Ich denke dein”
Trois marches op. 45
Grande Fugue op. 134

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Samedi 5 septembre 2020 à 17 h
Galleria Continua Les Moulins
46 rue de la Ferté-Gaucher 77169 Boissy le Châtel

Quatuor Joyce

Léo Marillier et Apolline Kirklar, violons
Loïc Abdelfettah, alto
Emmanuel Acurero, violoncelle
Invitée d’honneur : Claire Merlet, alto

Beethoven, Quintette op. 29 en do majeur
Brahms, Quintette n°2 op. 111 en sol majeur

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Mardi 8 septembre 2020 à 20 h
Eglise St-Pierre 2 Rue de la Fontaine 77560 Beauchery-st-Martin

Trio Guersan (sur instruments d’époque)
« Filiations… »

Haydn, Trio à cordes Hob IX:114 en majeur T
Albrechtsberger, Trio concertant
Beethoven, Trio à cordes op. 9 n°3 en do mineur
Hummel, Trio à cordes en sol majeur

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Vendredi 11 septembre – 19 h 30
Chapelle expiatoire – 29 rue Pasquier Paris 8è

Quatuor Joyce
Arnold Schönberg
Quatuor à cordes N.3 op.30 (1927)

I. Moderato
II. Adagio
III. Intermezzo
IV. Rondo – Molto Moderato

Ludwig van Beethoven
Quatuor à cordes en fa majeur op.135 (1826)
I. Allegretto
II. Vivace
III. Lento assai, cantante e tranquillo

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Gratuit – Samedi 19 septembre 2020 à 11h
37ème Journées Européennes du Patrimoine

« Patrimoine et éducation : Apprendre pour la vie ! »
Couvent des cordelières à Provins
Scène ouverte aux conservatoires et amateurs

Gratuit – Samedi 19 septembre 2020 à 15 h
37ème Journées Européennes du Patrimoine

« Patrimoine et éducation : Apprendre pour la vie ! »
Couvent des cordelières à Provins
Causerie entre Bernard Fournier, musicologue
et Léo Marillier, chercheur au Royal Conservatory de la Haye

« Beethoven et le sacré »

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Samedi 26 septembre à 19 h
Abbaye cistercienne de Preuilly à Egligny

Concert Beethoven avec les lauréats du Prix Ravel 2018
John Gade, piano
Caroline Sypniewski, violoncelle
Léo Marillier, violon

BEETHOVEN
10ème Sonate en sol majeur pour piano et violon op. 96
3ème sonate pour violoncelle et piano en la majeur op. 6

Trio en ré majeur op. 70 n°1 “Les Esprits”

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Hébergements – séjours en Seine et Marne
Organisez votre séjour en Seine et Marne à l’occasion de FEST’INVENTIO 2020
https://www.inventio-music.com/fest-inventio-2020/chambres-d-hôtes-seine-et-marne/

 

 

 

 

 

fest inventio beethoven 2020 annonce concerts classiquenewsENTRETIEN AVEC LÉO MARILLIER à propos du 5ème Festival INVENTIO intitulé «  FEST’INVENTIO », un appel au partage musical et à la découverte du patrimoine. Né à Provins, le violoniste Léo Marillier s’engage pour une offre musicale locale, adaptée au territoire de Seine et Marne ; pour ce passionné de Beethoven, il s’agit de pérenniser une expérience artistique inédite qui puise sa forte identité de l’esprit des lieux investis. La Seine-et-Marne, enclave mal estimée et méconnue aux abords de la Capitale y gagne en notoriété et en attractivité. Initiative exemplaire et certainement visionnaire dans le monde post-covid, FEST’INVENTIO, ainsi lancé en 2017, est une nouvelle offrande locale; elle accorde idéalement concerts et écrins patrimoniaux dont la plupart sont ainsi révélés : églises, châteaux et sites insolites accueillent désormais chaque été, de jeunes tempéraments habiles à relever les défis multiples du jeu collectif et chambriste. Esprit à l’écoute des besoins que fait naître la crise sanitaire, Léo Marillier s’interroge aussi sur ce que peut apporter aux côtés du concert, l’expérience de la musique en ligne. Sa chaîne vidéo lancée sur youtube « Volti subito » cultive une nouvelle approche de l’expérience musicale pour mieux éprouver et comprendre l’enjeu d’une partition…

 

 

 

Comment avez-vous eu l’idée d’implanter le festival en Seine et Marne ?

LÉO MARILLIER : En perfectionnement au New England Conservatory à Boston, j’ai eu envie pendant l’été 2016 de venir jouer avec des partenaires chambristes et des compositeurs américains en Seine-et-Marne, région à laquelle je suis très attaché car je suis né à Provins. Grâce au soutien d’amis, des sites se sont généreusement ouverts pour abriter quelques concerts, notamment l’ancienne abbaye cistercienne de Preuilly où nous retournons désormais chaque année. Dès 2017, de tournée, cette série musicale s’est transformée en festival, avec l’invitation d’une douzaine de jeunes artistes. Définitivement curieux du patrimoine architectural local riche (et méconnu !) : églises, châteaux et sites insolites, nous avons poursuivi l’aventure sur un mode itinérant, avec des rencontres musicales dans des lieux devenus des rendez-vous rituels comme le parc du Château de Flamboin et chaque année, des découvertes : l’an dernier le château des 3 reines près de Meaux qui abrite les vestiges d’une demeure de Catherine de Médicis ou cette année, l’ancienne papeterie des Moulins reconvertie en fabuleuse galerie d’art contemporaine : la Galleria Continua.
Chacun des concerts est précédé d’une projection ou d’une visite sur l’histoire du site mobilisant pendant l’année une passionnée d’archives en la personne de Catherine Pierron, également présidente d’Inventio, l’association qui fait vivre le festival. Nous avons eu le bonheur d’être parrainés successivement par Alexis Galpérine puis Pierre-Henri Xuereb. L’an dernier, c’est plus de vingt jeunes artistes venant d’ici et d’ailleurs, qui ont pris part à ce périple avec notamment l’invitation de l’ensemble orchestral A-letheia. Les quelques mécènes qui s’étaient exprimés en 2016 ont été rejoints petit à petit par les collectivités publiques permettant au festival de se pérenniser. Partager la musique avec un public dont la curiosité est sincère et spontanée, au cœur d’un territoire rural où se mêlent l’histoire et la nature, s’approprier le potentiel acoustique de sites inédits représentent des expériences très riches. Le confinement que j’ai d’ailleurs passé là-bas a renforcé mon engagement pour cette région aux horizons généreux, propres à accueillir tous les imaginaires…, espace caractérisé par une polarité culturelle parisienne faible du fait de sa situation à l’extrémité de l’Ile-de-France, encourageant les initiatives locales qui deviennent nécessités… Notre festival engage aussi des actions auprès des seniors et des handicapés et des ateliers pédagogiques dans les écoles.

 

 

 

Comment avez-vous sélectionné les œuvres jouées cette année ?

leo-marillier-festival-inventio-fest-inventio-annonce-concerts-programme-critique-classiquenewsLÉO MARILLIER : L’œuvre de Beethoven, anniversaire ou pas, représente en cette année si étrange, un appel irrésistible, un appel supplémentaire à vivre, à comprendre sa musique. On ne peut manquer d’être investi par l’énergie charnelle, la trépidation des idées, partager le même pouls en tant qu’interprète et auditeur. Compositeur de lumière, Abel Gance dresse un portrait sublimé de son idole avec « un grand amour de Beethoven », œuvre cinématographique et sert de point de départ à cette édition 2020 Fest’inventio pour la confirmer – Beethoven est aussi sa légende -, la nuancer, donnant le ton du festival qui se veut explorateur de points de vue. La plongée réalisée dans les lettres et carnets de Beethoven comme deuxième rendez-vous donne la parole aux personnes importantes de la galaxie Beethoven : Bettina Brentano, ses copistes comme autant de lecteurs de ses pensées, ses interprètes, ses éditeurs… regards croisés sur l’ami, le confident… donnant accès à la sphère privée du compositeur et de l’homme par touches successives.
Ma volonté en produisant ce spectacle déambulatoire, préparé avec le metteur en scène Vincent Morieux, conjuguant lecture et musique, est de conduire les auditeurs vers les concerts qui s’ensuivent en y prêtant une oreille différente. Chez Beethoven, la joie omniprésente change de visage pour chaque œuvre et la musique de chambre est le champ auquel Beethoven se confie le plus, avec profondeur, franchise et humour aussi.
Filiations », concert sur instruments d’époque défendu par le trio Guersan, célèbre les maîtres : Haydn et Albrechtsberger. Et c’est fascinant, merveilleux au sens premier du terme, de travailler et écouter ce que Beethoven fait avec des combinaisons d’instruments et les codes dont il a hérité, lui qui était profondément subversif. Exemple remarquable avec l’intégrale piano quatre mains, interprétée par le Geister duo et programmée sous la charpente de la chapelle rayonnante des Marêts. Le duo à quatre mains nous rappelle que ce genre auquel Beethoven se plie dans ses années de jeunesse avec des œuvres où Mozart n’est jamais bien loin, respirait la chaleur des salons viennois. Chez un autre Beethoven, le genre s’affranchit de toute limite avec la Grande Fugue (transcrite pour 4 mains depuis l’original pour quatuor), véritable OVNI musical tant elle produit une impression indélébile.
Il est question d’héritage dans cette édition de Fest’inventio, tant celui qui est arrivé à Beethoven, que celui qu’il nous transmet. Composé dans la même tonalité que son premier quatuor, le dernier quatuor à cordes de Beethoven à l’intérieur duquel se tissent avec humour des innovations d’écriture, énigmes dissimulées au cœur d’une ambiance inoffensive, insouciante sera interprété par le Quatuor Joyce.
Beethoven révolutionne l’inspiration musicale jusque récemment. Le troisième quatuor de Schoenberg notamment joue avec les mêmes cartes que le dernier quatuor de Beethoven : ton, forme classique et… ironie. Dans cette pièce, le langage mélodique halluciné et totalement novateur de Schoenberg est soutenu par une forme générale néo-classique et des rythmes bondissants. Beethoven et Schoenberg : deux musiciens intellectuels ET instinctifs, jonglant avec leurs inventions mutuelles sont donc programmés au cours du même concert, le seul qui se déroule à Paris, à la Chapelle expiatoire.
Le quatuor Joyce auquel se joint l’altiste Claire Merlet interprétera à la Galleria Continua Les Moulins le second quintette de Brahms, tantôt intime, tantôt héroïque, tantôt abstrait, dressant un profond hommage à Beethoven. Ce quintette devait être la dernière œuvre de Brahms, son adieu à l’activité de compositeur ; en écho, le quintette de Beethoven interprété au cours du même concert, présente deux visages avec les influences de jeunesse incarnées dans les deux premiers mouvements et une indépendance bourgeonnante irriguant les deux derniers.
Le concert que je partage avec Caroline Sypniewski et Kojiro Okada confiera à l’abbaye de Preuilly la clôture de l’édition. On y écoutera trois chefs d’œuvre absolus et célèbres, colonnes du répertoire de musique de chambre par leur vision du monde et leur structure : la pastorale et mystérieuse 10ème sonate pour violon et piano, l’impériale 3ème sonate pour violoncelle et piano, et enfin le fougueux trio ‘les Esprits’. Œuvre méditative également par son extraordinaire second mouvement qui met en musique Shakespeare. Au Couvent des Cordelières à Provins, on cheminera également avec le musicologue Bernard Fournier tout au long de la vie de Beethoven pour approcher, cerner la dimension du sacré chez le compositeur, spiritualité latente, quête qui s’exprime au bout de 30 ans… Et nouveauté cette année pour les cinq ans de Fest’inventio : une scène ouverte aux amateurs et conservatoires !

 

 

Léo Marillier, directeur artistique de Fest’iventio

La réalité du concert est vraiment une expérience indélébile
quand la spontanéité émane de la partition plutôt que de l’interprète

 
 

 
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Léo Marillier ( © Anne Bied )

 

  

 

Quel est le profil des artistes que vous privilégiez ?

LÉO MARILLIER : J’apprécie quand l’instinct d’un musicien est informé par son savoir, sa connaissance, ses théories, son rapport à l’instrument. J’aime les artistes qui choisissent de rendre l’œuvre contemporaine par leurs choix, leur démarche. On sort d’une période qui a été – globalement – fascinée par le fait de reconstruire une œuvre fidèlement à son contexte et aujourd’hui on se rend compte qu’on peut allier respect des codes de la musique et lecture innovatrice. La réalité du concert est vraiment une expérience indélébile quand la spontanéité émane de la partition plutôt que de l’interprète; je pense que l’auditeur sent quand il y a dialogue, voire combat entre l’interprète et la partition. Ligeti a raison : « écouter de la musique c’est comme être dans une rivière », on est entourés de courants et pour moi, les deux rives sont l’interprète et l’œuvre et l’auditeur se laisse porter par la rivière. Au même titre que la première édition Fest’inventio a représenté une sorte d’aboutissement après trois années fructueuses passées à Boston, les autres éditions ont été l’occasion d’inviter de magnifiques jeunes artistes croisés lors de festivals et d’académies à Aspen, à Villecroze… dans les résidences artistiques où j’ai habité : Fondation des Etats Unis, Cité internationale des Arts, au CNSM où j’ai préparé mon DAI, à la Haye où je viens de terminer mon second master de recherche consacré à Beethoven. Cette année, il fallait aussi des interprètes qui, face à la puissance des œuvres, se passionnent pour la recherche des solutions aux énigmes que Beethoven donne dans sa musique.

 

 

 

Comment selon vous, conjurer les effets de la crise sanitaire que nous vivons actuellement ?

LÉO MARILLIER : Vous avez utilisé le mot « conjurer » et je pense effectivement que cette crise – qui est aussi une crise de communication – ensorcelle le monde et ses repères. C’est une question ambitieuse. Notre festival lance « Canap’plus », dont la production est confiée à Aurélien Bourgeois, afin de permettre aux personnes qui le souhaitent de bénéficier d’une retransmission des concerts de l’édition depuis… leur canapé. Initiative bien humble par rapport aux effets et aux enjeux de cette crise. En revanche, nous tenons à ce que le mot « concert » reste exclusivement réservé à l’expérience in situ afin d’éviter de contribuer à la confusion actuelle entre le vécu et le virtuel. Un concert rend compte de l’alchimie de la rencontre avec le public ; il faut que le mot ne soit pas galvaudé pour désigner des expériences d’écoute à moins forte valeur émotionnelle. Le déploiement sonore dans le lieu du concert est vraiment unique, vivant. Cela étant, je crois qu’on peut apporter une valeur ajoutée aux retransmissions par le jeu de la combinaison. Ainsi, je viens de créer une chaîne youtube « Volti subito » dont le principe est de coupler la diffusion de la performance avec la partition annotée ou le manuscrit qui défile, précédé d’un court métrage sur le compositeur. Je viens de terminer le premier épisode d’un tryptique consacré à la surdité Beethoven jumelé à la sonate pour violon et piano n°2 op.30 interprétée avec Orlando Bass. « Volti subito » c’est aussi le partage du « work in progress » d’un musicien, expression que j’emprunte par admiration à James Joyce ; je revendique cette possibilité à travers mes expériences de mise en ligne de musique…

Propos recueillis en juillet 2020

 

 

VOIR « vers la surdité » : épisode 1 / 3
https://www.youtube.com/watch?v=w8k5-6e-12A&feature=youtu.be&fbclid=IwAR1eDWGMuI6yYNHfblR1GaE8LPhE5Y2zX635306ra7aM6T_EQBx_fooXlKU

LA CHAINE Volti Subito, lancée par Léo Marillier
https://www.youtube.com/channel/UCUaXBA3NDQFnNTiUbAsYUTg

 

 

 

SEINE ET MARNE : FEST’INVENTIO, festival estival itinérant en Seine et Marne, jusqu’au 26 septembre 2020. Toutes les infos ici : Fest’inventio 2020

 
 

 
 

rediffusion

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CANAP’PLUS : FEST’INVENTIO CHEZ VOUS
scène virtuelle qui s’invite chez vous : chaque samedi d’octobre, revivez les concerts de Fest’inventio 2020 :

 

 

Samedi 3 octobre 2020 – 20h30
retransmission du concert du Geister duo

Samedi 10 octobre 2020 – 20h30
retransmission du concert du Quatuor Joyce et de Claire Merlet

Samedi 17 octobre 2020 – 20h30
retransmission du concert du Trio Guersan

Samedi 24 octobre 2020 – 20h30
retransmission du concert des lauréats du Grand Prix Ravel 2018

PLUS D’INFOS ici
https://www.inventio-music.com/canap-plus/

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