OPERA FUOCO : Die Stumme Serenade

David Stern et Opera Fuoco à ShanghaiLEVALLOIS-P. OPERA FUOCO, le 11 mai 2019 : KORNGOLD : Die Stumme Serenade, création française. Opera Fuoco / David Stern confirme son geste convaincant, défricheur dans l’exhumation de purs joyaux lyriques. Une source de découverte pour le public, un moyen concret de professionnalisation pour la troupe de jeunes tempéraments coachés par David Stern, et prêts à relever les défis de nouveaux ouvrages. Chanter, jouer, surtout articuler un texte : voilà les ressorts d’une réussite musicale que CLASSIQUENEWS a peu à peu suivi et distingué. La compagnie OPERA FUOCO est une équipe de chanteurs et aussi un orchestre (sur instruments anciens) : deux piliers pour une relecture prometteuse des ouvrages choisis par David Stern (VOIR notre reportage dédié à Opéra Fuoco, de Shanghai à Paris : Mozart, Haendel )… Ce 11 mai 2019 est donc une date incontournable pour le mélomane et l’amateur de nouvelles voix comme d’ouvrages peu connus.

Dernier joyau de l’opérette viennoise
Est-ce un opéra ? Une opérette ? Ou une comédie musicale ? Rien de tel : DIE STUMME SERENADE incarne un genre qui lui est propre, dernières floraisons de la grande tradition de l’opérette viennoise.
Amour brĂ»lant, sĂ©rĂ©nades nocturnes, enlèvements, attentats Ă  la bombe et haute couture emballĂ©s dans une grande vague de musique brillante. DIE STUMME SERENADE est un joyau oubliĂ© de la riche Ĺ“uvre d’Erich Wolfgang Korngold. On y voit comment le roi de la mode napolitaine Andrea CoclĂ© – entourĂ© de son harem de mannequins – sacrifie tout, pour l’amour d’une femme. Une femme qui est malheureusement mariĂ©e Ă  la personne la plus influente du pays… Des bombes sont placĂ©es sous des lits et des criminels sont exposĂ©s. Et tandis que le champagne coule Ă  flot aux sons envoĂ»tants de l’orchestre, nous assistons Ă  la façon dont l’amour coĂ»te presque la tĂŞte Ă  CoclĂ©. Sera-t-il graciĂ©, ou est-ce une mort cruelle par un peloton d’exĂ©cution qui l’attend ? Quand amour et politique se croisent, quel est le victorieux…

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KORNGOLD : DIE STUMME SERENADEboutonreservation
Compagnie OPERA FUOCO
Samedi 11 Mai 2019 Ă  20h30
Levallois, Salle Ravel
33, rue Gabriel PĂ©ri
92300 Levallois-Perret

MĂ©tro : Anatole France (ligne 3)
+ d’infos : informations & réservation sur le site OPERA FUOCO / David Stern
http://operafuoco.fr


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OPERA FUOCO

Atelier lyrique:
Sylvia Lombardi – Dania El Zein
Andrea Coclè – Olivier Bergeron
Louise – Julie Goussot
Margherita – Natalie Perez
Emilie – Justine Vultaggio
Pauline – Alexia Macbeth Sam – Olivier Gourdy
Caretto – Louis Roullier Premier Ministre Lugarini – Marco Angioloni

Orchestre:
Katharina Wolff – violon
Petr Ruzicka – violon
Jérôme Huille – violoncelle
Jean Bregnac – flûte
Clément Caratini – clarinette/saxophone
Didier Plisson – Percussions
Stéphane Petitjean – piano
Charlotte Gauthier – piano/célesta
Direction – David Stern

CIE WINTERREISE
Olivier DhĂ©nin – mise en scène, dramaturgie et scĂ©nographie
Anne Terrasse – lumière
Hélène Vergnes – costumes
Nina Pavlista – chorégraphie
Thibaut Lunet – régie artistique
André Tallon – Assistanat à la mise en scène
Lou Bounnaudet – Assistanat au costume & broderie
Justine Baron, Livia Jouan, Héloïse Fizet – atelier décor
Léa Dernet, Mathis Dondet, Florence Metzinger – atelier costume
Sandra Basso – répétitrice théâtre

CD, critique. KORNGOLD, ZEMLINSKY : Trio (Stefan Zweig Trio, ARS Produktion, mai 2018)

zweigtrio_cover KORNGOLD ZEMLINSKY trio cd review critique cdCD, critique. KORNGOLD, ZEMLINSKY : Trio (Stefan Zweig Trio, ARS Produktion, mai 2018). On ne saura assez souligner le redoutable dĂ©fi que reprĂ©sente le Trio du très jeune Korngold, dont la prĂ©cocitĂ© n’égale qu’un seul avant lui : Mozart. D’ailleurs le Viennois partageait avec le Salzbourgeois, le mĂŞme prĂ©nom, « Amadeus ». C’est essentiellement dans les passages très contrastĂ©s du second mouvement « Scherzo / Allegro » que les instrumentistes (jeunes) s’en tirent le mieux, exprimant ce caractère de caprice dĂ©tachĂ©, cette humeur burlesque et fantasque qui ressemble tant Ă  la versatilitĂ© bavaroise et nĂ©oviennoise d’un … Richard Strauss. Le Trio Stefan Zweig a fait ses dĂ©buts Ă  Vienne en 2012, ville oĂą il s’est naturellement crĂ©Ă© (et qui justifie le choix des oeuvres ici)… saluons le courage malgrĂ© leur faible expĂ©rience d’aborder deux oeuvres qui rĂ©clament finesse voire subtilitĂ©, maĂ®trise alogique et hypersensibilitĂ© expressive. L’élan, la passion, l’extase et sa parodie immĂ©diate, les vertiges nĂ©s d’une hypersensibilitĂ© Ă©perdue, ces allers retours permanents qui semblent faire la critique du style romantique et nĂ©obaroque (un point qui a permis au gĂ©nie straussien de briller spĂ©cifiquement) composent le terreau du style si virtuose et CLIC D'OR macaron 200Ă©clectique parfois dĂ©concertant de Korngold, Mozart du XXè, prĂ©coce et hyper douĂ© … Ă  l’opĂ©ra (Somptueuse, sensuelle et vĂ©nĂ©neuse partition de La ville morte / Die Töte Stadt) et donc en musique de chambre … comme l’atteste cet Ă©blouissant Trio Opus 1 conçue en 1909 / 1910, (dĂ©diĂ© Ă  son cher « papa »), vĂ©ritable synthèse  de toute l’histoire romantique viennoise.

  
 
 

KORNGOLD, MOZART ART NOUVEAU

  
 
 

Erich_Wolfgang_Korngold_1912Si l’on manque parfois ici de sĂ©duction au 3è degrĂ©, de nuances infimes et tĂ©nues (certes si difficiles Ă  obtenir), le mouvement III : Larghetto, fait valoir le sens de la respiration et de la ligne, donc de la profondeur et d’une nouvelle gravitas, assez dĂ©lectable. C’est moins Strauss que Wagner et ses climats suspendus qui paraissent en filigrane, un sentiment d’extase encore mais inquiet et interrogatif. Ainsi se prĂ©cise dans sa clartĂ© raffinĂ©e et presque Ă©nigmatique (selon les interprètes), la passion de Korngold, singulière, Ă  la fois classique et harmoniquement consciente des avancĂ©es de la seconde Ă©cole de Vienne (Berg, Schoenberg…) ; une passion marquĂ©e par la pudeur et l’hypersensibilitĂ© qui font de son Ă©criture le legs le plus impressionnant et  le plus bouleversant après Brahms. D’ailleurs Korngold naĂ®t l’annĂ©e de la mort de Johannes, 1897. On sait la prĂ©cocitĂ© du jeune Wolfgang capable d’écrire entre autres son premier opĂ©ra Apollo et Hyacinthus Ă  seulement 11 ans ! MĂŞme prĂ©cocitĂ© pour Korngold Ă  Vienne, qui Ă©labore son Trio pour piano Ă  …13 ans, avec une sensibilitĂ© qui Ă©gale selon nous le jeune Strauss, en raffinement, dramatisme, richesse poĂ©tique, exigence agogique… un dĂ©fi pour les instrumentistes. Les trois musiciens savent en effet comprendre la très fine structure de l’opus, faussement interrompu et sĂ©quentiel, en rĂ©alitĂ©, architecturĂ© par une constellation de micro Ă©pisodes, ayant chacun leur pulsion et couleur propre, que le geste instrumental doit unifier, rendre cohĂ©rent, envelopper. Ce qui est rĂ©alisĂ© ici avec un panache, une imagination, rĂ©els. Le gĂ©nie mordant, syncopĂ©, dĂ©lirant, lumineux, d’un Korngold frappĂ© prĂ©adolescent par la grâce de la justesse et de la profondeur, se rĂ©vèle dans cette lecture très fouillĂ©e, certes encore perfectible mais plus qu’attachante.

Chez Zemlinsky, auteur contemporain de la Secession Viennoise de 1897, – contemporain aussi de l’avènement du chef Gustav Mahler Ă  l’OpĂ©ra de Vienne-, l’emprise de Brahms est nettement durable, plus prĂ©sente encore que chez le jeune Korngold. Il est vrai que Zemlinsky fut très marquĂ© par sa rencontre avec Johannes lors du Concours auquel il se prĂ©senta en 1896 et pour lequel en hommage Ă  son modèle, il Ă©crivit un Trio pour clarinette, claire rĂ©fĂ©rence Ă  l’oeuvre de Brahms (Trio opus 114). Le Trio ici transcrit pour violon, violoncelle et piano est l’œuvre d’un compositeur jeune mais mĂ»r (25 ans), beaucoup moins audacieux et imaginatif que peut l’être Korngold lorsqu’il Ă©crit son propre Trio de 1909.
ZemlinskyMoins sollicités en microclimats et volubilité versatile, les instrumentistes du Stefan Zweig Trio relève les défis d’une partition qui impose surtout un climat presque pesant et étouffant du fait de sa richesse harmonique. Brahmsien certes, Zemlinsky sait alléger en synthèse et en classicisme, la pâte émotionnelle. Son sentiment est plus équilibré et donc peut-être moins ambivalent que celle de son maître.
En témoigne l’admirable mouvement central (Andante, de presque 9 mn) dont l’éloquencee est celle d’une âme aussi ardente que pudique… égalant l’effusion ineffable de Brahms lui-même. Zemlinsky s’est montré digne de l’intérêt que lui manifesta le grand Johannes. Bouleversant. Très bon récital, défendu par de jeunes et solides instrumentistes. CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2018.

  
 
 

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Présentation en allemand par l’éditeur ARS Produktion

Stefan Zweig Trio – Korngold, Zemlinsky
  
 
 

Mit den Klaviertrios von Alexander Zemlinsky (1871-1942) und Erich Wolfgang Korngold (1897-1957), in den Jahren 1896 und 1909/10 entstanden, vereint diese SACD Kompositionen, die – passend zur Wende vom 19. zum 20. Jahrhundert – Rückschau und Ausblick vereinen.
Das Stefan Zweig Trio wurde 2012 von Sibila Konstantinova (Klavier), Kei Shirai (Violine) und Tristan Cornut (Violoncello) in Wien gegründet. Seine an bedeutenden europäischen Musikuniversitäten ausgebildeten Mitglieder gingen als Preisträger aus wichtigen internationalen Wettbewerben wie dem Internationalen Wettbewerb der ARD München, der Melbourne International Chamber Music Competition und der Sendai International Music Competition hervor. 2013 erreichten die Musiker gemeinsam das Semifinale des Münchener ARD-Wettbewerbs, 2015 gewannen sie den Ersten Preis und den Publikumspreis beim Internationalen Joseph Haydn Kammermusikwettbewerb in Wien. Wichtige künstlerische Impulse erhielt das Ensemble durch Johannes Meissl, Avedis Kouyoumdjian und Hatto Beyerle im Rahmen der European Chamber Music Academy (ECMA).
2015 gab das Stefan Zweig Trio sein Debut in der Wigmore Hall London, 2016 tratt es zum ersten Mal im Gläsernen Saal des Musikvereins Wien auf.
Mit der Wahl des Wiener Schriftstellers Stefan Zweig zum Namenspatron ihres Ensembles bringen die drei Musiker zugleich ihre Affinität zur hiesigen Musiktradition und ihr künstlerisches Credo in Anlehnung an das charakter- und gefühlvolle Werk des Schriftstellers zum Ausdruck.
SITE SOURCE :
http://www.ars-produktion.de  
 
 

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Programme :

  
 
 

Erich Wolfgang Korngold (1897–1957)
Trio fĂĽr Klavier, Violine und Violoncello op. 1 D-Dur
1 I Allegro non troppo, con espressione | 10 : 44
2 II Scherzo. Allegro | 6 : 59
3 III Larghetto. Sehr langsam | 7 : 14
4 III Finale. Allegro molto energico | 7 : 40

Alexander Zemlinsky (1871–1942)
Trio fĂśr Klavier, Violine und Violoncello op. 3 d-moll
7 I Allegro ma non troppo | 12 : 56
8 II Andante | 8 : 54
9 III Allegro | 5 : 29

LIRE la présentation du cd des TRIOS de Korngold et Zemlinsky / par le Trio Stefan Zweig sur le site de l’éditeur ARS Produktion

  
 
 

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AGENDA, concerts à venir : les 3 instrumentistes du TRIO Stefan ZWEIG joueront le programme de leur premier disque (Trios de Korngold et Zemlinsky), mercredi 27 février 2019 au KONZERTHAUS BERLIN GER

  
 
 

La Ville morte de Korngold Ă  Nantes

korngold erich_korngold unelogo_francemusiqueRADIO.France Musique, samedi 25 avril 2015, 19h. Korngold: La Ville Morte. Production événement reprise par Angers Nantes Opéra en mars dernier, La Ville Morte, opéra de jeunesse de Korngold (composé avec son père) et créé en 1920, serait le dernier grand opéra romantique assimilant et Strauss, et Wagner et Lehar. Une fresque flamboyante et lyrique qui adapte au théâtre, l’univers symboliste du roman Bruges la morte de Rodenbach. Paul est un jeune veuf qui ne parvient pas à se remettre de la mort de sa femme, Marie : rêve-t-il ou vit-il chaque scène d’un songe cauchemardesque? La jeune comédienne Marietta qui lui rappelle tant son aimée perdue, ne cesse pourtant de parjurer son idéal de pureté et d’absolu religieux. Futur compositeur pour Hollywood, Korngold naîtrise déjà tout le langage de l’orchestre et de l’opéra dans ce chef d’oeuvre absolu qui recycle avec tempérament et originalité l’opéra fleuve, autre défi pour les metteurs en scène et les chefs, La Femme sans ombre de Strauss.

Lire aussi le contre rendu critique de notre rédacteur Alexandre Pham qui assistait à la représentation nantaise du 13 mars dernier : La Ville Morte de Korngold présenté par Angers Nantes Opéra :

« La Ville morte c’est Bruges selon la vision de Paul : un monde sans espoir ni rémission. Le veuf inconsolable depuis la perte de son épouse Marie, s’enfonce dans un état dépressif dont l’opéra offre plusieurs facettes délirantes quoi qu’intensément poétiques.  C’est le génie du compositeur qui la vingtaine triomphante, assure à l’orchestre une langue flamboyante inversement suractive à l’apathie du héros.

Mort et illusion

korngold-villl-morte-angers-nantes-opera-plan-general-acte-I-copyright-jeff-rabillon-2015-angers-nantes-operaSoulignons d’emblée, la direction qui souligne le flux organique la démesure délirante et orgiaque de l’écriture orchestrale tout en n’oubliant pas toutes les autres sources et climats auxquels le jeune prodige Kongold a su puiser : l’incroyable sensualité de la Salomé de Strauss (pour les scènes de Marietta), les accents épiques et l’atmosphère mystérieuse et fantastique de La femme sans ombre du même Strauss,  l’expressionnisme post romantique d’un Schoenberg,  l’instrumentation mahlérienne aussi (ses climats et alliances instrumentales singulières), sans omettre l’orientalisme mélodique caressant, élégantissime d’un Lehar.  Cette culture musicale plutôt dense, se révèle dans la direction du chef Thomas Rösner et tout le mérite lui revient de porter l’architecture dramatique d’une oeuvre miroitante, en bien des points de vue fascinante : la succession des épisodes si contrastés dont il rétablit sous l’ampleur cinématographique de l’écriture symphonique,  la charge satirique et souvent grinçante du drame : tout le tableau dyonisiaque et délirant (parodie de Robert le Diable à l’acte II) où Paul imagine Brigitta en nonne – un nouvel avatar pour celle qui vit dans l’adoration,  de Paul puis de Dieu,  selon les propres termes de l’excellente mezzo Maria Riccarda Wesseling. C’est surtout un tableau charge contre la pensée corsetée du veuf, contre l’image de Brugges la morte (et la très pieuse) qui s’interdit tout nouveau souffle.

korngold-juntunen-helena-marietta-opera-nantes-graslin-jusqu-au-17-mars-2015Dans ce parcours spirituel et chaotique qui met en images le délire dépressif du héros percent plusieurs scènes et tempérament. La romance fascinée du Pierrot,  véritable double parodique de Paul, (somptueuse valse nostalgique “mon désir,  mon délire….”) la propension du drame pour le cauchemar et l’angoisse déformante qui fait naître dans l’esprit dépressif du pauvre Paul,  une tangible course à l’abîme. Le timbre articulé et subtilement suave du jeune baryton John Chest est à saluer. L’ivresse dont se réclame la si lascive Marietta est exprimée par l’enflure océane de l’orchestre,  un prolongement naturel du Strauss de La Femme sans ombre dont l’effectif orchestral est, comme ici, le plus vaste du répertoire. La proposition scénique de Philipp Himmelmann donne à voir la folie diffractée de Paul sous l’aspect d’une plateforme divisée en 6 cubes espaces, tour à tour éclairés, dont l’action est parfois simultanée. LIRE  la critique complète de La Ville Morte de Korngold par Alexandre Pham

VOIR notre reportage vidéo complet La ville Morte Die Töte stadt de Korngold présenté par Angers Nantes Opéra en mars 2015

France Musique, samedi 25 avril 2015, 19h. Korngold: La Ville Morte.

 

Angers Nantes Opérakorngold la ville morte angaers nantes operaville
Erich Wolfgang Korngold : Die Tote Stadt : La Ville Morte
Production créée à Nancy le 9 mai 2010

Thomas Rösner, direction
Philipp Himmelmann, mise en scène

Daniel Kirch, Paul
Helena Juntunen, Marietta
Allen Boxer, Frank
Maria Riccarda Wesseling, Brigitta
Elisa Cenni, Juliette
Albane Carrère, Lucienne
Alexander Sprague, Victorin et Gaston
John Chest, Fritz
Rémy Mathieu, Le Comte Albert

Nantes, Théâtre Graslin : les 8, 10, 13, 15 (14h30), 17 mars 2015 à 20h.

 

 

 

 

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Compte rendu critique, opĂ©ra. Nantes, Théâtre Graslin,  le 13 mars 2015. Korngold : La Ville Morte,  Die Töte Stadt,  1920. Daniel Kirch (Paul), Helena Juntunen (Marietta / Marie), Maria Riccarda Wesseling (Brigitta), Alex (Franck), (Pierrot)…. ONPL.  Thomas Rösner,  direction. Philipp Himmelmann,  mise en scène.

La Ville morte c’est Bruges selon la vision de Paul : un monde sans espoir ni rĂ©mission. Le veuf inconsolable depuis la perte de son Ă©pouse Marie, s’enfonce dans un Ă©tat dĂ©pressif dont l’opĂ©ra offre plusieurs facettes dĂ©lirantes quoi qu’intensĂ©ment poĂ©tiques.  C’est le gĂ©nie du compositeur qui la vingtaine triomphante, assure Ă  l’orchestre une langue flamboyante inversement suractive Ă  l’apathie du hĂ©ros.

Mort et illusion

korngold-ville-morte-nantes-opera-graslinSoulignons d’emblĂ©e, la direction qui souligne le flux organique la dĂ©mesure dĂ©lirante et orgiaque de l’Ă©criture orchestrale tout en n’oubliant pas toutes les autres sources et climats auxquels le jeune prodige Kongold a su puiser : l’incroyable sensualitĂ© de la SalomĂ© de Strauss (pour les scènes de Marietta), les accents Ă©piques et l’atmosphère mystĂ©rieuse et fantastique de La femme sans ombre du mĂŞme Strauss,  l’expressionnisme post romantique d’un Schoenberg,  l’instrumentation mahlĂ©rienne aussi (ses climats et alliances instrumentales singulières), sans omettre l’orientalisme mĂ©lodique caressant, Ă©lĂ©gantissime d’un Lehar.  Cette culture musicale plutĂ´t dense, se rĂ©vèle dans la direction du chef Thomas Rösner et tout le mĂ©rite lui revient de porter l’architecture dramatique d’une oeuvre miroitante, en bien des points de vue fascinante : la succession des Ă©pisodes si contrastĂ©s dont il rĂ©tablit sous l’ampleur cinĂ©matographique de l’Ă©criture symphonique,  la charge satirique et souvent grinçante du drame : tout le tableau dyonisiaque et dĂ©lirant (parodie de Robert le Diable Ă  l’acte II) oĂą Paul imagine Brigitta en nonne – un nouvel avatar pour celle qui vit dans l’adoration,  de Paul puis de Dieu,  selon les propres termes de l’excellente mezzo Maria Riccarda Wesseling. C’est surtout un tableau charge contre la pensĂ©e corsetĂ©e du veuf, contre l’image de Brugges la morte (et la très pieuse) qui s’interdit tout nouveau souffle.

Dans ce parcours spirituel et chaotique qui met en images le dĂ©lire dĂ©pressif du hĂ©ros percent plusieurs scènes et tempĂ©rament. La romance fascinĂ©e du Pierrot,  vĂ©ritable double parodique de Paul, (somptueuse valse nostalgique “mon dĂ©sir,  mon dĂ©lire….”) la propension du drame pour le cauchemar et l’angoisse dĂ©formante qui fait naĂ®tre dans l’esprit dĂ©pressif du pauvre Paul,  une tangible course Ă  l’abĂ®me. Le timbre articulĂ© et subtilement suave du jeune baryton John Chest est Ă  saluer.
L’ivresse dont se rĂ©clame la si lascive Marietta est exprimĂ©e par l’enflure ocĂ©ane de l’orchestre,  un prolongement naturel du Strauss de La Femme sans ombre dont l’effectif orchestral est, comme ici, le plus vaste du rĂ©pertoire.

La proposition scĂ©nique de Philipp Himmelmann donne Ă  voir la folie difractĂ©e de Paul sous l’aspect d’une plateforme divisĂ©e en 6 cubes espaces, tour Ă  tour Ă©clairĂ©s, dont l’action est parfois simultanĂ©e.

Magique vidéo

korngold-juntunen-helena-marietta-opera-nantes-graslin-jusqu-au-17-mars-2015Le tableau le plus rĂ©ussi reste l’apparition en grand Ă©cran de l’image de Marie l’Ă©pouse morte de Paul avec laquelle il communie concrètement aux portes de la folie : le dispositif est l’un des plus impressionnants de toutes les installations vidĂ©os que nous avons pu voir jusque lĂ  : il ne s’agit plus d’une effet plaquĂ© ni d’un gadget mais de l’expression la plus juste du monde surnaturel et fantastique qui colorent alors cette scène de rĂ©surrection : le duo qui se dĂ©veloppe alors entre ce visage dĂ©mesurĂ© et vivant, et Paul enfoncĂ© dans le culte de la dĂ©funte,  frappe par sa justesse,  sa profondeur, sa magie visuelle. Le dispositif Ă©voque très prĂ©cisĂ©ment la distanciation des deux mondes rĂ©unis,  comme il rend très vivante la prĂ©sence obsessionnelle dans l’esprit de Paul,  de son Ă©pouse.  Le fait que cette image projetĂ©e est en fait rĂ©alisĂ©e en direct dans un studio derrière la scène (la cantatrice chante en temps rĂ©el),  ajoute Ă  la force stupĂ©fiante de cette image ; il grandit aussi le mĂ©rite qui revient Ă  la soprano incarnant Marie et Marietta : fabuleuse et vĂ©nĂ©neuse Helena Juntunen,  soeur aĂ®nĂ©e de SalomĂ©,  ou mieux SalomĂ© elle mĂŞme,  si elle n’avait pas Ă©tĂ© tuĂ©e par Strauss (Ă  la fin de l’opĂ©ra Ă©ponyme : ici Marietta incarne toutes les sirènes vampirisantes et vĂ©nĂ©neuses dont Paul très croyant s’interdit un temps le commerce…).

BĂŞte de scène,  diffusant / incarnant cette ivresse sensuelle avec une innocence perverse,  la soprano finlandaise illustre idĂ©alement cette crĂ©ature provocante et dominatrice que Paul rĂ©ussit un temps Ă  neutraliser avant de succomber honteusement Ă  ses charmes: il n’est que la mort pour effacer cette figure dĂ©moniaque pour apaiser l’esprit d’un Paul trop faible et coupable.
Qu’il ait rĂŞvĂ© ou pas,  Paul reste seul sur scène dĂ©finitivement accablĂ© par ses propres doutes. Pour lui les choses sont claires : ni rĂ©demption ni salut. De ce fait, mĂŞme s’il nous a semblĂ© fatiguĂ©, avec des aigus tirĂ©s, le tĂ©nor Daniel Kirch relève les dĂ©fis d’un rĂ´le continĂ»ment exigeant qui rĂ©clame une endurance sans pareil au sein du rĂ©pertoire. Vocalement perfectible,  l’intonation est juste et la faiblesse du veuf idĂ©alement dĂ©pressive. Interdit de rĂ©surrection,  Paul semble finalement inerte dans son cube cercueil.

Mais pourtant,  quel somptueux cataclysme orchestral la fosse a su nous distiller. L’opĂ©ra se nourrit des dĂ©sirs,  dĂ©lires et fantasmes du hĂ©ros. Qu’il les rĂŞve ou les vive rĂ©ellement, Paul est un archĂ©type du hĂ©ros solitaire romantique post wagnĂ©rien  la rĂ©ussite de Philippe Himmelmann est de nous en offrir une flamboyante mise en image. Ici le rĂŞve le dispute au cauchemar,  le rĂ©el Ă  l’illusion, … l’opĂ©ra est une machine enchanteresse.  Après avoir vu la production prĂ©sentĂ©e Ă  Nantes,  nous n’en doutons pas. Voici assurĂ©ment avec la Tristan und Isolde de Wagner version Olivier Py,  l’un des spectacles les plus envoĂ»tants prĂ©sentĂ©s par Angers Nantes opĂ©ra … on rĂŞve d’y applaudir bientĂ´t ce qui en serait un prolongement naturel par l’onirisme promis comme l’envoutement orchestral ( et avec un plateau vocal Ă  l’avenant): la dĂ©jĂ  citĂ©e Femme sans ombre de Richard Strauss, Die frau ohne schatten de 1919).

Compte rendu critique, opĂ©ra. Nantes, Théâtre Graslin,  le 13 mars 2015. Korngold : La Ville Morte,  Die Töte Stadt,  1920. Daniel Kirch (Paul), Helena Juntunen (Marietta / Marie), Maria Riccarda Wesseling (Brigitta), Allen Boxer (Franck), (Pierrot)…. ONPL.  Thomas Rösner,  direction. Philipp Himmelmann,  mise en scène.

Reportage vidĂ©o : La Ville Morte de Korngold, 1920 au Théâtre Graslin de Nantes, jusqu’au 17 mars 2015

NANTES : La Ville Morte de Korngold, production Ă©vĂ©nementVIDEO, reportage. CrĂ©Ă© en 1920, l’opĂ©ra La Ville Morte de Korngold d’après le roman de Robenbach est un sommet lyrique dont le flamboiement fait la synthèse entre Strauss, Lehar, Mahler, Wagner… le futur grand compositeur pour le cinĂ©ma amĂ©ricain y signe une fresque symphonique plus expressionniste que symboliste dont le scintillement permanent de l’orchestre exprime l’impuissance dĂ©pressive de son hĂ©ros, PAUL, jeune veuf inconsolable dont l’opĂ©ra reprĂ©sente le dĂ©lire et les visions fantastiques. Production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra Graslin de Nantes, les 8, 10, 13, 15 et 17 mars 2015. Entretiens avec Philipp Himmelmann, Thomas Rösner, Maria Riccarda Wesseling, Helena Juntunen, Daniel Kirch… © CLASSIQUENEWS.COM 2015

LIRE aussi notre présentation complète de la reprise de La Ville Morte de Korngold, au Théâtre Graslin de Nantes, 5 représentations : les 8, 10, 13, 15 et 17 mars 2015

Angers Nantes OpĂ©ra : somptueuse Ville morte de Korngold jusqu’au 17 mars 2015

korngold-villl-morte-angers-nantes-opera-plan-general-acte-I-copyright-jeff-rabillon-2015-angers-nantes-operaAngers Nantes OpĂ©ra : somptueuse Ville morte de Korngold jusqu’au 17 mars 2015. Superbe production Ă  l’opĂ©ra de Nantes en mars 2016,  première dès demain, dimanche 8 mars 2015 14h30 : La Ville morte du jeune Korngold (1920) d’après le roman de l’Ă©crivain symboliste Rodenbach. AidĂ© par son père,  Korngold Ă  peine âgĂ© de 20 ans compose l’un de ses meilleurs opĂ©ras qu’Angers Nantes OpĂ©ra propose Ă  l’affiche du Théâtre Graslin pour 5 reprĂ©sentations absolument incontournables.  La production est bien connue des connaisseurs et amateurs, et lĂ©gitimement saluĂ©e Ă  sa crĂ©ation en 2010 (alors sur les planches de l’opĂ©ra de Nancy). C’est que le metteur en scène allemand (nĂ© Ă  Bonn),  Philipp Himmelmann souligne le dĂ©lire fantastique qui assaille l’esprit du hĂ©ros,  Paul,(tĂ©nor), jeune veuf plutĂ´t catholique : Paul. En homme de théâtre subtil mais aussi mordant,  le metteur en scène joue sur la fragmentation psychique et crĂ©e un plateau kalĂ©idoscopique dont l’action Ă©clatĂ©e dans l’espace exprime très justement l’esprit diffus,  dĂ©truit du jeune homme.

KORNGOLD-ville-morte-Nantes-Daniel-Kirch-copyright-jeff-RabillonSa rencontre rĂ©elle,  fantasmĂ©e avec la jeune comĂ©dienne Marietta nourrit sa folie dĂ©pressive, car l’actrice lui rappelle Ă©trangement son Ă©pouse perdue. Le jeu d’acteurs emprunte au théâtre le plus exigeant,  le dispositif scĂ©nique insiste sur l’incompatibilitĂ© des ĂŞtres acteurs dans un songe qui bascule dans le cauchemar grimaçant et angoissant.  Le tableau le plus saisissant demeure certainement l’intĂ©gration exceptionnellement rĂ©ussie de la vidĂ©o qui permet d’inscrire de façon naturelle et juste la part de magie fantastique qui se dĂ©veloppe dans l’esprit du jeune homme endeuillĂ©,  amoureux inconsolable après la perte de son Ă©pouse Marie.

 

 

 

DĂ©pressive et flamboyante Bruges

 

korngols-ville-morte-helena-Juntunen-copyright-jeff-rabillon-205-angers-nantes-operaDans la fosse,  Thomas Rösner ici mĂŞme saluĂ© pour un Lucio Silla de Mozart orchestralement vif argent, confirme une sensibilitĂ© Ă©clatante dans l’une des partitions les plus flamboyantes du rĂ©pertoire. Korngold malgrĂ© son jeune âge s’y montre en effet aussi imaginatif que furieusement sensuel,  MahlĂ©rien et Straussien inspirĂ© (La Ville morte semble en maints endroits prolonger La femme sans ombre de Strauss crĂ©Ă© en 1919),  n’hĂ©sitant jamais Ă  parfois raffiner jusqu’Ă  l’extrĂŞme et sans le surcharger l’accomplissement du drame. Le chant exaltant et postromantique de l’orchestre nourrit de magistrale façon le dĂ©lire onirique de Paul…  Cest aussi dans le prolongement du roman de Rodenbach,  un parcours hypnotique oĂą le chatoiement permanent des instruments convoque sur la scène lyrique la prĂ©sence mortifère, maladive mais ensorcelante de “Bruges la morte” telle que l’exprime Rodenbach dans son texte paru Ă  l’origine sous la forme de feuilleton dans les pages du Figaro. …

Voici assurĂ©ment l’un des ouvrages lyriques les plus envoĂ»tants jamais Ă©crits,  servi Ă  Nantes comme souvent,  dans une Ă©blouissante rĂ©alisation.

 

 

 

 

ANO-die-tote-stadt-mars-2015-leaderboardKorngold: La Ville Morte (crĂ©Ă© Ă  Cologne et Hambourg, 1920.)  NANTES, Théâtre Graslin. 5 reprĂ©sentations Ă  ne pas manquer d’autant que la distribution s’y montre particulièrement convaincante-, Ă  Nantes,  Théâtre Graslin,  les 8 (14h30) puis 10, 13, 15 et 17 mars 2015 (Ă  20h). N’hĂ©sitez pas pour retenir votre place tant qu’il en reste encore. Choc esthĂ©tique, plateau ensorcelant, fosse Ă©ruptive et onirique : c’est le spectacle Ă  ne pas manquer cette saison, comme ce fut le cas du fabuleux Tristan und Isolde par Olivier Py, sommet dans la proposition d’Olivier Py Ă  l’opĂ©ra (et qui n’est toujours pas “montĂ©” jusqu’Ă  Paris !). La Ville morte de Korngold prĂ©sentĂ©e Ă  Nantes est un Ă©vĂ©nement Ă  ne pas manquer. RĂ©servation, informations sur le site de l’OpĂ©ra Graslin / Angers Nantes OpĂ©ra.

 

 

LIRE notre prĂ©sentation complète de l’opĂ©ra La Ville morte de Korngold d’après Rodenbach Ă  Nantes dans la mise en scène de Philipp Himmelmann…

 

 

Illustrations : Jeff Rabillon © 2015 pour Angers Nantes OpĂ©ra : tableau gĂ©nĂ©ral Ă  l’acte I, le tĂ©nor Daniel Kirch et la soprano Helena Juntunen dans les Ă©crasants / hallucinants rĂ´les de Paul et de Marietta / Marie.

 

 

Angers Nantes Opéra : La Ville Morte de Korngold

NANTES : La Ville Morte de Korngold, production Ă©vĂ©nementNantes, OpĂ©ra Graslin. Korngold : Die Tote Stadt : 8<17 mars 2015. D’après l’adaptation (Le Mirage) que Georges Rodenbach conçoit d’après Bruges la morte, Korngold fait crĂ©er son opĂ©ra simultanĂ©ment Ă  Cologne et Hambourg, le 4 dĂ©cembre 1920. Le chef d’oeuvre d’un compositeur de 23 ans. La brume vaporeuse de Bruges est le lieu oĂą se rĂ©fugie Paul. Le jeune homme veuf y pleure en un rituel mortifère la perte de celle qu’il a aimĂ©e. Dans ce monde irrĂ©el, paraĂ®t soudain le fantasme de l’aimĂ©e, plus vivante que sa bien-aimĂ©e, plus fascinante que son souvenir. Au labyrinthe des apparences et des illusions, – vertiges qui prĂ©cipitent la conscience dĂ©jĂ  dĂ©truite de Paul, rĂ©pond la riche et flamboyante texture de l’orchestre conçu par Korngold. Onirisme, cauchemar… trouble psychique ou quĂŞte spirituelle, l’itinĂ©raire de Paul vacille Erich_Wolfgang_Korngold_1912constamment entre espoir et dĂ©sillusion, passion ressuscitĂ©e et dĂ©pression… Dans La ville morte, le compositeur, d’un romantisme virtuose, interroge la forme mĂŞme de l’opĂ©ra en tant que fabrique du rĂŞve et de l’enchantement. Mais ici, l’illusion lyrique confine aux visions les plus envoĂ»tantes voire dĂ©concertantes. Proche du texte du poète symboliste belge, Georges Rodenbach, l’opĂ©ra Die Tote Stadt suit fidèlement l’ambiance Ă©vanescente de Bruges la morte (1892). En dĂ©plaçant le lieu des illusions, – d’un cerveau malade et inconsolable jusqu’à la cĂ©lĂ©bration d’une ville entière, nouveau théâtre des apparitions, l’ouvrage atteint une nouvelle poĂ©tique, suggestive, allusive, propice Ă  la surprise Ă  Ă  la rĂ©vĂ©lation.

Avant de mourir, Rodenbach adapte son roman en pièce de théâtre dès 1900. C’est Ă  partir de cette adaptation que les Korngold, père et fils, mettent en musique entre 1917 et 1920, la trame d’un drame psychologique et fantastique qui envoĂ»te par sa finesse poĂ©tique, sa couleur surnaturelle et miroitante. Korngold est formĂ© Ă  la musique par son père Julius, critique musical. A Vienne, l’enfant prodige suscite l’admiration de Gustav Mahler alors directeur de l’OpĂ©ra. Fuyant le nazisme, Korngold compose ensuite pour Hollywood (Ă  partir e 1936) les musiques de films de la Warner Bross oĂą perce Errol Flynn (Les Aventures de Robin des Bois de 1938, Capitaine Blood, La Vie privĂ©e d’Élisabeth d’Angleterre, L’Aigle des mers de 1940…). Au total, 18 musiques de film verront le jour dont deux remporteront un oscar (Anthony Adverse et Robin des Bois).

Korngold Erich korngoldDans La Ville Morte, le jeune Erich Wolfgang approfondit encore sa sensibilité dramatique d’essence fantastique, amorcée avant dès 1914 dans son ouvrage Violanta. La Ville morte reste l’opéra le plus joué en Europe dans les années 1920 : tous les chefs d’envergure (Szell, Schalk, Klemperer, Knappertsbusch) souhaitent se confronter à un opéra intensément dramatique et onirique, qui exige surtout un orchestre spectaculaire citant Strauss, Mahler, Wagner… La Ville morte s’inscrit naturellement dans la programmation inaugurale du premier festival de Salzbourg de l’été 1922. De retour à Vienne en 1949, Korngold tente vainement de reprendre sa place comme compositeur adulé : l’échec de sa Symphonie en fa dièse (composée en Autriche : un autre chef d’oeuvre méconnu) refroidit ses ardeurs : le goût du public a changé et le compositeur regagne les States, à Hollywood, dès 1955, où il s’éteint en 1957 (Toluca Lake). LIRE notre présentation complète de La Ville Morte de Korngold présenté par ANGERS NANTES OPERA, du 8 au 17 mars 2015

 

 

 

 

Angers Nantes Opérakorngold la ville morte angaers nantes operaville
Erich Wolfgang Korngold : Die Tote Stadt : La Ville Morte
Production créée à Nancy le 9 mai 2010

Thomas Rösner, direction
Philipp Himmelmann, mise en scène

Daniel Kirch, Paul
Helena Juntunen, Marietta
Allen Boxer, Frank
Maria Riccarda Wesseling, Brigitta
Elisa Cenni, Juliette
Albane Carrère, Lucienne
Alexander Sprague, Victorin et Gaston
John Chest, Fritz
Rémy Mathieu, Le Comte Albert

Nantes, Théâtre Graslin : les 8, 10, 13, 15 (14h30), 17 mars 2015 à 20h.

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Angers Nantes Opéra : La Ville Morte de Korngold

Erich_Wolfgang_Korngold_1912Nantes, OpĂ©ra Graslin. Korngold : Die Tote Stadt : 8<17 mars 2015. D’après l’adaptation (Le Mirage) que Georges Rodenbach conçoit d’après Bruges la morte, Korngold fait crĂ©er son opĂ©ra simultanĂ©ment Ă  Cologne et Hambourg, le 4 dĂ©cembre 1920. Le chef d’oeuvre d’un compositeur de 23 ans. La brume vaporeuse de Bruges est le lieu oĂą se rĂ©fugie Paul. Le jeune homme veuf y pleure en un rituel mortifère la perte de celle qu’il a aimĂ©e. Dans ce monde irrĂ©el, paraĂ®t soudain le fantasme de l’aimĂ©e, plus vivante que sa bien-aimĂ©e, plus fascinante que son souvenir. Au labyrinthe des apparences et des illusions, – vertiges qui prĂ©cipitent la conscience dĂ©jĂ  dĂ©truite de Paul, rĂ©pond la riche et flamboyante texture de l’orchestre conçu par Korngold. Onirisme, cauchemar… trouble psychique ou quĂŞte spirituelle, l’itinĂ©raire de Paul vacille constamment entre espoir et dĂ©sillusion, passion ressuscitĂ©e et dĂ©pression… Dans La ville morte, le compositeur, d’un romantisme virtuose, interroge la forme mĂŞme de l’opĂ©ra en tant que fabrique du rĂŞve et de l’enchantement. Mais ici, l’illusion lyrique confine aux visions les plus envoĂ»tantes voire dĂ©concertantes. Proche du texte du poète symboliste belge, Georges Rodenbach, l’opĂ©ra Die Tote Stadt suit fidèlement l’ambiance Ă©vanescente de Bruges la morte (1892). En dĂ©plaçant le lieu des illusions, – d’un cerveau malade et inconsolable jusqu’à la cĂ©lĂ©bration d’une ville entière, nouveau théâtre des apparitions, l’ouvrage atteint une nouvelle poĂ©tique, suggestive, allusive, propice Ă  la surprise Ă  Ă  la rĂ©vĂ©lation.

Avant de mourir, Rodenbach adapte son roman en pièce de théâtre dès 1900. C’est à partir de cette adaptation que les Korngold, père et fils, mettent en musique entre 1917 et 1920, la trame d’un drame psychologique et fantastique qui envoûte par sa finesse poétique, sa couleur surnaturelle et miroitante.

Korngold Erich korngoldKorngold est formĂ© Ă  la musique par son père Julius, critique musical. A Vienne, l’enfant prodige suscite l’admiration de Gustav Mahler alors directeur de l’OpĂ©ra. Fuyant le nazisme, Korngold compose ensuite pour Hollywood (Ă  partir e 1936) les musiques de films de la Warner Bross oĂą perce Errol Flynn (Les Aventures de Robin des Bois de 1938, Capitaine Blood, La Vie privĂ©e d’Élisabeth d’Angleterre, L’Aigle des mers de 1940…). Au total, 18 musiques de film verront le jour dont deux remporteront un oscar (Anthony Adverse et Robin des Bois).

Dans La Ville Morte, le jeune Erich Wolfgang approfondit encore sa sensibilité dramatique d’essence fantastique, amorcée avant dès 1914 dans son ouvrage Violanta. La Ville morte reste l’opéra le plus joué en Europe dans les années 1920 : tous les chefs d’envergure (Szell, Schalk, Klemperer, Knappertsbusch) souhaitent se confronter à un opéra intensément dramatique et onirique, qui exige surtout un orchestre spectaculaire citant Strauss, Mahler, Wagner… La Ville morte s’inscrit naturellement dans la programmation inaugurale du premier festival de Salzbourg de l’été 1922. De retour à Vienne en 1949, Korngold tente vainement de reprendre sa place comme compositeur adulé : l’échec de sa Symphonie en fa dièse (composée en Autriche : un autre chef d’oeuvre méconnu) refroidit ses ardeurs : le goût du public a changé et le compositeur regagne les States, à Hollywood, dès 1955, où il s’éteint en 1957 (Toluca Lake). LIRE notre présentation complète de La Ville Morte de Korngold présenté par ANGERS NANTES OPERA, du 8 au 17 mars 2015

 

 

 

 

Angers Nantes Opérakorngold la ville morte angaers nantes operaville
Erich Wolfgang Korngold : Die Tote Stadt : La Ville Morte
Production créée à Nancy le 9 mai 2010

Thomas Rösner, direction
Philipp Himmelmann, mise en scène

Daniel Kirch, Paul
Helena Juntunen, Marietta
Allen Boxer, Frank
Maria Riccarda Wesseling, Brigitta
Elisa Cenni, Juliette
Albane Carrère, Lucienne
Alexander Sprague, Victorin et Gaston
John Chest, Fritz
Rémy Mathieu, Le Comte Albert

Nantes, Théâtre Graslin : les 8, 10, 13, 15 (14h30), 17 mars 2015 à 20h.

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Angers Nantes Opéra : La Ville Morte de Korngold (annonce)

Erich_Wolfgang_Korngold_1912Nantes, OpĂ©ra Graslin. Korngold : Die Tote Stadt : 8>17 mars 2015. D’après l’adaptation (Le Mirage) que Georges Rodenbach conçoit d’après Bruges la morte, Korngold fait crĂ©er son opĂ©ra simultanĂ©ment Ă  Cologne et Hambourg, le 4 dĂ©cembre 1920. Le chef d’oeuvre d’un compositeur de 23 ans. La brume vaporeuse de Bruges est le lieu oĂą se rĂ©fugie Paul. Le jeune homme veuf y pleure en un rituel mortifère la perte de celle qu’il a aimĂ©e. Dans ce monde irrĂ©el, paraĂ®t soudain le fantasme de l’aimĂ©e, plus vivante que sa bien-aimĂ©e, plus fascinante que son souvenir. Au labyrinthe des apparences et des illusions, – vertiges qui prĂ©cipitent la conscience dĂ©jĂ  dĂ©truite de Paul, rĂ©pond la riche et flamboyante texture de l’orchestre conçu par Korngold. Onirisme, cauchemars… trouble psychique ou quĂŞte spirituelle, l’itinĂ©raire de Paul vacille constamment entre espoir et dĂ©sillusion, passion ressuscitĂ©e et dĂ©pression… Dans La ville morte, le compositeur, d’un romantisme virtuose, interroge la forme mĂŞme de l’opĂ©ra en tant que fabrique du rĂŞve et de l’enchantement. Mais ici, l’illusion lyrique confine aux visions les plus envoĂ»tantes voire dĂ©concertantes. Proche du texte du poète symboliste belge, Georges Rodenbach, l’opĂ©ra Die Tote Stadt suit fidèlement l’ambiance Ă©vanescente de Bruges la morte (1892). En dĂ©plaçant le lieu des illusions, – d’un cerveau malade et inconsolable jusqu’à la cĂ©lĂ©bration d’une ville entière, nouveau théâtre des apparitions, l’ouvrage atteint une nouvelle poĂ©tique, suggestive, allusive, propice Ă  la surprise Ă  Ă  la rĂ©vĂ©lation.

Avant de mourir, Rodenbach adapte son roman en pièce de théâtre dès 1900. C’est à partir de cette adaptation que les Korngold, père et fils, mettent en musique entre 1917 et 1920, la trame d’un drame psychologique et fantastique qui envoûte par sa finesse poétique, sa couleur surnaturelle et miroitante.

Korngold Erich korngoldKorngold est formĂ© Ă  la musique par son père Julius, critique musical. A Vienne, l’enfant prodige suscite l’admiration de Gustav Mahler alors directeur de l’OpĂ©ra. Fuyant le nazisme, Korngold compose ensuite pour Hollywood (Ă  partir e 1936) les musiques de films de la Warner Bross oĂą perce Errol Flynn (Les Aventures de Robin des Bois de 1938, Capitaine Blood, La Vie privĂ©e d’Élisabeth d’Angleterre, L’Aigle des mers de 1940…). Au total, 18 musiques de film verront le jour dont deux remporteront un oscar (Anthony Adverse et Robin des Bois).

Dans La Ville Morte, le jeune Erich Wolfgang approfondit encore sa sensibilité dramatique d’essence fantastique, amorcée avant dès 1914 dans son ouvrage Violanta. La Ville morte reste l’opéra le plus joué en Europe dans les années 1920 : tous les chefs d’envergure (Szell, Schalk, Klemperer, Knappertsbusch) souhaitent se confronter à un opéra intensément dramatique et onirique, qui exige surtout un orchestre spectaculaire citant Strauss, Mahler, Wagner… La Ville morte s’inscrit naturellement dans la programmation inaugurale du premier festival de Salzbourg de l’été 1922. De retour à Vienne en 1949, Korngold tente vainement de reprendre sa place comme compositeur adulé : l’échec de sa Symphonie en fa dièse (composée en Autriche : un autre chef d’oeuvre méconnu) refroidit ses ardeurs : le goût du public a changé et le compositeur regagne les States, à Hollywood, dès 1955, où il s’éteint en 1957 (Toluca Lake). LIRE notre présentation complète de La Ville Morte de Korngold présenté par ANGERS NANTES OPERA, du 8 au 17 mars 2015

 
 

 

VOIR notre grand reportage vidĂ©o : La Ville Morte de Korngold au Théâtre Graslin de Nantes, jusqu’au 17 mars 2015 

 

 
 

 

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Erich Wolfgang Korngold : Die Tote Stadt : La Ville Morte
Production créée à Nancy le 9 mai 2010

Thomas Rösner, direction
Philipp Himmelmann, mise en scène

Daniel Kirch, Paul
Helena Juntunen, Marietta
Allen Boxer, Frank
Maria Riccarda Wesseling, Brigitta
Elisa Cenni, Juliette
Albane Carrère, Lucienne
Alexander Sprague, Victorin et Gaston
John Chest, Fritz
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Nantes, Théâtre Graslin : les 8, 10, 13, 15 (14h30), 17 mars 2015 à 20h.

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Die Tote Statdt, La ville morte de Korngold Ă  Nantes

Erich_Wolfgang_Korngold_1912Nantes, OpĂ©ra Graslin. Korngold : Die Tote Stadt : 8>17 mars 2015. D’après l’adaptation (Le Mirage) que Georges Rodenbach conçoit d’après Bruges la morte, Korngold fait crĂ©er son opĂ©ra simultanĂ©ment Ă  Cologne et Hambourg, le 4 dĂ©cembre 1920. Le chef d’oeuvre d’un compositeur de 23 ans. La brume vaporeuse de Bruges est le lieu oĂą se rĂ©fugie Paul. Le jeune homme veuf y pleure en un rituel mortifère la perte de celle qu’il a aimĂ©e. Dans ce monde irrĂ©el, paraĂ®t soudain le fantasme de l’aimĂ©e, plus vivante que sa bien-aimĂ©e, plus fascinante que son souvenir. Au labyrinthe des apparences et des illusions, – vertiges qui prĂ©cipitent la conscience dĂ©jĂ  dĂ©truite de Paul, rĂ©pond la riche et flamboyante texture de l’orchestre conçu par Korngold. Onirisme, cauchemar… trouble psychique ou quĂŞte spirituelle, l’itinĂ©raire de Paul vacille constamment entre espoir et dĂ©sillusion, passion ressuscitĂ©e et dĂ©pression… Dans La ville morte, le compositeur, d’un romantisme virtuose, interroge la forme mĂŞme de l’opĂ©ra en tant que fabrique du rĂŞve et de l’enchantement. Mais ici, l’illusion lyrique confine aux visions les plus envoĂ»tantes voire dĂ©concertantes. Proche du texte du poète symboliste belge, Georges Rodenbach, l’opĂ©ra Die Tote Stadt suit fidèlement l’ambiance Ă©vanescente de Bruges la morte (1892). En dĂ©plaçant le lieu des illusions, – d’un cerveau malade et inconsolable jusqu’à la cĂ©lĂ©bration d’une ville entière, nouveau théâtre des apparitions, l’ouvrage atteint une nouvelle poĂ©tique, suggestive, allusive, propice Ă  la surprise Ă  Ă  la rĂ©vĂ©lation.

Avant de mourir, Rodenbach adapte son roman en pièce de théâtre dès 1900. C’est à partir de cette adaptation que les Korngold, père et fils, mettent en musique entre 1917 et 1920, la trame d’un drame psychologique et fantastique qui envoûte par sa finesse poétique, sa couleur surnaturelle et miroitante.

Korngold Erich korngoldKorngold est formĂ© Ă  la musique par son père Julius, critique musical. A Vienne, l’enfant prodige suscite l’admiration de Gustav Mahler alors directeur de l’OpĂ©ra. Fuyant le nazisme, Korngold compose ensuite pour Hollywood (Ă  partir e 1936) les musiques de films de la Warner Bross oĂą perce Errol Flynn (Les Aventures de Robin des Bois de 1938, Capitaine Blood, La Vie privĂ©e d’Élisabeth d’Angleterre, L’Aigle des mers de 1940…). Au total, 18 musiques de film verront le jour dont deux remporteront un oscar (Anthony Adverse et Robin des Bois).

Dans La Ville Morte, le jeune Erich Wolfgang approfondit encore sa sensibilité dramatique d’essence fantastique, amorcée avant dès 1914 dans son ouvrage Violanta. La Ville morte reste l’opéra le plus joué en Europe dans les années 1920 : tous les chefs d’envergure (Szell, Schalk, Klemperer, Knappertsbusch) souhaitent se confronter à un opéra intensément dramatique et onirique, qui exige surtout un orchestre spectaculaire citant Strauss, Mahler, Wagner… La Ville morte s’inscrit naturellement dans la programmation inaugurale du premier festival de Salzbourg de l’été 1922. De retour à Vienne en 1949, Korngold tente vainement de reprendre sa place comme compositeur adulé : l’échec de sa Symphonie en fa dièse (composée en Autriche : un autre chef d’oeuvre méconnu) refroidit ses ardeurs : le goût du public a changé et le compositeur regagne les States, à Hollywood, dès 1955, où il s’éteint en 1957 (Toluca Lake).

 

 

 

Angers Nantes Opérakorngold la ville morte angaers nantes operaville
Erich Wolfgang Korngold : Die Tote Stadt : La Ville Morte
Production créée à Nancy le 9 mai 2010

Thomas Rösner, direction
Philipp Himmelmann, mise en scène

Daniel Kirch, Paul
Helena Juntunen, Marietta
Allen Boxer, Frank
Maria Riccarda Wesseling, Brigitta
Elisa Cenni, Juliette
Albane Carrère, Lucienne
Alexander Sprague, Victorin et Gaston
John Chest, Fritz
RĂ©my Mathieu, Le Comte Albert

Nantes, Théâtre Graslin : les 8, 10, 13, 15 (14h30), 17 mars 2015 à 20h.

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À propos de  La Ville morte

Conférence du Club Graslin Opéra. Présentation du compositeur Erich Wolfgang Korngold et de son œuvre par Alain Perroux, musicologue

Théâtre Graslin de Nantes
Lundi 23 février 2015 à 20h
Entrée gratuite 
Visiter le site d’Angers Nantes Opéra :

http://www.angers-nantes-opera.com

 

 

 

résumé de l’intrigue

Angers Nantes Opéra : La Ville Morte de KorngoldLe veuvage de Paul. A Bruges au cœur des canaux stagnants, Paul (ténor), veuf inconsolable, se désespère après la perte de son épouse Marie. Les remontrances de son ami Franck (baryton) et de sa femme de chambre (Brigitta, mezzo soprano) n’y font rien. Son illusion redouble quand une danseuse venue le voir, Marietta (soprano) semble ressusciter l’image de Marie : elle chante la même chanson que fredonnait la défunte : « Glück, das mir verblied »…

Le délire onirique de Paul. Puis l’action plonge dans la psyché du veuf délirant : de la fin du Ier acte au milieu du IIIème, le drame se précipite dans imagination de Paul. Franck y paraît en amant de Marietta, puis Marietta et ses amis réalisent une représentation théâtrale et caricaturale, à laquelle succèdent une procession cauchemardesque, la profanation des souvenirs de Marie par Marietta, enfin le meurtre de Marietta par Paul en étouffant la danseuse exubérante avec les tresses de Marie.

C’est une transe à valeur cathartique qui permet in fine au veuf de faire son deuil et de se libérer du souvenir de la défunte. Franck annonce qu’il quitte Bruges : Paul décide de l’accompagner.

 

 

Rodenbach / Korngold
Angers Nantes OpĂ©ra : La Ville Morte de KorngoldDes climats urbains de Rodenbach Ă  l’onirisme postwagĂ©nrien et straussien de Korngold… Dans son roman Bruges la morte (1892) Georges Rodenbach (1855-1898) cultive le croisement onirique des eaux fantastiques et symbolistes. L’Ă©crivain est un proche d’Emile Verhaeren et organise en Belgique une tournĂ©e de Villiers de l’Isle Adam puis de StĂ©phane MallarmĂ©. Shopenhauerien comme Wagner, Rodenbach soigne en particulier les climats dĂ©pressifs et les paysages brumeux. Rodenbach se rapproche de l’anarchiste Octave Mirbeau qui a fait dĂ©couvrir Maeterlinck.  Pour exprimer les humeurs suicidaires de son hĂ©ros, Paul, jeune veuf, frappĂ© par l’absence insupportable de son Ă©pouse Marie, Rodenbach relie les pensĂ©es du jeune homme aux couleurs changeantes de la ville de Bruges … l’espace urbain devient protagoniste, comme dĂ©tenteur et gardien d’un secret intime : ainsi paraĂ®t « la Ville comme un personnage essentiel, associĂ© aux Ă©tats d’âme, qui conseille, dissuade, dĂ©termine Ă  agir », « Ainsi, dans la rĂ©alitĂ©, cette Bruges, qu’il nous a plu d’élire, apparaĂ®t presque humaine… ». InspirĂ© par le climat vĂ©nĂ©neux, Ă©rotique et lugubre de Rodenbach, Korngold aidĂ© de son père se montre Ă  la hauteur de la mise en musique du sujet symboliste. Le miroitement de l’orchestre, l’invention et la sĂ©duction mĂ©lodiques, la construction et la dramaturgie de la musique, la place accordĂ©e d’un bout Ă  l’autre au mystère, Ă  l’illusion trompeuse et dĂ©lirante, toute l’action n’est qu’un songe et un cauchemar sorte d’exutoire et traversĂ©e crĂ©pusculaire grâce auxquels Paul rĂ©alise son veuvage : au terme de l’opĂ©ra, il est sauvĂ© de lui-mĂŞme, prĂŞt Ă  vivre une nouvelle vie.

L’action en 3 tableaux

Tableau 1 : la rencontre avec Marietta. Paul jeune veuf vit dans le souvenir de Marie dont il conserve une  mèche de cheveu. ParaĂ®t une jeune femme rĂ©cemment rencontrĂ©e, Marietta, comĂ©dienne qui lui rappelle Ă©trangement sa dĂ©funte Ă©pouse : Paul tente de l’embrasser mais Marietta lui Ă©chappe, prĂ©textant le spectacle dans lequel elle joue.

Tableau 2 : Parodie de rĂ©surrection. Devant la maison de Marietta, Paul rencontre son ami Franck et lui dĂ©robe de force la clĂ© de la chambre de la jeune femme. Celle ci paraĂ®t avec ses partenaires comĂ©diens : tous singent l’opĂ©ra de Robert le diable de Meyerbeer, la scène de rĂ©surrection des religieuses. Paul est outrĂ© mais Marietta dĂ©fie le souvenir de Marie.

Tableau 3 : Paul a passĂ© la nuit avec Marietta : elle se moque de la procession de la Saint-Sang, ce qui choque la foi de Paul. Marietta ayant jouant avec les mèches de cheveux de Marie est agressĂ©e par le jeune homme qui l’Ă©touffe en l’Ă©tranglant. Au comble de l’effroi, Paul se rend compte qu’il dĂ©lire et que tout Ă©tait cauchemar. Marietta frappe Ă  la porte pour rĂ©cupĂ©rer le bouquet qu’elle avait oubliĂ© chez Paul. Ce dernier dĂ©cide de suivre Franck hors de Bruges.