CD, annonce. ” Mademoiselle , par Julie Fuchs (DG)

fuchs mademoiselle cd deutsche grammophon critique review cd annonce portrait par classiquenews cd critique compte rendu operaCD, annonce. JULIE FUCHS, soprano : Mademoiselle (1 cd DG). Dans son premier cd chez DG intitulé « YES » avec le National de Lille (sept 2015), la soprano Julie Fuchs osait avec délices défricher quelques pépites françaises de la Belle Epoque, « en diseuse enivrée, d’une irrésistible séduction » (selon les mots de notre rédacteur d’alors Lucas Irom :
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-compte-rendu-critique-julie-fuchs-yes-deutsche-grammophon-2015/

Qu’en sera-t-il pour ce second volume sous Ă©tiquette jaune ? C’est un nouvel opus titrĂ© « Mademoiselle », oĂą par le choix de nouvelles pĂ©pites, la cantatrice s’adonne Ă  nouveau au plaisir du jardin personnel et de l’autoportrait musical. Mais ici selon de nouveaux goĂ»ts en particulier une affection pour l’opĂ©ra romantique français et italien, plutĂ´t “bel canto” que sĂ©quence dramatique et tragique.
Elle nous avait ravis dans son incarnation très suave et ronde de Leïla dans Les Pêcheurs de Perles, réalisation majeure réalisée par L’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch (le cd est sélectionné dans la catégorie Enregistrement de l’année 2018 des prochaines 26èmes Victoires de la musique classique). Pour autant, la jeune diva française maîtrise-t-elle idéalement le style français romantique, en particulier cette articulation qui hier ont fait les grandes cantatrices telles Dessay pour la virtuosité éclatante et ciselée ; ou Régine Crespin au phrasé et à la diction, impeccables ?
Réponse dans notre prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews. Nouveau cd à paraître le 15 février 2019 sous étiquette DG Deutsche Grammophon

Julie Fuchs, sacrée diva

fuchs-julie-soprnao-YES-deutsche-grammophon-septembre-2015-review--account-of-compte-rendu-critique-CLASSIQUENEWS-(c)-2015-Solene-Ballesta-02_HDCD, Ă©vĂ©nement. Compte rendu critique. Julie Fuchs : Yes ! (Deutsche Grammophon 2015). Ce pourrait ĂŞtre l’ossature d’une revue musicale imaginaire Ă  laquelle la jeune diva nous convie;  dĂ©jĂ  remarquĂ©e dans Ciboulette de Hahn (1923) oĂą elle incarnait avec un angĂ©lisme dĂ©terminĂ© et pĂ©tillant la lolita  des halles parisiennes (prĂ©sente ici Ă©videmment : “C’est pas Paris, c’est sa banlieue”), Julie Fuchs abandonne ses vocalises nĂ©oclasssiques et triomphantes  qui concluaient lumineusement l’opĂ©ra des Lumières, Renaud de Sacchini, pour un premier rĂ©cital discographique, tout en savoureuse finesse. Son “j’ai deux amants”  (L’amour masquĂ© d’AndrĂ© Messager, 1923) pĂ©tille en vraie nouvelle diseuse après Yvonne Printemps ; fĂ©ministe ce qu’il faut et plus encore, superbe actrice aux nuances dĂ©lectables et Ă  la prosodie prĂ©cise et fluide, insolente et mordante, dans l’air de ThĂ©rèse des Mamelles  de TirĂ©sias (1917) ; les deux Kurt Weill – en français -, surprennent par leur profondeur et la rĂ©ussite de l’alliance comĂ©die grinçante, amertume cynique  (complainte de Mackie, L’opĂ©ra de Quat’sous, 1928). Quand Ă  Phi-Phi  (ah, cher monsieur excusez moi, de Christine,  1918), la diva d’une articulation lumineuse lĂ  encore, revivifie le clin d’oeil Ă  la Manon de Massenet.

 

 

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Ce qui captive c’est la superbe couleur que la coloratoure sait insuffler Ă  des aigus toujours couverts, tenus, porteurs d’une Ă©motion sincère, d’une Ă©lĂ©gance très suggestive.
Sous couvert de la lĂ©gèretĂ© parfois grivoise (le “premier tirage” de Phi-Phi, le “ça” de Casimir Oberfled, 1932), la soprano cultive une finesse d’intonation de bout en bout enivrante. D’autant que son articulation et son intelligibilitĂ© demeurent deux qualitĂ©s continĂ»ment prĂ©servĂ©es.
OpĂ©rette rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e sous l’influence du music hall,  du jazz et de la comĂ©die musicale, l’Ă©poque et le rĂ©pertoire que sert avec une subtilitĂ© très juste Julie Fuchs pour son première album, soulignent l’essor du spectacle musical Ă  Paris marquĂ© par une insouciance fĂ©conde propre aux annĂ©es Folles.

Diseuse enivrĂ©e, d’une irrĂ©sistible sĂ©duction, la nouvelle diva française

Julie Fuchs dit Yes !

Nouvelle diva enivrante, Julie Fuchs dit " YES"

LIRE notre critique du CD YES! de Julie Fuchs chez Deutsche Grammophon, l’article complet, ici

Publications. Opéra magazine n°109. Septembre 2015. Rentrée lyrique et nouvelle formule. Julie Fuchs en couverture

Publications. Opéra magazine n°109. Septembre 2015. Rentrée lyrique et nouvelle formule réussie pour le magazine mensuel qui fait sa couverture sur la soprano vedette Julie Fuchs, nouvelle diva française, au moment où paraît son premier album chez Deutsche Grammophon, dédié à la comédie musicale et à l’opérette parisiennes des années Folles (1920-1930) : cd «  YES! ». Couverture et grand entretien : Julie Fuchs : des débuts à l’Opéra National de Paris, dans Thalie et la Folie de Platée, le 7 septembre 2015, suivis de la sortie de son premier récital d’airs français chez Deutsche Grammophon, le 11 : la carrière de la jeune soprano française connaît, en cette rentrée 2015, un formidable coup d’accélérateur ! Mais Julie Fuchs ne se laisse pas griser par la rapidité de cette ascension et demeure vigilante, aussi bien dans le choix de ses rôles que dans la manière de gérer son calendrier. Rencontres : Peter Gelb. Qui, mieux que son directeur général, pouvait présenter les dix opéras qui seront retransmis en haute définition, à partir du 3 octobre, en direct du Metropolitan Opera de New York ? En France, c’est Pathé Live qui en assure la distribution, dans quelque cent vingt salles.

 

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Anniversaire
Alain Lombard
Le 24 septembre, le chef français sera de retour à l’Opéra National de Bordeaux, dont il a été le directeur artistique entre 1990 et 1995. Dix jours avant de souffler ses 75 bougies, il y ouvrira la saison lyrique 2015-2016 avec une nouvelle production de Don Carlo, mise en scène par Charles Roubaud, à l’Auditorium.

Jeune talent : AnaĂŻs Constans
Même si elle n’y a pas décroché l’un des trois premiers prix, la soprano française a fait sensation au Concours de Montréal, en mai-juin dernier. Avant ses débuts à l’Opéra National de Paris, en 2016, elle sera la Voix du ciel dans Don Carlo, à Bordeaux, le 24 septembre 2015.

In memoriam : Jon Vickers
Disparu le 10 juillet dernier, après des années de lutte contre la maladie d’Alzheimer, le légendaire ténor canadien a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de l’art lyrique au XXe siècle. Acteur phénoménal, doté d’une voix puissante, à la couleur reconnaissable entre mille, il faisait littéralement corps avec ses personnages. Parmi ses créations majeures : Otello, Samson, Tristan, Énée, Florestan et Peter Grimes.

Ils nous ont Ă©galement quittĂ©s…
Franck Ferrari, Oleg Bryjak, Michel Cadiou, Alan Curtis, Waldemar Kmentt, Daniel Marty, Maria Radner, Jerzy Semkov.

Comptes rendus
Les scènes, concerts, récitals et concours.

Guide pratique
La sélection CD, DVD, livres et l’agenda international des spectacles.

Publications. Opéra magazine n°109. Septembre 2015. Rentrée lyrique et nouvelle formule. Parution : mercredi 2 septembre 2015.

 

CD, événement, compte rendu critique. Julie Fuchs : Yes ! (Deutsche Grammophon 2015)

fuchs-julie-soprnao-YES-deutsche-grammophon-septembre-2015-review--account-of-compte-rendu-critique-CLASSIQUENEWS-(c)-2015-Solene-Ballesta-02_HDCD, Ă©vĂ©nement. Compte rendu critique. Julie Fuchs : Yes ! (Deutsche Grammophon 2015). Ce pourrait ĂŞtre l’ossature d’une revue musicale imaginaire Ă  laquelle la jeune diva nous convie;  dĂ©jĂ  remarquĂ©e dans Ciboulette de Hahn (1923) oĂą elle incarnait avec un angĂ©lisme dĂ©terminĂ© et pĂ©tillant la lolita  des halles parisiennes (prĂ©sente ici Ă©videmment : “C’est pas Paris, c’est sa banlieue”), Julie Fuchs abandonne ses vocalises nĂ©oclasssiques et triomphantes  qui concluaient lumineusement l’opĂ©ra des Lumières, Renaud de Sacchini, pour un premier rĂ©cital discographique, tout en savoureuse finesse. Son “j’ai deux amants”  (L’amour masquĂ© d’AndrĂ© Messager, 1923) pĂ©tille en vraie nouvelle diseuse après Yvonne Printemps ; fĂ©ministe ce qu’il faut et plus encore, superbe actrice aux nuances dĂ©lectables et Ă  la prosodie prĂ©cise et fluide, insolente et mordante, dans l’air de ThĂ©rèse des Mamelles  de TirĂ©sias (1917) ; les deux Kurt Weill – en français -, surprennent par leur profondeur et la rĂ©ussite de l’alliance comĂ©die grinçante, amertume cynique  (complainte de Mackie, L’opĂ©ra de Quat’sous, 1928). Quand Ă  Phi-Phi  (ah, cher monsieur excusez moi, de Christine,  1918), la diva d’une articulation lumineuse lĂ  encore, revivifie le clin d’oeil Ă  la Manon de Massenet.

 

 

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Ce qui captive c’est la superbe couleur que la coloratoure sait insuffler Ă  des aigus toujours couverts, tenus, porteurs d’une Ă©motion sincère, d’une Ă©lĂ©gance très suggestive.
Sous couvert de la lĂ©gèretĂ© parfois grivoise (le “premier tirage” de Phi-Phi, le “ça” de Casimir Oberfled, 1932), la soprano cultive une finesse d’intonation de bout en bout enivrante. D’autant que son articulation et son intelligibilitĂ© demeurent deux qualitĂ©s continĂ»ment prĂ©servĂ©es.
OpĂ©rette rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e sous l’influence du music hall,  du jazz et de la comĂ©die musicale, l’Ă©poque et le rĂ©pertoire que sert avec une subtilitĂ© très juste Julie Fuchs pour son première album, soulignent l’essor du spectacle musical Ă  Paris marquĂ© par une insouciance fĂ©conde propre aux annĂ©es Folles.

Diseuse enivrĂ©e, d’une irrĂ©sistible sĂ©duction, la nouvelle diva française

Julie Fuchs dit Yes !

Nouvelle diva enivrante, Julie Fuchs dit " YES"

 

 

Il appartient aux jeunes talents du moment de nous Ă©tonner d’abord, de nous surprendre ensuite en dĂ©voilant par l’affinitĂ© de leur voix et du rĂ©pertoire choisi, tout un style expressif et la cohĂ©rence d’une sĂ©lection musicale, gageure Ă©noncĂ©e et remarquablement rĂ©ussie dans ce premier album qui nous Ă©pargne les sempiternelles premières Ă©ditions lesquelles souvent conçues comme des cartes de visite, abreuvent de pots pourris indigestes dans une auto cĂ©lĂ©bration toujours dĂ©cousue. Rien de tel ici tant la suave et facĂ©tieuse parentĂ© entre chaque air et mĂ©lodie fait rĂ©fĂ©rence Ă  une Ă©poque bercĂ©e de culture, de finesse, de fantaisie habile, d’une constante intelligence.
La cantatrice sĂ»re, au goĂ»t affĂ»tĂ©e, au style irrĂ©prochable sachant constamment jouer entre mĂ©lodie parodique et sĂ©ditieuse  et grand air d’opĂ©ra (sublime mĂ©lodie du Coq d’or de Rimsky de 1909 : le fameux Hymne au soleil, chnatĂ© en français comme l’ensemble du programmes) nous enchante par une maĂ®trise savoureuse entre chant lyrique et opĂ©rette : une telle fluiditĂ© captive mĂŞlant finesse et humour, ivresse et suavitĂ© … se filles tendres et faciles (qui ne cessent de dire yes) gagnentt une profondeur lyrique indiscutable et ses airs lyriques classiques (les deux Lehar) et surtout le Rimsky dĂ©jĂ  citĂ©, gravissent les marches de l’embrasement par un timbre de lyrique lĂ©ger virtuose.

 

 

CLIC_macaron_2014Chaque air lui va, chaque situation la valorise, dĂ©voile un tempĂ©rament taillĂ© pour l’intensitĂ© enivrĂ© du drame… L’instinct artistique s’affirme dans la finesse servie par une voix d’une ineffable sĂ©duction en rien artificielle et si profondĂ©ment humaine : voilĂ  qui nous  change de bien des lolitas pour lesquelles chant signifie performance. Ici la musicalitĂ© entre comĂ©die et sincĂ©ritĂ© confirme une somptueuse intelligence.
Magistral (Ă©coutez l’insolente agilitĂ© de son Ravel : L’enfant et les sortilèges, 1925, exhortation dĂ©lirante de l’animal/insecte vengeur). Pour finir le “ThĂ© pour deux” (No no Nanette, Vincent Youmans, 1925) Ă©blouit littĂ©ralement par son Ă©lĂ©gance suave. Un miracle de diction amusĂ©e piquante que n’aurait pas reniĂ© les plus exigeants parisiens, Cocteau et Guitry.
Alors face Ă  tant de finesse enjouĂ©e et stylĂ©e que dire Ă  cette nouvelle diva rĂ©jouissante qui a la super classe : ce qu’elle dit elle mĂŞme ressuscitant le Maurice Yvain de 1928 : un immense ” yes ” ! C’est donc un CLIC de classiquenews pour septembre 2015.

 

 

CD, Ă©vĂ©nement. Julie Fuchs : Yes ! (1 cd Deutsche Grammophon, enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Paris en avril et juin 2015). Yvain, Poulenc, Ravel, Honegger, Weill, ChristinĂ©, Youmans, Rimsky, Hahn… Orchestre national de Lille. Samuel Jean, direction.

Compte-rendu : Paris. Théâtre de l’Athénée, le 16 mai 2013. Richard Strauss : Ariadne auf Naxos. Julie Fuchs, Léa Trommenschlager, Anna Destrael, Marc Haffner… Ensemble Le Balcon. Maxime Pascal, direction. Benjamin Laza

Richard Strauss photo portrait profilCertains spectacles, dans de grandes salles, avec des distributions prestigieuses, des dispositifs pharaoniques, des moyens considĂ©rables, parviennent Ă  peine Ă  vous maintenir en Ă©veil et ne vous laissent que peu de souvenirs. D’autres, beaucoup plus modestes, vous bouleversent profondĂ©ment et vous donnent l’impression d’être au plus près de l’œuvre  …  d’accĂ©der Ă  la pure substance  de la musique. L’Aridane auf Naxos prĂ©sentĂ©e par le Théâtre de l’AthĂ©nĂ©e-Louis Jouvet appartient indĂ©niablement Ă  cette seconde catĂ©gorie.

 

 

Spontanéité

 

Qui aurait pourtant pu l’attendre d’une version de concert donnĂ©e par des musiciens dont la moyenne d’âge doit avoisiner les 25-30 ans ? Et pour une Ĺ“uvre pensĂ©e uniquement pour la scène ? C’était sans compter les talents de Benjamin Lazar. 
Sa mise en scène, qu’on pourrait davantage qualifier de « mise en espace » en raison de l’absence de dĂ©cors et d’une scène mangĂ©e aux trois quarts par les instrumentistes dĂ©bordant de la fosse – parvient Ă  donner vie Ă  l’action de manière très astucieuse. Avec le peu de moyens Ă  sa disposition (un fond noir, les armatures sur lesquelles sont placĂ©s les musiciens, des costumes « de civils ») il rend l’action très humaine, crĂ©e des ambiances contrastĂ©es ; il profite du sujet pour jouer avec les conventions et casser les codes. Le public est mis Ă  contribution pendant quelques scènes, alors que des personnages sillonnent le parterre, et sera mĂŞme invitĂ© Ă  taper joyeusement dans les mains – sans heureusement tomber dans le vulgaire.
Bref, ce qui pourrait ressembler de loin à un spectacle monté par des élèves de conservatoires dans une maison de quartier, se révèle être en réalité une prestation d’un très grand professionnalisme, associé à une qualité musicale et artistique surprenantes.

Quand jeunesse peut – et sait …

La distribution vocale, d’une homogénéité rare, participe aussi largement à cette réussite.
Julie Fuchs est une jeune chanteuse dont la carrière est déjà bien lancée – elle fut la « Révélation lyrique » des Victoires de la musique classique 2012 – et qui aborde des répertoires très variés avec beaucoup d’enthousiasme et de réussite. Zerbinetta lui sied comme un gant, elle sait se faire délicieusement espiègle et séductrice. Et si certains suraigus ne sont pas encore tout à fait assurés, la virtuosité du rôle ne l’handicape nullement !
Dans le rôle d’Ariadne, Léa Trommenschlager, 27 ans, surprend par sa maturité. On pourra arguer que la voix ne « rayonne » pas beaucoup, que les aigus sont légèrement engorgés ; mais l’interprétation est d’une grande finesse, sans emphase ni superflu.
Le Compositeur d’Anna Destrael – qui remplaçait pour toutes les représentations Clémentine Margaine, mérite aussi les palmes. Alors que la mise en scène la borne à un personnage statique, elle parvient avec sa voix chaleureuse et frémissante à se travestir en un jeune homme passionné et tempétueux. L’une des performances les plus touchantes du spectacle.
Seul Bacchus, interprété par Marc Heffner, fait une ombre au tableau. Le ténor, certainement en méforme, rate douloureusement la plupart de ses aigus et finit même par octavier les derniers. Le rôle est extrêmement difficile, et il eût sans doute été judicieux d’engager un ténor un peu plus léger ici, dans cette petite salle avec un petit orchestre.
Parmi tous les seconds rôles excellemment interprétés, on retiendra notamment le maître de ballet de Damien Bigourdan et la Dryade au timbre chaud de Camille Merckx.
L’Ensemble Le Balcon n’est lui aussi composé que de jeunes musiciens, y compris son chef Maxime Pascal, 28 ans. Ils livrent une performance presque irréprochable d’un point de vue technique, sans doute rendu possible grâce à un long travail de préparation et de nombreuses répétitions. Le résultat est superbe, parfois proche de ce qu’on peut attendre de grands orchestres, mettant parfaitement en valeur une partition claire mais exigeante.
L’Ensemble est en résidence à l’Athénée depuis cette saison pour une série d’un an de concerts, qui se clôturera par la représentation de l’opéra de Peter Eötvös qui lui a donné son nom : Le Balcon.

Au plus près de l’œuvre

Dans cette petite salle richement décorée qu’est le Théâtre de l’Athénée, l’œuvre prend tout son sens, l’interactivité avec le public est plus aisée et l’impact de la musique, plus fort. Si, d’un point de vue froidement objectif, le niveau général n’est tout de même pas comparable, on prend infiniment plus de plaisir à voir Ariadne ici que dans la récente production à l’opéra Bastille. 
L’osmose, la profonde complicité qui semble s’être nouée entre les artistes permet la totale réussite d’un spectacle d’une grande fraîcheur, alliée à un très haut niveau technique et une maturité rare. Sans doute l’un des plus beaux spectacles lyriques de cette saison.

Paris. Théâtre de l’Athénée, le 16 mai 2013. Richard Strauss, Ariadne auf Naxos. Julie Fuchs, Zerbinetta ; Léa Trommenschlager, Ariadne ; Anna Destrael, Le Compositeur ; Marc Haffner, Bacchus ; Thill Mantero, maître de musique ; Damien Bigourdan, maître de ballet et Scaramouche ; Vladimir Kapshuk, perruquier et Arlequin ; Virgile Ancely, laquais et Truffaldin ; Cyrille Dubois, officier et Brighella ; Norma Nahoun, Naïade ; Élise Chauvin, Écho ; Camille Merckx, Dryade. Ensemble Le Balcon. Maxime Pascal, direction. Benjamin Lazar, mise en scène.