Iolanta au Palais Garnier

France Musique, le 26 mars 2016, 19h30. Iolanta de Tchaikovski. Production Ă  l’affiche du Palais Garnier Ă  Paris, jusqu’au 1er avril et en couplage avec dans la mĂȘme soirĂ©e : Casse-Noisette. Le dernier opĂ©ra de Tchaikovski occupe l’affiche de l’OpĂ©ra de Paris, entrĂ©e au rĂ©pertoire qui permet aux parisiens de mesurer le gĂ©nie et la modernitĂ© du dernier Tchaikovski. Le ThĂ©Ăątre parisien restitue l’ouvrage tel qu’il fut crĂ©Ă© au Mariisnky, couplĂ© avec le ballet Casse-Noisette.

tchaikovski piotr-Tchaikovsky-530-855Pour la saison 1891-1892, les ThĂ©Ăątres ImpĂ©riaux commandent 2 nouvelles Ɠuvres Ă  TchaĂŻkovski : un opĂ©ra, qui est son 10Ăšme et dernier ouvrage lyrique, Iolanta et le lĂ©gendaire ballet, Casse-Noisette. Les deux partitions portant la marque du dernier TchaĂŻkovski : un sentiment irrĂ©pressiblement tragique s’accompagne d’une orchestration particuliĂšrement raffinĂ©e. Iolanta mĂȘle histoire et fĂ©erie : le compositeur aborde comme un conte de fĂ©e l’histoire mĂ©diĂ©vale française (Ă  la Cour du Roi RenĂ© de Provence) oĂč Iolanta est une princesse aveugle qui apprend l’amour. L’HĂ©roĂŻne rĂ©alise sa propre Ă©mancipation en osant se dĂ©tacher symboliquement du pĂšre (qui la tient enfermĂ©e et entretient sa cĂ©citĂ©). L’action suit la lente renaissance d’une Ăąme qui dĂ©couvre enfin la vraie vie ; c’est Ă  dire comment elle rĂ©ussit son passage de l’enfance Ă  la maturitĂ© d’une adulte. De fille sĂ©questrĂ©e, infantilisĂ©e, elle devient femme dĂ©sirable et conquise
 A la suite de Tatiana d’EugĂšne OnĂ©guine, Iolanta doit d’abord prendre conscience de sa cĂ©citĂ© avant de trouver son identitĂ©, diriger son destin, devenir elle-mĂȘme. Des tĂ©nĂšbres de l’aveuglement Ă  la lumiĂšre … de la connaissance et de l’amour.

Tuer le pĂšre, suivre la lumiĂšre. La qualitĂ© et la richesse des mĂ©lodies qui se succĂšdent intensifient le drame, conçu en un seul acte sur le livret du frĂšre de Piotr Illiych, Modeste. L’ouverture et la mise en avant des instruments Ă  vents (chant plaintif et vĂ©nĂ©neux, presque Ă©nigmatique du hautbois et du cor anglais, accompagnĂ© par les bassons et les cors
), cette aspiration Ă©chevelĂ©e aux couleurs et rĂ©sonances de l’étrange rĂ©alisant une immersion dans un monde fĂ©erique et fantastique mais intensĂ©ment psychologique  (l’ouverture a Ă©tĂ© trĂšs critiquĂ©e par Rimsky), la figure du docteur maure Ebn Hakia (baryton), rare incursion d’un orientalisme concĂ©dĂ© (beaucoup plus flamboyant chez les autres compositeurs russes comme Rimsky), la concentration de la musique sur la vie intĂ©rieure des protagonistes, l’absence des chƓurs, tout l’itinĂ©raire de la jeune fille aux rĂ©sonances psychanalytiques, des tĂ©nĂšbres Ă  l’éblouissement positif final-, fondent l’originalitĂ© du dernier opĂ©ra de TchaĂŻkovski : comme l’expĂ©rience d’un passage, de l’enfance aveugle Ă  l’ñge adulte (pleinement conscient), Iolanta est un huis-clos oĂč s’exprime le mouvement de la psychĂ© d’une jeune femme Ă  l’esprit ardent, tenue (par son pĂšre le roi RenĂ©) Ă  l’écart du monde.
AprĂšs la mort de TchaĂŻkovski (1893), Mahler assure la crĂ©ation allemande de Iolanta (Hambourg). L’oeuvre plus applaudie que Casse-Noisette Ă  sa crĂ©ation russe (Saint-PĂ©tersbourg en 1892), traverse l’oublie jusqu’en 1940 quand la cantatrice russe Galina VichnievskaĂŻa, affirme et la figure captivante du personnage d’Iolanta, et la magie symphonique d’un opĂ©ra Ă  redĂ©couvrir. Car tout TchaĂŻkovski et le meilleur de son inspiration se concentrent dans Iolanta, vĂ©ritable miniature psychologique. Et fait rare chez le compositeur de la Symphonie « tragique », le drame se finit bien. RĂ©cemment c’est l’ardente et suave Anna Netrebko qui incarnait une Iolanta touchĂ©e par la grĂące de la rĂ©demption (Metropolitan de New York en janvier 2015, puis cd Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon dans la foulĂ©e)

L’INTRIGUE de Iolanta. L’OpĂ©ra Iolanta est en un acte et 9 tableaux. Alors que le Roi RenĂ© tient Ă  l’écart du monde, sa propre fille Iolanta, aveugle, absente Ă  sa propre infirmitĂ©, le mĂ©decin maure Ebn Hakia (baryton) annonce que la jeune princesse doit prendre conscience de son handicap pour s’en dĂ©tacher et peut-ĂȘtre en guĂ©rir
le Roi trop possessif demeure indĂ©cis mais le comte VaudĂ©mont (tĂ©nor), tombĂ© amoureux de Iolanta, lui apprend la lumiĂšre et l’amour : Iolanta, consciente dĂ©sormais de ce qu’elle est, peut dĂ©couvrir le monde et vivre sa vie. La jeune femme tenue cloĂźtrĂ©e, fait l’expĂ©rience de la maturitĂ© : en se dĂ©tachant du joug paternel, elle s’émancipe enfin.

VISITER la page de Iolanta sur le site de l’OpĂ©ra national de Paris

LIRE aussi la critique complĂšte du spectacle Iolanta au Palais Garnier Ă  paris, avec Sonia Yoncheva dans la mise en scĂšne de Dmitri Tcherniakov

Compte rendu, opĂ©ra. Paris. Palais Garnier, le 14 mars 2016.TchaĂŻkovski : Iolanta / Casse-Noisette. Sonia Yoncheva… Dmitri Tcherniakov

SoirĂ©e de choc trĂšs attendue Ă  l’OpĂ©ra National de Paris ! AprĂšs une premiĂšre avortĂ©e Ă  cause des mouvements syndicaux, nous sommes au Palais Garnier pour Iolanta et Casse-Noisette de TchaĂŻkovski, sous le prisme unificateur (ma non troppo), du metteur en scĂšne russe Dmitri Tcherniakov lequel a eu la tĂąche d’assurer la direction non seulement de l’opĂ©ra mais aussi du ballet. Une occasion rare de voir aussi 3 chorĂ©graphes contemporains s’attaquer Ă  l’un des ballets les plus cĂ©lĂšbres du rĂ©pertoire. Le tout dans la mĂȘme soirĂ©e, avec la direction musicale d’un Alain Altinoglu plutĂŽt sage et la prĂ©sence inoubliable de la soprano Sonia Yoncheva dans le rĂŽle-titre. Une proposition d’une grande originalitĂ© avec beaucoup d’aspects remarquables, pourtant non sans dĂ©faut.

 iolanta casse noisette iolantha opera de paris

 

 

 

Iolanta, hymne Ă  la vie

yoncheva_sonya_recital_parisSonia Yoncheva est annoncĂ©e souffrante avant le dĂ©but de la reprĂ©sentation et tout le Palais Garnier soupire en consĂ©quence. Or, surprise, la cantatrice bulgare dĂ©cide quand mĂȘme d’assurer la prestation… pour notre plus grand bonheur ! Iolanta est le dernier opĂ©ra de Tchaikovsky et il raconte l’histoire de Iolanta, princesse aveugle qui regagne la vue par l’amour, histoire tirĂ©e de la piĂšce du danois Henrik Hertz « La fille du Roi RenĂ© ». Ici, le Roi RenĂ© occulte la cĂ©citĂ© de sa fille pour lui Ă©viter toute souffrance. Elle vit dans un monde aseptisĂ© mais soupçonne qu’on lui cache quelque chose. Elle a un certain malheur mais elle ne sait pas ce que c’est. C’est sa rencontre avec VaudĂ©mont, ami de Robert de Bourgogne Ă  qui elle est promise dĂšs sa naissance, qui crĂ©e en elle le dĂ©sir de regagner la vue ; elle y arrive. Une histoire simple mais d’une beautĂ© bouleversante, et ce dans plusieurs strates.

Nous sommes rapidement Ă©mus par la beautĂ© de la musique de Tchaikovsky, dĂšs la premiĂšre scĂšne introductrice, et jusqu’Ă  la fin de l’opĂ©ra. Ici le maĂźtre russe montre la plus belle synthĂšse de charme charnel, et sensoriel, et de profondeur philosophique et spirituelle. L’Ɠuvre commence par un arioso de Iolanta suivi des choeurs dĂ©licieux Ă  l’effet immĂ©diat. Sonia Yoncheva, mĂȘme souffrante, se rĂ©vĂšle superlative dans ce rĂ©pertoire et nous sommes complĂštement sĂ©duits par son chant rayonnant et glorieux (de quoi souffrait-elle ce soir-lĂ , nous nous le demandons). Son arioso initial qui sert de prĂ©sentation a une force dramatique et poĂ©tique qu’il nous sera difficile d’oublier. Le rĂŽle souvent incompris de VaudĂ©mont est interprĂ©tĂ© par le tĂ©nor Arnold Rutkowski brillamment mais avec un certain recul (il s’agĂźt de ses dĂ©buts Ă  l’OpĂ©ra National de Paris). Au niveau vocal et dramatique il est excellent, et nous sommes de l’avis que l’apparente rĂ©serve du personnage est voulue par les crĂ©ateurs, les frĂšres TchaĂŻkovski (Modest en a Ă©crit le livret). Ce rĂŽle est dans ce sens une vrai opportunitĂ© pour les tĂ©nors de se dĂ©barrasser du clichĂ© du hĂ©ros passionnĂ©ment musclĂ© et souvent sottement hyper-sexuĂ©. Curieusement, nous sommes tout autant sensibles au charme viril du jeune baryton Andrei Jilihovschi faisant Ă©galement ses dĂ©buts Ă  l’opĂ©ra dans le rĂŽle de Robert de Bourgogne. Il est tout panache et rayonne d’un je ne sais quoi de juvĂ©nile qui sied bien au personnage. Si la musique d’Ibn Hakia, le mĂ©decin maure interprĂ©tĂ© par Vito Priante est dĂ©licieusement orientalisĂ©e, sa performance paraĂźtrait aussi, bien que solide, quelque peu effacĂ©e. Le Roi RenĂ© de la basse Alexander Tsymbalyk a une voix large et pĂ©nĂ©trante, et se montre complĂštement investi dans la mise en scĂšne. S’il demeure peut-ĂȘtre trop beau et trop jeune pour ĂȘtre le vieux Roi, il campe une performance musicale sans dĂ©faut. Remarquons Ă©galement les choeurs, des plus rĂ©ussis dans toute l’histoire de la musique russe !

Casse-Noisette 2016 ou fracasse-cerneaux, protéiforme et hasardeux

Si la lecture de Tcherniakov pour Iolanta, dans un salon (lieu unique) issu de l’imaginaire tchekhovien, est d’une grande efficacitĂ©, l’idĂ©e d’intĂ©grer Casse-Noisette dans l’histoire de Iolante (ou vice-versa), nous laisse mitigĂ©s. Il paraĂźtrait que Tcherniakov s’est donnĂ© le dĂ©fit de faire une soirĂ©e cohĂ©rente dramatiquement, en faisant de l’opĂ©ra partie du ballet. C’est-Ă -dire, Ă  la fin de Iolanta, les dĂ©cors s’Ă©largissent et nous apprenons qu’il s’agissait d’une reprĂ©sentation de Iolanta pour Marie, protagoniste du Casse-Noisette. Si les beaucoup trop nombreuses coutures d’un tel essai sont de surcroĂźt Ă©videntes, elles ne sont pas insupportables. Dans ce sens, fĂ©licitons l’effort du metteur en scĂšne.

Son Casse-Noisette rejette ouvertement Petipa, E.T.A Hoffmann, Dumas, et mĂȘme TchaĂŻkovski diront certains. Il s’agĂźt d’une histoire quelque peu tirĂ© des cheveux, oĂč Marie cĂ©lĂšbre son anniversaire avec sa famille et invitĂ©s, et aprĂšs avoir « regardĂ© » Iolanta, ils s’Ă©clatent dans une « stupid dance » signĂ© Arthur Pita, oĂč nous pouvons voir les fantastiques danseurs du Ballet carrĂ©ment s’Ă©clater sur scĂšne avec les mouvements les plus drolatiques, populaires et insensĂ©s, elle tombe amoureuse de VaudĂ©mont (oui oui, le VaudĂ©mont de l’opĂ©ra qui est tout sauf passionnĂ© et qui finit amoureux de Iolanta, cherchez l’incongruitĂ©). Mais puisque l’amour c’est mal, devant un baiser passionnĂ© de couple, les gens deviennent trĂšs violents, autant que la belle maison tchekhovienne tombe en ruines. On ne sait pas si c’est un tremblement de terre ou plutĂŽt la modestie des bases intellectuelles de cette conception qui fait que tout s’Ă©croule. Ensuite nous avons droit Ă  l’hiver sibĂ©rien et des sdf dansant sur la neige et les dĂ©gĂąts, puis il y a tout un brouhaha multimedia impressionnant et complĂštement inintĂ©ressant, mĂ©langeant cauchemar, hallucination, fantasme, caricature, grotesque, etc. Heureusement qu’il y a TchaĂŻkovski dans tout ça, et que les interprĂštes se donnent Ă  fond. C’est grĂące Ă  eux que le jeu se maintient mais tout est d’une fragilitĂ© qui touche l’ennui tellement la proposition rejette toute rĂ©fĂ©rence Ă  la beautĂ© des ballets classiques et romantiques.

Enfin, parlons des danses et des danseurs. AprĂšs l’introduction signĂ©e Arthur Pita, faisant aussi ses dĂ©buts dans la maison en tant que chorĂ©graphe invitĂ©, vient la chorĂ©graphie d’un Edouard Lock dont nous remarquons l’inspiration stylistique Modern Danse, Ă  la Cunningham, avec un peu de la Bausch des dĂ©buts. L’effet est plutĂŽt Ă©trange, mais il demeure trĂšs intĂ©ressant de voir nos danseurs parisiens faire des mouvements gĂ©omĂ©triques saccadĂ©s et rĂ©pĂ©titifs Ă  un rythme endiablĂ©, sur la musique romantique de TchaĂŻkovski. Il signe Ă©galement les divertissements nationaux toujours dans le mĂȘme style pseudo-Cunningham. Si les danseurs y excellent, et se montrent tout Ă  fait investis et sĂ©rieux malgrĂ© tout, la danse en elle mĂȘme Ă  un vrai effet de remplissage, elle n’est ni abstraite ni narrative, et Ă  la diffĂ©rence des versions classiques ou romantiques, le beau est loin d’ĂȘtre une prĂ©occupation. Autant prĂ©senter les chefs-d’oeuvres abstraits de Merce Cunningham, non ?

La Valse des Fleurs et le Pas de deux final, signĂ©s Cherkaoui, sauvent l’affaire en ce qui concerne la poĂ©sie et la beautĂ©. La Valse des fleurs consiste dans le couple de Marie et VaudĂ©mont dansant la valse (la chorĂ©graphie est trĂšs simple, remarquons), mais elle se rĂ©vĂšle ĂȘtre une valse des Ăąges avec des sosies du couple s’intĂ©grant Ă  la valse, de façon croissante au niveau temporaire, finissant donc avec les sosies aux Ăąges de 80 ans. Dramatiquement ça a un effet, heureusement. Le Pas de deux final est sans doute le moment aux mouvements les plus beaux. StĂ©phane Bullion, Etoile et Marion Barbeu, Sujet, offrent une prestation sans dĂ©faut. Alice Renavand, Etoile, dans le rĂŽle de La MĂšre se montre particuliĂšrement impressionnante par son investissement et son sĂ©rieux, et par la maĂźtrise de ses fouettĂ©s dĂ©licieusement exĂ©cutĂ©s en talons !!! A part le corps de ballet qui s’Ă©clate et s’amuse littĂ©ralement, nous voulons remarquer la performance rĂ©vĂ©latrice d’un Takeru Coste, Quadrille (!), que nous venons de dĂ©couvrir Ă  cette soirĂ©e et qui nous impressionne par son sens du rythme, son athlĂ©tisme, sa plastique… Il incarne parfaitement l’esprit du Robert de Bourgogne de l’opĂ©ra, avec une certaine candeur juvĂ©nile allĂ©chante.

L’Orchestre et les choeurs de l’opĂ©ra de Paris quant Ă  eux offrent une prestation de qualitĂ©, nous remarquons les morceaux Ă  l’orientale de l’opĂ©ra, parfaitement exĂ©cutĂ©s, comme les deux grands choeurs fabuleux oĂč tout l’art orchestrale de Tchaikovsky se dĂ©ploie.

Si le chef Alain Altinoglu paraĂźt un peu sage ce soir, insistant plus sur la limpiditĂ© que sur les contrastes, il explore les richesses de l’orchestre de la maison de façon satisfaisante. Un spectacle ambitieux qu’on conseille vivement de dĂ©couvrir, de par sa raretĂ©, certes, mais aussi parce qu’il offre beaucoup de choses qui pourront faire plaisir aux spectateurs… C’est l’occasion de dĂ©couvrir Iolanta, de se rĂ©galer dans une nuit « Tchaikovsky only », d’explorer diffĂ©rents types de danses modernes et contemporaines parfaitement interprĂ©tĂ©s par le fabuleux Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. DoublĂ© Iolanta et Casse-Noisette de Tcahikovski en 1 soirĂ©e au Palais Garnier Ă  Paris : encore Ă  l’affiche les 17, 19, 21, 23, 25, 26, 28 et 30 mars ainsi que le 1er avril 2016, avec plusieurs distributions.

 

 

Compte rendu, opĂ©ra. Paris. Palais Garnier. 14 mars 2016. P.E. TchaĂŻkovski : Iolanta / Casse-Noisette. Sonia Yoncheva, Alexander Tsymbalyuk, Andrej Jilihovschi… Choeur, Orchestre et Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Dmitri Tcherniakov, conception, mise en scĂšne. Arthur Pita, Edouard Lock, Sidi Larbi Cherkaoui, chorĂ©graphes. Alain Altinoglu, direction musicale.

Doublé Tchaikovski : Iolanta et Casse-Noisette à Paris

tchaikovski piotr-Tchaikovsky-530-855Paris, OpĂ©ra Garnier, jusqu’au 1er avril 2016. DoublĂ© Tchaikovski : Casse noisette et Yolanta. Le dernier opus lyrique de Piotr Illiytch, Iolantha occupe l’affiche de l’OpĂ©ra de Paris, nouvelle production signĂ©e Dmitri Tcherniakov – provocateur qui sait cependant sonder et exprimer les passions de l’Ăąme-, et nouveau jalon d’un ouvrage passionnant qui se dĂ©roule dans la France mĂ©diĂ©vale di Bon Roi RenĂ©. On se souvient avec quelle finesse angĂ©lique et ardente la soprano vedette Anna Netrebko avait enregistrĂ© ce rĂŽle : jeune aveugle sĂ©questrĂ©e, trop attachĂ©e Ă  son pĂšre, Iolantha / Iolanta gagnait une incarnation Ă©blouissante de justesse et d’ardeur, projetant enfin le dĂ©sir vers la lumiĂšre… Sur les planches parisiennes, c’est une autre soprano voluptueuse, – autre Traviata fameuse, la bulgare Sonya Yoncheva (qui chantera l’hĂ©roĂŻne verdienne Ă  Bastille Ă  partir du 20 mai prochain) , laquelle relĂšve les dĂ©fis multiples d’un personnage moins creux et compassĂ© qu’il n’y paraĂźt. Sensible, affĂ»tĂ©, Tchaikovski sait portraiturer une jeune femme attachante, Ă©prise d’absolu comme d’Ă©mancipation… et qui doit dĂ©finitivement couper le cordon avec la figure paternelle. Pour l’aider un mĂ©decin arabe (le maure Ebn Hakia, baryton) , Ă©rudit humaniste et complice habile, l’aide Ă  trouver la voie de la guĂ©rison morale et physique. Attention chef d’oeuvre irrĂ©sistible.

yoncheva_sonya_recital_parisCouplĂ© Ă  cet opĂ©ra court, le ballet Casse-Noisette en un doublĂ© qui fut historiquement prĂ©sentĂ© tel quel et validĂ© par le compositeur Ă  la crĂ©ation de l’opĂ©ra au Mariinski de Saint-PĂ©tersbourg, en dĂ©cembre 1892. La maison parisienne entend aussi souligner avec force, la dualitĂ© artistiquement fĂ©conde, de l’opĂ©ra et du ballet, deux orientations magiciennes qui avec la saison musicale – chambrsite et symphonique, cultive le feu musical Ă  Garnier et Ă  Bastille. Le metteur en scĂšne Tcherniakov en terres natales d’Ă©lection, entend rĂ©aliser l’unitĂ© et la cohĂ©rence entre les deux productions : un mĂȘme cadre, et un glissement riche en continuitĂ© entre les deux volets ainsi prĂ©sentĂ©s la mĂȘme soirĂ©e. Comme Capriccio de Strauss, sublime ouverture de chambre, sans ampleur ou dĂ©bordement des cordes, l’ouverture de Iolanta commence par une non moins irrĂ©sistible entrĂ©e des vents et bois, harmonie prodigieusement moderne, portant toute l’expressivitĂ© lyrique d’un Tchaikovski au crĂ©puscule/sommet de sa carriĂšre. Les divas ne sont pas rancuniĂšres… “La Yoncheva” avait quittĂ© Aix en Provence oĂč elle devait chanter Elvira dans Don Giovanni de Mozart parce qu’elle ne s’entendait pas avec le truculent et dĂ©lirant Tcherniakov, c’Ă©tait en 2013. Trois ans plus tard, l’eau a coulĂ©, les tensions aussi et la soprano a acceptĂ© de travailler avec l’homme de thĂ©Ăątre pour cette Iolanta de 2016 Ă  Paris…

Paris, OpĂ©ra Garnier. Tchaikovski : Iolantha, Casse-Noisette. Jusqu’au 1er avril 2016

LIRE aussi notre dossier spécial Anna netrebko chante Iolanta de Tchaikovski

Iolanta Ă  Aix 2015

aix-en-provence-iolanta-persephone-presentation-dossier-critique-classiquenews-iolanta-persephone-tchaikovski-stravinsky-classiquenews-2015Aix en Provence. Iolanta de Tchaikovski : les 5,11,14,17,19 juillet 2015. CouplĂ©e avec PersĂ©phone de Stravinsky, l’ultime opĂ©ra de Piotr Illiytch investit le Grand ThĂ©Ăątre de Provence Ă  Aix pour 5 dates en juillet 2015. Tchaikovski / Stravinsky : pas facile de rĂ©unir deux visage de l’Ăąme russe aussi dissemblables. Or l’Ă©quation pour hĂ©tĂ©roclite qu’elle semble, parvient Ă  une combinaison thĂ©Ăątralement unifiĂ©e grĂące Ă  la conception signĂ©e Peter Sellars (2012). C’est la pormesse d’une sonoritĂ© surexpressive et d’emblĂ©e Ă©chevelĂ©e qui devrait faire l’intĂ©rĂȘt de cette production, rĂ©alisĂ©e par le chef d’origine grecque Teodor Currentzis, si controversĂ© ici et lĂ  par la personnalitĂ© parfois vĂ©hĂ©mente de ses options interprĂ©tatives et de son geste musical (LIRE notre critique complĂšte de Cosi fan tutte de Mozart par Teodor Currentzis). C’est Peter Sellars qui met en scĂšne le doublĂ© lyrique Ă©vĂ©nement du festival aixois en 2015. Peter Sellars enchante en combinant poĂ©sie et Ă©nigme en un thĂ©Ăątre total (les toiles immenses du dĂ©cors, toujours mobiles et en mouvement), oĂč le jeu scĂ©nique et le chant de la musique Ă©paississent le mystĂšre du spectacle.
Sur la scĂšne aixoise, Ekaterina Scherbachenko incarne Iolanta (un rĂŽle rĂ©cemment mis Ă  l’honneur par la voix incandescente et sensuelle de la fulgurante Anna Netrebko dans un enregistrement saluĂ© par Classiquenews en janvier 2015). Dominique Blanc interprĂšte PersĂ©phone. Production crĂ©Ă©e en 2012 Ă  Madrid (Teatro Real).

Iolanta, une princesse recluse qui s’Ă©veille au monde… La fille du Roi est recluse dans sa tour, hors du monde, Ă©cartĂ©e et isolĂ©e car elle est aveugle. Ignorant jusqu’Ă  l’idĂ©e mĂȘme d’un monde de lumiĂšre, Iolanta se consume avant d’avoir vĂ©cu. C’est grĂące au mĂ©decin oriental que la princesse s’ouvre au monde et Ă  l’amour aprĂšs avoir miraculeusement percĂ© les tĂ©nĂšbres de son enfance et recouvrer cette vue qui lui manquait tant… Ouvrage de libĂ©ration, d’accomplissement, d’Ă©mancipation surtout, le dernier opĂ©ra de Tchaikovski renaĂźt sur les planches des thĂ©Ăątres du monde entier : la partition comme redĂ©couverte rĂ©cemment connaĂźt un regain d’intĂ©rĂȘt impressionnant comme en tĂ©moignent avant Aix Ă  l’Ă©tĂ© 2015, les productions du Capitole de Toulouse, de l’OpĂ©ra de Nancy, du Metropolitan Opera de New York sans omettre en juin celle de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo (finalement annulĂ©e car Anna Netrebko son interprĂšte principale Ă©tant empĂȘchĂ©e pour raisons de santĂ©)...  puis cela sera au tour de l’OpĂ©ra national de Paris qui dĂ©but 2016, ressuscite la soirĂ©e de crĂ©ation du 18 dĂ©cembre 1892 en prĂ©sentant, avec Iolanta, le ballet Casse-noisette. LIRE aussi notre critique complĂšte de Iolanta de Tchaikovski, cd Ă©ditĂ© par deutsche Grammophon au printemps 2015.‹

Consulter la prĂ©sentation du Spectacle Iolantha / PersĂ©phone Ă  Aix 2015 sur le site du Festival d’Aix en Provence

La Iolanta d’Anna Netrebko (scĂšne, cd, cinĂ©ma)

netrebkoNew York, MET. Tchaikovski : Anna Netrebko chante Iolanta. Qu’on le veuille ou non, le marketing des stars d’aujourd’hui est remarquablement planifiĂ© : au moment oĂč DG publie en cd sa Iolanta captĂ©e sur le vif en 2014, Anna Netrebko reprend le rĂŽle sur les planches new yorkaises en janvier et fĂ©vrier (avec une retransmisision dans les salles de cinĂ©ma annoncĂ©e le 14 fĂ©vrier 2015)… Remarquable incarnation pour la diva qui ne cesse de remporter ses nouveaux paris sur la scĂšne lyrique…   Pour la saison 1891-1892, les ThĂ©Ăątres ImpĂ©riaux commandent 2 nouvelles Ɠuvres Ă  TchaĂŻkovski : un opĂ©ra, qui est son 10Ăšme et dernier ouvrage lyrique, Iolanta et le lĂ©gendaire ballet, Casse-Noisette. Les deux partitions portant la marque du dernier TchaĂŻkovski : un sentiment irrĂ©pressiblement tragique s’accompagne d’une orchestration particuliĂšrement raffinĂ©e. Iolanta mĂȘle histoire et fĂ©erie : le compositeur aborde comme un conte de fĂ©e l’histoire mĂ©diĂ©vale française (Ă  la Cour du Roi RenĂ© de Provence) oĂč Iolanta est une princesse aveugle qui apprend l’amour.

 

 

 

De l’enfance à l’ñge adulte : une renaissance

 

tchaikovski piotr-Tchaikovsky-530-855L’hĂ©roĂŻne rĂ©alise sa propre Ă©mancipation en osant se dĂ©tacher symboliquement du pĂšre (qui la tient enfermĂ©e et entretient sa cĂ©citĂ©). L’action suit la lente renaissance d’une Ăąme qui dĂ©couvre enfin la vraie vie ; c’est Ă  dire comment elle rĂ©ussit son passage de l’enfance Ă  la maturitĂ© d’une adulte. De fille sĂ©questrĂ©e, infantilisĂ©e, elle devient femme dĂ©sirable et conquise
 A la suite de Tatiana d’EugĂšne OnĂ©guine, Iolanta doit d’abord prendre conscience de sa cĂ©citĂ© avant de trouver son identitĂ©, diriger son destin, devenir elle-mĂȘme. La qualitĂ© et la richesse des mĂ©lodies qui se succĂšdent intensifient le drame, conçu en un seul acte sur le livret du frĂšre de Piotr Illiych, Modeste. L’ouverture et la mise en avant des instruments Ă  vents (chant plaintif et vĂ©nĂ©neux, presque Ă©nigmatique du hautbois et du cor anglais, accompagnĂ© par les bassons et les cors
), cette aspiration Ă©chevelĂ©e aux couleurs et rĂ©sonances de l’étrange rĂ©alisant une immersion dans un monde fĂ©erique et fantastique mais intensĂ©ment psychologique  (l’ouverture a Ă©tĂ© trĂšs critiquĂ©e par Rimsky), la figure du docteur maure Ebn Hakia (baryton), rare incursion d’un orientalisme concĂ©dĂ© (beaucoup plus flamboyant chez les autres compositeurs russes comme Rimsky), la concentration de la musique sur la vie intĂ©rieure des protagonistes, l’absence des chƓurs, tout l’itinĂ©raire de la jeune fille aux rĂ©sonances psychanalytiques, des tĂ©nĂšbres Ă  l’éblouissement positif final-, fondent l’originalitĂ© du dernier opĂ©ra de TchaĂŻkovski : comme l’expĂ©rience d’un passage, de l’enfance aveugle Ă  l’ñge adulte (pleinement conscient), Iolanta est un huis clos oĂč s’exprime le mouvement de la psychĂ© d’une jeune femme Ă  l’esprit ardent, tenue (par son pĂšre le roi RenĂ©) Ă  l’écart du monde.

AprĂšs la mort de TchaĂŻkovski (1893), Mahler assure la crĂ©ation allemande de Iolanta (Hambourg). L’oeuvre plus applaudie que Casse Noisette Ă  sa crĂ©ation russe (Saint-PĂ©tersbourg en 1892), traverse l’oublie jusqu’en 1940 quand la cantatrice russe Galina VichnievskaĂŻa, affirme et la figure captivante du personnage d’Iolanta, et la magie symphonique d’un opĂ©ra Ă  redĂ©couvrir. Car tout TchaĂŻkovski et le meilleur de son inspiration se concentrent dans Iolanta, vĂ©ritable miniature psychologique. Et fait rare chez le compositeur de la Symphonie « tragique », le drame se finit bien.

L’INTRIGUE de Iolanta. L’OpĂ©ra Iolanta est en un acte et 9 tableaux. Alors que le Roi RenĂ© tient Ă  l’écart du monde, sa propre fille Iolanta, aveugle, absente Ă  sa propre infirmitĂ©, le mĂ©decin maure Ebn Hakia (baryton) annonce que la jeune princesse doit prendre conscience de son handicap pour s’en dĂ©tacher et peut-ĂȘtre en guĂ©rir
le Roi trop possessif demeure indĂ©cis mais le comte VaudĂ©mont (tĂ©nor), tombĂ© amoureux de Iolanta, lui apprend la lumiĂšre et l’amour : Iolanta, consciente dĂ©sormais de ce qu’elle est, peut dĂ©couvrir le monde et vivre sa vie. La jeune femme tenue cloĂźtrĂ©e, fait l’expĂ©rience de la maturitĂ© : en se dĂ©tachant du joug paternel, elle s’émancipe enfin.

 

 

synopsis de l’acte acte unique

1. Dans le verger du Palais oĂč elle est tenue Ă  l’écart du monde et des hommes, la fille du Roi RenĂ©,Iolanta, se dĂ©sespĂšre s’interroge : sa nourrice Martha dissimule une terrible vĂ©ritĂ© : elle est aveugle mais ne doit pas comprendre la nature de son handicap. Pourtant Iolanta a le sentiment que pour vivre il faut souffrir. Ses compagnes lui chantent une berceuse pour la rassurer.

2. Survient le Roi RenĂ© et le mĂ©decin maure Ebn Hakia : son diagnostic est clair : pour que Iolanta dĂ©passe sa cĂ©citĂ©, il faut qu’elle en prenne conscience afin de vouloir en guĂ©rir. Le Roi, coupable, hĂ©site.

3. Le duc Robert de Bourgogne et le chevalier VaudĂ©mont arrivent dans le parc du Palais. VaudĂ©mont tombe immĂ©diatement amoureux de la princesse Iolanta quand il la voit. Il lui demande par deux fois une rose rouge mais elle lui tend une rose blanche
il comprend qu’elle est aveugle. VaudĂ©mont parle alors Ă  Iolanta de lumiĂšre et l’invite Ă  dĂ©couvrir le monde Ă  ses cĂŽtĂ©s


4. Pour stimuler sa fille sur la voie de la guĂ©rison, le Roi RenĂ© annonce qu’il exĂ©cutera VaudĂ©mont si le traitement du mĂ©decin Ebn Hakia Ă©choue. Iolanta, pour sauver son fiancĂ©, se dĂ©clare prĂȘte Ă  tout : elle suit le docteur maure.

5. Quand Ebn Hakia ĂŽte la bandeau qui protĂ©geait les yeux de Iolanta, la princesse peut dĂ©sormais voir toutes les merveilles du monde et vivre son amour. Le Roi bĂ©nit l’union de Iolanta et de VaudĂ©mont : tous chantent la gloire divine qui a permis un tel prodige.

 

 

 

La Iolanta d’Anna Netrebko

scÚne, cinéma, cd

 

Netrebko iolanta, tchaikovski metropolitanopera new york opera monte carlo metoperaiolanta1900x506Anna Netrebko chante en janvier 2015, Iolanta de Tchaikovski sur les planches du Metropolitan Opera de New York : 26, 29 janvier puis 3,7,10,14,18, 21 février 2015, 20h. Sous la direction de avec Piotr Beczala (Vaudémont)
 Oeuvre couplée avec Le Chateau de Barbe Bleue de Bartok (avec Nadja Michael). Les deux opéras sont mis en scÚne par Mariusz Trelinski, sous la direction musicale de Valery Gergiev.

 

 

CINEMA. Iolanta et Le Chùteau de Barbe-Bleue. Retransmission dans les salles de cinéma, le 14 février 2015, en direct du Metropolitan Opera de New York

 

 

Anna Netrebko reprend le rĂŽle d’Iolanta Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, en version de concert, dimanche 21 juin 2015, 11h, Ă©galement sous la direction d’Emmanuel Villaume. LIRE la critique complĂšte de l’opĂ©ra Iolanta par Anna Netrebko ci dessous.

 

 

 

 

iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutesche grammophon clic de classiquenews janvier 2015CD. SimultanĂ©ment Ă  ses reprĂ©sentations new yorkaises (janvier et fĂ©vrier 2015), Deutsche Grammophon publie l’opĂ©ra oĂč rayonne le timbre embrasĂ©, charnel et angĂ©lique d’Anna Netrebko, assurĂ©ment avantagĂ©e par une langue qu’elle parle depuis l’enfance. Nuances, richesse dynamique, finesse de l’articulation, intonation juste et intĂ©rieure, celle d’une jeune Ăąme ardente et implorante, pourtant pleine de dĂ©termination et passionnĂ©e, la diva austro-russe marque Ă©videment l’interprĂ©tation du rĂŽle de Iolanta : elle exprime chaque facette psychologique d’un personnage d’une constante sensibilitĂ©. De quoi favoriser la nouvelle estimation d’un opĂ©ra, le dernier de TchaĂŻkovski, trop rarement jouĂ©.  En jouant sur l’imbrication trĂšs raffinĂ©e de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), TchaĂŻkovski excelle dans l’expression profondes  des aspirations secrĂštes d’une Ăąme sensible, fragile, dĂ©terminĂ©e : un profil d’hĂ©roĂŻne idĂ©al, qui rĂ©pond totalement au caractĂšre radical du compositeur. Toute la musique de TchaĂŻkovski (52 ans) exprime la volontĂ© de se dĂ©faire d’un secret, de rompre une malĂ©diction
 La voix corsĂ©e, intensĂ©ment colorĂ©e de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rĂŽle-titre, ses aspirations dĂ©sirantes : un personnage conçu pour elle. VoilĂ  qui renoue avec la rĂ©ussite pleine et entiĂšre de ses rĂ©centes prises de rĂŽles verdiennes (Leonora du trouvĂšre, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss).

netrebko anna iolantaSaluons dans cette lecture captĂ©e en direct en version de concert, l’aimantation progressive des deux Ăąmes qui se rencontrent (Iolanta  / VaudĂ©mont), se reconnaissent, se parlent sans mensonge : romance d’Iolanta (cd1 plage 15) Ă  laquelle succĂšde en un entrelac flamboyant, la rĂ©ponse amoureuse, comme envoĂ»tĂ© de VaudĂ©mont prĂȘt Ă  la sauver d’elle mĂȘme (surtout du joug paternel qui l’enferme). Cordes et harpes affirment le vƓu et le serment qui les unissent dĂ©sormais. En un duo qui s’avĂ©rait impossible dans le dĂ©roulement d’EugĂšne OnĂ©guine, malgrĂ© la confession courageuse (dans sa lettre enflammĂ©e) de Tatiana, ici triomphent Ă  l’inverse, deux amours retrouvĂ©s, deux Ă©nergies qui s’exaltent l’une l’autre en un chant double triomphant d’une ivresse Ă©perdue. Quand on sait le poison et le poids du secret comme de la malĂ©diction si tenace dans les autres ouvrages de Piotr Illiytch, le dĂ©roulement dramatique de Iolanta fait exception : la jeune femme rĂ©ussit sa traversĂ©e, son rite, son passage symbolique, des tĂ©nĂšbres infantiles Ă  la maturitĂ© lumineuse.

CLIC D'OR macaron 200CĂŽtĂ© orchestre, rien Ă  dire au travail d’Emmanuel Villaume : le superbe prĂ©lude oĂč rayonne le lugubre Ă©chevelĂ© des bois protagonistes Ă©tonnament cuivrĂ©s : cor anglais, hautbois, bassons en une ronde mordante et inquiĂ©tantes, propre au TchaIkovski le mieux efficace dramatiquement, s’impose. Puis c’est l’Ă©blouissement, la mĂ©tamorphose comme dans ThaĂŻs de Massenet, Ă  l’identique du sens de la fameuse MĂ©ditation pour le violon solo, ici la harpe et les cordes disent soudainement l’enchantement aprĂšs la vision recouvrĂ©e de l’hĂ©roĂŻne.  L’enfant aveugle et cloĂźtrĂ© est devenu femme amoureuse, dĂ©sirante et curieuse. C’est dĂ©pouillĂ© et intense Ă  la fois, soulignant comme une scĂšne thĂ©Ăątrale le relief incandescent du verbe : la jeune femme aveugle, ardente et curieuse exprime un dĂ©sir et une langueur indĂ©finissable. Le velours du timbre d’Anna Netrebko Ă©blouit dĂšs le dĂ©but : ce rĂŽle lui va comme un gant. Le chant n’est pas que sensuel et hallucinĂ© : il exprime une personnalitĂ© que Tchaikovski a ciselĂ© comme sa Tatiana d’EugĂšne OnĂ©guine. Mais Ă  la diffĂ©rence de Tatiana qui demeure toujours dans la frustration et le contrĂŽle absolu, Iolanta offre une course diffĂ©rente, la figure d’un dĂ©voilement progressif, un accomplissement de nature miraculeuse. Netrebko incarne chaque facette de la personnalitĂ© de Iolanta avec une sensibilitĂ© irrĂ©sistible.

Iolanta : le nouveau dĂ©fi lyrique d'Anna Netrebko !L’interprĂ©tation de la diva convainc de bout en bout… D’abord  dans le tableau fĂ©minin, d’ouverture, celui de Iolanta et de sa suite : la langueur dĂ©munie, rĂȘveuse mais insatisfaite d’Ăąmes cloĂźtrĂ©es se prĂ©cise. Puis, introduit par une fanfare de cor noble vagement cynĂ©gĂ©tique, paraissent les hommes ; ainsi s’accomplit la rencontre de Iolanta avec celui qui va la sauver VaudĂ©mont (Sergey Skorokhodov), grĂące auquel la princesse aveugle osant affronter le risque et l’inconnu, se dĂ©fait seule de l’aveuglement qui la contraint depuis sa naissance… Le rĂŽle du mĂ©decin est lui aussi parfaitement tenu. Aucune faute de distribution en gĂ©nĂ©ral sauf pour la basse Vitalij Kowaljow qui fait un Roi RenĂ© un rien droit, placide et Ă©pais sans guĂšre de trouble… quand le reste de la distribution exprime l’exaltation de chaque tempĂ©rament brossĂ© par Tchaikovski. Le nerf de l’orchestre, une Netrebko plus ardente et fĂ©minine que jamais font la rĂ©ussite de cette superbe lecture du dernier opus lyrique de Tchaikovsky.

CD, compte rendu critique. Tchaikovsky : Iolanta.  Anna Netrebko, Sergey Skorokhodov, Alexey Markov, Vitalij Kowaljow. Slovenian Chamber Choir, Slovenian Philharmonic Orchestra. Emmanuel Villaume, direction.  2 cd DG Deutsche Grammophon
0289 479 3969 6. Enregistrement. Le disque est publié le 27 janvier 2015.

 

 

Anna Netrebko chante Iolanta

netrebko anna-anna_netrebko_dario_acostaOpĂ©ra. Janvier, juin 2015. Tchaikovski : Anna Netrebko chante Iolanta. Pour la saison 1891-1892, les ThĂ©Ăątres ImpĂ©rieux commandent 2 nouvelles Ɠuvres Ă  TchaĂŻkovski : un opĂ©ra son 10Ăšme et dernier, Iolanta et le lĂ©gendaire ballet, Casse-Noisette. Les deux partitions portant la marque du dernier TchaĂŻkovski : un sentiment irrĂ©pressiblement tragique s’accompagne d’une orchestration particuliĂšrement raffinĂ©e. Iolanta mĂȘle histoire et fĂ©erie : le compositeur aborde comme un conte de fĂ©e l’histoire mĂ©diĂ©vale française (Ă  la Cour du Roi RenĂ© de Provence) oĂč Iolanta est une princesse aveugle qui apprend l’amour. A la suite de Tatiana d’EugĂšne OnĂ©guine, Iolanta doit d’abord prendre conscience de sa cĂ©citĂ© avant de trouver son identitĂ©, diriger son destin, devenir elle-mĂȘme. La qualitĂ© et la richesse des mĂ©lodies qui se succĂšdent intensifient le drame, conçu en un seul acte sur le livret du frĂšre de Piotr Illiych, Modeste. L’ouverture et la mise en avant des instruments Ă  vents (chant plaintif et vĂ©nĂ©neux, presque Ă©nigmatique du hautbois, accompagnĂ© par les bassons et les cors
), cette aspiration Ă©chevelĂ©e aux couleurs et rĂ©sonances de l’étrange rĂ©alisant une immersion dans un monde fĂ©erique et fantastique (l’ouverture a Ă©tĂ© trĂšs critiquĂ©e par Rimsky), la figure du docteur maure Ebn Hakia (baryton), rare incursion d’un orientalisme concĂ©dĂ© (beaucoup plus flamboyant chez les autres compositeurs russes comme Rimsky), la concentration de la musique sur la vie intĂ©rieure des protagonistes, l’absence des chƓurs, tout l’itinĂ©raire aux rĂ©sonances psychanalytiques de la jeune fille, des tĂ©nĂšbres Ă  l’éblouissement positif final-, fondent l’originalitĂ© du dernier opĂ©ra de TchaĂŻkovski : huit clos oĂč s’exprime le mouvement de la psychĂ© d’une jeune femme Ă  l’esprit ardent, tenue (par son pĂšre le roi RenĂ©) Ă  l’écart du monde. AprĂšs la mort de TchaĂŻkovski (1893), Mahler assure la crĂ©ation allemande de Iolanta (Hambourg). L’oeuvre plus applaudie que Casse Noisette Ă  sa crĂ©ation russe (Saint-PĂ©tersbourg en 1892), traverse l’oublie jusqu’en 1940 quand la cantatrice russe Galina VichnievskaĂŻa, affirme et la figure captivante du personnage d’Iolanta, et la magie symphonique d’un opĂ©ra Ă  redĂ©couvrir. Car tout TchaĂŻkovski et le meilleur de son inspiration se concentrent dans Iolanta.

Résumé

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1L’OpĂ©ra Iolantha est en un acte et 9 tableaux. Alors que le Roi RenĂ© tient Ă  l’écart du monde, sa propre fille Iolanta, aveugle, absente Ă  sa propre infirmitĂ©, le mĂ©decin maure Ebn Hakia (baryton) annonce que la jeune princesse doit prendre conscience de son handicap pour s’en dĂ©tacher et peut-ĂȘtre en guĂ©rir
le Roi trop possessif demeure indĂ©cis mais le comte VaudĂ©mont (tĂ©nor), tombĂ© amoureux de Iolanta, lui apprend la lumiĂšre et l’amour : Iolanta, consciente dĂ©sormais ce qu’elle est, peut dĂ©couvrir le monde et vivre sa vie. La jeune femme tenue cloĂźtrĂ©e, fait l’expĂ©rience de la maturitĂ© : en se dĂ©tachant du joug paternel, elle s’émancipe enfin.

synopsis de l’acte acte unique

1. Dans le verger du Palais oĂč elle est tenue Ă  l’écart du monde et des hommes, la fille du Roi RenĂ©,Iolanta, se dĂ©sespĂšre s’interroge : sa nourrice Martha dissimule une terrible vĂ©ritĂ© : elle est aveugle mais ne doit pas comprendre la nature de son handicap. Pourtant Iolanta a le sentiment que pour vivre il faut souffrir. Ses compagnes lui chantent une berceuse pour la rassurer.

2. Survient le Roi RenĂ© et le mĂ©decin maure Ebn Hakia : son diagnostic est clair : pour que Iolanta dĂ©passe sa cĂ©citĂ©, il faut qu’elle en prenne conscience afin de vouloir en guĂ©rir. Le Roi, coupable, hĂ©site.

3. Le duc Robert de Bourgogne et le chevalier VaudĂ©mont arrivent dans le parc du Palais. VaudĂ©mont tombe immĂ©diatement amoureux de la princesse Iolanta quand il la voit. Il lui demande par deux fois une rose rouge mais elle lui tend une rose blanche
il comprend qu’elle est aveugle. VaudĂ©mont parle alors Ă  Iolanta de lumiĂšre et l’invite Ă  dĂ©couvrir le monde Ă  ses cĂŽtĂ©s


4. Pour stimuler sa fille sur la voie de la guĂ©rison, le Roi RenĂ© annonce qu’il exĂ©cutera VaudĂ©mont si le traitement du mĂ©decin Ebn Hakia Ă©choue. Iolanta, pour sauver son fiancĂ©, se dĂ©clare prĂȘte Ă  tout : elle suit le docteur maure.

5. Quand Ebn Hakia ĂŽte la bandeau qui protĂ©geait les yeux de Iolanta, la princesse peut dĂ©sormais voir toutes les merveilles du monde et vivre son amour. Le Roi bĂ©nit l’union de Iolanta et de VaudĂ©mont : tous chantent la gloire divine qui a permis un tel prodige.

netrebko anna-anna_netrebko_dario_acostaCD, OpĂ©ra
 En 2015, Anna Netrebko chante Iolanta de TchaĂŻkovski. La soprano austro russe rĂ©vĂ©lĂ©e par Gergiev, Ă©gĂ©rie des festivals de Baden Baden et de Salzbourg (entre autres), continue ses prises de rĂŽles ; aprĂšs Leonora du TrouvĂšre, Lady Macbeth chez Verdi en 2013 et 2014, la soprano vedette enregistre et chante Iolanta, 10Ăšme et ultime opĂ©ra de Tchaikovski (1892). Intimiste, aux rĂ©sonances psychanalytiques, l’ouvrage est d’une beautĂ© austĂšre, un drame resserrĂ© comme une piĂšce de thĂ©Ăątre ou un mĂ©lodrame (un acte seul) qui simultanĂ©ment au ballet Casse-Noisette (crĂ©Ă© la mĂȘme annĂ©e et au cours de la mĂȘme soirĂ©e), affirme le gĂ©nie d’orchestrateur de Piotr Illiytch. Le disque est publiĂ© le 5 janvier 2015 par Deutsche Grammophon (sous la direction d’Emmanuel Villaume). CĂŽtĂ© scĂšne, Anna Netrebko chante Iolanta sur les planches du Metropolitan Opera de New York du 26 janvier au 21 fĂ©vrier 2015 sous la direction de ValĂ©ry Gergiev. L’opĂ©ra en un acte raconte l’émancipation d’une jeune princesse française tenue Ă  l’égard du monde et des hommes par son pĂšre le Roi RĂ©ne de Provence : l’action du maure (Ibn-Hakia) lui dĂ©voile le vrai monde, celui qu’elle peut d’abord imaginer, puis voir et vivre pleinement, aprĂšs avoir pris conscience de sa cĂ©citĂ©, et exprimĂ© le dĂ©sir d’en guĂ©rir. Iolanta, surprotĂ©gĂ©e par son pĂšre, parviendra-t-elle Ă  s’émanciper et vivre sa propre vie ?

Anna Netrebko reprend le rĂŽle d’Iolanta Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, en version de concert, dimanche 21 juin 2015, 11h, Ă©galement sous la direction d’Emmanuel Villaume. Prochaine critique complĂšte de l’opĂ©ra Iolanta par Anna Netrebko dans le mag cd dvd livres de classiquenews, le 5 janvier 2015.

Netrebko iolanta, tchaikovski metropolitanopera new york opera monte carlo metoperaiolanta1900x506Anna Netrebko au Metropolitan Opera de New York. Anna Netrebko chante en janvier 2015, Iolanta de Tchaikovski sur les planches du Metropolitan Opera de New York : 26, 29 janvier puis 3,7,10,14,18, 21 fĂ©vrier 2015, 20h. Sous la direction de avec Piotr Beczala (VaudĂ©mont)
 Oeuvre couplĂ©e avec Le Chateau de Barbe Bleue de Bartok (avec Nadja Michael). Les deux opĂ©ras sont mis en scĂšne par Mariusz Trelinski, sous la direction musicale de Valery Gergiev.

iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutsche grammophonSimultanĂ©ment Ă  ses reprĂ©sentations new yorkaises, Deutsche Grammophon publie l’opĂ©ra oĂč rayonne le timbre embrasĂ©, charnel et angĂ©lique d’Anna Netrebko, assurĂ©ment avantagĂ©e par une langue qu’elle parle depuis l’enfance. Nuances, richesse dynamique, finesse de l’articulation, intonation juste et intĂ©rieure, celle d’une jeune Ăąme ardente et implorante, pourtant pleine de dĂ©termination et passionnĂ©e, la diva austro-russe marque Ă©videment l’interprĂ©tation du rĂŽle. De quoi favoriser la nouvelle estimation d’un opĂ©ra, le dernier de TchaĂŻkovski, trop rarement jouĂ©.  En jouant sur l’imbrication trĂšs raffinĂ©e de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), TchaĂŻkovski s’entend Ă  merveille Ă  exprimer les aspirations profondes d’une Ăąme sensible, fragile, dĂ©terminĂ©e : un profil d’hĂ©roĂŻne idĂ©al, qui rĂ©pond totalement au caractĂšre radical du compositeur. Toute la musique de TchaĂŻkovski (52 ans) exprime la volontĂ© de se dĂ©faire d’un secret, de rompre une malĂ©diction
 La voix corsĂ©, intensĂ©ment colorĂ©e de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rĂŽle-titre, ses aspirations dĂ©sirantes : un personnage conçu pour elle. VoilĂ  qui renoue avec la rĂ©ussite pleine et entiĂšre de ses rĂ©centes prises de rĂŽles verdiennes (Leonora du trouvĂšre, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss).

 Iolanta au cinéma

Iolanta et Le Chùteau de Barbe-Bleue. Retransmission dans les salles de cinéma, le 14 février 2015

CD, opéra. En 2015, Anna Netrebko chante Iolanta de Tchaïkovski

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iolanta anna netrebko tchaikovski cd deutsche grammophonCD, OpĂ©ra
 En 2015, Anna Netrebko chante Iolanta de TchaĂŻkovski. La soprano austro russe rĂ©vĂ©lĂ©e par Gergiev, Ă©gĂ©rie des festivals de Baden Baden et de Salzbourg (entre autres), continue ses prises de rĂŽles ; aprĂšs Leonora du TrouvĂšre, Lady Macbeth chez Verdi en 2013 et 2014, la soprano vedette enregistre et chante Iolanta, 10Ăšme et ultime opĂ©ra de Tchaikovski (1892). Intimiste, aux rĂ©sonances psychanalytiques, l’ouvrage est d’une beautĂ© austĂšre, un drame resserrĂ© comme une piĂšce de thĂ©Ăątre ou un mĂ©lodrame (un acte seul) qui simultanĂ©ment au ballet Casse-Noisette (crĂ©Ă© la mĂȘme annĂ©e et au cours de la mĂȘme soirĂ©e), affirme le gĂ©nie d’orchestrateur de Piotr Illiytch. Le disque est publiĂ© le 5 janvier 2015 par Deutsche Grammophon (sous la direction d’Emmanuel Villaume). CĂŽtĂ© scĂšne, Anna Netrebko chante Iolanta sur les planches du Metropolitan Opera de New York du 26 janvier au 21 fĂ©vrier 2015 sous la direction de ValĂ©ry Gergiev. L’opĂ©ra en un acte raconte l’émancipation d’une jeune princesse française tenue Ă  l’égard du monde et des hommes par son pĂšre le Roi RĂ©ne de Provence : l’action du maure (Ibn-Hakia) lui dĂ©voile le vrai monde, celui qu’elle peut d’abord imaginer, puis voir et vivre pleinement, aprĂšs avoir pris conscience de sa cĂ©citĂ©, et exprimĂ© le dĂ©sir d’en guĂ©rir. Iolanta, surprotĂ©gĂ©e par son pĂšre, parviendra-t-elle Ă  s’émanciper et vivre sa propre vie ?

Anna Netrebko reprend le rĂŽle d’Iolanta Ă  l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, en version de concert, dimanche 21 juin 2015, 11h, Ă©galement sous la direction d’Emmanuel Villaume.

 

 

Prochaine critique complĂšte de l’opĂ©ra Iolanta par Anna Netrebko dans le mag cd dvd livres de classiquenews, le 5 janvier 2015.