CD, critique. GOUNOD : FAUST (1859). Foster-Williams, Bernheim, Gens / Talens Lyriques (3 cd Palazzetto Bru Zane, juin 2018)

gounod faust rousset gens palazzetto critique cd classiquenews review critique opera classiquenews bernheim gens bou rousset talens lyriques critique classiquenewsCD, critique. GOUNOD : FAUST (1859). Foster-Williams, Bernheim, Gens / Talens Lyriques (3 cd Palazzetto Bru Zane, juin 2018). Et voici un nouvel opus de la collection « opĂ©ra français » ( / French opera) Ă©ditĂ© par le Palazzetto vĂ©nitien Bru-Zane, aux initiatives exploratrices de rĂ©fĂ©rence. Faust complĂšte notre meilleure connaissance du Gounod lyrique, aprĂšs les prĂ©cĂ©dents livres disques Cinq-Mars (Ă©clairant ode dernier Gounod) et Le Tribut de Zamora (de 1881). Le pilier de l’opĂ©ra français, aprĂšs Thomas, avant et Bizet et Massenet, mĂ©ritait bien ce focus. Surtout s’agissant d’un ouvrage emblĂ©matique de l’opĂ©ra romantique français tel qu’il est toujours reprĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra Garnier. La production est d’autant plus opportune qu’elle s’intĂ©resse Ă  la version  « originelle » – de 1859, – alors prĂ©parĂ©e, jouĂ©e et donc enregistrĂ©e en juin 2018.

gounod charles portrait jeune par classiquenews gounod centenaire 2018 par classiquenews portr19Contrairement Ă  la version actuellement jouĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Paris, soit celle de 1869, celle de 1859 privilĂ©gie des dialogues inĂ©dits, proches du thĂ©Ăątre, qui Ă©clairent le relief de rĂŽles depuis minorĂ©s ou Ă©cartĂ©s (Wagner, Dame Marthe). Ces derniers restituent Ă  l’ouvrage que l’on pesait trĂšs sĂ©rieux, une lĂ©gĂšretĂ© proche du genre opĂ©ra-comique de demicaractĂšre dont le Gounod pas encore rĂ©ellement cĂ©lĂ©brĂ©, avait la clĂ©. Avec la prĂ©sence des dialogues, le drame gagne en clartĂ© et prĂ©cision. Quand la version actuelle de 1869 fait se succĂ©der des tableaux et des situations pas toujours trĂšs progressifs. On y perd certes l’air du Veau d’or de Mephisto pour celui plus ancien et presque rafraĂźchissant de « MaĂźtre ScarabĂ©e ».

Le Choeur de la radio flamande convainc quelle que soit la figure concernée : jeunes filles candides ou soldats juvéniles.
L’orchestre (Les Talens Lyriques) s’applique, dĂ©taille, reste efficace, mais parfois sonne Ă©trangement pompier dans les tutti, couvre la voix (ThulĂ©), 
 sans jamais donner le vertige fantastique et romantique que l’on attend. La direction est sĂšche, tendue, nerveuse certes mais sans chair. Strictement narrative. Ombres, vertiges romantiques d’un Gounod wagnĂ©rien, sont Ă©vacuĂ©s
 Ici importent la clartĂ©, le souci du dĂ©tail, la perfection de la mis en place : une « objectivité » parfois droite et dĂ©sincarnĂ©e. Germanisme subtil, entre Wagner et Mendelssohn, brillant et Ă©lĂ©gant (oĂč les valses soulignent les temps forts de l’action dramatique et psychologique), Gounod mĂ©rite plus de nuances, d’élans roboratifs, de fluiditĂ© incarnĂ©e.
L’impression gĂ©nĂ©rale reste celle d’une lecture appliquĂ©e, parfois maniĂ©rĂ©e, scrupuleuse, qui manque de souffle, de rĂ©els vertiges, de sincĂ©ritĂ©. Trop d’artifice, de gestes mĂ©ticuleux au dĂ©triment de la vĂ©ritĂ© plus immĂ©diate du drame.

CĂŽtĂ© plateau vocal, dĂ©tachons le timbre mĂ©tallique et nasillard, pincĂ© et sans tendresse du Faust de Benjamin Bernheim, mais avec une intelligibilitĂ© intĂ©ressante. Qu’il est plaisant de comprendre le texte, c’est Ă  dire de ne rien perdre des nuances poĂ©tiques du livret, donc des accents spĂ©cifiques du chant orchestral qui l’enveloppe.
Truculent, lĂ©ger, savoureux et comme amusĂ© entre facĂ©tie et sĂ©duction, l’excellent baryton Andrew Foster-Williams s’impose : son jeu naturel contraste avec le timbre tendu, dĂ©vorĂ© du Faust de B Berheim. De ce point de vue la caractĂ©risation des caractĂšres est parfaite.
Valentin dĂ©pourvu de son superbe air (« Avant de quitter ces lieux » dont le superbe motif s’entend dĂšs l’ouverture), Jean-SĂ©bastien Bou s’impose par sa prĂ©sence dramatique.
Juliette Mars en Siebel maĂźtrise moins l’intelligibillitĂ© de son texte, avec des aigus tirĂ©s, tendus, vibrĂ©s (air « FaĂźtes lui mes aveux », dĂ©but acte II). La Marguerite de VĂ©ronique Gens dĂ©fend un souci du texte plus maĂźtrisĂ© (Air du roi de ThulĂ©), entre noblesse et naturel, un sens des nuances Ă©vident que contredit en arriĂšre plan, un orchestre surexposĂ© et hypernerveux aux accents appuyĂ©s
 dommage. Mais que de distinction efface la pure jeune fille pour une conception plus mĂ»re du personnage, trĂšs « princesse incognito » dans une piĂšce de thĂ©Ăątre.

Justement, dialogues et rĂ©cits sont restituĂ©s dans un style thĂ©Ăątral, mais avec une rĂ©verbĂ©ration Ă©trange voire hors sujet pour la scĂšne lyrique. Tous les caractĂšres et leurs situations semblent se dĂ©rouler dans le mĂȘme lieu : Ă©glise ou vaste caverne, au volume rĂ©sonnant, Ă©cartant l’intimisme des scĂšnes pourtant plus psychologiques.

Notre rĂ©serve concerne le choix artistique des sĂ©quences prĂ©sentĂ©es : s’il s’agit non pas d’un « premier Faust » mais d’un « autre Faust », il eut Ă©tĂ© moins frustrant d’écouter aux cĂŽtĂ©s des « premiers airs » conçus par le Gounod de 1859, ceux plus tardifs de 1869 mais si beaux et si populaires ; pertinente sur le plan documentaire (pour les spĂ©cialistes), une telle production pour le disque, prĂ©sentant et les airs originels, et ceux plus tardifs, eut Ă©tĂ© « idĂ©ale ». Car ne pas entendre les airs du Veau d’or ou de Valentin crĂ©e un manque absolu. D’oĂč l’impression globale de cette « autre » version : originelle certes, juvĂ©nile, thĂ©Ăątralement plus riche
 mais moins aboutie.

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gounod faust rousset gens palazzetto critique cd classiquenews review critique opera classiquenews bernheim gens bou rousset talens lyriques critique classiquenewsCD, critique. GOUNOD : FAUST (1859). Foster-Williams, Bernheim, Gens / Talens Lyriques (3 cd Palazzetto Bru Zane, juin 2018). OpĂ©ra-comique en 4 actes – livret de Jules Barbier et Michel CarrĂ©, d’aprĂšs Goethe – Version premiĂšre ou « originelle » crĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre-Lyrique le 19 mars 1859.

Faust : Benjamin Bernheim
Marguerite : VĂ©ronique Gens
MéphistophélÚs : Andrew Foster-Williams
Valentin : Jean-SĂ©bastien Bou
Siébel : Juliette Mars
Dame Marthe : Ingrid Perruche
Wagner : Jean-SĂ©bastien Bou

Choeur de la Radio flamande
Direction : Martin Robidoux
Les Talens Lyriques / dir : Ch Rousset

Enregistrement réalisé en juin 2018.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Autres livre cd  GOUNOD / Collection “OpĂ©ra français, Palazzetto Bru Zane, prĂ©sentĂ©s / critiquĂ©s sur CLASSIQUENEWS.COM :

 

 

gounod cinq mars cd opera critique review account of classiquenews ulf schirmer mathias videl veronique gens cd 1507-1Livre cd, compte rendu critique. GOUNOD : Cinq-Mars, 1877. Vidal, Gens, Christoyannis, 
 (2 cd 2015). DĂšs l’ouverture, les couleurs vĂ©nĂ©neuses, viscĂ©ralement tragiques, introduites par la couleur tĂ©nue de la clarinette dans le premier motif, avant l’implosion trĂšs wĂ©bĂ©rienne du second motif, s’imposent Ă  l’écoute et attestent d’une lecture orchestralement trĂšs aboutie. Du reste l’orchestre munichois, affirme un bel Ă©noncĂ© du mystĂšre Ă©voquĂ©, Ă©clairĂ© par une clartĂ© transparente continue, qui quand il ne sature pas dans les tutti trop appuyĂ©s, se montre d’une onctuositĂ© dĂ©lectable. Tant de joyaux dans l’écriture Ă©clairent la place aujourd’hui oubliĂ©e de Charles Gounod dans l’éclosion et l’évolution du romantisme français. Et en 1877, Ă  l’époque du wagnĂ©risme envahissant, (le dernier) Gounod, dans Cinq-Mars d’aprĂšs Vigny, impose inĂ©luctablement un classicisme Ă  la française qui s’expose dans le style et l’élĂ©gance de l’orchestre (premiĂšre scĂšne : Cinq-Mars et le chƓur masculin). D’emblĂ©e c’est le style trĂšs racĂ© de la direction (nuancĂ© et souple Ulf Schirmer), des choristes (excellentissimes dans l’articulation d’un français Ă  la fois dĂ©licat et parfaitement intelligible) qui Ă©claire constamment l’écriture lumineuse d’un compositeur jamais Ă©pais, orchestrateur raffinĂ© (flĂ»te, harpe, clarinette, hautbois toujours sollicitĂ©s quand le compositeur dĂ©veloppe l’ivresse enivrĂ©e de ses protagonistes).

 

 

tribut de zamora gounod cd critique par classiquenews concert munich compte rendu de classiquenewsCD, critique. GOUNOD : Le Tribut de Zamora 1881. Livre, 2 cd, BRU ZANE, collection « OpĂ©ra français » / French opera / H. Niquet. 2018, annĂ©e musicale riche. De Debussy Ă  Gounod, le gĂ©nie français romantique et moderne sort du bois et est plus ou moins honorablement servi par les institutions et initiatives privĂ©es. Ainsi cet enregistrement de l’opĂ©ra de Gounod, oubliĂ©, Ă©cartĂ© depuis sa crĂ©ation, Le tribut de Zamora qui renaĂźt par le disque aprĂšs avoir occupĂ© l’affiche munichoise (janvier 2018). Idem pour un Cinq Mars lui aussi mĂ©connu, oubliĂ©, ressuscitĂ© Ă  Munich
en 2015.
A Paris, on se souvient des rĂ©cents Faust (Bastille), Nonne Sanglante (OpĂ©ra-Comique)
 alors que RomĂ©o et Juliette tarde Ă  revenir Ă  Paris, – quand l’OpĂ©ra de Tours en avait offert une sublime production, voici donc ce Zamora, espagnolade et peinture d’histoire, Ă  l’efficacitĂ© dramatique indĂ©niable, et aux joyaux mĂ©lodiques et orchestraux, irrĂ©sistibles. Dans cette Espagne du XĂš, marquĂ© par la prĂ©sence arabe, le compositeur joue avec finesse de l’orientalisme colorĂ©, sensuel dont use et abuse avec un gĂ©nie de l’harmonie, son contemporain et peintre (d’Histoire), GĂ©rĂŽme.

COMPTE-RENDU, opéra. MARSEILLE, Opéra, le 19 février 2019. GOUNOD : Faust. BORRAS, COURJAL. L FOSTER / N DUFFAUT.

COMPTE-RENDU, opĂ©ra. MARSEILLE, OpĂ©ra, le 19 fĂ©vrier 2019. GOUNOD : Faust. BORRAS, COURJAL. L FOSTER / N DUFFAUT. À reprise d’une production, reprise d’une introduction sur une Ɠuvre qui ne bouge pas, mĂȘme remuĂ©e des remous qui accueillirent Ă  Avignon cette mise en scĂšne de Nadine Duffaut, certes, dĂ©rangeante, hĂ©sitant entre symbolisme et rĂ©alisme, mais jamais indiffĂ©rente. À Marseille, au rĂŽle de Wagner prĂšs, c’est la distribution qui est renouvelĂ©e.

 
 
 

L’OEUVRE : Diables d’hommes

 

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Sur l’homme vendant son Ăąme au diable contre l’amour d’une jeune femme, l’Espagne connaissait dĂ©jĂ  quelques piĂšces de thĂ©Ăątre,El esclavo del demonio (1612), ‘L’esclave du dĂ©mon’, de Mira de Amescua et, entre autres plus tardives, El mĂĄgico prodigioso, ‘La magicien prodigieux’ (1637) [1] de Pedro CalderĂłn de la Barca, inspirĂ©e de la lĂ©gende des saints Cyprien et Justine, martyrs d’Antioche, IIIe siĂšcle : pour l’amour de la jeune chrĂ©tienne, le jeune savant paĂŻen, qui s’interrogeait sur le pouvoir absolu d’un Dieu unique contre la pluralitĂ© dissolue du panthĂ©on des dieux antiques, signe un pacte avec le Diable. C’est aux Ă©crivains allemands du Sturm und Drang, dont Herder, Schiller et Goethe, fĂ©rus de culture espagnole antidote au classicisme français, que l’on doit le renouveau de l’intĂ©rĂȘt pour la poĂ©sie du SiĂšcle d’Or espagnol (GƓthe en adaptera des poĂšmes) et son thĂ©Ăątre, dont s’abreuvera aussi Hugo.

Il est probable que GƓthe y ait puisĂ©, pour sa fameuse tragĂ©die, l’enjeu de la femme dans le pacte avec le diable, Ă©tant absente dans le livre source, Historia von Dr. Johann Fausten dem weitbeschreyten Zauberer und SchwarzkĂŒnstler
,couramment appelĂ© Faustbuch, ‘le Livre de Faust’, paru Ă  Francfort en 1587.Ce recueil populaire s’inspirait des lĂ©gendes tĂ©nĂ©breuses entourant le rĂ©el Docteur Johann Georg Faust (1480-1540), alchimiste allemand, astrologue, astrologue, nĂ©croman, c’est-Ă -dire magicien. Un MusĂ©e lui est consacrĂ© Ă  Knittlingen, sa ville natale.

La science rationnelle moderne, n’était pas encore sortie de la gangue des sciences occultes dans lesquelles, astrologue et astronome confondus, dans les secrets encore incomprĂ©hensibles, on voit souvent, par crainte et superstition, la main, la griffe du diable. Ainsi, la mort du savant Docteur Faust en 1540, dans une explosion due sans doute Ă  ses recherches chimiques ou alchimiques, passera pour le rĂ©sultat de ses expĂ©riences diaboliques, du pacte qu’il aurait passĂ© avec le Diable, signĂ© de son sang, pour retrouver la jeunesse sinon l’amour. [2]

Ce livre, qui sera aussi traduit avec succĂšs en français en 1598, sera adaptĂ©, d’aprĂšs la traduction anglaise, par Christopher Marlowe dans sa piĂšce La Tragique Histoire du Docteur Faust (1604) et, donc, deux siĂšcle aprĂšs, pa Johann Wolfgang von GƓthe dans son premier Faust(1808), qui fixera dans l’imagerie romantique, la touchante figure de Marguerite au rouet : sĂ©duite, enceinte, abandonnĂ©e, matricide, infanticide enfin : condamnĂ©e Ă  mort, et refusant d’ĂȘtre sauvĂ©e avec la complicitĂ© de MĂ©phistophĂ©lĂšs, pour le salut de son Ăąme.Son contemporain, Gotthold Ephaim,avait aussi commencĂ©, sans l’achever, une piĂšce sur Faust en 1759.

Berlioz avait reprĂ©sentĂ© Ă  Paris, sans guĂšre de succĂšs, en 1846, La Damnation de Faust [3] d’aprĂšs la cĂ©lĂšbre piĂšce de Goethe traduite en 1828 par GĂ©rard de Nerval: « Pour la ‘Chanson du rat’,il n’y avait pas un chat dans la salle », constatera cruellement Rossini. RuinĂ©, Berlioz s’exile. Gounod sera plus heureux. HantĂ© par le thĂšme, gratifiĂ© du bon livret que lui Ă©crivit Jules Barbier, la contribution de Michel CarrĂ©, auteur d’un drame intitulĂ© Faust et Marguerite, se limitant Ă  l’air du Roi de ThulĂ© et Ă  la ronde du veau d’or, deux beaux textes, il est vrai. AprĂšs des remaniements, l’opĂ©ra triompha en 1859, et rivalise en popularitĂ© dans le monde avec la Carmen de Bizet.

 
 
 
 
 
 

REALISATION

 
 
 

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Vaste demeure dĂ©vastĂ©e de l’hiver d’une vie Ă  vau-l’eau : vanitĂ© des vƓux, des rĂȘves du savoir, des souvenirs Ă©vanouis Ă  l’heure des bilans, des faillites, quand les regrets remplacent les projets. VautrĂ©, avachi sur un immense prie-Dieu, un lit, dont la traverse est une croix, qui se multiplie en ombres, le vieux Docteur Faust se lamente avant d’ĂȘtre relayĂ© par le jeune, vivifiĂ© par le pacte de sang ou transfusion sanguine, salvateur Ă©lixir de jouvence, dont le garrot Ă©lastique devient, comme un crachat, lance-pierre offensif d’un chenapan MĂ©phisto contre une effigie christique.

Efficace scĂ©nographie unique d’Emmanuelle Favre dans des clair-obscur, au sens prĂ©cis du terme, mĂ©lange de lumiĂšre et d’ombre Ă  la Rembrandt, virant parfois aux contrastes rasants caravagesques (lumiĂšres de Philippe Grosperrin), qui arracheront Ă  la pĂ©nombre les tĂȘtes d’une foule de spectres goyesques, cauchemar plein de choses inconnues, funĂšbre carnaval Ă©mergeant, surgissant des trappes, sinon des enfers, des arriĂšre-fonds, des bas-fonds de l’ñme sans doute, comme un retour du refoulĂ©. Surplombant la scĂšne, thĂ©Ăątre dans le thĂ©Ăątre, une autre scĂšne ou tableau : un Christ de profil au regard douloureux sur ce monde, tĂ©moin apparemment aussi impuissant que le vieux Faust omniprĂ©sent rĂȘvant ou revoyant sa vie au moment de sa mort, apparaissant ponctuellement dans le cadre, ainsi que divers personnages, dont le thĂ©Ăątral MĂ©phistophĂ©lĂšs. RĂȘve ou mirage, Marguerite est projetĂ©e en immense portrait.

Plafond effondrĂ©, tout est terreux, ruineux, grisĂątre, brunĂątre, ainsi que les costumes (GĂ©rard Audier) ; le seul Ă©clat sera celui de Marguerite, toute fraĂźche en robe vichy bleu Ă  la Brigitte Bardot des annĂ©es 60, apparemment seule vivante dans ce monde fantomatique, escortĂ©e de Dame Marthe, plus rieuse que pieuse, impĂ©rieuse, en austĂšre tailleur noir. Une marionnette gĂ©ante descendant des cintres de la manipulation diabolique symbolise la jeune fille. Le Faust jeune, aura l’éclat d’une chemise blanche sur ses jeans et MĂ©phisto, en blouson de cuir, arbore des souliers rouges et non des pieds de bouc comme signe de son origine, comme le coffre et non coffret des bijoux, dont on s’étonne que Gretchen, Margot, ne l’ait pas vu du premier coup d’Ɠil tant il accapare abusivement l’espace et la vue. Pas de rouet mais un nĂ©cessaire de couture de jeune fille de ce temps, pliĂ©e aux travaux de mĂ©nage et d’aiguille. Jolie trouvaille, le bracelet dont se pare la jeune fille est vraiment « une main qui sur [son] bras se pose », surgie magiquement de la marionnette diabolique. C’est la poupĂ©e mĂ©canique, menaçante, de l’univers fantastique des Contes romantiques d’Hoffmann par la manipulation du Diable.

Sur les murs lĂ©preux, des projections de vagues fleurs —pas forcĂ©ment heureuses dĂ©jĂ  Ă  Avignon, et encore moins dans le vaste plateau marseillais qui les dilue—figurent un invraisemblable jardin et l’invisible bouquet d’un jeune Siebel masculin Ă©clopĂ©, expliquant sans doute sa rĂ©forme, il ne part pas Ă  l’armĂ©e ; plus dramatiquement parlantes, celles d’actualitĂ©s cinĂ©matographiques de nĂ©buleux soldats coloniaux du retour des troupes qui (dĂ©)chanteront une gloire discutable des aĂŻeux dont la mise en scĂšne de Nadine Duffaut, loin de donner dans le clichĂ© de la guerre jolie, montre la vĂ©ritĂ©, les blessĂ©s, les estropiĂ©s, les gueules cassĂ©es, les morts : sous le regard du Christ semblant regarder de biais et non de front le monde, sous l’écrasante croix, on se pose inĂ©vitablement la question de ce « Dieu bon » que priera Marguerite Ă  la fin qui permet cet enfer sur terre, autorise finalement ce DĂ©mon tout puissant, encore que terrassĂ© parfois comme un vampire par l’ombre ou la lumiĂšre de la croix qui le crucifie. Sous le dĂ©tail, dĂ©coratif en apparence, on retrouve l’humanitĂ© inquiĂšte, militante et non militaire, de Nadine Duffaut.

En somme, refusant le faste facile, nĂ©faste souvent au drame, la mise en scĂšne propose une lecture nouvelle de cette tragĂ©die, parlant plus Ă  l’esprit que sĂ©duisant les yeux.

 
 
 

INTERPRETATION

 
 
 

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D’emblĂ©e, on est captĂ© par le rythme, sans concession aux « numĂ©ros » que le public attend pour applaudir, qu’impose Lawrence Foster Ă  la partition. On a la sensation de redĂ©couvrir cette Ɠuvre usĂ©e de trop d’usage et d’habitudes paresseuses : une rigueur diabolique qui gomme les Ă©mollients clichĂ©s romantiques et, malgrĂ© les parenthĂšses obligĂ©es d’amour et de rĂȘve du jardin, depuis le dĂ©but, tout semble courir, concourir, dans la fiĂšvre, Ă  la course finale Ă  l’abĂźme au galop haletant mĂ©phistophĂ©lique. Une conception globale perceptible malgrĂ© la longueur de l’Ɠuvre. Et tout cela sans rien sacrifier au dĂ©tail. Dans la « SĂ©rĂ©nade » de MĂ©phistophĂ©lĂšs, on croit entendre les rires, les railleries des instruments qui nous font soupçonner que Gounod n’ignorait pas le persiflage instrumental du « Catalogue » de Leporello dans le Don Giovanni de Mozart dont son amie Pauline Viardot avait sans doute pu lui passer la partition qu’elle avait achetĂ©e. En tous les cas, on sent, dans cette interprĂ©tation magistrale toute la finesse mozartienne loin des pesanteurs orchestrales Ă  la mode romanticoĂŻde. La scĂšne de l’église est angoissante avec cet orgue lointain et menaçant (FrĂ©dĂ©ric Isoletta) dont les vagues ondes semblent avancer pour engloutir Marguerite.

Les chƓurs (Emmanuel Trenque), peut-ĂȘtre dĂ©shumanisĂ©s par les masques, trouvent alors leur pleine humanitĂ© par la musique et ils sont saisissants : les reproches Ă  leur hĂ©ros Valentin incapable de pardonner en mourant Ă  sa sƓur sont bouleversants d’une vĂ©ritĂ© morale, humaine et religieuse, qui dĂ©passe leur apparence spectrale.

À certains moments de liesse populaire ou sensuelle, entre ciel et terre, trois acrobates semblent dĂ©fier la pesanteur d’ici-bas.

Le baryton Philippe Ermelier qui figurait dans la production d’Avignon, confirme avec bonheur ce que j’en disais : c’est un solide Wagner de taverne digne compagnon sinon d’embauche guerriĂšre, de bamboche, de dĂ©bauche de biĂšre ou vin qui hĂ©sitera moins entre les deux boissons qu’il ne les alternera. OriginalitĂ© de cette mise en scĂšne, le pĂ©nible aujourd’hui rĂŽle travesti de SiĂ©bel, dĂ©volu Ă  un mezzo lĂ©ger, est rendu Ă  sa vĂ©ritĂ© thĂ©Ăątrale de jeune homme amoureux : KĂ©vin Amiel bien qu’affublĂ© d’une prothĂšse d’éclopĂ© —sans doute blessure de quelque aventure militaire qui montre que la guerre est bien contre toute Ă©thique et esthĂ©tique, contre la morale, la bontĂ©, la beautĂ©. Il est jeune, touchant, voix ronde de tĂ©nor de toutes les tendresses et dĂ©licatesses du cƓur et il incarne, dans une vĂ©ritĂ© immĂ©diate et sensible, l’amour dĂ©sintĂ©ressĂ©, la comprĂ©hension, la compassion humaine et chrĂ©tienne envers la Marguerite rejetĂ©e par la communautĂ©.

ÉlĂ©ment de comĂ©die, d’opĂ©ra-bouffe, Dame Marthe, savoureuse, voluptueuse, veuve vite joyeuse, sous l’uniforme trop Ă©troit de la duĂšgne austĂšre, vite maquerelle, faisant couple, sinon accouplĂ©e au fuyant MĂ©phisto qui ne succombe pas Ă  la tentation, tentĂ© sans doute par d’autres types d’amours comme semble le suggĂ©rer le pluri-sexe Walpurgis, est campĂ©e avec une vivacitĂ© aiguĂ« par la piquante mezzo Jeanne-Marie LĂ©vy.

Le baryton Étienne Dupuis, a tout l’hĂ©roĂŻsme de Valentin, voix aussi large et gĂ©nĂ©reuse qu’il le sera peu pour sa sƓur, par ailleurs trĂšs expressif, effrayant et sans compassion en maudissant Marguerite comme le fera MĂ©phisto.

Celui-ci, c’est Nicolas Courjal (photo ci dessus): il mĂšne le bal, et danse, se dandine mĂȘme au son de ce transistor dont il tente, par la magie rĂ©volutionnaire de l’appareil, de tenter le vieux Faust dont les Ă©lucubrations de toute une vie n’auront pas suffi Ă  crĂ©er ou imaginer cette merveille, ce miracle technologique. Il est un sacrĂ© diable facĂ©tieux, espiĂšgle, qui Ă©pingle les ridicules de certains, diablement sĂ»r de lui, sauf des faiblesses Ă  la Croix, jouant des mains et des doigts comme on aspergerait les dĂ©vots d’une eau bĂ©nite, maudite plutĂŽt, infernale. La tessiture est tendue, surtout dans le « Veau d’or » mais il s’en tire avec aisance, retrouvant des creux de graves infernaux Ă  sa mesure. En moine blanc, dans la remarquable scĂšne de l’église contre Marguerite, plus de plaisanterie : c’est le DĂ©mon dans une atroce volontĂ© de destruction de la frĂȘle jeune femme.

Celle-ci est incarnĂ©e par Nicole Car : elle a une saine vitalitĂ©, un sourire rayonnant, un regard solaire, qu’on imagine mal en gĂ©nĂ©ral pour la fragile hĂ©roĂŻne romantique des froideurs nordiques mĂȘmes rĂ©chauffĂ©es par un Diable mutin. Ses exclamations de joie « Ah, je ris
 », elle ne les donne pas en fines notes piquĂ©es de la glotte, toujours dangereuses pour l’organe, mais d’une voix large moins de jeune fille que de femme prĂȘte, sinon Ă  croquer les diamants, Ă  dĂ©vorer la vie qu’elle dĂ©couvre avec enthousiasme. Cette soliditĂ© prend un sens tragique dans la scĂšne grandiose de l’église oĂč elle affronte le dĂ©mon dans l’ombre, opposant la force de sa foi Ă  la puissance infernale et sa priĂšre qui clĂŽt l’épisode est dĂ©jĂ  la victoire qui annonce celle de son hymne final : « Anges pures, anges radieux
 »

Marguerite accouche

Autre signe de l’humanisme rĂ©aliste de Nadine Duffaut, on voit Marguerite enceinte, ce qui est dissimulĂ© toujours, Ă  peine dit par de plus pudiques que pieuses allusions : mais c’est la rĂ©alitĂ© de son drame. Des spectateurs se sont offusquĂ©s de la voir accoucher, aidĂ©e par la compassionnelle Marthe, aprĂšs la malĂ©diction du frĂšre. Mais cet enfant qu’elle noiera, qui lui vaudra sa condamnation Ă  mort, occultĂ©e ici celle de sa mĂšre, semble ĂȘtre parti avec l’eau du bain de la pudibonderie qui, pour oraison funĂšbre, ne lui concĂšde qu’une rapide phrase de Faust, alors que c’est le cƓur de la banale et triviale tragĂ©die de la fille sĂ©duite et abandonnĂ©e.

Deux Faust

L’un des problĂšmes du thĂ©Ăątre, c’est sans doute la prĂ©sentation d’un personnage Ă  deux Ăąges de sa vie, doublĂ© ici par la difficultĂ© que la mĂ©tamorphose se fait Ă  vue. Loin de grimer et de dĂ©grimer ostensiblement le vieil hĂ©ros prĂȘt Ă  se faire une injection mortelle de drogue et piquĂ© sans doute Ă  l’élixir de vie par MĂ©phisto de ce mĂȘme sang de la signature du pacte infernal, Nadine Duffaut a optĂ© pour deux Faust, le vieux,c’est Jean-Pierre Furlan, dont la voix toujours juvĂ©nile anticipe sur sa nouvelle jeunesse infernale. Il est Ă©mouvant dans ses regrets et adieu Ă  la vie, Faust encore sans faute, qui restera sur scĂšne en tĂ©moin accablĂ© de son pacte fautif sous le regard d’un Christ douloureux, sous l’ombre portĂ©e de la croix, poids de son pĂ©chĂ©, Ă©ternel stigmate de sa damnation, ou rĂ©demption par ce regard qui semble le hanter dans ce thĂ©Ăątre des ombres du monde. C’est sĂ»rement l’une des rĂ©ussites de cette audacieuse mise en scĂšne : ce regard rĂ©trospectif Ă  la fin de la vie, Ă  l’heure cruellement lucide des bilans. Et soudain, sans solution de continuitĂ©, c’est le jeune Faust qui surgit, insolent et insultant de jeunesse moins physique que vocale, encore qu’un peu empĂȘtrĂ© dans sa corpulence mal fagotĂ©e dans un blouson de teenager d’un joyeux luron avide de rattraper le temps perdu, Ă  corps perdu. Dans ce sens, on comprend, en contrepoint physique maillĂ©e, Ă©maillĂ©e de ces acrobates du plus bel effet graphique, perchĂ©s sur la croix du prie-Dieu devenu lit de dĂ©bauche multi-libertine pour un heureux Faust repu plus qu’en repos.

La voix de Jean-François Borras est ronde, onctueuse, souple, d’une Ă©gale qualitĂ© dans tous ses registres, suavement triomphante dans l’aigu dĂšs l’effet mĂ©phistophĂ©lique non mĂ©phitique mais bĂ©nĂ©fique de MĂ©phisto. Et voilĂ  notre vieillard savant, oublieux des grands mystĂšres du monde qui faisaient sa sublime ambition, qui chante, tout guilleret, un couplet digne d’un Ă©picurien et contemporain bourgeois d’Offenbach, BrĂ©silien ou Baron, qui borne, ou au contraire chante une insatiable ambition trĂšs Second Empire, « s’en fourrer jusque-lĂ  », avide de plaisirs terrestres et non plus spirituels ou intellectuels :

À moi, les plaisirs,

Les jeunes maĂźtresses,

À moi leurs caresses [
]

Et la folle orgie

Du cƓur et des sens.

Un Faust bourgeois plus physique que métaphysique.

 
 
 

[1] J’ai adaptĂ© cette piĂšce sous le titre de Faust vainqueur ou le procĂšs de Dieu Ă  la demande du metteur en scĂšne AdĂĄn Sandoval.

[2] Sur les divers Faust, je renvoie Ă  mon livre Figurations de l’infini. L’ñge baroque europĂ©en, Prix de la prose et de l’essai 2000, le Seuil, 1999, « De Dieu le PĂšre au PĂšre-Dieu », « La fin des thaumaturges », p.389-399.

[3] Berlioz ne devait pas ignorer la piĂšce de CalderĂłn, si admirĂ© par Wagner qui dit, dans une lettre Ă  Liszt, qu’il le lit pour maintenir l’inspiration de son Tristan. En tous les cas, l’invocation Ă  la nature de son Faust est trĂšs proche de la tirade lyrique de Cyprien dĂ©couvrant sa puissance diabolique dans Le Magicien prodigieux. Cf mon livre, Figurations de l’infini, op. cit. , p. 398.

 
 
 
 
 
 

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Faust de Gounod Ă  l’OpĂ©ra de Marseille
Coproduction Opéra Grand Avignon / Opéra de Marseille / Opéra de Massy / Opéra Théùtre Metz Métropole / Opéra de Nice / Opéra de Reims
A l’affiche les 10, 13, 16, 19, 21 fĂ©vrier 2019

Direction musicale: Lawrence FOSTER
Mise en scĂšne: Nadine DUFFAUT
DĂ©cors: Emmanuelle FAVRE
Costumes: GĂ©rard AUDIER
LumiĂšres: Philippe GROSPERRIN

Marguerite: Nicole CAR
Marthe: Jeanne-Marie LEVY

Faust: Jean-François BORRAS
Vieux Faust: Jean-Pierre FURLAN
MéphistophélÚs: Nicolas COURJAL
Valentin: Étienne DUPUIS
Wagner: Philippe ERMELIER
Siebel: KĂ©vin AMIEL

Orchestre et ChƓur de l’OpĂ©ra de Marseille

Photos : Christian Dresse
Les deux Faust ;
MĂ©phisto ;
Combat e Marguerite contre le DĂ©mon.

 
 
 
 
 
 

Compte-rendu, opéra. LIEGE, Opéra, le 25 janv 2019. Gounod : Faust. Patrick Davin / Stefano Poda.

Compte-rendu, opĂ©ra. LiĂšge, OpĂ©ra, le 25 janvier 2019. Gounod : Faust. Patrick Davin / Stefano Poda. CrĂ©Ă©e en 2015 Ă  Turin, la production de Faust imaginĂ©e par Stefano Poda a dĂ©jĂ  fait halte Ă  Lausanne (2016) et Tel Aviv (2017), avant la reprise liĂ©geoise de ce dĂ©but d’annĂ©e. Un spectacle Ă©vĂ©nement Ă  ne pas manquer, tant l’imagination visuelle de Poda fait mouche Ă  chaque tableau au moyen d’un immense anneau pivotant sur lui-mĂȘme et revisitĂ© pendant tout le spectacle Ă  force d’Ă©clairages spectaculaires et variĂ©s. Ce symbole fort du pacte entre Faust et MĂ©phisto fascine tout du long, tout comme le mouvement lancinant du plateau tournant habilement utilisĂ©.

  

 

 

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On ne se lasse jamais en effet des tours de force visuels de Poda, virtuose de la forme, qui convoque habilement une pile dĂ©sordonnĂ©e de livres anciens pour figurer la vieillesse de Faust au dĂ©but ou un arbre dĂ©charnĂ© pour Ă©voquer la sĂ©cheresse de ses sentiments ensuite. TrĂšs sombre, le dĂ©cor minĂ©ral rappelle Ă  plusieurs reprises les scĂ©nographies des spectacles de Py, mĂȘme si Poda reste dans la stylisation chic sans chercher Ă  aller au-delĂ  du livret. Les enfers sont placĂ©s d’emblĂ©e au centre de l’action, Poda allant jusqu’Ă  sous-entendre que le choeur est dĂ©jĂ  sous la coupe de MĂ©phisto lors de la scĂšne de beuverie au I : tous de rouges vĂȘtus, les choristes se meuvent de façon saccadĂ©e, Ă  la maniĂšre de zombies, sous le regard hilare de MĂ©phisto. On gagne en concentration sur le drame Ă  venir ce que l’on perd en parenthĂšse lĂ©gĂšre et facĂ©tieuse.

Plus tard dans la soirĂ©e, Poda montrera le mĂȘme parti-pris frigide lors de l’intermĂšde comique avec Dame Marthe, trĂšs distanciĂ©, et ce contrairement Ă  ce qu’avait imaginĂ© Georges Lavaudant Ă  GenĂšve l’an passĂ© (voir notre compte-rendu : http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-geneve-opera-le-3-fevrier-2018-gounod-faust-osborn-faust-plasson-lavaudant/). Le ballet de la nuit de Walpurgis est certainement l’une des plus belles rĂ©ussites de la soirĂ©e, lorsque les danseurs, au corps presque entiĂšrement nu et peint en noir, interprĂštent une chorĂ©graphie sauvage et sensuelle, se mĂȘlant et se dĂ©mĂȘlant comme un seul homme. Les applaudissements nourris du public viennent logiquement rĂ©compenser un engagement sans faille et techniquement Ă  la hauteur. De quoi parachever la vision totale de Stefano Poda, auteur comme Ă  son habitude de tout le spectacle (mise en scĂšne, scĂ©nographie, costumes, lumiĂšres…), mĂȘme si l’on regrettera sa note d’intention reproduite dans le programme de la salle, inutilement prĂ©tentieuse et absconse.

 

faust gounod opera critique opera classiquenews musique classique actus infos opera festival concerts par classiquenews thumbnail_Ensemble--Opra-Royal-de-Wallonie-Lige-3-ConvertImageLe plateau vocal rĂ©uni est un autre motif de satisfaction, il est vrai dominĂ© par un interprĂšte de classe internationale en la personne d’Ildebrando d’Arcangelo, dĂ©jĂ  entendu ici en 2017 dans le mĂȘme rĂŽle de MĂ©phisto (celui de La Damnation de Faust de Berlioz). Emission puissante et prestance magnĂ©tique emportent l’adhĂ©sion tout du long, avec une prononciation française trĂšs correcte. Le reste de la distribution, presque entiĂšrement belge, permet de retrouver la dĂ©licieuse Marguerite d’Anne-Catherine Gillet, meilleure dans les airs que dans les rĂ©citatifs du fait d’une diction qui privilĂ©gie l’ornement au dĂ©triment du sens. Elle doit aussi gagner en crĂ©dibilitĂ© dramatique afin de bien saisir les diffĂ©rents Ă©tats d’Ăąme de cette hĂ©roĂŻne tragique, surtout dans la courte scĂšne de folie en fin d’ouvrage. Quoi qu’il en soit, elle relĂšve le dĂ©fi vocal avec aplomb, malgrĂ© ces rĂ©serves interprĂ©tatives. On pourra noter le mĂȘme dĂ©faut chez Marc Laho, trop monolithique, avec par ailleurs un timbre qui manque de chair. Il assure cependant l’essentiel avec constance, tandis que l’on se fĂ©licite des seconds rĂŽles parfaits, notamment le superlatif Wagner de Kamil Ben HsaĂŻn Lachiri.
Outre un chƓur local en grande forme, on mentionnera la trĂšs belle prestation de l’Orchestre royal de Wallonie, dirigĂ© par un Patrick Davin dĂ©chainĂ© dans les parties verticales, tout en montrant une belle subtilitĂ© dans les passages apaisĂ©s. Un spectacle vivement applaudi en fin de reprĂ©sentation par l’assistance venue en nombre, que l’on conseille Ă©galement chaleureusement.

  

 
 

 

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Compte-rendu, opĂ©ra. LiĂšge, OpĂ©ra de LiĂšge, le 25 janvier 2019. Gounod : Faust. Marc Laho (Faust), Anne-Catherine Gillet (Marguerite), Ildebrando d’Arcangelo (MĂ©phistophĂ©lĂšs), Na’ama Goldman (SiĂ©bel), Lionel Lhote (Valentin), AngĂ©lique Noldus (Marthe), Kamil Ben HsaĂŻn Lachiri (Wagner). Orchestre de l’OpĂ©ra royal de Wallonie, Patrick Davin, direction musicale / mise en scĂšne, Stefano Poda. A l’affiche de l’OpĂ©ra de LiĂšge jusqu’au 2 fĂ©vrier 2019, puis au Palais des Beaux-Arts de Charleroi le 8 fĂ©vrier 2019. Illustrations © OpĂ©ra royal de Wallonie 2019

  

 

 
  

 

 

Compte-rendu Opéra. Toulouse, Capitole, le 22 juin 2016 ; Charles Gounod (1818-1893) : Faust ; Nicolas Joël, mise en scÚne ; Anita Harding, Marguerite ; Orchestre National du Capitole ; Claus Peter Flor, direction musicale.

Compte-rendu OpĂ©ra. Toulouse, Capitole, le 22 juin 2016 ; Charles Gounod (1818-1893) : Faust ; Nicolas JoĂ«l, mise en scĂšne ; Anita Harding, Marguerite ; Orchestre National du Capitole ; Claus Peter Flor, direction musicale. Et si nos amis allemands avaient complĂštement raison qui couramment dĂ©baptisent « Faust » pour le renommer « Margarete » ? D’ailleurs la piĂšce de laquelle est adaptĂ© le livret, est signĂ©e CarrĂ© et son titre est « Faust et Marguerite ». Car des deux Faust de Goethe, il faut bien dire que l’opĂ©ra de Gounod ne conserve que l’épisode de Marguerite. Et dans la salle bien des jeunes spectateurs se demandaient combien une romance si marquĂ©e par le modĂšle petit bourgeois des relations d’amour pouvaient avoir encore tant de sĂ©ductions. Car cet opĂ©ra si marquĂ© par son Ă©poque reste au top 3 des opĂ©ras reprĂ©sentĂ©s au monde avec Carmen et Traviata. La sĂ©duction de la partition de Gounod tiendrait donc tout l’ouvrage, et plus personne ne serait sensible Ă  la force de la jeunesse Ă©ternelle, Ă  l’enthousiasme des premiers transports dans la naissance de l’amour et aucun homme ne vibrerait Ă  la puretĂ© d’une belle vierge ?

 

 

 

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Belle reprise consensuelle de Faust Ă  Toulouse

 

 

Quoi qu’il en soit, dĂ©passant toutes ces questions, un beau succĂšs a Ă©tĂ© accordĂ© Ă  cette production de Nicolas JoĂ«l crĂ©e in loco en 2009. Mise en scĂšne, dĂ©cors, costumes et lumiĂšres font un tout harmonieux respectant les didascalies et ne cherchant pas Ă  moderniser artificiellement, et trop souvent avec laideur, un propos qui n’en a pas besoin. StĂ©phane Roche fidĂšle Ă  Nicolas JoĂ«l laisse les chanteurs libres et face au public pour leurs moments engagĂ©s. Peu de gestes mais qui prennent souvent sens. MĂ©phisto trouve en Alex Esposito un diable vif-argent, maitre loyal organisant toute l’histoire et faisant voler les difficultĂ©s d’un coup d’éventail. VĂ©ritable acteur-chanteur, il donne Ă©nergie et vitalitĂ© Ă  la scĂšne qu’il occupe avec panache. Vocalement le charme opĂšre avec un timbre clair mais sonore sur tout l’ambitus. La diction nonobstant un lĂ©ger accent est comprĂ©hensible. Il arrive Ă  rendre perceptible ce lĂ©ger dĂ©calage du personnage grĂące Ă  l’humour. Le Faust de Teodor Ilincai a le mĂ©rite de tenir la gigantesque partition de bout en bout, ce qui n’est pas rien ! La voix est un peu trop monocorde et manque Ă  notre goĂ»t de couleurs comme de nuances, signalant peut ĂȘtre un rĂŽle un peu trop large pour son organe. Mais l’agrĂ©ment du timbre fonctionne et il est un partenaire convainquant tant avec MĂ©phisto que Margueritte. Son jeu est par contre apathique. C’est donc la magnifique Margueritte d’Anita Hartig qui gagne tous les cƓurs. Le jeux est subtil et expressif, la jeune fille idĂ©aliste, pure et naĂŻve, la Gretchen intemporelle, deviendra amoureuse, femme puis mĂšre, pĂȘcheresse rejetĂ©e, meurtriĂšre dĂ©sespĂ©rĂ©e, enfin folle de douleur avant de devenir consciente du dĂ©sastre de sa vie rĂ©elle. L’évolution du personnage est particuliĂšrement touchante et la scĂšne finale avec le trio de la transfiguration est absolument magnifique. Vocalement cette soprano lyrique a toutes les qualitĂ©s souhaitĂ©es. Un timbre riche et beau, des couleurs variĂ©es, des expressions d’une dĂ©licieuse musicalitĂ©. Le brillant du dĂ©but, les vocalises perlĂ©es, laissent place au lyrisme avec un legato de rĂȘve dans la si belle scĂšne d’amour. La douleur colore plus sombrement la voix dans la scĂšne du rouet, la vaillance vocale dans la scĂšne de l’église est admirable. Mais c’est l’engagement vocal total et scĂ©nique qui subjugue dans le trio final. Son « Anges purs anges radieux » est victorieux dans une pĂąte sonore enivrante de beautĂ© ! Le Valentin de John Chest est trĂšs touchant. Ce rĂŽle, si convenu dans sa reprĂ©sentation de la pudibonderie, est chantĂ© avec tant de cƓur et d’une voix si sensible et belle que le personnage en devient presque attachant. Ce jeune chanteur a de belles qualitĂ©s d’interprĂšte sensible. La dame Marthe de Constance Heller est Ă©lĂ©gante et pleine d’humour, la voix claire et jeune lui donne du panache loin des matrones habituelles. Elle sait tenir sa prĂ©sence dans les ensembles et sa scĂšne de sĂ©duction avec MĂ©phisto est un rĂ©gal
Le Siebel de MaitĂ© Beaumont est hors de propos, pour donner de la vitalitĂ© a cet adolescent elle a tendance a aboyer plus que chanter. Le Wagner de RafaƂ Pawnuk est vocalement bien discret face aux premiers rĂŽles. L’orchestre si particulier de Gounod est dĂ©fendu ce soir par un chef que nous avons admirĂ© in loco dans Mozart et Strauss : Claus Peter Flor. Il se saisit de la partition avec beaucoup de respect, dĂ©veloppe la richesse harmonique, vivifie les rythmes et assume les moments pompiers, tout en dĂ©veloppant une sonoritĂ© chambriste bien venue dans les moments tendres. Il tient les chƓurs fermement et soutient les chanteurs. La plus belle rĂ©ussite est avec sa Marguerite au sommet de l’émotion dans la scĂšne du rouet. Le soin apportĂ© aux nuances et aux couleurs sombres dans les prĂ©ludes rend hommage aux qualitĂ©s expressives de l’orchestration de Gounod. Les choeurs admirablement prĂ©parĂ©s par Alfonso Caiani sont magnifiques de prĂ©sence vocale et de prĂ©cision avec une belle allure scĂ©nique.

La voix est Ă  la fĂȘte dans cette production, le public ravi a fait un triomphe Ă  cette belle Ă©quipe. La fin de saison capitoline est bien heureuse !

Compte-rendu OpĂ©ra. Toulouse, Capitole, le 22 juin 2016 ; Charles Gounod (1818-1893) : Faust, opĂ©ra en cinq actes sur un livret de Jules Barbier et Michel CarrĂ© crĂ©Ă© le 19 mars 1859 au ThĂ©Ăątre-Lyrique, Paris ; Production du ThĂ©Ăątre du Capitole (2009) ; Nicolas Joel, mise en scĂšne ; StĂ©phane Roche, collaborateur artistique Ă  la mise en scĂšne ; Ezio Frigerio, dĂ©cors ; Franca Squarciapino, costumes ;Vinicio Cheli, lumiĂšres ; Avec : Teodor Ilincai, Faust ; Anita Hartig, Marguerite : Alex Esposito, MĂ©phistophĂ©lĂšs ; Maite Beaumont, SiĂ©bel ; John Chest,Valentin ; Constance Heller, Marthe ; RafaƂ Pawnuk, Wagner ; ChƓur du Capitole : Alfonso Caiani Direction ; Orchestre National du Capitole ; Claus Peter Flor, direction musicale. Illustration : P. Nin

Compte-rendu, Opéra. Reims, Opéra. Le 13 octobre 2015. Charles Gounod : Roméo et Juliette. Florian Laconi (Roméo), Kimy Mc Laren (Juliette), JérÎme Varnier (FrÚre Laurent), Mikhael Piccone (Mercutio), Carine Séchaye (Stéphano), Sylvie Bichebois (Gertrude), Marc Larcher (Tybalt), Marcel Vanaud (Capulet). Paul-Emile Fourny (mise en scÚne). Jacques Mercier (direction).

Compte-rendu, OpĂ©ra. Reims, OpĂ©ra. Le 13 octobre 2015. Charles Gounod : RomĂ©o et Juliette. CrĂ©Ă©e Ă  Tours en janvier 2013 (NDLR : dĂ©jĂ  avec Florian Laconi et la sublime Anne-Catherine Gillet ; VOIR notre reportage vidĂ©o RomĂ©o et Juliette Ă  l’OpĂ©ra de Tours ), et aprĂšs avoir Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  l’OpĂ©ra-ThĂ©Ăątre de Metz le mois dernier, la production de RomĂ©o et Juliette de Gounod imaginĂ©e par Paul-Emile Fourny fait escale Ă  l’OpĂ©ra de Reims, pour deux reprĂ©sentations. Sans ĂȘtre passionnante, elle se laisse pourtant regarder. L’action se passe dans la bibliothĂšque des Capulets, truffĂ©s de tĂȘtes ou de bois de cerfs (trĂšs beau dĂ©cor signĂ© par Emmanuelle Favre), au milieu de laquelle trĂŽne un escalier Ă  colimaçon qui se perd dans les cintres. Fourny fait de la famille de Juliette des chasseurs quand les Montaigus sont habillĂ©s en bohĂ©miens, question de marquer une forte opposition (un peu facile) entre les deux familles.

Si la direction d’acteurs de l’homme de thĂ©Ăątre belge est un peu plus fouillĂ©e que de coutume, on est obligĂ© de constater que la masse chorale – pour ce qui la concerne -, tente de faire de la figuration intelligente… sans toutefois y parvenir toujours.
L’interprĂ©tation musicale offre plus de satisfaction, grĂące Ă  une distribution dominĂ©e par le couple des amants malheureux et par l’impeccable FrĂšre Laurent de JĂ©rĂŽme Varnier, qui sait confĂ©rer humanitĂ© et noblesse Ă  son personnage. Florian Laconi campe un RomĂ©o convaincant, au timbre chaleureux et ensoleillé : les aigus sont faciles et la caractĂ©risation ne manque pas de charme, mĂȘme s’il est permis de prĂ©fĂ©rer RomĂ©o plus Ă©lĂ©giaque, qui fasse mieux ressortir cette extase morbide et cette langueur romantique propres au hĂ©ros shakespearien. La lumineuse soprano canadienne Kimy Mc Laren possĂšde la voix, la beautĂ© et le style de Juliette. Elle sait faire passer dans son chant toute la vĂ©hĂ©mence de la passion qui la consume et la tuera. Outre ses qualitĂ©s vocales, elle sait donner Ă  cette hĂ©roĂŻne infortunĂ©e une sincĂ©ritĂ© poignante qui a conquis le public rĂ©mois. Sylvie Bichebois tire vaillamment son Ă©pingle du jeu dans le rĂŽle de Gertrude, sans Ă©viter pourtant certaines minauderies.
Des autres comprimari, on distinguera le Mercutio élégant de Mikhael Piccone (à la place de Guillaume Andrieux, initialement annoncé), le Tybalt percutant de Marc Larcher et le Stéphano charmeur de Carine Séchaye.
La direction de Jacques Mercier – directeur musical de l’Orchestre National de Lorraine – offre une leçon de narration en musique : d’une prĂ©cision remarquable, elle est tout entiĂšre soumise Ă  l’unitĂ© et Ă  l’efficacitĂ©. Sous sa battue, l’orchestre de l’OpĂ©ra de Reims, tour Ă  tour haletant et envoĂ»tant, ne nĂ©glige pas pour autant le raffinement de Gounod et les interludes tĂ©moignent d’un rĂ©el sens poĂ©tique.

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Compte-rendu, Opéra. Reims, Opéra de Reims. Le 13 octobre 2015. Charles Gounod : Roméo et Juliette. Florian Laconi (Roméo), Kimy Mc Laren (Juliette), JérÎme Varnier (FrÚre Laurent), Mikhael Piccone (Mercutio), Carine Séchaye (Stéphano), Sylvie Bichebois (Gertrude), Marc Larcher (Tybalt), Marcel Vanaud (Capulet). Paul-Emile Fourny (mise en scÚne). Jacques Mercier (direction).

CD. Piotr Beczala : the french collection (1 cd Deutsche Grammophon, août 2014)

piotr beczala the french collection cd deutsche grammophon critique compte rendu classiquenews mars 2015Piotr Beczala : the french collection (1 cd Deutsche Grammophon, aoĂ»t 2014). EnregistrĂ© Ă  Lyon Ă  l’Ă©tĂ© 2014, ce rĂ©cital romantique français atteste du mĂ©tal intense, au medium riche et aux aigus tendus et couverts Ă  souhait (parfois un peu durs cependant dans le Werther du dĂ©but par exemple) du tĂ©nor polonais Piotr Beczala. La musicalitĂ© est indiscutable, l’autoritĂ© de la voix naturelle, avec une Ă©mission et une articulation jamais forcĂ©es. L’ardeur enivrĂ©e de son Werther d’ouverture (Toute mon Ăąme est lĂ  ! Pourquoi me rĂ©veiller…), puis le sens du legato de son Massenet (Le Cid : Ô souverain, ĂŽ juge,ĂŽ pĂšre…) s’accordent aussi Ă  un souci du verbe, son articulation et sa couleur, qui s’avĂšre passionnant Ă  suivre. Le phrasĂ©, le soin de l’accentuation rĂ©vĂšlent un interprĂšte fin et dĂ©licat, vrai amateur de notre langue qui ne sacrifie jamais le sentiment et la nuance intĂ©rieure sur l’autel de la puissance. Saluons l’Ă©quilibre qu’apporte le raffinement et la concentration du chanteur malgrĂ© un orchestre et un chef ampoulĂ©s et tonitruants… dans ce Massenet qui reste ciselĂ© grĂące Ă  la seule tenue du chanteur (de toute Ă©vidence, soliste et orchestre ne sont pas sur le mĂȘme plan : Beczala paraĂźt souvent trop raffinĂ© face au collectif). Ses Berlioz sont ils de la mĂȘme eau ? Le sublime Faust, enivrĂ©, contemplatif, nostalgique peine cependant Ă  se prĂ©ciser : intonation moins affirmĂ©e car les intervalles et le cheminement harmonique dĂ©stabilisent le legato qui reste trop apeurĂ©, timide, incertain. La voix mĂȘme dĂ©licate ici manque de souffle et de vertige : elle n’atteint pas les cimes quasi abstraites de la musique (dont la voie est Ă©voquĂ©e / dessinĂ©e par des cordes Ă©thĂ©rĂ©es). Plus narratif moins spatial, l’air de BĂ©nĂ©dict : “Je vais l’aimer”, plus enracinĂ© dans une prononciation dramatique, rappelle le miracle Gedda, mais sans son feu passionnel sousjacent : Beczala nous paraĂźt lĂ  bien timorĂ©.

Les Boieldieu et Donizetti sans défaut de Beczala

En français, son Carlos verdien (Fontainebleau !…), Ă  la fois hymne Ă  la nature impassible et aveu d’amour pour celle que le prince aime, ne parvient pas Ă©galement Ă  saisir l’enjeu fulgurant des mots. Le timbre beau glisse sur les phrases sans en projeter l’intensitĂ© Ă©motionnelle : l’articulation manque de consonnes. Sans relief, ni mordant, le chant se ramollit (avec des aigus serrĂ©s). Dommage.
Plus rare, La Dame blanche de Boieldieu et l’air de Georges : Viens, gentille dame… qui ne rĂ©clame que la tenue et la hauteur soutenue des aigus rayonnants, sans vĂ©ritable enjeu dramatique, sinon l’impatience de l’amoureux, convainc rĂ©solument (mais lĂ  encore, la direction Ă©paisse et dĂ©monstrative du chef Altinoglu, aux instruments outrageusement mis en avant, couvrant parfois la voix, agace).
Pour le chanteur, ce Boieldieu dĂ©licat est projetĂ© avec naturel et grĂące. MĂȘme couleur extatique et enivrĂ©e pour les deux Donizetti : Ange si pur de Fernand de La Favorite, puis Seul sur la terre … Ange cĂ©leste de Dom SĂ©bastien lui vont comme un gant : sans dramatisme intense ni contrastes nuancĂ©s, le chanteur enchante par sa ligne souveraine, quitte Ă  sacrifier la prĂ©cision de l’articulation.

Les deux Gounod montrent les limites d’un travail perfectible encore sur la prononciation, surtout dans Faust : Salut ! demeure chaste et pure… ce n’est pas le violon sirupeux, en veux tu en voilĂ , trop mis en avant qui couvre l’imprĂ©cision de l’articulation ; Ă  croire que le soliste semble ne pas comprendre les enjeux de la scĂšne et les idĂ©es du texte…
En revanche, La Fleur que tu m’avais jetĂ©e (Don JosĂ© de Carmen de Bizet) fait valoir les mĂȘmes qualitĂ©s du timbre raffinĂ© des airs du dĂ©but, mais Ă©trangement le tĂ©nor aime soudain les petites convulsions surrexpressives : abus surstylĂ© hors sujet car l’intensitĂ© du timbre devrait tout faire ici ; ce manque de simplicitĂ© gĂąche le dĂ©but de l’air (d’autant que le son filĂ© d la fin en voix de tĂȘte est irrĂ©prochable : “et j’Ă©tais une chose Ă  toi”). Quand Beczala fait simple, concentrĂ© sur la ligne fluide, le miracle se produit : son Don JosĂ© est indiscutable en dĂ©pit de l’affectation superficielle et bien inutile que le chanteur, moins inspirĂ©, nous impose ici et lĂ . N’est pas Gedda qui veut dĂ©cidĂ©ment.
Ce devait ĂȘtre une belle cerise sur le gĂąteau : le duo entre Manon et l’AbbĂ© des Grieux Ă  Saint-Sulpice, scĂšne de passion ultime dont l’exacerbation suscite la reconquĂȘte par la jeune courtisane de son ancien amant devenu homme de Dieu ; l’orchestre Ă©pais lĂ  encore et d’un maniĂ©risme surdatĂ©, n’aident pas les deux solistes Piotr Beczala et… Diana Damrau, d’autant que chacun ne maĂźtrisent pas toutes les nuances linguistiques de leur partie respective. Le jeu dramatique du tĂ©nor est surexpressif et sa partenaire manque singuliĂšrement de sobriĂ©tĂ©. Un chant contournĂ©, maniĂ©rĂ©, et lĂ  encore des instruments artificiellement proches gĂąchent notre plaisir. L’intensitĂ© y est certes mais au dĂ©triment de la finesse Ă©motionnelle.

Le rĂ©cital a le mĂ©rite de confirmer le tempĂ©rament indiscutable du tĂ©nor polonais Beczala dans les emplois aĂ©riens et presque de pur bel canto, ses Donizetti, Boieldieu et Gounod sont les meilleures rĂ©ussites de ce rĂ©cital lyonnais. Notre rĂ©serve va Ă  l’orchestre dont le style ampoulĂ© sous la baguette du chef rien que dĂ©monstratif et sans nuances, reste continument hors style. Heureusement d’autres directions et parfois sur instruments d’Ă©poque ont dĂ©montrĂ© les qualitĂ©s de la finesse, de la lĂ©gĂšretĂ© qui Ɠuvrent pour un dramatisme autrement plus raffinĂ©.

CD. Piotr Beczala, tĂ©nor : The french Collection. Airs d’opĂ©ras de Massenet (Le Cid, Werther, Manon), Gounod (RomĂ©o et Juliette, Faust), Boieldieu (La Dame blanche), Donizetti (La Favorite, Dom SĂ©bastien), Verdi (Don Carlos), Berlioz (La Damnation de Faust, BeĂ©atrice et BĂ©nĂ©dict), Bizert (Carmen). Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Lyon en aoĂ»t 2014. 1 cd Deutsche Grammophon 00289 479 4101

Opéra, annonce : Cinq Mars de Gounod, récréé en janvier 2015

Charles-Gounod_portraitOPERA. Gounod : Cinq Mars, recrĂ©ation. Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015. L’opĂ©ra Cinq Mars est aussi mĂ©connu que son auteur demeure cĂ©lĂšbre.  Preuve que dans le catalogue des plus grands compositeurs romantiques français pourtant parfaitement identifiĂ©s et jouĂ©s,  des oeuvres mal connues subsistent. C’est le cas exemplaire de l’opĂ©ra historique Cinq Mars dont Gounod, Ă  59 ans,  veut faire un ouvrage de maturitĂ©, ambitieux et subtil dans l’esprit du grand opĂ©ra de Meyerbeer. Les amours contrariĂ©s entre Marie (de Gonzague) et le marquis de Cinq-Mars ne rĂ©sistent pas Ă  la rivalitĂ© radicale qui oppose les Grands et le Cardinal de Richelieu. Dans le contexte du Paris des PrĂ©cieuses et des salons de courtoisie Ă©lĂ©gante (Marion Delorme, Ninon de Lanclos
), – oĂč se dĂ©tache l’Ă©vocation du roman amoureux et de la carte du tendre par la citation du dernier roman de ScudĂ©ry, ClĂ©lie (second tableau de l’acte II), Gounod Ă©voque une histoire sentimentale et surtout un drame politique. En situant sur les traces de Vigny, l’action au XVIIĂš, Gounod fait du nĂ©obaroque, soignant l’éloquence de l’orchestre, la caractĂ©risation contrastĂ©e des personnages selon les situations, surtout le flux dramatique en particulier dans les actes III et IV, courts, efficaces, prĂ©cipitĂ©s dont l’allant irrĂ©sistible conduit Ă  la condamnation et la marche au supplice du marquis trop arrogant.

 

 

 

gounod cahrles par Henry LehmannLa cĂ©lĂšbre cantilene de Marie  « Nuit resplendissante » aura  phagocyte un ouvrage entier d’une grande valeur et plutĂŽt tardif rompant avec une longue pĂ©riode de silence. crĂ©Ă© en avril 1877 l’opĂ©ra comique est rĂ©visĂ© dans le sens d’un vrai grand drame historique dan l esprit de Meyerbeer pour sa reprise des l’automne 1878. Gounod est l’Ă©lĂšve Ă  Paris de Reicha,  dont un rĂ©cent disque vient de rĂ©vĂ©ler la sublime et fĂ©conde Ă©criture dans le genre Quatuor,  une offrande des plus abouties et originales qui sait recueillir l’hĂ©ritage de Haydn Ă  l’Ă©poque de Beethoven. … Reicha professeur au Conservatoire de contrepoint et de composition affine la formation des compositeurs qui s’avĂšrent les plus importants du XIXeme : Berlioz,  Liszt. ..  LIRE notre dossier complet : Cinq-Mars de Charles Gounod. Illustration ci dessous : Charles Gounod par Henry Lehmann.

 

 

 

 

 

 

RecrĂ©ation de l’opĂ©ra de Charles Gounod : Cinq-Mars, 1877
3 dates : Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015.

Jeudi 29 janvier 2015 Ă  20h
 Opéra royal de Versailles

Mardi 27 janvier 2015 À 19h
Theater an der Wien
Vienne (Autriche)

Dimanche 25 janvier 2015 À 19h
Prinzregententheater
Munich (Allemagne)

LIRE notre dossier complet : Cinq-Mars de Charles Gounod

 

 

Cinq Mars de Gounod, récréé en janvier 2015

Charles-Gounod_portraitOPERA. Gounod : Cinq Mars, recrĂ©ation. Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015. L’opĂ©ra Cinq Mars est aussi mĂ©connu que son auteur demeure cĂ©lĂšbre.  Preuve que dans le catalogue des plus grands compositeurs romantiques français pourtant parfaitement identifiĂ©s et jouĂ©s,  des oeuvres mal connues subsistent. C’est le cas exemplaire de l’opĂ©ra historique Cinq Mars dont Gounod, Ă  59 ans,  veut faire un ouvrage de maturitĂ©, ambitieux et subtil dans l’esprit du grand opĂ©ra de Meyerbeer. Les amours contrariĂ©s entre Marie (de Gonzague) et le marquis de Cinq-Mars ne rĂ©sistent pas Ă  la rivalitĂ© radicale qui oppose les Grands et le Cardinal de Richelieu. Dans le contexte du Paris des PrĂ©cieuses et des salons de courtoisie Ă©lĂ©gante (Marion Delorme, Ninon de Lanclos
), – oĂč se dĂ©tache l’Ă©vocation du roman amoureux et de la carte du tendre par la citation du dernier roman de ScudĂ©ry, ClĂ©lie (second tableau de l’acte II), Gounod Ă©voque une histoire sentimentale et surtout un drame politique. En situant sur les traces de Vigny, l’action au XVIIĂš, Gounod fait du nĂ©obaroque, soignant l’éloquence de l’orchestre, la caractĂ©risation contrastĂ©e des personnages selon les situations, surtout le flux dramatique en particulier dans les actes III et IV, courts, efficaces, prĂ©cipitĂ©s dont l’allant irrĂ©sistible conduit Ă  la condamnation et la marche au supplice du marquis trop arrogant.

La cĂ©lĂšbre cantilene de Marie  « Nuit resplendissante » aura  phagocyte un ouvrage entier d’une grande valeur et plutĂŽt tardif rompant avec une longue pĂ©riode de silence. crĂ©Ă© en avril 1877 l’opĂ©ra comique est rĂ©visĂ© dans le sens d’un vrai grand drame historique dan l esprit de Meyerbeer pour sa reprise des l’automne 1878. Gounod est l’Ă©lĂšve Ă  Paris de Reicha,  dont un rĂ©cent disque vient de rĂ©vĂ©ler la sublime et fĂ©conde Ă©criture dans le genre Quatuor,  une offrande des plus abouties et originales qui sait recueillir l’hĂ©ritage de Haydn Ă  l’Ă©poque de Beethoven. … Reicha professeur au Conservatoire de contrepoint et de composition affine la formation des compositeurs qui s’avĂšrent les plus importants du XIXeme : Berlioz,  Liszt. ..

 

 

 

un opĂ©ra historique nĂ©obaroque d’aprĂšs Vigny

 

GĂ©rĂŽme_Eminence_grise_1873PrĂ©sentation de l’oeuvre… TrĂšs amateur des opĂ©ras de Gounod et plutĂŽt convaincu par sa conception dramatique,  le nouveau directeur de l’ opĂ©ra comique, Carvalho qui prend ses fonctions en 1876, sollicite immĂ©diatement le compositeur pour un nouvel opĂ©ra.  Il s’agit de faire suite aux ouvrages dĂ©jĂ  montĂ©s et dont il a pilotĂ© la crĂ©ation: Faust, Mireille, RomĂ©o et Juliette  au ThĂ©Ăątre Lyrique.  AchevĂ© en trois mois, dĂ©but janvier 1877, Cinq-Mars est crĂ©Ă© le 5 avril suivant. Le roman d’Alfred de Vigny (publiĂ© en 1826) a dĂ©jĂ  inspirĂ© un livret d’opĂ©ra Ă  Saint-Georges qui le soumit Ă  Meyerbeer en 1837, sans succĂšs.  Essentiellement Ă  partir du chapitre XXII du roman de Vigny, la nouvelle adaptation de Paul Poirson, versifiĂ©e par Louis Gallet inspire Ă  Gounod l’un de ses ouvrages les plus dramatiques.

L’action du chapitre XXII se concentre sur des donnĂ©es psychologiques : elle se passe chez Marion Delorme et se focalise sur la conspiration. Dans l’Ă©criture comme Massent le fait dans Manon,  Gounod regarde du cĂŽtĂ© du baroque Français avec une finesse neoclassique donc qui est particuliĂšrement rĂ©ussie (le divertissement avec ses archaĂŻsmes scarlatine zĂšbre autres, chez Marion Delorme citĂ© Ă©videmment les divertissements des opĂ©ras de Lully,  Campra
.

Quelques passages remarquables. Le prĂ©lude en rĂ© mineur plutĂŽt sombre qui annonce le dĂ©nouement tragique, est encore enrichi (pour la reprise en novembre 1877, d’une sĂ©quence centrale dont le motif emprunte au duo du dernier acte. Le choeur d’hommes Ă  quatre voix « Allez par la nuit claire », sommet d’Ă©lĂ©gance harmonique et de lĂ©gĂšretĂ© plutot entraĂźnant puis la CantilĂšne de Marie « Nuit resplendissante », dĂ©jĂ  distinguĂ©e affirme ici la meilleure inspiration de Gounod, celui des mĂ©lodies enivrĂ©s et sensuelles, marques de l’opĂ©ra romantique français prĂ©figurant Massent ; c’est le Gounod irrĂ©sistible de  « Salut demeure chaste et pure » dans Faust ou « Ah, lĂšve-toi, soleil » dans RomĂ©o : le chant vocal est magistralemnt soutenu par le tissu transpzrent et caractĂ©risĂ© de l’orchestre. VoilĂ  qui confirme le mĂ©tier de Gounod comme orchestrateur talentueux. .. digne successeur de Berlioz.

Au II, plutĂŽt bellinien,  le duo dialoguĂ© entre Marie et Cinq-Mars, « Faut-il donc oublier », se dĂ©tache trĂšs nettement par la puretĂ© de son inspiration. Puis aprĂšs le Divertissement, le deuxiĂšme air de Marion, « Parmi les fougĂšres », vocalise sans limitation Ă  la façon de la reine dans Les Huguenots de Meyerbeer, source lyrique que Gounod a toujours Ă  l’esprit.  Le trĂšs court acte III suit le rythme et les pĂ©ripĂ©ties de la chasse royale (le choeurs des chasseurs revisite les choeurs d’Euryanthe et du FreischĂŒtz de Weber, un compositeur que Gounod admire rĂ©ellement). Marie forcĂ©e par le pĂšre Joseph Ă  la trahison y est la vĂ©ritable proie.

Au IV, tout aussi court, se dĂ©tache la Cavatine de Cinq-Mars, « Ô chĂšre et vivante image », assez dĂ©veloppĂ©e, d’une sensibilitĂ© elle aussi bel-cantiste — comme le duo de l’acte II. Ici prime l’action et son prĂ©cipitĂ© dramatique comme l’atteste, point culminant de la tension : le mĂ©lodrame au cours duquel on vient annoncer la sentence aux prisonniers puis dans la marche au supplice d’oĂč jaillit la dĂ©termination inĂ©luctable des hĂ©ros sacrifiĂ©s : Cinq mars et de Thou.

La crĂ©ation, le 5 avril 1877 promet d’ĂȘtre largement suivie : pas moins de 10 000 demandes de places ! pour une production dont les costumes ont Ă©tĂ© inspirĂ©s par les propres recherches du peintre acadĂ©mique historiciste Ă  la mode, GĂ©rĂŽme (grand ami de Massenet et comme le compositeur, passionnĂ© de reconstitution archĂ©ologique minutieuse). Gounod dirige lui-mĂȘme l’orchestre jusqu’au 21 mai suivant.

 

 

 

 

RecrĂ©ation de l’opĂ©ra de Charles Gounod : Cinq-Mars, 1877
3 dates : Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015.

Jeudi 29 janvier 2015 Ă  20h
 Opéra royal de Versailles

Mardi 27 janvier 2015 À 19h
Theater an der Wien
Vienne (Autriche)

Dimanche 25 janvier 2015 À 19h
Prinzregententheater
Munich (Allemagne)

 

 

synopsis

 

Marquis_Cinq_MarsL’action se situe en 1642, Ă  la fin du rĂšgne de Louis XIII . Le pouvoir arbitraire du cardinal de Richelieu divise la cour. Par fidĂ©litĂ© au roi, certains seigneurs et courtisans forment bientĂŽt le projet d’une conspiration. La rĂ©solution de cet Ă©pisode de l’histoire est restĂ© sous le nom Ă©loquent de « JournĂ©e des dupes ». Deux clans s’opposent : l’arrogances des princes et des aristos contre le parti du Cardinal de Richelieu : entre les deux tribus, Marie de Gonzague et le marquis de Cinq Mars se voient dĂ©chirĂ©s. En s’opposant au Cardinal, Cinq-Mars qui a toute la confiance du Roi Louis XIII signe son arrĂȘt de mort


 

 

 

ACTE I. Le chĂąteau du marquis de Cinq-Mars.

Un choeur de nobles cĂ©lĂšbre l’importance imminente que va prendre Cinq-Mars ; certains suggĂšrent qu’il doit son ultime dette d’allĂ©geance au cardinal de Richelieu, d’autres au Roi. Pour sa part, Cinq-Mars se montre indiffĂ©rent aux questions d’ordre politique : seul avec son ami le plus proche, de Thou, il confesse qu’il aime la princesse Marie de Gonzague. Ils reconnaissent tous deux intuitivement que cette liaison finira mal. Les invitĂ©s reparaissent : parmi eux figure cette fois le PĂšre Joseph, porte-parole du cardinal de Richelieu, et la princesse Marie de Gonzague. Le premier annonce que Cinq-Mars est appelĂ© Ă  la cour royale et qu’un mariage est arrangĂ© entre la princesse Marie et le roi de Pologne. Cinq-Mars et Marie conviennent de se retrouver plus tard dans la soirĂ©e. AprĂšs le dĂ©part des invitĂ©s, Marie – troublĂ©e – confesse son Ă©moi dans le calme de la nuit. Cinq-Mars entre et lui dĂ©clare son amour ; avant son dĂ©part, elle lui retourne sa dĂ©claration.

ACTE II. Premier Tableau : les appartements du roi.

AprĂšs avoir exaltĂ© la beautĂ© de la courtisane Marion Delorme, Fontrailles, MontrĂ©sor, Montmort, de Brienne, Monglat et d’autres nobles discutent de l’influence croissante de Cinq-Mars auprĂšs du roi. Les courtisans sont mĂ©contents du pouvoir immodĂ©rĂ© que s’est arrogĂ© le cardinal de Richelieu et se demandent si Cinq-Mars rejoindra finalement leur cause. Marion rapporte que le cardinal menace de l’exiler ; Fontrailles est surpris et il est sĂ»r que la ville de Paris deviendrait bien ennuyeuse sans ses Ă©lĂ©gants salons. La luthiste-courtisane annonce qu’elle organisera un bal le lendemain, lequel fournira l’occasion de jeter les bases d’une intrigue pour Ă©vincer le cardinal. Cinq-Mars paraĂźt. Marie de Gonzague vient d’arriver Ă  la cour et les deux amoureux sont rĂ©unis. Mais le PĂšre Joseph vient annoncer que, malgrĂ© l’accord de principe du Roi, le Cardinal refuse de sanctionner leur union, prĂ©fĂ©rant plutĂŽt suivre le plan originel et faire Ă©pouser Ă  Marie le Roi de Pologne.

Second Tableau : chez Marion Delorme.

La soirĂ©e dĂ©bute par la lecture du dernier roman de Madeleine de ScudĂ©ry, ClĂ©lie, suivie d’un long divertissement masquĂ©. C’est Ă  ce moment que les conspirateurs fomentent leur plan : Fontrailles assure Ă  tous que Cinq-Mars va se joindre Ă  eux. Comme il l’a prĂ©dit, Cinq-Mars arrive bientĂŽt. Il dĂ©clare que le Roi ne contrĂŽle plus totalement le pays et que l’éviction du Cardinal est une mission juste ; la guerre civile est imminente et il assure ses acolytes qu’il a arrangĂ© un traitĂ© avec l’Espagne, laquelle engage ses armĂ©es Ă  intervenir de leur cĂŽtĂ©. De Thou l’interrompt soudain et l’avertit de ne pas ouvrir le sol français Ă  une puissance Ă©trangĂšre, mais Cinq-Mars demeure rĂ©solu.

ACTE III Le lendemain. À l’extĂ©rieur d’une chapelle.

Une rĂ©union des conspirateurs est imminente ; Marie apparaĂźt contre toute attente et convient avec Cinq-Mars d’échanger sur-le-champ des voeux de mariage. Ils sont secrĂštement Ă©coutĂ©s par Eustache, espion du PĂšre Joseph, qui raconte tout Ă  son maĂźtre. L’ecclĂ©siastique savoure le pouvoir qu’il dĂ©tient sur le destin de Cinq-Mars. Il confronte Marie Ă  l’annonce de la pendaison imminente du Marquis qui a trahi son pays en traitant indĂ©pendamment avec une puissance Ă©trangĂšre ; l’ambassadeur polonais reviendra bientĂŽt d’une partie de chasse avec le Roi et il conseille Ă  Marie de lui rĂ©pondre favorablement, en Ă©change de quoi Cinq-Mars sera Ă©pargnĂ©. Lorsqu’arrive la suite royale, Marie capitule Ă  contrecoeur.

ACTE IV. Une prison.

En attendant son exĂ©cution, Cinq-Mars dĂ©plore que Marie l’ait abandonnĂ©e ; nĂ©anmoins, sa derniĂšre heure venue, il Ă©voque son image en guise de consolation. Marie entre, explique la ruse du PĂšre Joseph et assure qu’elle aime toujours Cinq-Mars. De Thou trace les grandes lignes du plan qui a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© pour permettre Ă  Cinq-Mars de s’échapper le lendemain. Mais le Chancelier et le PĂšre Joseph viennent annoncer que le Marquis devra mourir avant l’aube, ruinant l’espoir d’une Ă©vasion. Avant que Cinq-Mars ne soit amenĂ© au gibet, il entonne avec de Thou une derniĂšre priĂšre.

 

 

 

Compte-rendu : Grignan. Temple, le 5 juin 2013. Emmanuelle Zoldan, Marc Larcher, Valérie Florac, piano. Airs et duos : Bizet, Gounod, Massenet, Offenbach, Saint-Saëns.

Emmanuelle Zoldan sepiaC’est un autre lieu non nĂ©gligeable qui accueille et promeut la musique. Issue des anciens Amis du CNIPAL qui accueillaient, encadraient les jeunes stagiaires Ă©trangers aux maigres bourses venus du monde entier s’y perfectionner, les aidant dans leurs dĂ©marches administratives, Ă  trouver un logement, etc, sans nulle subvention, l’Association Lyric OpĂ©ra s’est constituĂ©e pour leur offrir Ă©galement la possibilitĂ© de se produire en solistes ailleurs que dans le Foyer de l’OpĂ©ra qui, dans les deux rituelles Heures du thĂ© mensuelles les produit depuis des annĂ©es. Mais l’association programme Ă©galement d’anciens stagiaires dĂ©jĂ  frottĂ©s largement aux scĂšnes nationales et mĂȘme internationales, qui manifestent de la sorte leur fidĂ©litĂ© amicale Ă  ces anciens Amis du CNIPAL.
C’est ainsi que le 2 juin, accompagnĂ©s par la ductile pianiste ValĂ©rie Florac, Ă©taient Ă  l’affiche deux chanteurs, la mezzo Emmanuelle Zoldan et le tĂ©nor Marc Larcher, voix de velours et voix de lumiĂšre, ombre et soleil, ambre et or. Tous deux ont diversement incarnĂ© des hĂ©ros lyriques correspondant Ă  leur tessiture sur de nombreuses scĂšnes nationales, la mezzo Ă©tant une notable Carmen et Maddalena de Rigoletto, le tĂ©nor se taillant par ailleurs de beaux succĂšs dans de belles productions tournantes des grandes opĂ©rettes du rĂ©pertoire classique, sa verve et sa culture franco-espagnole le faisant jubiler dans Andalousie et La Belle de Cadix de Francis Lopez.
Ils proposaient ici Une dĂ©cennie de musique française, un intĂ©ressant Ă©tat de l’opĂ©ra français au XIX e siĂšcle, opĂ©ra comique et bouffe compris, de 1865 Ă  1877, Ă©poque oĂč se crĂ©Ă©e ou recrĂ©e un style lyrique français posĂ© par Gounod, imposĂ© par Bizet, proposĂ© mĂȘme par l’ironie parodique d’un Offenbach, qui Ă©branle l’empire Ă©touffant de l’opĂ©ra italien.
Ils sont beaux, des jeunes premiers, il chantent bien et, par ailleurs, s’avĂšrent de remarquables interprĂštes comĂ©diens, donnant vie aux personnages qu’ils incarnent en concert, en dehors de la dramaturgie d’une scĂšne, d’un spectacle. Alternant solos et duos, ils enchantent le public. De la sĂ©rĂ©nade de Smith (La Jolie fille de Perth de Bizet) Ă  l’aubade de RomĂ©o (RomĂ©o et Juliette de Gounod), Larcher dĂ©ploie un timbre solaire qui Ă©clairerait vraiment la nuit, ferait vraiment se lever le soleil, projection lumineuse et gĂ©nĂ©reuse, Ă©lĂ©gance du phrasĂ©, tenue scĂ©nique exemplaire : nombre de chanteurs sont dĂ©formĂ©s par l’émission vocale, lui, il en est embelli, souriant. Nous faisant le cadeau, pour illustrer la thĂ©matique du concert, du grand air de Dalila (Samson et Dalila, Saint-SaĂ«ns) mĂȘme s’il est trop grave pour elle et contrarie le souffle, Emmanuelle Zoldan, regard intense, toute en velours vocal, est une sensible Charlotte (Werther de Massenet) Ă  la couleur et au volume homogĂšnes, sans les lourdeurs vocale qui empĂȘtrent parfois le rĂŽle, une Carmen infiniment convaincante, trĂšs sĂ©duisante. Ces deux jeunes chanteurs rĂ©ussissent la gageure, tout en chantant face Ă  la partition, de nous donner l’illusion qu’ils sont dans le drame de la scĂšne pour le poignant duo final de Carmen. Enfin, passant à  Offenbach, duos et solos, ils se montrent tout aussi crĂ©dibles, risibles dans le jeu, en passant avec une aisance joyeuse de drame  de l’opĂ©ra Ă  jubilante dĂ©rision de l’opĂ©rette. Deux grands artistes secondĂ©s par une belle pianiste.Temple Grignan, 2 juin. Emmanuelle Zoldan, Marc Larcher, ValĂ©rie Florac, piano. Airs et duos : Bizet, Gounod, Massenet, Offenbach, Saint-SaĂ«ns.

Illustration : Emmanuelle Zoldan, mezzo-soprano (DR)

Charles Gounod: Roméo et Juliette, nouvelle productionTours, Opéra. Les 25,27 et 29 janvier 2013. Reportage vidéo

grand reportage vidéo
Charles Gounod
Roméo et Juliette (1867)
Nouvelle production
Tours, Opéra
Jean-Yves Ossonce
, direction
Grand reportage vidéo. Opéra orchestral autant que vocal, le
RomĂ©o de Gounod est d’abord sombre
et tragique, revisite l’opĂ©ra romantique Ă  sa source berliozienne ;
l’ivresse et l’extase
amoureuse se dĂ©veloppent librement surtout dans les 4 duos d’amour entre
les deux adolescents, dont la scĂšne de la chambre Ă  coucher oĂč ils se
donnent l’un Ă  l’autre, marque le point d’accomplissement… uliette a
trĂšs vite la prĂ©monition de sa mort et mĂȘme RomĂ©o semble ne s’adresser
qu’Ă  la faucheuse dans la derniĂšre partie de l’action. Deux Ăąme pures
sont vouĂ©es Ă  la mort comme si l’issue fatale ne pouvait, ne devait que
s’accomplir pour rĂ©aliser leur union au-delĂ  de la vie, au-delĂ  des
haines fratricides qui corrompent le destin de leurs familles respectives,
Capulet contre Montaigus… Entretien
avec Jean-Yves Ossonce, Paul-Emile Fourny, Anne-Catherine Gillet,
Florian Laconi à propos de la nouvelle production événement de Roméo et
Juliette de Charles Gounod Ă  l’OpĂ©ra de Tours, puis Ă  l’OpĂ©ra d’Avignon,
l’OpĂ©ra de Metz, l’OpĂ©ra de Reims puis l’OpĂ©ra de Massy
Voir aussi notre clip vidéo
En 1867, Ă  l’Ă©poque oĂč Verdi fait crĂ©er son Don Carlos (avec un “s”, donc en français), Charles Gounod livre l’un des sommets de sa carriĂšre lyrique, RomĂ©o et Juliette d’aprĂšs Shakespeare, couronnant un parcours tenace et flamboyant en particulier sur la scĂšne du ThĂ©Ăątre Lyrique.

 

La nouvelle production créée à Tours sous la direction de Jean-Yves Ossonce
souligne la couleur tragique et pathĂ©tique d’un sommet de l’opĂ©ra
français, tout en rĂ©vĂ©lant l’intensitĂ© des tableaux successifs: la valse
solitaire et déjà éperdue de Juliette, la scÚne de la chambre
Ă©videmment, le dernier duo d’amour et de mort, sans omettre la figure ”
moderne ” de frĂšre Laurent, qui contre la biensĂ©ance et la loi du pĂšre
de Juliette, accepte de marier ses deux enfants selon leur propre
dĂ©sir… JuvĂ©nilitĂ©, ardeur, puretĂ©… Jamais Gounod n’a semblĂ© plus
proche du sentiment shakespearien, accomplissant l’expression juste des
deux adolescents portés par un amour qui les dépasse.

 

L’univers visuel du metteur en scĂšne Paul-Emile Fourny rĂ©tablit
la place de la nature dans le déroulement des scÚnes; quelques symboles
clairs soulignent le décalage des adolescents avec leur entourage: un
escalier sans fin traduit la seule échappée possible pour Juliette
tandis que l’imaginaire de son pĂšre convoque de part en part l’image
obsessionnel d’un cerf…
Sous la baguette transparente et affĂ»tĂ©e de Jean-Yves Ossonce, les deux rĂŽles titres profitent de l’engagement de Anne-Catherine Gillet et de Florian Laconi : la juvĂ©nilitĂ© ardente des caractĂšres s’illumine d’une nouvel Ă©clat. Production Ă©vĂ©nement
Charles Gounod

Roméo et Juliette
Opéra de Tours

vendredi 25 janvier 2012, 20h


dimanche 27 janvier 2012, 15h


mardi 29 janvier 2012, 20h

Nouvelle production

Paul-Emile Fourny
, mise en scĂšne
Jean-Yves Ossonce, direction



Opéra de Tours: Roméo et Juliette de Gounod, 25,27,29 janvier 2013

Opéra de Tours: Roméo et Juliette de Gounod, 25,27,29 janvier 2013

Jean-Yves Ossonce dirige Ă  l’OpĂ©ra de Tours une nouvelle production de RomĂ©o et Juliette de Gounod (1867).
OpĂ©ra orchestral autant que vocal, le RomĂ©o de Gounod est d’abord sombre et tragique, revisite l’opĂ©ra romantique Ă  sa source berliozienne (le chƓur d’introduction qui explique le contexte); l’ivresse et l’extase amoureuse se dĂ©veloppent librement surtout dans les 4 duos d’amour entre les deux adolescents, dont la scĂšne de la chambre Ă  coucher oĂč ils se donnent l’un Ă  l’autre, marque le point d’accomplissement… Juliette a trĂšs vite la prĂ©monition de sa mort et mĂȘme RomĂ©o semble ne s’adresser qu’Ă  la faucheuse dans la derniĂšre partie de l’action. Deux Ăąme pures sont vouĂ©es Ă  la mort comme si l’issue fatale ne pouvait, ne devait que s’accomplir pour rĂ©aliser leur union au-delĂ  de la vie, au-delĂ  des haines fratricides qui corrompt le destin de leurs familles respectives, Capulet contre Montaigus…

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Gounod: Roméo et Juliette. Tours, Opéra. Les 25,27,29 janvier 2013

Tours. Roméo et Juliette de Gounod, dÚs le 25 janvier 2013

SpĂ©cialiste affĂ»tĂ© du rĂ©pertoire français romantique, le chef et directeur artistique du ThĂ©Ăątre tourangeau, Jean-Yves Ossonce dirige l’Orchestre symphonique RĂ©gion Centre Tours dans une nouvelle production trĂšs attendue de RomĂ©o et Juliette de Gounod… 3 dates incontournables les 25, 27 et 29 janvier 2013

Charles-Gounod_portraitNon le chef d’Ɠuvre, avec Faust, de Gounod,  RomĂ©o et Juliette, applaudi dĂšs sa crĂ©ation en 1867, ne se rĂ©duit pas Ă  quelques beaux duos suaves et inspirĂ©s: le traitement que rĂ©serve Gounod au mythe de RomĂ©o et de Juliette affiche un tempĂ©rament original (harmoniquement), une construction dramatique progressive qui suit essentiellement le souffle tragique de l’action, avec, issue implacable, la mort des deux jeunes amants.Si aujourd’hui, la version discographique dirigĂ©e par Michel Plasson et qui rĂ©alise une heureuse synthĂšse entre la version de l’OpĂ©ra Comique (1873) et de l’OpĂ©ra (1888) demeure la rĂ©fĂ©rence absolue, la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours entend restituer dans sa cohĂ©rence et son unitĂ© originelle, la partition romantique et tragique. Arguments de taille, dans les deux rĂŽles-titres: Floriant Laconi et Anne-Catherine Gillet…

Charles Gounod

Roméo et Juliette

Opéra de Tours
vendredi 25 janvier 2012, 20h
dimanche 27 janvier 2012, 15h
mardi 29 janvier 2012, 20h

Nouvelle production
Paul-Emile Fourny, mise en scĂšne
Jean-Yves Ossonce, direction

Le drame de Gounod insiste sur l’antagonisme viscĂ©ral entre Capulets et Montaigus. Les haines ancestrales broient comme un machine l’espoir de deux cƓurs amoureux…  L’action s’ouvre sur le bal chez les Capulets: Juliette y est promise au comte PĂąris. L’accent sombre et tragique Ă  l’Ă©noncĂ© des vrais sentiments de RomĂ©o, (Montaigu rival des Capulets), pour la belle Juliette, est adouci par l’humeur lĂ©gĂšre de Mercutio (double de RomĂ©o), qui Ă©voque avec une facĂ©tie gĂ©niale la reine Mab… la force de l’opĂ©ra revient au choix de Gounod: au moment de l’action, les deux jeunes gens que tout sĂ©pare et oppose mĂȘme, tombent Ă©perdument amoureux l’un de l’autre (scĂšne du jardin des Capulets, II). Pourtant mariĂ©s,  porteurs d’une chance de rĂ©conciliation entre le deux clans, RomĂ©o et Juliette ne peuvent empĂȘcher une sĂ©rie de meurtres: Mercutio est blessĂ© mortellement par Tybalt le Capulet, lequel est tuĂ© par RomĂ©o (III). GrĂące Ă  FrĂšre Laurent, Juliette qui a bu un puissant narcotique, feint la mort au moment de son mariage avec PĂąris: consternation et choc: elle est conduite au tombeau (IV). Le dernier acte met en scĂšne la tragĂ©die inĂ©luctable du mythe lĂ©guĂ© par Shakespeare: RomĂ©o n’a pas Ă©tĂ© mis dans la confidence et quand le jeune amant dĂ©truit pĂ©nĂštre dans le tombeau de Juliette inanimĂ©e, croyant Ă  la mort de son aimĂ©e, se donne la mort. Juliette s’Ă©veille et se poignarde pour rejoindre son aimĂ© en un duo funĂšbre particuliĂšrement poignant.

En rĂ©unissant deux chanteurs d’exception, Florian Laconi et Anne Catherine Gillet dans les rĂŽles phares de RomĂ©o et Juliette (sans pour autant minimiser la valeur des rĂŽles complĂ©mentaires de Tybalt et de Mercutio), Jean-Yves Ossonce met toutes les chances de son cĂŽtĂ© et promet de cĂ©lĂ©brer le gĂ©nie lyrique de Gounod avec la sensibilitĂ© et le tempĂ©rament dramatique que nous lui connaissons. Nouvelle production Ă©vĂ©nement.

ConfĂ©rence de prĂ©sentation Ă  l’Ɠuvre, samedi 12 janvier 2012, 20h
RomĂ©o et Juliette de Gounod Ă  l’OpĂ©ra de Tours
Sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré, Roméo et Juliette de Gounod est créé à Paris, le 27 avril 1867.

Florian Laconi, Roméo
Anne Catherine Gillet, Juliette
Doris Lamprecht, Gertrude
Ronan Nédélec, Mercutio
Christophe Berry, Tybalt
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours

toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site de l’OpĂ©ra de Tours.