Compte-rendu Opéra. Toulouse, Capitole, le 22 juin 2016 ; Charles Gounod (1818-1893) : Faust ; Nicolas Joël, mise en scÚne ; Anita Harding, Marguerite ; Orchestre National du Capitole ; Claus Peter Flor, direction musicale.

Compte-rendu OpĂ©ra. Toulouse, Capitole, le 22 juin 2016 ; Charles Gounod (1818-1893) : Faust ; Nicolas JoĂ«l, mise en scĂšne ; Anita Harding, Marguerite ; Orchestre National du Capitole ; Claus Peter Flor, direction musicale. Et si nos amis allemands avaient complĂštement raison qui couramment dĂ©baptisent « Faust » pour le renommer « Margarete » ? D’ailleurs la piĂšce de laquelle est adaptĂ© le livret, est signĂ©e CarrĂ© et son titre est « Faust et Marguerite ». Car des deux Faust de Goethe, il faut bien dire que l’opĂ©ra de Gounod ne conserve que l’épisode de Marguerite. Et dans la salle bien des jeunes spectateurs se demandaient combien une romance si marquĂ©e par le modĂšle petit bourgeois des relations d’amour pouvaient avoir encore tant de sĂ©ductions. Car cet opĂ©ra si marquĂ© par son Ă©poque reste au top 3 des opĂ©ras reprĂ©sentĂ©s au monde avec Carmen et Traviata. La sĂ©duction de la partition de Gounod tiendrait donc tout l’ouvrage, et plus personne ne serait sensible Ă  la force de la jeunesse Ă©ternelle, Ă  l’enthousiasme des premiers transports dans la naissance de l’amour et aucun homme ne vibrerait Ă  la puretĂ© d’une belle vierge ?

 

 

 

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Belle reprise consensuelle de Faust Ă  Toulouse

 

 

Quoi qu’il en soit, dĂ©passant toutes ces questions, un beau succĂšs a Ă©tĂ© accordĂ© Ă  cette production de Nicolas JoĂ«l crĂ©e in loco en 2009. Mise en scĂšne, dĂ©cors, costumes et lumiĂšres font un tout harmonieux respectant les didascalies et ne cherchant pas Ă  moderniser artificiellement, et trop souvent avec laideur, un propos qui n’en a pas besoin. StĂ©phane Roche fidĂšle Ă  Nicolas JoĂ«l laisse les chanteurs libres et face au public pour leurs moments engagĂ©s. Peu de gestes mais qui prennent souvent sens. MĂ©phisto trouve en Alex Esposito un diable vif-argent, maitre loyal organisant toute l’histoire et faisant voler les difficultĂ©s d’un coup d’éventail. VĂ©ritable acteur-chanteur, il donne Ă©nergie et vitalitĂ© Ă  la scĂšne qu’il occupe avec panache. Vocalement le charme opĂšre avec un timbre clair mais sonore sur tout l’ambitus. La diction nonobstant un lĂ©ger accent est comprĂ©hensible. Il arrive Ă  rendre perceptible ce lĂ©ger dĂ©calage du personnage grĂące Ă  l’humour. Le Faust de Teodor Ilincai a le mĂ©rite de tenir la gigantesque partition de bout en bout, ce qui n’est pas rien ! La voix est un peu trop monocorde et manque Ă  notre goĂ»t de couleurs comme de nuances, signalant peut ĂȘtre un rĂŽle un peu trop large pour son organe. Mais l’agrĂ©ment du timbre fonctionne et il est un partenaire convainquant tant avec MĂ©phisto que Margueritte. Son jeu est par contre apathique. C’est donc la magnifique Margueritte d’Anita Hartig qui gagne tous les cƓurs. Le jeux est subtil et expressif, la jeune fille idĂ©aliste, pure et naĂŻve, la Gretchen intemporelle, deviendra amoureuse, femme puis mĂšre, pĂȘcheresse rejetĂ©e, meurtriĂšre dĂ©sespĂ©rĂ©e, enfin folle de douleur avant de devenir consciente du dĂ©sastre de sa vie rĂ©elle. L’évolution du personnage est particuliĂšrement touchante et la scĂšne finale avec le trio de la transfiguration est absolument magnifique. Vocalement cette soprano lyrique a toutes les qualitĂ©s souhaitĂ©es. Un timbre riche et beau, des couleurs variĂ©es, des expressions d’une dĂ©licieuse musicalitĂ©. Le brillant du dĂ©but, les vocalises perlĂ©es, laissent place au lyrisme avec un legato de rĂȘve dans la si belle scĂšne d’amour. La douleur colore plus sombrement la voix dans la scĂšne du rouet, la vaillance vocale dans la scĂšne de l’église est admirable. Mais c’est l’engagement vocal total et scĂ©nique qui subjugue dans le trio final. Son « Anges purs anges radieux » est victorieux dans une pĂąte sonore enivrante de beautĂ© ! Le Valentin de John Chest est trĂšs touchant. Ce rĂŽle, si convenu dans sa reprĂ©sentation de la pudibonderie, est chantĂ© avec tant de cƓur et d’une voix si sensible et belle que le personnage en devient presque attachant. Ce jeune chanteur a de belles qualitĂ©s d’interprĂšte sensible. La dame Marthe de Constance Heller est Ă©lĂ©gante et pleine d’humour, la voix claire et jeune lui donne du panache loin des matrones habituelles. Elle sait tenir sa prĂ©sence dans les ensembles et sa scĂšne de sĂ©duction avec MĂ©phisto est un rĂ©gal
Le Siebel de MaitĂ© Beaumont est hors de propos, pour donner de la vitalitĂ© a cet adolescent elle a tendance a aboyer plus que chanter. Le Wagner de RafaƂ Pawnuk est vocalement bien discret face aux premiers rĂŽles. L’orchestre si particulier de Gounod est dĂ©fendu ce soir par un chef que nous avons admirĂ© in loco dans Mozart et Strauss : Claus Peter Flor. Il se saisit de la partition avec beaucoup de respect, dĂ©veloppe la richesse harmonique, vivifie les rythmes et assume les moments pompiers, tout en dĂ©veloppant une sonoritĂ© chambriste bien venue dans les moments tendres. Il tient les chƓurs fermement et soutient les chanteurs. La plus belle rĂ©ussite est avec sa Marguerite au sommet de l’émotion dans la scĂšne du rouet. Le soin apportĂ© aux nuances et aux couleurs sombres dans les prĂ©ludes rend hommage aux qualitĂ©s expressives de l’orchestration de Gounod. Les choeurs admirablement prĂ©parĂ©s par Alfonso Caiani sont magnifiques de prĂ©sence vocale et de prĂ©cision avec une belle allure scĂ©nique.

La voix est Ă  la fĂȘte dans cette production, le public ravi a fait un triomphe Ă  cette belle Ă©quipe. La fin de saison capitoline est bien heureuse !

Compte-rendu OpĂ©ra. Toulouse, Capitole, le 22 juin 2016 ; Charles Gounod (1818-1893) : Faust, opĂ©ra en cinq actes sur un livret de Jules Barbier et Michel CarrĂ© crĂ©Ă© le 19 mars 1859 au ThĂ©Ăątre-Lyrique, Paris ; Production du ThĂ©Ăątre du Capitole (2009) ; Nicolas Joel, mise en scĂšne ; StĂ©phane Roche, collaborateur artistique Ă  la mise en scĂšne ; Ezio Frigerio, dĂ©cors ; Franca Squarciapino, costumes ;Vinicio Cheli, lumiĂšres ; Avec : Teodor Ilincai, Faust ; Anita Hartig, Marguerite : Alex Esposito, MĂ©phistophĂ©lĂšs ; Maite Beaumont, SiĂ©bel ; John Chest,Valentin ; Constance Heller, Marthe ; RafaƂ Pawnuk, Wagner ; ChƓur du Capitole : Alfonso Caiani Direction ; Orchestre National du Capitole ; Claus Peter Flor, direction musicale. Illustration : P. Nin

Compte-rendu, Opéra. Reims, Opéra. Le 13 octobre 2015. Charles Gounod : Roméo et Juliette. Florian Laconi (Roméo), Kimy Mc Laren (Juliette), JérÎme Varnier (FrÚre Laurent), Mikhael Piccone (Mercutio), Carine Séchaye (Stéphano), Sylvie Bichebois (Gertrude), Marc Larcher (Tybalt), Marcel Vanaud (Capulet). Paul-Emile Fourny (mise en scÚne). Jacques Mercier (direction).

Compte-rendu, OpĂ©ra. Reims, OpĂ©ra. Le 13 octobre 2015. Charles Gounod : RomĂ©o et Juliette. CrĂ©Ă©e Ă  Tours en janvier 2013 (NDLR : dĂ©jĂ  avec Florian Laconi et la sublime Anne-Catherine Gillet ; VOIR notre reportage vidĂ©o RomĂ©o et Juliette Ă  l’OpĂ©ra de Tours ), et aprĂšs avoir Ă©tĂ© donnĂ©e Ă  l’OpĂ©ra-ThĂ©Ăątre de Metz le mois dernier, la production de RomĂ©o et Juliette de Gounod imaginĂ©e par Paul-Emile Fourny fait escale Ă  l’OpĂ©ra de Reims, pour deux reprĂ©sentations. Sans ĂȘtre passionnante, elle se laisse pourtant regarder. L’action se passe dans la bibliothĂšque des Capulets, truffĂ©s de tĂȘtes ou de bois de cerfs (trĂšs beau dĂ©cor signĂ© par Emmanuelle Favre), au milieu de laquelle trĂŽne un escalier Ă  colimaçon qui se perd dans les cintres. Fourny fait de la famille de Juliette des chasseurs quand les Montaigus sont habillĂ©s en bohĂ©miens, question de marquer une forte opposition (un peu facile) entre les deux familles.

Si la direction d’acteurs de l’homme de thĂ©Ăątre belge est un peu plus fouillĂ©e que de coutume, on est obligĂ© de constater que la masse chorale – pour ce qui la concerne -, tente de faire de la figuration intelligente… sans toutefois y parvenir toujours.
L’interprĂ©tation musicale offre plus de satisfaction, grĂące Ă  une distribution dominĂ©e par le couple des amants malheureux et par l’impeccable FrĂšre Laurent de JĂ©rĂŽme Varnier, qui sait confĂ©rer humanitĂ© et noblesse Ă  son personnage. Florian Laconi campe un RomĂ©o convaincant, au timbre chaleureux et ensoleillé : les aigus sont faciles et la caractĂ©risation ne manque pas de charme, mĂȘme s’il est permis de prĂ©fĂ©rer RomĂ©o plus Ă©lĂ©giaque, qui fasse mieux ressortir cette extase morbide et cette langueur romantique propres au hĂ©ros shakespearien. La lumineuse soprano canadienne Kimy Mc Laren possĂšde la voix, la beautĂ© et le style de Juliette. Elle sait faire passer dans son chant toute la vĂ©hĂ©mence de la passion qui la consume et la tuera. Outre ses qualitĂ©s vocales, elle sait donner Ă  cette hĂ©roĂŻne infortunĂ©e une sincĂ©ritĂ© poignante qui a conquis le public rĂ©mois. Sylvie Bichebois tire vaillamment son Ă©pingle du jeu dans le rĂŽle de Gertrude, sans Ă©viter pourtant certaines minauderies.
Des autres comprimari, on distinguera le Mercutio élégant de Mikhael Piccone (à la place de Guillaume Andrieux, initialement annoncé), le Tybalt percutant de Marc Larcher et le Stéphano charmeur de Carine Séchaye.
La direction de Jacques Mercier – directeur musical de l’Orchestre National de Lorraine – offre une leçon de narration en musique : d’une prĂ©cision remarquable, elle est tout entiĂšre soumise Ă  l’unitĂ© et Ă  l’efficacitĂ©. Sous sa battue, l’orchestre de l’OpĂ©ra de Reims, tour Ă  tour haletant et envoĂ»tant, ne nĂ©glige pas pour autant le raffinement de Gounod et les interludes tĂ©moignent d’un rĂ©el sens poĂ©tique.

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Compte-rendu, Opéra. Reims, Opéra de Reims. Le 13 octobre 2015. Charles Gounod : Roméo et Juliette. Florian Laconi (Roméo), Kimy Mc Laren (Juliette), JérÎme Varnier (FrÚre Laurent), Mikhael Piccone (Mercutio), Carine Séchaye (Stéphano), Sylvie Bichebois (Gertrude), Marc Larcher (Tybalt), Marcel Vanaud (Capulet). Paul-Emile Fourny (mise en scÚne). Jacques Mercier (direction).

CD. Piotr Beczala : the french collection (1 cd Deutsche Grammophon, août 2014)

piotr beczala the french collection cd deutsche grammophon critique compte rendu classiquenews mars 2015Piotr Beczala : the french collection (1 cd Deutsche Grammophon, aoĂ»t 2014). EnregistrĂ© Ă  Lyon Ă  l’Ă©tĂ© 2014, ce rĂ©cital romantique français atteste du mĂ©tal intense, au medium riche et aux aigus tendus et couverts Ă  souhait (parfois un peu durs cependant dans le Werther du dĂ©but par exemple) du tĂ©nor polonais Piotr Beczala. La musicalitĂ© est indiscutable, l’autoritĂ© de la voix naturelle, avec une Ă©mission et une articulation jamais forcĂ©es. L’ardeur enivrĂ©e de son Werther d’ouverture (Toute mon Ăąme est lĂ  ! Pourquoi me rĂ©veiller…), puis le sens du legato de son Massenet (Le Cid : Ô souverain, ĂŽ juge,ĂŽ pĂšre…) s’accordent aussi Ă  un souci du verbe, son articulation et sa couleur, qui s’avĂšre passionnant Ă  suivre. Le phrasĂ©, le soin de l’accentuation rĂ©vĂšlent un interprĂšte fin et dĂ©licat, vrai amateur de notre langue qui ne sacrifie jamais le sentiment et la nuance intĂ©rieure sur l’autel de la puissance. Saluons l’Ă©quilibre qu’apporte le raffinement et la concentration du chanteur malgrĂ© un orchestre et un chef ampoulĂ©s et tonitruants… dans ce Massenet qui reste ciselĂ© grĂące Ă  la seule tenue du chanteur (de toute Ă©vidence, soliste et orchestre ne sont pas sur le mĂȘme plan : Beczala paraĂźt souvent trop raffinĂ© face au collectif). Ses Berlioz sont ils de la mĂȘme eau ? Le sublime Faust, enivrĂ©, contemplatif, nostalgique peine cependant Ă  se prĂ©ciser : intonation moins affirmĂ©e car les intervalles et le cheminement harmonique dĂ©stabilisent le legato qui reste trop apeurĂ©, timide, incertain. La voix mĂȘme dĂ©licate ici manque de souffle et de vertige : elle n’atteint pas les cimes quasi abstraites de la musique (dont la voie est Ă©voquĂ©e / dessinĂ©e par des cordes Ă©thĂ©rĂ©es). Plus narratif moins spatial, l’air de BĂ©nĂ©dict : “Je vais l’aimer”, plus enracinĂ© dans une prononciation dramatique, rappelle le miracle Gedda, mais sans son feu passionnel sousjacent : Beczala nous paraĂźt lĂ  bien timorĂ©.

Les Boieldieu et Donizetti sans défaut de Beczala

En français, son Carlos verdien (Fontainebleau !…), Ă  la fois hymne Ă  la nature impassible et aveu d’amour pour celle que le prince aime, ne parvient pas Ă©galement Ă  saisir l’enjeu fulgurant des mots. Le timbre beau glisse sur les phrases sans en projeter l’intensitĂ© Ă©motionnelle : l’articulation manque de consonnes. Sans relief, ni mordant, le chant se ramollit (avec des aigus serrĂ©s). Dommage.
Plus rare, La Dame blanche de Boieldieu et l’air de Georges : Viens, gentille dame… qui ne rĂ©clame que la tenue et la hauteur soutenue des aigus rayonnants, sans vĂ©ritable enjeu dramatique, sinon l’impatience de l’amoureux, convainc rĂ©solument (mais lĂ  encore, la direction Ă©paisse et dĂ©monstrative du chef Altinoglu, aux instruments outrageusement mis en avant, couvrant parfois la voix, agace).
Pour le chanteur, ce Boieldieu dĂ©licat est projetĂ© avec naturel et grĂące. MĂȘme couleur extatique et enivrĂ©e pour les deux Donizetti : Ange si pur de Fernand de La Favorite, puis Seul sur la terre … Ange cĂ©leste de Dom SĂ©bastien lui vont comme un gant : sans dramatisme intense ni contrastes nuancĂ©s, le chanteur enchante par sa ligne souveraine, quitte Ă  sacrifier la prĂ©cision de l’articulation.

Les deux Gounod montrent les limites d’un travail perfectible encore sur la prononciation, surtout dans Faust : Salut ! demeure chaste et pure… ce n’est pas le violon sirupeux, en veux tu en voilĂ , trop mis en avant qui couvre l’imprĂ©cision de l’articulation ; Ă  croire que le soliste semble ne pas comprendre les enjeux de la scĂšne et les idĂ©es du texte…
En revanche, La Fleur que tu m’avais jetĂ©e (Don JosĂ© de Carmen de Bizet) fait valoir les mĂȘmes qualitĂ©s du timbre raffinĂ© des airs du dĂ©but, mais Ă©trangement le tĂ©nor aime soudain les petites convulsions surrexpressives : abus surstylĂ© hors sujet car l’intensitĂ© du timbre devrait tout faire ici ; ce manque de simplicitĂ© gĂąche le dĂ©but de l’air (d’autant que le son filĂ© d la fin en voix de tĂȘte est irrĂ©prochable : “et j’Ă©tais une chose Ă  toi”). Quand Beczala fait simple, concentrĂ© sur la ligne fluide, le miracle se produit : son Don JosĂ© est indiscutable en dĂ©pit de l’affectation superficielle et bien inutile que le chanteur, moins inspirĂ©, nous impose ici et lĂ . N’est pas Gedda qui veut dĂ©cidĂ©ment.
Ce devait ĂȘtre une belle cerise sur le gĂąteau : le duo entre Manon et l’AbbĂ© des Grieux Ă  Saint-Sulpice, scĂšne de passion ultime dont l’exacerbation suscite la reconquĂȘte par la jeune courtisane de son ancien amant devenu homme de Dieu ; l’orchestre Ă©pais lĂ  encore et d’un maniĂ©risme surdatĂ©, n’aident pas les deux solistes Piotr Beczala et… Diana Damrau, d’autant que chacun ne maĂźtrisent pas toutes les nuances linguistiques de leur partie respective. Le jeu dramatique du tĂ©nor est surexpressif et sa partenaire manque singuliĂšrement de sobriĂ©tĂ©. Un chant contournĂ©, maniĂ©rĂ©, et lĂ  encore des instruments artificiellement proches gĂąchent notre plaisir. L’intensitĂ© y est certes mais au dĂ©triment de la finesse Ă©motionnelle.

Le rĂ©cital a le mĂ©rite de confirmer le tempĂ©rament indiscutable du tĂ©nor polonais Beczala dans les emplois aĂ©riens et presque de pur bel canto, ses Donizetti, Boieldieu et Gounod sont les meilleures rĂ©ussites de ce rĂ©cital lyonnais. Notre rĂ©serve va Ă  l’orchestre dont le style ampoulĂ© sous la baguette du chef rien que dĂ©monstratif et sans nuances, reste continument hors style. Heureusement d’autres directions et parfois sur instruments d’Ă©poque ont dĂ©montrĂ© les qualitĂ©s de la finesse, de la lĂ©gĂšretĂ© qui Ɠuvrent pour un dramatisme autrement plus raffinĂ©.

CD. Piotr Beczala, tĂ©nor : The french Collection. Airs d’opĂ©ras de Massenet (Le Cid, Werther, Manon), Gounod (RomĂ©o et Juliette, Faust), Boieldieu (La Dame blanche), Donizetti (La Favorite, Dom SĂ©bastien), Verdi (Don Carlos), Berlioz (La Damnation de Faust, BeĂ©atrice et BĂ©nĂ©dict), Bizert (Carmen). Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Lyon en aoĂ»t 2014. 1 cd Deutsche Grammophon 00289 479 4101

Opéra, annonce : Cinq Mars de Gounod, récréé en janvier 2015

Charles-Gounod_portraitOPERA. Gounod : Cinq Mars, recrĂ©ation. Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015. L’opĂ©ra Cinq Mars est aussi mĂ©connu que son auteur demeure cĂ©lĂšbre.  Preuve que dans le catalogue des plus grands compositeurs romantiques français pourtant parfaitement identifiĂ©s et jouĂ©s,  des oeuvres mal connues subsistent. C’est le cas exemplaire de l’opĂ©ra historique Cinq Mars dont Gounod, Ă  59 ans,  veut faire un ouvrage de maturitĂ©, ambitieux et subtil dans l’esprit du grand opĂ©ra de Meyerbeer. Les amours contrariĂ©s entre Marie (de Gonzague) et le marquis de Cinq-Mars ne rĂ©sistent pas Ă  la rivalitĂ© radicale qui oppose les Grands et le Cardinal de Richelieu. Dans le contexte du Paris des PrĂ©cieuses et des salons de courtoisie Ă©lĂ©gante (Marion Delorme, Ninon de Lanclos
), – oĂč se dĂ©tache l’Ă©vocation du roman amoureux et de la carte du tendre par la citation du dernier roman de ScudĂ©ry, ClĂ©lie (second tableau de l’acte II), Gounod Ă©voque une histoire sentimentale et surtout un drame politique. En situant sur les traces de Vigny, l’action au XVIIĂš, Gounod fait du nĂ©obaroque, soignant l’éloquence de l’orchestre, la caractĂ©risation contrastĂ©e des personnages selon les situations, surtout le flux dramatique en particulier dans les actes III et IV, courts, efficaces, prĂ©cipitĂ©s dont l’allant irrĂ©sistible conduit Ă  la condamnation et la marche au supplice du marquis trop arrogant.

 

 

 

gounod cahrles par Henry LehmannLa cĂ©lĂšbre cantilene de Marie  « Nuit resplendissante » aura  phagocyte un ouvrage entier d’une grande valeur et plutĂŽt tardif rompant avec une longue pĂ©riode de silence. crĂ©Ă© en avril 1877 l’opĂ©ra comique est rĂ©visĂ© dans le sens d’un vrai grand drame historique dan l esprit de Meyerbeer pour sa reprise des l’automne 1878. Gounod est l’Ă©lĂšve Ă  Paris de Reicha,  dont un rĂ©cent disque vient de rĂ©vĂ©ler la sublime et fĂ©conde Ă©criture dans le genre Quatuor,  une offrande des plus abouties et originales qui sait recueillir l’hĂ©ritage de Haydn Ă  l’Ă©poque de Beethoven. … Reicha professeur au Conservatoire de contrepoint et de composition affine la formation des compositeurs qui s’avĂšrent les plus importants du XIXeme : Berlioz,  Liszt. ..  LIRE notre dossier complet : Cinq-Mars de Charles Gounod. Illustration ci dessous : Charles Gounod par Henry Lehmann.

 

 

 

 

 

 

RecrĂ©ation de l’opĂ©ra de Charles Gounod : Cinq-Mars, 1877
3 dates : Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015.

Jeudi 29 janvier 2015 Ă  20h
 Opéra royal de Versailles

Mardi 27 janvier 2015 À 19h
Theater an der Wien
Vienne (Autriche)

Dimanche 25 janvier 2015 À 19h
Prinzregententheater
Munich (Allemagne)

LIRE notre dossier complet : Cinq-Mars de Charles Gounod

 

 

Cinq Mars de Gounod, récréé en janvier 2015

Charles-Gounod_portraitOPERA. Gounod : Cinq Mars, recrĂ©ation. Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015. L’opĂ©ra Cinq Mars est aussi mĂ©connu que son auteur demeure cĂ©lĂšbre.  Preuve que dans le catalogue des plus grands compositeurs romantiques français pourtant parfaitement identifiĂ©s et jouĂ©s,  des oeuvres mal connues subsistent. C’est le cas exemplaire de l’opĂ©ra historique Cinq Mars dont Gounod, Ă  59 ans,  veut faire un ouvrage de maturitĂ©, ambitieux et subtil dans l’esprit du grand opĂ©ra de Meyerbeer. Les amours contrariĂ©s entre Marie (de Gonzague) et le marquis de Cinq-Mars ne rĂ©sistent pas Ă  la rivalitĂ© radicale qui oppose les Grands et le Cardinal de Richelieu. Dans le contexte du Paris des PrĂ©cieuses et des salons de courtoisie Ă©lĂ©gante (Marion Delorme, Ninon de Lanclos
), – oĂč se dĂ©tache l’Ă©vocation du roman amoureux et de la carte du tendre par la citation du dernier roman de ScudĂ©ry, ClĂ©lie (second tableau de l’acte II), Gounod Ă©voque une histoire sentimentale et surtout un drame politique. En situant sur les traces de Vigny, l’action au XVIIĂš, Gounod fait du nĂ©obaroque, soignant l’éloquence de l’orchestre, la caractĂ©risation contrastĂ©e des personnages selon les situations, surtout le flux dramatique en particulier dans les actes III et IV, courts, efficaces, prĂ©cipitĂ©s dont l’allant irrĂ©sistible conduit Ă  la condamnation et la marche au supplice du marquis trop arrogant.

La cĂ©lĂšbre cantilene de Marie  « Nuit resplendissante » aura  phagocyte un ouvrage entier d’une grande valeur et plutĂŽt tardif rompant avec une longue pĂ©riode de silence. crĂ©Ă© en avril 1877 l’opĂ©ra comique est rĂ©visĂ© dans le sens d’un vrai grand drame historique dan l esprit de Meyerbeer pour sa reprise des l’automne 1878. Gounod est l’Ă©lĂšve Ă  Paris de Reicha,  dont un rĂ©cent disque vient de rĂ©vĂ©ler la sublime et fĂ©conde Ă©criture dans le genre Quatuor,  une offrande des plus abouties et originales qui sait recueillir l’hĂ©ritage de Haydn Ă  l’Ă©poque de Beethoven. … Reicha professeur au Conservatoire de contrepoint et de composition affine la formation des compositeurs qui s’avĂšrent les plus importants du XIXeme : Berlioz,  Liszt. ..

 

 

 

un opĂ©ra historique nĂ©obaroque d’aprĂšs Vigny

 

GĂ©rĂŽme_Eminence_grise_1873PrĂ©sentation de l’oeuvre… TrĂšs amateur des opĂ©ras de Gounod et plutĂŽt convaincu par sa conception dramatique,  le nouveau directeur de l’ opĂ©ra comique, Carvalho qui prend ses fonctions en 1876, sollicite immĂ©diatement le compositeur pour un nouvel opĂ©ra.  Il s’agit de faire suite aux ouvrages dĂ©jĂ  montĂ©s et dont il a pilotĂ© la crĂ©ation: Faust, Mireille, RomĂ©o et Juliette  au ThĂ©Ăątre Lyrique.  AchevĂ© en trois mois, dĂ©but janvier 1877, Cinq-Mars est crĂ©Ă© le 5 avril suivant. Le roman d’Alfred de Vigny (publiĂ© en 1826) a dĂ©jĂ  inspirĂ© un livret d’opĂ©ra Ă  Saint-Georges qui le soumit Ă  Meyerbeer en 1837, sans succĂšs.  Essentiellement Ă  partir du chapitre XXII du roman de Vigny, la nouvelle adaptation de Paul Poirson, versifiĂ©e par Louis Gallet inspire Ă  Gounod l’un de ses ouvrages les plus dramatiques.

L’action du chapitre XXII se concentre sur des donnĂ©es psychologiques : elle se passe chez Marion Delorme et se focalise sur la conspiration. Dans l’Ă©criture comme Massent le fait dans Manon,  Gounod regarde du cĂŽtĂ© du baroque Français avec une finesse neoclassique donc qui est particuliĂšrement rĂ©ussie (le divertissement avec ses archaĂŻsmes scarlatine zĂšbre autres, chez Marion Delorme citĂ© Ă©videmment les divertissements des opĂ©ras de Lully,  Campra
.

Quelques passages remarquables. Le prĂ©lude en rĂ© mineur plutĂŽt sombre qui annonce le dĂ©nouement tragique, est encore enrichi (pour la reprise en novembre 1877, d’une sĂ©quence centrale dont le motif emprunte au duo du dernier acte. Le choeur d’hommes Ă  quatre voix « Allez par la nuit claire », sommet d’Ă©lĂ©gance harmonique et de lĂ©gĂšretĂ© plutot entraĂźnant puis la CantilĂšne de Marie « Nuit resplendissante », dĂ©jĂ  distinguĂ©e affirme ici la meilleure inspiration de Gounod, celui des mĂ©lodies enivrĂ©s et sensuelles, marques de l’opĂ©ra romantique français prĂ©figurant Massent ; c’est le Gounod irrĂ©sistible de  « Salut demeure chaste et pure » dans Faust ou « Ah, lĂšve-toi, soleil » dans RomĂ©o : le chant vocal est magistralemnt soutenu par le tissu transpzrent et caractĂ©risĂ© de l’orchestre. VoilĂ  qui confirme le mĂ©tier de Gounod comme orchestrateur talentueux. .. digne successeur de Berlioz.

Au II, plutĂŽt bellinien,  le duo dialoguĂ© entre Marie et Cinq-Mars, « Faut-il donc oublier », se dĂ©tache trĂšs nettement par la puretĂ© de son inspiration. Puis aprĂšs le Divertissement, le deuxiĂšme air de Marion, « Parmi les fougĂšres », vocalise sans limitation Ă  la façon de la reine dans Les Huguenots de Meyerbeer, source lyrique que Gounod a toujours Ă  l’esprit.  Le trĂšs court acte III suit le rythme et les pĂ©ripĂ©ties de la chasse royale (le choeurs des chasseurs revisite les choeurs d’Euryanthe et du FreischĂŒtz de Weber, un compositeur que Gounod admire rĂ©ellement). Marie forcĂ©e par le pĂšre Joseph Ă  la trahison y est la vĂ©ritable proie.

Au IV, tout aussi court, se dĂ©tache la Cavatine de Cinq-Mars, « Ô chĂšre et vivante image », assez dĂ©veloppĂ©e, d’une sensibilitĂ© elle aussi bel-cantiste — comme le duo de l’acte II. Ici prime l’action et son prĂ©cipitĂ© dramatique comme l’atteste, point culminant de la tension : le mĂ©lodrame au cours duquel on vient annoncer la sentence aux prisonniers puis dans la marche au supplice d’oĂč jaillit la dĂ©termination inĂ©luctable des hĂ©ros sacrifiĂ©s : Cinq mars et de Thou.

La crĂ©ation, le 5 avril 1877 promet d’ĂȘtre largement suivie : pas moins de 10 000 demandes de places ! pour une production dont les costumes ont Ă©tĂ© inspirĂ©s par les propres recherches du peintre acadĂ©mique historiciste Ă  la mode, GĂ©rĂŽme (grand ami de Massenet et comme le compositeur, passionnĂ© de reconstitution archĂ©ologique minutieuse). Gounod dirige lui-mĂȘme l’orchestre jusqu’au 21 mai suivant.

 

 

 

 

RecrĂ©ation de l’opĂ©ra de Charles Gounod : Cinq-Mars, 1877
3 dates : Munich, Vienne, Versailles, les 25, 27 et 29 janvier 2015.

Jeudi 29 janvier 2015 Ă  20h
 Opéra royal de Versailles

Mardi 27 janvier 2015 À 19h
Theater an der Wien
Vienne (Autriche)

Dimanche 25 janvier 2015 À 19h
Prinzregententheater
Munich (Allemagne)

 

 

synopsis

 

Marquis_Cinq_MarsL’action se situe en 1642, Ă  la fin du rĂšgne de Louis XIII . Le pouvoir arbitraire du cardinal de Richelieu divise la cour. Par fidĂ©litĂ© au roi, certains seigneurs et courtisans forment bientĂŽt le projet d’une conspiration. La rĂ©solution de cet Ă©pisode de l’histoire est restĂ© sous le nom Ă©loquent de « JournĂ©e des dupes ». Deux clans s’opposent : l’arrogances des princes et des aristos contre le parti du Cardinal de Richelieu : entre les deux tribus, Marie de Gonzague et le marquis de Cinq Mars se voient dĂ©chirĂ©s. En s’opposant au Cardinal, Cinq-Mars qui a toute la confiance du Roi Louis XIII signe son arrĂȘt de mort


 

 

 

ACTE I. Le chĂąteau du marquis de Cinq-Mars.

Un choeur de nobles cĂ©lĂšbre l’importance imminente que va prendre Cinq-Mars ; certains suggĂšrent qu’il doit son ultime dette d’allĂ©geance au cardinal de Richelieu, d’autres au Roi. Pour sa part, Cinq-Mars se montre indiffĂ©rent aux questions d’ordre politique : seul avec son ami le plus proche, de Thou, il confesse qu’il aime la princesse Marie de Gonzague. Ils reconnaissent tous deux intuitivement que cette liaison finira mal. Les invitĂ©s reparaissent : parmi eux figure cette fois le PĂšre Joseph, porte-parole du cardinal de Richelieu, et la princesse Marie de Gonzague. Le premier annonce que Cinq-Mars est appelĂ© Ă  la cour royale et qu’un mariage est arrangĂ© entre la princesse Marie et le roi de Pologne. Cinq-Mars et Marie conviennent de se retrouver plus tard dans la soirĂ©e. AprĂšs le dĂ©part des invitĂ©s, Marie – troublĂ©e – confesse son Ă©moi dans le calme de la nuit. Cinq-Mars entre et lui dĂ©clare son amour ; avant son dĂ©part, elle lui retourne sa dĂ©claration.

ACTE II. Premier Tableau : les appartements du roi.

AprĂšs avoir exaltĂ© la beautĂ© de la courtisane Marion Delorme, Fontrailles, MontrĂ©sor, Montmort, de Brienne, Monglat et d’autres nobles discutent de l’influence croissante de Cinq-Mars auprĂšs du roi. Les courtisans sont mĂ©contents du pouvoir immodĂ©rĂ© que s’est arrogĂ© le cardinal de Richelieu et se demandent si Cinq-Mars rejoindra finalement leur cause. Marion rapporte que le cardinal menace de l’exiler ; Fontrailles est surpris et il est sĂ»r que la ville de Paris deviendrait bien ennuyeuse sans ses Ă©lĂ©gants salons. La luthiste-courtisane annonce qu’elle organisera un bal le lendemain, lequel fournira l’occasion de jeter les bases d’une intrigue pour Ă©vincer le cardinal. Cinq-Mars paraĂźt. Marie de Gonzague vient d’arriver Ă  la cour et les deux amoureux sont rĂ©unis. Mais le PĂšre Joseph vient annoncer que, malgrĂ© l’accord de principe du Roi, le Cardinal refuse de sanctionner leur union, prĂ©fĂ©rant plutĂŽt suivre le plan originel et faire Ă©pouser Ă  Marie le Roi de Pologne.

Second Tableau : chez Marion Delorme.

La soirĂ©e dĂ©bute par la lecture du dernier roman de Madeleine de ScudĂ©ry, ClĂ©lie, suivie d’un long divertissement masquĂ©. C’est Ă  ce moment que les conspirateurs fomentent leur plan : Fontrailles assure Ă  tous que Cinq-Mars va se joindre Ă  eux. Comme il l’a prĂ©dit, Cinq-Mars arrive bientĂŽt. Il dĂ©clare que le Roi ne contrĂŽle plus totalement le pays et que l’éviction du Cardinal est une mission juste ; la guerre civile est imminente et il assure ses acolytes qu’il a arrangĂ© un traitĂ© avec l’Espagne, laquelle engage ses armĂ©es Ă  intervenir de leur cĂŽtĂ©. De Thou l’interrompt soudain et l’avertit de ne pas ouvrir le sol français Ă  une puissance Ă©trangĂšre, mais Cinq-Mars demeure rĂ©solu.

ACTE III Le lendemain. À l’extĂ©rieur d’une chapelle.

Une rĂ©union des conspirateurs est imminente ; Marie apparaĂźt contre toute attente et convient avec Cinq-Mars d’échanger sur-le-champ des voeux de mariage. Ils sont secrĂštement Ă©coutĂ©s par Eustache, espion du PĂšre Joseph, qui raconte tout Ă  son maĂźtre. L’ecclĂ©siastique savoure le pouvoir qu’il dĂ©tient sur le destin de Cinq-Mars. Il confronte Marie Ă  l’annonce de la pendaison imminente du Marquis qui a trahi son pays en traitant indĂ©pendamment avec une puissance Ă©trangĂšre ; l’ambassadeur polonais reviendra bientĂŽt d’une partie de chasse avec le Roi et il conseille Ă  Marie de lui rĂ©pondre favorablement, en Ă©change de quoi Cinq-Mars sera Ă©pargnĂ©. Lorsqu’arrive la suite royale, Marie capitule Ă  contrecoeur.

ACTE IV. Une prison.

En attendant son exĂ©cution, Cinq-Mars dĂ©plore que Marie l’ait abandonnĂ©e ; nĂ©anmoins, sa derniĂšre heure venue, il Ă©voque son image en guise de consolation. Marie entre, explique la ruse du PĂšre Joseph et assure qu’elle aime toujours Cinq-Mars. De Thou trace les grandes lignes du plan qui a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© pour permettre Ă  Cinq-Mars de s’échapper le lendemain. Mais le Chancelier et le PĂšre Joseph viennent annoncer que le Marquis devra mourir avant l’aube, ruinant l’espoir d’une Ă©vasion. Avant que Cinq-Mars ne soit amenĂ© au gibet, il entonne avec de Thou une derniĂšre priĂšre.

 

 

 

Compte-rendu : Grignan. Temple, le 5 juin 2013. Emmanuelle Zoldan, Marc Larcher, Valérie Florac, piano. Airs et duos : Bizet, Gounod, Massenet, Offenbach, Saint-Saëns.

Emmanuelle Zoldan sepiaC’est un autre lieu non nĂ©gligeable qui accueille et promeut la musique. Issue des anciens Amis du CNIPAL qui accueillaient, encadraient les jeunes stagiaires Ă©trangers aux maigres bourses venus du monde entier s’y perfectionner, les aidant dans leurs dĂ©marches administratives, Ă  trouver un logement, etc, sans nulle subvention, l’Association Lyric OpĂ©ra s’est constituĂ©e pour leur offrir Ă©galement la possibilitĂ© de se produire en solistes ailleurs que dans le Foyer de l’OpĂ©ra qui, dans les deux rituelles Heures du thĂ© mensuelles les produit depuis des annĂ©es. Mais l’association programme Ă©galement d’anciens stagiaires dĂ©jĂ  frottĂ©s largement aux scĂšnes nationales et mĂȘme internationales, qui manifestent de la sorte leur fidĂ©litĂ© amicale Ă  ces anciens Amis du CNIPAL.
C’est ainsi que le 2 juin, accompagnĂ©s par la ductile pianiste ValĂ©rie Florac, Ă©taient Ă  l’affiche deux chanteurs, la mezzo Emmanuelle Zoldan et le tĂ©nor Marc Larcher, voix de velours et voix de lumiĂšre, ombre et soleil, ambre et or. Tous deux ont diversement incarnĂ© des hĂ©ros lyriques correspondant Ă  leur tessiture sur de nombreuses scĂšnes nationales, la mezzo Ă©tant une notable Carmen et Maddalena de Rigoletto, le tĂ©nor se taillant par ailleurs de beaux succĂšs dans de belles productions tournantes des grandes opĂ©rettes du rĂ©pertoire classique, sa verve et sa culture franco-espagnole le faisant jubiler dans Andalousie et La Belle de Cadix de Francis Lopez.
Ils proposaient ici Une dĂ©cennie de musique française, un intĂ©ressant Ă©tat de l’opĂ©ra français au XIX e siĂšcle, opĂ©ra comique et bouffe compris, de 1865 Ă  1877, Ă©poque oĂč se crĂ©Ă©e ou recrĂ©e un style lyrique français posĂ© par Gounod, imposĂ© par Bizet, proposĂ© mĂȘme par l’ironie parodique d’un Offenbach, qui Ă©branle l’empire Ă©touffant de l’opĂ©ra italien.
Ils sont beaux, des jeunes premiers, il chantent bien et, par ailleurs, s’avĂšrent de remarquables interprĂštes comĂ©diens, donnant vie aux personnages qu’ils incarnent en concert, en dehors de la dramaturgie d’une scĂšne, d’un spectacle. Alternant solos et duos, ils enchantent le public. De la sĂ©rĂ©nade de Smith (La Jolie fille de Perth de Bizet) Ă  l’aubade de RomĂ©o (RomĂ©o et Juliette de Gounod), Larcher dĂ©ploie un timbre solaire qui Ă©clairerait vraiment la nuit, ferait vraiment se lever le soleil, projection lumineuse et gĂ©nĂ©reuse, Ă©lĂ©gance du phrasĂ©, tenue scĂ©nique exemplaire : nombre de chanteurs sont dĂ©formĂ©s par l’émission vocale, lui, il en est embelli, souriant. Nous faisant le cadeau, pour illustrer la thĂ©matique du concert, du grand air de Dalila (Samson et Dalila, Saint-SaĂ«ns) mĂȘme s’il est trop grave pour elle et contrarie le souffle, Emmanuelle Zoldan, regard intense, toute en velours vocal, est une sensible Charlotte (Werther de Massenet) Ă  la couleur et au volume homogĂšnes, sans les lourdeurs vocale qui empĂȘtrent parfois le rĂŽle, une Carmen infiniment convaincante, trĂšs sĂ©duisante. Ces deux jeunes chanteurs rĂ©ussissent la gageure, tout en chantant face Ă  la partition, de nous donner l’illusion qu’ils sont dans le drame de la scĂšne pour le poignant duo final de Carmen. Enfin, passant à  Offenbach, duos et solos, ils se montrent tout aussi crĂ©dibles, risibles dans le jeu, en passant avec une aisance joyeuse de drame  de l’opĂ©ra Ă  jubilante dĂ©rision de l’opĂ©rette. Deux grands artistes secondĂ©s par une belle pianiste.Temple Grignan, 2 juin. Emmanuelle Zoldan, Marc Larcher, ValĂ©rie Florac, piano. Airs et duos : Bizet, Gounod, Massenet, Offenbach, Saint-SaĂ«ns.

Illustration : Emmanuelle Zoldan, mezzo-soprano (DR)

Charles Gounod: Roméo et Juliette, nouvelle productionTours, Opéra. Les 25,27 et 29 janvier 2013. Reportage vidéo

grand reportage vidéo
Charles Gounod
Roméo et Juliette (1867)
Nouvelle production
Tours, Opéra
Jean-Yves Ossonce
, direction
Grand reportage vidéo. Opéra orchestral autant que vocal, le
RomĂ©o de Gounod est d’abord sombre
et tragique, revisite l’opĂ©ra romantique Ă  sa source berliozienne ;
l’ivresse et l’extase
amoureuse se dĂ©veloppent librement surtout dans les 4 duos d’amour entre
les deux adolescents, dont la scĂšne de la chambre Ă  coucher oĂč ils se
donnent l’un Ă  l’autre, marque le point d’accomplissement… uliette a
trĂšs vite la prĂ©monition de sa mort et mĂȘme RomĂ©o semble ne s’adresser
qu’Ă  la faucheuse dans la derniĂšre partie de l’action. Deux Ăąme pures
sont vouĂ©es Ă  la mort comme si l’issue fatale ne pouvait, ne devait que
s’accomplir pour rĂ©aliser leur union au-delĂ  de la vie, au-delĂ  des
haines fratricides qui corrompent le destin de leurs familles respectives,
Capulet contre Montaigus… Entretien
avec Jean-Yves Ossonce, Paul-Emile Fourny, Anne-Catherine Gillet,
Florian Laconi à propos de la nouvelle production événement de Roméo et
Juliette de Charles Gounod Ă  l’OpĂ©ra de Tours, puis Ă  l’OpĂ©ra d’Avignon,
l’OpĂ©ra de Metz, l’OpĂ©ra de Reims puis l’OpĂ©ra de Massy
Voir aussi notre clip vidéo
En 1867, Ă  l’Ă©poque oĂč Verdi fait crĂ©er son Don Carlos (avec un “s”, donc en français), Charles Gounod livre l’un des sommets de sa carriĂšre lyrique, RomĂ©o et Juliette d’aprĂšs Shakespeare, couronnant un parcours tenace et flamboyant en particulier sur la scĂšne du ThĂ©Ăątre Lyrique.

 

La nouvelle production créée à Tours sous la direction de Jean-Yves Ossonce
souligne la couleur tragique et pathĂ©tique d’un sommet de l’opĂ©ra
français, tout en rĂ©vĂ©lant l’intensitĂ© des tableaux successifs: la valse
solitaire et déjà éperdue de Juliette, la scÚne de la chambre
Ă©videmment, le dernier duo d’amour et de mort, sans omettre la figure ”
moderne ” de frĂšre Laurent, qui contre la biensĂ©ance et la loi du pĂšre
de Juliette, accepte de marier ses deux enfants selon leur propre
dĂ©sir… JuvĂ©nilitĂ©, ardeur, puretĂ©… Jamais Gounod n’a semblĂ© plus
proche du sentiment shakespearien, accomplissant l’expression juste des
deux adolescents portés par un amour qui les dépasse.

 

L’univers visuel du metteur en scĂšne Paul-Emile Fourny rĂ©tablit
la place de la nature dans le déroulement des scÚnes; quelques symboles
clairs soulignent le décalage des adolescents avec leur entourage: un
escalier sans fin traduit la seule échappée possible pour Juliette
tandis que l’imaginaire de son pĂšre convoque de part en part l’image
obsessionnel d’un cerf…
Sous la baguette transparente et affĂ»tĂ©e de Jean-Yves Ossonce, les deux rĂŽles titres profitent de l’engagement de Anne-Catherine Gillet et de Florian Laconi : la juvĂ©nilitĂ© ardente des caractĂšres s’illumine d’une nouvel Ă©clat. Production Ă©vĂ©nement
Charles Gounod

Roméo et Juliette
Opéra de Tours

vendredi 25 janvier 2012, 20h


dimanche 27 janvier 2012, 15h


mardi 29 janvier 2012, 20h

Nouvelle production

Paul-Emile Fourny
, mise en scĂšne
Jean-Yves Ossonce, direction



Opéra de Tours: Roméo et Juliette de Gounod, 25,27,29 janvier 2013

Opéra de Tours: Roméo et Juliette de Gounod, 25,27,29 janvier 2013

Jean-Yves Ossonce dirige Ă  l’OpĂ©ra de Tours une nouvelle production de RomĂ©o et Juliette de Gounod (1867).
OpĂ©ra orchestral autant que vocal, le RomĂ©o de Gounod est d’abord sombre et tragique, revisite l’opĂ©ra romantique Ă  sa source berliozienne (le chƓur d’introduction qui explique le contexte); l’ivresse et l’extase amoureuse se dĂ©veloppent librement surtout dans les 4 duos d’amour entre les deux adolescents, dont la scĂšne de la chambre Ă  coucher oĂč ils se donnent l’un Ă  l’autre, marque le point d’accomplissement… Juliette a trĂšs vite la prĂ©monition de sa mort et mĂȘme RomĂ©o semble ne s’adresser qu’Ă  la faucheuse dans la derniĂšre partie de l’action. Deux Ăąme pures sont vouĂ©es Ă  la mort comme si l’issue fatale ne pouvait, ne devait que s’accomplir pour rĂ©aliser leur union au-delĂ  de la vie, au-delĂ  des haines fratricides qui corrompt le destin de leurs familles respectives, Capulet contre Montaigus…

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Gounod: Roméo et Juliette. Tours, Opéra. Les 25,27,29 janvier 2013

Tours. Roméo et Juliette de Gounod, dÚs le 25 janvier 2013

SpĂ©cialiste affĂ»tĂ© du rĂ©pertoire français romantique, le chef et directeur artistique du ThĂ©Ăątre tourangeau, Jean-Yves Ossonce dirige l’Orchestre symphonique RĂ©gion Centre Tours dans une nouvelle production trĂšs attendue de RomĂ©o et Juliette de Gounod… 3 dates incontournables les 25, 27 et 29 janvier 2013

Charles-Gounod_portraitNon le chef d’Ɠuvre, avec Faust, de Gounod,  RomĂ©o et Juliette, applaudi dĂšs sa crĂ©ation en 1867, ne se rĂ©duit pas Ă  quelques beaux duos suaves et inspirĂ©s: le traitement que rĂ©serve Gounod au mythe de RomĂ©o et de Juliette affiche un tempĂ©rament original (harmoniquement), une construction dramatique progressive qui suit essentiellement le souffle tragique de l’action, avec, issue implacable, la mort des deux jeunes amants.Si aujourd’hui, la version discographique dirigĂ©e par Michel Plasson et qui rĂ©alise une heureuse synthĂšse entre la version de l’OpĂ©ra Comique (1873) et de l’OpĂ©ra (1888) demeure la rĂ©fĂ©rence absolue, la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours entend restituer dans sa cohĂ©rence et son unitĂ© originelle, la partition romantique et tragique. Arguments de taille, dans les deux rĂŽles-titres: Floriant Laconi et Anne-Catherine Gillet…

Charles Gounod

Roméo et Juliette

Opéra de Tours
vendredi 25 janvier 2012, 20h
dimanche 27 janvier 2012, 15h
mardi 29 janvier 2012, 20h

Nouvelle production
Paul-Emile Fourny, mise en scĂšne
Jean-Yves Ossonce, direction

Le drame de Gounod insiste sur l’antagonisme viscĂ©ral entre Capulets et Montaigus. Les haines ancestrales broient comme un machine l’espoir de deux cƓurs amoureux…  L’action s’ouvre sur le bal chez les Capulets: Juliette y est promise au comte PĂąris. L’accent sombre et tragique Ă  l’Ă©noncĂ© des vrais sentiments de RomĂ©o, (Montaigu rival des Capulets), pour la belle Juliette, est adouci par l’humeur lĂ©gĂšre de Mercutio (double de RomĂ©o), qui Ă©voque avec une facĂ©tie gĂ©niale la reine Mab… la force de l’opĂ©ra revient au choix de Gounod: au moment de l’action, les deux jeunes gens que tout sĂ©pare et oppose mĂȘme, tombent Ă©perdument amoureux l’un de l’autre (scĂšne du jardin des Capulets, II). Pourtant mariĂ©s,  porteurs d’une chance de rĂ©conciliation entre le deux clans, RomĂ©o et Juliette ne peuvent empĂȘcher une sĂ©rie de meurtres: Mercutio est blessĂ© mortellement par Tybalt le Capulet, lequel est tuĂ© par RomĂ©o (III). GrĂące Ă  FrĂšre Laurent, Juliette qui a bu un puissant narcotique, feint la mort au moment de son mariage avec PĂąris: consternation et choc: elle est conduite au tombeau (IV). Le dernier acte met en scĂšne la tragĂ©die inĂ©luctable du mythe lĂ©guĂ© par Shakespeare: RomĂ©o n’a pas Ă©tĂ© mis dans la confidence et quand le jeune amant dĂ©truit pĂ©nĂštre dans le tombeau de Juliette inanimĂ©e, croyant Ă  la mort de son aimĂ©e, se donne la mort. Juliette s’Ă©veille et se poignarde pour rejoindre son aimĂ© en un duo funĂšbre particuliĂšrement poignant.

En rĂ©unissant deux chanteurs d’exception, Florian Laconi et Anne Catherine Gillet dans les rĂŽles phares de RomĂ©o et Juliette (sans pour autant minimiser la valeur des rĂŽles complĂ©mentaires de Tybalt et de Mercutio), Jean-Yves Ossonce met toutes les chances de son cĂŽtĂ© et promet de cĂ©lĂ©brer le gĂ©nie lyrique de Gounod avec la sensibilitĂ© et le tempĂ©rament dramatique que nous lui connaissons. Nouvelle production Ă©vĂ©nement.

ConfĂ©rence de prĂ©sentation Ă  l’Ɠuvre, samedi 12 janvier 2012, 20h
RomĂ©o et Juliette de Gounod Ă  l’OpĂ©ra de Tours
Sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré, Roméo et Juliette de Gounod est créé à Paris, le 27 avril 1867.

Florian Laconi, Roméo
Anne Catherine Gillet, Juliette
Doris Lamprecht, Gertrude
Ronan Nédélec, Mercutio
Christophe Berry, Tybalt
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours

toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site de l’OpĂ©ra de Tours.