Compte rendu, opéra. Poitiers. CGR Castille en direct de Milan. Verdi : Giovanna d’Arco, opéra en un prologue et trois actes sur un livret de Temistocle Solera d’après le livre de Friedrich von Schiller «La pucelle d’Orléans». Anna Netrebko, Anna, Francesco Meli, Carlo VII, Devid Cecconi, Giacomo … Orchestra e coro alla Scala. Riccardo Chailly, direction. Mosche Leiser et Patrice Caurier, mise en scène; Agostino Cavalca, costumes; Christophe Forey, lumières; Christian Fenouillat, décors; Leah Hausman, chorégraphies; Etienne Guiol, vidéos.

Avec l’abandon de sa collaboration avec le Royal Opera House de Londres, les cinémas CGR de la région-Poitou Charentes en général et de Poitiers en particulier n’ont plus de partenariat squ’avec les grandes scènes lyriques italiennes. C’est ainsi que nous avons pu voir hier en direct, l’ouverture de la saison lyrique de la plus prestigieuse d’entre elles : la Scala de Milan. Pour cette saison 2015 / 2016, La Scala présente un opéra très méconnu de Giuseppe Verdi (1813-1901) : Giovanna d’Arco. Pour cette Å“uvre, Verdi et son librettiste, Temistocle Solera, se sont inspirés du livre de Friedrich von Schiller «La pucelle d’Orléans». Absente de la scène milanaise depuis cent cinquante ans, Giovanna d’Arco y revient estampillée du label «nouvelle production». Dans le rôle-titre, la diva verdienne Anna Netrebko en très grande forme. Quant à la mise en scène, elle a été confiée à un duo français : Mosche Leiser et Patrice Caurier.

 

Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco

La Scala ressuscite Giovanna d’Arco des cartons après … 150 ans d’absence à Milan

 

La mise en scène, justement, est quelque peu étrange. Se basant sur la faiblesse, réelle cependant, du livret les deux metteurs en scène ont placé l’action au XIXe siècle dans ce qui ressemble étrangement à un hôpital psychiatrique version bourgeoise. Dans cette optique nous ne quittons jamais vraiment la chambre de la jeune fille qui se prend pour Jeanne d’Arc. De temps en temps, le mur de fond bouge pour permettre au choeur ou aux solistes d’aller et venir sauf dans le premier acte où il est totalement ouvert juste après la victoire de Jeanne et de Charles. Ce qui sauve l’ensemble, ce sont les lumières superbes de Christophe Foret et les chorégraphies de Leah Hausman : la danse des démons lors du duo Carlo/Giovanna est une réussite malgré la crudité de la scène. Les derniers épisodes de l’opéra sont hors sujet. Quelle drôle d’idée de laisser Giovanna sur la scène pendant que son père commente l’ultime bataille dans laquelle elle trouve la mort en sauvant le roi de France. Quant à la mort de Giovanna, elle est un peu bizarre, voire totalement hors sujet. Comme on ne sait plus vraiment si on est sur le champs de bataille du XVe siècle ou dans un hôpital psychiatrique du XIXe siècle, les metteurs en scène font mourir Giovanna, en une scène de la folie de la jeune fille qui se prenait pour la pucelle. Quant aux costumes à part ceux de Giacomo, qui reste résolument au XIXe siècle et de Carlo qui est un peu trop doré détonnant ainsi sur la scène de la Scala, ils vont plutôt bien aux personnages. Dans un tel mélange d’époques et de styles, seul le choeur est bien servi avec des costumes XVe superbes.

 

 

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Vocalement en revanche, nous n’avons que des satisfactions. Anna Netrebko qui campe Giovanna est éclatante de santé. La voix est somptueuse et la soprano russe utilise son instrument avec une maîtrise quasi parfaite donnant à la jeune héroïne une puissance bienvenue. Si Netrebko a fait de grand progrès comme actrice, elle révèle cependant de sérieux soucis concernant la diction pas toujours très nette. Face à elle, Francesco Meli incarne un Carlo VII flamboyant. Si nous regrettons qu’il soit affublé d’un costume et d’un maquillage excessivement dorés, – trop de dorure tue la dorure-, la voix est chaleureuse, ronde, puissante ; la tessiture correspond parfaitement au rôle. Survolté le jeune ténor donne à Carlo un charisme très fort qui manquait cruellement au véritable Charles VII dans les premières années de son règne. Le cas de Devid Cecconi (Giacomo) est un peu particulier. Appelé par la Scala pour la pré-générale, la générale et l’ante-prima (réservée au jeune public) pour remplacer Carlos Alvarez souffrant qui se contentait de jouer, il a été rappelé en catastrophe pour remplacer son collègue atteint par une bronchite carabinée et interdit de scène juste avant la première par le médecin qui l’a ausculté. Dans ces circonstances, si particulières nous passerons rapidement sur une performance scénique très en-deça de celle de ses deux collègues survoltés par un public tout acquis à leur cause. Il faut quand même bien reconnaître que ce pauvre Giacomo n’est servi ni par la mise en scène ni par son costume XIXe. Vocalement en revanche, Cecconi n’a rien à envier à Alvarez, qu’il remplace très avantageusement, ni à ses partenaires. Et d’ailleurs le public a si bien compris la situation qu’il a acclamé le jeune baryton autant que les deux autres chanteurs. Saluons rapidement le Talbot très honorable de Dmitry Beloselskiy et la trop brève apparition de Michele Mauro (Delil). Dernier personnage de cette Giovanna d’Arco : le choeur de la Scala. Il a été parfaitement préparé par son chef que ce soit pour ses interventions hors scène, les plus difficiles, ou sur scène.

Dans la fosse c’est Riccardo Chailly qui prend en main l’orchestre de la Scala. Excellent musicien et fin connaisseur des opéras de Verdi, le chef, dont nous avions d’ailleurs salué le superbe concert d’ouverture du festival Verdi de Parme en 2013, prend ses musiciens en main avec une belle autorité. La direction de Chailly, qui inaugure ainsi ses prises de fonction comme nouveau directeur musicale de La Scala, est dynamique, juste, sans défaillance. Très attentif à ce qui se passe sur la scène, il veille à ne jamais couvrir ses chanteurs et les accompagne avec un soin tout particulier, ciselant chaque note, chaque phrase tel un magicien soignant ses tours.

Ainsi, nonobstant une mise en scène qui se trouve un peu entre la poire et le dessert, la nouvelle Giovanna d’Arco est musicalement superbe avec un trio complètement survolté. Le pari est d’autant plus grand que cet opéra de Verdi ne renait de ses cendres que depuis peu d’années. Notons aussi qu’il s’agit d’un retour important et très attendu étant donné que Giovanna d’Arco n’avait pas été donnée à la Scala de Milan depuis … 1865. Dans de telles conditions, nous aurions apprécié de voir une mise en scène plus sobre. Il y a néanmoins un vrai travail de réflexion, et nous aurions préféré qu’elle soit effectivement située à l’époque à laquelle se déroule l’histoire et non dans un obscur hôpital psychiatrique du XIXe siècle avec des allers-retours au XVe siècle qui ajoute de la confusion.

Compte rendu, l’opéra au cinéma. Poitiers, CGR Castille en direct de Milan. Giuseppe Verdi (1813-1901): Giovanna d’Arco, opéra en un prologue et trois actes sur un livret de Temistocle Solera d’après le livre de Friedrich von Schiller «La pucelle d’Orléans». Anna Netrebko, Anna; Francesco Meli, Carlo VII; Devid Cecconi, Giacomo; Dmitry Beloselskiy, Talbo;, Michele Mauro, Delil. Orchestra e coro alla Scala. Riccardo Chailly, direction. Mosche Leiser et Patrice Caurier, mise en scène; Agostino Cavalca, costume; Christophe Forey, lumières; Christian Fenouillat, décors; Leah Hausman, chorégraphies; Etienne Guiol, vidéos.

Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco de Verdi à la Scala

RAYONNANTE NETREBKOarte_logo_2013Télé, Arte. Lundi 7 décembre 2015 : Giovanna d’Arco de Verdi. Evénement lyrique de décembre et nouvelle prise de rôle (scénique) pour la star Anna Netrebko : sa Giovanna d’Arco tient l’affiche ce jour à la Scala de Milan, lundi 7 décembre 2015 (18h). Nouvelle production réalisée par le duo de metteur en scène Moshe Leiser et Patrice Caurier. Le 7 décembre marque aussi l’entrée en fonction du nouveau directeur musical de la Scala, Riccardo Chailly. Créé à la Scala en 1845, l’opéra Giovanna d’Arco de Verdi vit un grand retour dans la salle qui l’a vu naître. LIRE aussi notre présentation complète de Giovanna d’Arco. A l’affiche de La Scala de Milan les 7, 10, 13, 15, 18, 21, 23 décembre 2015 puis 2 janvier 2016

 

 

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VOIR sur le site de La Scala, la page dédiée à Giovanna d’Arco de Verdi avec Anna Netrebko, sous la direction de Riccardo Chailly

 

Le 7 décembre 2015, Ricardo Chailly va vivre sa première “Inaugurazione” en ouvrant la nouvelle saison de la Scala de Milan en tant que nouveau directeur musical. Anna Netrebko revient ainsi sur la scène scaligène depuis ses débuts ici même en 2011. Par ailleurs, Chailly a choisi une Å“uvre qui n’avait plus été représentée à la Scala  depuis 150 ans : la première de la Giovanna d’Arco de Verdi y avait eu lieu le 15 février 1845, avant que cet opéra ne disparaisse quelques années plus tard de son répertoire ainsi que de celui d’autres maisons d’opéra. L’histoire de la Pucelle d’Orléans qui sauva la France durant la Guerre de Cent ans fait en effet partie des Å“uvres les plus rarement jouées de Verdi. Un retour attendu pour une partition quasiment oubliée sur les planches où elle fut créée du vivant de Verdi.

Dans le rôle titre, Anna Netrebko donnera toute la mesure de son talent de Primadonna assoluta ; d’autant plus que la cantatrice austrorusse égérie du label Deutsche Gramophone a récemment enchaîné les prises de rôles verdiennes : sa Giovanna de décembre 2015 fait suite ainsi à sa Léonora du Trouvère, angélique éperdue ardente et si juste, comme à son étonnante Lady Macbeth d’une justesse égale. …
La diva est aussi depuis des années une habituée du Festival de Salzbourg : elle y donnait en 2013, mais dans une version de concert sa Giovanna… déjà particulièrement accomplie et intense.
C’est donc en réalité une reprise ou plus exactement un prolongement qui vaut grâce au déroulement dramatique ici avec mise en scène,… accomplissement.
Sensuel, encore claire et diamantine dans les aigus, la diva la plus glamour de l’heure – avec Elena Garanća devrait offrir une nouvelle incarnation très convaincante dans un opéra qui aborde l’histoire de la Pucelle de France avec une liberté romanesque propre à l’opéra. Contre la vérité historique Giovanna tombe amoureuse du roi Charles (le ténor Francesco Meli). … leur relation est d’ailleurs au centre de l’action de l’opéra de Verdi.

 

ARTE, Lundi 7 décembre 2015 : Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco de Verdi à la Scala de Milan (22h30)

arte_logo_2013ARTE, Lundi 7 décembre 2015 : Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco de Verdi à la Scala de Milan (22h30). Le 7 décembre 2015, Ricardo Chailly va vivre sa première “Inaugurazione” en dirigeant la première production de la saison lyrique 2015-2016 de la Scala de Milan en tant que nouveau directeur musical. Mais le nouveau chef de la Scala peut aussi compter sur la plus captivante verdienne (et la plus audacieuse par ses choix de répertoire) de l’heure. Belle, incandescente, hyperféminine et déchirante, Anna Netrebko, en verdienne plus que convaincantes, cumule les prises de rôles verdiens : après Leonora, Lady Macbeth, voici sa Giovanna d’Arco à la Scala (après Salzbourg)…

 

netrebko-anna-582-390Anna Netrebko revient à la Scala depuis ses débuts en 2011. Grand verdien, Riccardo Chailly a choisi Giovanni d’Arco, une Å“uvre qui n’avait plus été représentée à la Scala depuis 150 ans, depuis sa création le 15 février 1845. L’histoire de la Pucelle d’Orléans qui sauva la France durant la Guerre de Cent ans fait partie des Å“uvres les plus rarement jouées de Verdi. Elle offre pourtant un rôle exceptionnellement engagé et exigeant à la soprano désignée pour en relever les défis. L’ayant déjà chanté au Festival de Salzbourg 2013 (LIRE notre compte rendu du cd Giovanna d’Arco de VERDI par Anna Netrebko), Anna Netrebko sera Giovanna, Jeanne d’Arc, dévoilant ce timbre charnel et éclatant qui a déjà réussi dans ses précédentes incarnations des héroïnes verdiennes – sa passion actuelle : Leonora du Trouvère, et récemment Lady Macbeth (ses deux prises de rôles indiscutablement réussi à Salzbourg et au Metreopolitan Opera de New York). La production scalène dirigée par Riccardo Chailly compte aux côtés de la soprano austrorusse, de solides chanteurs tels Francesco Meli (le roi de France Carlo / Charles) lequel tombe amoureux de Jeanne d’Arc.

verdi cd Anna Netrebko Placido Domingo deutsche grammophon Giovanna d'Arco DG CDDans la mise en scène du duo de metteurs en scène, Moshe Leiser et Patrice Caurier, l’opéra de Verdi devrait prouver ses attraits méconnus : nouvelle proposition de l’opéra historique d’après le format du grand opéra français avec grands airs et choeurs. Déjà se profile avant Rigoletto et Le Trouvère, cette ardeur expressive, ce réalisme nouveau proche du théâtre hugolien qui renforce malgré le prétexte historique et dramatique, le relief individuel de chaque protagoniste.

 

La diffusion de Giovanna d’Arco de Verdi avec Anna Netrebko est réalisée sur Arte à partir de 22h30.

 
 

RAYONNANTE NETREBKO

 
 

ARTE, lundi 7 décembre 2015, 22h30 : Anna Netrebko chante Giovanna d’Arco de Verdi à la Scala de Milan (22h30).

 
 
 

brahms complete orchestral music coffret box Decca review compte rendu critique cd classiquenews Freire kavakos repin mork disques cd review compte rendu critique de disque, coffret Chailly classiquenews CD. Riccardo Chailly. DECCA vient d’éditer l’intégrale Brahms par Riccardo Chailly pilote du Gewandhaus de Leipzig en novembre 2015. LIRE notre compte rendu critique de l’intégrale Brahms par Riccardo Chailly… Directeur musical du Gewandhaus de Leipzig depuis 2005, Riccardo Chailly signe donc une intégrale qui malgré certains passages à vide, comporte des instants de grâce, comme suspendus, portés par cet idéal personnel de la lisibilité et de la clarté qui n’empêche ce que nous aimons tant chez Brahms, l’ivresse et l’extase tendre, jaillissement éperdu d’une innocence préservée, intacte malgré les blessures tues, les traumatismes (écouter ce même Andante et la place accordée au chant du violoncelle : un instant de grâce).

Anna Netrebko chante la nouvelle Giovanna d’Arco de la Scala

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitMilan, Scala. Verdi : Giovanna d’Arco. Anna Netrebko, 7-23 décembre 2015. Pour lancer sa nouvelle saison lyrique 2015-2016, La Scala produit un opéra créé sur ses planches en 1845, Giovanna d’Arco, ardente fresque historique à laquelle Verdi offre un éclairage psychologique particulier en soulignant le lien entre le père de Giovanna (au début opposé à sa fille qu’il dénonce comme sorcière) puis proche et loyal à ses côté jusqu’à sa mort. On sait quelle importance revêt ensuite, opéra par opéra, le rapport père  / fille dans les opéras verdiens. Giovanna d’Arco est le dernier des ouvrages de jeunesse de verdi, ses fameuses années de galère où il écrivait plus de un ouvrage par an, s’affirmant par un sens de l’occupation et du nombre mais surtout par une sensibilité dramatique alors inouïe faisant imploser les conventions de l’opéra italien.

 

Netrebko performs as Leonora during a dress rehearsal of Giuseppe Verdi's "Il trovatore" in SalzburgSur un sujet qui se passe en France en 1429 quand Charles VII abdique sous la pression des anglais, même introspectif, Verdi éblouit par son sens et de l’architecture (enchaînement d’épisodes contrastés) et dans ses scènes collectives (finale vers la Cathédrale du I, et aussi dénonciation par le père devant la foule prête au lynchage à la fin du II). Le profil de Giovanna qui s’élève vers son sacrifice final est particulièrement bien traité : dans ce rôle qui annonce les grandes héroïnes angéliques et fortes (Leonora, Traviata, Gilda…), Tebaldi ou Anderson se sont particlièrement illustrées. Aujourd’hui une diva charnelle, intense et voluptueuse relève le défi, avec d’autant plus de maîtrise annoncée qu’elle a fait de Verdi, son compositeur presque exclusif : dévoilant sa féminité expressive dans le rôle de Leonora (Le Trouvère / Il Trovatore), surtout plus récemment Lady Macbeth (Macbeth : prise de rôle que beaucoup jugeait suicidaire). En décembre 2015, voici donc sa Giovanna : à la pureté de la ligne, Netrebko saura-t-elle ajouter l’élégance vocale, entre expressivité et finesse ? Réponse à partir du 7 décembre 2015 à Milan. Deutsche Grammophon a édité l’enregistrement de l’opéra  Giovanna d’Arco avec la diva austrorusse Anna Netrebko (avec Placido Domingo dans le rôle du père Giacomo, et Francesco Meli en Carlo, 2013).

 

 

Prochains rôles pour Anna Netrebko :

PARIS, Opéra bastille : du 28 janvier au 15 février 2016. VERDI : Il Trovatore (Leonora)
DRESDE, Semperoper : Du 19 au 29 mai 2016. WAGNER : Lohengrin (Elsa)
VIENNE, Staatsoper : Du 20 au 30 juin 2016. PUCCINI : Manon Lescaut (Manon)
BERLIN, Schiller Théâtre : Les 8,11 et 14 juillet 2016. VERDI : Il Trovatore (Leonora)

 

 

 

 

boutonreservationLes 7,10,13,15,18,21, 23 décembre 2015
Giovanna d’Arco de Verdi à la Scala de Milan

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Nouvelle production

 

Anna Netrebko, Giovanna D’Arco
Francesco Meli, Carlo VII
Carlos Alvarez, Giacomo
Riccardo Chailly, direction
M Leiser et P Caurier, mise en scène

Durée : 2h20mn avec entractes

arte_logo_2013Télé. Diffusé sur l’antenne d’ARTE en différé le 7 décembre 2015, 22h20

CD. Verdi : Giovanna D’Arco (Netrebko, Domingo. Salzbourg 2013)

verdi cd Anna Netrebko Placido Domingo deutsche grammophon Giovanna d'Arco DG CDCD, critique. Verdi : Giovanna D’Arco (Netrebko, Domingo. Salzbourg 2013). Giovanna d’Arco est redevable à la première manière de Verdi, un compositeur alors en plein succès celui de Nabucco, à la manière guerrière, vive, fiévreuse qui cependant ici étonne par la ciselure délicate réservée à l’héroïne : Giovanna. Sur les traces de Schiller, une source chérie à laquelle il puisera encore la trame de Luisa Miller entre autres…, Verdi s’intéresse au profil de la jeune vierge, paysanne de Domrémy devenue chevalier, inféodée au service puis  ici, à l’amour du roi Charles VII (Carlo). L’histoire est totalement réécrite à la faveur d’une  intrigue amoureuse assez peu vraisemblable mais dont la mise en forme privilégie une succession de tableaux avec choeur, d’une dignité expressive noble et tragique (car la fin produit la mort de Giovanna expirante et sacrifiée), dans le sillon des grands oratorios de Rossini. Surprenante la relation du père (Giacomo) à la fille : c’est à cause de lui que Giovanna est dénoncée de sorcellerie et livrée à la haine populaire. Un comble – conçue dans la jeunesse quand on sait l’importance de la filiation dans les autres opéras, et la tendresse indéfectible des pères pour leur progéniture. A contrario de l’action de Giovanna d’Arco, Verdi soigne ensuite la tendresse du père pour sa fille et vice versa (Rigoletto, Boccanegra et déjà Stiffelio…). Ici, le cadre romanesque impose des règles et un cadre que Verdi prendra soin d’éclater pour mieux affiner le profil psychologique des caractères et colorer avec subtilité, les relations ténues qui les relient.

Une Giovanna trop charnelle, un Domingo saisissant

netrebko annaObjet de 3 soirées prestigieuses au festival de Salzbourg 2013, cette production en version de concert avait attiré les huiles autrichiennes et les visiteurs de marques par son affiche : Anna Netrebko et Placido Domingo séduisent toujours autant. Et reconnaissons que le ténor devenu baryton (hier Carlo, ce soir Giacomo) offre à tous une leçon de style et de justesse émotionnelle. Moins d’enthousiasme en revanche pour celle qui chantera bientôt les grands rôles verdiens : Leonora du Trouvère et surtout Lady Macbeth. Anna Netrebko fascine toujours autant par son timbre charnu et opulent. Mais le problème se précise dès ses premiers airs : le calibre vocal ne cadre pas avec cette ligne bellinienne, légère et agile, qui fit jadis les délices d’une Caballé. Trop puissante et large, la Giovanna de Netrebko ne convainc pas. Le personnage ne correspond en rien à l’étoffe et à l’esprit de la chanteuse… que l’on attend d’autant mieux dans les tourments crépusculaires et obsessionnels de Lady Macbeth, et que sa Leonora, révélée récemment au disque, chez Deutsche Grammophon également, affirmait de bien meilleure manière.

Même Francesco Meli malgré la beauté du timbre lui aussi offre un portrait systématique, trop mécanique et démonstratif du roi Carlo, amoureux de sa guerrière Giovanna. Décidément l’aîné des solistes Domingo s’impose par sa distinction d’intonation, la subtilité de sa diction… qui a contrario de la noirceur première de Giacomo, dévoile l’humanité du père qui enfin mais trop tard, reconnaît la beauté morale de sa fille. Le chef malgré le choeur épais, parvient à insuffler un nerf continu au drame qui souffre cependant d’un raffinement trop souvent concentré lorsque le roi Domingo paraît. Un témoignage en demi teintes donc.

Giuseppe Verdi : Giovanna d’Arco. Anna Netrebko · Plácido Domingo Francesco Meli · Johannes Dunz – Roberto Tagliavini. Philharmonia Chor Wien, Münchner Rundfunkorchester. Paolo Carignani, direction. Enregistrement live réalisé lors du festival de Salzbourg 2013. 2 cd Deutsche Grammophon 0289 479 2712 9 2 CDs DDD GH2.

TOURS, Opéra. Verdi : nouvelle GIOVANNA D’ARCO, 15,17, 19 mai 2020

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitTOURS, Opéra. VERDI : Giovanna d’Arco, 15, 17, 19 mai 2020. Nouvelle production événement et première à Tours, l’opéra de jeunesse de Verdi, inspiré du mythe français et gothique, Jeanne d’Arc, d’après la pièce de Schiller, devenu Giovanna d’Arco… Le chef et directeur des lieux, Benjamin Pionnier affiche une première attendue à l’Opéra de Tours : Giovanna d’Arc n’avait jamais été représentée sur la scène tourangelle. La nouvelle production (Yves Lenoir mise en scène) permet enfin au public français de mesurer le génie de Verdi et aussi sa grande liberté vis à vis d’un mythe authentiquement hexagonal, très inspiré par le dramaturge romantique Schiller. L’opéra de Verdi est contemporain de Tannhaüser de Wagner et Genoveva de Schumann… Comme la noire et tragique LUISA MILLER également inspiré du théâtre de son cher Schiller (San Carlo de Naples, déc 1849), Giovanni d’Arco créé à la Scala de Milan le 15 fév 1845, fait suite à I due Foscari (Rome, Argentina, nov 1844) fixe le trio désormais emblématique de l’opéra verdien : Giovanna (soprano), Carlo VII (ténor) et Giacomo (baryton)… Le dénouement s’affranchit de l’histoire et imagine une toute autre fin pour Jeanne d’Arc, laquelle finit par être aimée du roi Charles VII ! Pourtant applaudi, Verdi est déçu des moyens mis à disposition par le directeur de la Scala : fâché avec Giovanna, le compositeur ne réservera plus de création pour la scène scaligène, pas avant Otello, soit 43 ans après Giovanna, en 1887.

viaje-a-milan-verdi-netrebko-Giovanna-dArco-Scala-AnnaPour renforcer encore la légende de Jeanne, Verdi et Schiller dressent un portrait semé d’exploit et de reconnaissance pour la Pucelle d’Orléans : Giovanna permet à Charles VII de revenir sur le trône de France auquel il avait renoncer ; la combattante aimée du souverain meurt au champs de bataille, auréolée de gloire, célébrée par un chÅ“ur céleste… A contrario de ce qu’il développera plus tard, – la relation fusionnelle père et fille, c’est ici le propre père de la jeune fille qui la dénonce comme sorcière à l’anglais : la père donne ainsi sa fille, même s’il comprend ensuite son erreur… avec les chefs d’oeuvre à venir, Stiffelio, Rigoletto, Simon Boccanegra, Verdi modifiera totalement la représentation des liens père / fille, en une complicité inaltérable. L’œuvre démontre la maîtrise dramatique de Verdi qui sait fusionner temps théâtral et tempo musical en une totalité expressive de plus en plus prenante. Giovanni d’Arco préfigure avec ses prolongements immédiats (Attila, Alzira) la force théâtrale et psychologique de Macbeth à venir (Florence, 1847). Illustration : Anna Netrebko a contribué au succès récent de la recréation de Giovanna d’Arc à la Scala de Milan, réalisée fin 2015, après l’avoir chanté dès juin 2014 à Salzbourg (DR).

 

 

 

 

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Opéra de Tours, nouvelle production événement
Vendredi 15 mai 2020 – 20h
Dimanche 17 mai 2020 – 15h
Mardi 19 mai 2020 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACEboutonreservation
directement sur le site de l’Opéra de Tours
http://www.operadetours.fr/giovanna-d-arco

 
 

 

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GIOVANNA D’ARCO de Giuseppe Verdi  -  Opéra en trois actes et un prologue
Livret de Temistocle Solera
d’après La jeune fille d’Orléans de Friedrich von Schiller
Créé le 15 février 1845 à la Scala de Milan

Nouvelle Production
Coproduction Op̩ra de Tours РTh̢̩tre Orchestre Bienne Soleure
Première représentation à l’Opéra de Tours

Durée : environ 2h30 avec entracte

 

 
 

 

Synopsis

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verdi dvd review giovanna darco anna  netrebko meli scala dec 2015 la critique par classiquenewsLe drame s’ouvre sur l’abdication de Charles VII. ACTE I : face aux anglais défaits par Jeanne, Charles VII avoue son amour pour sa libératrice (duo). L’acte s’achève sur le tableau vers la Cathédrale (pour le nouveau couronnement victorieux du Roi), avec en contrastes saisissants : les démons hors scène et le chÅ“ur royal lumineux. ACTE II : Giacomo écartelé, (superbe solo du père : tout l’art de Verdi est d’avoir su conférer au délateur indigne une réelle profondeur coupable et tiraillée) dénonce sa fille Giovanna / Jeanne aux anglais. ACTE III : dans le camp britannique, Giovanna captive prie, pardonne à son père puis meurt en martyre, glorifiée. Illustration : le retour de Giovanna d’Arc à la Scala de Milan, déc 2015 - LIRE aussi notre critique du dvd : Chailly / Anna Netrebko

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Conférence
Samedi 25 avril – 14h30
Grand Th̢̩tre РSalle Jean Vilar
Entrée gratuite

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scène : Yves Lenoir
Décors : Bruno de Lavenère
Costumes : Jean-Jacques Delmotte
Lumières : Mario Bösemann

Giovanna : Astrik Khanamiryan
Carlo VII : Irakli Murjikneli
Giacomo : Marco Caria
Delil : Pierre-Antoine Chaumien
Talbot : Sévag Tachdjian

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours