Requiem de Fauré à Poitiers

sargent-faure-gabriel-portrait-1280px-John_Singer_Sargent_-_Gabriel_Faure-livres-homepage-magazine-livres-classiquenews-582POITIERS, TAP. Le 20 mars 2019. FAURE : Requiem, Pelléas. C’est la concrétisation attendue d’un projet réalisé entre l’Orchestre des Champs Elysées et le TAP. Depuis sa création en 2014, Chœur et orchestre des jeunes implique des jeunes du territoire poitevin, issus de divers horizons. Cette année les lycéens d’établissement d’enseignements général, technologique, professionnel et agricole, et les élèves des conservatoires sont rejoints par des jeunes en situation de handicap sans pratique musicale régulière. Une expérience de rencontre et de partage, de sensibilisation et de transmission, autour d’une ambition commune. Au programme de cette 6ème édition, le Requiem de Fauré, œuvre majeure du compositeur qui frappe par sa paradoxale douceur et son appel à l’espérance, et la création d’un jeune compositeur, auquel l’Orchestre des Champs-Elysées a passé commande.

Au cœur de l’expérience, associant jeunes chanteurs et musiciens sur instruments d’époque de l’Orchestre des Champs Elysées, l’œuvre raffinée, profonde mais si mesurée voire pudique de Gabriel Fauré, qu’il faut jouer avec clarté, transparence et un art des nuances, consommé. Le Requiem version pour grand orchestre de 1900, est couplé avec la suite Pelléas, véritable manifeste de musique française propre à l’extrême fin du XIXè (1898) : Fauré écrivant cette musique de scène après que Debussy eut décliné la commande énoncée par l’actrice Mrs Patrick Campbell. Dans sa version pour orchestre, – sans mise en scène, Fauré a lui-même orchestré (la partition pour le théâtre ayant été réalisée par son élève Charles Koechlin) ; la délicatesse de l’orchestration n’empêche pas une certaine ampleur proche des climats souterrains, marins du poème initial de Maeterlinck.

 

 

 

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POITIERS, TAPboutonreservation
Mercredi 20 mars 2019, 19h30
Gabriel Fauré  : Requiem op. 48 (version pour grand orchestre de 1900), Pélléas et Mélisande
Louis Daval Frerot : The unquestioned answer
Chœur et orchestre des jeunes
Orchestre des Champs-Elysées
Mathieu Romano, direction

 

 

 

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https://www.tap-poitiers.com/spectacle/choeur-et-orchestre-des-jeunes-4/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

POITIERS, TAP. Le 20 mars 2019. FAURE : Requiem, Pelléas

sargent-faure-gabriel-portrait-1280px-John_Singer_Sargent_-_Gabriel_Faure-livres-homepage-magazine-livres-classiquenews-582POITIERS, TAP. Le 20 mars 2019. FAURE : Requiem, Pelléas. C’est la concrétisation attendue d’un projet réalisé entre l’Orchestre des Champs Elysées et le TAP. Depuis sa création en 2014, Chœur et orchestre des jeunes implique des jeunes du territoire poitevin, issus de divers horizons. Cette année les lycéens d’établissement d’enseignements général, technologique, professionnel et agricole, et les élèves des conservatoires sont rejoints par des jeunes en situation de handicap sans pratique musicale régulière. Une expérience de rencontre et de partage, de sensibilisation et de transmission, autour d’une ambition commune. Au programme de cette 6ème édition, le Requiem de Fauré, œuvre majeure du compositeur qui frappe par sa paradoxale douceur et son appel à l’espérance, et la création d’un jeune compositeur (Louis Daval Frerot The unquestioned answer), auquel l’Orchestre des Champs-Elysées a passé commande.

Au cœur de l’expérience, associant jeunes chanteurs et musiciens sur instruments d’époque de l’Orchestre des Champs Elysées, l’œuvre raffinée, profonde mais si mesurée voire pudique de Gabriel Fauré, qu’il faut jouer avec clarté, transparence et un art des nuances, consommé. Le Requiem version pour grand orchestre de 1900, est couplé avec la suite Pelléas, véritable manifeste de musique française propre à l’extrême fin du XIXè (1898) : Fauré écrivant cette musique de scène après que Debussy eut décliné la commande énoncée par l’actrice Mrs Patrick Campbell. Dans sa version pour orchestre, – sans mise en scène, Fauré a lui-même orchestré (la partition pour le théâtre ayant été réalisée par son élève Charles Koechlin) ; la délicatesse de l’orchestration n’empêche pas une certaine ampleur proche des climats souterrains, marins du poème initial de Maeterlinck.

 

 

 

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Mercredi 20 mars 2019, 19h30
Gabriel Fauré  : Requiem op. 48 (version pour grand orchestre de 1900), Pélléas et Mélisande
Louis Daval Frerot : The unquestioned answer
Chœur et orchestre des jeunes
Orchestre des Champs-Elysées
Mathieu Romano, direction

 

 

 

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POITIERS, TAP. Deshayes, Vitaud…jouent Debussy, Fauré, Duparc

deshayes-karine-recital-debussy-faure-vitaud-annonce-classiquenewsPOITIERS, TAP, le 11 déc 2018. Deshayes, Vitaud… Le TAP / Théâtre Auditorium de Poitiers fête le centenaire Claude Debussy (1862-1918). D’abord par le chant du piano seul avec la Suite bergamasque (amorcée dès 1890, publiée en 1905) : Debussy y joue des formes du passé (Prélude, Menuet, Passepied) et produit un son et des harmonies nouveaux. Le 4ème épisode, un Clair de lune, vite célèbre, allie douceur et invention mélodique.
Même ivresse sonore et forme planante, inédite dans  L’Après-midi d’un faune, d’après  le poème de Mallarmé où le désir et la pulsion érotique du faune conduisent le développement, la trajectoire, la forme des harmonies. La sensualité déborde dans cette partition crée le 22 décembre 1894, immédiatement saluée par le si difficile et le très exigeant Ravel. La transcription pour clavier seul qu’en déduit le pianiste Jonas Vitaud sait préserver l’énoncé allusif de ce rêve éveillé,  tout en creusant sa part de mystère voire son essence énigmatique.

PIANO & MELODIES ROMANTIQUES et POST ROMANTIQUES
Le chemins de la modernité

Le programme à Poitiers laisse une part majeure au verbe poétique en particulier aux poèmes mis en musique par Debussy, Duparc (1848-1933), Fauré (1845-1924), tous trois maîtres de la mélodie française… depuis le génie d’un Berlioz au début du siècle. La trilogie ainsi exposée à Poitiers met en lumière ce passage essentiel du romantisme au postromantisme et à la modernité telle qu’elle s’affirme dans le cas de Debussy.

Cycle majeur de Gabriel Fauré : La Bonne chanson (1894). À l’origine pour ténor et piano, le recueil des 9 poèmes mélodies s’inspire de Verlaine. Le concert en propose quatre parmi les plus emblématiques de la facilité de Fauré dans ce genre qui unit le verbe et le son en une suite de peintures sonores picturales : Puisque l’Aube grandit, La Lune blanche,  N’est-ce pas ? L’Hiver a cessé.

Les 3 chansons de Bilitis d’après Pierre Louÿs sont mises en musique par Debussy en 1897. Il s’agit d’évoquer, mieux d’exprimer le souffle filigrané et sensuel de l’Antiquité grecque, comme c’était l’enjeu et donc la réussite du Faune de 1894.

Henri Duparc comme cet autre intransigeant et perfectionniste Paul Dukas, ne laisse à la postérité que ces partitions les plus parfaites. En témoignent les mélodies jouées ce soir : La Vie antérieure, d’après Baudelaire (1884) d’un pouvoir incantatoire et mystérieux irrésistible ; et  L’Invitation au voyage (1870),  d’après Baudelaire aussi, qui envisage des climats musicaux d’une profondeur inédite.

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deshayes-karine-recital-debussy-faure-vitaud-annonce-classiquenewsDEBUSSY, FAURE, DUPARC
MARDI 11 décembre 2018, 20h30
TAP Poitiers
Durée : 1h30 avec entracte

Karine Deshayes, mezzo-soprano
Jonas Vitaud, piano

> Claude Debussy: Ballade, Suite Bergamasque, Prélude à l’après-midi d’un faune (transcription Jonas Vitaud), Chansons de Bilitis
> Gabriel Fauré : 4 mélodies extraites de La Bonne Chanson op. 61

> Henri Duparc : Mélodies

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Strasbourg, Opéra. Pénélope de Fauré. Du 23 octobre au 3 novembre 2015.

Antonacci pianoStrasbourg, Opéra. Pénélope de Fauré. Du 23 octobre au 3 novembre 2015. Trois noms devraient assurer la réussite de cette nouvelle production de Pénélope de Fauré à l’Opéra du Rhin : le chef Patrick Davin, le metteur en scène Olivier Py et surtout la cantatrice qui a déjà chanté le rôle : la soprano Anna Caterina Antonacci.  Après Strauss et Puccini, compositeurs si inspirés par la féminité, Fauré emboîte le pas à Massenet (Esclarmonde, Manon, Thaïs, Cléopâtre, Thérèse…) et Saint-Saëns (Hélène, 1904), Fauré aborde le profil mythologique de Pénélope, épouse loyale qui attend le retour de son mari Ulysse, parti batailler contre les Troyens. Son retour fut mis en musique par Monteverdi au XVIIè ; Fauré, mélodiste génial s’intéresse au profil de la femme fidèle que l’attente use peu à peu… L’ouvrage créé à l’Opéra de Monte-Carlo le 4 mars 1913 pâtit du livret très fleuri et sophistiqué, un rien désuet d’un jeune poète dramaturge René Fauchois : le jeune homme comédien dans la troupe de Sarah Bernhardt, avait été présenté à Fauré par la cantatrice Lucienne Bréval qui souhaitait ainsi chanter un opéra du Maître. C’est pour Fauré un défi de la maturité et suivre son tempérament taillé pour l’élégance, l’intériorité, le raffinement, éprouvé par la nécessité du théâtre, reste passionnant. Il ne cesse de rabrouer son jeune librettiste, lui reprochant toujours son “verbiage”. A Monte-carlo, le succès n’est que d’estime ce qui désespère l’auteur. Il faut vraiment attendre la reprise parisienne à l’Opéra-Comique en 1919 avec Germaine Lubin pour que l’ouvrage suscite une passion publique.

 

 

faure-penelope-opera-du-rhin-octobre-2015-presentation-review-critique-CLASSIQUENEWSRetour de l’éternelle attente… Pénélope a trouvé la parade aux prétendants qui souhaitent l’épouser car il faut redonner à l’île d’Ithaque, un roi et un nouvel avenir après le départ d’Ulysse. La souveraine défait chaque soir l’ouvrage qu’elle a tissé pendant la journée : elle a fait le voeu en effet d’accepter un nouvel époux quand son métier serait achevé. Pour faire antique, Fauré compose donc une fresque épurée, sensuelle, colorée de danses « orientales », soit un cadre vraisemblable et riche pour mettre en avant la cantatrice vedette dont le rôle exige tempérament, constance, vérité et profondeur tragiques. La musique de Fauré, consciemment ou non, interroge la formulation et le sens de l’attente : il faut l’espérance pour oser prétendre à l’inespéré. Mais Pénélope qui patiente et attend, a-t-elle conscience de son propre avenir qui est à l’extrémité de son attente ? Qu’espère-t-elle au demeurant ? Quel enseignement va-t-elle découvrir à la fin de son attente ?

 

faure gabriel portrait gabriel faure CLASSIQUENEWSGabriel Fauré voulait un sujet mythologique pour son opéra. Les derniers chants de l’Odyssée inspire un livret resserré mais Homère est ici réactualisé dans le Paris de 1907, année où Fauré commence sa partition. Olivier Py estime la poésie du librettiste et rappelle qu’au moment de l’écriture de Fauré, le Titanic a sombré emportant avec lui toute une époque, celle de Fauré. justement. Dans Pénélope, Fauré cible l’abstraction, c’est à dire une action universelle : l’attente de Pénélope (Fauré concentre son action sur la figure féminine au point que le personnage de Télémaque a disparu) désire comprendre mais elle reste absente à tout discernement, et demeure aveugle à sa propre actualité (au point d’ailleurs dans l’opéra de ne pas reconnaître Ulysse qui est revenu…) : Fauré, c’est Pénélope qui ne voit pas venir le marxisme, la Guerre mondiale, ce gouffre terrible qui va surgir. La couronne de Télémaque et d’Ulysse jetées dans une flaque d’eau : tel est le défi de base proposé par Olivier Py à son responsable des décors, Pierre-André Weitz. Il en découle un dispositif scénique continûment mobile, composé de plateaux tournants, posés sur une étendue d’eau… qui fait vaciller l’ensemble du décor et de la machinerie : c’est un prodige d’ombres, de formes évanescentes qui trouble l’entendement du spectateur. De sorte que nous sommes exactement dans cette perte de la conscience qui a peu à peu enseveli la raison de celle qui attend et s’est perdue. La dramaturgie est nourrie d’espérance déçue, d’attente, de pudeur très noble (pas de place pour le burlesque et le comique ou l’ironie). Le cadre choisi est celui d’un éternel retour…

HUNOLD catherine-hunold1Une autre voix pour la générale… Dernière minute : c’est Catherine Hunold (photo ci-contre), sublime diseuse et voix ample et timbrée qui a assuré finalement le rôle de Pénélope pour la Générale : la diva française a confirmé ainsi ses affinités avec le récitatif fauréen, subtile prosodie entre chant et parole… Elle poursuit une série de prise de rôles de plus en plus convaincants : Bérénice à Tours (recréation saluée par CLASSIQUENEWS), et dernièrement au disque, Sémélé, cantate pour le prix de Rome de Paul Dukas présentée malheureusement en 1889 : un coup de génie bien peu reconnu par l’Institution.Il existe seulement deux enregistrements : l’un en live par Ingelbrecht  avec Régine Crespin (1956), l’autre en studio par Charles Dutoit avec Jessye Norman (1980). 

 

 

 

boutonreservationPénélope de Fauré à l’Opéra de Strasbourg
7 représentations à ne pas manquer
Les 23, 27, 29, 31 octobre puis 3 novembre 2015.
A Mulhouse (La Filature), les 20 puis 22 novembre 2015

Direction musicale: Patrick Davin
Mise en scène: Olivier Py
Décors et costumes: Pierre-André Weitz
Lumières: Bertrand Killy

 

Pénélope: Anna Caterina Antonacci
Ulysse: Marc Laho
Euryclée: Élodie Méchain
Cléone: Sarah Laulan
Mélantho: Kristina Bitenc
Phylo: Rocío Pérez
Lydie: Francesca Sorteni
Alcandre: Lamia Beuque
Eumée: Jean-Philippe Lafont
Eurymaque: Edwin Crossley-Mercer
Antinoüs: Martial Defontaine
Léodès: Mark Van Arsdale
Ctésippe: Arnaud Richard
Pisandre: Camille Tresmontant

Chœurs de l’Opéra national du Rhin
Maîtrise de l’Opéra national du Rhin – Petits chanteurs de Strasbourg
Orchestre symphonique de Mulhouse
Éditions Heugel

LIRE aussi notre compte rendu du cd  Hélène de Camille Saint-Saëns (1904) / entretien avec Guillaume Tourniaire

 

 

 

Fauré – Suite Dolly, « La Berceuse » (partition interactive pour PIANO à 4 mains)

Icône_1024x1024_FauréFauré – Suite Dolly, « La Berceuse » (partition interactive pour PIANO à 4 mains). La suite Dolly, op.56 est un ensemble de six pièces pour piano à quatre mains, composé par Gabriel Fauré entre 1894 et 1897. Ces courtes pièces ont été composées en l’honneur d’Hélène, surnommée Dolly, la fille d’Emma Bardac, cantatrice et future épouse de Claude Debussy. La Berceuse est écrite pour le premier anniversaire de celle-ci, les autres étant conçues pour d’autres anniversaires de Dolly ou d’autres événements familiaux. Les sous-titres soulignent le caractère « intime » de l’œuvre, Ketty étant le chien des Bardac, déformé plus tard en « Kitty » dans la quatrième pièce et Mi-a-ou venant de « monsieur Aoul », en référence au frère d’Hélène, Raoul… Il s’agit de la seule œuvre pour piano à quatre mains de Fauré. L’œuvre a été créée par Alfred Cortot et Edouard Risler en 1898. Il existe une version symphonique orchestrée par Henri Rabaud (créée en 1906). L’œuvre comporte six pièces et son exécution dure un peu moins de quinze minutes. La Berceuse (allegretto moderato), tendre et rêveuse, ouvre le cycle où s’exprime toute l’affection et la tendresse du compositeur pour le sujet qui l’inspire…

Déroulement du cycle Dolly opus 56 de Gabriel Fauré :

Berceuse, mi-a-ou, Le jardin de Dolly, Kitty-valse,Tendresse, Le pas espagnol

 

 

 

L’éditeur de partitions interactives Tombooks propose de jouer la Berceuse de la Suite Dolly de Gabriel Fauré

 

bouton partitionDECOUVREZ la partition interactive de
La Berceuse extraite du cycle Dolly de Gabriel Fauré, éditée par Tombooks

 

 

Niveau de difficulté : intermédiaire / facile (3-4)
Type de partition : avec accompagnement
Prix de la partition : 2,99 euros

 

 

Bénéfices de la partition interactive éditée par Tombooks :

Avec l’application pour iPad Play Fauré – Suite Dolly « La Berceuse », Tombooks révolutionne la partition musicale:

- Jouez dans votre salon accompagné par d’autres musiciens, comme dans une salle de concert
- Adaptez le tempo de l’accompagnement à votre niveau
- Ajouter vos annotations personnalisées à la partition et imprimez-là
- Enregistrez-vous et réécoutez-vous
- Partagez vos enregistrements et vos partitions annotées avec votre professeur ou vos amis

 

Présentation vidéo de l’application proposée par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition défile sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprétation du morceau.

 

 

http://youtu.be/Cjr-F_F97Co

 

 

Compte-rendu : Paris. Théâtre des Champs-Elysées, le 20 juin 2013. Fauré : Pénélope. Roberto Alagna, Anna Caterina Antonacci … Chœur et Orchestre Lamoureux. Fayçal Karoui, direction 


Antonacci pianoIl fallait bien recourir à deux « superstars » lyriques comme Roberto Alagna et Anna Caterina Antonacci, pour faire salle comble avec Pénélope de Gabriel Fauré.
Deuxième tentative opératique du compositeur, l’œuvre entrée en 1913 au répertoire du Théâtre des Champs-Elysées avait toute sa place pour cette saison centenaire 2012-2013 qui touche à sa fin. Elle aura pourtant connu moins d’une dizaine de représentations dans toute son histoire et bénéficié de seulement deux enregistrements : l’un en live par Ingelbrecht  avec Régine Crespin (1956), l’autre en studio par Charles Dutoit avec Jessye Norman (1980).

 

 

Pénélope, rare et ensorcelante …

 

Le succès mitigé de cet opéra peut s’expliquer de plusieurs manières : le livret de René Fauchois plat et mal construit ; une partition de Fauré, elle aussi peu théâtrale, loin du style habituel du compositeur et encore plus éloignée de ce qui se faisait de plus moderne à l’époque pour rester à la postérité. La musique, il faut bien l’avouer, n’est pas des plus séduisantes. Elle fonctionne plutôt en longs tableaux diluant une même ambiance, sans contrastes forts ni arrêtes saillantes, avec des couleurs orchestrales qui évoquent des tons pastels… Tandis que l’écriture vocale et la prosodie restent assez plats. Néanmoins, en dehors de son intérêt purement « historique », sa richesse harmonique comme la beauté de plusieurs de ses pages – notamment aux actes II et III – en font une œuvre à ne pas négliger.
Les quelques faiblesses de la partition ont d’ailleurs été accentuées par l’interprétation peu frémissante de Fayçal Karoui. Le chef semble pourtant vouloir insuffler de l’énergie à l’Orchestre Lamoureux – dont le niveau est, au demeurant, tout à fait respectable – mais la mayonnaise ne prend pas et laisse une impression assez molle de l’ensemble, sauf lors de quelques passages brillants.
Avec un plateau vocal aussi luxueux, cette interprétation fera certainement date dans la (courte) histoire discographique de l’opéra. Habituée aux héroïnes plus ardentes, Anna Caterina Antonacci est parvenue à insuffler au rôle de Pénélope la vigueur et la passion qui lui fait parfois défaut. La tessiture et la vocalité du rôle lui convenaient à merveille, laissant libre court à son talent de tragédienne. Quant à Roberto Alagna, son aisance et son charisme en font un Ulysse lumineux, solaire… irrésistible.
L’opéra ne comporte pas de véritable de second rôle, hormis peut-être le berger Eumée, incarné par Vincent Le Texier dont la voix ample très engorgée semblait en décalage dans ce répertoire.
Pénélope n’est pas une œuvre qui se livre aisément, elle dévoile ses charmes progressivement, à force de persévérance. Malheureusement, si le spectacle a été enregistré par le Théâtre, aucune diffusion n’est prévue pour l’instant, alors que cette œuvre mérite un véritable coup de projecteur et une visibilité digne de ce nom.

Paris. Théâtre des Champs-Elysées, le 20 juin 2013. Fauré, Pénélope. Roberto Alagna, Anna Caterina Antonacci, Vincent Le Texier, Edwin Crossley-Mercer,  Marina de Liso, Julien Behr, Sophie Pondjiclis, Jérémy Duffau, Khatouna Gadelia, Marc Labonette  et Antonin Rondepierre. Chœur Lamoureux, direction Patrick Marco. Orchestre Lamoureux, direction Fayçal Karoui.

Illustration : Anna Caterina Antonacci (DR)