DANSE à MONACO : La Coppél-i.A. de JC MAILLOT

MONTE CARLO : COPPELIA 2020, jusqu’au 5 janvier 2020. Version JC MAILLOT : le plus fantastique des ballets classiques et romantiques refait surface à Monte Carlo et à travers l’imaginaire érudit poétique du directeur des Ballets de Monte Carlo, Jean-Christophe Maillot. Rebaptisé « Coppél-i.A. », le nouveau ballet tient l’affiche au Grimaldi Forum de Monaco, jusqu’au 5 janv 2020. Créé ce 27 déc 2019, le ballet marque à nouveau l’histoire de la troupe : Ici, Coppélia est actualisée selon les dernières avancées techno : elle est le fruit de l’IA, Intelligence Artificielle et douée de sentiments, la poupée mécanique tombe amoureuse de Frantz et tue même son créateur, le professeur Coppélius. Maillot offre donc une nouvelle version du mythe de la poupée plus vraie que nature, capable de sentiments. En marche vers une refondation du sujet, Maillot sait cependant rester dans les lignes car il exploite toujours un changement narratif s’il sert la dimension expressive du ballet. Pour autant le regard réexplore et recompose l’original : la musique de Delibes jugée un peu niaise (!) est complétée par une bande nouvelle composée pour l’occasion par son frère Bertrand. Le but est d’amplifier le profil psychologique de chaque protagoniste du trio : Frantz, Coppélia, Swanilda… Qui des trois a le cœur le plus vaillant et la figure la plus humaine ? A vous de choisir, à Monaco pour les fêtes de fin d’année et pour célébrer l’an neuf, Forum Grimaldi jusqu’au 5 janvier 2020

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COPPÉL -i.A.
Jean-Christophe Maillot d’après la Coppélia de Delibes et ETA HOFFMANN
Réservez votre place
https://www.balletsdemontecarlo.com/fr/saison-2019-2020/coppelia
Ballet en 2 actes – durée : 1h22 + entracte de 20 mn

 

 

 

 

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Illustration : ballet Coppél-iA – Cie JC Maillot / Les ballets de Monte-Carlo / service de presse (DR)

 

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TEASER VIDEO

 

 

 

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“COPPÉL-i.A.” 
Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot
Musique originale et Arrangement de l’oeuvre de Léo Delibes : Bertrand Maillot
Scénographie, Costumes : Aimée Moreni
Lumières : Jean-Christophe Maillot et Samuel Thery
Dramaturgie : Jean-Christophe Maillot et Geoffroy Staquet

Coppélia au cinéma, indirect du ROH, Londres

classiquenews-copppelia-annonce-critique-danse-ballet-classiquenews-coppelia-royal-opera-house-gary-avis-nunez-coppelia-2019-ROH-copyright-gavin-smartCinéma, ballet. Coppélia, mardi 10 décembre 2019 en direct du ROH, Londres. Coppélia, grand classique du Royal Ballet à Covent Garden (londres), est ainsi projeté en direct dans les cinémas partout en France, ce 10 décembre 2019 (20h15). Fantastique et poétique, le ballet Coppélia bénéficie d’une musique raffinée, conçue par Léo Delibes. A Londres, la partition est devenue un pilier du répertoire de la troupe de danseurs britanniques depuis qu’elle a été chorégraphiée par la fondatrice du Royal Ballet, Dame Ninette de Valois. Inspiré des Contes d’Hoffmann, l’action fait paraître une poupée mécanique plus vraie que la vie, charmant jusqu’à l’enivrement un jeune romantique trop naïf (Franz)… que la jeune Swanilda va bientôt conduire vers la juste clairvoyance. Amour et illusion, désir et aveuglement nourrissent une intrigue particulièrement efficace qui se joue de la féerie du théâtre et des prouesses du danseur…
La production londonienne réunit la danseuse principale Marianela Nuñez dans le rôle de Swanilda, le danseur principal Vadim Muntagirov dans le rôle de son bien-aimé Franz, et l’artiste Gary Avis dans le rôle du magicien Dr Coppélius.

SYNOPSIS
royal-opera-house-ROH-logo-2019Le docteur Coppélius a une fille magnifique -  Coppélia. Franz commence à s’enticher d’elle depuis qu’il l’a vu assise au balcon. Swanilda, la fiancée de Franz, est très contrariée. S’introduisant dans la maison avec une amie, elles découvrent que Coppélia est l’une des nombreuses poupées à taille humaine fabriquées par le docteur.
Coppélius veut pousser plus loins ses expérimentations… il kidnappe Franz projetant de le sacrifier afin de donner vie à Coppélia. Swanilda réussit cependant à le sauver en faisant danser les poupées mécaniques, distrayant ainsi Coppélius afin qu’ils puissent s’enfuir.
Heureusement Dr Coppélius n’est pas aussi méchant qu’il n’y parait et au dernier acte le savant fait la paix avec Swanilda et Franz, désormais libres de célébrer leur mariage.

 

Illustration : Gary Avis dans le rôle de Dr Coppélius et Marianela Nuñez dans le rôle de Swanilda dans Coppélia ©2019 ROH / Royal Opera House Photographie par Gavin Smart

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Les retransmissions au cinéma depuis le Royal Opera House offrent au public une plongée au cœur même de la représentation grâce aux entretiens et accès exclusifs en coulisses. Projection dans plus de 1000 cinémas dans 53 pays.

La prochaine diffusion en direct du Royal Opera House
Royal Ballet :

La Belle au Bois Dormant le Jeudi 16 Janvier 2020.

Plus d’informations, billetterie : https://www.rohcinema.fr

La saison 2019/2020 du Royal Opera House au cinéma :

•    The Royal Ballet
Casse-Noisette (enregistrement de 2016)
En diffusion à partir du 11 décembre 2019

•    The Royal Opera
La Bohème
En direct le Mercredi 29 janvier 2020, en rediffusion le Dimanche 2 février

•    The Royal Ballet
The Cellist / Dances at a Gathering
En direct le Mardi 25 Février 2020, en rediffusion le Dimanche 1er Mars 2020

•    The Royal Opera
Fidelio (nouvelle production)
En direct le mardi 17 mars 2020, en rediffusion le 22 mars 2020

•    The Royal Ballet
Le lac des cygnes
En direct le Mercredi 1er Avril 2020, en rediffusion le Dimanche 5 Avril 2020

•    The Royal Opera
Cavalleria Rusticana / Pagliacci (en co-production avec La Monnaie, Brussels, Opera Australia et Göteborg Opera)
En direct le Mardi 21 Avril 2020, en rediffusion le Dimanche 26 avril 2020

•    The Royal Ballet
The Dante Project (Première Mondiale)
En Direct le Jeudi 28 May 2020, en rediffusion le Dimanche 31 Mai 2020

•    The Royal Opera
Elektra (Nouvelle Production)
En direct le Jeudi 18 Juin 2020, en rediffusion le Dimanche 21 Juin 2020

DVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques)

coppelia-delibes-bolshoiballet-critique-danse-compte-rendu-review-dvd-ballet-classiquenews-musique-classique-classiquenews-bac163-cover-coppliarectoDVD, BLU RAY, critique. COPPELIA : Bolshoi Ballet HD collection (Vikharev, Sorokin 2018 – 1 dvd BelAir classiques). Depuis 2012, le Ballet du Bolshoi ressuscite une nouvelle version plus romantique, assurément plus traditionnelle (décors, costumes, pantomime très inscrits dans l’esthétique d’un XVIIè repensé par la France des classes du XIXè, au début des années 1870). Ainsi dans cette chorégraphie repensée par le moderne Sergey Vikharev, d’après Enrico Cecchetti et Marius Petipa, la vision sociétale est simpliste parfois sommaire : les villageois dont font partie Swanilda (et son blé proclamé), et son fiancé, un temps volage, Frantz. La soldatesque d’autre part, celle qui fait l’admiration du jeune homme, qui chahute un tantinet le vieux Coppelius au début du II ; puis devant le seigneur, le spectacle, apothéose de la ballerina, la fiancée qui a su démasquer la poupée séductrice, la naïveté de Frantz, et aussi tuer le piège dans lequel le professeur Coppelius souhaitait emporter jusqu’à l’âme du jeune amoureux transi.

 
 
 

Coppelia version Vikharev (2009)

Le Bolshoï, un certain Classicisme nostalgique

 
 
 

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L’astuce de Swanilda, sa loyauté pour Frantz, son désir de rompre l’enchantement dont est victime ce dernier, sa compétence pour faire échouer l’œuvre machiavélique et mécanique de Coppelius, tout en le trompant, … triomphent dans l’acte III. Après la scène où la danseuse prend la place de la poupée – tableau d’une ambivalence délicieuse où la jeune fiancée illusionne la naïveté du pseudoscientifique (en lui faisant croire qu’une mécanique pouvait atteindre la vie elle-même, et donc la grâce d’une danseuse réelle), l’acte III est un tremplin somptueux où rayonne cette même élégance d’une Swanilda, jeune épouse victorieuse. Petipa révise le conte originel d’ETA HOFMANN dont le fantastique noir et tragique réservait un destin différent au jeune couple amoureux.

La production filmée par Bel Air classiques a été diffusée en juin 2018 en direct au cinéma, depuis la scène du Bolshoi. En voici la trace. Vikharev a déjà traité parmi les grands ballets du XIXè : La Belle au bois dormant, La Bayadère, Raymonda… en s’inspirant des témoignages d’époque, en particulier les usages et la pratique dansante à Saint-Pétersbourg. On se délecte ainsi du ballet des heures totalement restitué en déploiement collectif et force groupes de danseurs.

La magie de la partition de Delibes concourt beaucoup à la réussite de ce spectacle : les danses Czardas, Mazurka (début du II) – éléments du folklore d’Europe de l’Est, en gagnent une vivacité régénérée. Portés par le tapis orchestral, d’un raffinement inouï, et d’une très belle tendresse mélodique (proche des valses de Strauss), les deux rôles principaux brillent par un naturel élastique, aussi acrobatique qu’élégant : Margarita Shrayner dans le rôle de la courageuse Swanilda captive par sa grâce constante : légère, sincère, presque naïve au I ; puis astucieuse et plus dramatique au II ; impériale et souveraine au III. L’intelligence de la danseuse suit pas à pas l’évolution de son caractère selon les péripéties de l’action… laquelle est beaucoup moins décorative qu’il n’y paraît. Loin d’être nunuche, Swanilda ose déniaiser les mâles en présence : l’amoureux transi et pâlot Frantz, le fou laborantin Coppelius, convaincu qu’il peut donner vie à une mécanique en lui transférant l’âme d’un mortel… La victoire de la danseuse passe au III par la sublimation de sa chorégraphie qui en fait une héroïne de chair, une âme valeureuse qui pense et agit.  Un modèle du genre. L’interprète requise sait ciseler ses pas et ses figures avec une flexibilité admirable et un naturel qui rompt avec la pure technicité, ailleurs, froide et glacée. A ses côtés, malgré la fragilité et la minceur psychologique du personnage de Frantz, Artem Ovcharenko, habitué de l’œuvre, convainc lui aussi, comme le rôle de comédien moins de danseur, de Coppelius dont le mûr Alexey Loparevich fait une figure de caractère, cependant parfois un peu caricaturale.
La volonté de Vikharev est d’exalter le patrimoine russe quitte à manquer parfois de légèreté ou d’équilibre dans costumes et décors. Pour être concret, l’étalage de détails et d’accessoires comme de couleurs dans l’essor des costumes brouille souvent la lisibilité des mouvements. Ce culte nostalgique d’un âge d’or de la danse au Bolshoï marque les esprits par cet hyper classicisme de la forme, auquel la souplesse naturelle des deux solistes (Swanilda et Frantz) apporte une sincérité salvatrice. A connaître indiscutablement.

 
 
 

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Delibes : Coppélia [DVD & Blu-ray]
Ballet en trois actes

Musique : Léo Delibes (1836-1891)
Livret : Charles Nuitter & Arthur Saint-Léon d’après les contes fantastiques de E.T.A. Hoffmann

Swanilda : Margarita Shrayner
Frantz Artem : Ovcharenko
Coppélius : Alexey Loparevich
Huit amies : Xenia Averina, Daria Bochkova, Bruna Cantanhede Gaglianone, Antonina Chapkina, Anastasia Denisova, Elizaveta Kruteleva, Svetlana Pavlova, Yulia Skvortsova
Coppélia (Automate) : Nadezhda Blagova
Seigneur du manoir : Alexander Fadeyechev
Bourgmestre : Yuri Ostrovsky
Chronos : Nikolay Mayorov
Mazurka : Oksana Sharova, Alexander Vodopetov, Ekaterina Besedina, Dmitry Ekaterinin
Czardas : Kristina Karasyova, Vitali Biktimirov
Aurore : Anastasia Denisova
Prière : Antonina Chapkina
Travail : Daria Bochkova, Ksenia Averina, Maria Mishina, Stanislava Postnova, Tatiana Tiliguzova
Folie : Elizaveta Kruteleva

Corps de Ballet, Acteurs et Actrices du Théâtre Bolchoï
Élèves de l’Académie Chorégraphique de Moscou

Orchestre et Chœur du Théâtre Bolchoï
Direction musicale : Pavel Sorokin

Chorégraphie Marius Petipa, Enrico Cecchetti
Nouvelle version chorégraphique Sergey Vikharev
Scénographie : Boris Kaminsky
Costumes : Tatiana Noginova
Lumières : Damir Ismagilov

 
 
 

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Enregistrement HD : Théâtre du Bolchoï, 06/2018
Réalisation : Isabelle Julien
Date de parution : 12 avril 2019 / 1 dvd, Blu ray Bel Air classiques

 
 
 

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Delibes : Sylvia, Coppelia sur Brava HD

delibes Léo_Delibes_1891BRAVA HD. Delibes : Sylvia, Coppelia, le 21 février 2016, 20h30 puis 22h.  Hommage spécial à Léo Delibes pour les 125 ans de sa disparition. 2016 marque les 125 ans de la disparition du compositeur romantique Léo Delibes (1836-1891). La musique de Delibes a gagné ses galons de la renommée grâce à ses deux ballets, devenus sommets romantiques,  « Sylvia » et « Coppélia ». Tchaïkovski était grand admirateur de Delibes : il préférait « Sylvia » à son propre « Lac de cygnes ». Chose curieuse, « Sylvia » n’a pas été dansé pendant des décennies, jusqu’à ce que la chorégraphie de 1952 de Sir Frederick Ashton soit réinterprétée par le Royal Ballet de Londres. Brava diffuse la production à 20h30, ce 21 février. Ensuite, à 22h04, place à « Coppélia », la figure légendaire qui mêle féerie et fantastique. Le chorégraphe Eduardo Lao et son Ballet Víctor Ullate redonnent vie à cette œuvre. Le jour du 180e anniversaire de sa naissance, Brava honore Léo Delibes en présentant deux productions qui soulignent la brava 2016 logo brava logopertinence poétique et la puissance dramatique de son œuvre. Récemment (2011), le Palais Garnier a ressuscité avec faste et magie le ballet La Source de 1866 que Degas a peint, lui aussi subjugué par la force onirique de la musique de Delibes… LIRE notre compte rendu de La Source de Delibes à l’Opéra de Paris en octobre 2011

 

 

delibes degas 1868 Mlle-Fiocre-in-the-Ballet-The-Source-Edgar-Degas-1867-68

Edgar Degas : Melle Fiocre dans le ballet La Source, musique de Delibes (1868)

 

Dimanche 21 février 2016 à 20h30 
Delibes – Sylvia 

brava-hd-leaderboard-ete-2015-from-20-juillet-2015« Un homme aime une femme, la femme est capturée par un méchant, la femme est rendue à l’homme par Dieu. » C’est la façon dont Sir Frederick Ashton a décrit l’histoire du ballet Sylvia en quelques mots. Sa chorégraphie a rendu ce ballet à la vie et l’a révélé au monde entier en 1952. Les représentations avant cette date n’étaient pas très réussies, peu scrupuleuses dans la restitution de la danse, malgré la musique magnifique, et le ballet n’était guère représenté pendant des années. Depuis Ashton, l’œuvre a retrouvé sa place dans le répertoire classique de toutes les grandes compagnies. Production enregistrée au Royal Opera House en 2007, avec entre autres Darcey Bussel, Roberto Bolle, Thiago Soares.

Compositeur : Léo Delibes

Chef d’orchestre : Graham Bond

Solistes : Sylvia: Sylvia: Darcey Bussell, Aminta: Roberto Bolle, Orion: Thiago Soares, Eros: Martin Harvey, Diana: Mara Galeazzi

Ballet : Ballet de la Royal Opera House

Chorégraphie : Frederick Ashton

Orchestre : Orchestre de la Royal Opera House

Producteur : BBC, Royal Opera House

Réalisateur : Ross MacGibbon

Lieu : Royal Opera House, Londres

Année : 2007

Pertinent Delibes. Grâce à sa Sylvia, le monde de la forêt, des suivantes de Diane, des chasseresses et des bergers n’a rien de la fantaisie légère et décorative du pastoralisme d’un Rameau ou des compositeurs du XVIIIè, lorsque ce dernier par exemple mettait en scène la mythologie grecque.
Sylvia est un ballet “moderne” créé spécialement pour le nouvel Opéra de Charles Garnier en 1876. Les scénographes selon les productions renforce sa séduction “contemporaine”, sa construction nette et franche, qui nous éloigne ô combien des poncifs larmoyants et romantiques du ballet classique.
Ici, les hommes restent seules, incompris. Ils souffrent: Aminta, amoureux de la belle nymphe chasseresse, Sylvia, suivante de Diane, aime sans retour. Et même Diane qui se souvient de son bel Endymion, reste in fine, en fin de ballet, irrémédiablement seule.
L’amour est une souffrance, un délice mortel qui blesse et afflige. Voici donc un ballet bien peu conforme et complaisant qui offre un quatuor de rôles superbes pour des solistes rompus à l’élégance acrobatique. Diane se languit d’Endymion, veut séparer Aminta de Sylvia, mais ne connaît aucun bonheur ; Aminta reste un peu lisse et sans guère d’aplomb, un peu comme Ottavio dans le Don Giovanni de Mozart: un benêt fade qui admire sans se battre: est-il réellement digne d’être aimé de Sylvia ?….. D’abord, Sylvia, tendre, juvénile, d’une nervosité fière et idéale : elle est prête pour se laisser séduire par le bel et tentateur Orion (Amour déguisé). Sur la scène de l’Opéra de Paris en 2005, Aurélie Dupont devenue directrice de la Danse depuis quelques jours (février 2016) incarnait une chaste et suave Sylvia, prête à croquer la fruit défendu… La chorégraphie de John Neumeier souligne alors la défaite du bonheur, la tension fatale auquel sont livrés les êtres les uns contre les autres: Orion/Amour/Thyrsis est seul vainqueur. Rien ne résiste à son élan trop désirable: “Amor vincit omnia “. Superbe spectacle pour une chorégraphie en rien minaudante malgré son sujet.

 

 

 

Dimanche 21 février 2016 à 22h04 
Delibes – Coppelia (1870)

brava-hd-leaderboard-ete-2015-from-20-juillet-2015Avec « Coppélia » de Delibes, le Ballet Víctor Ullate ajoute une nouvelle version d’un ballet de renommée internationale à son répertoire. Le chorégraphe et directeur artistique Eduardo Lao s’est donné pour tâche de réinventer « Coppélia » ; sa compagnie polyvalente de 23 danseurs l’aide à réaliser sa vision personnelle. Lao accentue l’esprit comique de « Coppélia », tout en gardant la partition originale écrite par Léo Délibes en 1870. La création de Lao se déroule dans un laboratoire cybernétique spécialisé en intelligence artificielle, où le docteur Coppélius tente de créer un robot androïde qui se comporte comme un être humain. Cette production de « Coppélia » permet aux danseurs du Ballet Víctor Ullate d’étaler leur savoir-faire technique et artistique, en combinant plusieurs styles de danse et en mettant à jour un ballet classique.

Le collectif espagnol ajoute une nouvelle version du ballet romantique avec la ferme intention selon son directeur artistique Eduardo Lao de réinventer « Coppélia » ; sa compagnie de 23 danseurs accentue ainsi l’esprit comique de « Coppélia », tout en adoptant la partition originale écrite par Léo Délibes en 1870. Le thème de la vie artificielle, de l’automate, de la poupée mécanique se pose avec acuité, inscrite dès l’origine dans le sujet du ballet (inspiré d’une nouvelle de ETA Hoffmann). La création de Lao se déroule dans un laboratoire cybernétique spécialisé en intelligence artificielle, où le docteur Coppélius tente de créer un robot androïde qui se comporte comme un être humain. Cette production de « Coppélia » offre aux danseurs du Ballet Víctor Ullate de faire valoir leur savoir-faire technique et artistique, en combinant plusieurs styles de danse dont le vocabulaire du ballet classique et romantique. Outre le jeu fécond entre nature et artifice, le ballet ainsi réadapté exploite les ressources de l’art en ciselant les références multiples et les styles de danses historiques et contemporains.

On sait avec quel éclat en 1973 sur la scène du Palais Garnier, Pierre Lacotte si scrupuleux et si respectueux de la chorégraphie comme du plan originels avait reconstitué le ballet Coppélia, sublime ballet d’action, conçu par Saint-Léon et Delibes en 1870. La musique de Delibes (qui intègre une csardas sur la scène parisienne, volonté folkloriste oblige dans le I) apporte un supplément d’âme à l’action dansée, que Tchaikovski saura assimilé pour ses chefs d’oeuvres postérieurs (Le Lac des cygnes ou Casse noisette).  A travers le thème et la figure de la poupée mécanique, c’est le fantasme d’un corps fantasmé, idéal qui s’impose sur la scène : l’art chorégraphique est-il humain ? La danse, défi contre la pesanteur en forçant le corps naturel, n’a-t-elle pas une origine irréelle voire magique ?

Le grand ballet à l’époque industrielle

A l’origine, c’est Charles Nuitter, légendaire archiviste de l’Opéra, devenu librettiste et dramaturge pour les spectacles parisiens qui adapte une nouvelle de ETA Hofmann : « la fille aux yeux d’émail : Coppélia ».  Avec Saint-Léon (qui vivait alors entre Paris et Saint-Pétersbourg et était sous l’emprise de samuse, la danseuse étoile Adèle Grantzow), il se concentre surtout sur les épisodes originels qui favorisent l’attraction qu’exerce sur Nathanaël devenu dan sel ballet, Frantz, le poupée Coppélia, ainsi que la relation du docteur Coppélus avec Olimpia (Swanilda). Le fantastique surnaturel est quelque peu atténué, vers une comédie plus légère proche de la farce de la Fille mal gardée. Ici, c’est Swanilda qui sauve Frantz, son fiancé de l’enchantement dont il est victime, en prenant l’aspect de la poupée maléfique / fascinante, sirène mécanique : Coppélia.  Pour réussir le ballet nouveau, on emploie une virtuose âgée de 16 ans : Giuseppina Bozzacchi, qui assurant l’éclat spécifique du rôle de Swanilda, pilier du ballet, contribue au succès de la création (25 mai 1870).  A la fin du XIXè, surtout dans les années 1870, le romantisme a cédé la place à un rationalisme issu de la Révolution industrielle qui se manifeste sur la scène du ballet, dans une réflexion formelle interrogeant la forme du grand spectacle musical et chorégraphique, alternance de solos et duos et d’ensembles impressionnants, destinés à faire danser tout le corps de ballet. Illustration : portrait de Delibes.

 

 

Coppelia, Chorégraphie d’Eduardo Lao
Ballet Victor Ullate Comunidad de Madrid
Musique : Léo Delibes
Enregistré à l’Opéra Royal de Versailles, 2013

Avec
Sophie Cassegrain (Coppélia)
Yester Mulens (Docteur Coppélius)
Cristian Oliveri (Franz)
Zhengyja Yu (La Diva spectrale)
Leyre Castresana (Betty)
Albia Tapia (Rosi)
Zara Calero (Andreina) Dorian Acosta (D.J.)

Artistes chorégraphiques du Ballet Victor Ullate :

Ksenia Abbazova – Federica Bagnera – Marlen Fuerte – Laura Rosillo – Reika Sato – Lorenzo Agramonte – Mariano Cardano – Mikael Champs – Matthew Edwardson – Oliver Edwardson – Jonatan Luján – Andrew Pontius – Josué Ullate

 

 

 

 

delibesLéo Delibes (1836-1891), comme Gouvy fait partie des compositeurs romantiques français méconnus, mésestimés à torts. Le jeune choriste à la création du Prophète de Meyerbeer, élève d’Adam, auteur d’opérettes finement troussées, se fait remarquer en livrant la musique pour l’acte II du ballet La Source de Minkus à l’Opéra de Paris (1863). La partition plaît tant qu’on lui demande alors un ballet complet : Coppelia, créé en 1870, sommet de l’orchestration française, et aussi de la musique chorégraphique, synthétisant le style Second Empire. Tchaïkovski pour Le Lac des Cygnes et La Belle au bois dormant saura assimiler l’élégance instrumentale et le raffinement dont fut capable Delibes dans l’écriture orchestrale, y compris pour le ballet. Son opéra Lakmé (1883) marque l’apothéose de cet orientalisme à la française d’un raffinement absolu au mélodisme suave irrésistible (air des clochettes)

Télé BRAVA HD : consulter la page dédiée à Léo Delibes sur le site de BRAVA HD

 

 

 

 

Coppelia sur Brava

coppelia-ballet-eduardo-loaBrava, dimanche 27 décembre 2015. Coppelia. A 21h, la chaîne musique classique et ballet diffuse le chef d’oeuvre du ballet romantique et fantastique Coppelia, musique (divine) de Leo Delibes, dans la réalisation du Ballet Víctor Ullate (2013). Le collectif espagnol ajoute une nouvelle version du ballet romantique avec la ferme intention selon son directeur artistique Eduardo Lao de réinventer « Coppélia » ; sa compagnie de 23 danseurs accentue ainsi l’esprit comique de « Coppélia », tout en adoptant la partition originale écrite par Léo Délibes en 1870. Le thème de la vie artificielle, de l’automate, de la poupée mécanique se pose avec acuité, inscrite dès l’origine dans le sujet du ballet (inspiré d’une nouvelle de ETA Hoffmann). La création de Lao se déroule dans un laboratoire cybernétique spécialisé en intelligence artificielle, où le docteur Coppélius tente de créer un robot androïde qui se comporte comme un être humain. Cette production de « Coppélia » offre aux danseurs du Ballet Víctor Ullate de faire valoir leur savoir-faire technique et artistique, en combinant plusieurs styles de danse dont le vocabulaire du ballet classique et romantique. Outre le jeu fécond entre nature et artifice, le ballet ainsi réadapté exploite les ressources de l’art en ciselant les références multiples et les styles de danses historiques et contemporains.

On sait avec quel éclat en 1973 sur la scène du Palais Garnier, Pierre Lacotte si scrupuleux et si respectueux de la chorégraphie comme du plan originels avait reconstitué le ballet Coppélia, sublime ballet d’action, conçu par Saint-Léon et Delibes en 1870. La musique de Delibes (qui intègre une csardas sur la scène parisienne, volonté folkloriste oblige dans le I) apporte un supplément d’âme à l’action dansée, que Tchaikovski saura assimilé pour ses chefs d’oeuvres postérieurs (Le Lac des cygnes ou Casse noisette).  A travers le thème et la figure de la poupée mécanique, c’est le fantasme d’un corps fantasmé, idéal qui s’impose sur la scène : l’art chorégraphique est-il humain ? La danse, défi contre la pesanteur en forçant le corps naturel, n’a-t-elle pas une origine

Le grand ballet à l’époque industrielle

Delibes : Lakmé sur instruments d'époqueA l’origine, c’est Charles Nuitter, légendaire archiviste de l’Opéra, devenu librettiste et dramaturge pour les spectacles parisiens qui adapte une nouvelle de ETA Hofmann : « la fille aux yeux d’émail : Coppélia ».  Avec Saint-Léon (qui vivait alors entre Paris et Saint-Pétersbourg et était sous l’emprise de samuse, la danseuse étoile Adèle Grantzow), il se concentre surtout sur les épisodes originels qui favorisent l’attraction qu’exerce sur Nathanaël devenu dan sel ballet, Frantz, le poupée Coppélia, ainsi que la relation du docteur Coppélus avec Olimpia (Swanilda). Le fantastique surnaturel est quelque peu atténué, vers une comédie plus légère proche de la farce de la Fille mal gardée. Ici, c’est Swanilda qui sauve Frantz, son fiancé de l’enchantement dont il est victime, en prenant l’aspect de la poupée maléfique / fascinante, sirène mécanique : Coppélia.  Pour réussir le ballet nouveau, on emploie une virtuose âgée de 16 ans : Giuseppina Bozzacchi, qui assurant l’éclat spécifique du rôle de Swanilda, pilier du ballet, contribue au succès de la création (25 mai 1870).  A la fin du XIXè, surtout dans les années 1870, le romantisme a cédé la place à un rationalisme issu de la Révolution industrielle qui se manifeste sur la scène du ballet, dans une réflexion formelle interrogeant la forme du grand spectacle musical et chorégraphique, alternance de solos et duos et d’ensembles impressionnants, destinés à faire danser tout le corps de ballet. Illustration : portrait de Delibes.

Brava, dimanche 27 décembre 2015. CoppeliaA 21h. Ballet Víctor Ullate (Eduardo Lao). LIRE aussi notre dossier sur Coppelia de Delibes

Coppelia, Chorégraphie d’Eduardo Lao
Ballet Victor Ullate Comunidad de Madrid
Musique : Léo Delibes
Enregistré à l’Opéra Royal de Versailles, 2013

Avec
Sophie Cassegrain (Coppélia)
Yester Mulens (Docteur Coppélius)
Cristian Oliveri (Franz)
Zhengyja Yu (La Diva spectrale)
Leyre Castresana (Betty)
Albia Tapia (Rosi)
Zara Calero (Andreina) Dorian Acosta (D.J.)

Artistes chorégraphiques du Ballet Victor Ullate :

Ksenia Abbazova – Federica Bagnera – Marlen Fuerte – Laura Rosillo – Reika Sato – Lorenzo Agramonte – Mariano Cardano – Mikael Champs – Matthew Edwardson – Oliver Edwardson – Jonatan Luján – Andrew Pontius – Josué Ullate

Coppélia à l’Opéra de Nice

coppeliaNice, Opéra. Ballet : Coppélia du 18 au 31 décembre 2015. On sait avec quel éclat en 1973 sur la scène du Palais Garnier, Pierre Lacotte si scrupuleux et si respectueux de la chorégraphie comme du plan originels avait reconstitué le ballet Coppélia, sublime ballet d’action, conçu par Saint-Léon et Delibes en 1870. La musique de Delibes (qui intègre une csardas sur la scène parisienne, volonté folkloriste oblige dans le I) apporte un supplément d’âme à l’action dansée, que Tchaikovski saura assimilé pour ses chefs d’oeuvres postérieurs (Le Lac des cygnes ou Casse noisette).  A travers le thème et la figure de la poupée mécanique, c’est le fantasme d’un corps fantasmé, idéal qui s’impose sur la scène : l’art chorégraphique est-il humain ? La danse, défi contre la pesanteur en forçant le corps naturel, n’a-t-elle pas une origine

Le grand ballet à l’époque industrielle

Delibes : Lakmé sur instruments d'époqueA l’origine, c’est Charles Nuitter, légendaire archiviste de l’Opéra, devenu librettiste et dramaturge pour les spectacles parisiens qui adapte une nouvelle de ETA Hofmann : « la fille aux yeux d’émail : Coppélia ».  Avec Saint-Léon (qui vivait alors entre Paris et Saint-Pétersbourg et était sous l’emprise de samuse, la danseuse étoile Adèle Grantzow), il se concentre surtout sur les épisodes originels qui favorisent l’attraction qu’exerce sur Nathanaël devenu dan sel ballet, Frantz, le poupée Coppélia, ainsi que la relation du docteur Coppélus avec Olimpia (Swanilda). Le fantastique surnaturel est quelque peu atténué, vers une comédie plus légère proche de la farce de la Fille mal gardée. Ici, c’est Swanilda qui sauve Frantz, son fiancé de l’enchantement dont il est victime, en prenant l’aspect de la poupée maléfique / fascinante, sirène mécanique : Coppélia.  Pour réussir le ballet nouveau, on emploie une virtuose âgée de 16 ans : Giuseppina Bozzacchi, qui assurant l’éclat spécifique du rôle de Swanilda, pilier du ballet, contribue au succès de la création (25 mai 1870).  A la fin du XIXè, surtout dans les années 1870, le romantisme a cédé la place à un rationalisme issu de la Révolution industrielle qui se manifeste sur la scène du ballet, dans une réflexion formelle interrogeant la forme du grand spectacle musical et chorégraphique, alternance de solos et duos et d’ensembles impressionnants, destinés à faire danser tout le corps de ballet. Illustration : portrait de Delibes.

 

 

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Degas : la classe de danse de l’Opéra de Paris, vers 1873 (DR)

 

De la Sylphide (1832) et  de Giselle (1841), ballet romantique par excellence, Coppélia emprunte sa construction claire, numéros courts et leitmotiv associé à chacun des personnages importants (Frantz, Coppélius, Swanilda…). Sylvia, le ballet qui suit Coppélia, créé en 1876, est le premier ballet autonome, non relié à un opéra ou intégré. Les concepteurs ont soigné le contraste et l’enchaînement spectaculaire des tableaux : paysage d’Europe central pour l’acte I ; maison de Coppélius dont son sublime cabinet des automates au II ; Fête seigneuriale au III (qui revisite en fait le principe du divertissement hérité des opéras de Lully, Campra, Rameau).

Après la création triomphale de mai 1870, Napoléon III fait appelé dans sa loge les protagonistes du succès : la danseuse Bozzacchi et sa partenaire, Eugnéie Fiocre, qui travesti, incarnait Frantz, car alors, les rôles masculins sont assurés par les femmes : les danseurs hommes ayant déserté depuis longtemps la classe de danse de l’Académie royale et impériale.

 

boutonreservationNice, Opéra. Ballet : Coppélia du 18 au 31 décembre 2015.
Chorégraphie : Eric Vu-An,
d’après Saint-Léon et Aveline
Musique : Léo Delibes
Orchestre Philharmonique de Nice
David Garforth, direction
Durée : 2 h

Synopsis
Une place de village, des jeunes gens en proie au désir amoureux dansent dans l’insouciance la plus charmante. Coppélia, une poupée qu’un vieux savant a rendue suffisamment réaliste provoque la jalousie d’une demoiselle un brin  capricieuse et sur le point de se marier.

L’oeuvre possède tous les ingrédients du succès, avec un équilibre parfait entre la pantomime, la danse et la musique de Léo Delibes. Elle valorise l’ensemble des danseurs qui font preuve sur scène d’une grande complicité et  d’un enthousiasme communicatif, notamment à travers les danses colorées empruntées au folklore d’Europe Centrale. Seul personnage demeuré en retrait de cette joie contagieuse, Coppélius, est obsédé par l’idée de transmettre la vie
à un automate plutôt que de considérer celle qui fleurit sous sa fenêtre. Malgré tout, ce vieux personnage resté dans l’enfance émeut par sa naïveté et montre qu’il n’est pas un misanthrope endurci. Mais un savant qui a du cœur… Coppélia, la fille aux yeux d’émail est un ballet mythique à (re)voir pour en mesurer l’appel au rêve, au surnaturel, à la force enivrante d’une imagination flamboyante et tendre : les relations de Frantz et Coppelia, du savant Coppélius et de Swanilda affirment des individualités non des types. Chef d’œuvre éternel.

Coppelia (Delibes, Bart, 2011)

coppelia_bart_paris_delibes_bartMEZZO. Delibes: Coppélia, chorégraphie de Patrice Bart, le 30 décembre 2013 à 15h. Le vieux Coppélius, fabricant de poupées automates, a l’ambition d’en créer une hyper-réaliste et douée d’une âme. Frantz s’éprend de la dernière création du vieillard, entrevue par la fenêtre : c’est Coppélia dont il ne soupçonne pas qu’il s’agit d’une marionnette.
Swanilda sa fiancée, jalouse s’introduit dans l’atelier. Frantz y pénètre à son tour, surpris par Coppélius qui tente à l’aide d’un breuvage de sa composition de l’endormir pour lui ravir son âme. C’est alors que la poupée Coppélia s’anime, et pour cause : Swanilda a pris la place de la poupée. Elle brise les automates et s’enfuit avec son fiancé qu’elle épousera à la fête du village…

Mirage ou figure idéale, Coppélia suscite chez le fiancé Frantz, un trouble profond… qui lui fait oublier jusqu’à son véritable amour, du moins celui réel (et peut-être non idéal) : Swanilda. Le ballet puise son intrigue chez Hoffmann, poète romantique, chef de file du fantastique féerique : rien n’est équivalent en terme d’illusion et d’enchantement à cette esthétique de l’illusion où toujours, l’amour est une tromperie.
C’est la force concrète de Swanilda qui vainc les enchantements d’un démiurge finalement dépassé, Coppelius.

Coppélia, genèse

Avec Gisèle, Coppélia est l’emblème du ballet romantique français. L’ouvrage découle d’une collaboration riche et fructueuse entre Léo Delibes (mélodiste et orchestrateur de premier plan) et le danseur et musicien, Arthur Saint-Léon, lequel fournit au jeune compositeur, idées, astuces mais aussi mélodies glanées pendant ses voyages nombreux entre Paris et Saint-Pétersbourg où le mène sa carrière paneuropéenne, plutôt très active. L’écrivain archiviste à l’Opéra de Paris, Charles Nuitter adapte pour eux, l’intrigue d’après la nouvelle de ETA Hoffmann (Der Sandmann, 1816) dont s’est aussi largement inspiré Offenbach pour son premier tableau des Contes d’Hoffmann (acte d’Olympia): Nathanaël tombe amoureux de la fille du professeur Spalanzani: Olympia, une créature divine qui n’est… qu’une automate, créé par Spalanzani avec la collaboration du savant délirant Coppélius (Coppola). Mais les deux géniteurs se disputent et la poupée en fait les frais: elle perd ses yeux… Nathanaël témoin de la bagarre, comprend qu’il a été trompé et devient fou. Clara sa fiancé apaise un temps son tourment mais le jeune homme, aveuglé et trahi, se suicide du haut du clocher de l’église, après avoir aperçu dans la foule au-dessous, le mystérieux Coppélius. Fantastique et tragique se mêlent ici pour créer un spectacle à la magie illusoire; l’onirisme cède le pas au vertige de l’amertume et de la tromperie…  Le ballet a été conçu par Saint-Léon qui travaille en très étroite complicité avec le compositeur Delibes.
Dans la transcription pour l’Opéra impérial, Nuitter édulcore la gravité originelle et l’ambivalence onirique et fantastique du drame: il en fait une comédie légère non dénuée de profondeur et d’éclairs mystérieux: ainsi naît le ballet Coppélia ou la fille aux yeux d’émail présenté à l’Opéra le 25 mai 1870. Olympia devient Coppélia; Nathanaël, Franz; Clara, Swanilda. Le succès est immédiat; l’Empereur conquis ne ferma pas les yeux pendant la création, (c’est dire!) et après 40 représentations, le ballet est transféré au Palais Garnier flambant neuf en 1875, devenant l’un de ses spectacles emblématiques.
L’Opéra national de Paris profite de la reprise de l’ouvrage en 1996 pour actualiser la version originelle de Saint-Léon. L’ex danseur et maître de ballet à l’Opéra, Patrice Bart, réécrit le profil des personnages (Spalanzani devient l’assistant du professeur Coppélius qui est un aristocrate déçu par l’amour), ajoute des musiques complémentaires d’autres partitions de Léo Delibes (extraits de Lakmé, du Roi l’a dit…) … il fusionne aussi les figures de Coppélia et de Swanilda: car pour raviver l’amour et la flamme (le goût à la vie) de Coppélius, Spalanzani s’engage à prendre l’âme d’une innocente afin d’en doter la poupée qu’ils ont fabriqué.  Mais à mesure que la jeune femme perd sa flamme au profit de la poupée, Coppélius se sent attirer par la jeune femme ainsi dépossédée. Tableau essentiel, dans l’atelier de Spalanzani, Swanilda revêt le costume de la reine des blé, puis danses des figures espagnoles et écossaises, s’identifiant à la ballerine dont fut tant épris Coppélius… la danseuse réelle éblouit par son élégance: elle dépasse même ce que fit la poupée.
Patrice Bart approfondit le rôle de Frantz: il est étudiant (et non plus silhouette à peine élaborée du ballet de Saint-Léon où le rôle était traditionnellement dansé par une femme!). Pas de deux, pas de trois, le personnage du jeune homme prend ici de l’épaisseur… C’est lui qui sauve Swanilda du piège tendu par les deux hommes mûrs prêts à ravir son âme trop enviable.

La production présentée en mars 2011 au Palais Garnier souligne la part du fantastique et du rêve, tout en permettant aux deux jeunes amants de se retrouver dans un duo triomphal. Ni le port altier de prince blessé mais digne qui s’ouvre enfin à l’amour de José Martinez, ni la grâce aérienne de Dorothée Gilbert, sans compter l’excellent et malicieux Fabrice Bourgeois (Spalazani équivoque et idéal) n’affectent l’excellente réalisation de cette Coppélia 2011 dans la vision en rien datée de Patrice Bart: la dramaturgie reconstituée par le chorégraphe et ex danseur étoile de l’Opéra de Paris, délivre toujours ses qualités visuelles et théâtrales. Même le Frantz de la jeune étoile (parfois fébrile dans ses enchaînements, Mathias Heymann) défend avec conviction un personnage totalement repensé… Les ensembles sont soignés; le duo des jeunes amoureux rééquilibre absolument l’action du ballet romantique et les options parisiennes (décors et danse) savent régénérer ce caractère de féerie et de mystère, de fantastique entre illusion et réalité, tragédie et art qui font de Coppélia, l’un des ballets romantiques français les plus captivants. Dommage cependant que l’Orchestre Colonne n’exprime en rien la finesse instrumentale de la partition, l’un des joyaux du romantisme musical… que les orchestres d’époque, Les Siècles en tête, savent si superbement transfigurer. A quand une reprise de Coppélia avec orchestre d’époque? Le bénéfice musical en sortirait largement gagnant comme la magie de la réalisation scénique et chorégraphique. Un spectacle où l’illusion et l’imaginaire pèsent de tout leur poids, le mérite définitivement.

Production magistrale qui mérite absolument sa publication en dvd. Swanilda: Dorothée Gilbert. Frantz: Mathias Heymann. Coppélius: José Martinez. Spalanzani: Fabrice Bourgeois. Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris. Orchestre Colonne. Koen Kessels, direction. Chorégraphie: Patrice Bart (1996). Filmé à Paris, Palais Garnier, mars 2011. 1 dvd Opus Arte

 

Coppélia
Chorégraphie de Patrice Bart

Musique de Léo Delibes
d’après le conte d’Hoffmann,  L’Homme au sable

Orchestre Colonne
Koen Kessels, direction

Dorothée Gilbert (Swanilda)
Mathias Heymann (Frantz)
José Martinez (Coppélius)
Fabrice Bourgeois (Spalanzani)
Et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris

Réalisé par Vincent Bataillon (2011 – 1h35)
Enregistré au Palais Garnier, Paris