CD coffret Ă©vĂ©nement, critique. CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVICH : intĂ©grale des (13) symphonies – Dresdner Philharmonie, Michael Sanderling (11 cd SONY CLASSICAL)

Chostakovitch-Sanderling-Sony-362x362CD coffret Ă©vĂ©nement, critique. CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVICH : intĂ©grale des (13) symphonies – Dresdner Philharmonie, Michael Sanderling (11 cd SONY CLASSICAL). De 1926 Ă  1972, le moscovite Dmitri Chostakovitch / Shostakovich, reconnu ainsi comme le premier symphoniste soviĂ©tique, interroge et explore le format orchestral, ses possibilitĂ©s, ses limites, dans le genre symphonique ; soit plus de 45 annĂ©es d’un long cheminement qui vaut exploration permanente, laboratoire personnel dans lequel le tĂ©moin du stalinisme, lui-mĂȘme inquiĂ©tĂ©, tente une sublimation de la condition humaine grĂące Ă  la crĂ©ation musicale. Violence, sauvagerie, cynisme inquiet et lunaire voire crĂ©pusculaire et schizophrĂ©nique taraudent l’écriture d’un Chostakovitch intranquille et secret. SONY classical Ă©dite en un tout cohĂ©rent, les quelques 15 Symphonies concernĂ©es, jusque lĂ  Ă©ditĂ©es sĂ©parĂ©ment, sous la baguette lĂ©gitime de Michael Sanderling, fils de Kurt, qui pilota avec Mravinski, le Philharmonique de Leningrad dans les annĂ©es 1940 et 1950.
Directeur musical de ce cycle rĂ©alisĂ© de 2016 Ă  2019, Sanderling fils signe ainsi une maniĂšre d’accomplissement personnel et collectif qui couronne sa collaboration avec les Dresdois. Le maestro comprend chaque opus, Ă©clairant sa trame et son architecture, tout en cultivant l’infratexte, c’est Ă  dire tous les plans sonores qui nourrissent l’ambivalence et le trouble qui innervent de façon sous jacente l’une des Ă©critures les plus riches et Ă©nigmatiques du XXĂš. Entre Ɠuvre personnelle, inquiĂšte voire angoissĂ©e rĂ©cupĂ©rĂ©e par la propagande d’état, et une vraie langueur poĂ©tique pour le mystĂšre, Chosta ne cesse de nous questionner; imposant toujours une double nature, souvent Ă©quivoque, oĂč le sens de la parodie et de l’autodĂ©rision le dispute Ă  la nĂ©cessitĂ© intime de la sincĂ©ritĂ©.

 

 

Intégrale des 15 symphnies de Dmitri Chostakovitch (Shstakovich)

Michael Sanderling et le Philharmonique de Dresde
Séduisant, hédoniste
 mais un peu sage

La justesse expressive et la sĂ»retĂ© du chef dirigeant les instrumentistes dresdois sont d’autant plus naturelles ici que Sanderling connaĂźt et pratique l’orchestre de Dresde depuis 2010 comme chef principal. Mesurant ses effets en matiĂšre de puissance, d’expressivitĂ© aussi, Michael Sanderling cultive de symphonie et symphonie, une Ă©coute intĂ©rieure qui fait respirer les instruments et transmet la charge Ă©motionnelle des partitions.
Michael Sanderling montre que le jeu chez Chosta, entre dissimulation et critique, opĂšre Ă  fond, en particulier dans cette souplesse rythmique faussement fanfaronnante (Symphonie n°1) ; le langage musical est aussi dense que riche en rĂ©fĂ©rences clairement assumĂ©es comme celle de Mahler (symph n°10 qui manque de profondeur acide et grimaçante cependant). sanderling brille par sa clartĂ© polyphonique, un sens de l’articulation Ă©vident, ses lignes clairement et souplement sculptĂ©es (n°5) ; on retient la justesse des accents ironiques voire cyniques de la 9 ; Habile, Michael Sanderling a tendance Ă  lisser l’ñpretĂ© du combat intĂ©rieur au profit d’une clarification distanciĂ©e de la tension et par le goĂ»t des timbres, impĂ©rial, affirmant souvent une mĂ©canique de prĂ©cision, hĂ©doniste (n°12, n°14), dans laquelle toute implication Ă©motionnelle est subtilement Ă©cartĂ©e. Sanderling creuse l’écart d’avec les grands chostakoviens dans la 13 (1962) oĂč il refuse toute ambivalence comme toute morsure : la direction Ă©trangĂšre Ă  tout conflit moral semble refuser toute implication, d’autant que la basse requise Mikhail Petrenko, voix qui dĂ©nonce les massacres perpĂ©trĂ©s par les nazis (Bay Yar) sonne trop fluette et considĂ©rablement dĂ©simpliquĂ©e. De mĂȘme opus majeur dans la vie de l’auteur, la n°7 « Leningrad », chant de victoire de 1942, – par laquelle Chosta atteint Ă  une cĂ©lĂ©britĂ© nationale et planĂ©taire, manque sĂ©rieusement de contrastes comme de tourments intĂ©rieurs. De toute Ă©vidence sans pĂ©nĂ©trer le mystĂšre Chostakovitch ou Ă  dĂ©faut, sans atteindre Ă  cette ambivalence trouble porteuse de sourde inquiĂ©tude, Michael Sanderling soigne, cisĂšle l’architecture des plans sonores, obtient souvent une mise en place millimĂ©trĂ©e, capable de clartĂ©. Pour autant, on en demande davantage : l’inquiĂ©tude Ăąpre, mordante voire l’angoisse et le profond dĂ©sespoir des temps de terreur (qu’a vĂ©cu vĂ©ritablement le compositeur Ă  la fois encensĂ© et instrumentalisĂ© par le pouvoir soviĂ©tique) sont absents. Le geste de Sanderling II, mĂȘme sĂ©duisant et trĂšs sĂ»r, serait-il un rien trop superficiel ?  Sans ĂȘtre tout Ă  fait parfaite, cette intĂ©grale des 15 symphonies de Dmitri Chstakovitch constitue nĂ©anmoins une excellente entrĂ©e pour tout amateur et nĂ©ophyte


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Chostakovitch-Sanderling-Sony-362x362CD coffret Ă©vĂ©nement, critique. CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVICH : intĂ©grale des (15) symphonies – Dresdner Philharmonie, Michael Sanderling (11 cd SONY CLASSICAL) – Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : IntĂ©grale des symphonies n°1 Ă  12. Mikhail Petrenko, basse ; chƓur national d’hommes d’Estonie (Symphonie n° 13) ; Polina Pastirchak, soprano; Dimitri Ivashenko, basse (Symphonie n° 14) ; chƓur de la Radio MDR (Symphonies n° 2 et n° 3) . Orchestre philharmonie de Dresde. Michael Sanderling, direction. 11 CD Sony Classical. EnregistrĂ©s Ă  Dresde (Lukaskirche et Kulturpalast, de sept 2016 Ă  fĂ©v 2019. DurĂ©e : circa 12 h. Parution : aoĂ»t 2019.

KLARTHE RECORDS : appel au don, CD MODERNISME : CHOSTAKOVITCH, TCHESNOKOV, LIATOCHINSKI
 Bastien Stil

cd klarthe records modernisme chostakovitch liatochinski Tchesnokov cd campagne dons presentation annonce relais par classiquenews nouveau cd Klarthe records  ulule-page001.U8ozYYjSWN0AKLARTHE RECORDS : appel au don, CD MODERNISME : CHOSTAKOVITCH, TCHESNOKOV, LIATOCHINSKI
 Bastien Stil / Sarah Nemtanu. ADMIRATIONS ET HOMMAGES
 C’est manifestement un programme prometteur pilotĂ© par le Label KLARTHE records qui annonce la parution du cd au 2Ăš semestre 2019. Le chef BASTIEN STIL et l’Orchestre Symphonique National d’UKRAINE s’associent Ă  la violoniste française Sarah Nemtanu (violon solo de l’Orchestre National de France) pour un programme de musique russe du XXĂš, ambitieux et prometteur, Ă©clairant la musique soviĂ©tique de 1917 Ă  1932
 : au programme, Symphonie n°1 de Dimitri Chostakovitch, Concerto pour violon de Dimitri Tchesnokov (nĂ© en 1982), lequel signe l’orchestration de la troisiĂšme piĂšce signĂ©e Boris Liatochinski (mort en 1968) : Ballade.
Ce programme Ă©claire le jeu des rĂ©ponses et filiations, admirations et proximitĂ© entre les compositeur Chostakovitch et Liatochinski (admirĂ© du premier) ; il reprĂ©cise tout autant l’admiration du compositeur et pianiste franco-ukrainien Dimitri Tchesnokov pour le mĂȘme Liatochinski dont il a jouĂ© l’intĂ©grale des Ɠuvres pour piano ; le projet discographique est portĂ© par le chef BASTIEN STIL qui est grand spĂ©cialiste des compositeurs russes ainsi abordĂ©s ; l’Orchestre Symphonique National d’UKRAINE est d’autant plus lĂ©gitime qu’il a crĂ©Ă© toutes les symphonies de Boris Liatochinski, ansi que les premiĂšres ukrainiennes des oeuvres de Chostakovitch sous la direction de celui-ci.

klarthe-logo-gd-format-2016A travers la plateforme de campagnes participatives, Ulule, le Label KLARTHE records fait un appel au don pour collecter les fonds nĂ©cessaire au financements des frais de pressage, pour le travail de l’attachĂ©e de presse et la promotion du disque.

Au mercredi 17 juillet 2019, dĂ©jĂ  40% de l’objectif Ă©taient collectĂ©s (OBJECTIF FINAL : 3500 euros).

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VOUS AUSSI PARTICIPEZ A LA REUSSITE DE CE NOUVEAU PROJET DISCOGRAPHIQUE : DONNEZ, FAITES UN DON ICI :

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pour que se rĂ©alise et rayonne le cd « MODERNISME » par le chef d’orchestre Bastien STIL Ă  la tĂȘte de l’Orchestre National Symphonique d’Ukraine, avec la participation de la violoniste Sarah NEMTANU.

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Toutes les infos, les modalités pour donner :
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COMPTE-RENDU, opéra. PARIS, Bastille, le 7 avril 2019. CHOSTAKOVITCH : Lady Macbeth de Mzensk. Metzmacher / Warlikowski.

Compte rendu, opĂ©ra. Paris. OpĂ©ra Bastille, 7 avril 2019. Lady Macbeth de Mzensk, Chostakovitch. Dmitry Ulyanov, Ausrine Stundyte, Pavel Cernoch
 Orchestre et choeurs de l’opĂ©ra. Ingo Metzmacher, direction. Krzysztof Warlikowski, mise en scĂšne. Chostakovitch, un des derniers compositeurs symphoniques de gĂ©nie, a crĂ©Ă© seulement deux opĂ©ras. En cette premiĂšre printaniĂšre, nous assistons Ă  la troisiĂšme production parisienne de son chef d’Ɠuvre lyrique, Lady Macbeth de Mzensk, d’aprĂšs NikolaĂŻ Leskov. L’enfant terrible de la mise en scĂšne actuelle Krzysztof Warlikowski est confiĂ© la mise en scĂšne de la nouvelle production, et le chef allemand Ingo Metzmacher assure la direction musicale d’une partition redoutable. Une premiĂšre d’une grande intensitĂ© qui nous rappelle d’un cĂŽtĂ© la pertinence de l’opus rarement jouĂ©, et d’un autre, le fait indĂ©niable que l’opĂ©ra est bel et bien un art vivant.

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Balance ton paradigme, mais un seul…

Dans l’opĂ©ra, Katerina IsmaĂŻlova est l’épouse du commerçant Zynovi IsmaĂŻlov, lui-mĂȘme fils du commerçant Boris IsmaĂŻlov. Elle s’ennuie, elle est peu aimĂ©e de son mari, souvent humiliĂ©e par son beau-pĂšre, notamment aprĂšs le dĂ©part temporaire du mari. La cuisiniĂšre Aksinia lui fait remarquer le nouvel ouvrier SergueĂŻ, qui avait perdu son travail prĂ©cĂ©dent Ă  cause d’une liaison avec sa patronne. Il et elle / Serguei et Katerina, commencent une relation amoureuse qui est dĂ©couverte par le beau-pĂšre. Elle l’empoisonne, mais celui-ci fait appeler son fils avant son trĂ©pas. L’époux arrive : il trouve le couple adultĂšre, qui le tue, puis cache le cadavre dans la cave. Fast-forward aux noces de Katerina et SergueĂŻ oĂč en plein milieu de diverses festivitĂ©s la police les arrĂȘte. Ils sont condamnĂ©s aux travaux forcĂ©s dans un camp en SibĂ©rie et partent au bagne. SergueĂŻ accuse Katerina d’ĂȘtre la cause de son malheur et la trompe avec Sonietka, une autre condamnĂ©e. Katerina n’en peut plus ; elle finit par pousser sa rivale dans l’eau et s’y jeter aprĂšs. Si le sordide n’assĂšche pas l’inspiration de Chostakovitch, il lui permet aussi d’écrire une partition orchestralement somptueuse


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Chostakovitch et son collaborateur, le librettiste Alexandre Preis, s’inspirent d’un conte Ă©ponyme du romancier russe NikolaĂŻ Leskov pour l’histoire de l’opĂ©ra. Nous sommes en 1934, le compositeur a moins de 30 ans. Si le conte expose la cruautĂ© de la tueuse Katerina IsmaĂŻlova, Chostakovitch, en bon communiste obĂ©issant qu’il Ă©tait encore Ă  l’époque (protĂ©gĂ© du militaire soviĂ©tique Toukhatchevski), transforme le drame, et par rapport aux meurtres de son hĂ©roĂŻne, et trouve des circonstances attĂ©nuantes : il dit qu’ils n’étaient « pas vraiment des crimes, mais une rĂ©volte contre ses circonstances, et contre l’atmosphĂšre maladive et sordide dans laquelle vivaient les marchands de classe moyenne au 19e siĂšcle ». Un commentaire destinĂ© Ă  Ă©dulcorer un rien la vulgaritĂ© ordinaire et cynique du sujet
 Cette rationalisation idĂ©ologique n’a pas Ă©tĂ© suffisante pour convaincre les autoritĂ©s soviĂ©tiques qui interdisent l’Ɠuvre. Son adhĂ©sion officielle au Parti Communiste en 1961 lui permet de voir l’interdiction levĂ©e, et il refait l’Ɠuvre en 1963 dans une version allĂ©gĂ©e. Son ancien Ă©lĂšve, le violoncelliste Rostropovich, dirige et enregistre la version originale pour la premiĂšre fois en 1978, trois ans aprĂšs la mort du compositeur.

#MeToo, ok ? OK ???

Sur le plan musical, la fusion du tragique et du cynisme transparaĂźt dans les sonoritĂ©s polystylistiques et dans le clash violent de l’inconciliable ; des bruits cĂŽtoient le contrepoint ; des effets folklorisants et naturalistes couvrent un vaste paysage symphonique, un lyrisme vocal presque vĂ©riste coexiste dans un orchestre expressionniste, aux procĂ©dĂ©s parfois rĂ©pĂ©titifs, cinĂ©matographiques. Les interludes dans l’opus sont les moments les plus beaux et les plus impressionnants dans l’orchestre, mĂȘme si tout au long des 4 actes, les diffĂ©rents groupes et solistes se distinguent, notamment les bois et les cuivres, ainsi que les percussions que nous fĂ©licitons particuliĂšrement. La direction de Metzmacher est claire et limpide, presque belle et Ă©motive, un aspect bienvenu dans une Ɠuvre parfois cacophonique, mais qui ne plaĂźt certainement pas Ă  tous.

La distribution avec des nombreux rĂŽles secondaires est solide dans les performances, mĂȘme si inĂ©gale. Si nous apprĂ©cions le chant et le jeu du Pope drolatique de Krzysztof Baczyk, ou l’excellente et intense Sofija Petrovic en Aksinia ; ou encore le jeu d’actrice d’Oksana Volkova en Sonietka, ainsi que les chƓurs de l’OpĂ©ra (moussogrskiens Ă  souhait, sous la direction du chef des chƓurs JosĂ© Luis Basso), nous retiendrons particuliĂšrement les prestations du couple adultĂšre et du beau-pĂšre. Ce dernier, interprĂ©tĂ© par la basse russe Dmitry Ulyanov se montre maĂźtre absolu de la partition difficile, et malgrĂ© le grotesque du personnage conquit l’auditoire par un chant parfois d’un lyrisme inattendu.
Inattendue Ă©galement l’aisance scĂ©nique des protagonistes dans la mise en scĂšne trĂšs physique de Warlikowski, sur laquelle nous reviendrons. Si le tĂ©nor Pavel Cernoch incarne dĂ©licieusement l’ouvrier sĂ©ducteur par son jeu d’acteur et ses tenues rĂ©vĂ©latrices, il le fait aussi par sa voix solaire au rayonnement sensuel, mais qui n’éclipse jamais rien. La soprano lituanienne Ausrine Stundyte dĂ©butant Ă  l’OpĂ©ra de Paris captive l’auditoire en permanence, elle dessine un personnage complexe par son jeu d’actrice et campe une prestation monumentale au niveau musical. Le pseudo-air du printemps (ou plutĂŽt air du couchage) Ă  la fin du Ier acte est un moment d’une Ă©trange sensualitĂ© musicale, oĂč elle montre dĂ©jĂ  toutes le qualitĂ©s vocales qu’elle exploitera jusqu’à la fin de la reprĂ©sentation. Velours, aisance dans les aigus, projection idĂ©ale
 Une rĂ©ussite !

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Et la mise en scĂšne de Warlikowski ? Une immense rĂ©ussite qui a suscitĂ© beaucoup d’émotion Ă  la premiĂšre. Le Polonais campe une crĂ©ation focalisĂ©e sur la question sexuelle, au dĂ©triment (ou pas) de l’aspect soviĂ©tique / socialiste. Pleinement ancrĂ©e dans son temps, la mise en scĂšne a lieu dans un lieu unique, un abattoir de porcs, oĂč l’on a droit a des scĂšnes de viol d’un grand rĂ©alisme et intensitĂ©, Ă  un grotesque cabaret, et a beaucoup d’attouchements qui ne sont pas gratuits, puisque le parti pris est explicitement en rĂ©fĂ©rence Ă  #metoo. Si vous l’ignoriez, la mise en scĂšne en permanence nous le rappelle. On serait tentĂ© de croire que le metteur en scĂšne ait voulu faire une crĂ©ation manichĂ©enne, avec un camp du bien et un camp du mal dĂ©finis, Ă  l’instar de la rĂ©alitĂ© mĂ©diatique et volontĂ© politique actuelle, mais il nous montre dĂšs le dĂ©but qu’il ne touchera pas vraiment l’opus du maĂźtre (bien lui en fasse), oĂč malgrĂ© la sympathie marxiste, tous les camps sont dĂ©solants et meurtriers. Lady Macbeth est une machine cynique et lyrique d’un souffle manifeste. A dĂ©couvrir Ă  l’OpĂ©ra Bastille encore les 13, 16, 19, 22 et 25 avril 2019 (retransmission en direct dans certains cinĂ©mas le 16 avril 2019). Illustrations : © Bernd Uhlig / OpĂ©ra national de Paris)

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NDLR : Le site de l’OpĂ©ra de Paris prend les mesures qui s’imposent : certaines scĂšnes peuvent choquer la sensibilitĂ© des plus jeunes comme les spectateurs non avertis, est-il prĂ©cisĂ© sur la page de prĂ©sentation et de rĂ©servation. Utile prĂ©caution. AprĂšs une production des Troyens dont le metteur en scĂšne lui aussi scandaleux (Dmitri Tcherniakov) n’hĂ©sitait pas Ă  rĂ©Ă©crire l’histoire et les relations des personnages, contredisant et dĂ©naturant Berlioz, voici une nouvelle production dont la violence et l’absence de poĂ©sie, certes lĂ©gitimes eu Ă©gard au sujet et au style de Chostakovitch, malmĂšne le confort ordinaire du spectateur bourgeois… CQFD.

Concert CHOSTAKOVITCH, DSCH Ensemble

SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMPARIS, INVALIDES. CHOSTAKOVICH Ens. Sam 15  dĂ©c 18. CHOSTAKOVITCH rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©… IntĂ©grale de la musique de chambre pour piano et cordes de Dmitri CHOSTAKOVITCH. Pour lancer son nouvel enregistrement discographique (coffret CHOSTAKOVITCH 2 CD Ă©ditĂ© par PARATY, le DSCH Ensemble / Ensemble Schostakovitch joue les piĂšces du disque, premiĂšre intĂ©grale de la musique pour cordes et piano de Dmitri Chostakovtich, une somme musicale dont la valeur est indiscutable tant l’implication et la complicitĂ© des solistes rĂ©unis par le pianiste portugais Filipe PINTO-RIBEIRO dĂ©fendent avec conviction et sensibilitĂ©, les mondes expressifs, incandescents voire hallucinĂ©s et Ă©nigmatiques, abstraits et introspectifs
 du compositeur russe (cf le mouvement lent de la Sonate pour violon et piano, ici enregistrĂ© et jouĂ© par F Pinto-Ribeiro et le violoniste canadien Corey Cerosek).
Autre argument soulignant la musicalitĂ© de l’approche collective, toutes les cordes sont de facture historique plutĂŽt prestigieuse s’agissant de Cory Cerovsek (Stradivarius « Milanollo, 1728), Isabel Charisius (alto « ABQ », Laurentius Storioni, 1780), solistes inspirĂ©s aux cĂŽtĂ©s du violoncelliste Adrian Brendel 

C’est peu dire que Chostakovitch a dĂ©posĂ© dans sa musique de chambre pour piano les clĂ©s de son ĂȘtre profond (dont le motif DSCH, dĂ©coulant des notes de la gamme correspondant aux initiales). Les niveaux de lecture sont multiples. La grande richesse de la musique exige des instrumentistes une concentration absolue et un engagement Ă©motionnel, permanent. Les dĂ©fis sont Ă©levĂ©s, voilĂ  qui promet et assure aux spectateurs une nouvelle expĂ©rience de chambrisme ardent autant qu’habitĂ©.

 

 

 

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MusĂ©e de l’ArmĂ©e, INVALIDES
Samedi 15 décembre 2018, 16h
Salle Turenne
Prix unique : 10 euros
(8 euros : solidaritĂ© et – de 26 ans)

DSCH – Shostakovich Ensemble
Avec Filipe Pinto-Ribeiro (piano), Corey Cerovsek (violon), Adrian Brendel (violoncelle)
Concert de lancement du coffret cd Intégrale Chostakovitch
Concerto de Lançamento do duplo CD Integral de Schostakovich

 

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.musee-armee.fr/programmation/concerts/detail/de-mozart-a-chostakovitch.html

 

 

 

Programme :

Chostakovitch, Trio n°1 PoÚme, en ut mineur, opus 8, pour piano et cordes
Mozart, Trio en ut majeur, K. 548, pour piano et cordes
Chostakovitch, Sonate en ré mineur, opus 40, pour violoncelle et piano
Mozart, Sonate en mi mineur, K. 304, pour violon et piano
Chostakovitch, Trio n°2 en mi mineur, opus 67, pour piano et cordes

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shostakovitch-ensemble-filipe-pinto-ribeiro-cory-cerovsek-adrian-brendel-concert-annonce-classiquenews

Concert repris le 18 décembre 2018 à Lisbonne

18 DEZEMBRO 2018 I 21h
CENTRO CULTURAL DE BELÉM, LISBOA / PORTUGAL
DSCH – Shostakovich Ensemble: com Filipe Pinto-Ribeiro, Corey Cerovsek e Adrian Brendel
Concerto de Lançamento do duplo CD Integral de Schostakovich
Obras de Mozart e Schostakovich [+ info]
https://www.ccb.pt/Default/pt/Programacao/Musica?a=1584

 

 

 

schostakovich ensemble dsch dmitri chostakovitch classiquenews

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PrĂ©sentation du concert par le MusĂ©e de l’armĂ©e, Invalides
150 ans sĂ©parent les naissances de ces deux gĂ©nies de l’histoire de la musique – Mozart (1756) et Chostakovitch (1906). Les deux compositeurs seront mis Ă  l’honneur pour ce concert de lancement du double album de l’IntĂ©grale de la musique de chambre pour piano et cordes de Dimitri Chostakovich. Le DSCH – Ensemble Chostakovitch a Ă©tĂ© fondĂ© par le pianiste Filipe Pinto-Ribeiro en 2006, l’annĂ©e du centenaire de naissance du compositeur Dmitri Chostakovitch. Sa formation est Ă  gĂ©omĂ©trie variable constituant ainsi une plate-forme de rencontre et d’interaction de musiciens d’excellence. L’ensemble a collaborĂ© avec des musiciens tels Renaud Capuçon, Pascal MoraguĂšs, JosĂ© van Dam, Michel Portal, Gary Hoffman, GĂ©rard CaussĂ© entre autres. Filipe Pinto-Ribeiro est un des musiciens portugais les plus reconnus au niveau national et international. Il a Ă©tĂ© nommĂ© rĂ©cemment en tant que Steinway Artist. Pour ce concert en particulier, l’Ensemble Chostakovitch compte avec la participation du grand violoniste canadien Corey Cerovsek qui jouera le lĂ©gendaire Stradivarius “Milanollo” de 1728, un violon jouĂ© par Christian Ferras, Giovanni Battista Viotti et NicollĂČ Paganini. Le britannique Adrian Brendel, un des plus grands violoncellistes actuels, parcourt le monde en tant que soliste et chambriste. Dans sa vaste discographie compte Les Sonates pour violoncelle et piano de Beethoven enregistrĂ©es avec son pĂšre Alfred Brendel.

 
 

CRITIQUE CD

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SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMNOTRE CRITIQUE DU COFFRET CHOSTAKOVITCH par le DSCH Ensemble / CD Ă©vĂ©nement, SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : complete chamber music for piano and strings / DSCH – Shostakovich ensemble (2 cd PARATY). Ce pourrait bien ĂȘtre le coffret Ă©vĂ©nement de 2018 : l’intĂ©grale des oeuvres pour musique de chambre pour piano et cordes de Dmitri Chostakovitch – Jamais une telle somme majeure pour l’expression musicale du XXĂš siĂšcle n’avait Ă©tĂ© rĂ©unie en un seul coffret : c’est chose faite grace Ă  l’initiative du pianiste Filipe Pinto-Ribeiro et son DSCH – Ensemble Chostakovitch / Shostakovich Ensemble. Âpre et intense, profonde voire lugubre, inquiĂšte et angoissĂ©e, mais d’une ineffable tendresse humaine, la musique de Dmitri Chostakovitch Ă  l’époque de la terreur stalinienne sait porter le masque de la distance, faussement indiffĂ©rente, pour mieux ciseler une absolue comprĂ©hension de la nature humaine, dans ses contradictions, ses horreurs et sa grandeur. A l’écoute de cette musique pudique et intime (sous la voile d’un cynisme distanciĂ©), relevant les dĂ©fis de l’écoute collective, et du jeu chambriste le plus raffinĂ©, les 4 solistes rĂ©unis autour de Filipe PINTO-RIBEIRO, – tous individualitĂ©s fortes capables aussi de se fondre dans une Ă©tonnante sonoritĂ© collective-, rĂ©alisent en 2 cd, pour le label PARATY, une intĂ©grale Ă©vĂ©nement, vĂ©ritable accomplissement qui s’avĂšre ĂȘtre la rĂ©fĂ©rence nouvelle.

 
 

TEASER VIDEO

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SHOSTAKOVICH-CHOSTAKOVITCH-ensmeble-pinto-ribeiro-complete-chamber-music-for-strings-and-piano-video-par-classiquenews-PARATY-2-cd-set-boxVOIR le TEASER VIDEO du coffret SHOSTAKOVICH IntĂ©grale piano / cordes musique de chambre (PARATY) / DSCH Ensemble – Ensemble Shhostakovich
http://www.classiquenews.com/teaser-video-chostakovitch-integrale-de-la-musique-de-chambre-pour-piano-et-cordes-paraty-productions/

Un Chostakovitch / Shostakovich dĂ©poussiĂ©rĂ©, habitĂ©, rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© : sincĂšre et vrai. Coffret Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS 2018, Ă©lu meilleur cd de l’annĂ©e 2018 (RĂ©alisation studio CLASSIQUENEWS.TV).

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Integrale CHOSTAKOVITCH par le DSCH Ensemble

SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMPARIS, LISBONNE. DSCH Ens / CHOSTAKOVICH Ens. Les 15, 18 dĂ©c 18. IntĂ©grale de la musique de chambre pour piano et cordes de Dmitri CHOSTAKOVITCH. Pour lancer son nouvel enregistrement discographique (coffret CHOSTAKOVITCH 2 CD Ă©ditĂ© par PARATY, le DSCH Ensemble / Ensemble Schostakovitch joue les piĂšces du disque, premiĂšre intĂ©grale de la musique pour cordes et piano de Dmitri Chostakovtich, une somme musicale dont la valeur est indiscutable tant l’implication et la complicitĂ© des solistes rĂ©unis par le pianiste portugais Filipe PINTO-RIBEIRO dĂ©fendent avec conviction et sensibilitĂ©, les mondes expressifs, incandescents voire hallucinĂ©s et Ă©nigmatiques, abstraits et introspectifs
 du compositeur russe (cf le mouvement lent de la Sonate pour violon et piano, ici enregistrĂ© et jouĂ© par F Pinto-Ribeiro et le violoniste canadien Corey Cerosek).
Autre argument soulignant la musicalitĂ© de l’approche collective, toutes les cordes sont de facture historique plutĂŽt prestigieuse s’agissant de Cory Cerovsek (Stradivarius « Milanollo, 1728), Isabel Charisius (alto « ABQ », Laurentius Storioni, 1780), solistes inspirĂ©s aux cĂŽtĂ©s du violoncelliste Adrian Brendel 

C’est peu dire que Chostakovitch a dĂ©posĂ© dans sa musique de chambre pour piano les clĂ©s de son ĂȘtre profond (dont le motif DSCH, dĂ©coulant des notes de la gamme correspondant aux initiales). Les niveaux de lecture sont multiples. La grande richesse de la musique exige des instrumentistes une concentration absolue et un engagement Ă©motionnel, permanent. Les dĂ©fis sont Ă©levĂ©s, voilĂ  qui promet et assure aux spectateurs une nouvelle expĂ©rience de chambrisme ardent autant qu’habitĂ©.

 
 
 

1960_schostakowitsch_dresden

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MusĂ©e de l’ArmĂ©e, INVALIDES
Samedi 15 décembre 2018, 16h
Salle Turenne
Prix unique : 10 euros
(8 euros : solidaritĂ© et – de 26 ans)

DSCH – Shostakovich Ensemble
Avec Filipe Pinto-Ribeiro (piano), Corey Cerovsek (violon), Adrian Brendel (violoncelle)
Concert de lancement du coffret cd Intégrale Chostakovitch
Concerto de Lançamento do duplo CD Integral de Schostakovich

 
 
 

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.musee-armee.fr/programmation/concerts/detail/de-mozart-a-chostakovitch.html

 
 
 

Programme :

Chostakovitch, Trio n°1 PoÚme, en ut mineur, opus 8, pour piano et cordes
Mozart, Trio en ut majeur, K. 548, pour piano et cordes
Chostakovitch, Sonate en ré mineur, opus 40, pour violoncelle et piano
Mozart, Sonate en mi mineur, K. 304, pour violon et piano
Chostakovitch, Trio n°2 en mi mineur, opus 67, pour piano et cordes

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shostakovitch-ensemble-filipe-pinto-ribeiro-cory-cerovsek-adrian-brendel-concert-annonce-classiquenews

 
 
 

Concert repris le 18 décembre 2018 à Lisbonne

18 DEZEMBRO 2018 I 21h
CENTRO CULTURAL DE BELÉM, LISBOA / PORTUGAL
DSCH – Shostakovich Ensemble: com Filipe Pinto-Ribeiro, Corey Cerovsek e Adrian Brendel
Concerto de Lançamento do duplo CD Integral de Schostakovich
Obras de Mozart e Schostakovich [+ info]
https://www.ccb.pt/Default/pt/Programacao/Musica?a=1584

schostakovich ensemble dsch dmitri chostakovitch classiquenews

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PrĂ©sentation du concert par le MusĂ©e de l’armĂ©e, Invalides
150 ans sĂ©parent les naissances de ces deux gĂ©nies de l’histoire de la musique – Mozart (1756) et Chostakovitch (1906). Les deux compositeurs seront mis Ă  l’honneur pour ce concert de lancement du double album de l’IntĂ©grale de la musique de chambre pour piano et cordes de Dimitri Chostakovich. Le DSCH – Ensemble Chostakovitch a Ă©tĂ© fondĂ© par le pianiste Filipe Pinto-Ribeiro en 2006, l’annĂ©e du centenaire de naissance du compositeur Dmitri Chostakovitch. Sa formation est Ă  gĂ©omĂ©trie variable constituant ainsi une plate-forme de rencontre et d’interaction de musiciens d’excellence. L’ensemble a collaborĂ© avec des musiciens tels Renaud Capuçon, Pascal MoraguĂšs, JosĂ© van Dam, Michel Portal, Gary Hoffman, GĂ©rard CaussĂ© entre autres. Filipe Pinto-Ribeiro est un des musiciens portugais les plus reconnus au niveau national et international. Il a Ă©tĂ© nommĂ© rĂ©cemment en tant que Steinway Artist. Pour ce concert en particulier, l’Ensemble Chostakovitch compte avec la participation du grand violoniste canadien Corey Cerovsek qui jouera le lĂ©gendaire Stradivarius “Milanollo” de 1728, un violon jouĂ© par Christian Ferras, Giovanni Battista Viotti et NicollĂČ Paganini. Le britannique Adrian Brendel, un des plus grands violoncellistes actuels, parcourt le monde en tant que soliste et chambriste. Dans sa vaste discographie compte Les Sonates pour violoncelle et piano de Beethoven enregistrĂ©es avec son pĂšre Alfred Brendel.

 
 
 
 
 
 

CRITIQUE CD

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SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMNOTRE CRITIQUE DU COFFRET CHOSTAKOVITCH par le DSCH Ensemble / CD Ă©vĂ©nement, SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : complete chamber music for piano and strings / DSCH – Shostakovich ensemble (2 cd PARATY). Ce pourrait bien ĂȘtre le coffret Ă©vĂ©nement de 2018 : l’intĂ©grale des oeuvres pour musique de chambre pour piano et cordes de Dmitri Chostakovitch – Jamais une telle somme majeure pour l’expression musicale du XXĂš siĂšcle n’avait Ă©tĂ© rĂ©unie en un seul coffret : c’est chose faite grace Ă  l’initiative du pianiste Filipe Pinto-Ribeiro et son DSCH – Ensemble Chostakovitch / Shostakovich Ensemble. Âpre et intense, profonde voire lugubre, inquiĂšte et angoissĂ©e, mais d’une ineffable tendresse humaine, la musique de Dmitri Chostakovitch Ă  l’époque de la terreur stalinienne sait porter le masque de la distance, faussement indiffĂ©rente, pour mieux ciseler une absolue comprĂ©hension de la nature humaine, dans ses contradictions, ses horreurs et sa grandeur. A l’écoute de cette musique pudique et intime (sous la voile d’un cynisme distanciĂ©), relevant les dĂ©fis de l’écoute collective, et du jeu chambriste le plus raffinĂ©, les 4 solistes rĂ©unis autour de Filipe PINTO-RIBEIRO, – tous individualitĂ©s fortes capables aussi de se fondre dans une Ă©tonnante sonoritĂ© collective-, rĂ©alisent en 2 cd, pour le label PARATY, une intĂ©grale Ă©vĂ©nement, vĂ©ritable accomplissement qui s’avĂšre ĂȘtre la rĂ©fĂ©rence nouvelle.

 
 
  
 
 

TEASER VIDEO

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SHOSTAKOVICH-CHOSTAKOVITCH-ensmeble-pinto-ribeiro-complete-chamber-music-for-strings-and-piano-video-par-classiquenews-PARATY-2-cd-set-boxVOIR le TEASER VIDEO du coffret SHOSTAKOVICH IntĂ©grale piano / cordes musique de chambre (PARATY) / DSCH Ensemble – Ensemble Shhostakovich
http://www.classiquenews.com/teaser-video-chostakovitch-integrale-de-la-musique-de-chambre-pour-piano-et-cordes-paraty-productions/

Un Chostakovitch / Shostakovich dĂ©poussiĂ©rĂ©, habitĂ©, rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© : sincĂšre et vrai. Coffret Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS 2018, Ă©lu meilleur cd de l’annĂ©e 2018 (RĂ©alisation studio CLASSIQUENEWS.TV).

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Integrale CHOSTAKOVITCH par le DSCH Ensemble

SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMPARIS, LISBONNE. DSCH Ens / CHOSTAKOVICH Ens. Les 15, 18 dĂ©c 18. IntĂ©grale de la musique de chambre pour piano et cordes de Dmitri CHOSTAKOVITCH. Pour lancer son nouvel enregistrement discographique (coffret CHOSTAKOVITCH 2 CD Ă©ditĂ© par PARATY, le DSCH Ensemble / Ensemble Schostakovitch joue les piĂšces du disque, premiĂšre intĂ©grale de la musique pour cordes et piano de Dmitri Chostakovtich, une somme musicale dont la valeur est indiscutable tant l’implication et le complicitĂ© des solistes rĂ©unis par le pianiste portugais Filipe PINTO-RIBEIRO dĂ©fendent avec conviction et sensibilitĂ©, les mondes expressifs, incandescents voire hallucinĂ©s et Ă©nigmatiques, abstraits et introspectifs
 du compositeur russe (cf le mouvement lent de la Sonate pour violon et piano, ici enregistrĂ© et jouĂ© par F Pinto-Ribeiro et le violoniste canadien Corey Cerosek).
Autre argument soulignant la musicalitĂ© de l’approche collective, toutes les cordes sont de facture historique plutĂŽt prestigieuse s’agissant de Cory Cerovsek (Stradivarius « Milanollo, 1728), Isabel Charisius (alto « ABQ », Laurentius Storioni, 1780), Adrian Brendel (violoncelle)

C’est peu dire que Chostakovitch a dĂ©posĂ© dans sa musique de chambre pour piano les clĂ©s de son ĂȘtre profond (dont le motif DSCH, dĂ©coulant des notes de la gamme correspondant aux initiales). Les niveaux de lecture sont multiples. La grande richesse de la musique exige des instrumentistes une concentration absolue et un engagement Ă©motionnel, permanent. Les dĂ©fis sont Ă©levĂ©s, voilĂ  qui promet et assure aux spectateurs une nouvelle expĂ©rience de chambrisme ardent autant qu’habitĂ©.

 
 
 

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MusĂ©e de l’ArmĂ©e, INVALIDES
Samedi 15 décembre 2018, 16h
Salle Turenne
Prix unique : 10 euros
(8 euros : solidaritĂ© et – de 26 ans)

DSCH – Shostakovich Ensemble
Avec Filipe Pinto-Ribeiro (piano), Corey Cerovsek (violon), Adrian Brendel (violoncelle)
Concert de lancement du coffret cd Intégrale Chostakovitch
Concerto de Lançamento do duplo CD Integral de Schostakovich

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.musee-armee.fr/programmation/concerts/detail/de-mozart-a-chostakovitch.html

 
 
 
 
 
 

Programme :

Chostakovitch, Trio n°1 PoÚme, en ut mineur, opus 8, pour piano et cordes
Mozart, Trio en ut majeur, K. 548, pour piano et cordes
Chostakovitch, Sonate en ré mineur, opus 40, pour violoncelle et piano
Mozart, Sonate en mi mineur, K. 304, pour violon et piano
Chostakovitch, Trio n°2 en mi mineur, opus 67, pour piano et cordes

 
 
 

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Concert repris le 18 décembre 2018 à Lisbonne

18 DEZEMBRO 2018 I 21h
CENTRO CULTURAL DE BELÉM, LISBOA / PORTUGAL
DSCH – Shostakovich Ensemble: com Filipe Pinto-Ribeiro, Corey Cerovsek e Adrian Brendel
Concerto de Lançamento do duplo CD Integral de Schostakovich
Obras de Mozart e Schostakovich [+ info]
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PrĂ©sentation par le MusĂ©e de l’armĂ©e, Invalides
150 ans sĂ©parent les naissances de ces deux gĂ©nies de l’histoire de la musique – Mozart (1756) et Chostakovitch (1906). Les deux compositeurs seront mis Ă  l’honneur pour ce concert de lancement du double album de l’IntĂ©grale de la musique de chambre pour piano et cordes de Dimitri Chostakovich. Le DSCH – Ensemble Chostakovitch a Ă©tĂ© fondĂ© par le pianiste Filipe Pinto-Ribeiro en 2006, l’annĂ©e du centenaire de naissance du compositeur Dmitri Chostakovitch. Sa formation est Ă  gĂ©omĂ©trie variable constituant ainsi une plate-forme de rencontre et d’interaction de musiciens d’excellence. L’ensemble a collaborĂ© avec des musiciens tels Renaud Capuçon, Pascal MoraguĂšs, JosĂ© van Dam, Michel Portal, Gary Hoffman, GĂ©rard CaussĂ© entre autres. Filipe Pinto-Ribeiro est un des musiciens portugais les plus reconnus au niveau national et international. Il a Ă©tĂ© nommĂ© rĂ©cemment en tant que Steinway Artist. Pour ce concert en particulier, l’Ensemble Chostakovitch compte avec la participation du grand violoniste canadien Corey Cerovsek qui jouera le lĂ©gendaire Stradivarius “Milanollo” de 1728, un violon jouĂ© par Christian Ferras, Giovanni Battista Viotti et NicollĂČ Paganini. Le britannique Adrian Brendel, un des plus grands violoncellistes actuels, parcourt le monde en tant que soliste et chambriste. Dans sa vaste discographie compte Les Sonates pour violoncelle et piano de Beethoven enregistrĂ©es avec son pĂšre Alfred Brendel.

 
 
 

CRITIQUE CD

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SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMNOTRE CRITIQUE DU COFFRET CHOSTAKOVITCH par le DSCH Ensemble / CD Ă©vĂ©nement, SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : complete chamber music for piano and strings / DSCH – Shostakovich ensemble (2 cd PARATY). Ce pourrait bien ĂȘtre le coffret Ă©vĂ©nement de 2018 : l’intĂ©grale des oeuvres pour musique de chambre pour piano et cordes de Dmitri Chostakovitch – Jamais une telle somme majeure pour l’expression musicale du XXĂš siĂšcle n’avait Ă©tĂ© rĂ©unie en un seul coffret : c’est chose faite grace Ă  l’initiative du pianiste Filipe Pinto-Ribeiro et son DSCH – Ensemble Chostakovitch / Shostakovich Ensemble. Âpre et intense, profonde voire lugubre, inquiĂšte et angoissĂ©e, mais d’une ineffable tendresse humaine, la musique de Dmitri Chostakovitch Ă  l’époque de la terreur stalinienne sait porter le masque de la distance, faussement indiffĂ©rente, pour mieux ciseler une absolue comprĂ©hension de la nature humaine, dans ses contradictions, ses horreurs et sa grandeur. A l’écoute de cette musique pudique et intime (sous la voile d’un cynisme distanciĂ©), relevant les dĂ©fis de l’écoute collective, et du jeu chambriste le plus raffinĂ©, les 4 solistes rĂ©unis autour de Filipe PINTO-RIBEIRO, – tous individualitĂ©s fortes capables aussi de se fondre dans une Ă©tonnante sonoritĂ© collective-, rĂ©alisent en 2 cd, pour le label PARATY, une intĂ©grale Ă©vĂ©nement, vĂ©ritable accomplissement qui s’avĂšre ĂȘtre la rĂ©fĂ©rence nouvelle.

 
 
 

TEASER VIDEO

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SHOSTAKOVICH-CHOSTAKOVITCH-ensmeble-pinto-ribeiro-complete-chamber-music-for-strings-and-piano-video-par-classiquenews-PARATY-2-cd-set-boxVOIR le TEASER VIDEO du coffret SHOSTAKOVICH IntĂ©grale piano / cordes musique de chambre (PARATY) / DSCH Ensemble – Ensemble Shhostakovich
http://www.classiquenews.com/teaser-video-chostakovitch-integrale-de-la-musique-de-chambre-pour-piano-et-cordes-paraty-productions/

Un Chostakovitch / Shostakovich dĂ©poussiĂ©rĂ©, habitĂ©, rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© : sincĂšre et vrai. Coffret Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS 2018, Ă©lu meilleur cd de l’annĂ©e 2018 (RĂ©alisation studio CLASSIQUENEWS.TV).

 
 
 

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TEASER vidéo : CHOSTAKOVITCH : intégrale de la musique de chambre pour piano et cordes (PARATY productions)

SHOSTA-CHOSTAKOVITCH-CD-PARATY-critique-cd-review-cd-critique-par-classiquenews-PARATY_718232_Shostakovich_Ensemble_COUV_HMCD Ă©vĂ©nement, SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : complete chamber music for piano and strings / DSCH – Shostakovich ensemble (2 cd PARATY – ANNONCE). Ce pourrait bien ĂȘtre le coffret Ă©vĂ©nement de 2018 : l’intĂ©grale des oeuvres pour musique de chambre pour piano et cordes de Dmitri Chostakovitch – Jamais une telle somme majeure pour l’expression musicale du XXĂš siĂšcle n’avait Ă©tĂ© rĂ©unie en un seul coffret : c’est chose faite grace Ă  l’initiative du pianiste Filipe Pinto-Ribeiro et son DSCH – Ensemble Chostakovitch / Shostakovich Ensemble. Âpre et intense, profonde voire lugubre, inquiĂšte et angoissĂ©e, mais d’une ineffable tendresse humaine, la musique de Dmitri Chostakovitch Ă  l’époque de la terreur stalinienne sait porter le masque de la distance, faussement indiffĂ©rente, pour mieux ciseler une absolue comprĂ©hension de la nature humaine, dans ses contradictions, ses horreurs et sa grandeur. A l’écoute de cette musique pudique et intime (sous la voile d’un cynisme distanciĂ©), relevant les dĂ©fis de l’écoute collective, et du jeu chambriste le plus raffinĂ©, les 4 solistes rĂ©unis autour de Filipe PINTO-RIBEIRO, – tous individualitĂ©s fortes capables aussi de se fondre dans une Ă©tonnante sonoritĂ© collective-, rĂ©alisent en 2 cd, pour le label PARATY, une intĂ©grale Ă©vĂ©nement, vĂ©ritable accomplissement qui s’avĂšre ĂȘtre la rĂ©fĂ©rence nouvelle.

CLIC D'OR macaron 200Un Chostakovitch / Shostakovich dĂ©poussiĂ©rĂ©, habitĂ©, rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© : sincĂšre et vrai. Coffret Ă©vĂ©nement, CLIC de CLASSIQUENEWS 2018, Ă©lu meilleur cd de l’annĂ©e 2018 (RĂ©alisation studio CLASSIQUENEWS.TV).

Compte-rendu, concert. Paris. Philharmonie, le 5 nov 2018. Chen. Chostakovitch. Moreau / Sokhiev.

Compte-rendu, concert. Paris. Grande salle de la philharmonie, le 5 novembre 2018. Qigang Chen. Dimitri Chostakovitch. Edgar Moreau, violoncelle. Orchestre National du Capitole de Toulouse. Tugan Sokhiev. Salle pleine Ă  la Philharmonie ce soir pour la crĂ©ation d’une Ɠuvre de Qigang Chen, compositeur sino-français que le public adore. L’Orchestre National du Capitole de Toulouse et son chef Tugan Sokhiev avaient dĂ©jĂ  donnĂ© ce mĂȘme concert deux jours auparavant dans leur ville de Toulouse. Le sublime solo de trompette qui ouvre « avenir d’une illusion » a Ă©tĂ© jouĂ© avec beaucoup de dĂ©licatesse par Hugo Blacher. La direction prĂ©cise et souple du chef a fait merveille dans ce moment de magie qui a progressivement ouvert les oreilles des auditeurs vers des sonoritĂ©s de plus en plus corsĂ©es.

  
 
 

SOKHIEV chen chostakovch philharmonie concert par classiquenews critique concert

  
 
 

Toulouse et Paris main dans la main : que de félicité !

  
 

La poĂ©sie qui se dĂ©gage de cette ouverture est celle d’un matin, Ă  la sortie des songes qui voit se lever le soleil et toute la nature se rĂ©veiller. Mais Ă©galement qui met en mouvement toute l’intelligence et la sensibilitĂ© humaine. AprĂšs de sublimes aplats, une formule mĂ©lodico rythmique trĂšs courte, comme un appel,  est passĂ©e d’un instrumentiste Ă  l’autre.  Tout l’orchestre s’est ainsi vu stimulĂ© pour petit Ă  petit se superposer et grandir. L’ostinato du piano d’une prĂ©cision horlogĂšre dĂ©bute la construction du final qui voit s’empiler petit Ă  petit tous les instruments de l’orchestre pour terminer dans une puissance rarement atteinte par un orchestre symphonique. Les qualitĂ©s de la composition de Qigang Chen sont multiples et mĂ©ritent vraiment une Ă©coute attentive pour ĂȘtre toutes mises en valeur. Une crĂ©ation de cette qualitĂ© est trĂšs rare. Le temps va permettre d’en comprendre toute la beautĂ© et la subtilitĂ© mais dĂ©jĂ  le charme opĂšre en une Ă©coute unique.  L’association de l’Orchestre du Capitole et de la Philharmonie de Paris, commanditaires de cette magnifique composition, ne peut qu’ĂȘtre louĂ©e.  Cette belle crĂ©ation a Ă©tĂ© faite d’abord Ă  Toulouse puis Paris, avec le mĂȘme succĂšs. Il y a une magnifique transparence dans l’orchestration de Cheng que la direction trĂšs inspirĂ©e de Tugan Sokhiev rend merveilleusement bien, grĂące aux qualitĂ©s de dĂ©licatesse de l’orchestre de Toulouse. Hugo Blacher avec son solo de trompette sublime ouvre avec Ă©motion cette belle partition. Et bien des solistes lui emboĂźtent le pas avec les mĂȘmes qualitĂ©s, il faudrait tous les citer… Qigang Chen est le compositeur sino-français que le monde entier admire, et cela se comprend aisĂ©ment. Le public parisien a semblĂ© adorer cet « ItinĂ©raire d’une illusion ». Il faut dire qu’une crĂ©ation avec des musiciens si virtuoses et un chef si prĂ©cis et musical Ă  la fois ne peut qu’apporter toute satisfaction. Une crĂ©ation de cette qualitĂ© tord le cou aux idĂ©es reçus sur l’inĂ©coutable trop souvent mis en exergue par d’autres compositions contemporaines.  Il est possible d’écrire une partition facile d’écoute et de grande complexitĂ©, la preuve en est donnĂ©e ce soir avec Ă©clat.

  
 
 

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Tout en modestie, le jeune Edgar Moreau rentre ensuite en scĂšne avec son violoncelle ; il s’installe sur son estrade. La complicitĂ© avec Tugan Sokhiev est palpable. DĂšs son dĂ©licat  premier coup d’archet, nous savons que ce prodigieux interprĂšte va rendre hommage au gĂ©nie de Chostakovitch. Ce deuxiĂšme concerto si complexe et difficile a Ă©tĂ© commandĂ© par Rostropovitch, c’est dire ! Il est impossible de dĂ©crire l’admirable osmose qui existe entre le soliste et l’orchestre. Tugan Sokhiev a les yeux partout et ne laisse jamais rien au hasard. La prĂ©cision de sa direction est implacable tout en laissant de grandes plages de legato pour le soliste. Il est partout,  Ă  la fois suspendu aux gestes du violoncelliste et encourageant chaque musicien de l’orchestre. Et les moments solistes dans l’orchestre sont nombreux ! Les nuances sont creusĂ©es de façon sublime ; les couleurs du violoncelle s’harmonisent avec celles de l’orchestre. VoilĂ  une trĂšs belle interprĂ©tation de ce concerto. Le succĂšs est grandiose, partagĂ© entre l’orchestre, le chef et ce soliste si attachant. Edgar Moreau a une maĂźtrise technique impeccable, totalement mise au service de la musicalitĂ© la plus dĂ©licate.

Nous avions dĂ©jĂ  entendu Ă  deux reprises la magnifique interprĂ©tation toulousaine de la CinquiĂšme symphonie de  Chostakovitch et nous nous faisions une fĂȘte de la dĂ©guster dans la magnifique acoustique de la Philharmonie de Paris. Il est certain que le public toulousain peut admirer son orchestre sous la direction de son chef dans la  Halle-aux-Grains mais vraiment ce n’est pas le mĂȘme orchestre que nous pouvons entendre Ă  Paris. J’ai dĂ©jĂ  souvent Ă©crit combien cette acoustique est merveilleuse mais vraiment c’est lorsque l’Orchestre du Capitole de Toulouse joue dans de belles acoustiques comme Ă  Paris, qu’il sonne magnifiquement bien. Les  nuances infimes  peuvent ĂȘtre dĂ©veloppĂ©es et les forte ici sont gĂ©nĂ©reux sans risque de saturation et sans jamais la moindre violence. Car c’est une caractĂ©ristique de la direction de Tugan Sokhiev de toujours dĂ©velopper trĂšs progressivement les nuances et de garder une petite marge pour le dernier forte. Toute la puissance contenue dans la symphonie, la provocation, la moquerie, voir la mĂ©chancetĂ© ont trouvĂ© dans cette interprĂ©tation toute leur place. Le final avec cette construction implacable a amenĂ© le public Ă  vĂ©ritablement exulter.
Un magnifique concert dont la dimension historique est relayĂ©e sur le net, sur le site de la Philharmonie de Paris Live. La partition de Qigang Chen mĂ©rite d’ĂȘtre connue et Chostakovitch n’est jamais assez jouĂ© ; d’autant que lĂ , il est interprĂ©tĂ© d’une admirable façon.

  
 
 

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Compte rendu concert. Paris. Grande salle de la philharmonie, le 5 novembre 2018. Qigang Chen (NĂ© en 1951) : l’avenir d’une illusion ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour violoncelle n° 2 et Symphonie  n°5 ; Edgar Moreau, violoncelle ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Tugan Sokhiev, direction.

  
 
 

Compte-rendu, concert. Paris, Philharmonie, le 24 janvier 2016 Chostakovitch,Schubert,Quatuor Hagen.

Le Quatuor Hagen est une institution familiale qui fait le bonheur du public depuis prĂšs de 30 ans. Le remplacement de l‘Alto (Iris remplaçant Veronika) ne pourra ĂȘtre soupçonnĂ© par personne tant l’entente entre tous est Ă©vidente. Quelle audace a Ă©tĂ© la leur :  A 16h30 un dimanche dans un aprĂšs midi gris et froid,  commencer leur concert par le testament lugubre de Chostakovitvh ! Son 15 Ăšme Quatuor est inouĂŻ de mĂ©lancolie constante que rien ne vient soulager. La mort est lĂ  prĂ©sente partout et la fin dans un murmure est sinistre. Comment aborder un tel monument de l’intime ? Le Quatuor Hagen s’est comportĂ© en musiciens et en chambristes accomplis. Tout a Ă©tĂ© en fine Ă©coute, battement de cils de connivence, recherche de sonoritĂ©s incroyablement morbides, de nuances infra perceptibles. Pas de vibrato pendant de longs moments avant que l‘alto n’ose un peu, mais Ă  peine de chaleur. La brutalitĂ© des sons filĂ©s terminĂ©s en cris est le seul moment pouvant ĂȘtre assimilĂ© Ă  une rĂ©volte. Les formules courtes et heurtĂ©es Ă©voquent le disloquement de la vie.

Chostakovitch, Schubert… l’excellence du Quatuor Hagen

Plus forte que la mort : la vie !

A l’écoute mĂȘme la pensĂ©e se fige et l’immobilitĂ© de la mort gagne insidieusement tout l’ĂȘtre du spectateur. Une musique mĂ©taphysique, Ă  la limite de ce qui est supportable dans un concert classique. Plus d’une demi heure d’un Adagio oscillant entre Ă©lĂ©gie, lamento, marche funĂšbre, nuit sombre. Le public a Ă©tĂ© estomaquĂ© par la suretĂ© technique du Quatuor, son incroyable puissance de conviction  dans son choix interprĂ©tatif. Gare Ă  ceux que les fins de  dimanches dĂ©priment 
.
AprĂšs un entracte indispensable, les artistes se sont lancĂ© avec frĂ©nĂ©sie dans le dernier Quatuor de Schubert. Autre temps autres mƓurs. Schubert a eu une vie semĂ©e de difficultĂ©s, la maladie ne l’a pas non plus Ă©pargnĂ© mais son attitude face Ă  sa fin annoncĂ©e est opposĂ©e Ă  la langueur morbide et plaintive de Chostakovitch. Ce Quatuor est plein de vie au sens d’un combat, de reviviscence de souvenirs heureux. Nuances fortes assumĂ©es, couleurs gĂ©nĂ©reuses et chaudes. Vibrato appuyĂ©. Le contraste, l’opposition mĂȘme avec la premiĂšre partie du concert sont salvateurs. Non que la prĂ©sence de la mort, de la douleur ou la mĂ©lancolie soit oubliĂ©e, bien au contraire, mais en dialogue avec la pulsion de vie. Les flamboyants interprĂštes ont osĂ© s’engager avec puissance et joie de faire une musique si incarnĂ©e. Ils peuvent tout oser, se comprenant au moindre regard. La musique de chambre est affaire de famille oĂč chacun sait pourvoir compter sur l’autre Ă  tout moment.
Pour terminer cette extraordinaire Biennale du quatuor Ă  cordes ou tant de magnifiques musiciens sont venus devant un trĂšs large public, les Hagen ont Ă©tĂ© parfaits. Un programme audacieux affrontant la fin de choses. La vie ne vaut qu‘ Ă  condition d’accepter la mort. Elle est certaine mais son heure ne l’est pas, raison de plus pour jouir de la vie. Avec des concerts de cette qualitĂ©, c’est facile.

Compte-rendu, concert. Paris, Philharmonie. Biennale de quatuors à cordes. Grande salle philharmonie 2, le 24 janvier 2016 ; Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n°15 en mi bémol mineur op.144 ; Frantz Schubert (1797-1828): Quatuor à cordes en sol majeur D.887 ( op.161); Quatuor HAGEN : Lukas Hagen et Rainer Schmidt, violons ; Iris Hagen, alto ; Clemens Hagen, violoncelle.