LILLE. ONL : MOZART / R. STRAUSS : Olafsson / Casadesus

olaffson-vikingur-jean-claude-casadesus-mozart-concerto-strauss-suite-valses-concert-critique-annonce-classiquenewsLILLE, ONL. STRAUSS, MOZART, JC CASADESUS, les 25 et 27 mai 2019. Víkingur Ólafsson / Jean-CLaude Casadesus … Le concert exploitant la présence du pianiste islandais et de l’Orchestre National de Lille réalise un superbe programme réunissant deux œuvres concertantes de Mozart et de Richard Strauss dont Burlesque est une partition aussi peu jouée que délirante et fantasque, pur produit de l’imagination débordante du conteur Strauss… Improvisateur et arrangeur remarqué, le pianiste Víkingur Ólafsson a récemment convaincu grâce à deux disques, dédiés à Philip GLASS, puis aux variations Goldberg de BACH (deux cd édités par Deutsche Grammophon et critiqués, distingués par CLASSIQUENEWS) ; avec la complicité du chef fondateur de l’ONL / Orchestre National de Lille, il met en regard deux œuvres aux atmosphères radicalement … opposées.

 
 
 

De l’inquiétude mozartienne
à la volupté straussienne…

 
 
 

La première présente un visage mieux connu de Mozart, – profond, spirituel voire inquiet (mais toujours tendre et lumineux) ; le Concerto pour piano n°24 (K491) est l’une de ses musiques les plus sombres… l’ut mineur des vents de son larghetto central, d’une fausse simplicité (qui touche au cœur), atteint un sommet de plénitude émotionnelle : Mozart se dévoile sans fard, hanté par la question de son existence et de la finalité d’une vie terrestre. En 1786, alors qu’il achève Les Noces de Figaro, réorchestre Idomeneo, les Concertos 23 et 24 saisissent par leur profondeur et leur vérité. Le compositeur y “exprime les épreuves et les combats que doit affronter l’homme pour maîtriser cette vie et lui donner un sens”. A bon entendeur…

strauss richardLa deuxième dévoile un Richard Strauss facétieux dans Burlesque (1886), œuvre de jeunesse d’inspiration plus lisztéenne que brahmsienne, … et délicieux feu d’artifice d’idées légères et brillantes, prélude aux capiteuses valses du Chevalier à la rose. D’après son opéra néobaroque et néoviennois, dans l’esprit de Mozart mais se déroulant à Vienne à l’époque impériale, Strauss déduit en 1934, une Suite opus 59 à partir des principaux thèmes, de valses, qui proviennent du dernier acte. Puis 10 ans après, le compositeur ajoute de nouveaux motifs empruntés aux actes précédents, I et II. La suite la plus jouée, regorgent d’effluves sensuelles quasi érotiques qui recyclent ainsi les thèmes dérivés de l’ouverture de l’opéra, de la scène du petit déjeuner (réveil de la Maréchale et de son amant Quinquin) ; la fin du second acte, souvent associé à la figure du baron Ochs (que beaucoup à torts, caricaturent pour en faire un lourdeau épais et grossier… ce qu’il n’est pas selon le livret du poète Hofmannsthal).
Enfin en 1946, une nouvelle suite fut écrite recyclant partie des 3 actes, dite « grande suite », dont le finale voluptueux enivré du dernier acte (trio Sofie, La Maréchale, Quinquin / Octavian)… Pour réussir telle partition qu’un rien peut faire basculer dans l’outrance racoleuse, il faut plutôt cultiver la transparence et l’élégance, dans la finesse et la précision.

 
 
 
 
 
 

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MOZART
Così fan tutte, ouverture
Concerto pour piano n°24

R. STRAUSS
Burlesque pour piano et orchestre
Le Chevalier à la rose, suite

DIRECTION : JEAN-CLAUDE CASADESUS
PIANO : VÍKINGUR ÓLAFSSON

 

Programme : INVITATION À LA VALSE

SAMEDI 25 MAI 2019 • 18h30boutonreservation
LUNDI 27 MAI • 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siècle

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/invitation-a-la-valse/

 
 
 

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INVITATION TO THE WALTZ

A tireless explorer of new repertoire, Víkingur Ólafsson offers side by side two works radically contrasting in atmosphere. The first offers a little-expected face of Mozart, the Concerto No. 24 is one of Austrian composer’s most sombre compositions. The second unveils a facetious Richard Strauss in Burlesque, a series of preludes to the heady waltzes of Der Rosenkavalier.

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Programme repris en région, les 23 puis 24 à Armentières et Lens
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure

Armentières, Le Vivat
jeudi 23 mai 20h
Infos et réservations au 03 20 77 18 77

Lens, Le Colisée
vendredi 24 mai 20h
Infos et réservations au 03 21 28 37 41

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Approfondir
Les CD du pianistes islandais Víkingur Ólafsson

 
 
 

CD PHILIP GLASS : https://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-philip-glass-pianos-works-oeuvres-pour-piano-vikingur-olafson-piano-1-cd-deutsche-grammophon/

CD JS BACH : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-js-bach-vikingur-olafsson-piano-1-cd-dg-deutsche-grammophon-2018/

 
 
 
 
 
 

Compte rendu, opéra. Paris. Opéra Bastille, le 9 mai 2016. R. Strauss : Der Rosenkavalier. Herbert Wernicke / Philippe Jordan

Retour du Chevalier à la Rose de Richard Strauss à l’Opéra Bastille ! Le chef-d’oeuvre incontestable du XXe siècle revient sur les planches de la grande maison parisienne dans l’extraordinaire mise en scène désormais légendaire du regretté Herbert Wernicke, avec une distribution solide et dont l’absence notoire d’Anja Harteros programmée initialement, n’enlève rien à sa substance ni à sa qualité ! Philippe Jordan dirige l’Orchestre de l’Opéra avec un curieux mélange de sagesse et de trépidation.

Reprise de la production mythique du regretté Herbert Wernicke…

Der Rosenkavalier : l’ambiguïté qui fait mouche

L’opéra détesté par les fanatiques so avant-garde du Richard Strauss révolutionnaire et expressionniste, l’est aussi par les âmes romantiques qui cherchent l’exaltation facile du chromatisme musical interminable du XIXe siècle. Les pseudo-historiens s’agitent devant l’idée qu’on joue la valse dans une pièce ayant lieu au XVIIIe, les amateurs de voix d’homme s’énervent devant l’absence du beau chant masculin, les puritains encore s’offusquent devant le fait qu’Octavian, comte de Rofrano, soit interprété en travesti par une femme (quand c’est le Cherubino de Mozart ça passe!)… Oeuvre trop passéiste et pasticheuse pour les laquais de la modernité, d’une ambiguïté inadmissible pour ceux qui s’attachent à un cartésianisme désuet, serait-elle une œuvre trop exceptionnelle pour un monde (trop) ordinaire ?

 

 

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Si nous devrions dénoncer la frivolité des visions si étroites sur l’opus, ou encore expliquer la profondeur métaphysique et complexité artistique de Richard Strauss avec son librettiste Hugo von Hoffmanntshal, nous n’aurions pas assez de pages ! Der Rosenkavalier, comédie en musique, raconte l’histoire d’une Princesse, Marie-Thérèse de l’Empire Autrichien, de son jeune amant Octavian, comte de Rofrano, du cousin rustique de la première, le Baron Ochs, cherchant à se marier avec la fille d’un riche bourgeois, Sophie Faninal, en quête de particule… Marie-Thérèse propose Octavian à son cousin pour la présentation de la rose d’argent, coutume qui scelle une demande en mariage. Elle le fait dans la précipitation puisqu’elle se fait interrompre par le Baron après une nuit torride avec son jeune amant qui se déguise en camériste pour l’honneur. Les quiproquos s’enchaînent et le plan tourne au vinaigre parce qu’Octavian tombe amoureux de Sophie Faninal, et réciproquement. Mais le vinaigre est loin de faire partie du vocabulaire artistique du couple Strauss / von Hoffmannsthal, et, après d’autres quiproquos et maintes valses, l’opéra et le personnage de la Maréchale Marie-Thérèse surtout se révèlent d’une grande profondeur, à la fois méditation sur le passage du temps et la bienveillance (Marie-Thérèse cautionne et cause le lieto fine en bénissant l’union des jeunes, à l’encontre de sa fougue pour Octavian et des plans du Baron Ochs) et commentaire social presque clairvoyant, annonçant la fin de l’Empire.
Der Rosenkavalier est aussi un hommage à la musique, comme Richard Strauss seul peux les faire (et il l’a fait souvent!). C’est aussi un opéra Mozartien dans son inspiration, explicite et implicitement. Il s’agît d’un opéra où le chant exquis côtoie l’humour provocateur voire grossier, à côté d’un orchestre immense, associant rococo, impressionnisme, expressionnisme, chromatisme “wagnereux”, valse viennoise de salon, etc. Dans ce sens l’orchestre de l’Opéra sous la baguette du chef maison Philippe Jordan, paraît s’accorder magistralement à l’esprit de l’opus, où l’ambiguïté et les contrastes règnent. Si nous trouvons que le rythme est quelque peu timide parfois, avec quelques lenteurs inattendues pour une comédie avec tant de vivacité, nous sommes de manière générale très satisfaits de la performance. La phalange maîtrise complètement le langage straussien, et les effets impressionnistes, le coloris, les vents parfois mozartiens, sont interprétés de façon impeccable et avec une certaine prestance qui sied bien.

 

 

 


DISTRIBUTION. Si la Marie-Thérèse de Michaela Kaune prend un peu de temps à se chauffer au soir de cette première, elle campe son personnage avec dignité. De fait, le trio des voix féminines qui domine l’œuvre est en vérité tout à fait remarquable ! Si la princesse est plus nostalgique qu’espiègle, plus maternelle qu’amoureuse, l’Octavian de Daniela Sindram compense en fougue juvénile et brio ardent. La Sophie d’Erin Morley a sa part de comique et de piquant, qu’elle incarne très bien, tout en gardant un je ne sais quoi d’immaculé dans son chant. Si le duo de la présentation de la rose au IIe acte entre Octavian en Sophie est un moment extrêmement envoûtant à couper le souffle et inspirer des frissons, le trio « Hab mir’s gelobt » à la fin du IIIe acte est LE moment le plus sublime, suprême absolu, frissons et larmes se fondant dans les voix des femmes, devenues pure émotion et pure lyrisme, à l’effet troublant et irrésistible, une sensation de beauté édifiante (et pas tragique!).
Si Peter Rose n’est pas mauvais en Baron Ochs, au contraire interprétant son pianissimo au premier acte de façon plus que réussie, tout comme son presque air du catalogue au deuxième, avouons cependant qu’il participe à la lenteur qui s’est installée par endroits ; il s’agît là peut-être d’une interprétation quelque peu timide d’un personnage qui est à l’antipode de la réserve et de la timidité. Un bon effort. Les personnage secondaires sont nombreux mais ils sont de surcroît investis dans leur jeu ; comme c’est réjouissant ! Soulignons la performance du chanteur italien, le ténor Francesco Demuro dont le « Di rigori armato il seno » est le moment belcantiste de la soirée (très beau chant de ténor), comme l’excellent Faninal du baryton Martin Gantner, la piquante Marianne d’Irmgard Vilsmaier et surtout la fabuleuse Annina d’Eve-Maud Hubeaux faisant ses débuts bien plus qu’heureux à l’Opéra National de Paris, et qui se montre à la fois bonne actrice et maîtresse mélodiste à la fin du IIe acte. Les choeurs de l’opéra dirigés par José Luis Basso sont comme d’habitude en bonne forme et leur prestation satisfait.
L’un des chef-d’oeuvre lyriques de toute l’histoire de la musique est ainsi à voir et revoir et revoir sans modération,particulièrement recommandé malgré les inégalités et les faits divers qui fondent nos (petites) réserves ! La mise en scène transcende le temps et l’espace tout en restant élégante et ambiguë comme l’opus qu’elle sert… L’orchestre est excellent qui s’accorde aux efforts des chanteurs hyper engagés pour la plupart… A voir absolument encore à l’Opéra Bastille, les 12, 15, 18, 22, 25, 28 et 31 mai 2016 !

 

 

Compte rendu, opéra. Paris. Opéra Bastille, le 9 mai 2016. R. Strauss : Der Rosenkavalier. Michaela Kaune, Peter Rose, Daniela Sindram, Erin Morley… Orchestre et choeur de l’Opéra de Paris. Herbert Wernicke, mise en scène, décors, costumes. Philippe Jordan, direction musicale.

 

 

 

Le Rosenkavalier de Wernicke, de retour à Bastille

PARIS, Opéra Bastille. Strauss : Le Chevalier à la rose par Wernicke, 9-31 mai 2016, reprise événement à Paris. Cette production de Rosenkavalier, Le Chevalier à la rose, sommet lyrique de 1911, conçu par le duo légendaire Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal est deloin l’une des réalisations les plus convaincantes à l’opéra : par sa justesse poétique, ses visuels oniriques, son jeu dramatique cohérent.

Richard Strauss, un "génie contesté"« La Maréchale, Ochs, Octavian, le riche Faninal et sa fille, tous les liens vitaux qui se sont tissés entre eux, ces personnages, on dirait que tout cela s’est trouvé là ainsi, il y a très longtemps”, ainsi s’exprime le metteur en scène Herbert Wernicke, soucieux de rendre vie à chacun des protagonistes d’un opéra dont le vrai sujet est le temps, l’oeuvre de la durée et donc l’empreinte qu’elle impose aux êtres et aux esprits, la métamorphose, le renoncement et l’amour… Créé à l’Opéra Bastille en 1997 en coproduction avec Salzbourg (avec La Maréchale de Renée Fleming et le Quiquin/Oktavian de Susan Graham), le spectacle aujourdh’ui repris devrait encore marquer les esprits.
Wernicke (décédé en 2002), tout en mettant à nu mais sur le mode d’un suprême intimiste élégant auatnt que pudique, la vérité de chacun, réalise dans cette production historique, devenue à juste titre légendaire, de somptueux tableaux spectaculaires ; restituant à l’opéra, sa vocation à créer de l’inouï et de l’onirique, comme une machinerie fantastique. Pour traduire le jeu miroitant du temps, et la labyrinthe où se perdent les protagonistes, le metteur en scène imagine un théâtre des illusions où de grandioses miroirs, d’une échelle colossale jamais vue auparavant, absorbent l’action, la transfigurent même en intégrant acteurs, orchestre, scène et public. Ce grand théâtre du monde submerge la scène et touche directement le spectateur en une féerie collective vivante d’un souffle et d’une poésie irrésistible.
La distribution regroupe plusieurs voix à tempéraments : la soprano Anja Harteros fait son retour à l’Opéra de Paris dans l’un des plus beaux
rôles du répertoire, après 11 ans d’absence parisienne, sous la baguette, fine et suggestive de Philippe Jordan.

Paris, Opéra Bastille
Richard Strauss : Le Chevalier à la rose / Der Rosenkavalier
8 représentations, du 9 au 31 mai 2016
lundi 9 mai 2016  - 19h00
jeudi 12 mai 2016  - 19h00
dimanche 15 mai 2016 – 14h30
mercredi 18 mai 2016 – 19h00
dimanche 22 mai 2016 – 14h30
mercredi 25 mai 2016 – 19h00
samedi 28 mai 2016 – 19h00
mardi 31 mai 2016 – 19h00

Le Chevalier à la rose / Der Rosenkavalier
Comédie en musique en 3 actes, 1911
Livret de Hugo von Hofmannsthal
Musique de Richard Strauss (1864-1949) / durée : 4h avec entracte

avec :
La Maréchale : Anja Harteros
DER BARON OCHS:   Peter Rose
OCTAVIAN:   Daniela Sindram
HERR VON FANINAL:   Martin Gantner
SOPHIE:   Erin Morley
MARIANNE LEITMETZERIN:   Irmgard Vilsmaier
VALZACCHI:   Dietmar Kerschbaum
ANNINA:   Eve-Maud Hubeaux
EIN SÄNGER:   Francesco Demuro
EIN POLIZEIKOMMISSAR:   Jan Štáva

Un opéra contemplatif onirique sur l’oeuvre du temps…
« Le temps est une étrange chose.
Il est tout autour de nous, il est aussi en nous.
Il ruisselle dans nos miroirs, il coule sur mes
tempes. Et entre moi et toi,
Il coule à nouveau ; sans bruit, comme un
sablier. »

La Maréchale, ACTE I

Duo mythique
Avec son librettiste Hugo von Hoffmannsthal, rencontré dès 1900, Richard Strauss réalise un duo légendaire à l’opéra, l’équivalent au début du XXè du binome mythique lui aussi Mozart / Da Ponte. Ainsi naissent sous leurs plumes associées, plusieurs sommets lyriques avant la première guerre : Elektra, Der Rosenkavalier, Ariadne auf Naxos, Die Frau ohne Schatten, Die ägyptische Helena, Arabella.

hofmannsthal Hugo_von_Hofmannsthal richard straussIls ont choisi pour Rosenkavalier, le cadre de la Vienne impériale baroque, celle des premières années de règne de Marie-Thérèse d’Autriche, dans la seconde moitié du XVIIIè, ère de raffinement extrême influencé par le style versaillais français. Dans l’esprit du compositeur, il s’agit de créer un nouvel opéra mozartien, dans la suite des Noces de Figaro, après les déflagrations de Salomé (1905, d’après Wilde), d’Elektra (1909) qui lui valent une réputation d’auteur moderne scandaleux mais irrésistible… Strauss et Hoffmannsthal pour créer de la vérité, inventent et jouent avec l’histoire : bien que non historiquement avérée à l’époque de l’impératrice, la valse est omniprésente ici, propre à la sensibilité des deux auteurs. Tous les personnages ont leur valse emblématique de Ochs à Quiquin ou Octavian… La création en février 1911 – à l’Opéra
Royal de Dresde (dans la mise en scène de Max Reinhardt avec lequel Strauss et Hoffmannsthal fonderont le Festival de Salzbourg en 1922), est un choc et un triomphe : depuis Elektra, toutes les grandes villes d’Europe se mettent à la page Straussienne. New York affiche très vite l’ouvrage mais Paris, à cause de la guerre, ne pourra écouter l’opéra qu’en 1927. En 1925, sans épuiser la riche matière poétique de l’ouvrage, Robert Wiene, précurseur du cinéma expressionniste allemand, adapte l’opéra de Strauss et Hoffmannsthal au cinéma.

On oublie que Richard Strauss fut parallèlement à sa carrière de compositeur flamboyant, un chef d’orchestre précoce (il conduit l’orchestre dès ses 9 ans) avisé et pertinent (mozartien, il est l’un des premiers à faire réhabiliter Cosi fan tutte, jusque là mésestimé en raison de la faiblesse de livret) ;le jeune Strauss répond à l’invitation de Hans von Bulow et dirige l’orchestre de l’opéra de Meiningen, de l’opéra de Munich et succède à Bulow comme directeur musical du Philharmonique de Berlin… Il dirige Tannhaüser à Bayreuth (1894). Il est nommé directeur artistique de l’Opéra de Vienne (après Gustav Mahler), soit de 1919 à 1925, et y dirige entre autres, les opéras de Mozart et de Wagner.

Rappel des personnages :

LA MARÉCHALE
Princesse von Werdenberg, femme dans la
trentaine qui a pour amant le jeune Octavian

OCTAVIAN
Jeune homme de la noblesse viennoise, âgé
de dix-sept ans, amant de la Maréchale

LE BARON OCHS VON LERCHENAU
Cousin de la Maréchale, fiancé à Sophie de
Faninal – la plupart des mises en scènes et des productions grossissent les traits du personnages au point d’en faire un Falstaff mal dégrossi aux manières brusques ; or Strauss et Hoffmannsthal l’avaient conçu en vrai contemporain de La Maréchale, trentenaire, élégant et fin. Bien peu de baryton offrent une juste caractérisation du personnage.

MONSIEUR DE FANINAL
Riche commerçant récemment anobli

SOPHIE
Fille de Monsieur de Faninal

MARIANNE LEITMETZERIN
Duègne de Sophie

VALZACCHI
Valet intrigant

ANNINA
Nièce et complice de Valzacchi

INFORMATIONS / RÉSERVATIONS :
par Internet : www.operadeparis.fr
par téléphone : 08 92 89 90 90 (0,34€ la minute)
téléphone depuis l’étranger : +33 1 72 29 35 35
aux guichets : au Palais Garnier et à l’Opéra
Bastille tous les jours de 11h30 à 18h30 sauf
dimanches et jours fériés

Elina garanca chante Octavian à l’Opéra de Vienne

Elina GarancaVienne, Opéra. Strauss: Le Chevalier à la rose. Avec Elina Garanca. 20 novembre 2014 > 12 avril 2015. Le Chevalier à la rose de Strauss joué à Vienne avec le concours du Philharmonique de Vienne est un événement un soi, difficile à éviter, d’autant que la distribution de ce pilier du répertoire dans la Capitale des Habsbourg compte un Quin-Quin de grande valeur, le mezzo ample et chaud, terriblement sensuel et flexible de la divine Elina Garança. La diva lettone incarne un Octavian palpitant et idéalement juvénile, l’un des rôles travestis chez Strauss parmi les plus réussis de l’opéra germanique depuis le Cherubin mozartien des Noces de Figaro. Elina Garanca vient de publier un récital sacré et sincère intitulé Meditation chez Deutsche Grammophon, coup de coeur de la rédaction de classiquenews.  Aux côtés de sa Carmen, Jeanne Seymour, son Oktavian, amant de la belle maréchale et bientôt fou amoureux de la jeune Sophie devrait embraser la scène viennoise dans l’une des partitions les plus baroques de Richard Strauss.

Hogarth der rosenkavalier strauss hofmannstahl 1024px-William_Hogarth_038Comédie de moeurs à la façon des peintures de William Hogarth (lequel inspirera aussi Igor Strawinsky pour son Rake’s progress), mais aussi évocation nostalgique de la Vienne baroque à l’époque de l’Impératrice Marie-Thérèse, le Chevalier à la rose, est surtout, un opéra né de l’accord exemplaire entre un compositeur et son librettiste: Richard Strauss et Hugo von Hoffmannsthal. Ce dernier n’hésite pas à solliciter la connaissance des convenances aristocratiques de l’Ancien Régime auprès du Comte Harry von Kessler, afin de renforcer la vraisemblance de la fresque historique dont l’action commence ans le salon d’une princesse Maréchale…
Mais l’art transcende l’anecdote et même si la remise d’une rose d’argent à la jeune fiancée Sophie, élue par le Baron Ochs, n’est que pure fiction, la partition et le livret produisent un ouvrage d’une rare subtilité psychologique. Les auteurs interrogent les rapports des êtres les uns vis à vis des autres, la fuite du temps et la quête (vaine) de chacun pour s’en défaire et trouver un (impossible) bonheur, bien éphémère. Vanité des plaisirs, illusion de la vie, tout en ciselant chaque tableau social, la musique exprime la quête éperdue et déjà futile d’une identité fragile. “Qui suis-je réellement? Que suis-je pour les autres? Tout passe et tout s’efface”, semble se dire à elle-même La Maréchale.
Même jeune, tout juste trentenaire, la jeune femme exprime la vanité de toute chose, y compris l’amour ardent que lui voue son jeune amant, “Quinquin” (Octavian). Son cousin le Baron Ochs est lui aussi un aristocrate assez “rustique” mais moins épais qu’on veut bien le chanter ordinairement (la plupart des productions oublient le profil subtil et raffiné d’un jeune homme bien né qu’ont imaginé pourtant les deux auteurs car la plupart des spectacles soulignent la caricature et l’épaisseur du personnage). Reste, le portrait en triptyque de La Maréchale, Octavian et Sophie qui sous la plume du compositeur demeure le plus bouleversant trio final, écrit pour trois voix de femme, porté sur la scène d’un théâtre lyrique, d’une irrésistible nostalgie tendre, final éblouissant d’un opéra baroque et crépusculaire.
Le Chevalier à la rose, créé à Dresde le 26 janvier 1911, est le cinquième opéra de Richard Strauss, après Guntram, Feuersnot, Salomé et Elektra. C’est le second ouvrage né de la collaboration avec le poète Hofmannsthal. Du même duo créateur naîtront ensuite, Ariane à Naxos (1912), La Femme sans ombre (1919), Hélène d’Egypte (1928) et Arabella (1933)…

Richard Strauss : Der Rosenkavalier
à l’Opéra de Vienne
7 représentations : les 20, 23, 26, 28 novembre 2014 puis 6, 9 et 12 avril 2015.

Adam Fischer | direction musicale
Otto Schenk | mise en scène
distribution :
Martina Serafin | Feldmarschallin
Wolfgang Bankl | Baron Ochs auf Lerchenau
Elīna Garanča | Octavian
Erin Morley | Sophie