Venezuela : les 39 ans du Sistema

FĂ©vrier 2014 Ă  Caracas, VĂ©nĂ©zuela : les 39 ans du SistemaNotre musique constitue un langage universel de paix” (Gustavo Dudamel). Concerts commĂ©moratifs pour le 39ème anniversaire du Sistema fondĂ© par JosĂ© Antonio Abreu. En fĂ©vrier 2014, le VĂ©nĂ©zuela vit l’un de ses plus importants Ă©vĂ©nements artistiques de l’annĂ©e : cette semaine Ă  Caracas, le Sistema cĂ©lèbre son 39ème anniversaire sous la baguette, toujours enflammĂ©e de Gustavo Dudamel, son fils le plus mĂ©diatisĂ© Ă  l’Ă©chelle planĂ©taire, qui dirigera quatre des grandes formation liĂ©s au Sistema, l’Orquesta SinfĂłnica SimĂłn BolĂ­var de Venezuela, la SinfĂłnica Juvenil de Lara, le ChĹ“ur SinfĂłnico Juvenil de Lara et la SinfĂłnica Nacional Infantil de Venezuela.

La musique classique et l’expĂ©rience de l’orchestre seraient-elle des modèles d’intĂ©gration sociale? Le Sistema a Ă©tĂ© fondĂ© en 1975 par le maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien JosĂ© Antonio Abreu avec l’objectif de proposer un nouvel apprentissage Ă  la fois collectif et individuel de la musique aux plus dĂ©munis, Ă  travers les orchestres symphoniques et les chĹ“urs dans tout le pays. Son objectif est d’aider la jeunesse en l’accompagnant Ă  trouver sa voie personnelle et sa place dans la sociĂ©tĂ© selon une vision humaniste. Apprentissage et discipline, Ă©ducation, expĂ©rience de l’orchestre comme excellente formation au groupe, le parcours de chaque Ă©lève instrumentiste est un moyen très efficace pour  son accomplissement.  Depuis ses dĂ©buts (et Ă  travers ses nombreux rĂ©sultats plutĂ´t convaincants), le Sistema est devenu un modèle pĂ©dagogique, artistique et social, qui a obtenu une reconnaissance internationale : c’est sans doute le plus rĂ©ussi de l’histoire du Venezuela et mĂŞme de l’AmĂ©rique du Sud.

 

 

Les 39 ans du Sistema Ă  Caracas

Tchaikovski pour célébrer les 39 ans du Sistema

 

 

Tchaikovsky est le compositeur mis Ă  l’honneur pour le 39ème anniversaire du Sistema, une grande partie de son Ĺ“uvre symphonique sera donnĂ©e, comme une folle semaine russe Ă  Caracas. Gustavo Dudamel, Christian Vásquez, Dietrich Paredes, les fleurons du Sistema dirigeront les plus importantes formations du pays.

A l’heure oĂą le manque de stratĂ©gie sociale et culturelle est la monnaie courante de beaucoup de pays, oĂą mĂŞme l’Europe fer de lance de l’histoire musicale depuis la polyphonie mĂ©diĂ©vale, ne dĂ©veloppe pas de projet similaire au Sistema pour sa jeunesse en perte de valeurs et de rĂ©fĂ©rences, il est gratifiant de suivre au Venezuela toute une gĂ©nĂ©ration de jeunes musiciens, de les voir grandir grâce Ă  la force constructrice de l’art.

 

 

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José Antonio Abreu et de jeunes instrumentistes élèves du Sistema (DR)

 

 

agenda des célébrations du 39ème anniversaire du Sistema au Vénézuéla

 

Sala Simon Bolivar, Centro nacional de Accion Social por la Musica
Caracas Venezuela
Concert gratuit des 39 ans du Sistema : Dimanche 16 février 2014
Symphonies n°1, 6 de Tchaikovsky
Orquesta Sinfonica Simon Bolivar de Venezuela
Gustavo Dudamel, direction

Los Angeles, Walt Disney Concert Hall
Le 21 février, 20h
Festival Tchaikovsky
Orquesta Sinfonica Simon Bolivar de Venezuela
Gustavo Dudamel, direction
Concerto pour violon (soliste : Alina Pogostkina, violon)
Symphonie n°2 ” Petite Russie “

 

+ d’infos : sur le site officiel du Sistema Ă  Caracas
Voir aussi le calendrier de tous les concerts commémoratifs des 39 ans du Sistema

 

VIDEO. A Caracas, Bruno Procopio joue CPE Bach avec l’Orquesta Barroca Juvenil Simon Bolivar, septembre 2013

Orquesta barroca Juvenil Simon Bolivar, Carracas, Bruno Procopio, CPE Bach, Carl Philip Emanuel BachVIDEO. A Caracas, Bruno Procopio joue CPE Bach avec l’Orchestre Simon Bolivar. En septembre 2013, le chef franco brĂ©silien retrouve Ă  Caracas les instrumentistes de l’Orchestre Simon Bolivar dans plusieurs Concertos et Symphonies de Carl Philipp Emanuel Bach. Après avoir jouer Rameau (ouvertures et ballets des opĂ©ras, mais sur instruments modernes en 2012), Bruno Procopio inaugure le nouvel ” Orquesta Barroca Juvenil SĂ­mon Bolivar “, phalange dĂ©sormais dĂ©diĂ©e Ă  l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e des Ĺ“uvres baroques, classiques et prĂ©romantiques. Fougue, prĂ©cision, style, mordant, l’entente du chef invitĂ© et des instrumentistes rĂ©alise l’un des meilleurs concerts CPE Bach de l’autre cĂ´tĂ© de l’Atlantique, soulignant aussi l’anniversaire CPE Bach en 2014 (300 ans de la naissance). Le fils de Jean-SĂ©bastien est un gĂ©nie dĂ©fricheur et expĂ©rimentateur : sa virtuositĂ© au clavier s’entend aussi Ă  l’orchestre d’une libertĂ© inventive Ă  la fois, mĂ©lancolique et fantaisiste voire fantasque… très liĂ©e aux nouvelles tendances esthĂ©tique de l’Empfindsamkeit (“sensibilitĂ©”, courant littĂ©raire surtout qui prĂ©figure dĂ©jĂ  les affres et vertiges du sentiment romantique). Reportage vidĂ©o exclusif CLASSIQUENEWS.COM

CD. Bruno Procopio : Rameau in Caracas

CD. Rameau in Caracas (Bruno Procopio et The Simon Bolivar Symphony orchestra of Venezuela, 2012)   …  DĂ©fi magistral rĂ©ussi pour jeune chef audacieux ! Ce nouveau cd Paraty adoube très officiellement le tempĂ©rament du claveciniste Bruno Procopio comme chef d’orchestre. Poursuivant une nouvelle et dĂ©jĂ  riche collaboration avec les musiciens vĂ©nĂ©zuĂ©liens de l’Orchestre Simon Bolivar (la phalange qui hier accompagnait et permettait aussi l’essor du jeune Gustavo Dudamel), Bruno Procopio ne montre pas seulement sa lumineuse sensibilitĂ© et sa versatilitĂ© contagieuse chez Rameau, il confirme l’ampleur et la sĂ»retĂ© de son approche, n’hĂ©sitant pas ici Ă  aborder le compositeur baroque sur… instruments modernes, de surcroĂ®t avec des instrumentistes qui Outre-Atlantique n’ont que très peu Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  la rhĂ©torique et l’Ă©loquence du XVIIIè français. C’est donc pour eux un vrai dĂ©fi instrumental liĂ© Ă  une dĂ©couverte de rĂ©pertoire.

Rameai in Caracas, Bruno ProcopioA rebours des approches historiques, Bruno Procopio dĂ©montre que la justesse musicale et artistique ne se rĂ©duit pas au seul choix des instruments. Le claveciniste expert de la pratique baroque française transmet de toute Ă©vidence la science ambivalente d’un Rameau ici Ă  la fois somptueux symphoniste et dramaturge de premier plan, chorĂ©graphe et poète, prĂ©curseur des concepteurs Ă  venir de musique pure. L’absence de voix ne pèse d’aucun poids; tant le chant de l’orchestre, -cordes admirables de prĂ©cision et de fluiditĂ©, vents et bois gorgĂ©s de couleurs dĂ©jĂ  impressionnistes (!)-, restitue l’imaginaire lyrique de Rameau. Ouvertures et danses des opĂ©ras du Dijonais composent de facto une entrĂ©e inĂ©dite pour les musiciens, expĂ©rience première galvanisĂ©e et flamboyante grâce Ă  l’Ă©nergie et la prĂ©cision du maestro franco-brĂ©silien (Contredanse du II de Zoroastre). Que ces esprits animaux tempĂŞtent de façon infernale (coupes et abattage des bassons), ivresse et grandiose panache du Ballet figurĂ©, coloris chatoyants des gavottes finales du mĂŞme Zoroastre (1756).

 

 

Rameau électrisé

 

La mise en place, la sĂ»retĂ© nerveuse et jamais courte des rythmes dansĂ©s attestent de l’assurance superlative du jeune chef. Que son Rameau est racĂ©, de caractère comme d’agilitĂ© : Ă©lectrique vitalitĂ© qui fuse comme des comètes enflammĂ©es des Tambourins d’une Ă©lĂ©gance irrĂ©sistible (formidables bassons) du Prologue de Dardanus (1739)

L’ouverture de Castor et Pollux (1737) si proche dans sa coupe Ă©tagĂ©e et fuguĂ©e de celle d’Hippolyte dĂ©voile toute la flexibilitĂ© du chef capable de conduire ses troupes en une clartĂ© faite drame, entre intellect et sensualitĂ© tendre, alliance contradictoire et constitutive de l’Ă©criture de Rameau. La Chaconne du V confirme ce lâcher prise qui fait toute la grâce Ă  la fois solennelle et intime voire nostalgique de Rameau. Quant Ă  la seconde Chaconne, (ultime volet de ce programme, extrait des Indes Galantes, 1735) emprunte de ce geste balancĂ© et sublime, voire suspendu et de caractère lullyste, le chef en exprime et la tendresse et cet abandon d’une indicible douceur lĂ  aussi nostalgique. Au sentiment d’une solennitĂ© rĂŞveuse se joint surtout la vitalitĂ© contrastĂ©e des pupitres subtilement Ă©lectrisĂ©s par le chef douĂ© d’une imagination fertile sur le motif ramĂ©lien: la prĂ©cision de la mise en place, le relief des bois, la coupe des cordes d’un impeccable aplomb rythmique, frappent immĂ©diatement.

Ce disque est Ă©tonnant, tant Rameau n’avait pas Ă©tĂ© ressuscitĂ© avec autant de vĂ©ritĂ© ni de saine justesse. Sans le fruitĂ© des instruments d’Ă©poque (parfois Ă  dĂ©faut d’une baguette convaincante, rien que sĂ©ducteurs), l’oreille se concentre sur le geste, la conception de l’architecture, la carrure et l’allant des rythmes, la richesse des dynamiques, c’est Ă  dire l’Ă©mergence et l’essor d’une vision musicale. Tout cela, Bruno Procopio le maĂ®trise absolument et l’on souhaite entendre bientĂ´t un opĂ©ra intĂ©gral dirigĂ© sous sa conduite: un vĹ“u pieu bientĂ´t satisfait pour l’annĂ©e 2014 Ă  venir, celle des 250 ans de la mort du compositeur si gĂ©nial ?

 

Rameau in Caracas. Ouvertures et ballets de Jean-Philippe Rameau: Zoroastre, Dardanus, Acanthe et Céphise, Les Indes Galantes. Soloists of the Simon Bolivar symphony Orchestra of Venezuela. Bruno Procopio, direction. 1 cd Paraty 2012, 512120. Durée: 1h03mn.

 

CD. Rameau in Caracas. Bruno Procopio, direction

CD. Rameau in Caracas. Bruno Procopio, direction
Rameau in Caracas (Bruno Procopio et The Simon Bolivar Symphony orchestra of Venezuela, 2012). DĂ©fi magistral rĂ©ussi pour jeune chef audacieux ! Ce nouveau cd Paraty adoube très officiellement le tempĂ©rament du claveciniste Bruno Procopio comme chef d’orchestre. Poursuivant une nouvelle et dĂ©jĂ  riche collaboration avec les musiciens vĂ©nĂ©zuĂ©liens de l’Orchestre Simon Bolivar (la phalange qui hier accompagnait et permettait aussi l’essor du jeune Gustavo Dudamel), Bruno Procopio ne montre pas seulement sa lumineuse sensibilitĂ© et sa versatilitĂ© contagieuse chez Rameau, il confirme l’ampleur et la sĂ»retĂ© de son approche, n’hĂ©sitant pas ici Ă  aborder le compositeur baroque sur… instruments modernes, de surcroĂ®t avec des instrumentistes qui Outre-Atlantique n’ont que très peu Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  la rhĂ©torique et l’Ă©loquence du XVIIIè français. C’est donc pour eux un vrai dĂ©fi instrumental liĂ© Ă  une dĂ©couverte de rĂ©pertoire.4ySPwI81N8_2013213KWHG9N5ZBPA rebours des approches historiques, Bruno Procopio dĂ©montre que la justesse musicale et artistique ne se rĂ©duit pas au seul choix des instruments. Le claveciniste expert de la pratique baroque française transmet de toute Ă©vidence la science ambivalente d’un Rameau ici Ă  la fois somptueux symphoniste et dramaturge de premier plan, chorĂ©graphe et poète, prĂ©curseur des concepteurs Ă  venir de musique pure. L’absence de voix ne pèse d’aucun poids; tant le chant de l’orchestre, -cordes admirables de prĂ©cision et de fluiditĂ©, vents et bois gorgĂ©s de couleurs dĂ©jĂ  impressionnistes (!)-, restitue l’imaginaire lyrique de Rameau. Ouvertures et danses des opĂ©ras du Dijonais composent de facto une entrĂ©e inĂ©dite pour les musiciens, expĂ©rience première galvanisĂ©e et flamboyante grâce Ă  l’Ă©nergie et la prĂ©cision du maestro franco-brĂ©silien (Contredanse du II de Zoroastre). Que ces esprits animaux tempĂŞtent de façon infernale (coupes et abattage des bassons), ivresse et grandiose panache du Ballet figurĂ©, coloris chatoyants des gavottes finales du mĂŞme Zoroastre (1756).

Rameau électrisé

La mise en place, la sĂ»retĂ© nerveuse et jamais courte des rythmes dansĂ©s attestent de l’assurance superlative du jeune chef. Que son Rameau est racĂ©, de caractère comme d’agilitĂ© : Ă©lectrique vitalitĂ© qui fuse comme des comètes enflammĂ©es des Tambourins d’une Ă©lĂ©gance irrĂ©sistible (formidables bassons) du Prologue de Dardanus (1739)

L’ouverture de Castor et Pollux (1737) si proche dans sa coupe Ă©tagĂ©e et fuguĂ©e de celle d’Hippolyte dĂ©voile toute la flexibilitĂ© du chef capable de conduire ses troupes en une clartĂ© faite drame, entre intellect et sensualitĂ© tendre, alliance contradictoire et constitutive de l’Ă©criture de Rameau. La Chaconne du V confirme ce lâcher prise qui fait toute la grâce Ă  la fois solennelle et intime voire nostalgique de Rameau. Quant Ă  la seconde Chaconne, (ultime volet de ce programme, extrait des Indes Galantes, 1735) emprunte de ce geste balancĂ© et sublime, voire suspendu et de caractère lullyste, le chef en exprime et la tendresse et cet abandon d’une indicible douceur lĂ  aussi nostalgique. Au sentiment d’une solennitĂ© rĂŞveuse se joint surtout la vitalitĂ© contrastĂ©e des pupitres subtilement Ă©lectrisĂ©s par le chef douĂ© d’une imagination fertile sur le motif ramĂ©lien: la prĂ©cision de la mise en place, le relief des bois, la coupe des cordes d’un impeccable aplomb rythmique, frappent immĂ©diatement.

Ce disque est Ă©tonnant, tant Rameau n’avait pas Ă©tĂ© ressuscitĂ© avec autant de vĂ©ritĂ© ni de saine justesse. Sans le fruitĂ© des instruments d’Ă©poque (parfois Ă  dĂ©faut d’une baguette convaincante, rien que sĂ©ducteurs), l’oreille se concentre sur le geste, la conception de l’architecture, la carrure et l’allant des rythmes, la richesse des dynamiques, c’est Ă  dire l’Ă©mergence et l’essor d’une vision musicale. Tout cela, Bruno Procopio le maĂ®trise absolument et l’on souhaite entendre bientĂ´t un opĂ©ra intĂ©gral dirigĂ© sous sa conduite: un vĹ“u pieu bientĂ´t satisfait pour l’annĂ©e 2014 Ă  venir, celle des 250 ans de la mort du compositeur si gĂ©nial ?

Rameau in Caracas. Ouvertures et ballets de Jean-Philippe Rameau: Zoroastre, Dardanus, Acanthe et Céphise, Les Indes Galantes. Soloists of the Simon Bolivar symphony Orchestra of Venezuela. Bruno Procopio, direction. 1 cd Paraty 2012, 512120. Durée: 1h03mn.