RIGOLETTO de VERDI

Vague verdienne en juin 2014France Musique, dim 8 déc 2019, 16h : RIGOLETTO de Verdi. La tribune des critiques de disques : et vous, quelle est la meilleure versions enregistrée de l’Opéra de Verdi, Rigoletto ? Il y faut un quatuor de superbes chanteurs, à la fois puissants et dramatiques, mais aussi nuancés et subtils. A savoir, d’abord une Gilda, soprano coloratoure, agile, angélique, mais ardente. Un baryton vrai acteur, dense, profond, intérieur, fin (le fameux baryton verdien) qui est le rôle titre : Rigoletto,, père de la dite Gilda ; un ténor aérien, souple, suave, aristocratique : le Duc de Mantoue, être sans morale ni scrupule dont est tombée amoureuse Gilda (pour sa perte), enfin une basse profonde, noire, halluciné, Sparafucile : le tueur engagé par Rigoletto pour sa terrible vengeance (qui tourne quand même au fiasco)… Voilà du beau monde lyrique. Sans omettre un chef lui aussi veillant à l’architecture et au souffle dramatique, comme à la finesse de chaque portrait psychologique… Parmi les grands verdiens qui ont marqué le rôle : Leo Nucci, Renato Bruson…

Le compositeur d’opéras romantiques, Giuseppe Verdi a longtemps et toujours chercher de bons livrets pour mettre en musique ses ouvrages lyriques : dans Rigoletto, – le nom du bouffon à la Cour du Duc de Mantoue, Verdi utilise et adapte la pièce de Victor Hugo, Le Roi malgré lui. De Hugo, Verdi transpose et magnifie en musique, le réalisme brûlant de la vie de cour : haine et jalousie à tous les étages, surtout complot pour affaiblir la figure du bouffon trop influent ; sa fille pourtant préservée et tenue à l’écart de la barbarie courtisane, sera in fine sacrifiée ; elle est même la victime consentante d’un assassinat qui se retourne contre celui qui l’a commandité. En croyant se venger de tous, en pilotant l’assassinat du Duc, Rigoletto creuse sa propre tombe et se précipite dans la gueule d’une horrible et infecte tragédie.
Voici donc un drame gothique noir, dans l’Italie des Romantiques, celle des trahisons, tueries, meurtres et intrigues au parfum écœurant, déléthère.
À Mantoue, au XVIe siècle, Rigoletto, bouffon à la cour du duc de Mantoue, – séducteur dépravé, pense protéger sa fille Gilda à l’abri des regards et des convoitises. Mais Gilda est découverte et enlevée par des courtisans qui la mènent jusqu’à la chambre du duc obscène, irresponsable. Trop naïve, la jeune vierge s’enflamme pour son amant volage, son premier amour. Que fera le père pour se venger ? Que peut le bouffon Rigoletto contre la tribu courtisane, véritable horde sauvage et cynique ?
A travers la chute et le deuil de Rigoletto, s’accomplit la malédiction dont le bouffon était l’objet ; au début du drame, le comte de Monterone maudit le vil serpent qui le raille, alors qu’il est exilé par le Duc… A travers le drame hugolien, Verdi traite un thème qui lui est cher : l’amour paternel, celui d’un bouffon humilié qui souhaite protéger sa fille, bien vainement.

France Musique, dim 8 déc 2019, 16h : RIGOLETTO de Verdi. La tribune des critiques de disques

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