Nouveau Voyage à Reims de Rossini au CNSMD de Paris

rossini_portraitParis, CNSMD: Rossini, Le voyage à Reims. Les 13,14,16, 19 mars 2015. Giocoso en un acte créé à Paris (Théâtre Italien le 19 juin 1825), Le voyage à Reims confirme le génie rossinien d’essence délirant et comique, même dans le cas d’une oeuvre circonstancielle. En 1824, quand Charles X devient roi de France, Rossini, nommé directeur du Théâtre Italien généreusement payé, écrit une nouvelle partition pour le public français. Donné en version de concert, l’œuvre est ensuite pour partie recyclée dans Le Comte Ory (1828).

 

 

Galerie de portraits

L’argument fait écho au sacre du nouveau roi, récemment en poste : en 1825, à l’auberge du Lys d’or à Plombières, plusieurs nobles se retrouvent pour se rendre au couronnement royal. Mais plus aucune voiture n’étant disponible pour se rendre à Reims, les compagnons fêtent à Plombières l’avènement du souverain. Rossini mêle les nationalités, tisse les intrigues et les flirts, offre une subtile et fantasque galerie de portraits. Le manuscrit que l’on croyait perdu, est reconstitué petit à petit et une version complète est finalement créée au festival de Pesaro en 1984. La difficulté du Voyage à Reims vient de la présence de 10 personnages haut en couleurs et plutôt très caractérisés, chacun devant réaliser aussi une partir vocale des plus délicates. Le beau chant rossinien ne doit jamais y être sacrifier et l’on se tromperait à ne vouloir soigner que la charge drôlatique et parodique. Avant Guillaume Tell, modèle du futur grand opéra français, Rossini propose sa propre lecture souvent critique de l’opéra italien. Non sans ironie, le compositeur mesure les limites et les charmes du style italien à l’opéra.
Parmi les personnages emblématiques, se détâchent : la poétesse italienne Corinna qui fait l’éloge de Charles X, une parisienne frivole, une marquise polonaise, un lord anglais, un général russe, un archéologue italien, un militaire allemand heureusement mélomane… et la directrice de l’auberge pension, Mme Cortèse. pour chaque tessiture et personnalité vocale, Rossini écrit plusieurs airs à la fois virtuose et d’une rare justesse poétique. C’est pour tous les chanteurs et pour le chef, un immense défi interprétatif. Le chef Marco Guidarini, fin musicien et bel cantiste réputé, pilote les équipes du Conservatoire parisien, tout en ayant réécrit de façon inédite la dernière partie de l’opéra : une maîtrise conciliant sensibilité et nouveauté. Production incontournable.

 

 

boutonreservationGioacchino Rossini 
Le Voyage à Reims
Il viaggio a Reims, 1825

Livret de Luigi Balocchi
CNSMD Paris, Salle d’art lyrique, les 13,17 et 19 mars 2015 à 19h30. Les 14 mars à 14h30 (familles) et 16 mars 2015 à 11h (scolaires).

L’esprit tourmenté du personnage Lord Nelvil transfigure le livret anémique de Luigi Balocchi. Dans l’hôtel des Thermes où il traîne son spleen, se croisent les fantômes de son passé. Ils parlent français et chantent dans toutes les langues d’Europe. La patronne du lieu et son inquiétant personnel, fervents lecteurs du roman de Madame de Staël, se garderont de laisser partir ces clients si ressemblants. Pour leur donner l’illusion du voyage, on organisera pour eux une fête sans limite, avec la complicité de l’Orchestre du Conservatoire de Paris, des élèves des disciplines vocales et chorégraphiques et du chef d’orchestre Marco Guidarini, briscard du répertoire lyrique italien.

 

 

Orchestre du Conservatoire de Paris
Marco Guidarini, direction musicale
Emmanuelle Cordoliani, mise en scène et adaptation
Julie Scobeltzine, création des costumes et scénographie
Bruno Bescheron, création lumières
Romain Dumas, chef assistant
Antoine Arbeit, chorégraphie
Chefs de chant : Delphine Armand, Masumi Fukaya et Thibaud Epp
Danseurs : Antoine Arbeit, Justine Lebas, Marie Leblanc, Baptiste Martinez, Anthony Roques et Fyrial Rousselbin
Musique de scène : Rémy Reber – guitare ; Nn – violoncelle ; Marcel Cara – harpe ; Delphine Armand, Thibaud Epp et Masumi Fukaya – pianoforte

 

Eléves du Département des disciplines vocales :
Pauline Texier, soprano – Corinna
Eva Zaïcik, soprano – Melibea
You-Mi Kim, soprano – Folleville
Axelle Fanyo, soprano – Cortese
Fabien Hyon, ténor – Belfiore
Benjamin Woh, ténor – Liebenskof
Florian Hille, baryton – Profondo
Romain Dayez, baryton – Trombonok
Aurélien Gasse, baryton – Alvaro
Igor Bouin, baryton – Prudenzio
Marina Ruiz, soprano – Delia
Mathilde Rossignol, mezzo-soprano – Maddalena
Claire Péron, mezzo-soprano – Modestina
Jean-Christophe Lanièce, baryton – Antonio
Jean-Jacques L’Anthoën, ténor – Luigino
Arnaud Guillou, baryton – Lord Nelvil

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