Niccolo Piccinni: Atys d’après Quinault (1780)

Recréation d’Atys de Piccini (1780). Marie-Antoinette goûte peu la musique de Lully; la reine invite donc de nouveaux compositeurs, en particulier étrangers, pour renouveler la musique des livrets de Quinault… car le Grand Siècle et la Cour de Louis XIV, restent au XVIIIè, et quasiment 100 ans après, un âge d’or vénéré et les textes poétiques des opéras saisissent toujours par leur force expressive. En 1780, après le choc des oeuvres de Gluck, propre aux années 1770, le napolitain Niccolo Piccinni compose une nouvelle musique sur le livret d’Atys qu’écrivit originellement Quinault pour Lully en 1676. … Clip vidéo exclusif Reportage classiquenews exclusif

Atys de Piccinni: le goût de Marie-Antoinette

Marie-Antoinette goûte peu la musique de Lully; la reine invite donc de nouveaux compositeurs, en particulier étrangers, pour renouveler la musique des livrets de Quinault… car le Grand Siècle et la Cour de Louis XIV, restent au XVIIIè, et quasiment 100 ans après, un âge d’or vénéré et les textes poétiques des opéras saisissent toujours par leur force expressive. En 1780, après le choc des oeuvres de Gluck, propre aux années 1770, le napolitain Niccolo Piccinni compose une nouvelle musique sur le livret d’Atys qu’écrivit originellement Quinault pour Lully en 1676. 2 concerts événements Venise, dimanche 23 septembre 2012 à 17h: Scuola San Giovanni Evangelista Paris, lundi 24 septembre 2012 à 20h30: Bouffes du nord Atys pour la Reine Le Centre de musique baroque de Versailles et le Palazzetto Bru Zane ressuscitent la partition d’Atys version Piccinni dans un format intimiste (à 8 instrumentistes) et sélective dont la forme resserrée souligne l’intensité voire la violence de l’écriture d’un Piccinni très habile dans sa mise en musique du français classique. La partition dévoilée est dense et très vive, d’une nervosité même surprenante dont la tension permanente montre à quel point Piccinni a saisi l’urgence et la violence émotionnelle de l’action.

A la suite de Lully, et 100 ans après la création du premier Atys pour Louis XIV, le Napolitain a compris les exigences du livret légué par Quinault. Un verbe rare et poétique qui exige une musique à l’écoute de ses moindres lueurs et teintes, connotations et imprécations… Il s’agit de restituer les paysages intérieurs, exprimant les orages passionnels, brûlant l’âme des héros éprouvés: Sangaride éperdue doutant de l’amour d’Atys; Atys, aimé de Cybèle, mais qui écartant les avances de la déesse, s’attire ses foudres barbares; Cybèle, furie haineuse prête au pire pour se venger d’un traître mortel… Tous les protagonistes ont de superbes airs; et la prosodie mérite une attention particulière car chaque soliste peut nuancer et caractériser l’articulation et la projection de chacune de ses interventions. De tous, c’est Atys qui recueille les airs les plus ciselés: vertiges et émois d’un labyrinthe sentimental des plus éprouvants jusqu’à son air final qui termine la partition en imaginant le héros détruit s’enfoncer dans les ténèbres pour y rejoindre son aimé Sangaride. Suscitant la fureur de Cybèle, le berger est en proie au délire destructeur, tue celle qu’il aime, puis revient à lui comme pour mieux saisir l’horreur de son crime…

C’est un Orfeo à rebours: amoureux contraint, éprouvé qui doit sombrer après avoir perdu celle qu’il aime. Cybèle est aussi parfaitement traitée et exige une interprète aussi puissante que subtile et articulée; la troupe de chanteurs réunis pour cette recréation s’engage pour en restituer l’embrasement progressif et les Solistes du Cercle de l’Harmonie, menés par le premier violon Julien Chauvin, cisèlent une partition constellées d’éclairs et de décharges musicales. Même si à son époque, l’opéra de Piccinni n’eut pas le succès attendu, cet Atys de 1780 souligne la réussite d’un compositeur italien confronté à la beauté de l’un des textes dramatiques les plus saisissants du patrimoine classique français. Après les allemands Gluck, Jean Chrétien Bach, Vogel, Piccini avant Sacchini confirmait le talent des Italiens sur la scène française…

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