Natalia Valentin joue Alkan à Cuenca

valentin_nataliaCuenca (Espagne), récital Natalia Valentin, pianoforte. Le 17 avril 2014, 12h. Temps fort du festival de musique sacré à Cuenca pendant la Semaine Sainte, le récital de la pianofortiste Natalia Valentin, ambassadrice de charme et de choc du trop oublié Alkan – né en 1813, mort en 1888-, le Scriabine français, véritable prodige au piano. 2013 a marqué à l’ombre des Verdi et Wagner, le centenaire du compositeur. Sur le pianoforte, la musicienne à la sensibilité ciselée et perlée exprime les climats délicats et raffinés d’un maître compositeur, immensément doué, dont l’extrême technicité est mise au diapason d’un mysticisme qui prolonge celui de Liszt… Sommet d’une œuvre à redécouvrir, le récital de Natalia Valentin illustre cette ferveur romantique d’un compositeur aussi illuminé et habité, voire hallucinatoire que Liszt et Scriabine. Alkan est ce ” héros Balzacien “, au génie particulièrement précoce, remportant son premier prix de piano au Conservatoire en 1824 à seulement 10 ans ! Le génie digital n’attends pas le poids des années : Alkan en est la preuve la plus éclatante.

Charles-Valentin Alkan

Alkan : le Berlioz du piano et le Liszt français

ALKAN_vignetteL’esprit intérieur, tenté par l’obscurité mystérieuse des sons, Alkan s’écarte très vite de sa virtuosité tapageuse des débuts (celle qu’avait épinglé son maître outre Rhin, Schumann) ; le prodige comme Liszt aime questionner les ultimes limites de la forme et de l’écriture aux confins des espaces connus et des expériences rapportées. Il laisse un corpus d’une complexité porteuse d’énigmes, permise seulement par des interprètes particulièrement chevronnés, comme en témoignent les 3 grandes études pour les deux mains (1840), puis la Grande Sonate les quatre âges (1847), ..

Tout en refusant Wagner, Alkan demeure pénétré par le style sérieux des Allemands, de Bach à Beethoven et Schumann. Fervent apôtre des pianos Erard, comme Liszt, Charles Valentin Alkan favorise la diffusion du piano à pédalier (au moment de l’Exposition Universelle de 1855), s’illustre tout autant lors des séries des Petits Concerts dans les Salons Erard à Paris, à partir de 1873 et jusqu’en 1880. Une bonne partie de sa production est teintée d’une ferveur mystique manifeste, toujours accordée au diapason d’une humeur pudique et réservée (il est chargé par le Consistoire dès 1859 de collectionner les chants religieux diffusés dans les Synagogues …).

Musicien de l’idéal, anti mondain par excellence mais virtuose partout célébré et recherché (comme professeur privé), Alkan est un virtuose et un défricheur. Il  nous laisse aujourd’hui une oeuvre impressionnante à redécouvrir : ses défis pour l’interprète comme sa très haute inspiration en font l’un des génies du clavier au XIXème, aux côtés de Chopin ou de Liszt. Un interprète et un compositeur grâce auquel le mythe du piano diabolique, romantique, fantastique a pu sérieusement s’imposer dans notre imaginaire musical. Chopin, Liszt, Alkan : la trilogie pianistique romantique est ainsi rétablie.

La jeune pianofortiste d’origine vénézuélienne à laquelle nous devons un excellent album des bagatelles de Beethoven, s’engage en 2013 pour la défense des oeuvres pianistiques de Charles Valentin Alkan : outre la nécessité des mondes intérieurs, l’écriture concernée exige autant une flexibilité virtuose de la technique, un double défi relevé lors d’une tournée de concerts et récitals … Amorcée en 2013 pour le centenaire, la tournée de concerts Alkan par Natalia Valentin se poursuit ainsi au printemps 2014 à Cuenca. Les festivaliers dans le Salzbourg castillan recueilleront les bénéfices d’un programme musical qui a déjà tourné, dont l’intelligence et la sensibilité dévoile outre le feu mystique d’un immense compositeur pianiste, l’exquise compréhension de ce répertoire du dernier romantisme français par une claviériste d’une exceptionnelle maturité musicale.

 

 

 

Natalia Valentin, pianoforte
Cuenca, église de Santa Cruz, jeudi 17 avril 2014, 12h

Programme

WOLFGANG AMADEUS MOZART (1756-1791)

Fantasía en re menor K397

CharlesValentin+Alkan+CharlesValentin_Alkan_standingCHARLES-VALENTIN ALKAN (1813-1888)

25 Préludes dans tous les tons Majeurs et mineurs pour piano ou orgue (1847)

J’étais endormie, mais mon coeur veillait (Cantar de los cantares)

Priêre du soir

Ancienne mélodie de la synagogue

Rêve d’Amour

Recueil d’Impromptus nº 1 (1848) L’Amirié

MARTÍN SÁNCHEZ-ALLÚ (1823-1858)

El Peregrino

CharlesValentin+Alkan+CharlesValentin_Alkan_standingCHARLES-VALENTIN ALKAN

Les Mois, 12 Morceaux caractéristiques, en 4 suites (1840). La Páque

Premier recueil de chats (Trente Chants) (1857) L’Offrande

Deuxième recuil de chants (Trente Chants) (1857)

Procession-Nocturne

Recueil d’Impromptus nº 1 (1848) La Foi

FELIX MENDELSSOHN (1808-1847)

Rondo Capriciosso opus 14

CharlesValentin+Alkan+CharlesValentin_Alkan_standingCHARLES-VALENTIN ALKAN

Alleluia pour piano Fa majeur (1844)

Super flumina Babylonis, paráfrasis del salmo (1859)

Frédéric Chopin (1810- 1849)

Fantasía Impromptu opus 66 en do sostenido menor.

Toutes les infos et les modalités de réservations sur le site du festival SMR Cuenca, Semana de Música religiosa de Cuenca 2014

Comments are closed.