MONTEVERDI 2017. Nouvel Ulysse à PARIS, TCE

monteverdi claudio portraitPARIS, TCE. Monteverdi : Ulisse, 28 février-13 mars 2017. Chanteur vedette de la production parisienne, le ténor franco mexicain Rolando Villazon, interprète du rôle-titre : Ulisse / Ulysse, héros accablé mais digne et courageux-, mène une manière de thérapie vocale depuis plusieurs années… Plus de rôles trop lourds pour lui, mais un choix de répertoire qui reconstruit et préserve une voix demeurée entière ; soit Mozart à Baden-Baden où il poursuit l’enregistrement sur le vif des grands opéras de Mozart (Titus dans La Clémence de Titus, les 6 et 9 juillet 2017); et avec Emmanuelle Haïm, une aventure initiée depuis 2006, qui le mène aujourd’hui sur les rives monteverdiens, à Paris, à partir du 28 février. Avec la chef d’orchestre, le ténor modifiant couleurs, maîtrisant autrement son vibrato (avant assez envahissant), renouvelle sa technique et son style. Il a chanté la partie du narrateur (Testo) dans Le combat de Tancrède et Clorinde (en 2006). Il a découvert les délices du chant montéverdien où la langue et son articulation sensuelle priment avant tout. Où le chant et l’orchestre, la musique et le théâtre fusionnent totalement, dans un spectacle poétique qui mêle alors les genres : tragique, pathétique, comique, amoureux…

 

 

 

L’opéra à Venise en 1640
Le retour d’Ulysse dans sa patrie
Il Ritorno d’Ulisse in patria

Claudio+Monteverdi+monteverdiLe théâtre parisien affiche le premier grand drame lyrique de Monteverdi en 1640, alors à Venise où dans les années 1640, le Crémonais, inventeur de l’opéra baroque (Orfeo créé à Mantoue en 1697), reprécise les éléments de son théâtre musical. Le compositeur cisèle une langue chantée très proche du parlé (recitar cantando), où le verbe colore les situations et conduit l’inéluctable drame : l’attente solitaire mais loyale de sa fidèle épouse Pénélope ; l’arrogance des jeunes prétendants qui se disputent la main de la reine en titre et qu’ils croient veuve à remarier, car tout le monde pense Ulysse, mort à la suite de son retour de Troie.
Fidèle à la mythologie, Monteverdi met en avant le destin vengeur du héros : Ulysse de retour su l’île d’Ithaque peu compter sur l’aide de Minerve, surtout de son fils Télémaque pour tuer un à un, en se servant de son arc qu’il est le seul à pouvoir bander, chaque prétendant indigne autant qu’insolent… Toute situation, chaque épisode n’est développée que s’ils dévoilent la psyché de chaque protagoniste, mettant à nu chaque caractère. Grâce à Monteverdi, l’opéra se pare d’une vérité dramatique et d’un réalisme à la fois linguistique et esthétique qui restent uniques à son époque. Depuis 1637, avec l’inauguration du Teatro San Cassiano, l’opéra public payant est né et permet à chacun, quelle que soit son origine et son statut dans la cité, d’assister à une représentation, pourvu qu’il s’acquitte d’un billet. Le goût va changer : 3 ans après la création de l’opéra payant (qui n’est donc plus exclusivement un passe-temps aristocratique et royal comme s’était le cas avec Orfeo en 1607), Monteverdi s’ouvre déjà en 1640 aux attentes des spectateurs : effets de machineries et transformations à l’appui. Les Choeurs si présents (et d’essence madrigalesque et pastorale dans Orfeo) ont perdu leur fonction motrice. Le compositeur enrichit l’intrigue d’une seconde intrigue, plus légère et comique (l’ogre Iro) ou amoureuse (le couple des amants Mélanthe et Eurymaque)…, le monde des dieux et celui des hommes, éprouvés selon le caprice divin, cohabitent ; Minerve, déesse protectrice pour Ulysse, assure le lien entre les deux scènes.

ulysse villazon et kozena au tce monteverdi ritorno di ulisse sur classiquenewsLa diversité des personnages, le raffinement dramatique et psychologique des recitatifs, modèles absolus du genre (prière tragique de Pénélope dans l’attente de son époux absent), la profondeur des situations exigent pour réussir l’opéra, une distribution soignée qui assure la caractérisation de chaque individualité. A ce jour, seuls les chefs, Garrido et Christie ont réussi à relever tous les défis d’une oeuvre passionnante, curieusement absente ou rare des scènes d’opéras. Or avec Ulysse, davantage que dans Le Couronnement de Poppée de 1642, Monteverdi précise avec génie sa propre conception de l’opéra vénitien Arguments prometteurs de la production parisienne présentée au TCE, l’Ulysse de Rolando Villazón, la Pénélope de Magdalena Kožená, et le Télémaque de Mathias Vidal… Spectacle d’autant plus opportun en 2017 qui marque les 450 ans de la naissance de Claudio Monteverdi (voir notre dossier spécial MONTEVERDI 2017). Illustration : répétitions au TCE à Paris avec R. Villazon et M. Kozena (DR)

Diffusion sur France Musique, dimanche 26 mars 2017, 20h.

 

 

Le Retour d’Ulysse patrie de Monteverdi
PARIS, Théâtre des Champs Elysées, TCE
5 représentations
Les 28 février, 3, 6, 9 et 13 mars 2017

Emmanuelle Haïm,  direction
Mariame Clément,  mise en scène

Rolando Villazón,  Ulysse
Magdalena Kožená,  Pénélope
Katherine Watson,  Junon
Kresimir Spicer  Eumée
Anne-Catherine Gillet,  L’Amour / Minerve
Isabelle Druet,  La Fortune / Mélantho
Maarten Engeltjes,  La Fragilité humaine / Pisandre
Callum Thorpe,  Le Temps / Antinoüs
Lothar Odinius,  Jupiter / Amphinome
Jean Teitgen,  Neptune
Mathias Vidal,  Télémaque
Emiliano Gonzalez Toro,  Eurymaque
Jörg Schneider,  Irus
Elodie Méchain,  Euryclée
Le Concert d’Astrée

 

 

 

boutonreservationRESERVATIONS et INFOS sur le site du TCE, Théâtre des Champs Elysées, page dédiée au Retour d’Ulysse dans sa patrie, 1640, de Claudio Monteverdi

 

 

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