Miguel Yisrael, luth baroque. Austria 1676Paris, Eglise Saint-Merry. Le 11 novembre à 21h


Miguel Yisrael


Luth baroque

Vendredi 11 novembre 2011 à 21h
Paris, Eglise Saint Merry

Elu par la Rédaction de classiquenews.com, nouveau prince du luth, entre autres pour son disque consacré aux musiciens de la Cour de Bayreuth, Miguel Yisrael offre un concert exceptionnel le 11 novembre prochain à Paris, en l’église Saint-Merry.
Programme d’éveil sensoriel… le luth étant l’instrument le plus élégant et le plus caractérisé, invitant certes à l’écoute mais surtout à l’épanouissement des sens… Joie de l’intellect, ivresse sensuelle, le luth agit comme un baume pour le coeur. Plaisir des sens autant que de l’esprit, l’instrument privilégié des princes baroques a encore beaucoup de valeurs à nous transmettre, d’expériences à nous faire vivre.
Les deux compositeurs révélés par le luthiste Miguel Yisrael, l’un des élèves les plus doués d’Hopkinson Smith, laissent une oeuvre d’une rare éloquence, à Vienne et à Munich, au début du XVIIIè, proches par la qualité de l’écriture d’un Weiss… : somptueuse dans leur développement formel mais aussi suggestif par leur déroulement “dramatique”. C’est un nouveau jalon de son travail, souvent dédié aux compositeurs méconnus, au carrefour des XVIIè et des XVIIIè siècles. Le précédent disque Musique à la Cour de Bayreuth, avait dévoilé l’essor de la musique pour luth en terres germaniques. Voici un prolongement en Autriche et en Bohème. Ce programme poursuit une première approche; en 2011, le jeu du luthiste devrait avoir gagné de nouvelles couleurs et subtilités interprétatives…


Austria 1676

Wolff Jacob Lauffensteiner (1676-1754) et Johann Georg Weichenberger (1676-1740) sont aussi méconnus aujourd’hui qu’ils étaient estimés de leur vivant, comme l’atteste le fait qu’ils figurent tous deux dans le Livre de Musique pour le luth d’ Ernst Gottlieb Baron (“Historisch-theoretische und
practische Untersuchung des Instruments der Lauten“) de 1727. Très appréciées, leurs oeuvres ont même été par certains maladroitement attribuées au grand Dresdois
Silvius Leopold Weiss (1687-1750): on peut regretter pire assimilation.

Voici deux créateurs témoignant de l’essor de la musique pour le luth en Autriche et en Bohème. Nés autrichiens, ils opèrent au tout début du XVIIIè, une synthèse remarquablement originale des styles français (brisée) et italiens (mélodie). Ils sont tous deux redevables du style galant mais y apportent une touche singulière, chacun abordant l’un et l’autre style selon un tempérament spécifique.

Johann Georg Weichenberger (1676-1740) né à Graz, rejoint Vienne où il occupe un poste administratif à la Cour impériale. Même si la qualité de ses compositions indiquent davantage qu’un amateur, il n’est pas certain qu’il ait été estimé comme luthiste de son vivant: aux côtés de ses Suites pour l’instrument seul, ses oeuvres à plusieurs instruments se rapprochent des Trios de Hinterleitner (la ligne du luth est doublée par le violon et la basse). Les pièces présentées par Miguel Yisrael démontrent sa connaissance du style français brisé, mais aussi des Italiens, comme des idiomatismes du grand modèle pour tous, Weiss.
Le style galant si manifeste dans le Manuscript Podebrady pourrait plutôt être redevable de la main de son fils ou de sa fille. Weichenberger a certainement rencontré Weiss à Vienne. Ce dernier y séjourna de la fin 1718 au début 1719 à l’occasion des Noces du Prince Electeur de Saxe.

Contemporain de Weichenberger, né la même année que lui, Wolff Jacob Lauffensteiner porte le même nom que son père et appartient à une fratrie de 14 autres frères et soeurs… il quitte très vite Graz dès 1709, où il vivait comme luthiste pour rejoindre la Cour de Munich. En 1712, il enseigne aux fils de l’Electeur de Bavière Max Emanuel (1662-1726).
On le retrouve plus tard au service du Duc Ferdinand Maria.
Lauffensteiner a certainement rencontré lui aussi Silvius Leopold Weiss à Munich. Pensionné par la Cour de Bavière, le compositeur obtient un poste auprès de l’Archevèque de Cologne. L’écriture de Lauffensteiner se montre féconde (oeuvres pour luth seul et oeuvres pour plusieurs instruments). Son tempérament s’affirme à l’égal de son contemporain Weichenberger: plusieurs de ses oeuvres ont été attribués à Weiss, ce qui indique très clairement la très grande valeur de ses oeuvres.


Miguel Yisrael
luth baroque


Vendredi 11 novembre 2011 à 20h
Paris, Eglise Saint Merry

76 rue de la Verrerie
76004 Paris

Réservations, informations:
Mail: accueilmusical@gmail.com
Web: www.accueilmusical.fr

Visitez le site de Miguel Yisrael, luth.
cd
Miguel Yisrael, luth. The Court of Bayreuth (1 cd Brilliant classics). La maîtrise
technique et surtout ce tact suggestif qui suit le naturel de la
respiration confirment l’excellente lecture du luthiste d’origine
portugaise, né à Lisbonne, Miguel Yisrael, lui-même disciple de
Hopkinson Smith. Son jeu dévoile plusieurs joyaux de l’école prussienne
de luth. Envoûtant.

Illustrations: © JB Millot

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