METZ, Ciné-concert. Alexandre Nevski : Prokofiev / Eisenstein

sergei-prokofievMETZ, Arsenal. PROKOFIEV Alexandre Nevski, sam 16 nov 2019. Pour insuffler au régime soviétique, un supplément d’âme et de souffle qu’il n’a pas, Prokofiev puisse dans l’histoire des héros russe et livre un superbe oratorio symphonique qui exalte les vertus des grands hommes, patriotes, libérateurs… Le courage exemplaire, l’abnégation jusqu’à la victoire. Prokofiev met en musique le film épique d’Eisenstein.

 

 

Symphonique, ciné-concert à METZ
Grande fresque cinématographique de la période soviétique relatant la victoire d’un héros russe du XIIIe siècle, vainqueur des armées teutoniques, Alexandre Nevski a souvent été qualifié de « symphonie d’images et de sons ». L’oeuvre cinématographique, réalisée par Eisenstein, est inséparable de la partition de Prokofiev.
Sous la direction de Jacques Mercier, choeurs grandioses, orchestre de « glace et de feu » et mezzo-soprano bouleversante – notamment dans la complainte funèbre de l’épisode du Champ des Morts –, sont mobilisés in vivo, intensifiant encore la formidable puissance épique, autant que l’incroyable beauté plastique du film d’Eisenstein.

Le concert fait écho à  l’exposition « L’Œil extatique. Sergueï Eisenstein, un cinéaste à la croisée des arts » au Centre Pompidou-Metz (28.09.19 — 24.02.20).

 

 

 

 

PROKOFIEV : Alexandre Nevskboutonreservationi
METZ Arsenal, Grande Salle
Orchestre National de Metz
Jacques Mercier, direction
Samedi 16 nov 2019, 20h

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/alexandre-nevski–eisenstein

 

 

 

 

 

 

Approfondir

Alexandre NEVSKI
Serge Prokofiev (1891-1953)
Alexandre Nevski, 1939

Débuts fulgurants
Le jeune barbare, gorgé d’inspiration tonitruante voire explosive, ne tarde pas à imposer son tempérament irrésistible qui en fait un phénomène musical sans précédent: Prokofiev est un compositeur reconnu aussitôt pour sa trempe, son autorité, robuste et sportive. Dès 1918, il avait quitté la Russie pour se tailler une première notoriété aux USA où son opéra, L’amour des Trois Oranges créé en 1921 était applaudi à Chicago. A Paris, il ne tarde pas à participer au succès des Ballets Russes, travaillant avec Serge de Diaguilev pour la musique de nombreux ballets (Chout, 1921; Pas d’acier, 1928; Le Fils prodigue en 1929). Comme pianiste concertiste, il remporte le prix Rubinstein en 1924 avec son Concerto pour piano opus 1.
Evidemment une telle renommée ne manque pas d’intéresser les instances soviétiques. Prokofiev rentre donc en 1932 en Russie, occupe plusieurs fonctions officielles. Sergueï Eisenstein lui demande de travailler avec lui pour son film Alexandre Nevski, à partir de 1938.

CANTATE A PART ENTIERE
La partition sert de bande originale, contrepoint musical au film mais devient aussi une cantate à part entière. Le travail du musicien semble idéalement correspondre à l’esthétisme officiel puisque Prokofiev est nommé en 1947, “artiste du peuple de la république socialiste fédérative Soviétique de Russie“. Mais ses rapports avec le pouvoir allaient sérieusement se gâter, au moment des purges staliniennes: il est comme Chostakovitch et Khatchaturian, déclaré “ennemi du peuple” et mis à l’écart, voire inquiété. Son “formalisme” bourgeois est jugé sans appel. Trop d’influences venues de l’ouest.

PATRIOTISME ANTI NAZI
La cantate Alexandre Nevski, écrite en 1939, à 48 ans, suit l’intrigue souhaitée par Eisenstein. Le cinéaste est enthousiaste et leur collaboration se poursuivra avec Ivan le Terrible. En dramaturge né, Prokofiev excelle à inventer des rythmes et des épisodes puissamment colorés, denses, robustes comme sa personnalité, qui sait aussi être tendre et lyrique. Eisenstein louait la musique d’Alexandre Nevski parce qu’elle n’était jamais “illustration” / strictement illustrative. A l’époque où le nazisme menace, l’épopée menée brillamment par le prince Alexandre contre les chevaliers teutons au XIII ème siècle, prend valeur d’idéal patriotique. A la violence des images d’Eisenstein répond l’acier de la musique de Prokofiev, suggestive, souple, éruptive.
Le drame musical est plein de cette force virulente et colorée qui emporte l’énergie et la tension de l’action. En maître de l’orchestration, le compositeur brosse un tableau épique qui culmine dans la Bataille sur le lac gelé: en plus de la voix soliste, le choeur sollicité y préfigure ce que le musicien écrira ensuite dans Guerre et Paix.

 

 

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