LABELS. PAPILIO / Diana Baroni organise une collecte de dons

papilio label diana baroni presentation classiquenews Capture_20d_E2_80_99e_CC_81cran_202013-11-27_20a_CC_80_2016_38_39LABELS. Papilio / Diana Baroni organise sa collecte de dons. Diana Baroni fait partie des artistes entrepreneurs. Flûtiste fondatrice de Café Zimmermman, la diva du traverso est aussi chanteuse, explorant des terres méconnues et métissées entre nouveau et ancien monde, à la frontière de la musique populaire et de l’écriture savante. Diana Baroni a aussi fondé son propre label Papilio dont l’identité visuel forte indique le fort tempérament et l’énergie passionnée qui caractérisent chacun des disques produits. Aujourd’hui Diana Baroni et Papilio lancent une campagne de collecte de dons pour pérenniser les réalisations accomplies (rééditer le cd La Macorina), se développer davantage autour des nouveaux projets dont THE EMIDY PROJECT, la nouvelle création de Tunde Jegede. Explications, enjeux, objectifs… Entretien avec Diana Baroni, fondatrice de Papilio, pour classiquenews.com.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS.COM : Pourquoi avoir fondé le label PAPILIO ?

LYON. Diana Baroni, chant et flĂ»te enchantĂ©eDiana Baroni : En tant qu’artiste, j’ai toujours eu la sensation de redĂ©marrer Ă  zĂ©ro avec l’Ă©dition d’un nouveau disque. Avec des projets artistiques inclassables, difficiles Ă  faire rentrer dans les tiroirs habituels du marchĂ© discographique… L’envie de crĂ©er Papilio est nĂ©e de ce sentiment orphelin, qui pouvait peut-ĂŞtre disparaĂ®tre en constituant un collectif, un espace de partage artistique et humain, un toit qui pourrait accueillir et accompagner des artistes qui, comme moi, sont Ă  la recherche d’une identitĂ© musicale particulière, loin des sentiers battus.

 
 
 

CC : Quelle en est la ligne artistique de Papilio ?

Diana Baroni : C’est toujours difficile de nommer, de labelliser des choix artistiques. Les projets Ă©ditĂ©s depuis la crĂ©ation de la collection PAPILIO revisitent l’hĂ©ritage musical du monde entier : jusqu’Ă  prĂ©sent, l’Afrique, le Nouveau Monde, le BrĂ©sil, l’Argentine. Il s’agit toujours d’un regard actuel sur leur hĂ©ritage culturel et musical propre. Cela s’exprime Ă  travers des musiques contemporaines inspirĂ©es des histoires du monde, marquĂ©es par des compositions personnelles, des reprises des classiques du folklore, de la tradition orale ou avec une approche esthĂ©tique qui « flirte » avec les sonoritĂ©s du jazz ou de la musique de chambre savante.
Cela peut paraître un peu éclectique de prime abord mais reste très cohérent à la fois dans chaque disque et à l’échelle de la Collection Papilio, marquée par cette envie de partage et de réappropriation d’un patrimoine et d’une culture musicale qui disparaît peu à peu des grandes maisons d’édition.

 
 
 

CC : Présentez-nous brièvement les 4 disques déjà édités : en quoi chacun incarne-t-il les valeurs et le but esthétique de votre label ?

la_macorina_diana_baroni_cdDiana Baroni : L’aventure de Papilio a commencĂ© avec LA MACORINA, qui est le fruit de deux rencontres : la première, musicale, entre le Diana Baroni Trio et l’ensemble de cordes parisien Alter Quintet, dirigĂ© par Alfonso Pacin. La deuxième, littĂ©raire, avec les cahiers de voyages de D.H. Lawrence.  L’Ă©crivain Ă©voque dans ses Ă©crits l’Ă©motion qu’on peut ressentir au Nouveau Monde lors de la contemplation d’un paysage : l’expĂ©rience du voyage sensoriel, l’empreinte qui provoque “le pli de l’âme” selon ses mots. Nous avons rĂ©flĂ©chi avec Alfonso Ă  l’idĂ©e de restituer Ă  travers nos choix de rĂ©pertoire, ce sentiment Ă©voquĂ© par D. H. Lawrence, pour construire ainsi un cahier de voyage musical, inspirĂ© par lui, tout en revisitant des musiques traditionnelles afro-amĂ©rindiennes. Ce carnet de voyage constitue ainsi un pont entre une Ă©poque rĂ©volue mais dont les traces culturelles et musicales sont encore très enracinĂ©es, et qui nous a offert un terrain de crĂ©ation et de rĂ©interprĂ©tation tout Ă  fait passionnant ! VOIR nos deux CLIPS vidĂ©o La Macorina : El Cosechero et Intiu Kana

 

Le deuxième volet de la collection, est dĂ©diĂ© Ă  l’univers de Tunde Jegede, avec qui je travaille au sein du Trio depuis 2007, un artiste global et inclassable, qui touche Ă  des univers musicaux et artistiques aussi riches que variĂ©s. THE ELEMENTS qui est un album solo, nous a quelque part positionnĂ© dans notre ligne esthĂ©tique pour la collection. Il reprĂ©sente justement ce que nous souhaitons rĂ©cupĂ©rer et dĂ©fendre : la mĂ©moire, les sources de l’oralitĂ© en reprenant la culture des Griots africains par des classiques et par ses propres compositions, tant en kora comme en violoncelle, le tout inspirĂ© par le passĂ© et par l’expĂ©rience que la scène londonienne lui a apporté depuis sa jeunesse.

 

Le troisième volet de la Collection est constituĂ© par le travail de Ricardo Herz, violoniste brĂ©silien virtuose et audacieux, qui a fait appel Ă  nous d’une façon naturelle : au tout dĂ©part je lui a proposĂ© de rĂ©Ă©diter un disque en solo qu’il avait enregistrĂ© en studio, en jouant lui-mĂŞme de toute sortes de violons, autour des classiques de Milton Nascimento, Tom Jobim, Egberto Gismonti… un disque splendide, introuvable en France. Ayant dĂ©veloppĂ© son volet de compositeur et se positionnant avec son trio en Europe, nous avons dĂ©cidĂ© de construire un album unique, qui reprenait quelques extraits de celui que j’adorais, et d’un dernier disque en trio paru au BrĂ©sil, tout rĂ©cemment. C’est ainsi que « CHAMAOQUE? » est nĂ©, grâce aussi au travail remarquable de mixage fait par notre fidèle partenaire son, Gilles Amiel de Menard du Studio 1967. Indispensable !

 

SIN CUARTEL est le 4ème volet de la collection, parution sortie en dĂ©cembre 2015, après deux disques instrumentaux ; il permet de renouer avec la voix et la chanson de texte, sa poĂ©sie, et l’univers poli-rythmique et mĂ©tis des musiques sud-amĂ©ricaines. ElaborĂ©s par les musiciens de La Tregua en vĂ©ritable Ă©quipe, les arrangements, le travail des chants et les compositions de ce trio (deux guitaristes argentins, un percussionniste chilien) restent absolument uniques et inclassables, entre jazz urbain et chants rituels en langue “yoruba”.

 
 
 

CC : Comment le fait d’être vous-même artiste interprète peut-il faire la différence avec les autres labels sur le marché ?

Diana Baroni : Actuellement et depuis dĂ©jĂ  plusieurs annĂ©es, l’artiste est portĂ© Ă  dĂ©velopper de plus en plus ses capacitĂ©s pour survivre, au-delĂ  de son talent artistique sur scène. En rĂ©alitĂ©, nous n’avons plus le choix. Cela m’a semblĂ© naturel de partager avec les musiciens amis que j’admire, ou qui nous inspirent, de travailler en Ă©quipe pour essayer de crĂ©er un espace qui nous soit utile et redevable Ă  tous. Le label s’autofinance par les propres ventes de disques : un disque donne naissance au suivant et ainsi de suite. On veille Ă  que ce système, très fragile considĂ©rant les difficultĂ©s actuelles du marchĂ© discographique, puisse se dĂ©velopper au bĂ©nĂ©fice des artistes et pas exclusivement des labels monopoles qui dĂ©truisent les petites Ă©conomies solidaires et nivellent le marchĂ©. C’est un principe Ă©conomique qui est de plus en plus adoptĂ© et adaptĂ© aux temps actuels.

En restant des deux cĂ´tĂ©s, artiste interprète et porteuse, porte-parole de Papilio, j’ai la possibilitĂ© de mieux dĂ©fendre, mieux comprendre, mieux Ă©valuer les besoins du collectif… enfin, je l’espère ! Les disques sont aussi indispensables que les concerts pour la sociĂ©tĂ© : on veille Ă  les faire vivre davantage avec toute la beautĂ© et la spĂ©cificitĂ© des objets prĂ©cieux qui gardent en eux l’Instant unique, « le pli de l’âme » que rĂ©vĂ©lait D. H. Lawrence. Le travail fait par notre graphiste Gwendoline Krzepisz est Ă  ce titre exemplaire et inventif, tout en constituant la cellule identitaire de notre label. Le projet discographique ne doit pas ĂŞtre qu’un objet commercial, mais un environnement auquel on s’attache, pour un rapport personnel et porteur de sens envers les artistes et la Collection.

 

(Propos recueillis en novembre 2016)

 

 

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LA COLLECTE DE DONS
Aujourd’hui, Diana Baroni fait appel à la générosité de tous et cherche à collecter des fonds pour développer ses moyens autour de péréniser ses nouveaux projets musicaux et discographiques.

LIEN vers la page crowfunding de Papilio 2016-2017

Objectif de la collecte : 3 000 euros

 

 

Note d’intention par Diana Baroni

“Bonjour, je suis Diana Baroni, musicienne et co-fondatrice de Papilio, avec Gwendoline Krzepisz, graphiste.

Papilio est une collection de crĂ©ations contemporaines inspirĂ©es des musiques traditionnelles du monde entier. Cette idĂ©e est nĂ©e d’une grande conviction, celle de mettre en lumière la richesse et la diversitĂ© des musiques anciennes, et les faire vivre dans notre Ă©poque.

Aujourd’hui, la collection Papilio compte 4 disques : chaque disque est une nouvelle immersion, un dĂ©part vers l’exploration d’une rĂ©gion du monde, oĂą l’on dĂ©couvre Ă  travers la musique l’histoire d’une civilisation, les origines d’une culture en constante Ă©volution.

On pourrait dire que Papilio c’est une bibliothèque de voyages dans le temps et dans l’espace.

Papilio est une série unique, porteuse de grandes convictions, mais encore naissante. Ces 4 000€ nous permettraient donner vie et accompagner les nouveaux projets, mais aussi rééditer le premier disque de la collection qui est épuisé : La Macorina.

Ensuite, nous souhaitons assurer un avenir Ă  Papilio, un bel et fructueux avenir. Et produire de nouveaux disques afin d’Ă©largir la collection. De nouveaux nĂ©es sont en cours, comme THE EMIDY PROJECT, nouvelle crĂ©ation de Tunde Jegede, qui invite aussi des jeunes musiciens nigĂ©rians.

Cet argent nous est nécessaire pour que ces projets puissent voir le jour.

Soutenir Papilio, c’est participer Ă  la conservation d’un patrimoine, c’est pouvoir Ă©couter dans une qualitĂ© sonore exceptionnelle les racines musicales de notre monde et de notre civilisation.

Grâce Ă  vous, Papilio deviendra une vĂ©ritable audiothèque, un recueil d’une grande richesse, nous transportant aux 4 coins du monde pour en apprendre l’inĂ©puisable histoire.”

 
 

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Approfondir

 

LIRE notre compte rendu critique du cd La Macorina

VOIR nos deux CLIPS vidéo La Macorina : El Cosechero et Intiu Kana

VISITEZ le site du label Papilio

 

 

 

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