La Division du monde, l’opéra oublié de Legrenzi

legrenzi divisione del mundo opera baroque opera du rhin annonce concert critique opera concerts festivals actualite musique classique par classiquenewsOPERA DU RHIN : LEGRENZI, La Divisione del mondo, 8 fev – 9 mars 2019. Aux côtés des italiens récemment réhabilités, – grâce aux baroqueux de la première et deuxième génération- : Claudio Monteverdi et Francesco Cavalli (élève et disciple du premier), le vénitien Giovanni Legrenzi (1626 – 1690) est la troisième figure majeure du XVIIè. 17 ouvrages lyriques dont il ne nous reste souvent que le titre, attestent d’une activité pourtant soutenue, marquée comme celles de ses prédécesseurs et confrères, d’une plasticité éloquente. Heureusement, totalement documentée, – la manuscrit a été préservé, La divisione del mondo est créé à Venise en 1675 (sur la scène du Teatro San Salvador), suscitant un succès réel (nombreuses reprises). Pour la recréation de l’opéra, la metteuse en scène néerlandaise Jetske Mijnssen, fait ses débuts à l’Opéra national du Rhin.
Après que Jupiter négocie avec les Titans le partage du monde connu, Vénus fait de l’ombre à toutes les divinités, en particulier la moralisatrice Junon, très jalouse de la beauté de la déesse de l’amour. Son corps, sa présence font tourner les têtes. Elle suscite le désir des hommes : Neptune, Pluton, et même Apollon (sauf Saturne) et l’irritation des femmes. Legrenzi rehausse encore l’expressivité des scènes et le dramatisme des situations en soignant les effets de machineries, assurant à son spectacle, sa force visuelle, – partie essentielle de l’opéra vénitien, aux côtés de l’articulation du texte.
Comme savent l’être, les textes de la persiflante Venise, le livret de Corradi dépeint en réalité les pires débauches des dieux, dont aucun n’est exempt si ce n’est le patriarche Saturne. Vénus, son fils Cupidon, Jupiter, Neptune, Pluton ou encore Apollon se tirent bon an mal an de situations grotesques, résultats d’imbroglios et de quiproquos cocasses. Le propos est subversif, séditieux, provocant, parodique : il s’inscrit dans la veine d’un théâtre libre, autant comique, sensuel, cynique voire sulfureux tel que le développe aussi Cavvali (La Calisto)…
Après Barkouf d’Offenbach, l’Opéra national du Rhin poursuit son œuvre de défrichement, favorisant la redécouverte de partitions aussi méconnues que passionnantes. Bien d’autres scènes et théâtres en France n’ont pas un tel souci. Prochaine critique et compte rendu sur CLASSIQUENEWS

LEGRENZI, La Divisione del mondoGiovanni_Legrenzi
opéra en trois actes
Livret de Giulio Cesare Corradi
Créé le 4 février 1675 à Venise, Teatro San Salvador
Nouvelle produciton et création française
recréation baroque
5 représentations à Strasbourg
2 à Mulhouse, 1 à Colmar

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OPERA de STRASBOURG
ve 8 février 20 h
di 10 février 15 h
ma 12 février 20 h
je 14 février 20 h
sa 16 février 20 h

MULHOUSE
La Sinne
ve 1 mars 20 h
di 3 mars 15 h

COLMAR
Théâtre
sa 9 mars 20 h
en langue italienne surtitrages en français et en allemand
durée du spectacle 2 h 45 environ entracte après l’acte ii

mise en scène : Jetske Mijnssen
LES TALENS LYRIQUES
direction musicale : Ch. Rousset

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