Grand concert Shakespeare

shakespeare_portraitTOURS, Gd ThĂ©Ăątre. Concert Shakespeare, les 10 et 11 dĂ©cembre 2016. Pour cĂ©lĂ©brer les 400 ans de William Shakespeare en 2016 (le dramaturge et poĂšte Ă©lizabĂ©thain est mort en 1616), l’OpĂ©ra de Tours propose un exceptionnel concert symphonique, soulignant combien l’harmonie produite par la musique reste essentielle dans le thĂ©Ăątre shakespearien. Musique apaisante pour le duc Orsino dans La nuit des rois (composĂ©e par Purcell), musique amoureuse pour RomĂ©o et Juliette (rĂ©fĂ©rence Ă  la musique, propice Ă  l’effusion des choeurs dans la scĂšne du balcon, acte II), sans compter les accents fantastiques et surnaturels pour Macbeth, The Tempest (La TempĂȘte) et A Midsummer Night’s Dream (Le Songe d’une nuit d’étĂ©), comme les climats plus tendus, proches de la folie dans Otello. Qu’il ait imaginĂ© dans le dĂ©roulement de ses propres piĂšces des intermĂšdes musicaux, ou que les compositeurs s’inspirent des hĂ©ros shakespeariens, Ă  l’opĂ©ra, la musique et Shakespeare pose une Ă©quation propice Ă  bien des dĂ©veloppements. L’intĂ©rĂȘt du programme est la sĂ©lection des piĂšces retenues, d’essence principalement symphonique, vĂ©ritable poĂšmes dramatiques, ou opĂ©ras pour instruments dont beaucoup seront une dĂ©couverte heureuse, tels l’Othello de Dvorak, le Macbeth de Sullivan, La TempĂȘte de Tchaikovsky et de Sibelius, aux cĂŽtĂ©s de la plus connue Symphonie dramatique “RomĂ©o et Juliette” de Berlioz. Les 10 et 11 dĂ©cembre 2016, c’est Ă  une sublime immersion symphonique, Ă©clectique, inĂ©dite Ă  laquelle convie l’OpĂ©ra de Tours, nouvellement dirigĂ© par Benjamin Pionnier. 

En 1888, Sir Arthur Sullivan compose la musique de scĂšne de la reprise de la piĂšce de Shakespeare, Macbeth, alors mise en scĂšne par Henry Irving. L’ouverture amorcĂ©e par 3 grands coups (ceux du destin tragique que les sorciĂšres prĂ©disent Ă  Macbeth s’il suit les intentions de son Ă©pouse pour assassiner le roi d’Ecosse Duncan
) Ă©voque le climat fantastique et surnaturel qui imprime Ă  la piĂšce, son caractĂšre envoĂ»tant et sauvage (mĂȘme le fantĂŽme de Banquo, l’ex ami de Macbeth qu’il fait assassiner lui aussi, paraĂźt dans l’esprit de plus en plus fou du meurtrier)
 TrĂšs efficace, l’écriture de Sullivan Ă©claire son gĂ©nie de la composition dramatique sur un sujet hautement Ă©pique et tragique voire lugubre, alors que Sullivan est surtout connu pour ses opĂ©rettes dĂ©lurĂ©es, lĂ©gĂšres et insouciantes.

shakespeare william portraitA partir de la piĂšce amoureuse et elle aussi tragique, RomĂ©o et Juliette Ă©crite en 1597 par Shakespeare, le romantique Berlioz, passionnĂ© comme Verdi par le thĂ©Ăątre shakespearien, imagine malgrĂ© l’antagonisme insoluble qui oppose leur deux familles, Montaigus contre Capulets; un couple de jeunes amants, Ă©perdus, inspirĂ©s par une grĂące qui dĂ©passe leur condition terrestre ; musique envoĂ»tante et d’une sensualitĂ© tendre, qui fut crĂ©Ă© Ă  Paris en 1839 au Conservatoire de Paris, oĂč Ă©tait prĂ©sent Wagner, totalement saisi par la force du drame berliozien. En Juliette, Hector n’a cessĂ© de voir l’ombre de l’actrice admirĂ©e, aimĂ©e : l’irlandaise Harriet Smithson qui lui inspira aussi la trame de sa Symphonie Fantastique de 1830 (l’aimĂ©e inaccessible). La partition captive aussi par sa forme, toujours nouvelle voire expĂ©rimentale de la part de Berlioz : malgrĂ© la prĂ©sence et le rĂŽle important des voix, non pas cantate, ni opĂ©ra, mais « symphonie dramatique », d’un nouveau genre et plutĂŽt ambitieuse (dont les effectifs purent ĂȘtre rassemblĂ©s grĂące Ă  l’aide financiĂšre concrĂšte du virtuose Paganini), c’est Ă  dire symphonie avec choeurs, solos de chant et prologue en rĂ©citatif choral,
 rien de moins pour honorer le gĂ©nie de Shakespeare (et aussi respecter en 6 sections, son plan dramaturgique). L’orchestre installe un climat propre, chante l’amour des deux amants tragiques. ClĂ© de voĂ»te de l’ensemble, la 3Ăš scĂšne d’amour oĂč, aprĂšs que les Capulets sortent de la fĂȘte, laissant RomĂ©o et Juliette s’abandonner Ă  leur Ă©treinte, les instruments (surtout les violoncelles) sont seuls les plus aptes Ă  exprimer le sentiment qui unie les deux coeurs passionnĂ©s.

CrĂ©Ă©e le 19 dĂ©cembre 1874, la Fantaisie symphonique, La TempĂȘte de Tchaikovski s’inspire de la piĂšce Ă©ponyme de Shakespeare. On y retrouve les agissements du mage Prospero qui bien qu’exilĂ© dans son Ăźle reculĂ©e, commandant aux Ă©lĂ©ments de l’air (Uriel) et de la terre (Caliban), suscite une tempĂȘte au large qui conduit un bateau Ă  faire naufrage sur ses cĂŽtes : c’est justement le navire du prince Ferdinand de Naples, son propre frĂšre
 SituĂ©e entre RomĂ©o et Juliette et Hamlet, la Fantaisie La tempĂȘte synthĂ©tise toutes les forces en prĂ©sence, celles produites par la magie de Prospero (les flots dĂ©chainĂ©s, le naufrage, l’esprit engagĂ© d’Uriel et de Caliban
) mais aussi les Ă©pisodes qui Ă©chappent Ă©videmment Ă  l’activitĂ© du magicien dĂ©miurge : entre autres, l’amour naissant entre Ferdinand et la fille de Prospero, Miranda.
Dans l’ouverture de concert Othello de 1892, Dvorak s’intĂ©resse au dĂ©veloppement tragique de l’amour : tendre, puis suspicieux enfin criminel, une mĂ©tamorphose cynique qui pilote le cƓur et l’esprit du Maure, capable car manipulĂ© par Iago, de tuer jusqu’à sa propre Ă©pouse adorĂ©e, Desdemone

PoĂšte de la nature, et symphoniste exigeant, Sibelius compose une musique de scĂšne pour la piĂšce La TempĂȘte de Shakespeare, lors d’une reprĂ©sentation donnĂ©e en 1926. Contemporaine de son dernier poĂšme symphonique Tapiola, la partition de La TempĂȘte indique les derniers Ă©lĂ©ments de l’esthĂ©tique sibĂ©lienne : synthĂšse, Ă©pure, mystĂšre
 oĂč harpes et percussions dessinent en demi teintes, la figure Ă©nigmatique du crĂ©ateur destructeur Prospero. Ici l’ombre et l’allusif supplantent toute autre forme musicale. Et si Prospero Ă©tait Sibelius lui-mĂȘme, mage et sorcier, pilotant l’orchestre jusqu’à l’inaudible et l’ineffable ?

Houlihan robert RHC1_SNul doute que le chef irlandais Robert HOULIHAN, d’une sensibilitĂ© filigranĂ©e, saura conduire les instrumentistes de l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Val de Loire / Tours au delĂ  des nuances et des accents habituels, rĂ©pondant au raffinement de pages orchestrales parmi les plus suggestives et contrastĂ©es qui soient. Le genre du poĂšme symphonique, de la Symphonie dramatique ou de l’ouverture comme de la Fantaisie pour orchestre exige de nouveaux dĂ©fis qui devraient dans ce programme en particulier, enrichir encore l’expĂ©rience de l’orchestre, et susciter l’attention du public par de nouvelles colorations dans la texture orchestrale. Depuis 1989, Robert Houlihan enseigne pendant 2 semaines d’aoĂ»t, au sein de la Sherborne Summer School of Music, en Angleterre, aux cĂŽtĂ©s de George Hurst qui fut le professeur et le maĂźtre de Benjamin Pionnier, nouveau directeur gĂ©nĂ©ral et artistique de l’OpĂ©ra de Tours.

________________________

TOURS, Grand Théatre / Opéra
Concert SHAKESPEARE 2016
Samedi 10 décembre 2016 à 20h
Dimanche 11 décembre 2016 à 17h

1Ăšre partie
Sir Arthur Sullivan : Macbeth, Overture
Hector Berlioz : ScĂšne d’amour de RomĂ©o et Juliette
Piotr Illitch Tchaikovsky : La TempĂȘte, fantaisie symphonique
d’aprùs Shakespeare – Op.18

2Ăšme partie
Otto Nicolai : Les joyeuses commĂšres de Windsor (Ouverture)
Anton Dvoƙak : Othello (Ouverture de concert) – Op.93
Jean Sibelius : La TempĂȘte – Op.109 (extraits)

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre / Val de Loire / Tours
Direction musicale : Robert HOULIHAN

RĂ©servez votre place :
Téléphone réservations : 02 47 60 20 00
theatre@ville-tours.fr
www.operadetours.fr

______________________

LIRE aussi notre prĂ©sentation des temps forts de la nouvelle saison 2016 – 2017 de l’OpĂ©ra de Tours

 

 

Illustrations : 2 portraits de William Shakespeare, Robert Houlihan (DR)

Comments are closed.