DVD, critique. WAGNER : Lohengrin – 1 dvd DEUTSCHE GRAMMOPHON (Thielemann, Beczala, Meier… Bayreuth juillet 2018)

WAGNER LOHENGRIN THIELEMANN YUVAL SHARON DVD DEUTSCHGE GRAMMOPHON juillet 2019 bayreuth critique opera classiquenews review dvd classiquenews Waltraud meier, harteros beczala zeppenfeld critique dvd critique opera classiquenews dg0735621DVD, critique. WAGNER : Lohengrin – 1 dvd DEUTSCHE GRAMMOPHON (Thielemann, Beczala, Meier… Bayreuth juillet 2018). Le petit milieu lyrique avait fait des gorges chaudes pour cette production de Bayreuth, inaugurant une nouvelle mise en scène de Lohengrin, le chevalier céleste descendu des cintres pour sauver l’humanité indigne… Ce devait être aussi une prise de rôle en juillet 2018 pour Alagna. Patatras le Français abandonna et ce fut Piotr Beczala qui reprit le défi, quasi in extremis. Dans une réalisation tout à fait convenable, même… globalement convaincante.
D’autant que le parti est assez audacieux et contrevient à l’idéalisation fantasmatique qui est le propre du héros messianique : Yuval Sharon détruit le mythe du chevalier ici, sans cygne, mais anti héros, indécis, instable. Pire, d’un glaciale indifférence aux désirs de la princesse de Brabant, Elsa dont l’autorité est menacée par le couple noir Telramund / Ortrud. Il y a même du sadisme chez celui qui de Chevalier libérateur et protecteur, devient un demi bourreau, souhaitant faire payer à la naïve Elsa, celle qui pose la question interdite (dévoilant du même coup osons le dire, sa stupidité et son manque de confiance) : au III, Lohengrin n’a rien d’un époux aimant et compréhensif pour la jeune oie imbécile.
certes, l’heure médiatique et l’actualité étaient au mouvement pour la protection des femmes et contre le harcèlement professionnel (#balancetonporc)… d’où des scènes de supplices infligés aux femmes en second plan ; trop opportuniste, la mise en scène a pêché en voulant à tous prix faire coïncider la trame du livret avec cette honte internationale. L’équation actualité et opéra aurait pu être mieux réussi, en finesse comme en références maîtrisées : n’est pas directeur d’acteurs-chanteurs ni metteur en scène, qui veut (présence de la centrale électrique, pour le moins incongrue ; de même, quel sens donner à la présence des petites ailes aux dos des personnages, que gagne Lohengrin à l’issue de son combat vainqueur, contre Telramund ?… ).

BECSALA, HARTEROS, MEIER, ZAPPENFELD…
Quatuor gagnant pour le nouveau LOHENGRIN de Bayreuth

Sous la baguette, toujours active et caractérisée de Christian Thielemann (dont le teutonisme sied bien au relief néogothique du Romantique Wagner), saluons la langue contrastée, bondissante de l’orchestre, selon les tableaux) ;
Venu sauver ce qui pouvait l’être, le ténor polonais Piotr Beczala assume cette quasi prise de rôle à Bayreuth (il avait chanté le rôle à Dresde déjà) : en dépit d’aigus parfois mal couverts, tendus, imprécis, le chanteur séduit en Lohengrin, se hisse jusqu’aux traces du champion actuels (à Bayreuth) : Klaus Florian Vogt, d’autant que le nouveau n’a pas la maîtrise naturelle de l’allemand. Face à son angélisme vocal (malgré le sadisme souhaité par le metteur en scène), l’Elsa de Anja Harteros sonne presque trop sombre, révélant dans la puissance de réelles aptitudes à nuancer son personnage (pourtant de godiche manipulée par Ortrud).
La production de ce Lohengrin 2018 gagne aussi de la présence du mezzo noble et grave, trouble et fulgurant de l’immense Waltraud Meier (laquelle aura chanter tous les grands rôles féminins de Wagner, d’Ortrud à Isolde). Son retour à Bayreuth où elle a chanté dès 1983 (Parsifal, Kundry anthologique), affirme son charisme vocal, une présence dramatique surtout qui souligne l’art de l’actrice et de la tragédienne, fauve analytique, jaugeant chaque partenaire avec un appétit et une tension, ultimes. Les ressources sont réduites car sa carrière est derrière elle, mais quelle intonation, quelle intelligence dramatique, quelle diseuse capable de faire scintiller le théâtre wagnérien. Même autorité et évidence musicales pour le Roi Heinrich de Georg Zeppenfeld, devenu depuis quelques années, un familier de Bayreuth.
Saluons enfin le chœur préparé par Eberhard Friedrich qui fait mouche par sa plasticité et son engagement : un modèle dans le genre et la confirmation qu’ils sont pour chaque spectacle local, un pilier garant de réussite scénique.

Malgré les incohérences de la mise en scène, la solidité du cast vocal sauve cette nouvelle production de Lohengrin : le quatuor principal demeure quasi exemplaire.

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DVD, critique. WAGNER : Lohengrin – 1 dvd DEUTSCHE GRAMMOPHON – Ref. N°0735621 – Bayreuth juillet 2018 / Parution le 5 juillet 2019.
Opéra romantique en trois actes – Livret du compositeur
Créé à Weimar le 28 août 1850
BAYREUTH, juillet 2018
Direction musicale : Christian Thielemann
Mise en scène : Yuval Sharon
Décors et costumes : Néo Rauch et Rosa Loy
Lumières : Rainhard Traub

Lohengrin : Piotr Beczala
Elsa : Anja Harteros
Ortrud : Waltraud Meier
Telramund : Tomasz Konieczny
Le Roi Henri : Georg Zeppenfeld
Le Héraut du Roi : Egils Silins
Les quatre nobles : Michael Gniffke, Eric Laporte, Kay Stiefermann, Timo Riihonen

Choeurs et Orchestre du Festival de Bayreuth
Chef des choeurs : Eberhard Friedrich

 

 

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