Donizetti: Maria Stuarda. Joyce DiDonato chante en direct du MetFrance Musique, samedi 19 janvier 2013, 19h

France Musique, samedi 19 janvier 2013, 19h

Gaetano Donizetti

Maria Stuarda
, 1835

Le Metropolitan Opera de New York diffuse l’opéra Maria
Stuarda
, l’un des opéras historique les plus connus de Gaetano Donizetti
(1797 – 1848). Différent des opéras déjà représentés, par son thème
ancré dans l’histoire anglaise plus précisément, Maria Stuarda démontre
deux tendances donizettiennes, l’amour des thèmes historiques et la
fascination pour l’emblématique reine Elisabeth 1ère. Pour le reste,
rien de bien neuf. C’est du pur Donizetti – cavatine de l’héroïne,
rencontres et séparations d’amants, confrontations entre rivaux ou
rivales, scènes de folie. C’est agréable, c’est fluide, c’est
confortable, et ça se laisse écouter.

Reines rivales

Le synopsis, inspiré par la tragédie Maria Stuart de Schiller,
est simple, et se déroule en trois actes. L’histoire se passe en 1567,
alors que la reine d’écosse, Marie Stuart, est emprisonnée au château de
Fotheringay par sa cousine, la reine d’Angleterre, Elisabeth. Au fur et
à mesure de l’intrigue, les deux raisons apparaissent au public : une
raison politique, Marie convoite le trône d’Elisabeth; une raison
amoureuse, Marie est éprise du même homme qu’Elisabeth, Leicester,
qu’Elisabeth a nommé, au début du premier acte, ambassadeur d’Angleterre
en France. C’est une manière de le rapprocher habilement d’elle … en
n’éveillant pas trop les soupçons.
Tandis qu’Elisabeth imagine la façon d’en finir avec sa « rivale »,
cette dernière, dans sa prison, regrette le temps passé. Leicester
arrive ensuite, recommande à Marie de se soumettre à Elisabeth et lui
promet de la venger si les demandes de Marie n’avaient pas d’issue
positive. La confrontation entre les cousines vient ensuite, forte,
rythmée, pleine de dynamisme (et d’injures). La scène de duel s’achève
par la condamnation à mort de Marie. Ce duel, bien que fort, intense et
fréquent dans les représentations artistiques de cette « légende
historique ». .. est pour autant totalement inexacte.
Ce sont les préparatifs de l’exécution de Marie qui occupent le
troisième acte. Entre révélations et tension dramatique, et après la
scène de la confession, la haute figure de Marie et celle, jalouse,
d’Elisabeth, se détachent, jusqu’aux trois coups de canon signifiant
l’exécution de Marie Stuart, en plein oxymore tragique.

Genèse

L’opéra, représenté en 1835 pour la première fois, a connu une histoire très tumultueuse. D’abord joué sous un autre nom, Buondelmonte,
en octobre 1834, au Teatro san Carlo de Naples (avec deux interprètes
qui se supportaient tellement peu qu’elles se sont crêpé le chignon à la
première répétition) l’opéra a déchaîné, par la violence des
antagonismes, des termes et des attitudes, par la force qui s’en dégage
et la manière de l’exprimer, les foudres de la censure.
Les représentations s’arrêtèrent rapidement, et il fallut un peu plus
d’un an, un changement de lieu, de nom et d’interprètes, pour que
l’histoire se déroulât à nouveau, le 30 décembre 1835. La censure
quasiment immédiate n’empêcha pas que les critiques et mélomanes
amateurs du compositeur reconnussent Maria Stuarda comme un opéra très représentatif de l’auteur de Lucia di Lammermoor.
De l’opéra reste la figure tutélaire de celle qui créa le rôle-titre:
Maria Malibran, disparue quelques temps après la création de l’ouvrage.
Sa tessiture et son expressivité, en même temps que sa mort à 28 ans, en
firent une personnalité forte et attachante – inoubliable.

Gaetano Donizetti: Maria Stuarda
En direct du Mettropolitan Opera de New York
samedi 19 janvier 2013 à 19h
Illustration : Pour la mezzo américaine Joyce DiDonato qui vient de publier chez Virgin classics un superbe album dédiés aux Drama Queens, Maria Stuarda reste la prise de rôle la plus audacieuse, réalisée dès avril 2012 au Grand Opera de Houston

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