L’Opéra chez soi, depuis le METROPOLITAN OPERA New York

Les Contes d'Hoffmann d'Offenbach au MetMETROPOLITAN OPERA : l’opéra chez soi. RETROUVEZ ici les opéras accessibles depuis le site du METROPOLITAN OPERA pendant la période du confinement. Attention, visitez régulièrement le site du MET car les mises en ligne sont rapidement renouvelées et il n’existe pas de planning pour organiser les séances de visionnage…

 

 

 

 

 

 

 

 

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MASSENET : MANON / Anna Netrebko

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Voilà une très convaincante production de 2012 (malgré la mise en scène des plus dépouillée et finalement terne de Laurent Pelly) : preuve néanmoins que l’opéra romantique français est solidement défendu outre Atlantique. En sublime robe blanche et chapeau à larges bords, la diva austro russe chante la prière hédoniste du Cours la Reine, vraie prière à profitez bien de la jeunesse (nous n’aurons pas toujours 20 ans) : si elle n’est pas coloratoure, Anna Netrebko (« ravissante Manon ») éblouit par la sureté du timbre, la tendresse diamantine de sa voix, certes peu agile mais d’une sincérité troublante. La diva déploie sa fabuleuse plastique, idéale beauté qui ressuscite la figure de la tentatrice devenue pêcheresse inventée par son concepteur moralisateur au XVIIIè, l’Abbé Prévost (1731). Le chef Fabio Luisi n’a pas non plus cette élégance détachée – parisienne (à la mode viennoise) d’un Massenet qui regarde vers le XVIIIè, mais la direction ne manque pas de caractère ni de souci d’équilibre, veillant par exemple à ne pas couvrir les voix pour les nombreuses scènes de théâtre accompagné. Depuis que l’ex marraine du Met Beverly Sills, coloratoure mémorable a marqué le rôle-titre, – avant la no moins divine Renée Fleming qui l’a chanté à Bestille, l’œuvre a sa tradition à New York et continue d’être un défi de taille pour toute soprano désireuse de vivre son adoubement métropolitain. C’est assurément le cas pour Anna Netrebko, d’autant que le DesGrieux de Piotr Beczala ne manque ni de finesse ni de profondeur, ayant cet allant juvénile (et l’articulation du français), réellement crédible (« Ah fuyez douces images… », air radical et amoureux qui vaut bien celui de Don José dans Carmen de Bizet : « La fleur que tu m’avais jeté »…)

Leur duo à Saint-Sulpice, épisode clé où la courtisane parisienne reconquiert son ex amant, … devenu pourtant abbé, fait mouche (« écoute moi, rappelle toi ; n’est ce plus ma main que cette main presse… »)  : grande scène de théâtre lyrique où les deux chanteurs protagonistes doivent être aussi / autant acteurs : angélisme terrassé de la sirène, vaine résistance du faux ecclésiastique.

Même les récits en français sont majoritairement intelligibles. La proposition est aussi intéressante car elle est intègre le fameux opéra qui comporte son ballet, emblème du grand opéra à la française, surenchère néobaroque traité comme il se doit par un Massenet féru d’exotisme historique dans le style de Couperin… prétexte pour, sur scène, dévoiler les regards avides des hauts de forme noirs à l’encontre des jeunes danseuses en tutus longs blancs… un clin d’œil à ce que dénonça Degas dans son œuvre opératique. Une superbe galanterie destinée à divertir Manon, laquelle ne songe déjà qu’à l’abbé de Saint-Sulpice. La captation est remarquablement réalisée, dévoilant justement avant l’épisode de reconquête, les coulisses et la préparation du décor saint-sulpicien, ses chaises, ses pilastres colossaux… et ses bigotes affairées, concentrées n’ayant d’intérêt que pour le bel abbé de Saint-Sulpice. A voir indiscutablement. Y compris les entretiens en coulisse, dont celui avec Anna, après la scène sulpicienne, où Anna détaille toutes les robes qu’elle porte, avec la complicité de Deborah Voigt… et la responsable des costumes du Met. En n’omettant pas de préciser ce qu’elle apprécie dans le personnage de Manon. Avec Mortefontaine (Christophe Montagne), DesGrieux père (David Pittsinger) / Fabio  Luisi, direction / Laurent Pelly (mise en scène).

 

 

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PUCCINI : TURANDOTTurandot-christine-Goerke-zeffirelli-nezet-seguin-opera-critique-classiquenews
Nézet-Séguin / Zeffirelli / Christine Goerke, TurandotJusqu’au 22 mai, 6.30 pm (heure locale New York / donc + 6h en France, Minuit trente)  -  Volet de la saison 2019, voici un grand spectacle hollywoodien (avec mouvements de caméras cinématographiques, – captation dans les salles obscures oblige ; figurants costumés, acrobates, danseurs…) ; la vision de Zeffirelli certes un rien kitsh est propre à évoquer la Chine impériale, cruelle et flamboyante, celle de la terreur et des décapitations en série. La direction de Yannick Nézet-Séguin trouve des accents détaillés, pittoresques, parfois très finement ciselés et justes ; la distribution est hélas inégale : seuls les 3 ministres des rites (excellent début du II, surtout orchestralement), un Empereur Altoum crédible (Carlo Bosi), une princesse pure mais inflexible et déterminée à venger son aînée Lo u ling, au chant solide et bien timbré (Christine Goerke). Finale en apothéose, où Puccini a des accents straussiens…où enfin la princesse frigide s’éveille miraculée à l’amour. Durée 2h40.
VISIONNER Turandot de Puccini au Mettropolitan Opera de New York
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Production mise en scène par Franco Zeffirelli, auquel elle est dédiée, en raison de son décès en 2019 – présentée en backstage par Angel Blue. Entretien avec le chef en fin de partie…
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R. STRAUSS / HOFFMANNSTHAL : ARIADNE AUF NAXOS (1988, Levine)
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ARIADNE-AUF-NAXOS-STRAUSS-JESSYE-NORMAN-opera-critique-review-CLASSIQUENEWSProduction mythique sous la direction de James Levine, avec la diva articulée, ciselée, au timbre de velours, au verbe habité : Jessye Norman. La diva exprime d’abord la prima donna, capricieuse, volubile (Prologue) ; puis, dans l’opéra proprement dit (à 00h45mn10), Ariane, âme détruite, trahie, abandonnée (par Thésée qu’elle a pourtant sauvé du labyrinthe à Cnosos) qui réalise les aspirations morales que le Componist (Tatyana Troyanos) incarne dans le Prologue : Ariane tragique se lamente, s’alanguit devant la grotte ; la contredit alors la légèreté vertigineuse de Zerbinette (Kathleen Battle) associée aux comédiens italiens, d’essence comique. Puis, c’est la rencontre avec Dyonisos / Bacchus, dieu salvateur qui la sauve et permet sa métamorphose finale… Somptueux accomplissement lyrique. A voir en urgence (avant que le MET ne retire ce replay). On vous aura prévenu.

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THOMAS : HAMLET (1868)
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Production filmée en 2010
diffusion de mai 2020

hamlet-thomas-metropolitan-keenlyside-ophelie-review-critique-opera-classiquenewsPrésentée par Renée Fleming toujours d’une rare élégance, la production d’Hamlet présentée par le Metropolitan Opera de New York bénéficie de la prestance bien articulée et intelligible du nuancé Simon Keenlyside; de surcroît intelligemment mis en scène par le duo désormais légendaire Patrice Caurier et Mosche Leiser. Ici la scénographie suit le drame musical avec une clarté efficace manifeste. L’opéra de Thomas, raffiné par son orchestration (le solo du saxo pour la pantomime cynique d’Hamlet devant le roi), troublant dans le portrait développé d’Hamlet et d’Ophélie (Marlis Petersen palpitante et sobre elle aussi dans sa scène de folie suicidaire), déploie sa texture sombre et tragique, noire et ténébreuse. Voici un chef d’oeuvre de l’opéra français romantique, mésestimé, et souvent minoré face à l’ouvrage précédent de Thomas, mieux accueilli et certes d’une égale ferveur poétique, Mignon de 1866. Idéalement défendu par un baryton fin et au chant souple et naturel, très bien complété par le Laërte lui aussi très intelligible et fin de l’excellent Toby Spence. Ainsi en Hamlet voici un rôle très bien incarné, qui avant Verdi, met en avant le baryton tel un chanteur acteur accompli. Keenlyside relève ce défi. Incontournable.
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MOZART : LE NOZZE DI FIGARO
Fleming, Bartoli, Terfel,… (Metropolitan Opera NY, 1998)

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Energie collective sous la direction très articulée, vivace de James Levine, alors grand ordonnateur du Met, voici une affiche qui ne se refuse pas et incarne un âge d’or des distributions, propre aux années 1990 (ici en 1998) : Renée Fleming (Comtessa), Cecilia Bartoli (Suzanna), Bryn Terfel (Figaro), … actuellement en mai 2020

VISIONNER Les Noces de Figaro (Levine, 1998) : ici, https://metoperafree.brightcove.services/?videoId=6152411274001

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Metropolitan Opera
DONIZETTI : Roberto Devereux
(production de juin 2016)

Somptueuse production, à la réalisation cinématographique servie par des tempéramentsroberto-devereux-donizetti-metropolitan-opera-opera-critique-classiquenews-sandra-Sandra-Radvanovsky-opera-chez-soi-confienment-classiquenews féminins de premier plan, au chant belcantiste manifeste. Presque vériste le traitement de chaque profil offre un portrait sans concession des personnalités politiques, déchirées, rongées par leur désir mais qu’étouffe la nécessité du devoir politique. En 1837, Donizetti marqué par le deuil après la mort de ses proches développe un drame noir et tragique : Robert, Comte d’Essex, favori adulé de la reine Elizabeth, est aussi aimé de la Duchesse de Nottingham : il mourra décapité. Le compositeur déploie un réalisme nouveau dans le portrait des âmes affrontées, déchirées, annonçant au delà de Verdi, le vérisme de Puccini.
Si le ténor Matthew Polenzani n’offre pas la palette des nuances requises pour éclairer son personnage (Roberto), l’Elizabeth de Sandra Radvanovsky en revanche sait doubler sa stature politique par la fragilité de la femme qui aime et donc souffre. Elizabeth rongée par la jalouse impuissante est manipulée par le duc de Nottingham qui ne pardonne pas à sa femme et à Roberto leur liaison. McVicar privilégie les affrontements dans l’esprit d’un huis clos théâtral qui resserre ses flets sur la souffrance muette des protagonistes. Superbe incarnation.

Sandra Radvanovsky, Queen Elizabeth
Matthew Polenzani, Robert Devereux
Elina Garanca, Sarah, duchesse de Nottingham
Mariusz Kwiecien, duc de Nottingham

Maurizio Benini, direction
David McVicar, mise en scène
Présenté par Deborah Voigt

VISIONNER Roberto Devereux,
sur le site du Metropolitan Opera
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actuellement (avril et mai 2020)

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EN DIRECT DU MET, Sam 25 avril 2020, 19h : 40 artistes lyriques internationaux font leur GALA virtuel   -   Le MET diffuse en direct sur son site : www.metopera.org samedi 25 avril 2020 à 19h (heure de Paris) un concert de gala virtuel qui réunit plus de 40 artistes lyriques du monde entier, chacun participant depuis sa résidence de confinement… annoncés : Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak, Piotr Beczala, Angel Blue, Joseph Calleja, Javier Camarena, Nicole Car et Etienne Dupuis, Diana Damrau, Renée Fleming, Elina Garanca, Jonas Kaufmann, Peter Mattei, Anna Netebko et Yusif Eyvazov, René Pape, Anita Rachvelishvili, Bryn Terfel, Pretty Yende, Sonya Yoncheva.… soit autant de solistes qui ont récemment marqué par leurs incarnations les dernières productions new yorkaises… Présenté par Peter Gelb, directeur général du Met, et Yannick Nézet-Séguin, directeur musical, le concert virtuel sera ensuite disponible 24h en ligne.

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Visitez le site du Metropolitan Opera New York
https://www.metopera.org

Plateforme digitale du MET
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https://www.metopera.org/user-information/nightly-met-opera-streams/week-6/

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Communiqué édité par le MET, éclairant la préparation de cet événement digital :

 

New York (13 avril 2020) – Le Metropolitan Opera (Met) annonce la diffusion d’un concert en live en ligne samedi 25 avril à 19h – heure de Paris, avec la participation de nombreux artistes de stature internationale. Ils se produiront en direct du monde entier depuis leurs lieux de quarantaine. Ce gala virtuel diffusé gratuitement sur le site du Met sera présenté par Peter Gelb, directeur général du Metropolitan Opera depuis New York et par Yannick Nézet-Séguin, directeur musical depuis Montréal.

« Le Met est connu avant tout pour ses retransmissions au cinéma en haute-définition, il s’agit aujourd’hui d’une opération à haute valeur artistique à défaut de faire appel à une technologie de pointe, » a déclaré M. Gelb, en précisant que chaque artiste participera en temps réel depuis leurs ordinateurs, via Skype, transformant ainsi ce concert en un exercice compliqué en terme de logistique et de prise en compte des fuseaux horaires. « Nous espérons donner un réconfort lyrique à la fois à nos publics, mais aussi à nos chanteurs, qui sont impatients de retrouver leurs fans. »

Tandis que M. Gelb sera en direct depuis son appartement du Upper West Side de Manhattan, M. Nézet-Séguin co-animera ce live depuis Montréal. Il participera lui-même au gala en temps que pianiste.

« Je ne peux vous dire à quel point je suis heureux que tous ces artistes merveilleux soient capables de se réunir et de se produire de cette manière-là en ces temps de crise, » a dit M. Nézet-Séguin, directeur musical du Met’s Lerman-Neubauer. « Alors que nous avons vraiment hâte de pouvoir remonter sur la scène du Met, c’est pour l’instant la meilleur chose qui puisse nous arriver. »

Le gala démarrera à 13h – heure de New York (soit 19h – heure de Paris), l’horaire habituel des matinées du samedi au Met. Il sera disponible sur le site du Met : metopera.org. Après la session live, ce programme restera disponible gratuitement jusqu’au lendemain dimanche 26 avril à 18h30 – heure de New-York). Le programme détaillé du concert sera dévoilé prochainement.

Ce concert de gala “chez soi” prend la suite du succès des « Nightly Met Opera Streams », une série de représentations en direct et en HD rendues disponibles chaque jour gratuitement sur le site du

Met, dans l’idée d’un rappel du spectacle joué le soir-même. Depuis ces diffusions nocturnes lancées le 16 mars dernier, plus de 4 millions de spectateurs du monde entier y ont assisté pour plus de 200 millions de minutes de visionnage.

Enfin, ce concert fait partie du programme d’urgence et de la campagne de levée de fonds « The Voice must be heard » / « La voix doit être entendue » pour venir en soutien aux artistes du Met. “