Compte tendu, concert. Toulouse. Halle aux Grains, le 16 décembre 2014 ; Georg Friedrich Haendel (1685-1741) :  Le Messie, Oratorio en trois parties HWV 56 ; Susan Gritton, soprano ; Sara Mingardo, alto ; Benjamin Bernheim, ténor ; Andrew Foster William, baryton-basse ; Orfeo 55 ; Direction : Nathalie Stutzmann.

stutzmann nathalie schubert lieder IMG_0389-Nathalie-RT-Warmer_(c)_Simon_Fowler-480Nathalie Stutzmann est un chef qui petit à petit s’impose par un sérieux et une vision personnelle de la musique qu’elle partage avec son orchestre Orfeo 55, dans une progression mutuelle des plus sympathiques. Diriger le célébrissime Messie, c’est oser se soumettre à des comparaisons tant il est rare de trouver des auditeurs ne connaissant pas le chef d‘œuvre de Haendel.

Un Messie agréablement théâtral

Haendel, handel MessieLe public de la Halle aux Grains a été conquis par cette interprétation riche en qualités. Tout d’abord une théâtralité qui fait avancer chaque partie à son rythme. Le tempo allant, comme l’énergie émanant de la direction, donnent un sentiment de facilité d’écoute des plus confortables. L’orchestre est virtuose et plein de fougue, le choeur de chambre, léger et dansant.  L‘effectif permet de belles nuances et chaque pupitre est équilibré avec des couleurs franches. Seul le pupitre des basses est un peu clair et a eu des moments de vocalisation difficiles. Les couleurs des alti et ténors, voix intermédiaires, parfois trop discrètes,  leur ont permis une très belle présence tout au long de la soirée. Cette conception chambriste et dansante du Messie a dès la première partie conquis le public. La douleur et l’ampleur ont ensuite pu se développer avec évidence, avec le même sentiment d’avancer facilement. Les solistes ont magnifiquement interprété leurs airs. Deux musiciens hors pairs nous ont régalé par la perfection de la voix, du style comme de l’émotion.

Sara Mingardo avec son timbre unique et sa délicate technique a envouté le public. Elle a osé des nuances infimes dans les reprises qui ont permis à l’émotion de se déployer encore.

Le jeune ténor Benjamin Bernheim la rejoint sur le même niveau de musicalité. Belle voix lumineuse et musicien sensible il a su dès son récitatif d’entrée et son premier air capter l’attention du public.

En troisième partie leur duo «  O death where is thy sting » a été un pur moment de grâce, par l’accord des timbres, des nuances, des phrasés, des sensibilités.  La soprano Susan Gritton dont la voix est un peu lourde en première partie a su déployer son sens du théâtre tout particulièrement dans son air « I know that my Redeemer liveth ». Seule petite faiblesse la basse Andrew Foster-Williams nous a semblé ce soir brutaliser un instrument manquant d’assise grave et vocaliser en force. Il lui a un peu manqué la souplesse dansante de ses collègues.

Nathalie Stutzmann a su s’imposer en chef de grandes œuvres. Ce Messie très réussi, en sa conception personnelle assumée, lui ouvre un bel avenir. Nous suivrons avec attention ses autres projets.

Compte tendu, concert. Toulouse. Halle Aux Grains, le 16 décembre 2014 ; Georg Friedrich Haendel (1685-1741) :  Le Messie, Oratorio en trois parties HWV 56 ; Susan Gritton, soprano ; Sara Mingardo, alto ; Benjamin Bernheim, ténor ; Andrew Foster William, baryton-basse ; Orfeo 55 ; Direction : Nathalie Stutzmann.

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