COMPTE-RENDU, piano. LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2019. Concert de clôture, le 16 juin 2019. BRAHMS : Concerto pour piano et orchestre en si-bémol, Johannes Brahms. ONL, JC CASADESUS, N FREIRE.

Compte rendu, piano. Lille. Concert de clôture Festival Piano(s) Lille, 16 juin 2019. Concerto pour piano et orchestre en si-bémol, Johannes Brahms. Orchestre National de Lille. Jean-Claude Casadesus, direction. Nelson Freire, piano. Nous voici dans la fabuleuse salle – auditorium du Nouveau Siècle à Lille pour la clôture de la 15e édition du Lille Piano(s) Festival, événement désormais incontournable du printemps lillois chaque année et qui voyait cette année d’anniversaire, la dernière direction artistique de Jean-Claude Casadesus. Pour souligner 2019, le pianiste brésilien Nelson Freire interprète le 2e concerto pour piano et orchestre de Brahms, avec l’Orchestre National de Lille sous la direction de… Jean-Claude Casadesus. Trois jours de célébration kaléidoscopique de l’art du piano avec une conclusion sensible où l’accord, la symbiose entre le piano et l’orchestre sont au rendez-vous.

Nelson Freire, après un récital solo d’une sensibilité exquise la veille, rejoint ainsi l’Orchestre National de Lille pour le monumental concerto de Brahms. L’œuvre composée 20 ans après le premier fut très bien reçue dès sa création. Modeste, Brahms parlait du concert comme « un petit concert en si-bémol ». Nous pouvons voir l’évolution tout à fait symphonique du maître ; s’il est moins exubérant que le premier, il est plus équilibré, d’une plus grande réserve émotionnelle, accouplée à une plus grande maîtrise de l’orchestration et surtout à un sens plus mûr de la relation entre le soliste et l’ensemble.

 

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Le 2è Concerto de Brahms par Nelson Freire…
Un « petit concert » pas comme les autres

 

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L’opus en 4 mouvements commence par un Allegro non troppo qui s’ouvre avec un solo du cor à la beauté édifiante et sereine. En ce mouvement de forme sonate élargie, Nelson Freire fait preuve d’un toucher sensible mais avec brio, et si le dialogue entre lui et l’orchestre commence loin de l’équilibre, pour des raisons peut-être liées à l’acoustique de l’auditorium, nous sommes bien sûr conquis par l’humanité des efforts concertés.

L’Allegro Appassionato qui suit est un scherzo romantique où l’on peut apprécier davantage la relation tout à fait intense entre le piano et l’orchestre, et ceci par la maîtrise et la cohésion des groupes sous la baguette du chef, les cordes se montrant particulièrement puissantes. L’orchestre se dresse en effet devant le jeu quelque peu tourmenté, très vertigineux, du pianiste. Le troisième mouvement est un Andante tranquille où le violoncelle a un rôle important. Il interprète une sorte de cantilène d’une beauté paisible qui apaise et qui inspire. Le piano s’agite dans la partie centrale ce qui fait ressortir davantage les contrastes, et qui permet également de ne pas rester bercé par le violoncelle.

 

 

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L’œuvre se termine enfin par un Allegretto grazioso soit les pages les plus dramatiques et virtuoses pour le soliste. La forme rondo est habituellement une des plus légères dans le concert classique, mais ici Brahms l’élargit massivement, comme s’il s’agissait d’équilibrer l’opus par rapport aux mouvements précédents. Bien sûr, le mouvement a ce je ne sais quoi de dansant typique des rondos, et c’est encore une occasion d’entendre les vents de l’Orchestre National de Lille en excellente forme, ainsi que les cordes toujours pleines de brio et de grande souplesse expressive.

Le public est enflammé après cette interprétation triomphale d’une œuvre phare du répertoire pianistique ; ses espoirs sont couronnés par un bis de Nelson Freire d’une beauté bouleversante. Il s’agît de la transcription d’une musique de ballet du 2e acte de l’Orphée et Eurydice de Gluck, connue simplement comme « mélodie » ou encore comme la « danse des esprits bénis ». Ici Nelson Freire offre une interprétation d’une justesse et d’une délicatesse inouïes. Il a conscience de l’origine orchestrale de la partition, si le doigté est luxuriant, la mélodie chantante est d’une clarté, d’une limpidité surprenante, d’une caresse édifiante. Inoubliable.

 

 

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Le chef Jean-Claude Casadesus partage ensuite quelque mots de remerciements pour cette fin de festival heureuse. 15 ans d’aventure musicale qui méritent toutes les louanges. Vivement les prochaines éditions ! Le Festival 2019 a réuni selon les organisateurs pas moins de 15 000 spectateurs : belle validation populaire. Aucun doute, le grand public et le classique poursuivent à Lille des noces florissantes. RV est pris pour la 16è édition de LILLE PIANO(S), annoncée déjà le week end des 12, 13 et 14 juin 2020. Photos et illustrations : © Ugo Ponte / ONL 2019

 

 

 

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VIDEOS
Vidéo des meilleurs moments du festival 2019 sur www.youtube.com/ONLille

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