Compte rendu, opéra. Cognac, L’avant scène, le 22 janvier 2015. Offenbach : Le voyage dans la lune opérette en quatre actes sur un livret tiré de “De la terre à la lune” de Jules Vernes. Sarah Lazerges, le prince Caprice; Christophe Lacassagne, le roi Vlan; Éric Vignau, Microscope; Jean-Claude Sarragosse, le roi Cosmos…. ; choeur et orchestre Opéra Éclaté, Gaspard Brécourt, direction. Olivier Desbordes, mise en scène; David Belugou, décors; Jean Michel Angays, costumes; Patrice Gouron et Guillaume Hébrard, lumières.

Lorsque nous avions vu Le voyage dans la lune lors de sa création au festival de Saint Céré 2014,  nous avions beaucoup ri. Le chef d’oeuvre burlesque intitulé “opéra-féérie” de Jacques Offenbach (1819-1880) encore très méconnu mérite pourtant d’être vu et écouté tant Offenbach est dans la veine de ses précédents chefs d’oeuvres que sont, par exemple La Périchole, La vie parisienne ou Orphée aux enfers. Partie en tournée avec sa nouvelle production après quelques semaines de repos bien mérité, la compagnie Opéra Éclaté s’est arrêtée le temps d’une soirée à …Cognac. Et pour les dates de janvier 2015 quelques changements ont eu lieu tant sur le plateau que dans la fosse; changements qui préservent une vie et une dynamique irrésistibles sans pour autant ôter tout mérite à ceux qui sont partis en cours de route pour assurer des engagements de longue date.

Cognac fête Le voyage dans la lune

L’été dernier nous avions salué l’excellente mise en scène d’Olivier Desbordes qui a permis à sa troupe de développer ses dons tant scéniquement, les artistes se lancent à qui mieux-mieux dans une série de gags aussi hilarants les uns que les autres, que vocalement tant les voix s’accordent les unes aux autres sans réelles anicroches. En revanche, l’étroitesse de la scène n’a permis d’installer que la moitié des décors mais l’ambiance burlesque et féérique de la production demeure intacte entraînant un public conquis dans un univers toujours aussi loufoque et déjanté qui va si bien à ce Voyage dans la lune.

offenbachSur le plateau, côté changements, saluons Sarah Lazerges qui remplace avec bonheur Marlène Assayag dans le rôle du prince Caprice. La jeune soprano franco-américaine entre parfaitement dans ce rôle travesti ; sous le costume de Caprice, elle se montre à la fois teigne avec son père et Microscope qu’elle martyrise à plaisir et, une fois arrivée sur la lune, très empressée auprès de Fantasia. Parmi les fidèles du festival de St Céré Christophe Lacassagne reprend le rôle du roi Vlan qu’il avait déjà endossé en août dernier; l’inénarrable roi terrien est plus déchainé que jamais et le show télévisuel dont il régale un public totalement hilare, est toujours aussi savoureux au détour duquel il rend un discret hommage aux victimes des hommages parisiens. Autre pilier de la compagnie Éric Vignau reprend lui aussi les habits du savant Microcospe; aussi déchainé que ses complices, il ressemble de plus en plus à un savant fou. Cécile Limal incarne la princesse Fantasia en lieu et place de Julie Mathevet. La nouvelle chanteuse que nous avions déjà vue au festival de St Céré en 2012 où elle chantait un rôle secondaire dans Die Zauberflöte, a l’opportunité de montrer son talent en tant que comédienne mais aussi comme cantatrice. Et elle y parvient fort bien; sa Fantasia est à la fois pétillante, drôle mais aussi capricieuse et aussi sûre d’elle que l’était Julie Mathevet l’été dernier. Toujours aussi savoureux le Cactus de Yassine Benameur et la Popotte d’Hermine Huguenel; quant à Juan Carlos Etcheverry, il remplace  Laurent Galabru avec élégance.

Dans la fosse, c’est le jeune chef Gaspard Brécourt qui dirige le chef d’oeuvre d’Offenbach en lieu et place de Dominique Trottein. Ce remplacement au pied levé a obligé chacun à des raccords supplémentaires afin de permettre à la troupe de se caler et de se souder davantage. Gaspard Brécourt, que nous avions apprécié lors de la présentation de Lucia di lamermmoor l’été dernier, dirige l’oeuvre d’Offenbach avec enthousiasme et professionnalisme même s’il y a quelques minimes hésitations plus dues à la découverte d’une oeuvre encore trop peu donnée et jamais enregistrée (il n’existe même pas d’enregistrements intégraux du Voyage dans la lune).

Ainsi les changements de distributions et de chef n’ont pas altéré la soirée à laquelle un public nombreux et hilare a assisté. Notons la présence de lycéens venus de Cognac et de ses environs visiblement ravis d’être venus à l’Avant Scène pour cette représentation. Reste à espérer qu’un CD ou un DVD suivront, pour fixer une si pétillante production.

Cognac. L’avant scène, le 22 janvier 2015. Jacques Offenbach (1819-1880) : Le voyage dans la lune opérette en quatre actes sur un livret tiré de “De la terre à la lune” de Jules Vernes. Sarah Lazerges, le prince Caprice; Christophe Lacassagne, le roi Vlan; Éric Vignau, Microscope; Jean-Claude Sarragosse, le roi Cosmos; Cécile Limal, Fantasia; Juan Carlos Etcheverry, le prince qui passe par la; Yassine Benameur, Cactus; Hermine Huguenel, la reine Popotte; choeur et orchestre Opéra Éclaté, Gaspard Brécourt, direction. Olivier Desbordes, mise en scène; David Belugou, décors; Jean Michel Angays, costumes; Patrice Gouron et Guillaume Hébrard, lumières.

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