Compte-rendu, opéra. Avignon, Opéra-théâtre, le 26 février 2015. Jacques Offenbach : La Vie parisienne. Dominique Trottein, Nadine Duffaut

Après avoir voyagé un peu partout en France et à l’étranger – Toulouse, Marseille, Toulon, Reims, Saint-Etienne, Liège, Prague… – la mise en scène de La Vie parisienne imaginée par Nadine Duffaut revient dans le théâtre où elle a été étrennée en 2005 : l’Opéra Grand Avignon. La femme du maître des lieux place l’action pendant les années folles et sa proposition scénique ne manque pas d’atouts, à commencer par le beau décor stylisé d’Emmanuelle Favre, élégant autant que fonctionnel. Les costumes conçus par Gérard Audier sont également superbes, bien que jouant sur une palette de couleurs très réduite : un camaïeu de blanc, de noir, et de gris. Les chorégraphies pensées par Laurence Fanon sont certes un peu sommaires, mais celle pendant l’air de la veuve du colonel s’avère très réussie, de même que celle de la tyrolienne (et la valse) qui achève le deuxième acte. Quant à l’apothéose finale, elle est digne des meilleures réalisations offenbachiennes que nous ayons vues : chatoyante, virevoltante, réglée au millimètre, rien moins que spectaculaire !

 

 

 

La Vie parisienne

 

 

Entièrement francophone, la distribution réunie à Avignon rend pleinement justice à la partition du « petit Mozart des Champs-Elysées » : en plus de posséder le physique de leur rôle, tous se montrent aussi bons acteurs que chanteurs. Clémence Tilquin prête ainsi à Gabrielle son timbre lumineux et fruité, tandis que la grâce de sa silhouette et l’aisance de son jeu complètent avantageusement la caractérisation de la mutine gantière. Lionel Peintre est un baron de Gondremarck, plein de gouaille et de truculence, débordant d’énergie. D’énergie, Guillaume Andrieux et Christophe Gay – alias Bobinet et Raoul de Gardefeu – n’en manquent pas non plus, et leur étonnant numéro d’acteur est un des bonheurs de la soirée. Marie-Adeline Henry campe une Métella de fière allure, sorte de « vamp » avant l’heure, tandis qu’Ingrid Perruche incarne une Baronne plus routinière. Si la rapidité du Brésilien éprouve quelque peu le ténor « maison » Florian Laconi, il se rattrape en revanche amplement dans les rôles de Frick et de Prosper. De leur côté, Amélie Robins campe une enjôleuse Pauline, Jeanne-Marie Lévy une impayable Madame de Quimper-Karadec, et Violette Polchi, une pétulante Mademoiselle de Folle-Verdure. Quant au reste de la distribution – de même que le Chœur de l’Opéra Grand Avignon -, ils n’appellent aucun reproche.

A la tête d’un pétillant Orchestre Régional Avignon Provence, Dominique Trottein – grand habitué de la partition – dirige avec brio et insuffle beaucoup de vie à l’ensemble. C’est tout naturellement une longue ovation que le public provençal adresse à l’ensemble de l’équipe artistique au moment des saluts, et c’est avec beaucoup d’entrain que tous reprennent – à moult reprises – le final endiablé de l’ouvrage… En ces temps de morosité ambiante, c’est toujours ça de pris !

 

 

 

Compte-rendu, opéra. Avignon, opéra-théâtre, le 26 février 2016. Jacques Offenbach : La Vie parisienne. Gabrielle : Clémence Tilquin, Metella : Marie-Adeline Henry, Pauline : Amélie Robins, Baronne de Gondremarck : Ingrid Perruche, Madame de Quimper-Karadec : Jeanne-Marie Lévy, Mademoiselle de Folle-Verdure : Violette Polchi, Léonie : Marie Simoneau, Clara : Julie Mauchamp, Louise : Wiebke Nölting, Baron de Gondremarck : Lionel Peintre, Bobinet : Guillaume Andrieux, Raoul de Gardefeu : Christophe Gay, Le Brésilien / Frick / Prosper : Florian Laconi, Urbain / Alfred : Jean-Claude Calon, Gontran : Patrice Laulan, Le douanier : Saeid Alkhouri, Alphonse : Jean-François Baron, Joseph : Xavier Seince, Le clochard : Franck Licari. Mise en scène : Nadine Duffaut, Chorégraphie : Laurence Fanon, Décors : Emmanuelle Favre, Costumes : Gérard Audier, Lumières : Philippe Grosperrin. Direction des Chœurs : Aurore Marchand. Direction musicale : Dominique Trottein. Photo © Cédric Delestrade

 

 

 

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