Compte-rendu, concert. Monte-Carlo, le 12 oct 2018. Pärt, Prokofiev, Repin / Orch Philh de Monte-Carlo,Yamada.

repin_vadim violon russe par classiquenewsCompte-rendu, concert. Monte-Carlo, Auditorium Rainier III, le 12 octobre 2018. Pärt, Prokovief, Tchaïkovsky. Vadim Repin, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Yazuki Yamada. Un an après avoir subjugué le public monégasque dans le Premier Concerto pour violon de Sergueï Prokofiev, le grand violoniste russe Vadim Repin (né en 1971) était de retour en Principauté pour interpréter, cette fois, le Deuxième Concerto du célèbre compositeur russe. Mais comme à peu près dans toutes les salles de concert aujourd’hui, c’est par une pièce plus contemporaine que s’est ouverte la soirée, avec une exécution du superbe Fratres pour violon solo, orchestre à cordes et percussion d’Arvo Pärt, ici dans sa version remaniée de 1992. Fratres est un ouvrage de très belle facture polyphonique dont l’inspiration des œuvres de Benjamin Britten n’est pas dissimulée et le propos très religieux. Typique du caractère très répétitif de la musique balte, cette partition d’une dizaine de minutes fait ici appel à un orchestre à cordes dont la progression inébranlable est régulièrement parcourue par de calmes interventions de la grosse caisse et des claves.

Dans le concerto de Prokovief qui vient juste après, Vadim Repin – tout autant que l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par son chef titulaire Kazuki Yamada – séduisent. Malgré une première partie un peu moins bien conduite, mais que sa longueur rend de fait plus ardue d’exécution, la romance centrale est particulièrement réussie : en face d’un violon à l’expressivité parfaite, l’accompagnement en pizzicati des cordes apparaît comme légèrement railleur. Quant au Finale, une sorte d’« espagnolade » rythmée par les castagnettes, il est livré avec une densité et une impétuosité incroyables, qui démontrent que Repin possède un art de la virtuosité à l’image de sa sensibilité musicale. Malgré l’insistance du public, il ne sacrifiera pas à la tradition du bis…

kazuki-yamada-jc-vinaj-opmc-11Après l’entracte, la Quatrième Symphonie de Tchaïkovski enthousiasme également : si le thème du fatum paraît au premier abord peu terrifiant – l’inquiétude ne s’immisce pas moins de manière graduelle et subtile dans l’œuvre, plus souvent à travers le tempo (implacable dans la valse, ou qui se déchaîne subitement au détour d’une phrase) que par celui des timbres, en tous points magnifiques. Le deuxième mouvement esquisse une immense arche mélodique, qui respire avec naturel grâce à la gradation des dynamiques et des articulations des voix intermédiaires. C’est avec le scherzo que s’établit véritablement un début de frénésie rythmique qui ne s’interrompra plus : les pizzicati sont incroyablement dansants et volubiles, mettant en avant les touches folkloriques de la partition.

Que ce soit dans le concerto de Prokovief ou la symphonie de Tchaïkovsky – l’incisivité des attaques, les timbres magnifiquement opulents, la perfection formelle renforcée par une certaine décontraction -, tout laisse à penser que le courant passe formidablement bien entre les musiciens et le chef japonais ! Illustrations : Vadim Repin / Kazuki Yamada (DR)

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Compte-rendu, concert. Monte-Carlo, Auditorium Rainier III, le 12 octobre 2018. Pärt, Prokovief, Tchaïkovsky. Vadim Repin, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Kazuki Yamada.

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