Compte-rendu, concert. Metz. L’Arsenal de Metz, le 19 avril 2018. Récital Farinelli. Vivica Genaux, mezzo-soprano.

handel_06 flavio 1728 Farinelli Cuzzoni senesino opera handel in londonCompte-rendu, concert. Metz. L’Arsenal de Metz, le 19 avril 2018. ‘« Farinelli » Concerto de’ Cavalieri, orchestre baroque. Marcello di Lisa, direction. Vivica Genaux, mezzo-soprano. Nous sommes accueillis à Metz dans la célèbre salle de l’Arsenal, de réputation internationale pour son acoustique, dans le cadre d’un concert unique de la mezzo-soprano Vivica Genaux, avec l’orchestre Concerto de’ Cavalieri jouant sur des instruments d’époque sous la direction du chef Marcello Di Lisa. L’occasion est unique pour plusieurs raisons. L’intitulé du concert n’est autre que « Farinelli » : nous avons au programme des morceaux composés ou retouchés à l’intention du fameux castrat du XVIIIe siècle, agrémentés de pièces instrumentales des maîtres de l’époque, dont bien sûr Haendel et Scarlatti, mais aussi Vivaldi et Corelli.

Une salle pas comme les autres

 

Il est d’autant plus remarquable que l’enregistrement de la bande sonore du film des années 90’s Farinelli, de Gérard Corbiau, s’est également fait à l’Arsenal de Metz pour des raisons technologiques et acoustiques. Il y a donc ce soir une sensation de récapitulation musicale grâce à ce concert où nous pouvons constater davantage les qualités qu’a créé la renommée de cette salle extraordinaire. Le son cristallin et limpide impacte l’audience dès les premières mesures du Concerto grosso op.6 n°4 en ré majeur de Corelli, exécuté à la perfection par le Concerto de’ Cavalieri.

 

Baroque pyrotechnique

Au cours de la soirée la mezzo-soprano ravit les cœurs avec les airs de Haendel tels que Lascia ch’io pianga et Cara Sposa, dont les performances furent tendre et intense respectivement. Le Salve Regina de Pergolèse chanté avec beaucoup d’émotion maîtrisée, contenue, est une sorte de respiration / méditation à côté de l’archi célèbre air de Hasse retouché par Broschi « Son qual nave », où la cantatrice fait preuve d’une grande intelligence vis-à-vis des vocalises interminables. Elle réussit avec des ornementations particulières, parfois inattendues. Elle campe cet air avant l’entracte laissant le public enflammé et affamé.

Le programme se termine officiellement en tout brio avec l’air de Carlo Broschi « Qual guerriero in campo armato », fait sur mesure pour son frère le castrat Farinelli. Les lignes vocales ne sont pas sans rappeler l’autre célèbre air de Borschi/Hasse « Son qual nave ». Si la frivolité de cet air peut offenser certaines profondeurs délicates, il est surtout et avant un tour de force et une pièce de résistance, un vrai show-stopper que la mezzo-soprano ne fait que trop bien interpréter avec son gosier mitraillette, et dont la performance est compensé d’applaudissements effrénés et de bravos illimités. Vivica Genaux offre à l’auditoire le bis pyrotechnique baroque par excellence, l’air de Vivaldi « Agitata da due venti », où elle s’abandonne aux acrobaties vocalisantes sans difficulté apparente, pour la grande joie du public.

Un concert dont nous nous souviendrons certainement et qui a définitivement cautionné le déplacement, et pour la salle et pour les artistes invités

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