Compte-rendu, concert. Gstaad, Tente du Festival. Le 5 septembre 2015. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op.7 ; Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie N°9 dite la « Grande ». Nikolaj Znaider (violon) ; Wiener Philharmoniker. Philippe Jordan, direction.

jordan-Philippe-Gstaad-festival-2015Célèbre pour ses pistes de skis, la petite bourgade qu’est Gstaad, située dans l’Oberland bernois, est aussi un havre pour le mélomane. Chaque été, étalé sur sept semaines, le Festival Menuhin – placé sous la houlette de Christoph Müller depuis 2002 - accueille les plus grands artistes internationaux : cette année Jonas Kaufmann, Jean-Yves Thibaudet, Cecilia Bartoli, Andras Schiff ou Zubin Mehta (avec « son » Orchestre Philharmonique d’Israël) – pour n’en citer que quelques-uns. En attendant la construction (toujours repoussée) d’une salle à l’allure futuriste commandée à l’architecte Rudy Ricciotti (Mucem de Marseille), les principaux concerts ont lieu sous la tente du festival, comme c’est le cas ce soir pour la venue de Philippe Jordan et des Wiener Symphoniker, dont il est directeur musical depuis l’an passé.

En première partie, le célèbre violoniste israëlo-danois Nicolaj Znaider, colosse de près de deux mètres, vient faire chanter son Guarnerius del Gesù, dans le célèbre Concerto pour violon de Brahms. Tour à tour, exalté, éloquent, charmeur, il subjugue autant que l’orchestre qui lui sert d’écrin. Au-delà d’une technique aguerrie et sans faille, c’est merveille d’entendre le lyrisme, le phrasé et les superbes nuances piano qu’il distille au moyen de son fabuleux instrument. Si l’Adagio possède toute la suavité attendue, l’allegro giocoso nous gratifie quant à lui d’une confondante virilité. Il offre en bis la Sarabande de Bach dont l’ineffable poésie suscite une intense émotion parmi l’auditoire… à en juger la qualité du silence qui suit !

 

 

 

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Après l’entracte, Jordan dirige la Symphonie N°9 de Franz Schubert (depuis longtemps un des morceaux de bravoure des grands orchestres symphoniques), qu’il vient d’enregistrer avec les Wiener : autant dire qu’il est en terrain connu, à tel point d’ailleurs qu’il la dirige sans partition. Le résultat est incontestablement beau, même si – dans l’Andante – le hautbois aurait pu sonner de manière plus émouvante. Prenant un tempo plutôt vif (surtout dans les deux premiers mouvements), Philippe Jordan bénéficie d’un orchestre de très haut niveau, qui fait entendre des couleurs assez automnales. Avec cette couleur sonore, l’angoisse et la tristesse demeurent bien au premier plan – lors même que Jordan se garde bien d’en rajouter en termes de pathos. Pour ne pas changer d’atmosphère, il propose en bis – après de nombreux rappels – la sublime ouverture « Rosamunde », du même Schubert, qui achève de faire fondre l’audience…

 

 

Compte-rendu, concert. Gstaad, Tente du Festival. Le 5 septembre 2015. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op.7 ; Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie N°9 dite la « grande ». Nikolaj Znaider (violon) ; Wiener Philharmoniker. Philippe Jordan, direction.

 

 

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