Cecilia Bartoi chante NORMA

bartoli_4783517_norma_12PARIS, TCE. Cecilia Bartoli chante Norma de Bellni. 12, 14, 16, 18 octobre 2016. Automne Bellinien en Europe. Les grandes divas ressuscitent le bel canto romantique italien. Sonya Yoncheva chante Norma elle aussi Ă  Londres (Royal Opera House, 12-26 septembre 2016) : voir Ă  Paris la production de Norma par Cecilia Bartoli (nĂ© Ă  Rome en 1966), crĂ©Ă©e au disque puis Ă  la scĂšne (festival de Salzbourg, Monte-Carlo). La tradition du XIXĂš lyrique a imposĂ© peu Ă  peu les sopranos Ă©thĂ©rĂ©es, claires dans le rĂŽle titre conçu par Bellini ; mais ce dernier a bel et bien rĂ©Ă©crit le rĂŽle pour la tessiture et les moyens vocaux de son Ă©gĂ©rie, Maria Malibran, mezzo, formidable actrice par son mĂ©dium corsĂ© et agile. Une caractĂ©ristique que notre mezzo romaine a bien signalĂ© et qui lui inspire son choix de chanter aujourd’hui le rĂŽle, emblĂ©matique du romantisme lyrique italien. Rappelons nous en 2006, il y a 10 ans dĂ©jĂ , Cecilia Bartoli avait fait de mĂȘme pour le rĂŽle de La Somnambule / Sonnambula, Ă©galement rĂ©Ă©crit par Bellini pour un mezzo lyrique et dramatique. C’est peu dire que « La Bartoli » caractĂ©rise et nuance chaque mot, sculptant le verbe lyrique comme si le chant Ă©tait une pĂąte apte Ă  ĂȘtre colorĂ©e, ciselĂ©e; incarnĂ©e. Le style, la localitĂ© chaude et fluide, agile et expressive, le legato et le sens des phrasĂ©s affirment aujourd’hui une Norma de choc qui fait les veaux soirs du TCE – ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es Ă  Paris, pour 4 dates d’octobre : 12, 14, 16 et 18 octobre 2016.
La mise en scĂšne signĂ©e par le duo Caurier / Leiser transpose l’action antique romaine et gauloise dans l’Italie des annĂ©es 1940, oĂč pĂšse l’atmosphĂšre grave et noire du nazisme en Europe ; occupation imposĂ©e qui rĂ©vĂšle les tempĂ©raments, rĂ©sistants ou complaisants. La vision musicale dĂ©fendue par Cecilia Bartoli Ă©claire la partition d’un regard neuf, bĂ©nĂ©ficiant d’une couleur vocale diffĂ©rente pour Norma, des timbres des instruments d’époque de l’orchestre requis. Les duos entre les deux femmes, pourtant rivales, mais finalement solidaire, Adalgisa et Norma, y gagnent une vĂ©ritĂ© renforcĂ©e, subjuguante.

 

 

 

Paris, TCE, Théùtre des Champs Elysées
Cecilia Bartoli chante Norma de Bellini (1831)
4 représentations parisiennes
MERCREDI 12 OCTOBRE 2016, 19h30
VENDREDI 14 OCTOBRE, 19h30
DIMANCHE 16 OCTOBRE, 17h
MARDI 18 OCTOBRE, 19h30
2h30 dont un entracte

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Diego Fasolis,  direction
Patrice Caurier, Moshe Leiser,  mise en scÚne

Cecilia Bartoli,  Norma
Rebeca Olvera,  Adalgise
Norman Reinhardt,  Pollion
Péter Kålmån,  OrovÚse
Rosa Bove,  Clotilde
Reinaldo Macias,  Flavius
I Barocchisti
Coro della Radiotelevisione svizzera, Lugano

 

 

 

PRETRESSE TRAHIE
Norma, est prĂȘtresse Ă  la lune et fille du druide Oroveso, mariĂ©e secrĂštement au Consul romain Pollione mais honteusement trahie par lui, alors qu’elle a eu deux fils du romain. Mais l’homme est faible et lui prĂ©fĂšre Ă  prĂ©sent une jeunette plus adorable (Adalgisa, elle aussi prĂȘtresse gauloise).
Bellini_vincenzo_belliniLa tendresse du rĂŽle, son caractĂšre noble et Ă©nigmatique, sa moralitĂ© aussi font du personnage de Norma, sublime vertueuse, l’un des plus complexes et admirable du rĂ©pertoire romantique italien. Bellini et son librettiste Romani excellent aussi Ă  peindre l’amitiĂ© entre les deux femmes, toutes deux liĂ©es Ă  Pollione, mais inspirĂ©es par un idĂ©al de loyautĂ© des plus respectables. Adalgisa jure d’inflĂ©chir le coeur de Pollione pour qu’il revienne auprĂšs de Norma et ses deux garçons (duo magique Norma / Adalgisa : « Si, fino all’ore », acte II). Ainsi c’est dans la mort et les flammes, que Norma et Pollione se retrouvent unis pour l’éternitĂ©. Car comme le public depuis la crĂ©ation de l’oeuvre en 1831, le romain a succombĂ© finalement devant la grandeur morale et sacrificielle de son ancienne compagne
 Sur les traces de la crĂ©atrice de Norma, Giuditta Pasta, Sonya Yoncheva et Cecilia Bartoli endossent ainsi Ă  l’atome 2016, l’un des rĂŽles qui pourraient bien davantage affirmer leur Ă©tonnante subtilitĂ© vocale comme leur instinct dramatique.

CD. LIRE aussi notre compte rendu critique complet du cd La Somnambule / La Sonnambula de Bellini (L’Oiseau Lyre)

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