CD, événement, annonce. Anita Rachvelishvili, mezzo (1 cd SONY, à venir le 2 mars 2018)

RACHVELISHVILI Anita CD sony classical critique par classiquenews annonce cd review by classiquenews la critique du cd sur classiquenewsCD, événement, annonce. Anita Rachvelishvili, mezzo (1 cd SONY, à venir le 2 mars 2018). Si la couverture de l’album arbore une livrée sobre en noir et blanc avec lettrage jaune or, ne vous y trompez pas : derrière ce sobre visuel (mais très épuré, japonisant), se cache la force tranquille d’une des voix de mezzos les plus nuancées et scintillantes qui soient… ANITA RACHVELISHVILI: MEZZO INCANDESCENTE. Celle qui chante déjà Marfa, Maddalena,… personnages amples et graves, nous livre aujourd’hui un portrait vocal plus varié et nuancé dans un programme discographique nouveau à paraître le 2 mars prochain. Dans un nouvel album édité chez SONY classical, la mezzo géorgienne Anita Rachvelishvili épingle les airs d’opéras qui ont fait sa gloire (Carmen chanté à 25 ans en 2009 à la Scala de Milan, aux côtés de Kaufmann et sous la direction de Barenboim)… mais aussi surtout ici de nouveaux rôles, amples, tragiques, princiers, taillés pour son instrument noble et large : Sapho et Dalila… c’est donc en plus des poncifs verdiens (Eboli, ou Azucena, rôle fantastique et halluciné qu’elle chante en février 2018 au Metropolitan Opera de New York, puis en juin à Paris), un récital qui comme celui de Jonas Kaufmann, chez le même éditeur (CD : ” l’Opéra “), est une déclaration d’amour à l’opéra romantique français. Sa Charlotte (Werther de Massenet) n’est pas mal non plus : les teintes miroitantes de la diva expriment et révèlent l’activité d’un psyché meurtri, maudite, qui en relisant les lettres du jeune héros de Goethe, a la prémonition de sa mort… Timbre charnel et cuivré, medium large, le chant souverain d’Anita, la nouvelle diva grave (plus grave encore que les sopranos actuellement fêtées telles Yoncheva ou Netrebko), affirme une intelligence artistique pour nous exemplaire, par ses teintes murmurées idéalement contrôlées, un mezza voce rayonnant, à la fois éblouissant et coloré, qui confirme ce goût sublime de l’interprète pour l’intériorité (et non la performance, même si elle excelle dans le rôle d’Amnéris… auquel elle apporte d’ailleurs une nouvelle profondeur). Jamais tiré, ni crié, ni tendu, son chant cisèle le creux vertigineux du mot, ce qui donne la réussite de son premier air de Dalida (en réalité peu connu) : l’amoureuse séductrice saisit par sa langueur suspendue et des couleurs fauves là encore… enivrantes.
CLIC D'OR macaron 200Autre séquence méconnue mais révélatrice : « la cavatine du roi Tamar », extraite de La Légende de Shota Rustaveli de Dimitri Arakishvili, compositeur compatriote de la diva divina, véritable opéra majeur de la Géorgie. La première écoute de l’album « ANITA RACHVELISHVILI », promet sans hésiter le CLIC de CLASSIQUENEWS. Aux côtés de Jonas Kaufmann, ou la jeune soprano Regula Mülhleman, le label SONY affirme sa présence comme la marque aujourd’hui incontournable des grandes voix actuelles. Prochaine grande critique du cd ANITA RACHVELISHVILI chez Sony, le jour de la sortie de l’album, le 2 mars 2018. A suivre dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS (le chef Giacomo Sagripanti dirige l’Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI avec une attention pas toujours aussi nuancée que la chanteuse… dommage).
Il ne faudra pas la manquer lors des prochaines Victoires de la musique classique, ce 23 février 2018 sur France 3 : la diva géorgienne pourrait bien y éblouir encore davantage…

 

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