CD, compte rendu critique. Brahms : Serenades. Chailly (1 cd Decca)

brahms serenades chailly gewandhaus de leipzig orchestra classiquenews compte rendu critique cd decca mai 2015CD, compte rendu critique. Brahms : Serenades. Chailly (1 cd Decca). C’est avant tout la rencontre (éblouissante) d’un chef et d’un orchestre : l’aventure entre Riccardo Chailly et les instrumentistes du Gewandhaus de Leipzig se poursuit sous les cieux enchantés comme ce nouvel opus en témoigne : Brahms va idéalement au chef et à l’orchestre allemand : ainsi ses deux Sérénades, composées entre 1858 et 1860, dont la force et la vitalité de l’approche ici feraient presque oublier parfois leur déséquilibre structurel, entre épisodes profondément inspirés et vraies longueurs un rien artificielle de musique pure. Le maestro milanais montre à quel point l’écriture raffinée, furieuse, bondissante (à la fois doublement viennoise, mozartienne et beethovénienne) de Brahms regarde en définitive vers la symphonie (la Sérénade 1 est révisée et achevée simultanément à la Symphonie n°1 et elle partage aussi d’indiscutables affinités avec la Symphonie n°3 de Johannes)… Brahms revisite en hommage à Mozart, cet esprit de l’élégance virtuose mozartienne, esprit de divertissement très habilement écrit légué par le XVIIIè. L’élan chorégraphique, la vitalité dansante, l’exaltation toujours légère et transparente attestent de l’excellente santé du Gewandhaus. D’un préjugé tenace les tenants pour des Å“uvres austères, voire secondaires et d’un moindre fini vis à vis des Symphonies, voici que Chailly très inspiré, capable de galvaniser ses troupes, montre toute l’énergie imprévisible des deux Sérénades qui dans les mouvements lents, savent aussi exprimer une déchirante nostalgie : les deux Adagios non troppo (celui de la Sérénade 1 frappe par sa caresse méditative en si bémol majeur ; tandis que celui en la mineur de la 2, convainc irrésistiblement par sa densité grave et aérée). Souffler un vent puissant et exalté, d’une impérieuse juvénilité : voilà l’un des aspects et non des moindres de cette lecture en tout point convaincante. La quasi intégrale Brahms par Chailly chez Decca s’affirme bel et bien comme l’une des meilleures réussites symphoniques récentes en Allemagne.

Johannes Brahms (1833-1897) : Sérénades 1 (opus 11)  et 2 (opus 16). Gewandhausorchester. Riccardo Chailly, direction. Enregistré à Leipzig en 2014. 1 cd Decca  0289 478 6775 3.

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