CD coffret événement : SOLTI – CHICAGO (coffret DECCA) – I : 1971 – 1979

solti chicago presentation review par classiquenewsCD coffret événement : SOLTI – CHICAGO (coffret DECCA). Sir Georg Solti à Chicago. L’édition Decca SOLTI / CHICAGO – éditée pour les fêtes de fin d’année 2017-, dresse un tour d’horizon incontournable de ce que fut l’activité et l’oeuvre du plus félin des chefs du XXè, Georg Solti à la tête du Chicago Symphony Orchestra, à partir de 1969. Hongrois naturalisé britannique, le chef s’affirme ici en une suractivité à l’échelle planétaire : il confirme les affinités de la phalange avec le grand répertoire (germanique romantique), de Beethoven à Brahms, sans omettre Mahler : car Solti est un cerveau qui aime les étagements démultipliés auxquels il sait réserver une attention détaillée et précise d’une indiscutable beauté sonore.
CHICAGO, 1969 : les débuts d’une formidable épopée artistique et… discographique. L’époque de son arrivée est celle d’une « belle endormie », l’équivalent d’un meuble de prestige à peine exploité et qui n’était guère connu aux USA et dans le monde. Au mérite de Solti revient sa notoriété démultipliée, en partie grâce à une politique de tournées (surtout en Europe, en Asie et en Australie), événement dans l’histoire de la phalange américaine : avant Solti, le Chicago Symphony Orchestra (CSO) restait le seul orchestre parmi les Big 5 américains à ne pas avoir traverser l’océan… Une situation de repli et d’auto célébration, devenue stérile qui n’attendait que son pétulant nouveau directeur musical pour rayonner à travers le monde.
De fait, Solti rétablit la popularité des musiciens au sein de leur propre ville, produisant un sentiment de fierté jamais éprouvé jusque là. On le sait : il suffit d’être connu et célébré abroad, pour connaître enfin les palmes de son propre pays… Les fans se pressent en masse au Concert hall comme les supporters se déplacent pour soutenir leur équipe de football.

martinon-jean-complete-recordings-chicago-symphony-orchestra-1964---1969-10-cd-box-CLIC-de-classiquenews-mars-2015-compte-rendu-critiqueAvant lui, le français Jean Martinon, directeur de 1963 à 1969 fixe à peine sa marque ; d’après Sir Georg, Martinon « n’aura pas laissé une empreinte significative » et Solti est satisfait plutôt de retrouver en réalité un niveau musical décidé avant Martinon par le légendaire Fritz Reiner. C’est à lui que se réfère le chef d’origine hongroise. Sur ce terreau précédent, Solti cultive sa marque, imposant un rythme de répétitions, entre 1 à 5 séances avant chaque programme : s’il laisse courir l’orchestre lors de la première, les 3è et 4, sont destinées aux reprises, aux détails… à tout ce qui caractérise sa précision et sa rythmique si particulières.

solti georg maestro a la baguette par classiquenewsLe coffret DECCA inaugure cette odyssée discographique avec les premières bandes enregistrées dès mars 1970 et dédiées à Gustav Mahler (5è inaugurale, suivie de la 6è la même année et de la 7è en 1971)… jusqu’au dernier enregistrement de 1997, les trois Symphonies de Stravinsky (mars 1997), manifestes de la précision rythmique que le chef britannique sculpte avec l’énergie que l’on sait. Ainsi de 1970 à 1997, c’est presque trois décennies que Solti vit, approfondit, interroge avec « son » orchestre de Chicago dont il aura fait une phalange au retentissement artistique planétaire, ce grâce à un phénoménal appétit musical, incluant, symphonies, musiques concertantes, ballets et opéras… le contenu du coffret DECCA en témoigne généreusement.

 

 

 

Première décennie : 1970 – 1979

 

 

ESSOR SYMPHONIQUE : SOLTI et CHICAGOLes 5 premiers cd imposent immédiatement l’intuition malhérienne très détaillée, et d’une exceptionnelle transparence, liée aussi à une mise en place et une précision rythmique de premier plan : les Symphonies 5 (couplée avec le cycle de lieder Des Knaben Wunderhorn par Yvonne Minton d’après les poèmes de Brentano et von Arnim, mars 1970), puis 6 (couplée avec les Lieder eines fahrenden gesellen par Yvonne Minton également, avril 1970), enfin 7 (octobre 1971) et 8 (nécessitant un effectif impressionnant, réuni pour l’heure à Vienne en octobre 1972), complètent ce premier cycle d’enregistrements, réalisé aussi au moment en 1971 où l’orchestre part en tournée européenne (avec comme 2è chef, Carlo Maria Giulini). Rien de moins.

Puis les cd 6 à 14 témoigne d’un second cycle monographique dédié à Beethoven : les 5 Concertos pour piano (Vladimir Ashkenazy, 1971 et 1972), puis les 9 Symphonies occupent l’orchestre de 1972 à 1975, avec bonus audio, tout un cd (15) d’entretiens réalisés à Londres au studio Decca en juin 1975, sur les défis de la réalisation des symphonies Beethovéniennes (raisons du cycle, les défis particuliers de l’Eroica, de la 9è…).
On notera une première Fantastique de Berlioz, vive, affûtée, « félinisée » là encore (cd 16, mai 1972) ; Le chant de la terre de Mahler avec ses solistes familiers dont Yvonne Minton et René Kollo (mai 1972) ; le Sacre du printemps première version (mai 1974) ; les Symphonies de Tchaikovski (cd22, n°5, mai 1975 / cd24, n°6 Pathétique, mai 1976).
Le premier opéra enregistré en 1976 est dédié à Wagner : Le Vaisseau fantôme / Der fliegende Holländer (Medinah Temple, Chicago, mai 1976), avec Norman Bailey dans le rôle-titre, l’excellent et profond Martti Talvela (Daland), Janis Martin (Senta), et … René Kollo (Erik).

BEETHOVEN, suite. La fin des années 1970, est marquée par une très impressionnante Missa Solemnis réalisée en mai 1977, un an après le Vaisseau Fantôme : Lucia Popp, Yvonne Minton, Gwynne Howell assure le niveau ; Solti y atteint en gravité et recueillement Karajan, son grand rival ici.

Enfin après le cycle Beethoven, Solti questionne les symphonies de Brahms (1, 2, 3, 4, 1978 / 1979) ainsi que qu’Ein Deutsches Requiem opus 45 (avec sa chère Kiri Te Kanawa, mai 1978), emblématique d’une excellence vocale qui manque parfois de réelle profondeur.
Sir_George_Solti_6_Allan_Allan_WarrenAutres perles marquant la fin des années 1970 de l’ère Solti à Chicago : deux réalisations plutôt convaincantes : les sublimes Pièces sacrées de Verdi / Quatro pezzi sacri (avec le Chicago Symphony chorus, mais 1977 et 1978 – cd32) ; et achevant un premier cycle dédié à Beethoven, Fidelio enregistré là aussi dans la salle emblématique du Medinah Temple à Chicago, du 21 et 24 mai 1979 : avec Peter Hofmann (Florestan), la bouleversante Hildegard Behrens (Leonore)… (cd 33 et 34). Concertos, symphonies, opéras… aucun doute, la ligne artistique développée par Solti pour sa première décade à Chicago est équilibrée. Chauvin, on pourrait regretter la faible part des Français… Berlioz donc, mais aussi Debussy et Ravel, qui ne sont pas vraiment la tasse de thé du trépidant Solti (cd23 : Prélude à l’après midi d’un Faune, La Mer ; Boléro, mai 1976).

 

 

 

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à suivre : COFFRET SOLTI – CHICAGO / DECCA : II, les années 1980 – 1989…

 

 

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