Wagner
Lohengrin
Arte, dimanche 14 août 2011 à 17h15
En direct de Bayreuth
C’est la production événement de ce cru Bayreuth 2011: le plus grand ténor pour le rôle wagnérien assure la réussite vocale de l’ouvrage. Chanteur lumineux et angélique, au timbre clair et tendre, c’est à dire le contraire de son confrère Jonas Kaufmann, plus sombre et plus âpre (voir notre critique du DVD Lohengrin par Jonas Kaufmann chez Decca): aujourd’hui, l’incarnation qu’apporte le ténor Klaus Florian Vogt est sans équivalent à ce jour. Il est cet élu, héros inespéré descendu des cieux pour sauver les hommes… et pourtant, l’échec est inévitable dans la réalisation de son parcours terrestre. La princesse Elsa von Brabant impétrée dans un complot qui vise à la destituer (elle aurait tuer son jeune frère) peut compter sur l’aide miraculeuse du Chevalier Lohengrin. Mais manipulée par la haineuse Ortrud (avec la complicité de son époux Telramund) qui instille le poison du doute et du soupçon, Elsa se montre indigne de l’amour que lui offrait l’ange céleste!
Le chevalier céleste
L’oeuvre est contemporaine de Genoveva de Schumann et comme ce denier opéra de Liszt, créé après sa composition, après la fin des révolutions européennes, en 1850. C’est d’ailleurs l’ami de toujours (avant Louis II de Bavière) , Franz Liszt, premier wagnérien, qui assure à Weimar la création de Lohengrin, quand l’auteur était interdit dans les états germanique, exilé en Suisse, en raison de ses idées révolutionnaires. Wagner y fixe le modèle et la forme de l’opéra romantique allemand. Point d’aboutissement qui remonte aux opéras de Mozart et de Weber.
Pour Hans Neuenfels, Lohengrin est la démonstration que l’humanité n’est pas prête à la réalisation d’un changement ou de toute utopie. Le mal, le calcul, les intrigues dominent le monde et mènent inéluctablement l’homme à sa perte… Comme à Bayreuth en 2010 où a été créée la présente production, un laboratoire, des rats pressent l’imagination du Chevalier céleste dont la vision joue des contrastes: d’un côté, la femme angélique Elsa (un rien trop naïve et manipulable comme… Siegfried) en cygne blanc, de l’autre, la créature démoniaque en noir, Ortrud. Les partisans d’une lecture classique (casques et costumes style film de capes et d’épée) seront fâchés; les autres, curieux d’écouter la prestation scénique et vocale d’un Lohengrin prometteur, successeur de Jonas Kaufmann à Bayreuth, pourront y trouver leur plaisir.
Wagner: Lohengrin. Vogt, Dasch, Lang, Tomasson, Zeppenfeld… Choeur et orchestre du festival de Bayreuth 2011. Nelssons, direction. Neuenfels, mise en scène. Arte prolonge la découverte en terres wagnériennes en diffusant lundi 15 août 2011 à 22h45, un documentaire sur l’opéra de jeunesse de Wagner, Rienzi, qui porte en germe toute la conception théâtrale et lyrique du compositeur réformateur et visionnaire.





